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Full text of "Documents pour servir à l'histoire du couvent des Carmélites de Notre-Dame de la Compassion de Lyon"

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N.-D. DE LA COMPASSION 



DOCUMENTS 



POER SERVIR A L'HISTOIRE 



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COUVENT DES CARMELITES 



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L Y N 

IMPRIMERIE PI T RAT AINE 



4, RUE GENTI L, 4 



1887 




n chef ri 



Chape arrondi d'argent et de couleur tannée, te d 
croix, accompagné de trois étoiles de l'un tu l'aiilr 
une en pointe, l'écu timbré d'une couronne ducale d'où iori un bras 
têtu d'une èioffe tannée, ayant en main une épée /InmI'oi/anle l'i 
laquelle est attachée une banderolle portait cette deritr : Zelo xelatus 
■utu pro Domino Deo exercituum, la couronne stirmontée de douîe 
itoilee d'or dispotées de mantère à la fermer. 

« D'après les auteui'B espagnole, cps armoiriesse composent du Mont 
Carmel, où l'Ordre prit naissance. Les trois étoiles <[iii racconipagnenl 
âgureot iea trois époques principales de son hisioiie : la piemiêie, qui 
paratt placée dans une grotte de la montagne, rappelle l'époque pi'Ophé- 
tiqne; celte époque s'étend depuis Êlie, qui fonda l'Oi die dans une caverne, 
jusqu'à saiot Jean-Baptiste ; la deuxièrne étoile signifie le second état de 
la religion, qui s'étend depuis saint Jean- Baptiste jusqu'au premier général 
latin appelé Betthold ; enfin le troisième leprésente le li-ojaième état de 
l'Ordre depuis Bei'tbold jusqu'à la fin du monde. La Croir. qui surmonte 
la montagne depuis la fin du xvi' siècle, y a été ajoutée comme signe 
diitinctif des Cai'mea et Carmélites décbaussés, qui ont de plus adopté pouj- 
cimier, en souvenir spécial du propbèle Elie. le bras avec l'épée flam* 
boyante et la légende : Zelo :elatus sum jiro Domino Deo eceercilutint 
(Je brûle de zèle pour le Seigneur Dieu des armées. III lieg. xi\. 10,1. 
Enfin les douze étoiles de la couronne leprésentent l'altribiit de Noire 
Dame la Vierge Marie, que saint Jean vit sous la Tigure d'une femme 
a/ant le soleil pour vêtement et douze étoiles pour couronne (Apocalypse. 
ch. XII). Elles signifient aussi les donne pointa de la Règle, qui sont : 
<d>éiBsaQce, chasteté, pauvreté, recueillement, oiaison mentale, office 
dinu, chapitre, abttinence de viande, travail manuel, silence, bumilité et 
■urérU([Btlon.»(LBPbr(!Brut:ar,l(le3Bime-TWitsi', n«r(ic(7i/'i/(ïf(-(rffioni 
r-D-nir du Mo^i-Caiiii'l, 




FOUTRAIT DE SAINTE-THKRÉ8K 



U APRKRI.r: PhRF RlBtRA 



Son visage était rond, plein, très bien proportionné. I^ teint, blan^ et vermeil, 
sVnflammait quand elle était en oraison et lai donnait nne beauté ravîsRsnte. I^n 
flgare était limpide et paisible. Ses cbevenx étaient noirs et natnrellement crêpés; 
son front large, nni et fort bean; les sonrcils grands, châtains, bien fournis et peu 
arqués; ses yeux étsient noirs, ronds, de grandeur ordinaire et légèrement sail- 
lants, mais admirablement disposés, vifs et gracieux : quand elle souriait, le sourire 
et PallégreSKe s'y peignaient et se communiquaient à tous; ils respiraient la gravité 
quand elle voulait se montrer grave ; son nez était petit, peu élevé vers 1< milieu, 
rond par le bout et un peu incliné vera le bas; ses nannes en arcade et petites; sa 
bouche moyenne; la lèvre supérieore était déliée et droite, la lèvre inférienre 
grosse et un peu pendante, gracieuse et de bon coloris; ses dents étaient fort belles; 
fton menton bien fait; les oreilles ni petites ni grandes; le cou large et peu élevé, 
mais légèrement porté en avant; les mains petites et très belles; elle avait, au côté 
gauche df> son vî&sge. trois petits signes qui lui donnaient beaucoup de grâce : le 
premier plus bas que la moitié du nez, le second entre le nez et la bouche, et le 
troisième au-dessous de la bouche. Elle était d'une taille avantageuse; belle dans 
sa jeunesse, elle paraissait encore fort bien dans on âge avancé. Sa démarche était 
pleine de dignité et de grâce ; elle était si aimable, si paisible que tous ceux qui la 
voyaient en étaient enchantés. (Traduction du F. Brocard de Sainte-Thérèse.) 



rJLÉMM 



/ 




INTRODUCTION 



Lorsqu'en 188t la ville Lyon lit l'acquisition d'une partie 
de l'ancien claustral des Carmélites, pour établir un groupe 
scolaire monumental en façade sur la place Morel et la rue 
de Flesselles, la démnlition du côlé ouest du cloître fut 
décidée dans le but de faciliter l'aménagement des cours 
intérieures du nouvel édiUce. 

L'idée nous vint alors de compulser les annales lyonnaises 
(manuscrits et imprimés), dans l'espoir d'y trouver la rela- 
tion historique de ce monastère, réputé au siècle deroier l'un 
des plus beaux m^nuinfiits de la ville, et surluut célèlire par 
la régularité et la piété des religieuses rjuî l'ont liabité. 

Le Gallia C^ristiana , Severt, IJuIliuiid, Saint^Aubifl, 
Lamure et Menestrier ne donnent que quelques ( 
peu d'importance sur sa fondation, mais par oontnt (2|j 
son a laissé une description cumplète et mUtttlbaai^ <lnl^ 
et des tombeaux qui ornaient la c 
criplion que nous reproduisons 
luxiome partie de notre travail ( 
mect faisaut connaître l'impurtancad 




XII INTRODUCTION 

richesses artistiques qu'il renfermait. Tous les historiens 
postérieurs à Clapasson, qui en ont parlé, n'ont fait que re- 
produire plus ou moins correctement la description de cet 
auteur; et nous ne faisons pas d'exception, même pour Col- 
lombet, lequel a seulement ajouté à sa notice sur les Car- 
mélites, un extrait de la conversion de M"® Gautier, d'après les 
mémoires de Duclos (Revue du LyonnaiSy septembre 1844). 

Toutefois, nous signalerons les nombreuses erreurs que 
renferme l'article sur les Carmélites inséré dans le tome V 
de V Histoire monumentale de Lyon, par Monfalcon, im- 
primée en 1866 * . 

Jusqu'à ce moment nos recherches étaient peu fructueuses, 
mais il nous restait encore à explorer les dépôts publics 
dont les terriers, les plans de directe, les registres consu- 
laires, les actes des anciens chapitres religieux de la ville, 
les pièces qui composent les divers fonds des anciennes ar- 
chives des communautés supprimées en 1790, et surtout les 
documents que les Révérendes Dames Carinélites ont bien 
voulu nous communiquer nous ont permis de recueillir les 
matériaux nécessaires pour reconstituer l'histoire du 
monastère de Xotre-Dame de la Compassion. 

Mais avant d'aborder notre sujet, on nous permettra de 
présenter, dans un exposé rapide et succint, les origines 
de l'Ordre auquel appartiennent les filles de sainte Thé- 
rèse. 

Au nord-ouest de la Palestine, entre Tyret Césarée, près 
de Saint-Jean -d'Acre (la Ptolémaïs des croisade?), s'élève 
la haute et puissante montagne du Carmel qui domine les 
plaines de Saaron, d'Ksdrelon et de Mageddo, se déroule 
et vient en s'abaissant projeîer uM*liardi promontoire sur la 



1 Cet auteur confon'l le moniNtêre dos Cnnneliws avec celui des ABnoDCiftdis Ml 

l;ieus-0''l-.>stes. puis, i^'^nornitt qii»* le rJaustral d(.>s Annoiiciades a étécMé ptf 



<iu ;{ t- vr.er iH)'^ aux Ui-.i.'iMij.ses <io Saint-Charles, pour rétablissement da iHr -M* '^ 
vi<-tat, il !•> fait u<*iMiper en li>05 pur 1« s (I.-irir.éhtes, dont la seule coniniVBavt44lpUpK'>^M 
a Lvcii est située rue du Juge-de-Paix, i Kourvière. '=»■.^i■ 



INTRODUCTION im 

mer de Phénicie. Ce fut sur son sommet qu'Élie confondit 
les faux prophètes de Baal et rèlabltt l'autel du Seigneur 
autrefois érigé en cet endroit. 

Le souvenir d'ÉIie se conserva dans ce lieu, témoin de 
ses prodiges, et à la grotle où il se cachait pour se sous- 
traire aux persécutions d'Achab et de Jézabel, qui est encore 
honorée de nos jours non seulement i\es chrétiens mais aussi 
des musulmans, a été adossée une chapelle qui est r^ardée 
comme la plus ancienne de toutes celles qui ont été érigées 
ea l'honneur de la sainte Vierge : elle porte le nom de 
Notre-Dame du Mont-Carmel. 

Une tradition très ancienne et fort respectable nous mon- 
tre, soit sur le Mont Carmel, soit dans les lieux voisins, 
une succession non interrompue de solitaires, disciples des 
saints prophètes Elie et Elisée. Le Garmel n'étant situé qu'à 
quelques milles à peine de Nazareth, la Iraiiitiun veut ausii 
que Marie, la mère du Sauveur, ait visité les pieux habitants 
delà sainte montagne. Tel est, d'après les auteurs, le ber- 
ceau de l'Ordre du (^rnicl. 

Les solitaires du mont Carmel suivirent pendant plusieurs 
siècles les premiers usages et pratiques de la viecéiioBitique, 
et ce ne fut que sous le ponliticat d'.\lexa[>dre III qu'ils 
furent érigés en congrégation, sous la direction de Berthold 
de Malifaj', leur premier prieur. 

Dès la fin du xil° siècle, ces religieux commencèrent à 
passer en Europe, chassiJs par les Sarrasins qui répan- 
daient la terreur dans toute la Syrie et la Palestine, et qui, 
en 1291, détruisirent le monastère du Carmel et massacrèrent 
les pieux cénobites qui s'y trouvaient pendant qu'ils chan- 
taient le Salte Regina. Mais l'ordre des Carmes avait eu 
le temps de se propager et d'étendre ses rameaux dans toute 
la chrétienté. 

Le Csrmcl avait compté en Orient d'assez nombreux coû- 
ta de femmes, se rattl^H|Mttldn prophétique, oïi se 




XIV INTRODUCTION 

sanctifièreut sainte Eugénie, sainte Euphrosine, sainte Vé- 
nérande, sainte Fébronie et bien d'autres. Toutefois c'est au 
bienheureux Jean SorethS élu général de l'Ordre en 1452/ 
qu'appartient l'institution des Carmélites proprement dite. 

Au XVI* siècle, Dieu suscita une fille, Thérèse de Ahu- 
mada, pour rendre au Carmel son antique splendeur en 
rappelant ses membres à l'observation de la règle primitive 
dont les rigueurs avaient été successivement mitigées. Le 
24 août 15Ô2, sous le pontificat de Pie IV, le père Jean- 
Baptiste Rubeo étant général de l'Ordre « par le zèle et par 
les soins delà Séraphique Mère Thérèse de Jésus, le premier 
couvent de la Réforme (Carmélites déchaussées) était inau- 
guré à Avila (Espagne), sous le vocable de saint Joseph, par 
la pose du Très Saint -Sacrement et le retour à la profession 
de la règle primitive. 

Une des grandes préoccupations de sainte Thérèse, un de 
ses plus ardents désirs était que son œuvre de la Réforme 
s'étendit également aux religieux de l'Ordre des Carmes : 
saint Jean de la Croix laida dans son entreprise et fonda à 
Durvello, en 1568, le premier monastère de Carmes dé- 
chaussés. 

Les couvents de la Réforme se répandirent rapidement en 
Espagne du vivant même de sainte Thérèse, et à sa mort 
arrivée le 4 octobre 1582, dans le monastère des Carmélites 
d'Albe deTorraez, elle laissait trente monastères, dont seize 
de Carmélites qu'elle avait fondés elle-même, et quatorze de 
Carmes déchaussés. 

En 1585, M. de Brétigiiy fit la première démarche pour 
obtenir rintroducliou des Carmélites de la Réforme de 
sainte Thérèse en France, mais la réalisation de ce projet 
fut réservée à Madame Acarie, née Barbe Avrillot, que 
l'Eglise a béatifiée et dont le Carmel célèbre la fête le 

1 Né â Caeu en 1120 et mort à Angers en 1471. 



INTRODUCTION i» 

18 avril, sous le nom de Bienheureuse Marie de l'Incarna- 

tiOD. 

En 1604, après deux années de négociations, le Père gé- 
néral de la congrégation d'Espagne consentit à envoyer en 
France la Mère Anne de Jésus de Lobère avec cinq autres 
religieuses, qui étaient tes Mères Isabelle des Anges, fiéa- 
trix de la Conception, Isabelle de Saint-Paul, Elèonore de 
Saint-Bernard, et la vénérable Anne de Saint- Barthélémy qui 
avait été la compagne inséparable de sainte Thérèse, Arrivées 
h Paris, le 15 octobre 1604, ces religieuses allèrent d'abord 
priera Saint-Denis, puis le lendemain k Montmartre. Elles 
s'installèrent le 17 octobre dans le prieuré de Notre-Dame- 
des-Champs, au faubourg Saint-Jacques, qui avait été dis- 
posé pour les recevoir et devenir le premier Carmel de 
France, 

Les sujets affluèrent et l'on compta parmi les novices : 
Andrée Levoix, qui fut la première admise; M"" veuve 
Jourdain, qui avait fait le voyage d'Espagne pour amener les 
Carmélites en France; Mademoiselle d'Hannivel, fille du 
grand audiencier de France ; Hortense de Marillac, fille du 
chancelier; Louise de Séguier, veuve du président de Bérulle 
et mère du cardinal; Marie de Larochefoucauld, sœur du 
cardinal; M"* de Cossè-Brissac, iîlle du maréchal; M°" la 
marquise de Uréauté, sœur de M°" d'Halincourt; M°" Du 
Coudray; M"' Lancri de Bains; et M'" de Boys de Fontaine 
Maraos qui, sous le nom de Madeleine de Saint-Joseph, fut la 
première prieure du monastère de Notre-Dame de la Com- 
passion de Lyon. 

Les fondations se succédèreut rapidement en France, et 




XVI INTRODUCTION 



TABLEAU DES FONDATIONS 
ET VOCABLES DES MONASTÈRES DE CARMÉLITES EN FRANCE 



1<» MONASTÈRES FONDES SOUS LA. JURIDICTION DE LA CONORÉGATION 

DE FRANCE 

1 — Paris. L'Incarnation du fils de Dieu N. S. J.-C. 18 octobre 1604. 

2. — Pontoise. Saint-Joseph. 15 janvier 1605. 

3. — Dijon. Saint-Joseph. 21 septembre 1605. 

4. — Amiens. Du Saint-Esprit. 19 mai 1600. 

5. — Tours. La Sainte-Mère de Dieu. 17 août 1608. (v. a, * L'Incar- 

nation.) 

6. — Rouen. L'Assomption. 10 juin 1609. (r. a. La mère de Dieu.) 

7. — Bordeaux*. Saint-Joseph. 7 décembre 1610. 

8. — Chalon-sur-Saône. La Sainte- Vierge et Saint-Joseph. 27 dé- 

cembre 1610. (r. a, L'Incarnation.) 

9. — Dôle *. Sainte-Madeleine. 6 août 1614. 

10. — Dieppe*. La Sainte-Mère de Dieu. 1^»* août 1615. 

11. — Toulouse. La Sainte-Mère-dc-Dieu et Sainte-Thérèse. 4 juin 1616. 

(v. a. Le Sacré-Cœur de Jésus.) 

12. — Gaen. L'Incarnation. 14 juillet 1616. 

13. — Besançon. L'Immaculée-Conccption de la Sainte Vierge et Saint- 

Joseph. 17 septembre 1616. 

14. — Lyon. Notre-Dame de la Compassion. 9 octobre 1616. 

15. — Orléans. La Sainte-Mère de Dieu et Saint-Joseph. 25 mars 1617 

(v a. Sainte Thérèse.) 

16. — Paris. La Sainte-Mère de Dieu. 7 septembre 1617. {v,a, La 

Réparation.) 

17. — Bourges. La Sainte -Mère de Dieu et Saint-Joseph. Derniers 

jours de septembre 1617. 

18. — Saintes. La Saiiile-Mère de Dieu et SaintJoseph. 28 octobre 1617. 

(v. a, L'Imniaculôe Conception.) 

19. — Rioni. La Saiiit(^-.Mère de Dieu. 28 janvier 1018. 

20. — Hor.leaux. LWssomption de la Sainte Vierge. 2>> août 1018. 
21 — Nantes. .lôsus-Mivliatcur. 12 octobre 1618. 

1 V. a. Ahrévialion de vocal)l<^ acltiol. 

-' Les astérisques (*) iiuiiqucMit les monastères qui n'eiisl*»nt plus. 



INTRODUCTION xvii 

22. — Limoges. La Sainte- Mère de Dieu et Saint-Joseph. 16 dé- 

cembre 1618. 

23. — Beaune. Saint-Étienne. 2G juillet 1610. (v. a. La Sainte-Enfance.} 

24. — Ne vers. L* Assomption de la Sainte Vierge. 8 décembre 1619. 

25. — Narbonne. La Mère de Dieu et Sainte-Thérèse. 30 mars 1620. 

26. — Chartres. L*Incarnation. 18 juin 1620. 

27. — Troyes. L'Incai-nation. 14 septembre 1620. (v. a. Notre Dame 

de la Compassion.) 
28. — Châtillon-sur-Seine'. I^ Nativité de Notre-Seigneur. 29 dé- 
cembre 1621. 

29. — Marseille. Sainte- Madeleine au pied de la Croix. 19 mars 1623. 

30. — Metz. L'Incarnation. 13 avril 1623. (r. a. La Sainte Trinité.) 

31. — Chaumout*. Saint-Joseph et Sainte^Thérèse. 7 septembre 1623. 

32. — Lectoure. La Sainte-Mère de Dieu et Saint- Joseph-. 8 sep- 

tembre 1623. 

33. — Morlaix. Notre-Dame du Mont-Carmel. 5 mai 1624. 

34. — Blois. L'Assomption de Notre-Dame. 9 n:ai 1625. 
36. — Sens. U Visitation. 2 juillet 1625. 

36. — Aix. Sainte-Madeleine au Désert. 9 septembre 1625. 

37. — Saint-Denis. Jesus-Maiia. 28 septembre 1625. 

38. — Angers. L'Incaination. 17 janvier 1626. 

39. — Màcon *. La Présentation de la Sainte Vierge. 22 mars 1626 

40. — Salins *. Notre-Dame du Mont-Carrael et Sainte-Thérèse. 

8 mars 1037. 

41. — Guingamp *. Sainte- Thérèse. 28 mai 1628. 

42. — Agen. La Sainte-Trinité et Sainte-Thérèse. 2 décembre 1628 

43. — Moulins. I.a Nativité de Notre Seigneur Jésus-Christ. 24 dé- 

cembre 1628. 

44. — Auch. La Sainte- Trinité et Notre-Dame des Victoires 

\h mars 1630. 

45. — Poitiers. L'Incarnation. 15 septembre 1630. 

46. — Troyes *. Notre-Dame de Pitié. 8 septembre 1630. 

47. — Gisors*. L'Immaculée Conception et Sainte- Thérèse. 13 oc- 

tobre 1631. 

48. — Arles. Sainte-Thérèse. 3 mai 1632. (r. «. Le Cœur de Marie.) 

49. — Reiras. L'Incarnatiou. 6 mars 1633. 

50. — Verdun *. La Sainte-Enfance de Jésus. 17 juin 1634. 

51. — Monlauban. L'Enfant- Jésus et Sainte-Thérèse. 15 octobre 1634. 

52. — Abbeville. Jesus-Maiia. 5 janvier 1636. 

53. — Compiègnc. L'Annonciation. 21 avril 1641. 

54. — Pont-Audemer *. I^ Nativité de Jésus. 28 juin 1641. 

55. — Gray *. La Sainte-Trinité ot Saint-Joseph. 4 décembre 1644. 
66. — Arbois '. Notre-Dame-Libératrice. 9 mai 1647. 

57. — Pamiers. Jésus-Christ- Sauveur. 29 juin 1648. 



xviii INTRODUCTION 

58. — Grenoble *, La Desponsation de la Sainte> Vierge et de Saint- 

Joseph. 26 juillet lGi9. 

59. — Niort. La Passion, l*"" septembre 1648. 

60. — Angoulême. La Sainte-Trinité et Jésus-Marie- Joseph. 3 mars 1654. 

61. — Brives*... En 1663. 

62. — Paris. Sain te -Thérèse. 12 janvier 1664. 

63 — Trévoux. La Sainte- Famille et Sainte-Thérèse. 16 juillet 1668. 

64. — Carpentras. Passé en 177G sous la juridiction de France, (r. a. 

Saint Joseph.) 

65. — Alenyon *. . 24 décembre 1780. 

2^ MONASTÈRES KONDÉS SOLS LA JLRIDICTIO.N DE L*ORDRE 

Avignon (r. a. Noli-e-Dame du Mont-Garmel), en 1613. — Valen- 
ciennes *, en 1618. — Nancy * (Sainte-Marie des Neiges), en 1618. — 
Douai (r. a. Notre-Dame du Mont-Carmel) , le 16 novembre 1625. — 
Lille (r. a, le Sacré-Cœur de Jésus), le 14 octobre 1626. — Carpentras 
(v. a. Saint-Joseph), en 1627. — Nancy * (Saint-Joseph et Sainte-Thérèse), 
en 1627. — Pont-à-Mousson *, en 1627. — Saint-Mihiel *, en 1628. — 
Chambéry (v. a. Notre-Dame du Mont-Carmel), en 1634. — Neufcbà- 
leau* en 1649. — Cavaillon*, en 1668. 

3" LISTE PAR ORDRE ALPHABÉTIQUE DBS MONASTÈRES ETABLIS 

AU XIX« SIÈCLE 

Aire-sur-l'Adour (Saint- Joseph), en 1853. — Albi (rimmaculée-Gon- 
ception), le 28 décembre 1841. — Aubagne *, le 18 janvier 1844. — Au- 
rillac (le Cœur de Marie). — Autun (Jésus-Maria), le 11 décembre 1838. 

— Bagnèro3-de-Bigorre (le Petit-Rocher de Saint-Jean de la Croix), le 
17 mars 1833. — Bayonne (rimmaculce- Conception), en 1858. — 
Bédarieux (Notre Dame du Mont- Carmel). — Bergerac (le Sacré-Cœur 
de Jésus). — Brest (Saint-Joseph), en 1859. — Brienne-le-Chàteau, le 
11 juillet 1841. — Cahors (la Sainte-Famille), le 23 septembre 1824. — 
Garcassonne (la Sainte-Trinité), en 1825. — Castres, en 1864. — Cholet 
(Vendée). — Coutances (les Sacrés-Cœurs de Jésus et Marie). — Crémieu. 

— Draguignan (rimmaculée-Couception), en 1860. — ÊcuUy, près de 
Lyon, en 1878. — Figeac, le 15 janvier 1833. — Fontainebleau. — Gra- 
vigny, près d'Évreux (la Nativité de Notre-Seigneur). — La Rochelle (la 
Saint-Trinité). — La Tronche, près de Grenoble (Saint-Joseph), le 15 oc- 
tobre 1841. — Laval (riramaculée-Gonception). — Le Dorât (Haute-Vienne) 
(les Trois Saint.s-(^ur8), on 1856. — Le Mans (Jésus Médiateur), en 
1830. — Le Puy (le Sacré-Cœur de Jésus). — Les Vans (.\rdèche) (le 
Sacré-Cxpur de Jésus), en 1840. — Libourne (le Sacré-Cœur de Jésus) 
eu 1845. — Lisieux (le Sacré-Cœur de Jésus), en 1838. — Lons-le- 



INTRODUCTION xix 

Saanier (Notre-Dame du Mont-Carmel). — Lounles. — Luçon (Jésus 
Médiateur), eu 1847. — Marscillo, deuxième monastère (le Cœur de 
Marie). — Meaux (le Sacr«y-C'eur de Jésus). — Mende. — Mois^^ac (Jêtus 
Réparateur), le 13 octobre 1826. — Montélimar (Saint-Jo«eph), le 
24 mai 18(50.— Montpellier (Saint- Joseph), le 2 avril 1837. —Nice (Jésus, 
Marie, Joseph et Thérèse). — Nîinea (le C^ur do Marie), le 19 décem- 
bre 1844. — Oloron (Saint-Jo^eplu, le 29 août 1833. — Ouilius (le* 
Sacrés-Cœurs de Jésus et Marie), en 1802. — Pau (le Sacré-Cœur de 
Jésus). — Périgueux — Fréjus * (Saint-Joseph;, le 2 juillet 1831. — 
Rennes (la Sainte-Famille), e;i iSil. — Rodez (Sainte-Thérèse), le 
14 octobre 1825. — Saiul-Brieuo (Saint-Joseph). — Saint-Chamond, en 
1869. — Saint-Germain- en Lave iNutrc-Dame du Mont-(]annel). — Saint- 
Flour (Saint-Joseph), le 20 juin 1839. — Saiot-Omer.- Tarbes. — Tou- 
lon. — Tulle (Jésu?, Marie, Jv seph et Thérèse), le 15 août 1836. — 
Uzês, en 1871. — Valojrnes* (l'Ini maculée-Conception), le 20 août 1830. 
— Vannes (le Sacré-Cœur de Jésus), en 18C(). — Villefianche-de-Rouer- 
gue (le Orur de Marie^ en 1845. — Vinca (Pyrénées-Orientales) (la 
Sainte-Tiinité), en 1861. 



Les Carmélites de France furent placées, dès leur établis- 
sement jusqu'à la Révolution, sous hi direction de visiteurs 
et supérieurs choisis et nommés par le Saint-Siège. Depuis 
le Ck)ncordat les monastères de Cai-mèlites, comme les au- 
tres maisons religieuses, sont placés directement sous la 
juridiction de l'Ordinaire. 

Les lois du Concordat n'admettant en France que les 
vœux simples pour les religieuses, après plusieurs con- 
cessions particulières. Sa Sainteté Pie IX, par un bref du 
23 mars 1869, a étendu, sans distinction, à tous les monas- 
tères de Carmélites existant en France, la communication de 
tous les privilèges et grâces spéciales dont jouissent les Car- 
mélites qui, en d'autres pays, émettent les vœux solennels. 

Nous ajouterons que les Carmélites de Lyon ont toujours 
été respectueusement soumises aux décisions du Saint- 
Siège apostolique, et qu'à aucune époque on ne les a vues 
présenter le spectacle affligeant de certaines religieuses qui 
ont embrassé les erreurs du jansénisme, ou résisté aux ordres 
de leurs supérieurs ecclésiastiques. 



XX INTRODUCTION 

La vie de la Mère Madeleine de Saint-Joseph, imprimée à 
Paris en 1670, par Pierre le Petit, contient une relation de 
la fondation du Carmel de Lyon qui peut servir de complé- 
ment à celle que nous donnons d'après les annales du mo- 
nastère (voir pages 115 et suivantes). 

Nous la reproduisons ici, l'ayant connue trop tard pour 
rinsérer à la place qu'elle devrait occuper. 



Extrait de la Vie de la Mère Magdeleine de SaiHt Joteph, religieute Carmélite 
déchaussée, par un Prbstrb db l'Oratoire. Nouvelle édition revue et augmentée. 
A Paris, chez Pierre le Petit M. DC. LXX. 

CHAPITRE XXII 

DU VOYAGE QU*ELLE FIT A LYON POUR Y ÉTABLIR 
UN MONASTÈRE, DE QUELQUES GRACES QU'eLLR Y REÇUT, ET DE SON 

RETOUR A PARIS. 

Gomme la Mère Magdeleine estoit un astre dans son Ordre, elle n'eut 
jamais de repos : toute sa vie se passa dans Taction, et la fin d*une entre- 
prise fut toujours le commencement d^une autre. Elle gouverna le pre- 
mier Monastère de Paris ; elle forma celuv de Tours, et ensuite elle fonda 
celuy de Lyon, par la rencontre que je vay dire. 

Madame d*lIalincourt (Jacqueline de Harlay), fille de M. de Sancy, 
estant de retour à Paris du voyage de Rome, où elle avoit accompagné 
son mary. Ambassadeur pour le Roy auprès de Sa Sainteté, visitoit souvent 
la Mère Marie de Jésus (veuve de M. le marquis de Bréauté), sa sœur, 
dans le monastère de Tlncarnation. Celle-cy lui procura la connoissance 
de la Mère Magdeleine. qui dès la première entrevue, luy dit plusieurs 
choses pour Futilité de son Ame. Elle en demeura extrêmement satisfaite, 
et noua avec elle une si étroite amitié, qu'elle a duré jusqu'à la mort. 
Par cette connoissance Tamour dos Carmélites s*alluma dans son cœur, 
et elle en fut si éprise. qu*elle résolut de fonder un couvent à Lyon, dont 
ton mary estoit Gouverneur, désirant contribuer à Tavancement d*un 
Ordre, à la grâce duquel il luy sembloit que uostre Seigneur avoit attaché 
son salut. Elle en traita avec sa sœur, et avec la Mère Magdeleine, qui en 
firent la proposition aux Supérieurs, et on obtinront l'agrément. Pour 
exécuter ce dessein, on choisit nosti^ B. H. à qui la Vierge, par une 
révélation particuliero, eu avoit doja donné quoique connoissance. Ma- 
dame d'Halimx>urt en fut ravie, ot envoya son arg-ontier à i*aris, pour 
la conduire à Lyon, avec iowia^ celles qui avoiont osto (iostinées j>our cet 
étahlis»(Mnont. 1^ Moi'^ j^artit ilo Paris lo jour «le la Do< olation de saint 
Jean Baptiste, en Vanm^ mil six cens sei/o, aooomp.i4rntv des S* ours The- 



INTRODUCTION xxi 

rese de lesus (Prud'homme), qut fut sa Sous Prieure, Marie de Saint Fran- 
çois (Doson), Marguerite de Saint Joseph (de Rivière) Marguerite de Saint 
Elie, Claire de Josus (Coton), Anne des Anges, et Marthe de Jésus (Bigot), 
Novice converse Elles estoient toutes du Couvent de rincarnation de 
Paris, à la reserve de Sœur Anne des Anges, professe de Tours, et rien 
ne leur manquoit des qualitez nécessaires pour jetter les fondemens d'une 
nouvelle maison. 

Estant amvées de Mascon à I^yon par la rivière de Saône, -Madame d'Ha- 
lincourt leur fondatrice, accorapaguée des principales Dames de la ville 
et de la campagne, les alla prendre dans son caresse, à la sortie du bateau, 
et les mena dans un logis de M. le Gouverneur son mary, joignant 
l'Abbaye d'Esnay, où elles demeurèrent quelques semaines, en attendant 
que la maison qu'on leur prtBparoit fust accomodée. La Mère eut une 
extrême consolation d'estre logée si proche d'une ancienne Kglise, arrosée 
du sang de plusieuis martyi*s : elle y pouvoit entrer à toute heure sans 
passer par la rue, et elle y receut beaucoup de grâces. Elle visitoit sou- 
vent dans une des chapelles de cette Eglise, le tombeau de sainte Blandine, 
l'une des plus illustres martyres do cette grande ville, pour qui elle avoit 
toujours eu une particulière dévotion. La Sainte la récompensa d'une 
marque singulière de sa bienveillance; car un jour auquel la Mère la 
la prioit avec grande ferveur, elle appuya sa teste sur son tombeau, et 
cette Sainte s'apparut à elle, luy parla assez longtemps, lui fit connoistre 
une partie des tourmens qu'elle avoit soutiers pour Iesus-Christ, etluy dit, 
qu'elle- mesme souttriroit beaucoup pour ce divin Sauveur. Elle demeura 
dans un si grand ressentiment <lc la faveur qu'elle avoit receue de cette 
Sainte, qu'elle en voulut avoir Tijuage dans sa cellule, et l'a gardée jus- 
qu'à la mort. 

Quand la maison (les Carmélites fut en estât. Madame d'Halincourt les 
y mena; et cette digne fondatrice pourveut avec tant d'affection et de 
ferveur à leurs besoins, qu'elle ne mettoit point de borne à ses liberalitez. 
Elle fit accommoder la petite église qui devoit servir jusqu'à ce que l'on 
en eust basti une plus grande : ce qui depuis a esté exécuté par le Mares- 
chal de Villeroy son fils, avec beaucoup de magnificence, et elle y donna 
de riches ornemens, sçacbant qu'un des meilleurs usages que l'on puisse 
faire des biens de la terre, c'est de les employer à la décoration des temples 
consacrez à Dieu. 

Comme la Mère Magdeleine ne devoit pas faire un long séjour dans ce 
nouveau Monastère, elle appliqua tout son soin à en procurer l'avance- 
ment, et essaya de le niettr<^ en tel cstit, ([uc son absence n'y piist apporter 
aucun préjudice. La «levotion qu'elle avoit aux douloiirs de la sainte Vierge, 
luy fit désirer que cette maison y fust dédiée, et qu'au nom de tout l'Ordre, 
elle rendist hommage à ce (jue cette <liviîie More avoit soufiert en la mort 
de son Fils. Ce de.'rseiii fut si agréable à la Vierge, qu'elle voulut le 
reconnoistre par une lare faveur, et se faire voir à la Merp Magdeleine, 



XXII INTRODUCTION 

avec son fils mort eotrc ses bras. Pendant que le Cardinal de Marque 
mont, Archevesque de la ville, dit la première Messe et posa le saint 
Sacrement dans la petite Eglise du nouveau Monastère, nostre R. H. 
tomba dans un grand ravissement qui luy dura plusieurs heures, et Ton 
croit que ce fut dans ce mesme temps qu*elle receut cette grâce signalée 
de la Mère de Dieu, qui luy laissa une nouvelle dévotion à ses mesaies 
douleurs et à ses paroles qui les expriment si bien; dont elle conceut une 
haute et claire intelligence, et les poita imprimées dans son cœur tout le 
reste de sa vie. Ne vocetis me Nocmiy id est piilchram, sed vocale me 
Mara, id est amaram, quia amarittidine valde me repïevit omnipo» 
tetis. Ne nrappelez point Noômi, qui veut dire belle, mais appelez moy 
Mara, qui veut dire amèrr, parce que le Tout- puissant m*a remplie de 
beaucoup d*amertume. 

Le Monastère de Lyon estant fort avancé par les soins de nosti*e B. H. 
elle se disposa pour retourner à Paris, où sa présence estoit nécessaire 
|)0ur résoudre quelques difficultés qui rctardoient la fondation d'un second 
Monastère que Ton y vouloit établir : elle sceut néanmoins de sainte 
Magdcleine, qui lui appai'Ut une seconde fois, que cette affaire auroit un 
heureux succès, et que Dieu Tavoit choisie pour la terminer ; car cette 
illustre amante de Iesds-Christ traitoit si familièrement avec celle qui 
luy estoit associée en amour, qu^elle Tinformoit souvent des volontez de 
celuy qui en estoit Tunique objet, et luy servoit de conseil dans les plus 
importantes affaires de TOrdre. 

Son départ qui approchoit, donnoit de grandes inquiétudes à Madame 
d*Halincourtetàtoutes les Religieuses; et quoy^qu*elless*ydeussent attendre, 
elles eussent eu grande peine à s*y résoudre, si la Mère ne les eût forti- 
fiées par ses raisons. Fille laissa pour prieure en sa place la Mère Terese 
dû Iesus,qui estoit sa Soûprieure, et la sœur Marie de Saint François pour 
Soûprieut^, à qui elle donna tous les avis necessaii es pour se bien acquitter 
de leurs charges. Madame d*Halincourt qui avoit toujours appréhendé 
cette séparation, ne put se resoudi^ à luy dire adieu, et la pria delà sur- 
prendre, ce qu'elle fit, et partit de Lyon loi-s que cette Dame s*y attendoit 
le moins. L*absence de la Mère ne diminua point la charité de cette Fon- 
dati ice pour la maison, qu'elle continua d'assister comme elle avoit si bien 
commencé. Lors qu'elle tomba malade de la maladie dont elle mouinit, elle 
se fit souvent porter au Couvent pour s'entretenir avec les Religieusep, 
à qui elle déclara le désir qu'elle avoit d'y estre euterrée, et l'ordonna 
par son testament de peur que M. d'Alincourt ne la fist inhumer dans l'une 
de ses maisons, où ses prédécesseurs avoient choisi leur sépulture. Elle 
mourut un an et demy après rétabli-scmeut du Monastère de Lyon, ayant 
esté indisposée pendant tout ce temps : si bien qu'il semble que notre 
Seigneur ne prolongea sa vie <iue j)Our accomplir ce bon œuvre, dont elle 
receut une extrême consolation à sa mort. Elle dcnna, outre les autres 



INTRODUCTION xxiii 

charitez qu'elle fit au Monastère, une somme fort considérable pour 
acquérir la qualité de Fondatrice, ce que nous avons cru devoir insérer 
en ce lieu pour une marque publique de la reconnoissance des Carmélites 
envers cette illustre Dame, et pour obliger celles qui liront cet ouvrage à 
donner quelques prières à une personne qui Ta si bien mérité de tout 
rOrdre. 

Pour reprendre la suite de nostre discours, la Mère partit de Lyon au 
mois de luillet mil six cens dix- sept, laissant dans cette grande ville une 
merveilleuse odeur de sa sainteté. 



La première novice que reçut à Lyon la Révérende Mère 
Madeleine de Saint-Joseph, est Marthe de rincaruation 
Nau, qui prit l'habit au monastère de Notre-Dame de la Com- 
passion le 18 octobre 161G, et en fut la deuxième professe, • 
la première étant la sœur du voile blanc Marthe de Jésus 
Bigot, qui avait pris Thabit au couvent de Tlncarnation 
deParis, le 29 juillet 1616 pour venir à la fondation de 
Lyon, où elle fit profession le 6 août 1617. La Révérende 
Mère Marthe de l'Incarnation fit sa profession le 19 octo- 
bre 1617, fut élue sous prieure le 26 mars 1619*, puis prieure 
le 26 février 1623*. Elle partit du monastère de Lyon le 
23 juillet, 1625, pour aller fonder celui de Marseille, qu'elle 
gouverna pendant sept ans. Elue prieure du couvent de la 
Mère de Dieu, à Paris, elle résida dans cette maison jusqu'à 
sa mort arrivée le 12 mai 1652. Elle était âgée de cinquante - 
huit ans et de religion trente-cinq ans. Son portrait, peint 
après son décès, est conservé au Carmel de Lyon. 

Le monastère de Notre-Dame de la Compassion a atteint . 
son apogée sous la direction de Tarrière-petite-fille de ses 
fondateurs, la Révérende Mère Madeleine Eléonore de Jésus 
de Neufville de Villeroy, qui en fit reconstruire les bâtiments 
claustraux sur un plan grandiose et mcmumental. Au sujet 
des présents que le Consulat faisait chaque année à la Révé- 

1 En remplacement de la sœur Mario de Saint-François qui partait pour une no-i> 
velle fondation. 
> Ko remplacement de la Mère de Jésus qui parlait pour la fondation de Marseille. 



XXIV INTRODUCTION 

rende Mère de Villeroy , à l'occasion du premier jour de Tan 
(voir page 38), nous devons faire observer que les objets 
qui entraient dans leur composition et dont l'usage est inter- 
dit aux Carmélites, n'étaient acceptés que dans le but de 
procurer quelques adoucissements aux malades ou pour 
être donnés en aumônes. 

Mais si les constructions du monasîêres étaient vastes et 
bien disposées, par contre ses revenus étaient insuffisants 
pour assurer leur entretien. Aussi lor^iqu'à la suite des gros- 
ses réparations et reconstructions que la communauté se 
trouva dans la nécessité de faire exécuter vers 17G1, pour 
prévenir la ruine d'une partie des bâtiments, fut-elle obligée 
d'emprunter une forte somme pour le paiement de ces tra- 
vaux. En 1778, dans sa détresse, elle sollicita de l'adminis- 
tration diocésaine un secours qui lui permit d'éteindre en 
partie les dettes qu'elle avait été dans l'obligation de con- 
tracter. La situation du monastère était si précaire, que 
lorsque la sœur Mari3-Josépliine de Saint -André Yon de 
Jonage fut élue dépo^iilaire, le 18 octobre 178*^, elle trouva 
le dépôt sans argent et avec iO.OOO livres de dettes. Sa sage 
économie, son induïï^trieuse prévoyance, les i)ersonnes qu'elle 
eût le talent d'intéresser à la déUvs>e de la conmiunauté, lui 
permirent non seulement de liquider la plus grande partie 
des dettes, mais encore» de faire exècut^'r les ivi)arations 
nécessaires. A sa sollicitation M™ de Monlevnard, ab- 
besse de Saint-Pierre -les-Nonnains, procura à diverses 
reprises des secours importants à la conimunaut*^', et con- 
tinua d'assister les religieuses après leur expulsion en 1792; 
M'"'' de Monteynard a donc ae([uis. à bien juste titre, 
celui de bienfaitrice des (Carmélites d<» L\ on. 

Nous avons trouvé dans les caiMiets de comptes , 

1 M"' «!•' Monteynard ny.uit i i''"t'* aux Cm :ii'i;- s liN.-t.s on;. -s »î.>:it le total 
altpjfiçuail l'SlK'O livi-«*s, Inir «••riMl .ih)is .i\ >• i.i-- :i. ■.,. .••.'■.•,> it. à.. n"«'*ire point 
en peine deseui{»runtsqij'ellts uo poiu.rwMit lui rciul.fur •:•. .n.". i;,- ;. s- .i ten: it (juittes 
et que « tous leshillfts éUiifixl au fru ». 



INTRODUCTION xxv 

leûus par la sœur Thérèse de Saint-Albert Deville qui a été 
dépositaire de 1790 à 1816, de curieux et intéressants ren- 
seignements sur l'état de la communauté pendant cette pé- 
riode, la situation précaire des religieuses et les divers 
domiciles qu'elles ont habités successivement jusqu'au 
moment où elles purent se réunir de nouveau, en clôture, 
dans la maison de la Providence. Malheureusement nous 
n'avons pas eu connaissance de ces documents assez à temps 
pour les utiliser à la place qu'ils devraient occuper, ce qui 
nous oblige de les donner ici, sous formes de notes com- 
plémentaires. 

NOTES COMPLÉiMENTAIRES 

SDR LA SITUATION DE LA COMMUNAUTE DES CARMELITES 

DE LYON DE 1790 A 1816 

Lorsqu'enjuin 1790, au nom de la Nation, le district de 
Lyon déposséda le monastère des Carmélites de tous ses 
revenus, au moment où la communauté se disposait à perce- 
voir les rentes semestrielles qui formaient ses seules ressour- 
ces, les religieuses se trouvèrent dans une gran-le pénurie 
et sans moyens d'existence. La sœur de Jonage, alors dé- 
positaire, ne crut pas devoir faire connaître imniêdiate- 
mont la triste situation de la communauté dans la crainte 
d'éveiller les susceptibilités de l'administration qui en était 
cause ; mais après quelques semaines, cet état 'de choses 
s'étant ébruité au dehors du monastère, les familles des 
religieuses et de nombreux bienfaiteurs leur vinrent en 
aide. Le premier secours qu'elles reçurent fut un assignat 
(le 200 livres, envoyé par Messieurs du séminaire de 
Saint-Irénée; M"'' Duculty leur apporta vingt-cinq louis 
aussitôt qu'elle apprit leur délres^e. Enfin le Directoire du 
département prenant en considération la supplique qu'elles 
adressèrent au président du District de Lyon, leur fit délivrer 



XXVI INTRODUCTION 

le 4 août 1790, uneprovision de 4440 livres qu'il leur retint 
ensuite sur le montant dos pensions viagères que la Nation 
leur accorda. 

A la veille d'abandonner le monastère, la sœur Deville, 
en qualité de dépositaire, procéda au partage du numéraire 
que possédait la communauté et qui provenait des pensions 
alimentaires servies aux religieuses, des secours et aumônes 
qu'elles avaient recueillis, ainsi que du produit de leur tra- 
vail manuel. D'après la proportion établie par les supérieurs, 
les sœurs du chœur reçurent ti76 livres pour leur part et les 
sœurs du voile blanc 108 livres seulement. 11 fut aussi décidé 
en chapitre, d'un commun accord, que ces diverses sommes 
resteraient jusqu'à nouvel ordre entre les mains de Ja sœur 
Deville, dépositaire de la communauté. 

Le 4 octobre 1792, les Carmélites furent expulsées du 
monastère de Notre-Dame de la Compassion de Lyon. Celles 
dont les familles pouvaient les recevoir y allèrent demander 
l'hospitalité, et les autres continuèrent de résider à Lyon, 
mais divisées en plusieurs banles ou réunions. 

La première de ces réunions comprenait la Révérende 
Mère prieure Marie de Saint-Joseph Goulelle, la Mère Thérèse 
du Sainl-Ksprit Chirat, ancienne prieure ; les sœurs Marie- 
Barbe (le la Conception Gdlier, Marie-Anne-Madeleine de la 
Croix Vial, Marie-Anne -ïhérès(3 de Saiut-Albert Deville, 
dépositaire, Jeanne-Marie -Ma<hdeine de Saint-Joseph Du- 
culty, Jeanne AiidréMarie-Elisabelh Herque,etMarie-Etien- 
nette de rincarnation Chambrv, converse. Ce rassemblement 
s'installa à Ainay, près de l'Arsenal. 

La seconde réunion be composait de la Mère sous- prieure 
Marie-Joséphine de Saint- André ^'«ui de Jonage, et des 
sœurs Jeanne-Henriette du Cœur de Marie iiichon, Marie- 
Emerentienne de Saint -Michel Hiciion, Marie-Ma<leleine Vic- 
toire de Jésus La Sausse, et Fleurie-Marie-Anne de Saint-- 
Barthélémy Unisson, converse. La Mère sous-prieure logea 



INTRODUCTION ix?ii 

son rassemblement à l'hôtel de Jonage, rae du Peyrat, dans 
an local que sa sœur, Mademoiselle de Jonage, mit à sa 
disposition. 

La troisième réunion ne comprenait que les sœurs Marie- 
Catherine-Thérèse de Jésus Fayet, Marie-Suzanne-Thérèse 
du Saint-Esprit Clément, et Marie-Jacqueline-Marthe de 
l'Enfant' Jésus Pinet, converse. Ce rassemblement logea d'a- 
bord à proximité du monastère ; mais la sœur Fayet étant 
morte le 26 octobre 1792, vingt-deux jours après l'expulsion 
de la communauté, fut enterrée au cimetière des Grands 
Augustins, paroisse Saint-Louis S et ses compagnes se re- 
tirèrent à Ainay, avec les sœurs Marie- An ne-Constance de 
la Sainte -Trinité Moline et Marie - Marguerite de Jésus 
Bourg qui s'étaient logées dans la cour de l'abbaye, maison 
Saunier. Peu après la sœur Jeanne-Marie-Thérèse de Jésus 
Froment vint rejoindre ce rassemblement. 

La réunion de la Mère prieure perdit la Mère Chirat, qui 
mourut en dehors du rassemblement, chez des parents, le 
31 janvier 1793, et fut enterrée dans le cimetière de la 
paroisse Saint-Pierre des Terreaux. Voici un extrait partiel 
de l'acte de son décès, relevé sur les registres de la ville : 

« Le 31 janvier 1793... Elisabeth Chirat, ci-devant Religieuse Car- 
mélite, âgée d'environ soixante et seize ans, fille de Jean Chirat et de 
Benoîte Sparon, est déoédée cette nuit dans son domicile rue de TEnfant 
qiii Pisse. » 

Pendant le siège de Lyon, dans la nuit du 24 au 25 août 
1793, la maison où résidait la réunion de la Mère prieure 
fut incendiée à la suite de Texplosion de Tarsenal. Les reli- 
gieuses furent obligées de se sauver au milieu de la nuit et 



1 Acte dé décès de la Saur Fayet. — Le viDgt*sept octobre 1702, j'ai inhumé le 
e»rp« de Catherine Fayet^ cy devant Religieuse Carmélite, décédée hier, âgée d'en- 
viron soUante quatre ans, en présence d'Anihoine Berthet, fabricant, soussigné, et 
de Loois Ifatoax, affaneur, illitéré fsic)^ de ce enquis : Bkrthbt ; Rozib, vicaire. 
{Archivé» dé la ville. Registre n* S61, fol. 78, art. 594 de la Paroisse Saint-Louis 
(Saint*Viiioe&t). 



xxvjii INTRODUCTION 

perdirent dans cette catastrophe une partie de leurs effets» 
ainsi que des papiers précieux relatifs à la communaati. 
Les sœurs Gillier, Vial, Deville et Duculty vinrent immé- 
diatement se joindre au troisième rassemblement, dans la 
cour de Tabbaye d'Ainay, et la Mère prieure avec la sœur 
converse Chambry se logèrent séparément dans le centre de 
la ville : 

Le 19 novembre 1793, la sœur Duculty mourut dans le 
rassemblement logé dans la cour de l'abbaye d'Ainay, et fut 
enterrée dans le cimetière de la paroisse d*Ainay, près de 
Tancienne Académie. Voici l'acte de son décès relevé sur 
les registres de la ville : 

(( Aujourd'hui premier frimaire de la seconde année républicaine, par 
devant... les citoyennes Deville, couturière cour d*Enay (sic) et Suzanne 
Clément, même état et cour, nous ont déclaré que Jeanne Marie Duculty, 
âgée de 48 ans, Religieuse aux ci-devant Carmélites, fille d'Antoine Duculty, 
négociant à Saint Chamond et de la citoyenne Croisier, est décédée avant 
hier à minuit dans le domicile de la citoyenne Bourg, dans la ooor 
d'Enay. » 

Cette pièce fait connaître le domicile et la profession qu'exer- 
çaient les religieuses à ce moment: 

Sous la Terreur, après la première arrestation suivie de la 
mise en liberté des Carmélites qui composaient le troisième 
rassemblement logé dans la cour de l'abbaye d'Ainay, les sœurs 
Bourg, Froment et Pinet avaient jugé à propos de se retirer 
ailleurs pour, en diminuant l'importance de la réunion, ne 
pas éveiller une seconde fois l'attention des sections révolu- 
tionnaires. 

Malgré cette précaution les cinq Carmélites qui étaient 
restées dans la maison Saunier furent arrêtées une deuxième 
fois, le 26 mars 1794, avec les Clarisses qui s'étaient ré- 
fugiées dans la même maison après l'explosion de Tarsenal. 
La Commission révolutionnaire, devant qui elles furent tra- 
duites, condamna à mort la sœur Vial, et à la détention les 



INTRODUCTION xxix 

sœurs Deville, Moline, Qément et GiUier. (Voir les inter- 
rogatoires et les jugements, pages 212 et suivantes). 

Les sœurs qui composaient la réunion de la Mère sous- 
prieure à rhôtel de Jonage, averties le même jour qu'on 
devait procéder à leur arrestation, se dispersèrent en fuyant 
dans les montagnes du Lyonnais où elles trouvèrent un asile 
contre les terroristes. 

Les Carmélites incarcérées se trouvaient dans un dénue- 
ment complet, lorsque la divine Providence suscita une sœur 
hospitalière de Pont-de-Vaux, nommée Bertillon, qui chassée 
de cette ville pour refus de serment vint se réfugier à Lyon 
et prit soin de leur apporter de la nourriture, car, à cette 
époque, on ne donnait aux prisonniers que du pain noir et de 
l'eau. Peu de temps après, les sœurs Saint-Michel Richon et 
Chambry, ainsi que Marthe Pinet, rentrèrent en ville et 
purent les secourir. Ces quatre sœurs ont exposé leur 
liberté pour procurer à leurs compagnes emprisonnées des 
aliments et des secours de toute nature. Nous devons aussi 
signaler la famille de M. Girard, négociant en dorures, dont 
la charité fournissait aux dépenses nécessaires. 

Le 19 novembre 1794, après huit mois de dure captivité, 
les sœurs Deville, Clément, Moline et Gillier furent mises en 
liberté, et ne voulant pas retourner habiter la maison Sau- 
nier où elles avaient été arrêtées, elles se réunirent au ras- 
semblement de la Mère sous-prieure, à l'hôtel de Jonage, où 
étaient seulement revenues après la Terreur les deux sœurs 
Saint-Michel Richon et de Tlncarnation Chambry. Pour 
pouvoir retirer leurs effets de la maison Saunier, les Carmé- 
lites durent faire procéder à leurs frais, à la levée de scellés 
qui avaient été apposés sur leur mobilier à la suite de leur 
condamnation par la Commission Révolutionnaire. 

Le 29 novembre 1795, la sœur Marie-Anne de Jésus Be- 
raud est décédée à Moingt, près de Montbrison, où elle 
s'était retirée après lexpulsion de la communauté en 1792. 



XXX INTRODUCTION 

Elle était âgée de cinquante-quatre ans et trois mois et 
demi. 

Le 4 octobre 1796, la sœur Marie -Marguerite-Pauline du 
Saint-Sacrement Movnier vint rejoindre le rassemblement 
de la Mère sous-prieure à rbôtel de Jonage. 

La Mère sous-prieure Marie- Joséphine de Saint- André 
Yon de Jonage est décédée dans son rassemblement le 8 avril 
1797, et a été enterrée au cimetière de la Madeleine à la 
Guillotière. Voici un extrait partiel de Tacte de son décès 
relevé sur les registres de la municipalité du Midi (Lyon 
était alors divisé en trois municipalités : celles du Nord, du 
Midi et de l'Ouest). 

« Le dix neuf germinal an Cinq... Marie Andrée Joséphine Ton Jonage, 
âgée de cinquante neuf ans, native de Lyon, ex-religieuse susdite me du 
Peyrat, fille de défunt Jacques Claude Yon Jonage et de Marguerite Ar- 
thaud, est décédée ce matin à 8 heures dans eou domicile. » 

Après la mort de la Mère sous-prieure, la Mère prieure 
Goutelle vint prendre la direction du rassemblement qu'elle 
rejoignit le 7 août 1797. M"^ de Jonage, malgré la perte de 
sa sœur, continua d*abriter les Carmélites dans son hôtel de 
la rue du Pevrat. 

Le 25 juin 1798, la sœur Marie-Julienne de Jésus Cha- 
land est décédée à Briguais (Rhône), oii elle s'était retirée 
après l'expulsion de la communauté en 1792. EUe était âgée 
de soixante-dix ans et dix mois et demi. 

Le 30 janvier 1799, la sœur converse Marie-Françoise de 
Jésus Bruyas, âgée de soixante-huit ans et six mois, est dè- 
cédée hors de Lyon, chez des parents où elle s'était retirée 
après l'expulsion de la couununauté en 1792. 

Le 29 mai 1799, la sœur Jeanne-Marie-Thérèse de Jésus 
Froment est morte à Tàge de soixante-quatorze ans et six 
mois, à CoUonges- sur-Saône, chez M. Archimbaud, son 
parent, où elle s'était retirée après la première arrestation 



INTRODUCTION xxxi 

du rassemblemeet qui logeait dans la cour de l'abbaye d'Âi- 
nay, maison Saunier, en février 1794. 

M^® de Jonage étant décédée, son frère, M. César-Ântoine 
de Jonage, accorda aux Carmélites la même faveur que sa 
sœur et les logea gratuitement jusqu'à sa mort arrivée le 
5 mars 1800. Trois mois après les Carmélites qui talent Thô- 
tel de Jonage, rue du Peyrat S qui les avaient abritées pen- 
dant les mauvais jours, pour se loger place Bonaparte, 
n® 121, dans la maison Magneunin* qui formait l'angle des 
places Bonaparte et Le Viste. 

A ce moment le rassemblement était composé de huit Car- 
mélites, savoir : la Révérende Mère prieure Marie de Saint- 
Joseph Gou telle; les sœurs Marie-Barbe de la Conception 
Gillier, Marie-Anne-Constance de la Sainte-Trinité Moline, 
Marie-Emerentienne de Saint-Michel Richon, Marie-Suzanne- 
Thérèse du Saint-Esprit Clément, Marie- Anne-Thérèse de 
Saint-Albert Deville, dépositaire, Marie-Marguerite-Pau- 
Une du Saint-Sacrement Moynier, et Marie-Etiennette de 
l'Incarnation Chambry, converse. La sœur converse Marthe 
de l'Enfant-Jésus Pinet logeait en dehors, tout en étant en 
communication avec ses compagnes. 

Au commencement du mois de septembre 1800, la sœur 
Jeanne-André-Marie-Elisabeth Herque vint rejoindre le ras- 
semblement de la Mère prieure dans la maison Magneunin, 
et porter à neuf le nombre des religieuses qui composaient la 
communauté. 

La même année une généreuse bienfaitrice, qui a désiré 
ne pas être connue, a donné à la communauté la somme de 
sept mille livres, à seule fin que les revenus fussent employés 



i L'hôtel de Jonage a été démoli en 1856, et sur son emplacement M. de Murard 
a fait édifier, par rarehitecte lyonnais Bresson, la splendido maison qui porte actuel- 
lement le numéro 30 sur la rue du Peyrat. 

S La maison Magneunin a été aoquise par la ville de Lyon en 1860, de Denis Augus* 
tin Jouffroy, et démolie en 1861 pour Touvertura de la rue de rHôtel-de-Ville. Elle 
portait alors le n* 14 sur la rue Louis-le-Grand, ot avait appartenu sous la Restaura- 
tion k Camille Jordan. 



xxxii INTRODUCTION 

h procurer aux religieuses un logement plus vaste, et que le 
capital servit à l'acquisition d'une maison lorsque les circons- 
tances le permettraient. La même personne a également donné 
à la communauté, pour être partagés entre les sœurs qui la 
composaient à cette époque, cent louis pour dire des prières à 
son intention, surtout après sa mort. 

Le 23 octobre 1800, la sœur Marie-Anne -Thérèse Goul- 
lard est décédée h Tàge de cinquante-un ans moins seize 
jours, dans le domicile où elle s'était retirée après l'expul- 
sion de la communauté en 1792. Voici l'acte de son décès 
relevé sur les registres de la municipalité du Midi de la ville 
de Lvon. 

u Du doux brumaire Tau neuf de la Republique française, acte de décès 
de Marie Anne Goulard (sic)^ décédée le premier du courant à dix heures 
du soir, Aj^)e de cinquante un ans, née à Lyon, rentière, ex Religieuse 
Carmélite, rue du Fiat, fille de défunt Antoine Goulard. qui était rentier 
audit Ljou,et de détuute Marguerite Dovaux son épouse, sur la déclaration 
de Clau io Antoine Barudet, commissionnaire susdite rue du Plat, et de 
Claude BerUilier, tailleur d*habits même rue, ont signé. Constaté par moi 
Maire de Lyoj« divi^ou du Midi, ùdsant les fonctions d*officier public de 
Tetat civil soussi^uo. Cl.vud£ Antoine H.varDET, Bbbcdise, Rambadz>- 
Hao$^ adjvint. » 

Peu de temps après, la sœur Jeaune-Henriette du OBur - 
de-Marie Richon viut rejoindre le rassemblement de la 
Mèrt> prieure, qui $e tivuva alors compose de dix religieuses. 
Un peu plus tanl* vers la fin de i802, ce fut le tour des 
scwirsClaudiue^ïhèrèse de Jésus de Saint-Joseph Valin et Fran- 
çoise dt> Saiut'Ji>seph-TiièKse de Marie de Jésus de Burssat, 
qui porièi^ul à douze ^ le nombre des Carmélites réunies en 
Oi>mmunaulè dans la maison Magueunin. àBellecour. Enfin 



I CMI f«r «rt«iir <)«# avtts •Y\>«i« indiqué U «Ut^f i« iseâ à la liste qoc aoos doo- 
Ma< |Mm[« 4t^ aHKAiu «(iM I«M nom» ^a; > â^u:\u( »ani sa^f aa«Iqncs oaussioaa) 
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INTRODUCTION xxxiii 

en mars 1804, la sœur Jeaone-Marie-Âimée de Jésus Peillon 
vint se joindre à ses compagnes et augmenter le rassemble- 
ment. 

Dans les derniers six mois de Tannée 1804, la communauté 
perdit trois de ses membre». C'est d'abord la sœurMarie- 
Ânne-Constance de la Sainte-Trinité Moline, qui mourut le 
25 juillet, âgée de soixante-dix-neuf ans, cinq mois et seize 
jours. Ses funérailles religieuses furent célébrées à l'église 
Saint-François-de-Sales, paroisse de la communauté, et son 
corps inhumé dans le cimetière de Saint-Just, qui existait 
autrefois sur le versant des anciennes fortifications, au 
midi de ^ancien télégraphe Chappe, et qui a été détruit 
en 1814. 

Le 26 septembre suivant, ce fut le tour de la sœur Marie - 
Barbe de la Conception Oillier, morte à 1 âge de quatre- 
vingt-trois ans, neuf mois et dix-neuf jours, et qui a été 
inhumée dans les mêmes conditions que la sœur Moline. 

Enfin le 5 décembre 1804, la sœur Marie-Marguerite- 
Pauline du Saint-Sacrement Moynier est morte âgée de 
soixante- un ans et huit jours. Ses funérailles ont été célé- 
brées à Saint-François-de-Sales, comme celles de ses deux 
compagnes auprès desquelles elle a été enterrée. 

Voici les extraits des actes de décès de ces trois religieuses, 
relevés sur les r^istres de la ville de Lyon. 

« Le sept thermidor de l'an douze — Acte du décès de Marie Anne 
Moline, décédée hier matin, aune heure, âgée de 80 ans, native de Lyon, 
demeurante place Levisten^^ 121 (sic), ancienne Religieuse Carmélite, fille 
de deflunt Michel Moline et de Michelle Aubert son épouse, sur les décla- 
rations » 

« Du cinq vendémiaire an treize. Acte de décès de Barbe Gillier, décé- 
dée hier soir, à dix heures, figée de 83 ans (sic), native de Lyon, ex 
Religieuse Carmélite demeurant place Leviste, fille de défunt Pierre Gillier, 
marchand fabricant en cette ville, et de Antoinette Fournier son épouse, 
sur les déclarations... » 

a Le quinze frimaire de Tan treize, par devant... qui ont déclaré que 
Marguerite Moinier, figée de 61 ans, native de Lyon, ancienne Religieuse 



XXXIV INTRODUCTION 

« 

Carmélite, place Rellecour, n° 121, fille de Joseph Moinierel Anne Jon- 
quet son épouse, est décédée hier soir à trois heures... » 

Après ces pertes, les sœurs converses Marie-Jacqueline- 
Marthe de TEnfant-Jésus Pinet et Fleurie-Marie- Anne de 
Saint-Barthélémy Buisson vinrent se réunir au rassemble- 
ment de la Mère prieure . 

Tout en se conformant à la volonté de Dieu, le seul désir 
des Carmélites rassemblées dans la maison Magneunin, à 
Bellecour, était alors de pouvoir acquérir une petite propriété 
où la communauté se serait perpétuée. Aidée par plusieurs 
bienfaiteurs, notamment par M""* de la Barmondière qui mit 
à leur disposition la somme de vingt mille livres, les reli- 
gieuses songèrent d'abord à rentrer en possession d'une partie 
de leur ancien monastère ; mais elles durent bien vite renon- 
cer à ce projet devant le prix élevé qu'on leur demanda. Un 
moment elles eurent l'intention d'acheter l'ancien couvent 
des Pères Carmes déchaussés, mais M"^ de la Barmondière, 
en sa qualité d'ancienne chanoinesse du chapitre de Jonrsay 
en Forez, se faisait un cas de conscience de contribuer à Tac- 
quisition d'un bien jadis ecclésiastique. Pour lever ses scru- 
pules les religieuses eurent recours à Sa Sainteté le Pape 
Pie Vil, par l'intermédiaire de M. de Vilieu qui voulut bien 
se charger de cette mission. 

Voici la supplique qu'il devait remettre au Saint-Père, le 
mémoire en italien, et l'autorisation verbale que Sa Sainteté 
a bien voulu accorder à la demande des Carmélites : 

3UPPL1QUS A SS. PIS TU 

Les dames de la ville de Lvon, de la réibrme de Sainte Théeèse, ao 
nombre de vingt *, auxquelles désirent se réunir d*autre8 Carmélites d'une 
ville voisine pour, à la (aveur de la tolérance actoelle du goaTemement, 
vivre ensen^le conformément à lear Saint Institut et être, par là, plus à 
même de propager leur Ordre dans des temps plus heureux, encouragées 

1 C« nombre comprenait on outre du rassemblement, toutes les roligieoscs de 
l'aacieaae commonsaté <|iii viraient alors dispersées en dehors de Lyoa. 



INTRODUCTION xxxv 

à cela par leara sœara de Pamiers déjà réunies dans leur ancienne maison 
claustrale acquise par la famille de Tune d'elles, et aussi par les sœurs de 
Paris, Abbeville, Amiens, Chartres, Reims, Beaune, Tours, Bordeaux et 
Aix, dont plusieurs portent l'habit religieux, se proposent d'acquérir 
d*un particulier Tancienne maison et TEglise des Carmes déchaussés de 
Lyon, tons morts, un seul excepté. 

Elles n*onl de ressource que dans la bourse d'une personne extrêmement 
charitable, mais dont la conscience timorée outre mesure répugne à con- 
tribuer à l'acquisition d'un bien Jadis ecclésiastique, dont l'aliénation et 
U sécularisation pe trouvent poui*tant légitimés par le Concordat. Son 
scrupule ne pourrait être levé que par la certitude que Sa Sainteté les 
autorise spécialement à cette acquisition, sans qu'il soit néanmoins nécessaire 
pour la tranquiliser que cette autorisation soit revêtue des formes authen- 
tiques, qu'elle sent bien que les circonstances ne permettent pas d'em- 
ployer. Cette occasion manquant, les Carmélites de Lyon manquent la 
seule occasion de se ressusciter. 

Elles désirent que Sa Sainteté veuille bien étendre cette permission sur 
tout autre bien ecclésiastique qui pourrait remplir leur objet, en cas 
qu'elles ne puissent s'arranger avec l'acquéreur de la maison des Carmes 
déchaussés. 

LETTRE DE MONSIEUR 1>B VILIEU AUX CARMÉUTBS 

On n'a pu présenter le mémoire en français des dames Religieuses Car- 
mélitesy parce que Notre Saint Père ne pai'le pas français et qu'il était 
trop long; aucun des gens d'affaires qui environnent le Pape n'a voulu 
s'en charger, par la raison que tout le monde sait : mais moi soussigné, 
ayant eu une audience particulière du Pape Pie VII, le samedi 26 mai 1804, 
certifie que lui ayant présenté le petit mémoire en italien ci-contre, et lui 
ayant parlé en détail de ladite aâaire. Sa Sainteté m'a assuré qu'il n'y 
avait aucun inconvénient et sous aucun rapport que la Dame bienfaitrice 
des Carmélites contribue à l'acquisition projetée ; le Pape ne signe pas lui 
même et certainement dans cette circonstance il n'aurait pu ni voulu 
signer. J'atteste la venté de tout ce que dessus : à Rome, ce 27 mai 1804. 
De Vilibu. 

memoire en itauen présenté au saint-père par m. de vilieu 

Le Religiose Carmelitane délia città di Lione in Francia, che hanno 
sopravissuto a la Rivoluzione, hanno la buona ventnra di trovare une bene- 
CttricCy che accousente di pagare col suo proprio danaro, l'acquisto d'una 
porzione d'antico Convento, alla fine di coUocare le susdette religiose Car- 
melitane, malasusdettabenefatrice ellossa da una delicatezza forse estrema, 
bramerabbe essere autorizzata, da nostro Santissimo Padre : sarebbe 
indiscretto di domandare l'approvarizione délia Sua Santita ? 

Peu de temps après son arrivée à Lyon, Son Eminence le 



xixvi INTRODUCTION 

cardinal Fesch avait ordonné la fermeture de Téglise de 
Notre-Dame de Fourvière, pour soustraire le sanctuaire vé- 
néré des Lyonnais aux profanations des prêtres apostats qui 
y célébraient les offices sous la direction et à la solde de la 
veuve Bécon. Cette dame, qui avait acquis de la nation 
réglisede Fourvière, le 23 messidor an IV (11 juillet 1796), 
pour le prix de 29.880 francs, y avait rétabli le culte de son 

autorité privée. 

MM. les abbés Caille qui cherchaient depuis longtemps à 
rétablir le culte catholique à Fourvière, d*accord avec M"* de 
la Barmondière, et M. Goullard. curé de la paroisse Saint- 
Louis, négocièrent avec la veuve Bécon l'acquisition de Tan- 
tique chapelle, dont la vente fut consentie le 30 novembre 
1804, (9 frimaire an XIII), pour le prix de 21 728 fr. 39. 
L'acquéreur, M. Goullard, la rétrocéda le même jour aux 
sœurs La Sausse, Herque, Deville et Rossary. 

Les religieuses Carmélites faisaient procéder aux répara - 
tions nécessaires, tant pour disposer les bâtiments à recevoir 
la communauté que pour rendre la chapelle au culte,Iorsque 
Son Eminence le cardinal Fesch songea à faire acheter Four- 
vière par la fabrique delà paroisse Saint- Jean, pour en faire 
une annexe de la cathédrale. La négociation de cette rétro- 
cession dura peu de temps, néanmoins à un certain moment 
les Carmélites se trouvèrent dans un grand embarras. Ayant 
épuisé leurs ressources pour l'acquisition de Fourvière et la 
fabrique de Saint-Jean ne pouvant préciser l'époque où elle 
serait en mesure d'en rembourser le prix, elles ne pouvaient 
dès lors songer à une nouvelle acquisition. Dans cette occu - 
rence, la révérende Mère prieure permit à ses religieuses 
de promettre à Dieu de donner en aumônes autant de louis 
qu'elles recevraient de mille livres, sans fixer aucun laps 
de temps pour l'accomplissement de ce vœu. 

Enfin cette affaire avant été heureusement terminée en- 
tre les parties contractantes le 3 mai 1805, la fabrique de 



INTRODUCTION xxxvii 

Saint-Jean pnt rembourser aux Carmélites la somme de 
24 000 livres, tant pour couvrir le prix d'acquisition que 
pour les frais et réparations effectuées, et les religieuses pré- 
levèrent sur cette somme vingt-quatre louis pour les distri- 
bueren aumônes, comme elles en avaient fait le vœu^ 

Dans son Histoire de Notre-Dame deFourvière, publiée 
en 1838, M. Tabbé Cahour présente les Carmélites comme 
ayant agi ténébreusement dans cette circonstance, et leur 
prête gratuitement une conduite inconsidérée pour des reli- 
gieuses (voir pages 294 et suivantes de ladite histoire), 
n'ignorant cependant pas que ces dames ne pouvaient alors 
sedéfendre et opposer leurs dénégations, basées sur des faits 
certains, à des imputations douteuses et sans preuves. Les 
documents que nous venons de faire connaître sont destinés 
à infirmer les exagérations contenues dans le récit pathé- 
tique de M. l'abbé Cahour, et montrer que dans cette affaire 
la conduite des religieuses Carmélites a été régulière, hon- 
nête et tout à fait désintéressée. 

Le 9 fructidor an XIII (27 août 1805) les Carmélites firent 
Tacquisition de l'ancien couvent de la Providence, à la mon- 
tée Saint-Barlhélemy. L'acte de cette vente, passé en l'étude 
de M* Dugueyt, notaire à Lyon, porte que M. Reydellet et 
son épouse née Clochet vendent à Jeanne-Andrée Herque et 
Marie Deville, rentières demeurant à L3'on, place Bonaparte, 
n** 121, et à Louise Rossary, rentière, demeurant à Saint- 
Chamond et ce jour à Lyon : 

« Tous les bâtiments, chapelles, terrasses et jardins dépendants du cy 
devant couvent ou hospice de la Providence de cette ville, dont Tenti'ce 
principale est à la montée Saint Barthélémy, à Texception du bâtiment 



1 Ce n'est pat sealement 24 louis, maie bieD ùOî fr. 15 que lea Carmélitea dislri- 
buërent en auraôneapoar l'accompliseement de leur promesse. Elles donnèrent 200 fr. 
en 1806; 304 fr. 15 en ld07; et 08 fr. eu 1808. Sur la somme totale, 300 francs furent 
émis à la Mère Raphaël, ancienne Carmè lie de Saint-Denis, pour lui faciliter le 
rétablissement de sa Communauté à Paris, et le reste emplo^'é à soulager des 
malheureux. 



xxxviii INTRODUCTION 

qui en a été aliéné au sieur Tollesi. Les mariés Reydellet les ayant acqfuis 
de Benoit Tronel, le 22 messidor au XI (11 juillet 1803), lequel était 
adjudicataire delà Nation le 26 pluviôse an V (14 février 1797). » 

Les Carmélites entraient en jouissance des bâtiments et 
dépendances quant à la propriété dès le jour de la vente, et 
du revenu foncier de toute la partie occupée par le séminaire, 
de la plate-forme, de la terrasse au-dessus du jardin, ainsi 
que delà maison du jardinier et de la partie alors occupée 
par les vendeurs. 

Et des autres jardins et terrasses, seulement au décès du 
survivant des vendeurs, attendu qu'ils s'en réservaient ex- 
pressément la jouissance pendant cette époque. Il en était de 
même de la chapelle, des deux autels, leurs tabernacles, les 
tableaux, la chaire, le confe^;sionnal et les retables, attendu 
que tout était compris dans ladite vente, et que la jouissance 
était seulement réservée aux vendeurs jusqu'à l'époque du 
décès du survivant des deux. 

Cette vente était consentie au prix de 59 259 fr. 26, dont 
19 753 fr. 09 payés comptant, 6913 fr. 58 le 1«' vendémiaire 
an XV (23 septembre 1806), 4938 fr. 27 le 1*^ vendémiaire 
an XVII (23 septembre 1808), et les 27 654 fr. 32 faisant 
le solde de cette vente devaient être payés dans douze années 
à compter du jour où l'acte en avait été rédigé. 

Les vendeurs se réservaient la faculté de renoncer à la 
jouissance par eux réservée en avertissant deux années à 
l'avance les acquéreurs, qui s'engageaient alors à leur payer 
l'intérêt de la somme de 27 ()54 fr. 32 formant le reliquat 
exigible seulement au bout de douze années. 

Comme cette acquisition avait été faite avec les fonds que 
M"' de la Barmondière avait mis à la disposition des Carmé- 
lites, pour éviter toute difficulté dans le cas où la commua 
nauté se serait trouvée dans la nécessité de se disperser une 
seconde fois, les trois sœurs au nom desquelles la vente avait 
été eflFectué le reconnurent dans l'acte suivant : 



INTRODUCTION xxxix 

c Noos soussignées Jeanne André Herque, Marie Devillc demeurantes 
à Lyon, et Louise Rossary demeurante à Saint Chamond, ce jour à Lyon, 
ici pi^ésentes, reconnaissons et déclarons que nous n^avons été que prcte- 
nom dans Tacquisition de la maison de la Providence, achetée par acte reçu 
Diigueyt,le 9 fructidor an treize, et que ladite maison a été de fait achetée 
par Madame de la Barmondière, ancienne chanoinesse, qui Ta payée de 
ses deniers et à laquelle, au besoin pour lever toute difficulté, s'il s'en 
élevait, nous la rétrocéderions par les présentes aux clauses et conditions 
du susdit acte de vente. Pour quoi nous avons signées, à Lyon le 20 fruc" 
Udor an treize. Fait quadruple. Jeanne André Herque, Marie Deville» 
Louise Rossary. » 

Le 27 octobre 1805, la sœur Marie-Rose du Saint-Sacre- 
ment Bais est décédée, âgée de soixanto-dix-sept ans, trois 
mois et huit jours, dans le domicile où elle s'était retirée 
après l'expulsion de la communauté en 1792. Elle a été en- 
terrée au cimetière de Saint Just. Voici l'acte de son décès 
relevé sur les registres delà ville de Lyon. 

« Le six Brumaire an quatorze, par devant nous maire de Lyon ont 
comparu Fiançois Xavier Parodier, juge de paix, place Bonaparte n<> 59, 
el André Verissel, dessinateur, rue du Plat n^ 15, qui ont déclaré que 
Rose Hais, ex religieuse Carmélite, rue Sala n^' 167, au deuxième, native 
de Lyon, soixante dix sept ans, est décédée hier matin à onze heures... » 

Peu après l'acquisition de l'ancien couvent de la Provi- 
dence, le séminaire diocésain ayant été transféré de cette 
maison dans les bâtiments de l'ancien séminaire de Saint- 
Irénée, au quartier Saint-Clair, les Carmélites firent exécuter 
les réparations et aménagements nécessaires, de telle sorte 
que la communauté put s'y installer dans le courant de 
l'année 1806. 

Alors la sœurMarie- Catherine-Félicité de Jésus Faure 
vint se joindre à la communauté et vivre avec ses compa- 
gnes, en habits séculiers, sous la direction de la révérende 
Mère prieure Goutelle, en attendant qu'on leur permit de se 
mettre en clôture. 

Le 13 septembre 1706, la sœur Anne-Marie de l'Assomp- 
tion Mercier, professe du chœur du couvent de Trévoux, où 



XL INTRODUCTION 

elle avait pris Thabit le 11 août 1788 et fait sa profession le 
18 août 1789, fut admise dans la communauté où elle est 
restée jusqu'à sa mort arrivée le 23 avril 1831. Elle était 
née le 3 mars 1768, d*Etienne Mercier et de Claire Baudrié. 

Le 30 avril 1807, fut également admise la sœur converse 
Jeanne-Marie Berger, professe du couvent de Mâcon, où 
elle avait pris l'habit le 8 février 1767. Elle était née le 16 fé- 
vrier 1744, à Fleurieux, paroisse de Mognenins-en -Dom- 
bes, d'Antoine Berger, habitant dudit lieu, et de Claudine- 
Marie dite Girier. Elle est décédée dans la maison de la Pro- 
vidence, le 6 février 1826. 

Le 22 mars 1807, la sœur Marie-Lucie- Joseph de Saint- 
François-de- Sales Thérèse des Sacrés-Cœurs de Mayole de 
Lupé est décédée à Lupé, où elle s'était retirée chez ses 
parents après la dispersion de la communauté en 1792. Elle 
était âgée de cinquante -trois ans, six mois et dix-sept jours. 
Elle a été inhumée dans le cimetière de la commune de Lupé. 

Le 2 janvier 1810, la sœur Jeanne- Marie-Aimée de Jésus 
Peillon est décédée dans |la maison de la Providence» 
âgée de soixante-quatre ans, quatre mois et trois jours. C'est 
la première religieuse morte dans cette maison depuis que la 
communauté y était installée. Voici Tacte de son décès relevé 
sur les registres de la Ville : 

« Le deux janvier mil huit cent dix, par devant nous Maire de Lyon, 
ont comparu sieurs Laui*ent Revdelet, instituteur montée Saint Barthélémy, 
u^ 92, et Pierre Jean Antoine, pharmacien rue de l'Enfant qui Pisse, n® 63, 
qui ont déclaré que demoiselle Jeanne Peillon, âgée de soixante quatre ans, 
native de Lyon, ex Religieuse Claimélite, demeurant montée Saint Bar- 
th^emy» n^92^ fille do défunt Pierre Peillon et Marie Emerie, est décé- 
ôé0 ce matin à six heures, lectui-e faite... >> 

Àu commencement de 1813 les mariés Revdellet renon- 
Gèrent à la jouissance Je la partie de maison et du jardin 
qu*ils s*étaieût réservés Jilaas la vente de la maison de la 
Provide&ce, et à partir de cette é[)oque les Carmélites durent 
ïmt servir la rente qu^elles s'étaient engagées à leur payer 



INTRODUCTION xu 

le cas échéant; mais elles se trouvèrent alors en possession 
de la totalité des bâtiment et dépendances de cet ancien cou- 
vent, qu'elles convertirent bientôt en un monastère régulier. 

Le l*»" septembre 1814, la sœur Marie- Marguerite de 
Jésus Bourg est décédée à Saint-Etienne-en-Forez où elle 
s'était retirée après Texpulsion de la communauté en 1792. 
Elle était âgée de quatre-vingt-deux ans et sept mois. 

Le 30 octobre 1814, la sœur Étiennette-Marie de l'Incar- 
nation Chambry est décédée dans la maison de la Providence, 
âgée de cinquante-six ans et huit mois. 

Enfin le moment tant désiré par les religieuses arriva. Le 
6 janvier 1815, jour de l'Epiphanie, les anciennes Carmélites 
reprirent l'habit religieux et furent mises en clôture par 
Son Ëminence le cardinal Fesch. 

Les 27 654 fr. 32 qui restaient dus aux mariés Reydellet 
pour Tacquisition de la maison de la Providence, furent soldés 
aux époques suivantes : 10 000 francs le 27 septembre 1816, 
8000 francs le 11 octobre 1817, et le solde, 9654 fr. 32 le 
10 janvier 1818. A ce dernier payement. M*"* de la Barmon- 
dière voulut bien contribuer pour la somme de 6000 francs 
qu'elle remit aux Carmélites qui ne possédaient pas la somme 
nécessaire pour l'effectuer et le reste leur fut prêté, sans 
intérêt, par de généreux bienfaiteurs. 

Les sœurs Marie -Madeleine- Victoire de Jésus La Sausse 
et Louise-Thérèse de Saint-Joseph Rossary, qui s'étaient 
employées avec tout le zèle possible au rétablissement de la 
communauté, ne purent cependant se réunir à leurs compa- 
gnes après la reconstitution du monastère. Quoique accablées 
d'infirmités et hors d'état de rendre le moindre service, les 
parents qui les avaient recueillies durant les mauvais jours 
de la dispersion ne voulurent pas les laisser partir de leurs 
foyers; de telle sorte que ces deux religieuses continuèrent 
de vivre en dehors de 1^ communauté, tout en lui restant 
unies de cœur et d'action, soumises en tous points à leur Mère 



xLii INTRODUCTION 

prieure dont elles prenaient les avis, et pratiquant jusqu'à la 
fin de leurs jours les exercices de leur saint Ordre autant 
que les conditions dans lesquelles elle se trouvaient le leur 
permettaient. La sœur La Sausse est décédée à Lyon, dans sa 
famille, le 18 décembre 1824 ; la sœur Rosary est également 
morte dans sa famille, qui habitait Saint-Chamond (Loire), 
le 12 décembre 1838. 



PIÈCE RELATIVE AD BUSTE DE SAINTE THERESE 

La pièce que nous reproduisons ici se trouve annexée, 
sous le numéro 3, au procès-verbal de la remise du buste de 
sainte Thérèse aux Carmélites de Lyon, dressé le 31 juil- 
let 1821. Elle complète la série des documents qui établis- 
sent Tauthenticité de cette figure vénérable (voir p. 229-233), 
et contient d*intéressants détails sur les procédés emploj'és 
alors par les Carmélites de Besançon pour reproduire fidè- 
lement les traits de leur sainte Mère, d'après l'original 
qu'elles possédaient dans leur monastère et qui était Tun des 
portraits en cire pris directement sur le visage de sainte 
Thérèse, après sa mort, par les Carmélites d'Albe. 

C'est une lettre de la sœur Claire -Madeleine de Sainte- 
Thérèse, qui accompagnait l'envoi de la figure en cire de la 
sainte Réformatrice du Carmel que le monastère de Besan- 
çon adressait en 1780 à celui de Mâcon (figure qui est actuel- 
lement conservée au Carmel de Lyon). 

J. M. J. 

Ma HémYtuie et très honorée Mère. 

Rion tlû plufl jwlo ol do plus prmiont que \:ù que vous nous demandez 
de raulheulidlé do noire prôcicuse lote. Nous ôlions convenus de vous 
VenToyor, maii uuo i>Arli« M nos sa^urs peusèi^nt que sûrement vous 



INTRODUCTION XLiii 

l'aviez de Saint Denis, qui Ta envoyée à plusieurs de nos maisons. Vous la 
trouverez ci -jointe. Ce que vous avez eu la bonté de nous marquer du 
oontentemeat que vous recevez, nous comble de joie, car vraiment nous 
d'^sirions bien que vous soyez satisfaite : nous la prions instamment (sainte 
Thérèse) de répandre par sa présence de nouvelles et plus précieuses 
bénédictions sur votre maison ; demandez-lui de même pour nous en ce 
beau jour de son triomphe. 

A regard du secret que vous pensez que nous avons pour travailler la 
cire, je vous assure que nous D*en avons points et que celle de nos sœurs 
qui fait ces fameuses têtes a la même ambition que vos chères sœurs pour 
savoir celui des Annonciades, nos voisines, qui vraiment on ont un qu'elles 
ne veulent apprendre à personne. 

Notre chère sœur Thérèse Constance ne réussit que par Tapplication à 
regarder son modèle, dont elle a un creux que M. notre supérieur a eu 
la bonté de lui faire tirer sur notre précieux original, par un fameux 
artiste qui se trouva ici lorsque nous fîmes le projet d*en faire part à 
Madame Louise [de France, fille de Louis XV, carmélite de Saint-Denis] ; 
nous n*avions encore osé le faire de crainte de Tendommagcr. 

Quoique ce moule ait parfaitement réussi en rendant au mieux les traits, 
pour la rendre telle que vous la voyez il faut une application et un temps 
considérables. Nous avons vu plusieurs fois cette pauvre sœur pleurer et se 
mettre à genoux pour demander à la Sainte et à son bon Ange de Taider, 
tant elle trouvait de difficulté ; et nous ne pensons pas trop dire, en disant 
qu'il y a du miraculeux en voyant tout à coup cette tête prendre un air 
animé et le teint (Tune personne vivante, ce qui nous fait croire que le 
Seigneur prend complaisance à renouveler dans les cœurs la confiance et 
la vénération pour la gloire de son épouse, ce qui nous comble de conso- 
lation, ainsi que d*avoir entré avec votre respcct^ible communauté dans 
une union plus particulière d*amitié, de ferveur et de prières. 

Notre Révérende Mère vous présente ses respectueuses honnêtetés; 
c'est dans les mêmes sentiments que je suis, ma très honorée Mère, votre 
très humble et obéissante servante. Sœur Claire Madeleine db Sainte 
THÉRèSB, religieuse Carmélite indir/ne. 

Eu terminant, qu'il nous soit permis de remercier ici les 
personnes qui nous ont aidé de leurs bienveillantes commu- 
nications, et particulièrement MM. Marie- Claude Guigue, 
archiviste du département, et Georges Guigue, archiviste de 
la ville, pour l'obligeance qu'ils ont mis à faciliter nos recher- 
ches dans les précieux dépôts confiés à leurs soins. 

Puis de prier le lecteur de vouloir bien être indulgent pour 
notre œuvre, et surtout, chose essentielle, de tenir compte 



XLvi TABLE EXPLICATIVE DES GRAVURES 

Page 105. — Façade de Tégliae des Cannélilet. 

Page 135. ~ Le monastère des Carmélites d'après la Tue d^ine partie de 
la ville de Lyon dessinée par François Cléric et gravée par dePoilly vers 1718. 

Page 153. — Reliquaire donné à la communauté des Carmélites de Lyoo 
par la R. M. Madeleine de Jésus d*Amours d*Us, en 1721. 

Page 189. — Le monastère des Carmélites d'après uu plao terrier de la 
partie nord de la ville de Lyon, dressé vers 17S0. 

Page 212. ~ Écusson imprimé en tête du papier dont te serrait la Corn- 
mission révolutionnaire de Lyon pour sa correspondance. 

Page 276. — Le cloître de Pancien monastère des Carmélites. État actuel. 

Page 277. — Le grand escalier de Tancien monastère des Carmélites. 

Page 278. — Détails de la rampe en fer forgé du grand escalier de Tancien 
monastère des Carmélites. 

Page 279. — Entrée principale des appartements sur le palier d*arrivée du 
grand escalier du monastère des Carmélites. 

Pa^'e 280. — Puits placé à Tinlérieur des cuisines de Tancien monastère 
des Carmélites. 

Page 281. — Porte princi{»ale de la façade méridionale de Pancien monas- 
tère des Carmélites, donnant sur le jnrdin. 

Page 282. — Porte j)r(>veuant du portail de l'ancienne église des Carmélites, 
servant actuellement de (torte d'allée à la maison n» 20 de la c6te des Car- 
mélites. 

PLANCHES HORS TEXTE 

I. — Plan de Pancien monastère de Notre-Dame de la Compassion et de 
ses dépendances, avec Pindication de Pétat actuel des lieux. 

n. — Plan du claustral de Pancien monastère de Notre-Dame de laCom- 
ftassion, dressé par les architectes Turrin et Durand, le 14 vendémiaire 
on XIII (6 octobre 1804), pour être joint h leur rapport sur le partage decett 
propriété entre les coacquéreurs de la nation, du 5 vendémiaire an XIII. 

III. — Vue du coteau des Carmélites et de Pancien pont du Change vers 
1821, diaprés une aquarelle attribuée à Grobon et conservée aux archives de 
la ville. 

Quoique notre dessin ne reproduise qu*une partie de l'aquarelle de Orobon, 
il donne cependant une idée de Paspect que devait présenter autrefois le 
coteau des Carmélites, dont les magnifiques ombrages et la masse imposante 
des bAtiments du monastère qui le couronnaient si bien sont actaellemant 
remplacés par un amas informe de constructions disparates. 

Au-dessous du monastère des Carmélites, dont la silhouette de Péglise sa 
détache au-dessus du dôme et du clocher de Saint-Louis, on aperçoit le fron- 
ton circulaire du couvent des Anuonciades. Au premier plan apparaît le 
vieux et pittoresque pont du Change, avec ses maisons en encorbellement et 
la fameuse trompe de Desargues, puis Pancien pont Saint- Vincent dont on 
voit la première arche. 



DOCUMENTS 

POUa SERVIR A L'HISTOIRE 

LU 

COUVENT DBS CARMÉLITES 



DB 



N.-D. DE LA COMPASSION DE LYON 



PREMIÈRE PARTIE 



C'est à l'antique et pieuse coutume d'inhumer les morts dans 
les églises, coutume abolie vers la fin du siècle dernier à cause des 
ioconvënients graves qu'elle présentait pour la salubrité publique, 
mais que les arts doivent regretter en raison des innombrables 
che&-d'œuvre d'architecture et de sculpture qui lui sont en partie 
redevables de leur exécution, qu'est due la fondation du couvent 
dont nous allons essayer de retracer Thistoire. Nous voulons 
parler de Tancien couvent des Carmélites de Notre-Dame de la 
Compassion, dans l'église duquel était la sépulture de la famille 
de Villeroj dont six de ses membres, Charles, Nicolas, François, 
Louis-Nicolas, Louis-François-Anne et Gabriel-Louis furent gou- 
verneurs de Lyon de 1608 à 1791, et deux autres, Camille et 
François-Paul occupèrent le siège archiépiscopal de la primatialo 
des Gaules. 

Peu de temps après que le cardinal de Bérulle eut établi à 



2 HISTOIRE DU COL'VENT DES CARMELITES 

Paris, dans le prieuré de Notre-Dame -des -Champs, au fauboui^ 
Saiut-Jacques, les religieuses carmélites de la réforme de Saiute-- 
Théi-ise, Jacqueline de Harlay et son mari Charles de Neafv ille 
de Villirov, gouveroear de LyoD et des provinces de L^'onaaisi 
Forez et Beaujolais, désirant avoir dans lenr gouverDement une 
maison de cet ordre, firent venir de ta capitale sept religieuses qui 
arrivèrent à Ljon le 12 septembre 1610 et furent logées d'abord 
à Ainay, chez les Yisitandines, d'où elles sorlirent le 8 octobre 
suivant pour s'installer dans le monastère qu'elles ont occupé jus - 
qu'en 1792, et qu'elles devaient à la munificence de Jacqueline de 
Harby qui prit le titre de fondatrice de leur couvent, dédié par 
la première prieure, la R. M. Magdeleiue de Saint -Joseph, à 
Notre-Dame de la Compassion. 

Le lieu choisi pour l'établissement du nouveau couvent faisût 
partie du territoire de la Gella et était situé au sommet de la cûte 
Saint -Vincent, qui prit dès lors le nom du nouvel établissement. 
Il ressortait de la renie de l' abbaye d' Ainay en concours avec celle 
de Saint-Pierre. 

Dans l'acte d'inveslision passé par la dame abbesse de Saint- 
PieiTe aux dames religieuses Carmélites, le 9 juillet 1616, reçu 
Mortier, notaire, fol. 115 du terrier Raddin, on trouve en tête 
l'exposé suivant' : 

« Comme ainsi soit que par dL'cret poursuivi en la Sénéchaussée 
à la requête d'.\nnibal Thierry, à rencontre de Claude Vaillant et 
demoiselle CalLerine Voyer, sa femme séparée de biens, ait été 
par sentence de la St-néc haussée et siège préïidial de Lyon du 
26 avril 1016, adjugé à Claude Seguin, procureur, pour lui on 
son ami à élire, pour le prix de 9.300 livres tournois, i savoir : 
WW maison haute, moyenne et basse cousistant en plusïsurs 
-'^nUSnvs, toaailler, jardin contenant nue demi-bicherée de se- 
iDaiU«a, une vigne conleDanl vingt-ciiiq journ(''es d'homme, le toot 
jiÔHt sa nn tiinomint situé au territoire de la Gella, à la montée 
'} m ClilrtreDX, JL«Jite l» chemin tendant de Lyon aux Chartreux 
» Aa l'i.M-, lit maison et Jardin du fieitr l'Iiilippe Pradin 




DE NOTRE-DAME DE LA COMPASSION 3 

dépendant de son tèaement de Château Gaillard de vent, le jardin 
des héritiers de feu François Guerin aussi de vent, les jardins de 
Anthoine Mongiron, Claude Benoit et autre jardin dudit Vaillant 
de soir, et ceux de Madelejne Gollarin et Jean Jobert dit Roche- 
fort de matin, lequel Seguin a par déclaration du 3 juillet 1616, 
élu en ami : 

« Haute et puissante dame, dame Jacqueline de Harlaj, femme 
de haut et puissant seigneur mcssire Charles de Neufville, sei- 
gneur d*Halincourt et marquis de Yilleroy, et ladite dame, par 
le mémo acte a déclaré que les acquisitions par elle faites du susdit 
tènement de maison, jardin et vigne, tant au mojen de ladite 
élection que du contrat de vente qui lui aurait été fait auparavant 
par lesdits mariés Vaillant le 16 décembre 1615, estre pour en 
faire don comme elle en faisait chois, purement et simplement, 
du consentement dudlt seigneur d*Halincourt; aux dames Reli- 
gieuses Carmélites pour la fondation de leur couvent en cette 
ville de Ljon, audit lieu où le tènement est situé. Au moyen de 
quoi furent lesdites dames Carmélites tenues au payement des 
laods et mi-laods desdites acquisition et donation dudit tènement. 
La plus grande partie de ce tènement est ce, mouvant de ladite 
censive des dames abbesse et religieuses du monastère de Saint- 
Pierre, à savoir : une maison haute, moyenne et basse, jardin et 
vigne et verger contenant six journées d'hommes, le tout joint 
ensemble, que fut de la réponse de Jean de Durchia par devant 
Gurtil, en après de Claude Fabry par devant Beraud, consécuti- 
vement de Benoit Santery par devant Foillet, subséquerament de 
Benoit Compagnon, consécutivement de Pierre Charly dit Labbé 
par devant Offrey, en après de François Charly dit Labbé par 
devant Dechalles, encore de Claude Vaillant par devant Foillet, 
et finalement de François Chassaigne par devant Marge. Ledit 
tènement situé au territoire de la Gella, jouxte le chemin tendant 
de Saint- Vincent au boulevard de la Grenouille et au monastère 
des Chartreux de matin et de bise, formant illec le coin et carré 
des deux chemins; Tautre partie de vigne desdites dames Car- 
mélites dépendant de ladite acquisition, mouvant d*autre directe 
de soir ; le jardin desdites dames Carmélites, acquis par ladite 
dame d'Halincourt de Jean Jobert dit Rochefort, en quel jardin 



4 HISTOIRE DU COIVENT DES CARMÉLITES 

se bâti prësentonient Të^^lise desdites dames Garmolites, aussi 
mouvant d'autre directe^ de soir. » 

En outre do la proprii'té Vaillant, M"*"d'Halincouit avait acquis 
do Jean Jobert ot do Madeleine Collarin, deux parcelles de jardin 
dont elle lit cession aux Carmélites par Tacte suivant : 

« Comme ainsi soit que baulte et puissante dame, dame Jac- 
queline do Harley, épouse de bault et puissant seigneur messire 
Cbarles de Neufville, seigneur d'Halincourt, marquis do Villeroy, 
vicomte de La Foreslz-Thaumier, baron de Bury, cbevallier des 
ordres du Roy, conseiller en ses Conseils privé et d'estat, cappi- 
taine de Cent hommes d*armes do ses Ordonnances, gouveroear 
et lieutenant général pour sa Majesté en ceste yllle de Lyon, 
pays de Lyonnois, Forestz et Beaujollois, Ait acquis les fonds cy 
après declairez pour elle, son Aniy esleu ou a eslire : Scavoir de 
Jehan Rogier dit Jobert, jardinier, et de Anne Bachelier sa 
femme, de ceste ville de Lyon, un petit jardin contenant une 
bicherée de semailles ou environ, au prix de sept cens livres, et 
amplement declairé et confiné par le con tract de vente sur ce 
passe le quinziesme avril dernier, passé et req^u par le notaire 
soubzsigné. En plus de Ma^^Jaleyne CoUarin, dit Vergier, fille 
do fou Gillo CoUarin et veufvo de Claude Bachelier, vivant jar- 
dinier audict Lyon, une partie de jardin contenant environ deux 
couppées, le tout situé audict Lyon, paroisse Sainct- Vincent, au 
prix de deux cens cinquante livres tournoys, de plain confirmé 
par le contract de vente du dix huitiesme may aussy dernier, 
passé et reçu par Icdict notaire soubzsigné, 

« Laquelle Dame do sa libéralité et volonté, procédant dd 
Tauctoritédo Mondict Seigneur d'Halincourt, a ce présent et a ce 
faire Tautorisant, A esleu et eslit, en Amy, par ces présentes 
esdictes acquisitions, Les l)ames Prieure et Religieuses do Tordre 
des Carmélites de Nouveau fondées par ladicle Dame en ceste 
ville do Lyon pour y faire leur séjour et exercice de leur Religion, 
absentes, Rcverend père en Dieu, Messire A nthoine RigouUet, 
conseiller aulniosnier ordinaire du Roy, abbé do Mozat, pour elles 
présent et acceptant. Et ladicto Dame do llarley humblement 
renonciant dos dictes acquisilions et prix d*iccllos, que ladicto 
Dame a payé de ses propres deniers, dont elle faict don ausdictes 



DE NOTRE-DAME DE LA COMPASSION 5 

Dames Prieure et Religieuses par donnation pure et Irrévocable, 
faicte entre vifs, des a présent et a tousiours valable de l'auctorité 
de Mondict Seigneur d*Halincourt. Et laquelle Eslection en Amj 
ladicte Dame a faict ausdictes dames Carmélites soubs les mesmes 
charges portées et declairées par lesdicts contracts de vente, et 
sans que ladicte Dame leur soit tenue daucune éviction ni garentie 
en tons ni en partie, et a signé la vraj Eslection en Amy. Ledict 
sieur de Mozat, audict nom, a retire lesdictz contractz de vente 
sus dattez et ce par promesses, serment, obligations, soubmissions 
et clauses nécessaires. 

c Faict et passé audict Lyon, en Thostel de mondict Seigneur 
d*Halincourt a Esnay, avant midy, le troisiesme jour du moys de 
Juing, Tan Mil six cens seize. Et présent a ce : sieurs Jehan 
Durand, secrétaire de Mondict Seigneur, et Denys Ghassain, 
clerc audict Lyon, tesmoins qui ont signé avec lesdictes parties. 

c Expédie au proffict des dictes Dames Prieure et Religieuses 

dudict Couvent. 

a iS/^né .• Grangier, notaire Royal. » 

(Archives des R. D, Carmélites.) 

Parmi les anciens possesseurs des diverses propriétés acquises 
pour former Tenclos des Carmélites nous mentionnerons, avec la 
date de leur possession, les suivants que nous avons relevés sur 
les notes qui nous ont été obligeamment communiquées par 
M. Vermorel, en faisant remarquer que dans les noms cités se 
trouvent le père, le frère et le neveu de Louise Labé, la Sapho 
lyonnaise, surnommée la Belle Cordière : 

1350. — Johannes de Durchia, alias Berlot ou Birlot, Henri 
Cordier, Hugonin Trova et Jean de Saint-Denis, drapier et 
bourgeois de Lyon. 

1364. — Pierre Montagne. 

1373. — Joannes Trova, dictus leBroz, elJoannesde Durchia, 
al'as Birlot « tenet vineam sitam in la Gella, juœta iter ten- 
dens de Déserta versus Buffet jjuxta vineam Joannis Trova^ 
vineam Perronis Montagneu, vineam GuiUermini Mardi iœ, 
vineam Mathei de Fuers. » 

1374-U29. — Guillelraus de Durchia. 

1432-1437. — Richard Charvin. 



6 HISTOIRE DU COUVENT DES CARMELITES 

1450. — Glaudius Fabri. espicerius. 

1485. — Claude Favre, apothicaire, Jean de Groze, Etienne 
Barbier. 

1488. — Humbert Decombe, Jean Bret, Jean Pommier. 

1501. — 7 juin. — Gaspard Ghevrot ou Ghivrot, reconnaît de 
la rente de Saint-Paul une vigne contenant environ 40 fosserées, 
appel<^e de la Gella. 

1524. — Benoit Deschamp, dit Compagnon, reconnaît de la 
rente de Saint-Paul une vigne située au territoire de la Gella, 
contenant 40 fosscn'es qui. en 1488, était à Jean Pommier. 

1533. — 19 mai. — « Petrus Charlierij alias Lahhe^ cor- 
den'ux videlicet, quamdam vineam uhi inde fuit constructa 
domus sive columbarium contiguum que quodam fuerunt 
Johnnnis de Durcltia, deinde Guillermi de Durchia, postea 
fiéfrunt Claudii Fabriy successive Leonardi Fabri sui filii^ 
ftspicerii, siia in suburbio Lugduni. in costa Sancti Vin- 
r^Htiit sive Déserta, juxta iter tendens de Lugduno apud 
Ihsulam Barbaram ex mane, juxta aliud iter tendens de 
crure dictœ costœ ad tcrritorium de Buffet *. » 

15«*i5. — 2 septembre. — Petrus Charlicu, alias Labbe, mer- 
oMtor corderius. 

irMÎi. — 21 juin. — Honnête homme François Charly, dit 
l«HbbiS marchand cordier, « reconnaît... une autre maison et 
vi^iu) Joignant ensemble, qui fut aussi dudit feu Pierre Gharlv 
«Oh dit pôro, située audit Lyon, en la cOte Saint-Vincent, jouxte 
Udittf riHo de matin... etc. ». 

li%r>H. — François Charly, dit Labbé, cordier de Lyon, Fran- 
^oU CuHlor, marchand citoyen de Lyon. 

1571, — 14 août. — Jean Roussel, marchand... a une maison 
«|ul fut tio François Charly, dit Labbé, et après de Jacques 
iiharly, non fils, assise en la cMe Saint-Vincent, jouxte ladite 
OiMa (lo matin. » 

|f»77. — 25 octobre. — Claude Vaillant. 

I N.iir li vuo .lis territ^ùres d.» la G»Ila et du Cl.âteau Gaillard, d'après le plan 
.. . i».»jiiii|ih»<in»« du Heiziérne 8i«*« I»>, où c*-\i«i propriét*^ ♦■st indiquée rloae de murailles 
.1.» iiiitll 1 1 li« II»!».; du chemin du Butfel et de la roste Saint-Vincent, avec deux corps 
«1 I lâunt'iil «*» façade sur celte dernière voie publique, et par une palissade à claire- 
>ti M ilii oAlt^ du ro".chant. 



8 HISTOIRE Dî: couvent des CARMELITES 

1605. — Jean-Baptisto Ravot, avocat. 

1614. — 26 juin. — J.-B. Ravot vend à Jacques-Vjmar la 
propriété que les Carmélites achetèrent en 1647, do sa fille Doro- 
thée Vymar. 

Jacqueline de Harley avait, dès le commencement de sa fonda- 
tion, doté le couvent des Carmélites de locaux suffisants pour les 
besoins des religieuses qui devaient Toccuper et au milieu des- 
quelles sa dépouille mortelle devait bientôt reposer. 

L'emplacement qu'elle leur avait choisi dans une des positions 
les plus agréables de la ville, étant dépourvu d'eau, elle fit, en 
1617, l'acquisition d'une source destinée à pourvoir aux besoins 
de la communauté naissante. Voici le texte de cette acquisition 
d'après la copie que nous en avons relevée sur l'acte conservé aux 
archives du département. 

Vente de source et prise d'eau pour M"^ d*Halincourt et 
les religieuses Carmélites de ceste ville de Lyon, passée 
par le sieur de Tasney le V septembre 1617, par 
Frenay, notaire. 

Comme ainsi soit quecy devant, haulte et puissante dame, dame Jaqueline 
de Harley, femme de hault et puissant seigneur Messire Charles de Neufville, 
Chevallier des onlres duRoy, Conseiller en ses conseilz privé et (l*estat, Gappi' 
taine de cent hommes d*armes de ses ordonnances, Seneschnl de Lyon, Gou- 
Terneur et Lieutenant général l'our sa Majesté en ladicte ville de Lyon, pays 
d« Lyonnoi^, Forestz et Beaujollois, fondatrice du roonasiaire des Dames 
Garmélistes de ladicte ville, Auroit faict bastir, édifSer et construire ledict 
monastairo au territoire de (la Gella) allant à la Tourrette et aux Chartreux, 
•t déairant ladicte dame d'Halincourt trouver moyen d*avoir de Peau pour 
l«ttr usage en leurdict monastaire pour n y en avoir de présent à suffisance. 
Avait (Ut chercher et descouvrir en plusieurs endroictz, tant dans les fonds 
dudici monastaire que aus environs, et n^ayant trc^uvé autre source que celle 
qui ett dans le fonds de Jaques Teste, escuyer, sieur de Tasney, proche 
Toitin desdictes religieuses* qu Vile a requiïi en vouloir accomoder icelles reli- 
gieuiea. Ladicte source estant dans le oloz de sa maison de la Tourrette, 
illeoq procho, pour dudict cloz la faire oonduin> par lesdictes dames dans 
leurdict couvent au moins de dommage que Aiire se pourra. Lequel sieur de 
Tatney auroit représenté Tincommodité et dommage notable qu'il en pouvoit 
racepToir, tant par la ruine et détérioration de son fondz. que par la perte de 
ladicte eaue qui luy est nvHVSsaire pour sa maison laquelle il désiroit se 
conserver. Néanmoins lediot hieur de Tnsnoy. pour le désir qu'il a toujours 
heu da témoigner ralTeclion qu'il n nu service de mndiote dame d'Haliucourt, 
et gratifûer A stm |>ossihle lesdites Ueligiouses, auroit accordé à madicte 
ce qui a*ensuit : 



DE NOTRE-DAME DE LA COMPASSION 9 

Or, est^il,que par devant Benoit Frenay, notaire tabellion gardenotte royal 
héréditaire à Lyon soubzsigné et présens les tesmoins goubznommés, é*est 
personnelement estably ledict sieur de Tasney, lequel de son bon gré, pour 
hiy et les siens, a vendu, ceddé, quicté, remis et transporté purement et 
simplement à perpétuité et promis maintenir et garantir de ses faictz et pro- 
messes tant seulement de tous troubles et empeschements quelzconques, tant 
ù Madicte dame d'Haliucourt présenta, que à Mes dames Religieuses, les Mères 
Thérèse de Hiesus, prieure, et Marie de Saint-François, soubz prieure audict 
Couvent, aussi présentes et acceptantes pour tout ledict couvent. Soavoir : 
loutte leaue qui peult provenir de la source présentement descouverte qui 
entre et coule dans la voulte du costé du couchant au fondz dudict sieur de 
Tasney, en ladicte maison de la Tourette, pour icelle eaue conduire par canaux 
ou autrement dans une voulte qui sera pour cest effet construite au fossé par 
lequel passe et est à présent descoulante ladicte eaue, qui contiendra despuis 
la bresche de la vielle voulte de laquelle elle sort, jusques à la baye et limittes 
de l'héritage dudict sieur de Tasney qui aboutist au grand chemin, par delà, 
el dans ledict grand chemin, estre aussi conduitte comme bon semblera 
ausdictds dames Religieuses dans leurdict monastaire. 

Consent aussi ledict sieur de Tasney que pour la construction de la susdicte 
nouvelle voulte et des murailles qu*il convient faire dans les vielles voultes, 
tcavoir une seiche au fondz de celle ou entre ladicte source, une autre prés la 
bresche ou elle sort, pour la séparer d'avec celle qui pourroit venir du costé 
de Phéritage du sieur Guy, et une troisième pour boucher et combler le grand 
escaliier par lequel on descend ausdictes vielles voultes, Madicte dame d*Ha- 
1 incourt se puisse servir du sable à ce nécessaire qui se trouve dans song cloz, 
ensemble de la pierre qui se trouvera tirée dedans, dehors et autourt desdicles 
Toultes, que dedans et es environs dudict fossé. Et au caz qu'il ne s*en trouvast 
nssés de tirrée pour faire les susdictz murs et voulte « Consent et accorde que 
Madicte dame en puisse faire tirer pour les parachever, pourvueu que ce soit 
de» bastimeots qui sont au lourt et dessus les voultes qui regardent le cou- 
chant, sans aucunement toucher à celle du costé de Théritage dudit Guy ; A 
condition aussi que appres Tœuvre faicte sera tenue ladite Dame de faire 
combler le fossé ou sera faicle la voulte neufve qui est le long d'icelluy à cette 
fin que ledict sieur de Tasney y puisse faire planter ce que bon luy semblera, 
et seramesmes tenue Madicte dame de faire combler le susdict grand escaliier 
qui desaod ausdictes voultes. A la charge aussi que lesdictes dames ny autres 
pour elles ne puissent avoir aucune entrée ny yssue dans lesdict fondz et cloz 
de la Tourrette, sinon dans ladicte voulte qui sera à nouveau construicte par 
rentrée qui en sera faicte sur le grand chemin et sans aucune autre subjection 
afBn qu'il demeure du tout franc et libre comme il est à présent, audict sieur 
de Tasney. Le Susdict contract et accord faict Moyennant le prix et somme 
de $ix cens livres tz. que ledict sieur de Tasney recognoist et confesse avoir 
heu et receu realement^ et comptant de Madicte dame d^Halincourt pour 
lesdictes Religieuses en escuz doubles pistoUes et monnaye de Roy, ayant cours, 
compté, nombre et par ledict sieur de Tasney retirés en présence des notaire 
et témoins soubznommés, dont il quicte ladicte dame d'Haliucourt et les 
ausdictes dames Religieuses et tous autres. Et promet faire tenir quite envers 
et contre tous, ayec pact. Et oultre le susdict prix a esté convenu que lesdictes 
dames Religieuses seront tenues de faire faire un service en leur église pour 



10 



MESTOIRE Di; COUVENT DES CARMELITES 



le Nilut de l'Ame du eustlict sieur de Tasiivy et de Jemoiaelle Marguerite 
Dollii-re Kl femme, le jour di- leur trépni. el d» faire dire à leur inlealion une 
messe uuof.iys l'aoriée :'i [lari-il jourde leur trépas ù perpétiiilé. Ainsi/ le tout. 
convemi el ai-cor'lé, promrctaiili le^dict^s porii s chacun rn droict sny el 
comme In cboseies louche, avoir â lousjour a^vé ces présenter, t-aus y coulra- 
venir a peyne de Iuub despetiti, (lonmia}.-es el intereslz. Soubz olvigatÎDD de 
tous les biens de«diclei parties tanl spiriluelz que le^por>'ls, meubles et 
immeubl"S prësens el advejùr quel/ conques, (Ju'ili ont suubzmïs à toutes cours 
Royales et ^lUltres indilTeremmenl. R^uonifant à lou« droictE c inlraires aux 
présentes, mesme au droicl dinaal — géneralle renonciation non valoir si lj 
spéciale ne préccdde. 

En Icsmoin» de qnoy nous, garde du seel commun 
Avoul ordonné Icelluy eslre mis et appoté i reedilc 

Faieles et stlputéei Andifl I.yon. daus le nionastain 
après Midy, le premier jiiur de a ptenibre, 
ce : Davi I, Se^iuin, eecrt^taire de MonFci^'neur il'Halinrourl et Claude Dru, 
clero audict Lyon, lesmoiiis qui ont sii;nè la cedde des présentes avec lerdiclea 

Pour Madicte dame d'Ilalincuurl et dames Religieuses CAcmelite* et leurs 



aval que tenons & Lyon, 
présentes. 

e desdiclei Religieuies. 
sopl. Frt'sents à 



Fmcnav, \olaire Royal â I.yon. 
Jacqueline de Harlev mourut le 15 mars 1G18 et fut inhumûe 
dans la chapelle des Carmélites où, en 1612, Charles do Neufrille 
vint la rejoindre après avoir fait élever de son vivant, à sa m<^- 
moiro cl à celle de sa femme, ks siiperhe^ mausolî-es qu'on admi- 
rait autrefois dans la chapelle à<i Villeroy, et dont il ne reste 
plus aujourd'hui que le souvenir et la description qu'en a donné 
Clapasf u.i vers le milieu du siècle dernier. 

En 1037, les Carmélites reconnurent de la renie de l'abbave 
d'Ainiy un tfinement contenant 40 fossoriVs, qui fut de Vaillant, 
•t uparavant de Prangois Benoît, et puis de Benoit Doscbamps, 
la laqnel tèneiaent est la vi^ne, le. jardin cl tout le membre 
h o'uUi-c appeli' l'infirmerie, au boni duquel cMi est la chapelle 
&9 l'inQrmeriâJoigaautau petit jardin, et le^ autres parties dudit 
oloUro dans lt;squelle8 demeure la fontaine qui est au milieu 
> antre jardin dans partie duquel est bfttie leur L-glise, le 
k de Claude Vaillaal, celui de Claude Benoit et celui des 




DE NOTRE-DAME DE LA COMPASSION 11 

hoirs Antoine Mongirond» le tout de matin, — le tènement des 
dames Bleus Célestes, appelé le Ghasteau Gaillard de vent, — 
le tènement de maison, jardin et vigne de Jean Yymar, qui fut 
de Ravot, de soir, — et le chemin allant aux Chartreux, ci-devant 
aux Perrières, de bise. » 

Sur les plans de Simon Maupin et de Guigouf, on reconnaît 
facilement la disposition primitive des bâtiments du claustral 
des Carmélites avant leur reconstruction. 

Le couvent des Bleus Célestes, fondé en 1624, ne figure pas 8ur 
le plan de Maupin, gravé en 1625, mais il est représenté sur celui 
de Guigouf, gravé vers 1659'. Ce dernier plan n'indique pas 
Tenclos des Carmélites avecTagrandissement opéré en 1647, mais 
tel qu*il était avant l'acquisition de la propriété Vymar. Cepen- 
dant il est d*un grand intérêt, en ce qu'il permet de reconnaître 
plus facilement que sur celui de Maupin les dispositions du clau- 
tral et des bâtiments élevés par Jacqueline de Harlej et par son 
mari, Charles de Neufville. 

Vers la fin de l'année 1641, François Chappuys^, bourgeois de 
Ljon, avait acquis de Jean Allemand une petite propriété qui se 
trouvait enclavée entre les Carmélites et les Bleus Célestes, et j 
fidaait exécuter des travaux de terrassement. Les religieuses 
Carmélites lui ajant fait représenter que les constructions qu'il 
86 proposait d'y élever les incommoderaient, celui-ci leur déclara 
que son intention n'était point de les incommoder, et consentit 
à les subroger en son lieu et place par l'acte suivant : 

Gomme aiosy soit que sieur François Chapuis, bourgeois de ceste ville de 
Ljon ayt acquis de sieur Jeau Allemand, marchand plieure de soye audict 
Lyon, et de dame Michelelte Benoist, sa femme, une maison et jardin 
joinctz ensemble, situés en ladicte ville, paroisse Sainct Vincent, jouste le 



i La première édition de ce plan, publiée par François do Masse, rue Mercière, et 
dédiée k Mli. les Prévôts des marchands et èchevins de la ville de Lyon, porte, 
ouvre les armoiries de France et de Nicolas et Camille de Neufville, celles des 
mambree du Conaolat en exercice en i659: tandis que celle qui a été publiéj vers la 
fin du XYii* biëde et qui est dédiée par Froment, mirohand imagier rue Mercière, à 
Ijanrent Pianello, ne porte que les armoiries de France, dd François de Neufville, 
d*Aphonsa Créqut et de Pianeilo qui fut prévôt des marchands en 1687 et 16^8. 

î On trouve dan» les actes ce nom écrit des quatres façons suivantes : Chupuis, 
Cbapa>8, Ghappuia et Chappoya. Nous avons adopté la dernière, qui est conforme aux 
neabrâmes signaturea que ce personnage a données pendant son échevinage et que 
nous aTona relevées sur les registres consulaires des auné«s 1651 et 165^. 



12 HISTOIRE DU COUVENT DES CARMELITES 

cliemin appelle la pellle cos(« Saiucl Scboetien de malin, leuUcU jardiD 
«I verger des|>endane du monaslere des relig-ieuïej Carmélites de soir et 
bise, la niDUOn et jardin des religieuses sppelléesCeletles de Vent, de la 
coutenue de deux bicherëea ou environ y compris la place de ladicte mnïsoD, 
DU prix de quatre mil Uvfes tournois et de '^nt livres d'ettraiDes aius; que 




\VE DES CARMELITES ET DES CHARTHEUX 

■U Simon M sui-iN, griïi- par Veltsem en IdîS, et pDbli« pM CUode Si» 



du tout appert [ar le mnlrict de ladicte acquiBilion receu par M*" Devassalieu 
notnire rnjal lii- relte ville, le doiiïipsme jour du mois de décembre de l'année 
rieniiere M. 1». C. quarante un. Comme encore a acquis de dame Pemelle 
lliic-ou, lefve ijii fieur André Mjyoud, laquelle eloil usufruitière sa vie durant 



DE NOTHEDAME DE LA COMPA 



ilON 



13 



(Je tes maison et jardin, 1 usufruit iI'iceui,moyeuaant uoa pension viagère de 
cent livre* au pralîSct de la dame Hugon, a elle paj-able par cbacuu an. pendant 
sa vie, a deux termes pajemeus eigallemen par moitid a chacune fesle.de 
ooel et BaÏDCt Jean Baptiale, conformément au coniract sur ce faict le neuf 
septembre de Jadicte année dernière, receu par ledicl Devassalieu, en suitle de 
quoï Jedict tieur Chapuis a;ant faict remuer quelzquea terres dans le susdict 




jardin pour y bastir, lesdîctes fieverendes dames religieuses Carmelilea lu; 
avoyent Eiicl représenter que le baslimeut qu'il prelenJoit d'y faire les iu- 
cummodoit et leurdlct monasli-re et mesme luy auroyeul liiict sij^'niffier par 
acte receu par M'r> Papillon, nutuire ouJict Lyuii, le vingt uniesme juillet 
dernier, deffeucea de par le Roy de baslir ou faire terrasser nus «usdicta 
lieux. El ne désirant poiul ledjct sieur Cbapuia incommoJer eu aucune façon 



14 HISTOIRE DU COUVENT DES CARMELITES 

les divttes dames religieuses du monastère : Il est ainsy que par devant Pierre 
Dechuyes, notaire gardenolte royal a Lyon soubzsigné, en la présence des 
tesmoins ci après nommes, fut personnellement estably ledit sieur François 
Chapuis lequel de son gré, pour luy et les siens, a mis en son lieu et place, 
subrogé et subroge par ces présentes eu la susdicte aquisition qu*il a faict 
desdictes maison et jardin, les dictes Révérendes dames religieuses Carmélites 
de cette ville, Révérendes dames mère Terese de Jésus et mère Izabelle de 
riucarnation, prieure et sous prieure, sœur Françoise de la Mère de Dieu et 
sœur Françoise de la Trinité, première et seconde dépositaires, présentes et 
acceptantes tant pour elles que pour les autres religieuses dudict monastère, 
et leurs successeuses pour, par lesdictes dames religieuses, jouir, user et 
disposer des dictes maison et jardin en toute propriété et revenu comme ledict 
sieur Chapuis eust peu faire, ensemble de tous les droicts qui luy peuvent 
compatir et appar'.enir pour ce requis, néanmoins aux périls et fortunes desdictes 
dames religieuses du monastère, sans que ledict sieur Chapuis leur soit tenu 
d*aucune mainctenue, garantie, restitution de deniers ny d^aucune autre chose, 
sy non de ses faicts et promesses. A ces fins leur a présentement remis et 
et del livré les expéditions des susdictz deux contractz, receus Devassslieu, le 
neuf septembre et douziesme décembre dernier, ensemble la quittance du 
droict de Laoudz payés par ledict sieur Chapuis a cause de la susdicte 
acquisition. 

La présente subrogation, faicte pour et moyennant la somme de quatre mil 
livres et qui est le même prix du susdict contract d^aquisition de la propiieté 
des susdicts maison et jardin, et de cent livres pour estrennes aussy portées 
par ledict contract, acompte desquelles deux sommes ledict sieur Chapuis a 
reconnu et confessé avoir eu et receu, comme de faict il a receu comptant 
desdictes dames religieuses la somme de unze centz livres tournois en pistolles 
et autres bonnes espèces par lui comptées et emboursées en présence desdicts 
notaire et tesmoins, dont ledit sieur Chapuis s'est tenu pour comptant et bien 
payé et en a quicté lesdictes dames religieuses et tous autres. Et on lesdictes 
révérendes mères, sœurs, prieure, sous-prieure et dépositaires, tant en leur 
nom que des autres religieuses dudict monastère présentes et a advenir, et 
avec elles sieur Claude Chinier, marchand bourgeois audict Lyon, pour ce per- 
sonnellement estably sollidairement avec lesdictes dames religieuses Tun pour 
Tautre et a un chacun d'eux seul pour le tout, sans division ny discution, promis 
et promettent par ces présentes et délivre ces trois mil livres tournois restantes 
du susdict prix auxdicts mariés Allemand et Benoist incontinant apreâ 
le decedz de ladicte Hui^^on, sans interelz jusques audict temps. £t en 
outre de payer annuellement ladicte pension de cent livres a ladicte Hugon 
sadicte vie durant, aux termes cy dessus, dont le premier payement se 
fera a Noël prochain, et ainsy conseculivemenl jusques au decedz d^icelle 
Hugon que ladicte pension sera et demeurera esleinle. Se reconnaissant 
ledict bieur Chiuier principal débiteur, tant de ladicte somme de trois 
mil livres que de ladicte pension, en sorte que ledict sieur Chapuis ny lun 
des siens n'en soye:it jamais rescherchés, uou plus que de ce a quoy il ne 
peut esire tenu pour obli^^c par les susdictz contracts. Ainsi arresté entre les 
parties, mutue stipulations sur ce intervenues, avec promesses d'avoir au gré 
le contenu aux présentes et de n'y contrevenir a peyne de tous despens, 
dommages et iuterestz, obligeaus pour ce scavoir: Ledict sieur Chapuis tons 



DE NOTRE-DAME DE LA COMPASSION 15 

• 

ses biens, et lesdicles dames religieuses et ledict sieur Chinier tous les 
leurs presens ou advenir, solidairement comme dessus, et encore sous 
l'obligation spéciale desdictes maison et jardin pour assurance de payement 
desdicts trois mil livres et pension susdicte. Et ont lesdictes parties renoncé 
a tous droicts contraires, mesme par exprès. Les dictes dames religieuses et 
IcKiict sieur Chinier ont renoncé et renoncent au bénéfice de division, droict 
et ordre de discustion et d'action, et encores ledict sieur Chinier au droict de 
premier convenir le principal que la caution et sans autres clauses en tel cas 
réquisition. Faict et passé audict Lyon, dans le parloir dudict monastère, 
lesdictes dames prieure, sous-prieure et dépositaires paroissans a la grille, le 
second jour du mois d'aoust, après midy.mil six centz quarante deux. Presentz : 
M. Claude Soudan, prestr.^ demeurant audict Lyon, sieur Pierre Colhahaud, 
bourgeois» et Hugues Recieux, praticien audict Lyon, tesmoins requis qui ont 
signe la minutte avec les parties adverties du séel, conformément à Tedict du 
Roy. Signé: Dechuyes, notaire royal. 



Reconnaissance du Chamarier de Saint-Paul 

du 7 décembre 1645 

Par devant le notaire tabellion royal a Lyon soubzsigné, en présence des 
tesmoins après nommes, fust présent en sa personne noble messire Jean de 
Chaslillon, seigneur* et prieur de THospital soubz Rocheffort en Forest, cha- 
noine et chamarier de lesglise collégiale St-Paul de Lyon, de son gré reco- 
gnoist et confesse avoir heu et receu reallement au comptant en reaulx et 
myreaulx et autres monnoyes ayantz cours, de révérendes et dévotes dames 
les prieure et religieuses du Monastère des Carmélites de ceste dicte ville de 
Lyon, en la coste St Vincent, absentes, sieur François Chapuis, bourgeois de 
Lyon, pour elles présent et acceptant, la somme de trois cens livres pour 
laquelle ledict sieur chamarier leur a accordé amiablement et favorablement, 
par grâce specialle et particulière faicte auxdictes dames du surplus, sans le 
tirer a conséquence. La composition des laodz et portaiges par elles a luy deub 
a cause de Tacquisition quelles ont faictes du sieur François Chapuis, bourgois 
de Lyon, d*une maison haul'.e, moyenne et basse, estableries, cour, puys et 
jardin jointz, siz en Ijl paroisse de coste St-Vincent, qui jouxte le chemin de 
ladîcte coste de matin, le jardin et maison des dames religieuses de TAnnon- 
ciade qui fust d'Anihoine Mogiron' de vent, le teuemeut de maison et vigne 
desdictes dames religieuses Carmélites qui fust du sieur Vaillant et de Guillaume 
Mûri, dict Vimar, de soir et bize, par con'ract du deuxième jour d*aost receu 
par M^^ Dechuyes, notaire royal audict Lyon, lan mil six cens quarante deux, 
mouvant et relevant de la rente noble dudict sieur Chamarier, à cause de sa 
dignitédeChamarieretdelaretrocessiondudictsieurChappuyspar devant ledict 
notaire royal, faict soubz le cens et servis annuel et perpétuel de huit deniers 
fort, de trois semaizes de deux tiers d*une feuillette bon vin et recepvable 
mesure de Lyon, portant laods, milaods, recognoissance et autres droictz et 
debvoirs seigneuriaux dubz et accoustumés, payés audict. les laods en raison 

1 Pour M on giron. 



16 IIISTOIRK I)U COUVENT DKS CARMÉLITES 

du cinquième denier un, et les milaods en raison du dixiesme, de laquelle 

somme de trois cent livres pour les laods et portaiges, ledict sieur Ghamurier 

se consent quiter lesdictes dames religieuses Carmélites et les retenir |K>ur 

nouvelles et maintenir au profâct de ludicte Chamarerie, sauf son autre droict 

elcelluyd*aultruy,a la charge qu*el les seront tenues de recognoistre et bailler 

et nommer un homme vivant et mourant qu'elles seront tenues de droict, le 

tout avec promesses, serment, obligation, soubzmission, renonciation aux 

clauses requises et nécessaire. Fait et passé audict Lyon, Hostel du sieur 

Chamarier, cloistre St-Paul, le septième jour du mois de décembre mil six 

cent quarante cinq, après midy, en présence de maistre Jacques Moissonnier, 

praticien de Broguiaut, et Anthoine Prost, cler audict Lyon^ présenta teamoins 

appelles ou requis, qui ont signé à la cedde et ledit sieur de Chastillon et 

Chapuis tuyvant lordonnance. 

Signé: Loys, notaire royal. 

(Archives du département du Rhône,) 

Le 17 janvier 1642, mourut Charles de Neufville, seigneur 
d*Halincourt, marquis de Yilleroj, gouyerneur de Lyon depuis 
1608. A cette occasion le consulat prit les deux délibérations 
suivantes : 

« Du vendredy dix sepliesme janvier MYI^' quarente deux, après midy, en 
la ville de Lyon, y estans nobles messire Mascranny, chevalier conseiller du 
Roy, trésorier général de France en la généralité dudict Lion, Prévost des 
Marchans; Philippe Oueston, conseiller secrettaire du Roy et de ses finances ; 
Pierre Raton, conseiller de sa majesté en la Seneschaulcée et siège presidial 
de ladicte ville; Louis Chappuys, conseiller, advocat et procureur du Roy 
en PEslection de Lyonnois; Janton Boniel, bourgeoys, eschevins de ladicte 
ville et communauté de Lyon. 

« Lesdictz sieurs ayant esté adverliz que Monsieur d'Halincourt, Gouverneur 
et Lieutenant général pour le Roy en ceste ville, pays de Lyonnois, Forestz 
et Beaujollois, estoit déceddé entre six et sept heures de relevée, auroient ar- 
restë que le lendemain ilz yroient assistez des officiers de ladicte ville, tous 
revestus de robes consulaires viollettes et autres marques de magistrature, 
jetter de Teau benitte sur le corps dudic seigneur deflunct. Signé : A. Mas- 

CRANY, OUBSTON, RaTON, ChaPPUYS et BOMEL. » 

(( Du samedy dix-huictiesme jour de janvier MVl^ quarente deux, avant 
midy, en la ville de Lyon, y estans Messieurs Mascranny, P. des M., Oues- 
ton, Raton, Chtippuys, Boniel, Eschevins. 

« Lesdicts sieurs ayant sceu que le corps de Monsieur d'Halincourt, déceddé 
le jour d'hier, avoir esté a cinq heures du matin transporté sans cérémonie à 
son tombeau en TEsglize des religieuses Carmélites, sont neantmoins allé, 
en Tordre arresté le jour d'hier, en Thostel dudict seigneur deflunct, où ils 
auroient veu Madame la marquise de Villeroy et ensuilte Monsieur Tabbé 
d'Aynay en leurs chambres. Monsieur le marquis de Villeroy estant en cour, 
et faict les complimens et comioléances en telles cas convenables, dont a esté 
faict le présent acte. — Siyné : A. Mascranny, Gueston, Raton, Chap- 

PUYS et BOMKL. » 

{Registres des (irtes consulaire^ année 1642^ folio 21» reclo et verso). 



DH NOTRK-OAME de I.A CUMPASSiON il 

L'hOtel du gou ver De ment où mourut Chartes de Neufvitle, 
puis son fils Camille en 1693, et le marécbal de VlUeroy en 1730, 
cxsite encore en partie. Les maisons par ti<;u Hères qui composent 
ce qu'il en reste et à l'intérieur desquelles on remarque des détails 
fort curieux de l'architecture du moyen âge, portent actuellement 
le n" 11 sur la rue Saint-Jean et le n° 2 sur la place du Gouver- 
nement. 

Le 7 février 1643 eût lieu, dans l'église des Carmélites, le ser- 
vice solennel pour l'enterrement de Charles de Neufville, et le 
souvenir de cette cérémonie nous a été conservé par l'acte consu- 
1 aire suivant : 

a Du Vendrsdy sep tiesme jour de fetivrier MV1° quarante deui, *vaat 
rnlil;, aa la ville de|Lyun, j eslag: Messieurs Mascraouj, P. des M-, GuealoD, 
ItaLoD, Chapimyg, Boaiel, Escbeviiia. 

a ljeiûii:.U gieurs ayans des lejourd'huj este imitez de la part de MoDsieur 
de Marquis de Villeroy, Gouverneur et lieutenaut {général pour le Roy en 
ladicle ville, pays de Lyuniiois, Furesli et Beaujollois, de mesme que les 
autres compagnies il'icelle pour assister ce jourd'hui aui honneurs funèbws 
«le feu Monsieur d'Haï iutou ri, son père, vivant aussy gouverneur et lieute- 
nant gëoerjl pour fa majesté des dicte ville et pays, dans l'esgliie du couvent 
(les religieuses Carmélites, ce seroil transportez eu icelle aiîBlstei des officier* 
(le ladicle ville, les uns et les autres revestus <le riibbes consulaires TÎollettes, 
*t encores accompaignei des sieurs Eiconsulz d'icelle portant leurs robbes 
noires. S 'eslans assemblez en une maisonjirochedudictcouvent oùils auroient 
prix lesdictas robbes, ayant aussi aveq eux les Mandeurs de ladicte ville por- 
laus leurs robbes viollettes, mancbes à baguettes, et estans arrivez ea ladicte 
Etglize, ils seroient entrez en la cliap{ielle en laquelle leilict seigneur d'Ha- 
lioCDurt est inhuiué et auroieut jette (ie l'eau bénite sur sa lumbe, et delà 
teroïent retournez en la nef de Indicte Es^^lize où ilz nuroient pris les places 
etbancz pour eux préparez, qui estoient A la gauche regardant l'autel. Mes- 
Neurs de Champigny, conseiller du Roy en ses conseils, Maisire des Requestre 
ordinaire de aon boalel, et Intendant eu la Justice et Pollice de ladicte ville 
et gouvernemeut de Lyonnois, et les gens tenans la Seuescbaulcée el siège 
presidial, s'y seroient oussy rendus el auroient pris aèauce â la main doicte 
ilj ladicte Esglize et des bancz aussy pour eux dédiez. Et Messieurs les 
Préadens Trésoriers généraux de France en ta Généralité dudict Lyon, se 
seroient pareillement transportez en Indicte Pit'glize et assis sur des bancz 
nuigés comme les prcdictz au millieu d'icelle, eutre lesdictz sieurs du Pré- 
tiiiial et le Consulat. Comme encores Messieurs les EUIeua en l'esleclion de 
Ljoonoi-., . ■■ : ■: .1,: mi^anie eoste. El Monsieur le 
Uaojuis d.= \. i-.' , in[- l\d,bt'.rA;.iei, son trére, el 



18 HISTOIRE DU COUVENT DES CARMELITES 

^^auche dudict cœur estoieat Mesdames la Marquise de Villeroy, de Raigay, de 
CAi impigny. Mouchât et auUres Dames. Et après que chascua a este placé, 
l'ofûce s'est oomma.icô par Monsieur l'abbé de Sainct Just, et FeTangille 
ayant esté dit et Tablution faicte, le sieur Viallier, ecclésiasticque natif de 
ladiot.' ville, n récité une très belle et éloquente oraison funèbre eu mémoire 
et louanges dudict seigneur d^Halincourt, de laquelle tous les assistans sont 
demeurez très satisfaictz et bien edifûez. et icelle finie, roftice s'est continué. 
Lequel estant parachevé, lesdicts sieurs intendant, du presidial, prevost des 
marchants, eschevins, ofriciers et exconsulz de ludicte ville estans à main 
gauche du iict presidial, ensuitle duquel estoient les dicts sieurs esleus, sont 
ensemblenient sortis les premiers de ladicte Esglize. Lesdictz sieurs presidens 
et trésoriers généraux de France, comme aussy ledict seigneur marquis de 
Villerv>y et ceux qui estoient dans letiict cœur de ladicte esglize, ainsy qu'il 
est predict, estans encores restez en icelle, laquelle estoit tapissée de noir 
d'hault en bas, garnie de bandes de velours aus^i noir, et d'infinité d'armoiries 
dudict seigneur desfunct, et de grand luminaire, tant sur ledict autel que à 
Tenlrèe d'icelie, de mesme que ladicte chappelle dudict seigneur, en laquelle 
il y avait do plus une chappelle ardante en piramide couverte de grand 
nombre de cierges. 

« Et toute ceste cérémonie s'estaut passée très honorablement et sellon la 
dignité du subject, lesdictz sieurs Prevost desmarchans et esjhevins, officiers 
et exconsuls se sont séparez. 

« Dont et du tout a esté fuict le présent acte pcmr y avoir recours quant 
besoingsera. iSii/né : A. Mascranny, Gubston, Raton, Cbapputs, Boxiel. » 
(Registres des actes consulaireSj année 164;^, folio 40.) 

En 1047, les religieuses carmélites voulant agrandir leur jardin 
du côté des Chartreux, firent l'acquisition d*une propriété, conte- 
nant sept bichcrées de semailles, qui leur était contîguêy et 
qu'elles incorporèrent à leur enclos. SurTactede cette acquisition, 
conservé aux archives du département et qui est incomplet de la 
lin, nous avons relevé l'extrait textuel suivant : 

Acquest faict par sieur François Chappuys, marchant bourgeois de L^on, 
p )ur luy, son a.uy eslis ou a eslire — Et le sieur Marc Perachon, procuraur 

de de:u>iselle Dorothée Vyinar, femme de M.M. Jacques Perachoo Avec 

l'élection en ainy taicte i<ar ledit sieur Chappuys au proffit des revereodas 
nieres carmélites de ceste ville de Lyon — Avec la procuration aa bas nitsrio 

audift hieiir Marc Perachon, par ladite demoiselle Dorothée Vjmar. Des 

dernier apvril, onziesme et seiziesme mai 1647. — Mkallar» notaire. 

Par dev.int le notaire tabellion Royal, j^ardenotte héréditaire a L^on, toiibi 
si^Mié, et en présence des tesmoin^^tz après nommez, fut présent sieur Mm 
Pera.-liou, bourgeois et citoyen de ceste ville de Lyon, au nom et <^n«w^*| ^ 
procureur duement t'oiulé de demoizelle Dorothée Vymar, fille et héritièradt 
leu.NMMir lirques Tinaiit », bour^reois et citoyen de ceste ville de Ljoo, femiiie 
et autorisée paur la passation des présentes de monsieur M. Jacqnet 

1 .'aoqU'S r.naiit, dit Vyinar. 



DE NOTRE-DAME DE LA COMPASSION 19 

choD, advocaten la cour du parlement de Daulphine, comme ledict sieur Marc 
Perachon a faict apparoir de sa procuration spéciuUe du dernier jour du mois 
d*apvril dernier, reçue et signée par M. Merle, notaire Royal heriditaire de 
Grenoble, audict pays, deuement lesgallizée, signée de la Baulme, juge, et 
M... greffier..., qu'il a présentement exhibée sa propre cedde et icelle deslaissée 
et remise visée et au pouvoir dudict notaire Royal soubz signé pour Tannexer 
aux présentes et y avoir recours sy besoin faict. Lequel sieur Marc Perachon 
audict nom, et sous bon gré, a vendu, comme par ces présentes il vend 
cedde, quicte, remect, transporte et de tout délaisse pjir vente pure, simple, 
perpétuelle et irrévocable dez apresent el pour tousiours vallable. Aussy audic 
nom promet maintenir, garantir et garder de toute invection, maintenue et 
garantie generalle et particuUière en paix eavers et contre tous, a sieur 
François CJiappuySiaussi marchant bourgeois duJict Lyon, présent et acceptant 
pour luy, son amy eslist ou a eslire. Assavoir ses maisons, cours, jardin, 
vignes, aysances et appartenances a lailicle demoizelle Dorothée Vymar appar- 
tenant!, que furent dudict feu sieur Jacques Vymar, son dict feu père. Le 
tout en ung clos el tenement contenant environ sept bicherée^ de semaille, 
situez dans ceste ville de Lyon, au lieu dict La Gella, qui joustent une grande 
muraille appartenant aux dames carmélites de matin, les jardin et tèuement 
des héritiers de feu la dame de la Salle, une pallissade entre deux despen- 
dant dudict clos et téneraent de soii , le grand chemin tendant du couvent 
desdictes Cannelites aux Chartreux de bize, et les fondz des dames religieuses 
du chasteau Gaillard et aultres une aultre palissade aussy despendant dudict 
clos et tenement aussy entredeux de vent, sauf dudict clos el tenement ses 
aultres plus vrayes et légitimes confins fie reste de l'acte manque). 

m 

En 1659 les Carmélites ayant perdu l'acte authentique de leur 
ctablissement en 1616 par le cardinal de Marquemont, obtin- 
rent de rarchevêque Camille de Neufville une déclaration qu'elle 
présentèrent au Prévost des Marchands avec une requête pour 
obtenir des magistrats municipaux leur nouveau consentement à 
leur établissement régulier dans la ville de Lyon. A cet effet, le 
Consulat prit la délibération suivante : 

Du Jeudy treiziesme novembre Mil six cans cinquante neuf, après midy en 
rhostel commun de la ville de Lyon, y estans Messieurs De la Salle, IVevost 
des Marchands, Dugas, André, Mazeuod, Rougier, Kschevius. 

Les Prévost, etc., Scavoir faisons que sur ce qui nous a esté représenté par 
les dames Supérieure et religieuses Carmélites de la régie primitive dicte du 
Mont-Carmel, soubz le nom de Nostre Dame de la Compassion de ceste ville 
de Lyon, qu'ayant été establies en icdlle de Tautorité de feu monsieur le 
cardinal <le Marquemont, Archevesque de Lyon, et en suitte de la permission 
du Consulat en Tannée 16lG,elles en auroient eu un ajle auclhenticque, lequel 
fe trouvant perdu et adhiré elles ont obtenu déclaration de monseigneur 
l'Archevesque de ceste dite ville, par laquelle est portée qu'ayant pleinement 
recogneu que lesdites religieuses ont esté véritablement establies dans ledit 
couvent de ceste dite vdie, de Tauctorité de feu moudit sieur le cardinal et 



20 HISTOIRE DV COUVENT DES CARMELITES 

archevesque de Marquemont, il confirme et permet ledit establissement et 
mesmes les'y establies de nouveau, s*il y eschet et surabondamment sans pré- 
judice dudit précédent establissement. Et les dites dames Supérieure et reli- 
gieuses dudit monastère nous ayant derechef demandé, en temps que de besoin, 
nostre consentement pour ledit establissement, nous, après avoir veu ladile 
déclaration de mondit seigneur TArcevesque du xxiii™« octobre dernier, 
signé : L' Archevesque de Lyon. Et plus bas : Par monseigneur : Basset. 
Et scellé de ses armes. Kt ayans reconnu que les dites religieuses ont des 
moyens suffizans pour l'assistance de leur dit monastère qui n'a esté à aucune 
charge à ceste ville, et sur Tasseurance qu'elles nous ont faictes donner 
qu'il ne le sera non plus à Tadvenir. 

Avons soubz le bon plaisir du Roy et en temps qu'à nous est, derechef, 
consenti et consentons au dict establissement conformément à ladicte décla- 
ration de mondict seigneur Tarchevesque de Lyon, laquelle nous avons ordonné 
estre registrée es regisire des actes consulaires de ceste ville et communauté 
pour y avoir recours quand besoing sera. En tesmoins de quoy, nous, etc.. 

Ensuict la teneur de ladicte déclaration : Camille, archevesque et comte de 
Lyon, primat de France et lieutenant général pour sa Majesté es pays de 
Lyonnois, Forestz et Beaujollois, A tous ceux qui ces présentes verrons, sca- 
voir faisons, que sur ce qui nous a esté exposé par les supérieure et religieuses 
Carmélites de la reigle primitive de Tordre dict du Mo nt-Carmel, soubz le nom 
de Nostre-Dame de la Compassion de nostre ville de Lyon, que quoy qu'elles 
(aient) esté canoniquement establies en ceste ville de l'auctorité de monsieur 
le cardinal de Marquemont, Tun de noz prédécesseurs archevesque de Lyon, 
en l'année M. VI^- seize, et qu'il y en ayt eu un acte aucthenticque expédié, 
neantmoins ayant voleu chercher ledit acte elles ne l'on pu trouver quelques 
dilligences qu'elles y ;^ient apporté, l'expédition qui leur en fut remise s'eslan 
esgarée et les registres du secrétariat de Tarchevesché de ce temps là ne se 
trouvant point. Pour raison de quoy les supérieure et religieuses dudict mo- 
nastère craignans qu'on ne révoque en doubte ledit establissement canonique 
et pour leur servir ce que de raison, nous ont supplié de leur vouUoir octroyer 
une déclaration dudict establissement est en temps que besoing seroit le 
confirmer et mesmes les establir de nouveau. 

A ces causes, nous, archevesque et comte de Lyon susdit, avons déclairé et 
déduirons par ces présentes qu*aj)rès nous estre soigneusement informez des 
anciens officiers et autres personnes dignes de foy qui peuvent avoir cognois- 
sance des affaires de l'archevesché en l'aunnée 1616, par faute des registres du 
sécrotiarial de l'archevesché de ce temps là, nous avons apris et recogneu 
pleinement que les religieuses dudit ordre ont esîé véritablement establies 
dans le couvent de ceste ville de l'auctorité dudit feu monsieur le cardinal et 
arclievesque de Marq»jemont, où despuis ledit establi.<st'ment,faict en Tan 1616, 
elles ont vescues avec piéle et exemple dans une exacte observance de leur 
re;,'Ie. A ces tins voullans esviter qu'elles ne soient troublées dans leur esta- 
blisseiiieiil ni ne le puisse eslre à Tadvenir, Avons confirmé et permis, confir- 
iiiuiis et pennetlnns leur eslabliissement en ceste dicle ville et mesmes les y 
rs!aljli.s<.Mis de nouveau, cy 1«,' (;a5 y eschet et surabondamment, sans préjudice 
touleà fois dudit )>r<'ceiant establissement, sauf en tous nos droictz et (ceux) 
de nos successeurs archevesques de Lyon. 

Donne en nusire chas'eau Dombreval (sic) prés de Lyon, soubs noslre 9éA^ 



DE NOTBE-DAMB DE LA COMPASSION !l 

le vingiraisiesms oclobra M. VI° cmi]iiante ueuf. Signé : l'arcbevesqne da 

LjOD. Et plus bas : Par monseignear : Bassbt. El 8cel[ée dee armes dudît 
•eigiiear, en cire rou^-<;. 

(Regisirâs des octet eonii*laires, anné» 1059, folio AiO.) 

Les religieuses carindlitâs ajant sollicita du chapitre de Saint- 
Paul l'affranchissement des droits seigneuriaux dont se trouvaient 

grevées lea proprictiîes Vyraar et Chappuys, qu'elles avaient acqui- 
ses en 1642 et en 1647 pour l'agrandisseroent de leur claustral, 
et qui relevaient en partie de la rentd noble de la Cbauarerie, en 
obtinrent la remise moyennant le paiement de deux rentes an- 
nuellesct perpétuelles, l'une de 120 livres, et l'autre de 60, ainsi 
qu'il résulte de l'acte capîtulaire suivant : 

La Jeudj scisiMme jour de febvrier, avant midy, mil six ceas eoiiante dem, 
*a chapirre de l'egUse cotlégiale de Sainct Paul de Lyon, ou esloient véné- 
rables egreuges personnes meGsïenrB messires Hlerosme Chalon, chamarier; 
Lojs Clerc, chantre; Urbain Parlicelle, sai^rieVain ', Alexandre Arod de 
Monlmela, Jacques Manis, Gaspard Oueelon, et Salvalor Manie et per modum 
tnneiUi Pierre Cropet, t«us chanoines de ladicle église, au bod de la clocbe 
capilulairement assemMés pour Iraicter des affaires d'icelle. 

Lesdicta sieurs après aïoir eu lecture du coniract d'à (franchisse ment passe 
par îesdiola tieurs Chamarier et Manie Tayné, au proffict des Révérendes 
Dames Religieuses Carmélites de ct'ste ville, le Ireizîesme du présent mois, 
receu par meslra Jayoud, notaire rojal el leur secrétaire des cens et servis 
laods et mi-laods et autres draiclz et devoirs seigneuriaux qu'elles peuvent 
devoir pour un ténemeal qui estoit cy-devant en vigne, de la contenance de 
40 journées d'hommes, appartenant bus dictes dames, situe en ceste ville de 
Lyon, territoire de la Jalla (Gella), parroisse Sainct Vincent, qui a este de feu 
nnble François Benoist, sieur de la CliBS!=Bgne, dépendant de la renie noble 
da Sainct Vincent, moyennant une pension annuelle, perpétuelle et fonli^re de 
130 livres au sort principal de deux mil quatre cens livres, par elles crées OU 
profBct dewlicts sieurs de Sainct Paul, ou iceluj coolract agrée, apreuvé el 
ratidê el duquel il3 promènent l'observation en tout son contenu. 

LesdirlB sieurs après avoir eu lecture du coniract d'affrancliissemsal passé 
par tedici sieur (^alon, chamarier, au proflcl des Révérendes Dames Reli- 
gieuses Carmélites de ceste ville, le treiziesme jour du présent moys, receu 
par mesire Jayoud, notaire royal el leur sei'rclaire des cens el servis, laod^ 
et mi'laod et autres droiclz et devoirs seigneuriaux qu'elles peuvent devoir 
pour une maison el jardin johiU ensemble, de la contenue de deux hicherées 
el demj ou environ, apparlenani aus dictes dames, sii en cesie ville de Lyon 
appelé la coste Saint Vincent, par elles cy-devant acquis de noble François 
tSiappayi et dépendant de la. rente noble de la Cbamarerye Sainct Paul. 
ttioyeni>anl une pension annUe]le. peippIUclle et fontière de sdîiante livres au 
lort principal de douze cents II vrea,|iar elles crée au proficldudict sieur Cbalon, 
thonarier, et de ses successeurs en ladicte Ghnmarerje. on jceluy conirad 




22 HISTOIRE DU COUVENT DES CARMELITES 

approuvé et ratifié et duquel ilz consentent et promettent observation eo tout 
son contenu. 

Signf : Jayodd, secrétaire. 

(Archives du département, actes Ca^itulaires de Saint-Paul, vol. 618, 
fol. 679, verso.) 

Eu 1662 les Carmélites cédèrent aux pères Ghartreax, pour le 
prix de 500 livres, une parcelle de terre qui se trouvait en dehors 
de la nouvelle clôture que ces dames faisaient établir, et en partie 
enclavée dans la possession des pères. Cette parcelle, qui dé- 
pendait de Tancienne propriété Vymar acquise en 1647 par les 
Carmélites, est ainsi désignée sur Tacte de vente aux pères Char- 
treux, reçu par maître Luzines, notaire royal à Lyon, le 16 mai 1662: 

(( Ascavoir un petit coing de terre ou jardin appartenant audit 
monastaire des Carmélites, estans au dessoubs de leur jardin 
appelé La Oella, Le dit coing de terre delà contenance d'environ 
demj bicheree de semaille, ainsy quil se contien et comporte, 
faisans partie de lacquisition quelles ont cy devans fait des héritiers 
de feu Vimard Icelluy coing et terre vendu joignant le clos dudit 
Monastaire de matin, ledit jardin de La Gella de bize, le Jardin 
desdits révérends pères Chartreux de soir, et le jardin des frères 
Pelissary de vent. Sauf ses autres plus vrays et légitimes confins» 
etc.. » 

Dans le même acte, la part contributive des pères Chartreux 
pour rétablissement de la muraille qui devait séparer les propriétés 
des parties contractantes est ûxée à 500 livres. 

Après la mort de Charles de Neufville, son fils atné Nicolas, 
qui lui succéda dans la charge de gouverneur do Lyon et des 
provinces de Lyonnais, Forez et Beaujolais, et Camille, qui rwn- 
plit à partir de 1645 les fonctions de Lieutenant Général pour le 
roy au gouvernement de son frère, monta le 26 mai 1658 WP 
le siège archiépiscopal de Lyon et l'occupa pendant 39 anSf 
devinrent les protecteurs naturels du monastère des Garmâitet 
fondé par leurs parents. Nicolas, qui faisait de Paris sa rési- 
dence habituelle, se reposa entièrement sur son frère CSsmilla 
pour la direction des nouvelles constructions qu il faisait'^ âiK 
ver. Sous son administration Ton procéda à la reconstruelkNI 
de réalise dont le vaisseau fut achevé 1670. La fkçate f^à. 



DE NOTRE-DAME DE LA COMPASSION 23 

ëdiûée en 1682, sur les dessins de François Dorbaj. Nous don- 
nerons plus loin la description de ce monument et des tombeaux 
qui en décoraient Tintérieur. 

Nicolas de Neufville, duc de Villeroy, gouverneur de Louis le 
Grand pendant sa minorité. Pair et Maréchal de France, Che- 
valier de rOrdre, chef du Conseil royal des finances, Gouverneur 
du Lyonnais, Forez et Beaujolais, étant décédé à Paris, le 
28 novembre 1685, son corps fut transporté à Lyon et déposé aux 
Carmélites, dans la chapelle de Villeroy qu'il avait fait bâtir 
quelques années avant sa mort, et où le 24 janvier 1686 on célébra 
ses funérailles et celles de Magdeleine de Créqui, sa femme, morte 
à Paris le 21 janvier 1675. 

L'oraison funèbre prononcée à cette occasion par le père Joseph 
David, de l'Oratoire, a été imprimée à Lyon, en 1686, par Antoine 
Jullieron, seul imprimeur et libraire ordinaire du Roy, du Clergé 
et de la Ville, en la place Confort. Elle est précédée d*un fron- 
tispice dessiné par Blanchet et gravé par M. Boulanger, qui repré- 
sente Tnn des principaux motifs de la décoration funèbre, et que 
nous reproduisons ainsi que le cul-de-lampe placé à la fin. Quant 
à la relation des funérailles qui y est jointe, nous croyons utile 
de donner la copie textuelle de cette pièce, non pas seulement 
en raison de sa rareté, mais surtout à cause de Timportance 
qu'elle présente au point de vue de la description des décorations 
employées à cette époque dans les églises pour les cérémonies 
funèbres. 



RELATION DES FUNERAILLES 

ET INHUMATrON DEB CORPS 

DE HONttEUR LE HAnËCHAL OUC DE VILLEROV ET OE MADAM E 

SON EPOUSE 

FAITES A LYON DANS L'ËGLISC DEB CARMËLITES 

LE JEUDI VINGT-QUATmËME JANVIER I8B6 



e Monsieur r Archevêque de Lyon et Monsieur le 
Due de Villeroy ont voulu que tout fut rendu A la mémoire de 
o6t Illmtre DéfUni, aussi le sieur Blanchet, chargé de la conduite 
de cette Pompe Funèbre, n'a rien obmis de tout ce que l'art et 
l'iadastrie pouvoient lu; fouroir pour la rendre des plus écla- 
tantes. 

■ La disposition du liott, les tentures Jusques aux voûtes, les 
ornemens, les devises et l'illaminatioa tout a conspiré à rendre 
ces Obsèques aussi memorablfls fiie ùnguliêras. L'Égliiie, Monu- 
menl sacré de la Ral|ata|^ldttMÉHtll» ViUeroj- dont ils sont 
les Fondateurs, «i.mÊ^^^^^^^^^K/ÊÊÊ^lé^ leur sépulture, 

relevée parq^^^^^^^^^^^^^^|fatP>^nsider.ibl 
et qui alloit jai 

■ Depuis la ed^^^^^^^^^^^^^^^^^^Ut*!'!^"'' 




M HISTOIRE DU COUVENT DES CARMELITES 

d'eDviron quiraate pieds, l'Eglise estoit teûdQe de draps noirs ; et 
toutes les feoestres en estant aussi ceavertes, cette Eglise qui est 
des mieox percée et des pins claires, sembloit nn sombre et spa- 
cieux Tombeau. 

« Cette vaste et lugubre tenture esloil distiuguée d'œpace en 
espace par trois lez >, dont l'un estoit d'hermine, entre-deux de 
velours. 

« Le premier lez de velours garni par le bas d'une frange 
d'argent estoit posé au défaut d'une corniche distante d'un pied 
des pilastres de l'Eglise ; et à quinze pieds de haut du marchepied 
ce lez estoit orné d'Ecussons, d'Armes, et de Larmes tant plein 
que vuide. 

« Le second lez d'hermine montroit en distances proportionnées 
des Têtes de Mort ailées avec des couronnes de laurier, en signe 
de celles que l'itlnstre Défunt avoit méritées; de ces Tètes sor- 
toient des crespes blanc et noir, formaus festons et pantes qui 
tenoient attachés des Ecussons de sis pieds de hauteur aux armes 
de Villero;, placés en distances égales, et détachez dans les 
espaces par des Ecussons de moindre grandeur taillés en octo- 
gones rallonges, chargés de cinq Larmes d'argent, et bordés de 
même. 

« Le troisième luz de velours comme le premier estoit enrichi 
de même; il estait plus éloigné du drap que ceinjr d'embas jl 
cause de la corniche, ce qui lui donnoit plus de relief. 

« Les corniches d'enhaut et d'embas pjrtoieut chacune nn rang 
de cierges éloignés de sept à Ituit pouces seulement l'un de l'antre, 
avec II différence en celle d'enhaut que de six i six pieds, an 
derrière du rang des cierges, s'élevoieat de gros Sambeanx omet 
d'Ecussons aux armes de Villero;. 

« Deux grands Frontons faisoient face l'un à l'autre aux deox i 
bouts de l'Eglise ; ils estoient garnis de velours chargés d'Ecus- 
sons, et portoient comme aux deux grands costés chacun un rang i 
de cierges, qui prenoient immédiatement au défaut de la caraicli»^] 
d'enhaut. 




DE NOTRE-DAME DE LA COMPASSION rt 

€ Dans le milieu du fronton au-dessus de 1* Autel paraissoit 
une Mort revestiie d'un grand drap blanc, couronnée de lauriers, 
tristement estendiie sur un Tombeau, et qui se relevant du costë 
gaucbe, en s*appuyant du coude, tenoit une grande Table, sur 
laquelle elle écrivoit de la main droite ces mots, dont une 
partie est tirée du 29™» yerset du 37"<» chapitre de VEcclé- 
natte. » 



VI LLARE GIV M nolite fleremortuiim, nam in populo 
hei^edilabit honoreniy et nomen illius erit vivens in 
seternum. 

« L'autre, pour le Fronton au dessus de la porte, il avoit dans 
son milieu les armes de Yilleroy, Técusson, le manteau ducal, 
la couronne, les bâtons de Mareschal de France, les coliers de 
l'Ordre de Saint Michel et du Saint Esprit, et les Chevaux pour 
supports, historiés dans leur émaux et leur couleurs suivant les 
règles du blason, le tout posé sur des amas d^Armes sortans des 
deux extrémités. 

« Au dessous de la première bande de velours paroissoient 
deux rangs de grands Ecussons disposés comme aux deux grands 
costez, et terminés de part et d'autre par deux Trophées d'Armes 
qui s*élevoient aux deux coings de l'Eglise à costé de la grande 
porte. 

a Le Mausolée estoit dans le milieu de l'Eglise élevé de six mar- 
ches, la première ayant dix^huit pieds de long sur quatorze de 
large; au haut de l'Estrade paroissoit une manière de Tombeau 
d'une figure singuliôre, quatre gros chandeliers d'argent ajustés 
en façons de petites colonnes, et portans chacun une boule du 
môme métail, estoient aux quatre coings; une grande Plainte 
aussi d'argent formoit le Socle de ce Tombeau, la matière pour 
imiter le marbre noir estoit de velours garni aux extremitez et 
aux liaisons d'un gros galon d'argent large de quatre doigts ; il 
estoit couvert d'un riche drap mortuaire aussi de velours noir, la 
Croix de brocard d'argent cantonnée de quatre Ecussons d'armes 
richement brodés, rebordé d'une large bande d'hermine, et re- 



28 HISTOIRE DU COUVENT DES CARMELITES 

troussé aux quatre coings pour mieux faire voir la figure du 
Tombeau. 

a Le dessus paroissoit comme un lit de parade, à la teste du- 
quel estoit élevé une manière de chevet d'argent, au dessous 
duquel estoit enchâssé le portrait de Monsieur le Mareschal; à 
Tendroit de ce chevet, sur un coussin de velours noir, estoit pos^c 
une Couronne Ducale d*or, avec Tespée et les bâtons de Mareschal 
croisez, le tout voilé d*un grand crespe. 

a Deux cens chandeliers d'argent estoient portés sur les mar- 
ches du Mausolée, les cierges d*un costé garnis d*Ecussons aux 
armes accolées de Yilleroy et de Grequj, et de l'autre aux armes 
de Yilleroy seulement. A Tun des bouts du Tombeau où l'on fit 
l'entrée pour j reposer les Corps, estoit de chaque costé une Vrne 
d'argent semencée d'une Couronne Ducale d'or. Au pied du Tom- 
beau, vis à vis de l'Autel, de la hauteur des Yrnes, sur la cinquième 
marche, se voyait un gros Lyon d'argent couché dans une triste et 
douloureuse action : toute cette ordonnance, dans sa riche union, 
avoit assez de rapport avec la grandeur qu'on concevoit en celuy 
pour qui elle estoit destinée. 

« Au dessus de ce superbe Mausolée descendoit de la voûte un 
prand dais, dont le quarré long répondoit à celuy des marches do 
l'estrade; ses pantes de velours noir estoient garnies par le bas 
d'une très riche crespine d'argent, et chargées d'Armes relevées 
en broderie aussi bien que dans le fond où paroissoit une grande 
Croix blanche avec des Armes cantonnées en diagonales; des 
quatre coings de ce Dais, au dessous des pommes pennachées, sor- 
trient de grandes pentes de crespe noir et blanc retroussées en 
flots, noiiées dans les quatre costez de l'Eglise sur les lez d'her* 
raine; et plus bas, directement au dessous des nœuds, pendoient 
de part et d'autre, et deux à chaque costez, quatre grands Car- 
touches representans la Prudence, la Justice, la Force et la Tem- 
pérance. » 

Le premier cartouche. — Pour la Prudence. 
Quanta fuerit ah instituto Rege judica. 
Devise. — lie Soleil dans le Zodiaque. 
Monstratam tenet usque vtam. 



DE NOTRE ÙAME DE LA COMPASSION 29 

Le second cartouche. — Pour la Justice. 
Tarn xqui amans ^ ut neque cessdrit unquam^ nec erravit. 
Devise. — Le Soleil au signe de la Balance. 
Tantumdem omnibus. 

Le troisième cartouche. — Pour la Force. 
Nttsquam nisi Deo^ Rejiy et Patrix vicit. 
Devise. — Le Soleil au signe du Lyon. 
ffinc cœpi^ et huic retuli vires. 

Le quatrième cartouche. — Pour la Tempérance. 

In summo gradu sui potensy et hinc fuit Régi charus^ et 
subditis. 
Devise. — Le Soleil dans le Verieau, qui fait résoudre en pluye 

une nilée. 

In summo tempérât aestum, 

a L'élévation du Dais csloit accompagné de grand nombre de 
crespes traversa ns en flots et festons toute la voûte de TEglise, 
ilsalloient se noiier à des Armes qni touchoient le milieu et la 
cime de la voûte : toute cette cresperie noire se respendant en 
manière d*ondes sur la voûte extrêmement blanche faisoit un fort 
bon eflel; et Ton peut dire que le tout estoit d'un ordre très 
agréable à la veiie, malgré le triste sujet qui en estoit le but. 

« Le grand Autel de TEglise, celuy de la Chapelle de Messieurs 

de Villeroj, et TAutel dedans le Chœur des Dames Religieuses 

estoient très-bien parés; le tour de la Chapelle estoit tendu de 

même querEglise,ledit Chœur des Dames Religieuses estoit aussi 

tendu de noir; les gradins des Autels estoient tous chargez de 

chandeliers d'argent portant de fort gros cierges. Au grand Autel, 

«ur les deux gradins du milieu, il y avoit deux grandes Vrnee 

d'argent ensuite Tune de Tautrj, comme pour représenter les 

cendres des deux Illustres Dt^funts qui y estoient renfermées, les 

oapaces d'entre les chandeliers y estoient ornées d'Ecussons. 

« On alluma les cierges sur les huit heures du malin, et ils ren- 
dirent une clarté si grande, qu'il sembloit un nouveau jour au 
txiilieudc la nuit. 

« Si la Pompe et Tordre des decoralions de la susdite Église 
tirent coimoislrc la vénération que Messieurs le Duc de Villeroy 



3) HISTOIRE DU COUVERT DES CARMELITES 

ei l'Archevêque de Lyon ont pour la mémoire de cet incomparable 
Défunt, leur piété n*a pas moins paru, par la beauté et la richesse 
des omcmeiils dont iU ont voulu que les Autels fassent parés, et les 
Ofticians reveslus pendant cette sainte et lugubre Cérémonie. 

« Le Grand Auiel cl celuj de la Chapelle étoient ornés dessus 
et au devant de leurs retables chacun d'un grand drap mortuaire 
de dix aunes eo carré de velours noir, chargez dans leur estendûe 
d'une Croix de moêre d'argent de sa longueur, entouré d'on grand 
galon d'argent, accompagné dans le milieu des quatre cantous des- 
dits drapa de quatre Ecussons aux armes dudit Défunt, de deux 
pieds en carré, d'une très-riche et fine broderie; et lesdits draps, 
en tout leur contour, terminés par une bordure d'hermine de sept 
à huit pouces de large. Les deux devants d'Autels estoient du mdme 
velours, avec de pareilles Croix de moëre et quatre Ecussons 
moindres, mais de la même broderie que ceux des draps. Les or- 
nemens servansaux Ofûcians estoient des mêmes veloars et moêre, 
frangés, galonnés, et houppes d'argent; ce qui faisoit une unifor- 
mité et une richesse égale dans tout ce qui servit à l'Office, qui 
fut fait par Messieurs les Doyen et Comtes de Lyon ; lesquels s'es- 
tant toujours fait un point d'honneur et de joje de donner des 
preuves do leur affection envers ledit Seigneur Archevêque, et 
toute l'Illustre Maison de Villeroy, en ont fait éclater de noavelles 
dans cCite triste occasion. Ils partirent processionnellement de leur 
Eglise de Saint- Jean, et allèrent à l'Eglise des Carmélites, ou 
Monsieur TArchevéque de Ljon s'estoit auparavant rendu et mis 
dans un banc qui luy avoit esté préparé du costé droit et à la teste 
de Messieurs les Comtes de Lyon et du Clergé, vis à vis du bout 
du Mausolée qui faisoit face au Grand Autel, avec un prié Dieu 
dans ledit banc, le tout couvert d*un grand tapis de velours violet, 
et garni de trois carreaux de même, dont celuy dudit prié Dieu 
estoit couvert de crespe. Messieurs les Comtes et leur Clergé dans 
leurs habits ordinaires estant entrés, prirent les places qui leur 
estoient destines sur quatre grands bancs couverts de drap noir, 
deux de chaque costé dudit Mausolée, et les Enfants de Chœur se 
rangèrent dans lespace qui estoit de six pieds de large entre les- 
dits bancs et ledit Mausolée. 



DE NOTRE-DAME DE LA COMPASSION 31 

« La Grille du Chœur des Dames Religieuses parût ouverte; on 
les vit venir toutes avec un cierge à la main se mettre à genoux, 
cachées de leurs voiles, au devant de ladite Grille, où elles demeu- 
rèrent en cet estât pendant le Service. 

« La Noblesse tant du Païs que de la Ville, à la teste de laquelle 
estoient Messieurs le Marquis de la Baume, et le Chevalier de 
Gourcelles, se rangeront en des bancs qui estoient derrière ceux 
où se mirent Messieurs de Saint Jean. 

t Du costiS droit de TAutel estoit Monsieur le Comte de la 
Chaise, Seneschal, à la teste du Presidial, et derrière ledit Presi- 
dial les Eslus; A la gauche dudit Autd estoient Messieurs du 
Consulat dans les bancs qui leur estoient préparez, et ensuite les 
Exconsuls; Vis à vis dudit Autel, peu au dessus du Mausolée, 
estoient dans un banc séparé les Trésoriers de France. 

€ Ceux desdits Sieurs Comtes qui dévoient officier allèrent se 
revestir à la Sacristie, d'où sortirent un peu après quatre Chap- 
piers; scavoir deux desdits Sieurs Comtes, et les sieurs Sous- 
maistre, Scholastique, qui s'allèrent placer au désous dudit Mau- 
solée, sur un banc tapisé de noir, au milieu des deux Chœurs et de 
tout le Clergé tenant des cierges en main ; Cependant partirent de 
ladite Sacristie le Bastonnier de leur Eglise, en robbe avec une 
Masse d'argent, précédant les deux Accolitesqui estoient suivis de 
deux Sousdiacres revestus, marchans ensemble devant un desdits 
Sieurs Comtes aussi revestu d'habit de Sousdiacre ; Après eux 
marchoient deux Diacres avec les habits de leur ordre devant an 
autre desdits Sieurs Comtes faisant le Diacre, après lequel estoient 
ensemble doux Prestres revestus d'habits sacerdotaux, précédant 
Monsieur le Doyen qui estoit suivi de son Aumônier en surplis ; 
Messieurs les trois Comtes susdits estoient mitrez suivant l'usage 
de TEglise de Lyon ; tous lesdits Ofôcians s*allérent placer aux 
lieux destinés pour les fonctions de leurs ministères, ausquels ils 
vacquerent jusques à l'Offerloire, entre laquelle et la Préface fut 
prononcé TOraison Funèbre par le Père David de l'Oratoire qui 
s*en acquitta très-dignement, et ensuite la Messe fut continuée et 
achevée. A la find'icelle ledit Sieur Doyen revestu d'une Chape 
se rendit avec les autres Ofûcians à costé dudit Mausolée à main 
gauche d'iceluy, accompagné des Prestres, des Diacres et Sous- 



32 HISTOIRE DU COUVENT DES CARMKLITES 

diacres, et autres OfSciansqui l'aToient assisté à la célébration de 
la Mefse à la manière cy-dessus, et apr^squeles Prières â i'nsafce 
de l'Eglise de Lyon par lesdits Sieurs furent chanta, et les Orai- 
sons dites par ledit Sieur Boyen, le Chœur psolmodiant, l'on sorti 
dudit Mausok'e les Corps dudît Seigneur Mareschal et de Madame 
la Mareschalo; et ce pendant les Orâcîans,les Prestres, Diacres et 
Sousdiacres, que Chappiers allèrent, précédés de la Croix, se ran- 
ger dans la Chapelle à l'entrée de la cave ob les Corps furent 
incessamment portés par les OfSciers ci domestiques de la maison 
des Défunts, les quatre coings des draps mortuaires par quatre 
Gentilshommes jnaques à ladite Cave, dans laquelle lesdits Corps 
furent mis dans leurj places par six hommes revestns de noir à 
neuf, et destinez à cet office. 

a Monseigneur l'Archevêque et tout le Clergé demeurèrent dans 
leurs sièges jusques à ce que les Corps du Presidial, de la Ville, 
des Trésoriers et de l'Eslection fussent retirés; et finalement les- 
dits sieurs Doyen et Comtes de Lyon s'en retournèrent procession- 
nellement dans leur Eglise de Saint Jean comme ils en étaient 
partis. 

Ainsi finit cette triste cl célèbre action, où l'on peut asseurcr 
quu Monieignenr l'Archevêque de Lyon a donné des témoignages 
d'une tendresse particulière pour Monsieur le Mareschal de Vil- 
leroy son frère, le Clergé et Messieurs do Lyon des marques d'un 
véritable zèle pour leur Gouverneur, et d'un regret extrême de la 
mort d'un si Grand et si boa Seigneur qui meritoit de vivre des 
siècles entiers, ainsi que fera sa mémoire et celle de son Illustre 
Maison. 




:r à la postérité le souvenir des honneurs func- 



DE NOTRE-DAME DE LA COMPASSION 33 

bres rendus à la mémoire da premier maréchal et duc de Villeroy , 
le Consulat prit la délibération suivante : 

Du Jeudy vingt quatriesme janvier mil six cens quatre vingt et six, avant 
midy en la ville de Lyon y estans : Messieurs Pecoil, Prévost des Marchands, 
Gayot, Raval, Basset, Genevay, Eschevins. 

Lesdits sieurs ayant esté priez de la part de Monseigneur TArchevesque Comte 
de Lyon, Primat de France, Commandeur des ordres du Roy, Lieutenant ge. 
neral pour sa Majesté au gouvernement de ladite ville de Lyon, provinces de 
Lyonnois, Forestz et Beaujolois, comme les autres Compagnies, d'assister à 
la pompe funèbre de Monseigneur le Mareschal de Villeroy, Duc et Pair de 
France, Chevalier des ordres du Roy, Chef du Conseil Royal de ses Finances, 
Gouverneur de ladicte ville de Lyon et des provinces de Lyonnois, Forestz 
et Beaujolois, dans Lesglise des Religieuses Carmélites, s*y sont rendus 
assistez des officiers de la Ville reveslus de leurs robes consulaires violetes, 
accompagné des sieurs exconsuls portans leurs robes noires, ayant a leur 
(este leurs mandeurs avec leurs robes manches a baguetcs, ou ils ont trouvé 
Messieurs les anciens Prevosts des Marchands placez dans un banc derrière 
celuy qui avoit esté préparé pour ledit Consulat a la gauche du grand autel. 
Monsieur le Comte de la Chaize, seneschal de Lyon et Messieurs du presidial 
8*y estoient rendus et avoient pris leurs places a la main droite dudit grand 
autel sur les bancs qui leur estoient destinez. Messieurs les Trésoriers de 
France 8*y sont de mesme transportez et ont esté placez dans des bancs vis-à* 
vis ledit grand autel entre Messieurs du presidial et Messieurs de la Ville; 
et derrière Messieurs du presidial estoient placez Messieurs de Teslection. 
Monsieur TArchevesque estoit assis a la droite avec les officiers de ses gardes, 
ses gentilhommes et ses gardes la carrabine sur Tespaule autour de luy, a la 
teste de Messieurs les Comtes de Saint-Jean qui estoient venus en procession 
officier, faisant cœur autour du mauzolée. Derrière luy estoient placez Messieurs 
de La Baume, de Courcelles et force gens de qualité. De l'autre costé de 
Lesglise derrière Messieurs de Saint-Jean il y en avoit encores un grand 
nombre tant de la province que de la ville. Apres que tout a esté placé dans 
an fort bon ordre POffice a esté entonné par Messieurs Les Comtes de Saint- 
Qeorge, nommé à L'evesché de Clermont. Precenteur, et de Charmazel, 
Chantre ; Monsieur le Doyen a dit la messe avec deux desdits sieurs Comtes 
qui luy servoient de diacre et sous diacre. L'Evangile dit et Tablution faite, 
Messire Paul David, prestre de l'Oratoire, a prononcé une très éloquente orai- 
son fanebre a la mémoire de Monseigneur le Mareschal. Apres avoir repassé 
outes les belles actions de sa vie, il ne pouvoit donner une meilleure opinion 
de la droiture de son cœur qu'en faisant apercevoir qu'il ne s*est ataché qu'a 
mériter des honneurs et des dignitez avec toute la religion possible, puis qu'i^ 
lia laissé après avoir esté gouverneur de sa Majesté a vingt-quatre ans, Chef 
de son Conseil, que les mesmes biens qu'il avoit reçu de ses pères. L'Office 
ayant esté continué et finy. Monsieur Le Seneschal, Messieurs du presidial, 
Prévost des Marchands, Eschevins, Officiers et Ex-consuls sont sortis assavoir : 
Ledit sieur Seneschal, le Lieutenant gênerai et le Prévost des Marchands 
ensemble, et le reste du Consulat estant a la gauche de Messieurs du presidial 
eu exécution de Tarrest du Conseil du quatorziesme avril mil six cens quatre 
vingt et un, ensuite desquels alloient lesdits sieurs Esius* Lesdits sieurs Tre- 

3 



34 HISTOIRE DU COUVENT DES CARMELITES 

soriers de France sont sortis par la sacristie aiusy que les anciens Prevosts 
des Marchands. Lesgllse estoit tapissé de haut en bas de drap noir avec trois 
Lets, deux de velours avec des franges d'argent et un d'hermine, tous trois 
couverts d'un nombre inûny d'armoiries grandes et petites soutenues par des 
pantes de Crespe voltigeans partout jusques au haut de la voûte de LesgUse 
avec deux rangs de cierges autour. 

Celui d*en haut séparé par de très gros flambeaux de cire blanche. Le grand 
autel orué de quantité de chandeliers d'argent et d*un parement de velours 
avec une croix de toile d'argent et les armes dudit seigneur aux quatre coings 
avec une broderie très riche, de mesme qu'aux ornemens des oflicians et que 
ceux de la Chapelle qui estoit tendue et illuminée comme Lesglise. Au milieu 
de ladite esglise il y avoit un mauzolée ou reposoient les corps de Monseigneur 
Le Mareschal et de Madame La Mareschale, avec une grande illumination ei 
un daix au dessus de velours noir. Lon peu dire avec raison que jamais Lart 
n'a esté soutenu avec plus de magnificence, de bon goût et de propreté, le 
tout par les soins et suivant le dessin qu'en a donné le sieur Blanchet, peintre 
ordinaire du Roy et actuellement de cette dite ville. Dont a esté fait le présent 
acte pour y avoir recours quand il sera nécessaire. 

Signé : Pecoil de Villkdibu, Gatot, Rayât, Bassbt, Qbneyat. 

(Registres des actes consulaires^ année 1686, folio 16). 

Camille de Neufville, archevêque de Lyon, abbé d'Ainaj et de 
rile-Barbe, mourut le 3 juin 1693 dans Thôtel de ViUeroy, place 
du Gouvernement. Ses entrailles furent enterrées dans la cathé- 
drale Saint-Jean, son cœur fut déposé dans Téglise de Neuville 
qu'il avait fait bâtir, et son corps porté aux Carmélites et inhumé 
dans la chapelle de ViUeroy destinée pour la sépulture des mem- 
bres de sa famille. 

Il était né à Rome, le 22 août 1606, pendant l'ambassade 
extraordinaire de son père auprès du pape Paul V qui fut son 
parrain. Il n'avait que cinq ans lorsque Louis XIII le nomma à 
l'abbaye d'Ainay en 1611 ; Paul V lui donna un bref de dispense 
pour porter ce bénéfice avant Tàge canonique (Germain Guiche- 
nan, Vie de Camille de Neufville). 

En 1618, Antoine de Nérestan, abbé de TIle-Barbe, résigna 
son titre en faveur de Camille qui, deux ans plus tard, en 1620, 
fit reconstruire l'église de cette antique abbaye que les protes- 
tants avaient démolie en 1562. 

(Péhicaud, Notice sur Camille de Neufville) 

Nommé lieutenant de Roy au gouvernement de Lyon et des 
provinces de Lyonnais, Forez; et Beaujolais, le mai 1G4G, puis 
jiromu archevêque de Lyon, le 20 mai 1053, Camille de Neuf- 



DE NOTRE-DAME DE LA COMPASSION 35 

ville fut sacré le 29 juin 1654 dans Téglise cathédrale de Saint- 
Jean, par Jacques de Nuchèze, éyéque de Ghâlons, Jean de Lin- 
gendes, évoque de Mâcon^ et Ferdinand de Neufville, son frère, 
évoque de Saint-Malo, des mains duquel il reçut le paliium. Il est 
le premier archevêque de Lyon qui ait été sacré dans son église 
primatiale. 

Investi à la fois de la double autorité spirituelle et temporelle, 
l'administration de Camille de Neufville fut extrêmement remar- 
quable et se trouva liée à tous les événements importants de notre 
ville pendant la seconde moitié du xvii° siècle. Ce prélat fut sincère- 
ment regretté des Lyonnais, et Massillon,dans son oraison funèbre, 
l'a réellement dépeint en disant de lui : « Je loue un homme juste 
et droity simple dans le mal et prudent dans le bien, » 

Le 13 juillet 1693, un service solennel fut célébré dans l'église 
des Carmélites pour le repos de l'âme de Camille de Neufville, et 
son oraison funèbre y fut prononcée par un Révérend Père de 
rôratoire. 

Le 23 du même mois, les Pères jésuites lui rendirent les der- 
niers honneurs dans leur église du collège de la Sa in te -Trinité, 
qu'ils décorèrent somptueusement pour cette cérémonie à laquelle 
assistèrent toutes les autorités de la ville. L'oraison funèbre qui 
y fut prononcée en latin par le P. de Colonia, a été publiée sous 
ce titre : Laudatio funebris illustrissimi Ecclesix principis 
Camilli de Neufville^ archiepiscopi et proregis Lugdunensis^ 
Galliavum primatis, etc. Dicta die X KaL Augusti Ann. 
M. DC XCIIÎy in ^Ede Sacra Collegii Lugdunensis Sanctis- 
simas Trinitatis Societatis Jesu à Dominico de Colonia. ejusd. 
Societ. Sacerdote. Lugduni^ Sump. Joan. Bapt. et Nicolai 
De Ville, via Mercatorid^ sub Signo Scientise M. DC XCIIl. 
— Cum permissu. In-4 de 31 pages, dont les cinq dernières 
contiennent la relation des honneurs funèbres rendus à la mémoire 
de ce prélat dans la même église, et la description de la décora- 
tion qui y fut faite à celte occasion, sous ce titre: (c Les hon- 
neurs funèbres rendus à la mémoire de Monseigneur Camille de 
Neufville, archevêque et comte de Lyon, Prinjat des Gaules, 
Lieutenant de Roy dans les trois provinces de Lyonuois, Forets 
el Beaujolois, dans l'Eglise du Collège de la Sainte-Trinité de la 



30 HISTOIRK DU GOUVKNT DKS CARMKLITKS 

Compagnie de Ji'ius .» Cette relation est précédée d'une dédicace 
à Monseigneur le Maréchal de Villeroy, gouverneur de Lyon - 
nois, Forets et Beaujolois, etc., par ses très humbles et très 
obéissants serviteurs, les Jésuites du Collège de la Sainte-Trinité. 
La première édition de cette relation, accompagnée de figures, a 
été publiée quelques jours avant la cérémonie, par Jean Bruy- 
set, libraire, rue Noire, à l'enseigne de Saint-François. La 
description de cette cérémonie se trouve également dans la yie 
de Camille de Neufville par le P. Germain Guichenon, Lyon, chez 
André Molin, imprimeur et libraire, rue Bourchanin, M. DC.XCV. 

Enfin le Consulat fit célébrer, le 20 juillet, dans l'église des 
Carmélites, un service pour le repos de Tâme de Camille de 
Neufville, ainsi que le constate Tacte consulaire suivant : 

« 31 décembre 1693. — Autre mandement pour M. Paul 
Berthaud, voyer de cette dite ville, de la somme de neuf cens 
trente quatre livres treize sols, à laquelle lesdits sieurs ont 
cejourd*huy arresté Testât des frais et depances du service qae 
le Consulat fit faire le vingt neuf juillet dernier, dans Tesglize du 
Couvent des Dames Religieuses Carmélites de cette ville, pour le 
repos de lame de feu Monseigneur TArchevesque, Comte do Lyon, 
Lieutenant gênerai pour le Roy en ce gouvernement. Et rappor- 
tant ledit estât avec le présent mandement et quittance, etc. » 

(Registres des actes consulaires, année 1093, folio ld5 verso). 

Malgré nos recherches-, nous n*avons pu découvrir une relation 
(manuscrite ou imprimée) de la cérémonie des funérailles aux 
Carmélites. Les registres des actes consulaires, qui mentionnent 
avec les moindres détails observés les cérémonies funèbres des 
autres membres de sa famille, ne contiennent aucune indication 
sur celles qui furent faites à roceasion de la mort de Tarcho- 
vôque Camille de Neufville. II méritait cependant une mention 
spéciale pour avoir été le gouverneur efl'ectif de la Ville pen- 
dant quarante-sept ans, lui, le plus Lyonnais des Villeroy et le 
seul dont la mémoire se soit conservée parmi les populations de 
nos contrées; et ne percevant pas la cause d*un semblable oubli, 
nous ne pouvons que Tattribuer a la négligence da secrétaire de 
la ville, Alexandre Prost. 



DE NOTRE-DAME DE LA COMPASSION 37 

Aprés la mort de Camille de Neufville, son neveu, le deuxième 
maréchal de Villeroj, continuant les traditions de sa famille, 
devint le prolecteur des Carmélites et fit achever les travaux 
commencés par son père et par son oncle Tarchevôque pour la 
reconstruction monumentale de leur couvent, dont les bâtiments 
furent considérablement agrandis et existent encore en partie 
tels qu'il les fit édifier. Sans doute il fut encouragé à prodiguer 
ses richesses pour Tembellissement du monastère des Carmélites, 
par la vocation de sa fille, Magdeleine-Eléonore, qui en devint 
Tune des supérieures et y mourut le 23 avril 1723. 

Chaque année, le 1®'' janvier, une députation du Consulat était 
chargée d'aller complimenter Madame de Villeroy aux Carmé- 
lites et de lui offrir des présents de la part de la Ville. 

Voici le compliment qui lui fut adressé le 1®"^ janvier 1717, 
d'après la pièce imprimée par Antoine Molin. 

Députation du Consulat. — Du vendredy 1 janvier 1717. 

A Madame De Villeroy^ Religieuse aux Carmélites, pour lui 
souhaiter une heureuse année. 

« Ce n'est pas assés pour combler de Gloire le Nom de VILLE- 
ROY d'avoir donné à TEtat, des Généraux d'Armées, des Maré- 
chaux de France, des Gouverneurs de Nos Rois, des Chefs des 
Conseils, des Primats des Gaules ; Ce n'est pas assés, dis-je, que 
de grands Emplois, que des Faveurs continuelles de Sa Majesté, 
soient successivement et en survivance accordés à sa postérité. 

« Vous en faites, Madame^ encore le Lustre, en cachant sous 
le Voile de l'Humilité, et sous un Habit pauvre, des Vertus qui 
ne vous distinguent pas moins, que les Titres les plus relevés de 
vûtre Naissance. 

ce Pénétrés du plus profond respect pour Vôtre Illustre nom, 
du plus sincère attachement pour vôtre personne, de la plus haute 
admiration pour vos vertus, nous ne cessons de faire des vœux 
pour vôtre conservation ; Vœux qui ne sont pas de ces hommages 
superficiels, que l'usage seul autorise, ce sont des sentiments 
animés, qui naissent du fond de nos cœurs, et qui sont mille fois 
plus vifs et plus forts que toutes nos paroles. S'ils sont exaucés 
et si la voix publique est écoutée du Ciel, il éternisera sur la terre 



33 HISTOIRE DU COUVENT DES CARMÉLITES 

ces jours précieux qui ne sont pas seulement le modèle d'une 
éminante Charité ; mais encore une source intarissable de Grâces 
et de Bienfaits, qui rejaillissent sans cesse, sur les Citovens de 
cette grande Ville. » 

Quant aux présents offerts à Madame de Villeroj à Toccasion 
du premier jour de l'an, nous avons relevé sur les Registres des 
actes consulaires les certiâcats de paiement suiTants. qui en font 
connaître la Taleur : 

1697 — 3 janvier — llandement pour sieor Léonard Gnigner, marchand 

de cette Tille, de la somme de %ieuf cens Urres à laquelle lesJîts sieurs ont 
anjourd'huT réduit et arresié le compte qu'il leur a présenté des fruits, vins 
de S> Laurent, liqueur, sucre, calTe, bougies et autres choses qu'il a vendu 
et livre an Consulat et qui ont esie présentez de la part de cette Ville et 
Communauté le premier jour de cette année, tant a Monseigneur 1' Comte de 
Canaples Commandant en ce Gouveruement. qu'a Madamede ViUerov,reIigieuse 
au couvent des Carmélites de ladite Ville, Suivant qu'est porté i^ar ledit Compte, 
lequel raporlact avec le présent mandement et quittance sur ce suffisant de 
ladite somme de neuf cens livrvss. elle sera passée et allouée. 

i^^ — Du samedv trente uniesme dudit mois de mav. Les Prévost, etc.. 

M. Gaspar Gaultier, n*ceveiir. Nous vous maodons que des deniers de vôtre 
char^ vous pavei et délivres comptant à sieur Léonard Guigner, marchand 
de cette vilie, la somme de sîjt oems Urret a laquelle nous avons cejourd*hnv 
réduit et aresté le compte qu'il nous a présenté, tant du sucre, caffé, eau de 
la Rejne d*Honitrte, bougies de table, que d'usé caisse oranges de Portugal, 
Vin de S' Laurent et autres choses qu'il a vendu et livré au Consalat et quj 
ont esté pi>!sentée$ de la part de cxrlte ville et communauté à Madame De 
VHUro^^ religieuse au couvent des Carmélites de ladite ville, le premier jour 
de la présente année, suivant qu*est contenu audit compte. Lequel raportant 
avec le présent mandement et quittance sur ce suûisant de ladite somme de 
six cens livres^ elle sera pa$see et aUouee • u la depence de vois comptes par 
tout ou besoin sera, prtans tous ceux qu'il a^vortieckira ainsv le faire sans 
diffieuîté, Siffué : Dugas« Prev^Vt des marv:bands« G>:i>tasU Basïero, Perrin 
Kcbeviiis* 

ITlk) — ^ septembre — Autre Mandement c«;r: â^jtt&t de la sonune de 
cinq e^iil 9rtHit sepi /♦>«>« ci:jîq s^^ts poiir La viieur du présent qui a été 
offert suivant TUsage ^ie U ^vul vie la Vir<e e: Commuuinte à Madame de 
Fîllr**oy» Supérieure du Mv>n:A^tere de* Carmélites de ceîe ville, le premier 
joir de U |uv«eute année, Kt rA(x>rtaut le jrefseat Maibiement cerlificalif, 
ladite aiMume de cinq cent trvale *ej>t ktxre* o«:u,q s*.^'* >era fas^se^ et allouée, etc. 

i'ÎKKi — ?4 Mar» — Autre Matuieuxent certiicatif de ^ s^mme de sept 
€ems fiMiMule HfH# lir*v* cinq «^>t$^ pKHir la vjt.^tjr d.; présent qui a este 
offert «ttltant l\isage, de U |>aH vie celte v;^' et C^aini^in^ftcte à Madame 
lie IVII«^ray, Supérieure du Mvui**Ury» vi^^j v.^^x'-tLel.te* de oe-îe Ti.le, ce pre- 
mier jour de la |xreeeule »ui:ee, Kl r«|vru.at le ^rersec: Maridement certif- 
ioMl&elc. 



DE NOTRE-DAME DE LA COMPASSION 39 

1706 — 22 juin — Autre Mainlement cerlificatif de la somme de six cens 
cinguante-lroùt livres huit sols, pour la valeur du présent qui a été offert le 
premier jour de la présente année à Madame de Villeroy^ religieuse Carmélite, 
de la part de cette ville et Communauté a la manière acoutumée. Et raportant 
le présent Mandement certiûcalif. etc. 

1707 — 4 janvier — Autre Mandement cerlificatif de la somme de six cent 
qtMtre vingt sept livres, pour la valeur du présent qui a été fait et offert de 
la part de cette ville et Communauté à Madame de Villeroy, religieuse Car- 
mélite, le premier jour de cette année en la manière acoutumée. Et raportant 
le présent Mandement, etc. 

1708 — 3 janvier — Les Prévost, etc. — CertilTions à tous qu'il appartiendra. 
Que Vous M. Pierre Gaultier, Receveur, avez payé et délivré comptant des 
deniers de vostre Recette, suivant nostre ordre, la somme de six cens quatre 
vingt sept livres, pour la valeur du présent qui a été offert de la part du 
Consulat â Madame de ViUeroy, religieuse Carmélite, le premier jour de la 
présente année. Et rapportant le présent Mandement certi6catif, etc. 

1709 — 19 février — Les Prévost, etc. — - Certifions à (ous qu'il aparliendra. 
Que vous M« Pierre Gaultier, Receveur, avez payé et délivré comptant des 
deniers de vostre recette, suivant nostre ordre, la somme de six cens quatre 
vingt sept livres, pour la valeur du présent qui a esté offert de la part du 
Consulat à Madame de Villeroy, religieuse Carmélite, le premier jour de la 
présente année. Et raportant le présent Mandement certificatif, etc. 

1710 — 2 janvier — Autre Mandement certifîcatif de la somme de six 
cent quatre vingt deux livres, pour la valeur du présent qui fut offert le 
jour d'hier à Madame de Villeroy, religieuse Carmélite, a la manière ordi- 
naire. Et rapportant le présent Mandement certificatif, etc. 

1711 — 5 janvier — Autre Mandement certifîcatif de la somme de sept cens 
cinquante livrée, pour la valeur du présent qui fut fait le premier du mois de 
janvier, à Madame de Ft^/^fro^, religieuse Carmélite, à la manière ordinaire. 
Et rapportant le présent Mandement certificatif, etc. 

1712 — 10 mars — Autre Mandement certificatif de la somme de six cent 
soixante qu^re livres deux sols, pour la valeur du présent qui fut fait le 
premier janvier dernier 4 Madame de Villeroy, religieuse Carmélite, à la 
manière ordinaire. Et raportant le présent Mandement certificatif, ladite 
somme de six cent soixante quatre livres deux sols sera passée et allouée en 
la dépense de vos comptes par tout ou besoin sera. Prians tous ceux qu*il 
apartiendra de le faire ainsy sans difficulté. Fait au Consulat par nous Pré- 
vost des marchands et Echevins susdits ledit jour diziesme Mars, mil sept 
cent douze. Signé : Ravat, Fischer, Anisson, Bourg, Ferrary. 

1713 — 5 janvier — Mandement certificatif de la somme de sept cent 
trente livres, pour la valeur du présent qui fut fait le premier du présent 
mois de janvier a Madame de Villeroy, religieuse Carmélite, à la manière 
ordinaire. Et raportant le présent Mandement certificatif, etc. 

1714 — 9 janvier — Mandement certiticatif de la somme de six cent 
quatre vingt treize livres dix sols, pour la valeur du présent qui fut fait le 
premier du présent mois de janvier à Madame de Villeroy, religieuse Car- 
mélite, à la manière ordinaire. Et raportant le présent Mandement certificatif, etc. 

1715 — 3 janvier — Autre Mandement certificatif de la somme de sept 
cent vingt livres, pour la valeur du présent qui a été fait le premier du pre- 



40 HISTOIRK DU COUVENT DES CARMELITES 

sent mois de janvier à Madame de ViUevoy^ religieuse Carmélite, à la manière 
ordinaire. Et reportant le présent Mandement cerlificalif, etc. 

1716 — 2 janvier — Mandement certifiralif de la somme de sept cent quatre 
vingt cinq livres^yKyur la voleur du présent qui a été fait le premier du pré- 
sent mois de janvier à Madame de 1 7/ Z^roy, religieuse Carmélite, à la manière 
ordinaire. Et reportant le présent Mandement certiflcatif, etc. 

1717 — 5 janvier — Autre Mamlemenl cerlitiratif de la somme de sept 
cent trente-deux livres, pour la valeur du présent qui a été (ait le premier du 
présent mois de janvier à Madame de VUlcroy^ religieuse Carmélite, à la 
manière ordinaire. Et raportant le présent M.indement certificatif, etc. 

1718 — 4 janvier — Mandement oertiliialif de la somme de hept cent 
soixante dix neu f livres ^ pour la valeur du présent qui a été faille premier 
du présent mois de janvier à Madame de Villeroy^ religieuse Carmélite, à la 
manière ordinaire. Et raportant le présent Mandement certificatif, etc. 

1719 — 3 janvier — Mandement certificatif de la somme de huit cent vingt 
cinq livres quatorze sols, pour la valeur du présent qui a été fait le premier 
da présent mois de janvier à Madame de Villeroy, religieuse Carmélite, à la 
manière ordinaire. Et raport^int le présent Mandement certiÛcatif. etc. 

1720 — 4 janvier — Mandement certificatif de la somme de huit cent 
soixante douze livres neuf sols, pour la valeur du présent qui a été fait le 
premier du présent mois de janvier à Madame de Villeroy, religieuse Carme, 
lite, à la manière acoutumée. lit raportant le présent Mandement cerlificalif, etc. 

1721 — 2 janvier —^ Autre Mandement certificatif de la somme de onze cent 
soixante quinze livres dix sols, pour la valeur du présent qui a été offert le 
premier du présent mois de janvier à Madame de Villeroy, religieuse Car- 
mélite, à la manière acoutumée. Et raportant le présent Mandement certificatif. 

1722 — 5 janvier — Mandement certiticatif de la somme de douze cent 
quatre vingt douze livres, pour la valeur du présent qui a été offert le premier 
du présent mois de janvier ù Madame du Villeroy, religieuse Carmélite, à 
la manière acoutumée. Et raportant le présent Mandement certificatif, etc. 

1723 — 5 janvier — Mandement certificatif de la somme de treize cent 
quatre vingt deux livres, pour la valeur du présent qui a été offert le premier 
du présent mois de janvier ù Madame de Villeroy, religieuse Carmélite, à la 
manière accoutumée. Et raportant le présent Mandement certificatif la susdite 
somme sera passée et allouée en dépense dans vos comptes par toutou besoin 
sera, ])riant, etc. (Registres des actes consulaires). 

Voici comme spécimen des présents, la copie textuelle du 
compte de détail de celui offert le !«*' janvier 1722. 

Compte arrêté le 4 janvier 1722. 
Presens que MM. du Consulat font annuellement le premier jour de 
Can de la présente année 1722. 

A MADAME DE VILLEROT 

Quatre vinc livres de caffé choisy ■ . . 400 livres. 

Une caisse oranges de Portugal, citrons et bigarrades. . . • 150 — 
Cent livres sucre à my Royalle (sic) 125 — 

REPORT. . . C'O 



DE NOTRE-DAME DE LA COMPASSION 41 

A REPORTER. . . 675 

Soixante livres bougie à trois frans la livre 180 — 

Une cantine de 21 bouteilles eau cordiale à 3 livres dix sols la 

bouteille 84 — 

Trois balles a mèlre le toul 6 — 

Un gâteau pâte de pistages (sic) garny 25 — 

Quatre bartavelles 12 — 

Deux poulardes finnes et deux chapons 10 — 

ToTAi 992 livres. 

Dans le présent estât est compris le mandement du présent de Madame de 
Villeroy, pour le premier jour de Tan, sans y comprendre les trois cens livres 
d'argent comptant qu*il ne faut point déduire sur le présent compte attendu 
qu*il sont compris dans le mandement pour Madame de Vilieroy. 
(Comptes delà Ville). 

Le jour de Noël 1707, madame d'Armagnac, sœur du maréchal 
de Villeroy, mourut âgée de 68 ans, à la Grande Ecurie de 
Versailles. Dans cette circonstance le Consulat voulant témoigner 
son respect et sa reconnaissance à la famille de Villeroy, fit 
célébrer le 14 mars 1708 un service funèbre dans l'église des 
Carmélites, et pour perpétuer la mémoire de cette cérémonie, 
ordonna qu'une relation en serait faite par le secrétaire de la 
Ville, Perrichon, qui rédigea le procès-verbal suivant : 

« Du jeudy vingt neuf mars mil sept cent huit, après midy, 
en rhostel commun de la ville de Lion y estans : Messieurs Ravat 
P. des M., TroUier, Aussel, Guillet, Estival, Echevins. 

« Les devoirs que le Consulat vient de rendre à la mémoire 
de Madame la comtesse d'Armagnac, devant servir de témoignage 
à l'avenir des sentimens que tous les citoyens et habitans de 
cette ville, et principalement lesdits sieur Prévost des Marchands 
et Echevins ont toujours eu pendant la vie de cette illustre 
deffuncte, et de l'admiration avec laquelle elle a esté honorée, 
tant par raport à sa naissance respectable, que par raport à 
mille qualitez solides qui l'ont distinguée dans toutes ses actions, 
et qui luy ont fait soutenir avec beaucoup de dignité et d'élévation 
TAuguste alliance de la maison de Lorraine ; Lesdits sieurs Pré- 
vost des Marchands et Echevins voulans en même fems donner 
cette marque de leur respect et de la reconnoissance à Monsei- 
gneur Le Mareschal duc de Villeroy^ gouverneur de ces 
provinces, frère de Madame d'Armagnac, et porter jusques dans 



4? HISTOIRE DU COUVENT DES CARMELITES 

Tavenir le plas recuir, les obligations inûnies dont cette grande 
ville luy est redevable et à ses illustres ayeax ; Voulans aassy 
conserver à la postérité le détail de ce qui s'est passé dans cette 
occasion ; Le Consulat a délibéré, résolu et arresté qu'il serafail 
une description de la pompe funèbre et un procez verbal de toute 
la Cérémonie par le sieur secrétaire de la Ville, ainsi que s'ensuit : 

« Apres que Madame de Villeroy^ religieuse Carmélite, nièce 
de Madame la comtesse d'Armagnac, eut satisfait à tout ce que 
sa pieté, sa religion et son attachement pouvoient inspirer de 
plus auguste pour ce service qu'elle fit faire dans son Eglise le 
roardy sixième du présent mois, n'ayant rien oublié de tout ce 
qui pou voit rendi^e cette cérémonie aussy belle que singulière, 
tant par la disposition générale de la décoration funèbre, que par 
une illumination des plus grandes et des mieux entendues, par la 
dignité avec laquelle Monseigneur l'Archevesque y célébra la 
grande messe, par la Noblesse qu'accompagne toujours Messieurs 
de Saint Jean qui y firent le service, et enfin par la confusion des 
personnes les plus distinguées de la ville qui furent invitées à 
o^tte cérémonie, et qui y furent reçues et placées avec un ordre 
surprenant et une attention digne de Madame de Yilleroy et de 
sa tendresse pour Madame d'Armagnac. 

< Messieurs du Consulat engagés par mille raisons à luy 
riftdre les derniers devoirs, se déterminèrent à y satisfaire le 
meeradly qoatorxe du présent mois de mars; ils cbargerent le 
iie«r Beoaitl t, architecte ordinaire de cette ville, de la decora- 
IkNi de rh^iee suivant les plans et dessins qui furent arrêtez. 

« lIoMeigftear TArcbevesqae fut invité par tout le corps 
OMMlaire dTassister à la cérémonie. 

« tii if m » i y éin li«iU#iiii« 4(«^^nlb^r mil sept cMtt trei>t<Hiuatre, a este îohanié a 
1% eMMè» ^ r > ^ »<> i *>^ 4mm «»• CftT«> 4* orti* Kfl.««>, x^r mc>i prvrost tousMg-oé, 
M l l t t ii II> «W4 ^ »l^)ai«>Ot* 4* la \il>» (>t b<»ur(r«K);s Ue Ltoa, A|r« 4enTiroii 
^ri^gl «Ml» é»Cf 44 l« Mkiai^oi» 4u mea» mot» «près aroir rt>oeu avec piété 
éê tê^Vp^ ittM# la ^te. K}:ii«>e, «n prr»i^xir^ 4e siear Looia B^nard, 
I^y^Mt« H 4* BiftaMre Pierre Kenard, }ireirr. i>tat>oi&e reculier de Ste 
Ma ^ni «ni xifoe* avec j-îus^eur* «titres parents présents a 



;:LtOli taeia»!» — ÏSwumi ïtPSMii^ ch*n»*i:ir rtcolier — > <»iih;j — r. ViN- 
» Y^ 4k /"Ai ft ià ^^l 4e M V^it Hetfi^lra ««^ Si)) Je rancaeane paroisaeâ*Aioav. 



DE NOTRE-DAME DE LA COMPASSION 43 

« Monsiear le Prince d'Arcouret Monsieur Tlntendant par des 
députez du Consulat, Messieurs les Comtes, les officiers de la 
Cour des Monnoies , ceux du bureau des Finances et les officiers 
de TElection y furent pareillement invitez par les sieurs Procu- 
reur gênerai et Secrétaire de la ville, à la manière ordinaire et 
suivant le cérémonial arresté entre ces Compagnies. 

a La Noblesse de l'un et de Tautre sexe reçut des billets d'in- 
vitation de la part du Consulat, qui furent portez et distribuez par 
les mandeurs pendant toute la semaine. Et ledit jour quatorze 
mars Ton se rendit dans l'Eglise des Révérendes Dames Carmé- 
lites, qui est un monument de la religion de la Maison de 
Villeroy, et qui avoit esté préparé pour cette pompe funèbre 
d'une manière dont chacun parut content. 

« Messieurs les Prévost des Marchands, Echevins et officiers 
revêtus de leurs robes violettes de cérémonie et de deiiil, accom- 
pagnez des sieurs Exconsuls en robes noires, et précédez par les 
mandeurs ordinaires de cette ville, portans les grands ecussons, 
8*7 rendirent sur les huit heures du matin pour recevoir les 
Compagnies et les autres personnes de distinction-. Ils avoient 
ordonné trois barrières aux aveniies qui furent gardées par la 
Compagnie des deux cens arquebusiers dont les tambours battoient 
aux champs à l'arrivée de chaque Compagnie. 

« Monseigneur V Archevesque j fut reçu sur la première 
marche d'entrée de la porte de l'Eglise servant de perron, et 
conduit dans la place qui luj estoit destinée sur une estrade 
élevée à main droite, à costé de la porte de la sacristie. Ledit 
Seigneur Archevesque en camail et en rochet, et précédé par sa 
croix, se plaça dans un fauteiiil de velour noir sous un dais de la 
même étoffe, orné de galon et de frangé d'argent ; il j avoit aussy 
sur la même estrade un prie dieu couvert de drap noir avec un 
carreau du même velour. 

« Monsieur le Prince dCArcour fut reçu par le Corps Consu- 
laire de la même manière, et conduit auprès du grand Autel, au 
costé gauche ou l'on luy avoit préparé un fauteiiil couvert de 
velour noir avec un carreau. 

a Monsieur V Intendant qui fut reçu sur le seiiil de la porte 
d'entrée fut placé à la teste du banc de Messieurs les Trésoriers 



44 HISTOIRE DU COUVENT DES CARMELITES 

de France, du costé droit, sar an fanteûil préparé sur an mirche- 
pied couTert de drap noir, de la même haatear et dans la même 
distance qa*a la cérémonie qui se ûiit à Thostel de Tille le joor et 
feste de saint Thomas. 

c Messieurs du ComstUiU reçurent Mesdears les Oomtes de 
Saint Jean sur le seuil de la porte et les conduisirent aux places 
qui leorestoient destinées contre le mur du oosté droit de TEglise, 
sur U même ligne de Monseigneur rArchcTesque, sor des bancs à 
dossier couTerts de drap noir et élevez comme à l*ho8tel de Tille. 
Il en fut uzë de la même manière a T^ard de Messieurs de la 
Cour des monnajes qui furent placez du oosté gaaehe, Tis a Tis 
Messieurs de Saint -Jean, sur des bancs à dosâor de la même 
<?leTation couverts de drap noir, 

c Messieurs les Trésoriers de France forent reçus de même 
et placez à main droite sur des bancs auprès du Maudolé, ajant à 
leur teste M. Tlntendant comme il a esté dit cj ^asus. 

« Messieurs les Officiers de T Election après aToir esté re^ia 
sur la plus haute marche de TËglise, forent conduits aux bancs 
qui leur aToient esté préparez derrière Messieurs du Bureau des 
Finances ; Apres quoj les Px>eTost des Marchands, EeheTins et 
Officiers se placèrent Tis à ris Messieurs les Trésoriers de France 
sur un banc ^al au leur. Messieurs les Exconsuls entre Mesnenrs 
de la Cour des monnoves et le Consulat, à la maniera ordinaire. 
Messieurs les Chanoines et Chapitre de l'Eglise Collégiale de Saint 
Nizior, qui avoient esté invitez par un députa do Consulat d^j ûire 
Toffioe, ocuperent toutes les places du C3ia»ir a droit et a gauche, 
depuis TAutel jusqnes aux banc^ destinez pour les Compagnies. 

4c Toutes les Dames en habits noirs furent conduites dans la 
chapelle et placées sur des chaizes de TB^lise, d^ou elles pou- 
T<n«nt voir le service . 

« Enfin la Noblesse et les personnes de distinction qui forent 
iuTitez, se rendirent aux Carmélites pour assister au serviee et 
forent placées snr des bancs couverts de drap noir, disposez de 
manière que tout le monde fut assis sans couvrir les Compagnies 
et sans ocnper le milieu de TEclise qui fut libre pendant toute 
la Cérémonie dans toute la larxreur du Mausolée 

A. 

Les Officierf: de la Compagnie des Arquebusiers furent pre- 



DE NOTRE-DAME DE LA COMPASSION 45 

posez pour ofifrir la main aax Dames et pour faire placer commo- 
dément tout le monde. 

« L'Eglise des Carmélites, qui est magnifique par sa disposi- 
tion naturelle, fut élevée par une estrade qui regnoit depuis les 
marches du Chœur jusqu'à la porte, pour rendre TËglise de niveau 
et à plain pied, ce qui donnoit une grande facilité pour placer 
toutes les Compagnies. 

c( Les trente cinq piedz de hauteur qui estoient entre la corniche 
et le bas de TEglise estoient tendus de drap noir, et depuis la 
corniche jusques aux naissances de la voûte tout le tour estoit 
couvert du même drap ; les fencstres en estoient aussy bouchées, 
ce qui donnoit à toute TEglise un air de Tombeau qui convenoit 
fort à cette cérémonie. 

« Von avoit observe sur la tenture un orJre d'architecture 
composite avec des lez de velour noir, des armes, des chiffres de 
Madame d'Armagnac avec ses alliances, des testes de mort, des 
08 entrelacez et des larmes. 

« Bans le fondz de l'Eglise, du costû de l'Autel, l'on voyoit 
quatre lez de velour noir qui formoient des pilastres garnis d'ar- 
moiries tant plein que vuide, les chapiteaux rehaussez par des 
chiffres de deux piedz de large sur deux pieds de hauteur; Ces 
deux pilastres estoient ornez par le milieu de grandes armes en 
ovales de cinq piedz et demy de hauteur par quatre de large, et 
par des pendans ou festons de velour noir d'un pilastre à l'autre 
qui sortoientdes volutes des chapiteaux. 

« Le Fondz de TAutel estoit garni d'un grand drap mortuaire 
chargé d'une Croix de moire d'argent dans toute sa longueur, en- 
touré d'un grand galon d'argent, accompagné de quatre écussons 
aux armes de Madame d'Armagnac et de toutes ses alliances. 

« L Architrave de tout le tour de l'Eglise estoit formée par 
un lez de velour noir garni d'armoiries, de chiffres et de testes de 
mort espaces d'une distance raisonnable. La frise estoit toute unie 
de drap noir à Texception du fondz de l'autel ou l'on avoit placé 
trois devises à la mémoire de l'illustre deffuncte. 

« La Corniche estoit formée par un autre lez de velour noir 
garni d'armoiries espacées tant plein que vuide. 

c Au dessus de la corniche, dans le fondz de l' Au tel, parois- 



46 HISTOIRE DU COUVENT DES CARMELITES 

soit une mort revêtue d'une draperie blanche, assise sur un 
Tombeau de marbre blanc, apuyée sur un grand Ëcusson char^^é 
des armes de la Maison de Lorraine et de Villeroy, tenant d'une 
main une inscription et de l'autre un sablier avec des aisles, une 
grande faux auprès de ce squelette ; L'on avoit placé aux deux 
costez de ce Tableau deux lampes éternelles garnies de âammeSi 
qui formoient un tout ensemble d'une beauté parfaite, pour cou- 
ronner l'ordre d'architecture dans cette partie de l'Eglise. 

a Les deux costez estoient garnis de pilastres ravalés, formez 
chacun par deux lez de velour noir, garnj dans le milieu d'armoi- 
ries espacées régulièrement ; Le Chapiteau desdits pilastres estoit 
formé par de grandes armoiries de cinq piedz et demy de hauteur 
par quatre de large, et l'on avait posé dans le milieu de chaque 
pilastre de grandes armes en ovales d'une distance régulière pour 
garnir lo fondz. 

Geluj de l'entrée de l'Eglise estoit décoré de la même façon 
avec deux pilastres formez par deux lez du même velour avec 
un grand feston, ces mêmes armoiries et grands ovales que dans 
les autres endroits. 

a Le Mausolè estoit élevé au milieu de l'Eglise sur une 
marche de quinze pieds de long sur douze de large, couvert de 
drap noir et garni de soixante et dix chandeliers d'argent des plus 
grands et des plus beaux de la ville, qui portoient chacun un 
cierge de deux livres ; Au dessus de cette marche estoit une 
plinte de marbre noir de treize piedz de long sur dix de large» 
élevée d'un pied, sur laquelle estoit la baze ou pied d'estal du 
Mauzolé de marbre blanc et noir, ornée de moulures dans les 
paneaux, diminuant par une grande gorge d'un pied de chaque 
costé, en sorte qu'il no restoit par le haut que huit piedz de large 
par onze de long sur cinq de hauteur. 

c Le milieu de chaque face estoit garni de grandes armes avec 
la Couronne, Cartouche et Manteau Ducal, orné des simboles de 
la foj et de la religion, figurez par des palmes en sautoir de 
chaque costé. Les quatre angles estoient coupés en forme d'octo- 
gonne prolongé. 

a Au dessus du pied d'estal et aux quatre coins l'on avait 
placé quatre grandes aigles d'argent de relief en forme de termes, 



DE NOTRE-DAME DE LA COMPASSION 47 

garnis de leurs Goliers et Croix de Lorraine, qai regardoient en 
haut la représentation comme avec douleur, et tenoient d*une 
grifie de grands Cartouches ornez de Chiffres, le tout d'une 
manière noble et d'une fort belle atitude. 

c Au milieu dudit pied d'estal s'elevoit un attique de six piedz 
et demy de hauteur, en forme d*un quarré oblong à demj rond 
par les deux bouts des petites faces et un petit pilastre de chaque 
costë. L'on avoit formé dans les grands costez des panneaux à 
pilastres d*un pied et demi de large, et deux grands panneaux de 
cinq piedz de large et d'un demj pied de saillie qui formoient un 
corps avancé, le tout couronné d'une architrave, d'une frize et 
d'une corniche. 

« Le Corps estoit de marbre blanc et tons les panneaux de 
marbre noir; Dans le milieu des panneaux demy rondz, estoient 
peints sur le marbre noir des festons de feiiille de chesne qui 
tenoient attachés des os de mort en sautoir. Les deux grands pan- 
neaux des grandes faces estoient aussy chargés de festons de 
cyprès avec des os de mort. Les quatre grands pilastres estoient 
ornez de Testes de mort d'argent Couronnées de lauriers, avec des 
morceaux de suaire et rubans d'argent formans des festons pen- 
dans auxquels estoient attachés des os de mort en sautoir, et des 
lampes éternelles d'or d'où sortoient la flamme et la fumée. 

c Au dessus de cet attique, estoit posée la représentation 
couverte d'un drap mortuaire de velour noir chargé d'une croix 
de moire d'argent, garni par le bas d'une bordure d'hermine de 
dix à douze pouces de large et de quatre grandes armoiries. Le 
tour de la représentation estoit orné de vingt huit lamperons en 
sculpture, garnis de gros cierges qui faisoient un très bel effet. 

« Le dessus de la représentation estoit couvert d'un grand 
carreau de velour noir garny de galon et franges d'argent, sur 
lequel estoit posée une Couronne Ducale d'or, le tout voilé d'un 
grand Crespe. 

c Au milieu des quatre faces, sur le pied d'estal, estoient 
posées quatre testes de mort de relief, garnies. d'aisles de chauve- 
souris, avec des morceaux de suaire, qui portoicnt quatre grands 
candélabres chargés de sept cierges aux petits costez et d'onze 
dans les grands, du même poids que les autres. Aux quatre 



48 HISTOIRE DU COUVENT DES CARMELITES 

angles coupez estoient aussy posez quatre testes de mort d'argent 
de relief, avec leurs ailes acolez contre les pans coupez dudit 
corps, 

« Au dessus des testes de mort, rouloit tout au tour une 
grande draperie de drap noir qui tombait négligemment sur les 
huit testes en forme de festons dans le vuide. Elle formoit des 
frontons sur les milieux et venoit se terminer en gros festons 
pendans, trainans jusques a terre aux quatre angles coupez, en 
sorte que le tout ensemble formoit une décoration triste et de bon 
goût, élevée en forme de piramide. 

«c // y avoit un dais magnifique qui descendoit de la voûte sur 
le mausolé, dont le quarré long repondoit à celuy de la première 
marche du mausolé; ce dais de velour noir avoit quatorze piedz 
de long sur onze de large. Les pentes de deux piedz et demy de 
hauteur, garnies de quatre galons et d*une frange d'argent d'un 
demy pied de hauteur chantournée en forme de feston?, aa bout 
desquels pendoient trente deux grosses houppes d'argent. Le tout 
couronné d'une corniche aussy d'argent de neuf pouces de haut 
sur dix de saillie. 

a Aux quatre coins du dais estoient posées quatre Egrettes à 
double rang de plumes blanches de deux piedz et demy de hauteur 
sur deux piedz de diamètre. 

« La Corniche de toute l'Eglise estoit chargée de grands 
cierges de cire blanche, placez à huit ou dix pouces de distance 
l'un de l'autre ; Le maitre Autel estoit orné de six gros chande- 
liers de cinq piedz de hauteur et d'une Croix magnifique qui 
repondoit parfaitement à tout le reste de la décoration. 

« Ai^ deux costez du maitre Autel. Ton en avoit élevé deux 
petits chargez de larmes et de testes de mort, décorez par une 
espèce de piramide dont chacun portoit neuf chandeliers d'argent 
chargés de gros cierges. 

(( 7 ouf ayant esté éclairé sur les huit heures et demy et les 
Compagnies s'estans rendiies dans l'Eglise environ sur les dix 
heures, comme il a esté dit cy dessus. Messieurs de Saint Nizier 
tirent le service avec beaucoup do dignité. M. l'Abbé Sicaud, 
chantre de cette Eglise, officia avec la mitre, assisté de deux 
Prestres, trois Diacres, trois Sous diacres et quatre Chapieri» ; 



DE NOTRE-DAMB DE LA COMPASSION 49 

Apres quoy ce Chapitre se retira procession nellement comme il 
estoit venu de l'Eglise de Saint-Nizier. M. TArchevesque, M. le 
Prince d*Arcour, M. rintendant et toutes les Compagnies furent 
conduites par lesdits sieurs Prévost des Marchands et Echevins, 
Officiers et Exconsuls aux mêmes endroits ou elles avoienl esté 
reçues. 

<c Enfin Ton peut dire que la décoration fut magnifique; Que 
la cérémonie fut des plus augustes, et que rien ne parut oublié de 
tout ce qui pouvoit marquer les respects et Tattention, et conser- 
ver le bon ordre dans une assemblée aussy nombreuse que 
distinguée. 

«c Quand tout le monde fut retiré, le Corps Consulaire se rendit 
au parloir de Madame de Villeroy pour luy marquer, par la 
bouche de Monsieur le Prévost des Marchands, les sentimens 
de respect et de reconnoissance de tous les Citoyens de cette ville 
pour Monseigneur le Maréchal de Villeroy et pour toute son 
illustre Maison, dont le Consulat avoit donné un si faible Témoi- 
gnage dans la triste Cérémonie qu'il venoit de consacrer à la 
mémoire de Madame la Comtesse d'Armagnac. Madame de Vil- 
leroy répondit avec beaucoup de dignité et de politesse, et marqua 
plus d*Qne fois sa sensibilité sur la perte qu'elle a fait et sur la 
satisfaction qu'elle avoit de la manière dont le Consulat venoit de 
lay marquer son attachement. Dont a esté fait le présent procez 
verbal pour servir en tems et lieu ce que de raison. 

Signé : Ravat, Trollier, Aussel, Guillet, Estival. 

Par le Consulat : Perrichon. 

(Registres des actes consulaire*, année 1708, folios 29 et suivants.) 

Les frais de cette cérémonie funèbre s'élevèrent à la somme de 
3.442 livres 6 sols, ainsi que le constate le mandat de paiement 
suivant : 

Dasamedy sixième septembre mil sept cent huit, après midy en Thoslel 
commun de la ville de Lyon, y estans : Messieurs Ravat P. des M., Trolli?r, 
Aussel, Guillet, Ëslival, JEIchevins.... 

Autre mandement pour M. Paul Berlaud, voyer de celte ville, de la somme 
de Trot» mille quatre cens quarante deux livres, six sols, à laquelle 
lesdits sieurs ont arreslé l'élal de la dépense qui a esté faite et avancée par 
ledit sieur Bertaud, au sujet du service que le Consulat a fait faire eu l'Eglise 
des Dames Carmélites pour le repos de lame de Madame la Comtesse d'Ar- 

4 



50 HISTOIRE DU COUVENT DES CARMELITES 

magnac, le quatorze mars, à la forme de la description de la pompe funèbre 
et du procez verbal qui a esté fait le vingt neuf dudit mois de mars; Duquel 
raporlant expédition avec ledit compte et le présent Mandement et quittance, 
ladite somme de Trois mille quatre cens quarante deux livres six sols sera 
passée et allouée en dépense extraordinaire. 
{Registres des actes consulaires, année 1708.) 

Le 20 octobre 1708, Marguerite de Gossé, femme da maréchal 
de Villeroy, mourut à Paris d'une maladie fort courte et qui 
n'avait point paru dangereuse. Elle était sœur du duc de Brisaac 
et âgée de 60 ans. 

Le Consulat se proposait de faire célébrer pour le repos de son 
àme un service solennel dans Téglise des Carmélites, mais la 
décoration projetée pour cette pompe funèbre, dont Texécation 
confiée à Tarchitecte Benard devait coûter plus de 12.000 livres, 
ne fut point achevée en raison de la famine qui sévissait cette 
année dans le Lyonnais. 

La disette des grains était si grande, que le bichet de blé de 
première qualité, qui ne valait le 18 août 1708 que 3 livres 
6 sols, et 5 livres 15 sols le 5 janvier 1709, atteignit 17 livres 
10 sols le 2ô mai suivant, et valait encore 16 livres le 24 août de 
la même année. ËUe fut occasionnée par les pluies non interrom* 
pues qui achevèrent de détruire au commencement de l'été les 
récoltes qui avaient échappé au froid rigoureux de Thiver 
1708-1709. 

Pour éviter la famine, le Consulat fut obligé de faire venir à 
grands frais des blés de la Lorraine, de TAlsace, de Tltalie, et 
même des Iles de T Archipel et des Côtes de 1* Afrique afin de 
pourvoir k la subsistance dc.<s habitants jusqu*àla nouvelle récolte. 
Ou comprend dès lors facilement que dans une situation aussi 
critique, où les besoins à satisfaire étaient beaucoup plus consi> 
durables que les ressources disponibles, le Consulat n'ait pas 
hésité à suspendre les travaux commencés. De ce fait, la dépense 
ne sV'leva qu'à la somme de 282S livres, d'après le mandat de 
paiement suivant délivré au sieur Benard : 

l>iuhi jour Manlv \i:\j;1 l^ol^il•me Je. ombre mil 5<'j»l œnt dix, après midy, 
audU liosltl Commun «.le la villo ilo L}on, y estans : lesdits sieurs Ravat P. 
vie* M., Yon, Tosuel, Ha>>»*U ^^t•^ll^ Kohevins. 

Les TriMols oio. — A M. Pierre Gaultier receveur. Nous tous mandons et 



DE NOTRK-DAME DE LA COMPASSION 51 

ordoonoDs de payer et de délivrer comptant des deniers de voslre recette au 
sieur Benard, architecte ordinaire de cette ville, la somme de Deux mille 
huit cent vingt huit /trrf5, a laquelle lesdils sieurs ont arrestécejourd'huy 
le compte qu*il leur a présenté des avances et fournitures qu^il a ftdtes, de 
Tordre du Consulat, pour les ouvrages de sculpture, dorure, menuiserie et 
peinture destinés pour la décoration de la pompe funèbre que le Consulat 
esloit obligé de faire pour feu Madame la Mareschale de Villeroy. Mais 
comme tous les malheurs de Tannée mil sept cent neuf survinrent avant la 
perfection d'ouvrages, et que pour Texécution du dessin magnifique qui avoit 
esté fait pour cette pompe funèbre il en auroit coûté plus de douze mille 
livres à la ville. 

Le Consulat jugea a propos, de l'agrément de Monseigneur le Mareschal 
de Villeroy, d'interrompre et de faire cesser lesdits ouvrages commencés qui 
ont esté raportés par ledit sieur Beuard dans Thoslel de Ville, monlans à 
ladite somme de Deux mille huit cens vingt huit livres. Et raportant ledit 
compte avec le présent mandement et quittance etc 

(Registres des actes consulaires, année 1710, folio 1(59 verso.) 

Marguerite Le Tellier, femme de Louis-Nicolas de Neufvillci 
duc de Villeroj et fils aine du deuxième maréchal de Villeroy , 
mourut à Versailles, de la petite vérole, le 23 avril 1711, âgée de 
32 ans. Le Consulat lui fit rendre les honneurs funèbres dus à son 
rang le 7 décembre de la même année, dans l'église des Carmélites 
qui fîit décorée pour cette cérémonie par Tarchitecte Benard, 
ainsi que le constate le mandat de paiement suivant délivré 
le 24 décembre 1711 : 

Autre Mandement pour le sieur Benard, Ingénieur architecte de cette 
ville, de lasomme de Deux mille huit cens cinquante sept livres^ÏJdJii pour 
son remboursement de pareille somme qu*il a fournie et déboursée de Tordre 
da Consulat, pour la décoration de la pompe funèbre préparée pour le service 
qai fat célébré le septième du présent mois dans TEglize des Carmélites, pour 
le repos de Taoïe de Madame la Duchesse de Villeroy, que pour la gratifi- 
cation accordée audit sieur Benard pour les soins extraordinaires qu'il a 
pris pour ladite décoration, ainsy qu'il est plus au long spécifié par TEtat 
dodik sieur Benard arresté ce jourd*hny par le Consulat. Lequel raportant 

avecle présent mandement et quittance 

Signé : Ravat, Basset, Preslë, Fischer, Anibson. 

{Registres des actes consulaires^ année 1711, folio 206.) 

Le service de la Duchesse ds Villeroj fut célébré aux Carmé- 
lites par le Chapitre de Saint-Nizier, qui reçut 66 livres pour 
ses honoraires, suivant le mandat de paiement délivré par le 
Gonsalat aax chanoines de cette Collégiale le 15 décembre 1711. 

Le 6 décembre 1715, le maréchal de Villeroy ût célébrer pour 



5£ HISTOIRE DU CUUVENT DES CARUELITES 

le repos de l'âme da Louis XIV on service soleonel dans l'élise 
des Carmélites, décora poar cette circonsUoce par les soios et 
aux frais da Consulat qui, en outre et k seule fiu de conserver à 
la postérité la relation de cette cérémonie funèbre, fit transcrire 
sur le registre de ses acies le Procès-verbal dont la teneur snit: 

« Ce joard'hui sixième décembre mil sept cent quinze. 

■ Letditt Sieurt, En conséquence de l'invitation à eux faite 
de la part de Monseigneur le ïlaréchal duc de Villerojr, et de 
Monseigneur l'Archevêque, par les soins de Valoi^ et de Sarde, 
ses Gentilshommes, se seraient rendus snr les dix heures du 
matin, en robes violettes de cérémonie et de deuil, accompagnés 
des sieurs oficiera de la ville et des sieurs Bxconsuls, et précédés 
par les Mandeurs portant leurs grands ecussons, dans l'Eglise des 
Carmélites pour assister au service que Monseigneur le Maréchal 
■voit ordonné pour le repos de l'ame da feu R07. Et étans arrivés 
k la porte de ladite Eglise, nous y aurions été reçus par les mêmes 
Gentilshonunes et plusieurs antres de la maison de Villeroj, les 
Tambourâ de la Garde apellans, et ensuite conduis sur les bans 
tendus de noir qui avoient été préparés dans la nef, et placés du 
côté de l'Evangile dans la même forme qu'aux cérémonies du 
Te Deum qui se font à Saint Jean. Eu sorte que les sieurs oficiers 
de la Cour des monnayes qui ont assistés 1 cette Cérémonie en 
corps et en robes rouges, sur une invitation pareille à celle du 
Consulat, etoient placés vis à vis ; et les sieurs oficiers du Bureau 
desfinances, aussi en corps et en robes de Cérémonie, dans le fond 
de l'Eglize et vis à vis l'Autel, derrie re le Mausolé. Ij Grande 
messe a été célébrée par Monseigneur rArctiev6que, et Messieurs 
de Saint Jean ont oficié. Après le premier Evangile, le sieur de 
Barcos, Grand vicaire de Monseigneur l'Archevêque, a prononcé 
une oraison funèbre qui mérite toute sorte d'éloge, dans une 
Chaire placée contre le pilier de la Chapelle et presque vis à vis 
la trosM de Mondit aognenr l'ArchevAque qui étoit attenant à la 
grille dt-s Religieuses, Oeltt- L-ereaioaie a éu' faite avec beaucoup 
d'orJri> et (le dignité; toute l'Eglize ajaat été décorée avec une 
augniâevitee pleine de noblesse et de boa goût. Après la fin du 
■BTfka, lootes tes Compagnies ^e sont retii'ées dans le même 
«vdtvqni ust otiâerTe les jours delà Ceremouiedu TeDewn. 




DE NOTRE DAME DE LA COMPASSION 53 

Dont a été fait le présent procès verbal pour servir en tems 
et liea ce que de raison, ledit jour vendredy sixième décembre 
mil sept cent quinze. » 

« Signé : Ravat, de Gourbeville, Gacon, Borne. 

(Registre des actes consulaires, année 1714^ folio 176.) 

Les frais de cette cérémonie s*éleverent à 4.000 livres, ainsi 
que le constate le mandat de paiement ci après : 

Du Mardy vingt cpiatrieme décembre mil sept cent quinze^ après midy en 
Thôtel commun de la ville de Lyon, y estans : Messieurs Ravat, P. des M., 
de Gourbeville, Gacon, Borne, Echevins. 

Autre Mandement certificatif de la somme de Quatre mille livres 

pour les frais du service qui a été fait le sixième jour du présent mois de 
décembre, dans TEglize des Carmélites, pour le repos de l'ame du feu Roy 
Louis XIIII«, suivant l'état présenté par le sieur Benard, et raporlant le 
présent mandement certificatif etc. 

{Registres des aetes consulaires, année 1715, folio 210.) 

Le 21 août 1721 , le marécbal de Villeroy fit chanter dans Téglise 
des Carmélites un Te Deum en réjouissance du rétablissement de 
la santé de Louis XV. Le Consulat assista en corps à cette cérémo- 
nie dont le souvenir nous a été conservé par la relation suivante 
quMl fit transcrire sur le registre de ses actes : 

« Ce JourcThut/ jeudy vingt unième aoust mil sept cent vingt 
un, Lesdits sieurs^ en conséquence de l'invitation a eux faite delà 
part de Monseigneur le Maréchal duc de Villeroy et de Monsei- 
gneur TÂrcheveque, par les sieurs de Fresne et de Sarde, leurs 
Gentilshommes, se seroient rendus sur les sept heures du soir, en 
robes violettes et de cérémonie, accompagnés des sieurs Officiers 
de la ville et des sieurs Exconsuls, et précédés par les Mandeurs 
portant leurs grands ecussons, dans TEglize des Carmélites pour 
assister au TeBeum que Monseigneur le Maréchal avoit ordonné 
qui fut chanté dans ladite Eglize pour rendre grâces à Dieu du réta- 
blissement de la santé du Roj. Et etans arrivés àla porte de ladite 
Eglize, nous j aurions été reçus par les mêmes Gentilshommes et plu- 
sieurs autres oficiers de la maison de Villeroy, les tambours de la 
garde apelante,et ensuite conduis sur les bancs à dossiers couverts 
de tapisserie, qui avoient été préparés dans la Nef qui avoit été éle- 
vée par une estrade pour la rendre au niveau du chœur. Ces bancs 
placés du cdté de l'Evangile dans la même forme qu'a la Cere- 



M HISTOIRE DU COUVENT DES CARMELITES 

monie du jour et feste de Saint-Thomas dans Thôtel de ville, en 
sorte qoe Messieurs les Comtes de Si^nt-Jean qui ont assisté en 
corps et en habits longs ù cette cérémonie ctoient placés contre le 
mur du côté droit, Monseigneur l'Archevêque à leur teste, en 
rochetet camail, sous un daix préparé à costé de la porte de la 
sacristie, du côté de la nef, ajant un prie-dieu devant luy couvert 
d*un tapis de velours cramoisy. 

a Messieurs les officiers de la Cour des monnayes, en corps et 
en robes rouges, sur une invitation pareille à celle du Consulat, 
etoient placés contre le mur du cOté gauche et vis à vis Mes- 
sieurs les Comtes. Messieurs les ofâciers du Bureau des finances, 
aussy en corps et en robes de cérémonie, vis à vis lesdits sieurs 
Prévôt des Marchands et Echevins, et M. Tlntendant à leur 
teste comme à ThOtel de ville. Le Te Deum a été chanté par le 
bas chœur de St.-Jean ; TEglize etoit éclairée par une quantité 
considérable de flambeaux et de cierges, tout autour de la cor- 
niche, ce qui a produit un très bel effet dans une cérémonie 
auguste par elle même et par le bon ordre qui y a régné. Après 
la fin des prières, Monseigneur L*Archeveque s'est retiré par la 
sacristie ; M. l'Intendant et toutes les Compagnies se sont pareil- 
lement retirés par la grande porte de l'Eglize, accomjiagnés des 
mêmes Gentilshommes, et dans le même ordre qui s'observe à 
l'hôtel de ville et dans les cérémonies du Te Deum qui se font à 
Saint- Jean à l'égard de la marche de MM. les officiers de la Cour 
des Monnayes, ceux du Bureau des finances et du Consulat. Dont 
a été fait le présent procès verbal, pour servir et valoir ce que 
de raison, ledit jour jeudy vingt unième aoust mil sept cent 
vingt un. » 

« Signé : Choubr, Bourg, R. Estiknne, Michon, 
Jean-Baptiste Michel. » 

(Registres des actes consulaires, année ITil, folios 84-85.) 

François de Neufville, duc de Viileroy, maréchal de France et 
gouverneur de Lyon depuis 1685, mourut à Paris le 18 juillet 1730, 
âgé de 80 ans. Son corps fut transporté à Lyon et inhumé aux 
Carmélites, dans la chapelle de Villeroy où reposaient ses 
ancêtres. 

La ville de Lyon lui fit de magnifiques funérailles, et le Con- 



56 HISTOIRE DU COUVENT DES CARMÉLITES 

c( Etant nécessaire de conserTer à la postérité une relation 
exacte des honneurs funèbres qui ont été rendus en cette ville à 
la mémoire de Monseigneur le Maréchal Duc de Villeroj, Pair de 
France, Chevalier des ordres da Roy, Gouverneur de sa Majesté, 
Ministre d'Etat, Chef du Conseil Rojal des finances et Gouver- 
neur de la ville de Lyon, et des provinces de Lyonnois, Forest 
et Beaujolois. Le Consulat a délibéré et arrêté qu'il en seroit fait 
un journal sur le Registre des Actes Consulaires de cette ville par 
le sieur Secrétaire, afin que dans la suite on soit informé de tout 
ce qui a été fait dans cette occasion. 

« Le vingt un du mois de juillet dernier, M. le Prévôt des Mar- 
chands ayant reçu a?is de la mort de Monseigneur le Maréchal de 
Villeroy, arrivée le 18*' à onze heures et demy du matin, fit con- 
voquer sur le champ le Consulat pour lui apreodre cette triste 
nouvelle, et pour convenir des premiers devoirs qu'on a voit à lui 
rendre. Il fut résolu que Ton écriroit à tous les seigneurs de cette 
Maison, pour leur marquer les regrets du Consulat sur cette perte 
et pour leur demander la mesme protection dont feu Monseigneur 
le Maréchal Tavoit honoré. Il fut encore délibéré que le Consulat 
iroit en corps rendre les respects à Monseigneur l'Archevêque et 
lui marquer la part que l'on prenoit à sa douleur sur la perte qu'il 
venait de faire. On satisfit à ce devoir sur les trois heures après 
midy. Mais comme ce Prélat se trouva indisposé, ses Gentils- 
hommes vinrent faire des excuses de ce qu'il ne recevoit pas cette 
marque d'attention du Consulat par rapport à l'état de sa santé et 
à la grandeur de son affiietion. 

c Ces premières dispositions ainsi arrêtées, on jugea à propos 
de faire célébrer dez le lendemain matin un service dans l'églizc 
des Carmélites pour le repos de l'ame de feu Monseigneur le Maré- 
chal, en attendant que les préparatifs pour le service solemnel que 
le Consulat est obligé de faire faire à la mort des Seigneurs Gou- 
verneurs puissent être en état. A celte efl'et on donna les ordres 
nécessaires au voyer de cette ville pour tout disposer d'une ma- 
nière convenable. 

« On fit placer les bancs du Consulat à la droite du catafalque, 
ceux des sieurs Exconsuls à la gauche, aussi bien que ceux des- 
tinés aux personnes de distinction qui voudroient y assister sans 



DE NOTRE-DAME DE LA COMPASSION 57 

aucune invitation. Et à Tégard des Dames, on fit mettre des chaizes 
dans la chapelle pouf les placer. 

« On députa à M. TEvêque de Sinope, pour le prier d'y venir 
célébrer la grande messe, et au chapitre de St-Nizier, en la per- 
sonne de M. le Sacristain, pour inviter ledit Chapitre de la venir 
chanter. 

a On arrêta aussi dans la même assemblée que le Consulat 
assistéroit aux services que feroient faire Monseigneur l'Arche 
véque, Madame l'abesse de St Pierre, M. M. les "Comtes, les 
deux Hôpitaux, l'Académie des beaux-arts* et les Pères Jésuites 
du Grand Collège, dont le Consulat est fondateur, après les 
invitations ordinaires en pareil cas, et de refuser toutes les 
autres. 

«c Ce fut le samedy 22° juillet que le Consulat en robes noires, 
assisté des sieurs Exconsuls, et précédé des Mandeurs, avec leurs 
manteaux, et des officiers des Arquebusiers, se rendit sur les dix 
heures du matin dans Téglize des Carmélites, qui étoit touto 
tendue de drap noir depuis le pavé jusqu'à la corniche, à Texcep- 
tion des pilastres et des arcades. La frize etoit formée par un drap 
noir sur lequel étoient placées des testes de mort argentées, des 
ossemens, des chiffres, et des armoiries de la maison de Villeroy, 
espacées et rangées en simetrie; autour de TEglise étoit un cordon 
de cierges et le maitre autel etoit également tendu de noir avec 
de pareilles armes. Au milieu de l'église paroissoit un catafalque 
élevé sur plusieurs gradins, et au dessus du dernier etoit la repré- 
sentation couverte d'un drap mortuaire de velours noir avec une 
grande Croix de moire d'argent sur laquelle il y avoit un carreau 
de velours noir où etoient les bâtons de Maréchal de France, et la 
couronne Ducale couverte d'un crêpe noir. Tous les gradins etoient 
couverts de chandeliers d'argent avec leurs cierges, et au-dessus 
etoit un grand Dais dont les pentes etoient de velours noir cou- 
vertes de plusieurs rangs de galons d'argent. La chapelle etoit 
également tendue de noir et garnie de lumières. M. l'Intendant se 
rendit & cette cérémonie ; on lu y avoit préparé une chaize avec 
on carreau dans le sanctuaire, du coté de l'Evangile, M. de La 
Perrière, Commandant dans les Provinces, fut placé à coté de lui 
et de la môme façon ; les Dames dans la chapelle et les personnes 



58 HISTOIRE DU COUVENT DES CARMÉLITES 

qui 8*j etoient rendues, sur les bancs et les chaîzes qui leur 
avoient étë préparées toutes couvertes de noir. 

c La Compagnie des portes etoit rangée en bataille à la droite 
de la porte de Téglise, et le Guet à la gauche, les officiers à leur 
teste, bâtit aux champs quand le Consulat arriva dans l'église, et 
la compagnie des Arquebusiers qui Tescortoit se tint dans Téglise 
des deux cotés de la porte. La grande messe fut célébrée Pontifi- 
calement par M. TEvèque de Sinope; quand elle fut finie Ton fit 
Tabsoute suivant Tusage, après quoj le Chapitre de St-Nizier 
sortit processionnelleinent comme il etoit venu, et le Consulat 
ensuite, qui accompagna M. l'Intendant sur le seiiil de la porte de 
l'Eglise, d'où il vit passer les officiers de feu M. le Maréchal, les 
Gentilshommes et les autres personnes de la maison de Mgr l'Ar- 
chevêque. Cela fîni le Consulat se retira et fit distribuer une 
somme assez considérable dans la Cour des Capucins du Petit 
Forest, aux pauvres qu'on avoit fait avertir de s'y rendre. 

« Au Retour de cette Cérémonie le Consulat s'assembla encore 
chez M. le Prévôt des Marchands, pour examiner les plans et 
dessins qu'avoit préparé le vojer pour le grand service que le 
Consulat avoit résolu de faire; ils furent aprouvés, et le Consulat 
ordonna au Yojer de les faire exécuter le plus promptement 
qu'il seroit possible. 

« Le second service solemnel pour Mgr le Maréchal, fut célébré 
par M. M. les Comtes,dans l'Eglise de St-Jean.le jeudj 27* dudit 
mois. Le Chœur etoit tendu de noir avec des cartouches aux 
armes dudit seigneur. Il y avoit un cordon de cierges autour du 
chœur et au jubé, il etoit à double ; le devant de la porte du 
chœur etoit audsi tendu de drap noir, avec de grandes armoiries et 
des chifres ; au milieu du chœur etoit placé la représentation sur 
deux gradins suivant l'usage de cette église, et ils etoient chargés 
de lumières. M. le Comte de Montroorillon, grand sacristain, dit 
la grande messe avec tout Tapareil qu'on aporte dans cette Eglise 
aux plus grandes Cérémonies, après quoi Ton fit l'absoute à la 
manière ordinaire. Toutes les compagnies furent invitées à ce 
service par deux Chevaliers de ladite Eglise. Elles assistèrent en 
robes noires et furent placées comme aux cérémonies du Te Deum 
et sortirent de l'Eglise suivant le Cérémonial arrêté entr'elles. 



DE NOTRE-DAME DE LA COMPASSION 59 

« Quelques jours avant le service de Messieurs les Comtes, 
les Pères Jésuites du Grand Collège de cette ville ayant invité le 
Consulat d'assister à celuj qu'ils etoient dans le dessin de faire, 
le Consulat leur assigna le Vendredy 28e dudit mois. Il se rendit 
dans leur Eglise à dix heures du matin, en robes noires, accompa- 
gné des sieurs Exconsuls. Toute la Communauté des Jésuites vint 
recevoir le corps Consulaire à la porte de TEgliseet raccompagna 
jusquesaux places qui lui etoient destinés, savoir le Consulat à la 
droite du Catafalque, et les Exconsuls à la gauche. Tout le chœur 
de TEglize etoit tendu de drap noir avec de grandes armoiries, 
le Supérieur du séminaire de St Charles oficia et tous les Ecclé- 
siastiques du séminaire chantèrent la messe. Après Tabsoute et 
les prières, le Consulat sortit et fut accompagné par les Jésuites 
jusques à ses carrosses. 

« Monseigneur l'Archevêque ayant fait inviter par ses Gentils- 
hommes toutes les Compagnies d'assister au service Solemnel 
qu'il vouloit faire celcbrer le 29 pour Monseigneur le Maréchal 
dans l'Eglise des Carmélites, dont sa maison est fondatrice. Le 
Consulat s'y rendit sur les dix heures du matin en robes noires, 
accompagné des sieurs Exconsuls et précédé des Mandeurs avec 
leurs manteaux, et escorté des oficiers et soldats de la Compagnie 
des Arquebusiers. Le Consulat prit sa place à gauche du Catafalque, 
vis à vis M. M. les Trésoriers de France qui etoient à droite; 
M. M. de St-Jean furent placés du même coté sur des bancs joi • 
gnant la muraille, et M. M. de la Cour des Monnayes vis à vis 
M. M. de St Jean, à la gauche. Les oficiers de l'Election etoient 
derrière M. M. les Trésoriers, à la teste desquels etoit M. l'Inten- 
dant, sur un fauteuil garni de drap noir, posé sur une estrade 
avec un tapis de pied. Les Compagnies etoient rangées de la 
même manière qu'à Thdtel de ville à la Cérémonie du jour de 
St-Thomas. Les Gentilshommes et autres oficiers de M. l'Arche- 
vêque faisoient les honneurs et vinrent recevoir les Compagnies à 
la porte de l'Eglise, pour les conduire aux places qui leur etoient 
destinées, de mesme que les particuliers qui avoient été invités, 
aussi bien que les Dames que l'on plaça dans la Chapelle. 

« L'Eglise etoit revêtue d'une tenture noire couverte d'armoi- 
ries, de chiffres, de cartouches, de devises et d'autres ornemens 



60 HISTOIRE DU COUVENT DES CARMELITES 

semblables disposés avec beaacoup d*ordre. Le Catafalque etoit 
magnifique et très bien éclairé; aux quatre coins etoient placés 
les Gardes de Monseigneur le Maréchal, avec leur bandolière et 
le fusil sur Tépaule. M. l'Epoque de Sinope célébra la grande 
messe, et M. M. du séminaire de St-Ircnée, qui etoient venus 
processionnellement, assistèrent et chantèrent à la messe. Liors- 
qu'elle fut finie on fit l'absoute, après quoi les Compagnies se 
retirèrent, M. M. les Comtes les premiers et ensuite M. M. de la 
Cour des Monnojes, M. M. du Bureau des finances sortirent 
ensuite avec le Consulat qui avoit la gauche, et toutes les Com- 
pagnies furent accompagnées à la sortie comme à l'arrivée par les 
Gentilshommes et officiers de Monseigneur l'Archevêque qui 
n'avoit pu assister à cette cérémonie à cause de son indisposition. 

« Le Bureau de l'Hôtel Dieu fit inviter par ses députés le 
Consulat de luj faire l'honneur d'assister au service qu'il vouloit 
faire célébrer le jour que le Consulat lui assigneroit pour cette 
Cérémonie, qui fut indiqué au mercredj deuxième du mois d'aoust. 
Le Consulat s'y rendit avec les sieurs Exconsuls et le même cor- 
tège qu'aux précédants services. Ils furent reçus par tout le 
Bureau sur le perron du portail de l'Eglise, et ensuite placés aux 
côtés du catafalque, M. M. les Prévôt des Marchands et Echevins 
à la droite, et les Exconsuls à la gauche. Le Bureau avoit quitté 
ses places ordinaires et s'étoit mis dans les deux chapelles à coté 
du maitre autel. Le Chœur et l'Eglize etoient fort bien décorés. 
La Cérémonie finie le Consulat se retira et fut accompagné par 
les Recteurs de la même manière qu'ils avoient été reçus à son 
arrivée (sic), 

« Le Z'^^ du dit mois d'aoust le Consulat assista dans TEglise de 
Saint-Pierre au service solemnel que fit célébrer Madame 
l'Abesse pour Monseigneur le Maréchal, dont elle est parente, 
ensuite de Tinvitation qu'elle en avoit fait faire par son aumônier. 
Le Consulat y alla avec le même cortège, et fut placé à la droite 
du Catafalque, et les Exconsuls à la gauche. Madame l'Abesse 
n'avoit rien oublié de ce qui depc*ndoit de ses soins pour la déco- 
ration, qui fut très magnifique malgré le peu de tems qu'elle avoit 
eu pour s'y préparer. M. de Sinope y officia et dit la grande 
messe, comme il avoit fait ailleurs, et tout étant fîni, le Consulat 



DE NOTRE-DAME DE LA COMPASSION 61 

86 retira étant accompagné des officiers de Madame TAbesse de 
Saint -Pierre qui Tavoient reçu à son arrivée dans l'Eglise. 

« Le5™« dudit mois, le Consulat assista seul au service que les 
Pères Chartreux célébrèrent dans leur Eglise, dont le Chœur etoit 
tendu de noir avec les Ecussons des armoiries de Monseigneur le 
Maréchal, et au milieu etoit une représentation simple chargée 
de huit cierges seulement, suivant l'usage desdits Pères Char- 
treux pour leurs plus grandes cérémonies de deiiil. Le Consulat 
qui etoit en robes noires fut placé dans les formes, à la droite, qui 
etoient tendues de noir. 

« L'Académie des beaux arts de cette ville, dont Monseigneur 
le Maréchal etoit le protecteur, fit inviter le Consulat par des 
députes d'assister au service qu'elle avoit dessin de faire célébrer 
dans l'Eglise des Pores de St- Antoine, et d'exécuter la messe de 
GillCy dont la musique est des plus parfaite. Le Consulat lui indi- 
qua le 7* aoust. Il s'y rendit à dix heures du matin sans être 
accompagné des sieurs Exconsuls. Le Directeur et les principaux 
oficiers de l'académie vinrent recevoir le Consulat à la porte de 
l'Eglise et il fut conduit aux places qui lui a voient été préparées 
dans le Chœur, vis à vis le maitre autel, sur des fauteuils apuyés 
contrôla grille, et un banc devant avec des carreaux. M. l'Inten- 
dant etoit aussi placé dans le Chœur, du coté de l'Evangile, ou 
onluj avoit mis un fauteiiil; les Pères de St- Antoine célébrèrent 
la grande messe qui fut chantée en musique par les académiciens 
même, placés dans la grande tribune. Au milieu del'Ëglize etoit 
un très beau catafalque. On peut dire en général que cette Céré- 
monie se passa avec toute la dignité et la décence possible ; après 
qu^elle fut finie, le consulat se retira ayant été accompagné par 
les officiers de l'académie comme en entrant. 

« M. le Prévôt des Marchands ayant été informé que le Corps 
de Monseigneur le Maréchal devoit arriver à Neuville le 25 du 
même mois, il convoqua le Consulat pour luy proposer de députer 
deux de Messieurs avec deux oficiers de la ville, pour assister le 
lendemain samedy au service qu'on devoit y célébrer en présence 
du corps dans l'Eglise parroissiale; M. M. Guichard et Quinson, 
Echevins, et M. M. Perrichon et Batheon, secrétaire et receveur 
de cette ville, furent députés. Ils partirent le même jour ^'^ 



62 HISTOIRE DU COUVENT DES CARMELITES 

carrosse à quatre chevaux, précédé du coadjuteur des Mandeurs. 
Ëtant arrivés au château de Neuville, ils furent reçus par les 
oâciers de Monseigneur le Maréchal et par ceux de Monseigneur 
r Archevêque. Quand M. M. les Députés eurent pris leurs robes 
noires, ils se rendirent à TËglise à pieds, précédés du Suisse du 
Château, sa hallebarde à la main, et du coadjuteur des Mandeurs 
ayant son manteau. 

« Dans la riie qui conduit du château à TEglise, on trouva la 
bourgeoisie de Neuville sous les armes, qui battit aux champs 
sitdt qu*elle aperçut les députés du Consulat; à la porte de 
TËglisc tous les oficiers de Monseigneur le Maréchal et de Mon- 
seigneur TArchevèque attendirent les députés pour les conduire 
aux places qui leur avoienl été destinées. Le Curé de Neavillc 
etoit aussi à la porte en aube avec l'étole pour présenter de l'eau 
bénite au Consulat, qui fut accompagné jusques dans le Chœur 
ou il fut placé à la droite, près du maitre autel, dans les espèces 
de formes couvertes de noir. M. de La Perrière, Comjnandant 
dans les Provinces, avoit un fauteuil dans le Chœur du coté de 
rEvangile.et M. le Prévôt des Marchands, qui etoit venu en par> 
ticulier à Neuville, fut placé à coté de luy, également sur un fau- 
teiiil, et l'un et Tautro furent reçus de la même manière. 

« Le chœur de l'Eglise etoit tout tendu de noir, avec un cor - 
don de cierges, et le maitre autel etoit fort bien orné et beaucoup 
d'armoiries sur toute la tenture. 

« Le cerciieil de Monseigneur le Maréchal etoit au milieu du 
chœur, élevé sur deux gradins chargés de beaucoup de lumières, 
et dessus le cerciieil etoient les attributs de ses dignités de Maré- 
chal de France, et de Duc et Pair, comme dans les autres services 
qu'on avoit faits pour liiv ; au pied du cerciieil etoit Taumonier 
qui avoit accompagné le corps de Monseigneur le Maréchal 
depuis Paris jusqu'à Neuville. Il etoit en manteau de deUil, assis 
sur une chaise, et au quatre coins des gradins sur lesquels etoit 
posé le cerciieil etoient les gardes de Monseigneur le Maréchal, 
eu habits noir avec leurs bandolières, le fusil sur l'épaule. 

K Le Curé de Neuville célébra la grande messe à diacre et sous 
diacre, et beaucoup de prostrés qu'il avoit assemblés la chantè- 
rent avec luy. Quand elle fut dite, le Curé ût l'absoute, après 



DE NOTRE-DAME DE LA COMPASSION 63 

qaoj l'on porta le cercueil dans la chapelle de la maison de Yil- 
leroy qui est du coté de rEvangile. Elle etoit tendue de noir avec 
un cordon de cierges et des armoiries. 11 fut posé sur les mêmes 
gradins qui etoient dans le chœur de TËglise, et il j fut déposé 
jusqu'à ce que le corps pût étra porté à Ljon. Les députés du 
Consulat furent invités à aller jetter de Teau bénite sur le cer- 
cueil et touttes les personnes qui etoient allées à Neuville pour 
assister a cette triste Cérémonie. Après quoy le Consulat fut 
reconduit hors de TEglise de la même manière qu'il y avait été reçu. 

« Le jeudi 31""*^, le Consulat ajant été informé par le voyer 
que les préparatifs qu'il avoit ordonné pour le service 
solemnel de Monseigneur le Maréchal étoicnt presque finis, et 
qu'on pouYoit ûxer le jour de la Cérémonie. Il fut arrêté au lundi 
4* septembre, et alors M. le Prévôt des Marchands dit à la Com- 
pagnie que comme le Corps etoit déposé à iSeuville depuis le 25, 
qu'il y éloit arrivé, qu'on n'avoit pas pu l'amener en cette ville 
pour faire la Cérémonie de l'enterrement parce que l'Eglise des 
Carmélites etoit totalement embarrassée par les ouvrages qu'on y 
faisoit jour et nuit pour le service solemnel que le Consulat avait 
ordonné; que ces inconvénients l'a voient engagé à demandera 
Monseigneur le Duc de Villeroy son agrément pour que l'enter- 
rement se fit le même jour, ce qu'il avait permis, puisqu'il avoit 
été impossible de se servir de l'Eglise des Carmélites auparavant. 

(c Cela étant ainsi arrêté, on convint de faire les invitations 
dans la même forme qu'à la Cérémonie de la saint Thomas^ et 
pour cet eflfet, le Consulat en Corps fut le vendredy !«' septembre 
chez Monseigneur l'Archevêque pour l'inviter d'assister à cette 
pompe funèbre, mais sa santé ne luy ayant pas permis de recevoir 
luy même l'invitation, les Gentilshommes vinrent à la porte de 
son palais faire ses excuses. On députa ensuite à M. l'Intendant 
et aux Compagnies suivant l'usage/ et l'on envoya des billets im- 
primés d'invitation à toute la noblesse et à toutes les personnes 
distinguées de la ville qui n'étoient d'aucune Compagnie. Les Dames 
n'y furent pas invitées, parce que cela ne se pratique pas pour les 
cnterremenS) mais il fut résolu de ne pas refuser celles qui se pré- 
senteroient à l'Eglise en habit décent. 

« Le Deuxième septembre, M. le Prévôt des Marchands, chargé 



64 HISTOIRE DU COUVENT DES GARMÉLtTBS 

des ordres et des interventions de Monseigneur le Duc de Villeroy , 
disposa toutes choses pour faire arriver le Corps de Monseigneur 
le Maréchal le dimanche au soir, troisième du même mois. Il 
donna les ordres nécessaires pour établir des corps de garde dans 
les endroits convenables afin d'empêcher le désordre; pour cet effet 
il commanda des piquets dans tous les quartiers des rues qui abou- 
tissent à la montée des Carmélites, pour empêcher ce jour là le 
passage à toutes les voitures et à toutes les personnes qui ne se- 
roient pas nécessaires dans l'Ëglise. 11 j eut un corps de garde 
de la Compagnie des Arquebuziers qui gardoit une première bar- 
rière qui avoit été posée dans cet endroit la. Un peu au dessus et 
après la porte d'un jardin appartenant aux Religieuses des Bleufis 
Célestes, etoit une autre barrière consignée à un autre détache- 
ment de la même Compagnie; à la porte de TËglise des Carmé- 
lites etoit la Compagnie du Quel, ses oôciers en teste, et au dessus 
de la grande porte du Couvent etoit placé une troisième barrière 
pour empêcher le peuple de venir du côté des Chartreux, de la rue 
Masson et de la rtie Neyret, ladite barrière gardé par les oûciers 
et un détachement de la Compagnie des portes. 

« Sur les neuf heures du soir, comme on fut averty que le Corps 
de Monseigneur le Maréchal etoit déjà arrivé dans le faubourg de 
la Croix-Rousse, la Compagnie des Portes se rendit à celle de ce 
fauxbourg pour Tescorter jusques aux Carmélites et battre aux 
champs à son arrivée, et la Compagnie du Guet garda pendant ce 
tems la les barrières qui leur estoient consignées. Le Corps etoit 
dans un grand Caresse drapé, tiré par six chevaux caparassonnés 
de noir, dans lequel etoit le Curé de Neuville, Taumonier de feu 
Monseigneur le Maréchal et les deux valets de chambre qui 
Tavoient accompagné depuis Paris. La Maréchaussée qui l'ctoit 
allé prendre à Neuville, Tescortoit les oficiers à la teste, de même 
que la Compagnie des Portes ; autour du Caresse du Corps et de 
plusieurs autres aussi drapés qui faisoient cortège, tirés à six 
chevaux, etoient quantité de valets de pied habillés de deiiil, ayant 
des crespes à leurs chapeaux, portant des flambeaux allumés, et 
tous les oûciers de la maison de Monseigneur le Maréchal qui 
etoient icy etoient dans les caresses de même que ceux de Monsei- 
gneur l'Archevêque, tous eu habits de deiiil. 



DE NOTRE-DAME DE LA COMPASSION 65 

(( Le carosse da Corps étant arrivé à la porte de Téglise des 
Carmélites, M. l'Evéque de Sinope, en qualité de supérieur des 
Dames Carmélites, s'y trouva pour recevoir le Corps, et il etoit 
accompagné des Eclésiastiques du séminaire de St Irénée qui s'y 
etoient rendus processionnellement. Le Corps ayant été descendu 
du Carrosse fut présenté à M. de Sinope par le Curé de Neuville, 
qui lui dit que le Corps de feu Monseigneur le Maréchal lui avoit 
été déposé dez le vingt cinq du mois dernier, dans son église, par 
l'Aumonier de feu Monseigneur le Maréchal qui l'avoit amené de 
Paris dans le même Cerciieil qu*il avoit l'honneur de lui pré- 
senter. 

« Alors l'Aumonier prenant la parole, informa M. TEvèque de 
Sinope des circonstances de la mort de Monseigneur le Maréchal, 
et fit an discours sur ses grandes vertus et sur ses rares qualités 
qui le rendront respectable à la postérité la plus reculée, à quoy 
M. de Sinope repondit avec la dignité qui convenoit. Ensuite on 
déposa le cerciîeil sur le mausolée qui avoit été préparé pour la 
pompe funèbre que devoîs se faire le lendemain. Et après avoir 
chanté les prières accoutumées avec tout le séminaire, dont les 
eclésiastiques etoient en grand nombre et avoient chacun un cierge 
à la main, M. de Sinope se retira. Mais comme M. le Prévôt des 
Marchands avoit été présent à toute cette Cérémonie, il pria M. de 
Sinope, avant qu'il sortit de l'Eglise, de laisser au moins douze 
prestres dudit séminaire pour faire des prières pendant toute la 
nuit autour du Corps, et d'ordonner qu'ils se relevassent de deux 
heares en deux heures. M. le Prévôt des Marchands ordonna 
aussj à un détachement des Corps de Garde d'aller prendre, tant 
aa séminaire de St Irénée qu'à celui de St Charles, ceux qui de- 
vroient venir prier Dieu pour les accompagner, et qu'un pareil 
nombre do soldats iroit reconduire au séminaire ceux qui avoient 
fait leur prière, puisque tous les Corps de Garde qui avoient été 
placés dévoient rester en faction toute la nuit. 

« Tout cet arrangement et ces dispositions particulières sont 
dues aux attentions de M. le Prévôt des Marchands pour tout ce 
qui pouvoit rendre cette première Cérémonie exempte de desordre 
et de confusion, et la rendre en même tems digne de la grandeur 
du sujet à l'honneur duquel elle se faisoit. 

5 



«'(> HISTOIRE DU COUVENT DES CARMELITES 

<K Le quatrième septembre à huit heures du matin, le Corps 
Consulaire en robes violettes, qui est Thabit de deiiil du Consulat 
quand il fait les honneurs de pareilles Cierémonies, se rendit à 
rhôtel de ville, les Ëxconsuls s'y rendirent aussi en robes noires. 
Ils sortirent dudit hôtel à neuf heures du matin pour se rendre 
dans TEglise des Carmélites, précédés des Mandeurs ayant leurs 
manteaux avec le grand Ecusson aux armes de la ville. Quand on 
fut arrivé au pied de la montée des Carmélites, on descendit de 
carosse et on la monta à pied; Ton trouva sur la route les corps 
(le garde postés dans les endroits qui leur avoient été consignés, et 
on bâtit aux champs lorsque le Consulat passa devant. 

<c A la porte de l'Eglise on trouva la Compagnie des Portes à la 
droite, celle du Guet à la gauche et la Maréchaussée à cheval 
vis à vis le portail de TEglise. Les ofÂciers desdites Compagnies 
étant à leur teste, on bâtit aux champs d*abord qu'on aperçut^le 
Consulat dans la montée, et la Maréchaussée £onna de la trom- 
pette, et on ne cessa que lors qu on fut placé dans TEglise, à l'en- 
trée de laquelle, dans l'intérieur, il j avoit un détachement des 
arquebusiers et des soldats à la teste et au bout des bancs destinés 
pour les Compagnies. 

« Le Consulat se plaça à la gauche du mauzolée et les Exconsals 
derrière. 

c Peu de tems après arriva le Chapitre de la Cathédrale sous 
U croix deMM. les Comtes qui dévoient faire rofice,et M. le Doyen 
en étole étoit à la qiieiie. Tout le Chapitre fut placé dans le sanc- 
tuaire, sur des bancs couverts de drap noir qui leur avoient été 
préparés. « 

c MM. de la Cour des Monnoyes arrivèrent ensuite et furent 
placés à droite de l'Eglise, contre la muraille, cette place n'ayant 
pu être occupée par MM. les Comtes qui dévoient être occupés à 
taire l'ôâce. et le Consulat faisant les honneurs de la Cérémonie 
voulut donner la droite à toutes les Compagnies. 

c MM. les Trésoriers du Bureau des Finances furent placés sur 
le premier banc au coté droit du mauzolée, et MM. de l'Election 
derrière eux. Toutes ces Comjvagnies furent reçues par le Consulat 
i leur arrivée dans la mt^me forme et manière que cela se prati- 
que à riiOtel de ville à la Cérémonie de la Saint Thomas. 



DE NOTRE-DAME DE LA COMPASSION 67 

fx Mais comme M. rintendant ne pût point assister à cette 
pompe fanébre à cause d^une indisposition qui lui etoit survenue, 
on 6ta le fauteuil, l'estrade et le carreau de pied qui luy etoient 
destines à la teste de MM. les Trésoriers de France. 

« M. TEvéque de Sinope prit sa place à côté de la porte de la 
sacristie, ou on lui avoit préparé un fauteuil garni de drap noir. 
M. de La Perrière, Commandant dans les Provinces, fut placé vis 
à vis, à cdté d'une des portes delà Chapelle, sur une chaise garnie 
de noir. 

(X. La Noblesse, les particuliers invités et les chefs des Commu- 
nautés séculières et régulières, furent placés dans le reste de 
TEglise sur des bancs et des chaizes qui leur avoient été destinés, 
et les Dames qui vinrent à celte Cérémonie en assez grand 
nombre, dans la Chapelle, et cela par les soins des oôciers des 
Arquebusiers qui etoient chargés de ce détail et firent les hon- 
neurs de l'intérieur de l'Eglise avec beaucoup d'ordre et d'atten- 
tion. Au bas bout du mausolée, il y avoit trois tabourets couverts 
de drap noir, sur lesquels furent placés M. de Fresne, capi- 
taine des gardes de Monseigneur le Maréchal, à la droite, M. de 
St Veran, son lieutenant, à la gauche, et l'Aumônier au milieu, 
tous les trois en grands manteaux de deiiil avec des crespes pen- 
dans à leurs chapeaux. 

a A la teste du Mauzolée etoient placés sur un banc couvert de 
drap noir quatre Gentilshommes des plus distingués de celte ville^ 
en habit de deiiil, qui dévoient porter les quatre coins du drap 
mortuaire quand on oteroit le cerci'ieil de dessus le mauzolée 
pour le porter dans la Cave de la maison de Villeroy, dont Tentréc 
est dans la Chapelle. 

« Tout étant ainsi rangé et disposé, M. le Doyen commença la 
grande messe qui fut célébrée aussi solemnellement que MM les 
Comtes la célèbrent dans leur Eglise les plus grandes feste:!i,c*est 
à dire à trois Prostrés, trois Diacres et trois Sousdiacres. Ils 
etoient revêtus d*orneinens de velours noir garnis do galons 
d*argent, de même que les Chapiers; et la messe fut chantée avec 
toute la dignité qu*exigeoit une semblable Cérémonie. 

« Sitôt qu'elle fut Unie, on plaça une chaise portative devant 
le maître autel, dans laquelle le Père Dallemand, delà Compagnie 



68 HISTOIRE DU COUVENT DES CARMÉLITES 

de Jésus, célèbre prédicateur que le Consulat avoit choisj, pro- 
nonça rOraison funèbre de Monseigneur le Maréchal. 

A Le discour fut très généralement aplaudi. 

<c Lors qu'il fut fini, M. le Doyen en Chape, avec les prostrés, 
diacres et sous diacres et chapiers vinrent autour du Corps faire 
les prières pour Tenterrement ; on descendit le Cercueil de 
dessus le mauzolée, et les quatre Gentilshommes prirent les 
quatre coins du drap mortuaire, le Capitaine des Garde.>y le Lieu- 
tenant et l'Aumonier suivoient le Corps. Quand il fut arri¥ô à la 
Chapelle, ou tout le Chapitre de Saint-Jean s'etoit rendu, on mit 
le Cercueil dans la Cave. ^ 

c Aussitôt après le Chapitre sortit le premier processionnelle- 
ment comme il etoit venu, et lorsque Ton crût qu'il pouvoit être 
bien avant dans la montée des Carmélites, le Consulat alla prendre 
les Compagnies à leurs places, les unes après les autres, en com- 
mançant par la Cour des Monnoyes, et les accompagna josques sur 
le setiil de la porte de l'Eglise, conformément au Cérémonial 
arrêté avec toutes les Compagnies. 

« Tout cela étant fini, le Consulat se retira aussi après avoir 
laissé une garde à la porte de TEglize pour empêcher la foule ; 
mais pour satisfaire la curiosité du public, qui avoit témoigné 
beaucoup d'empressement de voir la décoration funèbre, on 
laissa l'Eglise des Carmélites toute tendue pendant deux jours de 
suite. 

a Le lendemain de cette Cérémonie funèbre, le Consulat fit 
taire une seconde distribution en argent aux Pauvres de cette 
ville dans différents quartiers. 11 s'en fit une dans la cour deii 
Capucins du Petit Forez, une autre dans la cour de l'Archevêché, 
<t latroii?ièrae dans le jardin de Tabbaye d'Ainay, et toutes trois 
à la même heure pour qu'elles fussent moins tumultueuses et 
moins susceptibles des inconvénients qui sont presque insépa* 
rnbles de ce« sortes d'assemblées, mais on avoit eu la précaution 
de mettre dans chaque endroit des détachements des Compagnies 
(lu Guet et des Arr|nebusiers, ensorle qu'il n'y arri\:a aucun 
désordio. 

f( Corurnc il est important de ne rien laisser ignorer à la po:< - 
t'Tité de tout ce qni a été fait dans cette occasion, le Consulat a 



DE NOTRE-DAME DE LA COMPASSION «9 

jugé a propos de joindre à ce journal une description détaillée 
de la décoration funèbre faite pour Monseigneur le Maréchal de 
Villeroy, sur les dessins fournis par le voyer de cette ville (Claude 
Bertaud de la Vaure, Ecuyer, Conseiller en la Cour des mon - 
naies, Secrétaire du roi, Ingénieur et Architecte) et exécutée par 
ses soins. 



DESCRIPTION DE LA POMPE FUNÈBRE 

FAITE DANS L'EGLISE 
DES CARMELITES DE LYON, LE QUATRE SEPTEMBRE MIL SEPT 

CENT TRENTE 
POUR LE SERVICE ET ENTERREMENT DE MONSEIGNEUR 
LE MARECHAL DUC DE VILLEROY 

« L*église des Carmélites est une des plus belles de cette ville, 
la plus claire, la plus gaye, dont rarcliitccture est des meilleurs 
goûts. Ce sont des pilastres acouplés d'un ordre Corinthien, 
formant quatre grands arcs de chaque côté ; Ton y monte par 
cinq marches en entrant et par cinq autres au chœur, en sorte 
que l'on fut obligé de plafonner Téglise pour mettre la voûte de 
niveau et d'égale hauteur. En suite le tout fut tapissé d'un drap 
noir et toute l'architecture en fut cachée depuis le plafond de 
réglise jusqu'à la corniche, en sorte que cette église qui etoit si 
gayeetsi claire parut d'abord des plus obscures et des plus tristes. 
Tous les vitreaux et autres jours furent bouchés et l'architecture 
entièrement changée. La voûte qui est fort blanche le parut beau- 
coup plus parce que toutes les arestes ctoîent formées par des 
gazes noires en guirlande ; à la jonction des quatre arestes etoient 
formeiz des étoiles, du milieu desquelles sortoit une grosse perle 
formée par des mêmes gazes blanches et noires. Les vitreaux 
etoient couverts d'un drap noir au devant desquels paroissoient 
des grands tableaux en piramides de quatorze pieds d'hauteur, 
qui portoient sur l'extrémité de la corniche de différenles formes. 
Au bas des piramides etoient des enfans en marbre blanc, qui 



-.0 HISTpiRE DU COUVENT DES CARMÉLITES 

pleuroient ; l'extrëmité et les bordures de la piramide etoiflot 
de même en marbre blanc "véaé, dont le fonds etoit en 
marbre de porter garo^ de Croix de Villeroy dorées, et autour du 
vitreau, sur le drap noir, etoit uns bordure de guirlandes eu 
gazes blancbes qui releroient infiniment les tableaux qui parois- 
soient cotés et plaquée coutre tesdits vilreaux. Sur le vitreau 
suivant etoit un aulrc tableau de la même hauteur, sur lequel etoit 
peiut des étendarts, des drapeaux, des cuirasses, des tambourgs, 
trompettes et autres instru m eus de guerre, te tout doré dans toute 
sa largeur et bauteur, en sorte qu'à chaque vitreau il j avoit 
alternativement une piramide et des trophées ; entre les grands 
lableauz etoient aussi alternativement des armes de Monseigneur 
le Maréchal ou un chiffre de sept pieds d'hauteur, le tout peint 
de très bou goût et rehaussé d'or. Chacun de ces piramides, 
trophées d'armes, eloît entourré de bougies espacées avec beaucoup 
d'art et de simetrie. 

« Depuis la corniche jusqu'au plafond parru une nouvelle archi- 
tecture qui augmenta considérablement la tristesse qui etoit déjà 
naturelle dans le cœur de ceux qui assistèrent à cette Cérémonie. 
Au lieu de pilastres Corinthiens, etoient desâgures coUossalles sur 
des piédestaux de quatorze pieds d'hauteur, les unes représentant 
lies squelettes hideux, les autres des pleureuses, et les autres en- 
velopées dans des suaires portans à chaque main des candélabres 
argentés. A cdté de chaque figure etoient des consoUes en saillie 
qui portoient de gros flambeaux de huit livres pezant qui jettoient 
une âamme considérable. Au dessus des figures etoit une litre 
d'hermine qui faisoit le pourtour de l'église, ce qui formoit 
rarchîtrave. 

< Dîna la frJte etoient des testes de mort en bosse argentées, 
L'ipact^es do dislanco égales avec de» chifres et des armes de 
Villeroy- surhaussées d'or. 

« La corniche etoit form<-e par de grandes guirlandes et des 
festons de gazes blanches qui l'aisoienl un effet merveilleux sur le 
li'ap noir, outre les différents membres de moulures qui formoient 
anu corniche de^ pins singulières qui eussent paru. 

I I^ans leN arcades, entre les pilastres, litoient placéesde grandes 
armes ilo douze pieds J'iiauleur et Jes trophées avec des eûtes 




DE NOTRE-DAME DB LA COMPASSION 71 

d'armes, des canons, des cuirasses, des piques et généralement 
tous les attributs convenables à un Grand Général. Tous ces 
tableaux etoient bien peints et surhaussés de dorure. Dans la clef 
de chaque arcade etoient d'autres tableaux représentans plusieurs 
sujets, avec des devises diférentes, convenables aux actions et 
événemens de la vie de Monseigneur le Maréchal. La bordure de 
ces grands tableaux etoit formée par un drap blanc hermine, et 
dans la clef de Tarcade etoit placée une teste de mort en bosse 
argentée avec des ailles dorées, et au dessus de Timpostc, entre 
chaque figure qui formoient les pilastres, sortoient des mains 
de chaque squelette des festons de gazes blanches qui formoient 
uD ordre régulier d'architecture et d'ornement. 

c La face de l'autel etoit décorée avec plus de distinction que 
les deux ailles, Tautel etoit renfoncé et caché avec un grand drap 
de velours noir, sur lequel etoit une grande croix de moire d'ar- 
gent. Le fond noir etoit semé de larmes argentées, de même que 
les pilastres à cotés. 

* « Dans le renfoncement, etoit un plafond au dessus ou l'on 
avoit formé une grande coquille, avec ]es armes de Yilleroy, par 
des gazes blanches. La corniche etoit garnie de festons et de 
guirlandes comme les cotés de l'église. Dans la frize etoient des 
testes de mort aillées, dorées et coéfées avec des feuilles de chêne 
et de lierre. Au devant de l'autel paroissoit un grand rideau de 
beau drap noir, lié et suspendu par des crespes blancs, d'où 
sortoient plusieurs festons ; au bas du rideau etoit une grande 
frange d'argent festonnée, et dans chaque replj paroissoit de 
gros glands argentés. Dans les cotéi> de l'autel paroissoit deux 
niches dans lesquelles etoient à chacune deux pleureuses accou- 
plées avec des attitudes diferentes, tenant ù chaque main des 
candélabres argentés à plusieurs branches. 

ft Au dessus de l'autel, sur la corniche, etoit placé un grand 
tableau de dix huit pieds d'hauteur sur quinze de largeur, dans 
lequel paroissoit David mourant, apujé sur un grand Prestre, 
qui recommande son fils Salomon à Banajas son capitaine des 
Gardes, avec ces mots : Dux Banajas super exercilum nomi- 
natxBsimus^ et magnorum operum (Reg. lib. 2). Et plus bas 
etoit écrit : Manu tua erit guhernatus (Sapient.XIV). Ce tableau 



■t insTuIBE UU COUVENT DKS GARMKLITES 

etoit rchansst' d'or bien peint, et parut d'aaUnl plus beau qu'il 

oloil chargi^ on devant do beaucoDp da lamidrei. 

• Dans le fond opposa utotenl île m^mu doiix nicliec avec deux 
semblables figures et la mâniA quantité de candélabres, et la 
eoratclio chargée de gme comme les cotés. Dans le milieu enii'e 
les deux figuresetoient les urmes doVilloroy dedonze pieds d'hau- 
leur, quatre testfâ do mort formant les quatre angles et un grand 
chîfredetix pieds nn fjoarii- formv par des gazes btaiiclies. Au 
dessus de la corniche paroissoit un grand tableau allant jusqu'à 
la voûte, quirepre^entoit un sujet biendiferentà celujr de l'autel, 
on y vo^oil deux grandes morts aill<^es de dix pieds d'haulour, 
qui d'une main soutenaient les armca de Villeroj, et de l'autre, 
av«c la trompette, annonçoient \» pompe funèbre. Au dessus de ces 
deux grandes amen eloienl dcnx vertus qui paroissoient iVrire les 
grandes actions de la vie de Monsoigncur le Maréchal, avec ces 
mots au dessous : Felicitatî aalcrnm. — Francisci Villareffii. 
Le bas de ce tableau etoitchargd do grands candélabres argeatcs 
portant quantité de oierges. 

« La face au dehors etoit aussi tendita de noir depuis le pave 
jusqucs au fiouton, <?t au dessus du fronton paroissoît un grand 
tableau fait avec art, de vingt pîtds d'Iiauteur sur quinze de 
largeur, dans lequel on vojroit un grand carlouclie souleou par 
de graudus morts aislces, dans lequel etoit cette inscription : 



D. 



M. 



FRANCISCVS VtLLAREGlVS. 

REGIS GVBERNATOR, 

PROVINCl-C LVGDVN. PRORfcX. 

PROREGVM. FILIVS, NEPOS. PATER, ET AVVS. 

ADEPTVS SVMMAM, ET DIVTVRNaM, 
IN AVLA GRATIAM, IN FAMlLlA FELICITATEM, 

IN PROVINCIA AVTORITATEM. 

SVMMOS HONORES. PAGE. BELLOQ.UE. AOEPTU&. 

EHEV? JACET. 

■ An densus du cartouche etoit un tombeau peint en portor, 
soutenu par deux grands lions rugi^eans, et sortuit duTo iibeau 
UT) gi'anU squeleltt- qui represeotoit Monseigneur le Maréchal 




DE NOTRE-DAME DE LA COMPASSION 73 

revêtu d*an grand suaire parsemé de Croix de Villeroj, et de 
beaucoup de larmes argentées; au dessous du tombeau etoit un 
autre cartouche ou etoit une inscription qui annonçoit aux 
Citoyens la Pompe funèbre avec ces mots : 

ADESTE CIVES 

ET PATRIyt COMMVNIS PATRI 

VOTIS PRECIBVS PIISQVE LACRIMIS 

ET SALVTARI PRESERTIM HOSTIA 

PARENTATE 

(( Dans les cotés du fronton, sur les deux pilastres de la face, 
paroissoient deux autres tableaux qui accompagnoient celuy du 
milieu, dans lesquels etoient peints des trophés de diferentes 
formes que ceux du dedans, lesquels etoient enrichis d*ornemens 
convenables au sujet et surhaussés d'or et d*argent. 

ce La chapelle ou sont les tombeaux de Yilleroj etoit de même 
tendue de drap noir et garnie de testes de mort dans la frize, et 
plusieurs grands tableaux représentant diferents sujets de la vie 
de Monseigneur le Maréchal, surtout pendant la guerre. L'autel 
de ladite chapelle etoit parfaitement orné, et la corniche chargée 
de lumières, de même que celle de l'église ou il y en avoit près de 
deux mille. 

« Ce qui parut de plus beau et de plus touchant, fut le cala- 
falque, qui etoit élevé dans le milieu de l'église de quatorze pieds 
de haut sur dix de longueur et huit pieds de largeur, de figure 
quatrilatere, formé par quatre pieds d'estaux en marbre blanc 
avec des panneaux de portor, sur lesquels etoient élevées quatre 
consolles en marbre blanc au dessus desquelles etoient quatre 
testes de mort aislées, dorées, qui paroissoient porter une corniche 
en marbre blanc. Les consoles avoientla figure de colonnes torses 
par ce qu'elles etoient envelopées de branches de chêne dorées qui 
leur donnoient la môme figure. 

« Sur les piédestaux au devant des consolles etoient quatre 
figures d'hauteur naturelle, représentant les quatre vertus, d'un 
très beau blanc et très bien drapées. Entre les quatre piéd- 
estaux etoient élevés en gradins cinq marches avec un plafond 
au dessus, le tout couvert d'un drap noir, et toutes les marches 



74 HISTOIRE DU COUVENT DBS GARMÂLITES 

garnies de grands chandeliers d'argent portant des cierges très 
élcTés. An dessus da plafond, dans le milieu, etoit placée une 
banquette sur laquelle fut posé le cercueil couvert d'un drap mor- 
tuaire de velours noir, avec une grande Croix d'une moire d'ar- 
gent ; dans les quatre faces etoient plaquées les armes de Monsei- 
gneur le Maréchal brodées en or et en argent. Au dessus du cercueil 
etoit une grande couronne sur les bâtons de Maréchal de France, 
et une épée de Connétable, le tout couvert d'un grand crespe noir 
qui pendoit jusqu'au bas du cercueil. 

« Sur la corniche etoit un plafond formant un quart de rond 
par le dessus, lequel etoit garni d'un drap noir avec les armes de 
Villeroy , des Croix dorées et semées de larmes argentées. 

« Au dessus du plafond etoit élevé une piramide en marbre 
blanc, garnie de modillons argentés au devant desquels etoient des 
Croix de Villeroj dorées qui portoient chacune une lumière. 

« Dans les quatre angles de la corniche etoient placés quatre 
grands squelettes, à genoux, qui paroissoient supporter ladite 
piramide d'une main, et l'autre etoit élevée du cdté du ciel, 
paroissant montrer lavoje que devoit tenir l'ame de Monseigneur 
le Maréchal. Ils etoient couverts d'une draperie très blanche et 
bien drapée avec de longues queus qui tomboient au dessous de 
la corniche. 

c Dans les quatre faces etoient les armes de Monseigneur le 
Maréchal, et dans l'intervalle des armes etoient placés sur la 
corniche de gros chandeliers argentés, qui portoient de gros 
cierges fort élevés. Au dessus de la piramide paroissoient deux 
grandes urnes bien argentées et très élevées, et qui terminoient 
ladite piramide, d'où sortoit une grosse flamme. Le tout etoit 
couvert d*un grand Daix très élevé avec une corniche argentée, 
au dessous de laquelle etoient des pentes festonnées en velours 
noir, garnies de deux rangs de galons d'argent et d*une très belle 
frange; dans les quatre angles pendoient deux rideaux relevés et 
recourbés avec des cordes argentées et de gros glands. A l'extré- 
mité des quatre rideaux etoient de grandes franges d'argent de 
neuf pouce d'hauteur, d'où sortoient plusieurs glands et gros 
boutons d*argent. 



DE NOTRE-DAME DE LA COMPASSION 75 



RECUEIL DES INSCRIPTIONS 

gUi ONT ÉTÉ PLACÉES DANS L'EGLISE DES CARMELITES 
ET DANS LA CHAPELLE DE VILLEROY 



1» COVRONNE A L'ANTIQVE 

Le passage de Raab en 1664, est représenté par une couronne 
triomphale de lauriers, avec ces mots dans la couronne : 

VICTORIA ARRABONICA DE TURCIS. 

La prise de Gharle Roj, de Dixmude, de Tongres, par une 
couronne murale faite de crénaux ou de tours, avec ces mots : 

CAROLO REGIO CAPTO. DISMVDA EXPVGNATA 

TONGRIS OCCVPATIS. 

La belle campagne qu'il fit en Flandre en 1705, en couvrant 
la Flandre Française et arrêtant la grande armée des ennemis, 
est exprimée par une couronne de gramen, avec ces mots : 

HOSTIBVS REPRESSIS, FLANDRIA LIBERATA. 

^Son intelligence supérieure à faire camper et subsister une armée, 
par une couronne castrense, faite avec ces sortes de pieux dont 
on entoure les camps, avec ces mots : 

s. P. Q.. L. OB CIVES SŒPE SERVATOS. 

Pour marquer la juste espérance qu'on a que toutes ces cou- 
ronnes passagères seront suivies de Timmortelle, une couronne 
d'étoiles, avec ces mots : 

MANET ULTIMA CŒLO. 

2^ DEVISES 

Pour marquer son attachement infini à la personne du Roy 
Louis le Grand. — UEtoille du matin qui ne s éloigne jamais 
du soleil ni à son levant ni à son couchant. 



76 H STOIRE DU COUVENT DES CARMELITES 

CUM SVRGIT, ET OCCIDIT, AD SVM. 

Pour exprimer les honneurs dont il a été comblé. — Un de ce» 
phénomènes qu^on apelle tme étoile volante. 

MVLTA CVM LVCE, CVCVRRIT. 

Pour sa constance dans les divers évènemens de sa vie, — Une 
haute montagne dont la pointe est au dessus des orages, des 
vents et des tempêtes. 

TOTO VERTIGE SVPRA EST. 

Pour exprimer Thonneur qu'il a eu de gouverner le Roy. — 
La clef d'une montre. 

Q.VO REGIMVR REXIT. 

La force d'esprit dans Tage le plus avancé. — Un vieux c.'téne 
encore verd et couvert de trophées, 

NIL ANNl NOCVERE. 

La joye que nous avons de le voir revivre dans son illustre 
famille. — Un soleil couchant qui peint son image dans deux 
ou trois parelies. 

PVLCHRA SIMILIQ.VE IN PROLE SVPERSTES. 

Sur la chapelle de Villeroy ou sont les tombeaux : 

REL1Q.VIAS, VETERVMQ.VE VIDES MONVMENTA VIRORVM. 

Pour marquer sa mort chrétienne. -^ Une fusée qui s'élève 
vers le ciel, 

Q.VŒ SIVIT CŒLO LVCEM. 

Le néant de toutes ses grandeurs. — Un bûcher Romain. 

IN CINERES HIC SPLENDOR ABIT. 

Une aigle et son aiglon qui regardent fixement le soleil. 

PATRE VIAM MONSTRANTE. 



Î)Ë NOf Rï!|-t)AME DE LA COMPASSION Tl 

« Le quinzième (sic) du môme mois de septembre, MM. les 
Rectears et administrateurs du Bureau de THOpital Général de la 
Charité, députèrent M.l'Exconsul et M. le Trésorier au Consulat, 
pour le prier de luj faire Thonneur d'assister au Service solennel 
que le Bureau avoit résolu de faire célébrer pour le repos de 
Famé de Monseigneur le Maréchal, et en actions de grâces des 
bienfaits signalés dont elle lui etoit redevable. Le Consulat déli- 
béra de repondre à Tinvitation de MM. de la Charité, et à cet 
effet fixa le jour de celte Cérémonie au Vendredj 15^ ^ 

K Le Consulat s*y rendit avec les sieurs Exconsuls en robes 
noires, précédés des ofdciers des Arquebusiers et des Mandeurs 
avec leurs manteaux, et il fut reçu à la porte de TEglise par tout 
le Bureau à Texception de M. Le Comte qui se disposoit à célé- 
brer la grande messe. 11 fut accompagné de même aux places qui 
lui etoient préparées, le Consulat â droite du Catafalque et les 
Exconsuls à gauche, et d*abord après on commença la messe, pen- 
dant laquelle on exécuta dans la tribune qui est au fond de TEglise, 
la musique de la messe de mort composée par Gille, laquelle avait 
été chantée à Saint-Antoine. 

t A Tofertoire, la messe fut interrompue par Toraison funèbre 
que prononça le père Renaud de cette ville, de Tordre des frères 
Prêcheurs et docteur do Sorbonne, après quoj on finit la messe 
et le Consulat se retira accompagne comme il avoit été à son 
arrivée. 

(( La décoration de TEglise de la Charité etoit digne de la 
rcconnoissance de cette maison pour les bienfaits que Monseigneur 
le Maréchal luy avoit procurés, puis qu'on ne pouvoit rien ajou- 
ter au bon ordre, à la magnificence et au goût de cette Cérémonie 
funèbre, qui se passa avec autant de dignité que d'attention de la 
part desdits sieurs Recteurs. Dont et de tout a été dressé le pré- 
sent journal, pour servir et valoir ce que de raison, que nous 
avons signé et fait contresigner par André Perrichon, chevalier 



i La re'ation de cette cérémoaie a été publiée sous ce titre : « Description de 
la pompe funèbre de Monseigneur le inarà'.'hal duc de Villeroy, faite dans règlise 
de TAumône générale et Hôpital général de la Charité de Lyon, le 15 aep' 
tembre 1730, par Mil. les administrateurs; avec l'Oraison funèbre prononcée, dans 
la même église, par le R. V. Hknaud. » — Lvon, André Degoin (1730). In-folio avec 
figures. 



78 HISTOIRE DU COUVENT DES CARMÉLITES 

de Tordre duRoj, secrétaire de la ville de Lyon et du (Commerce. 
iSt^n^ .'Perrichon, Guichard, Quinson, Brossbtte Palbrne. 
Par le Consulat .• Perrichon. » 

(Registres des (ictes consulaires, année 1730, folio 186 et suivants.) 

Les dépenses faites par la ville de Ljon pour les funérailles du 
deuxième maréchal de Villeroj, sV'levèrent à 17.783 livres, ainsi 
que le constate la pièce suivante : 

Du samedy vingt troisième décembre mil sept cent trente, après midy en 
Thôtel commun de la ville de Lyon, y étant : MM. Perrichon, P. des M , 
Guichard, Quinson, Brossette, Paleme, Echevins... 

Mandement certificatif de la somme de Dix sept tnille sept cent quatre 
vingt trois livres, à laquelle se sont trouvé monter et revenir touttes les 
dépenses qui ont été faites à l'occasion de la mort de Monseigneur le Maré- 
chal Duc de VilUroy, Gouverneur de la ville de Lyon et des Provinces du 
Lyonnois, Forest et Beaujolois, lant pour le premier service qui fut fait 
dans TEgliie des Religieuses Carmélites peu de jours après que le Consulat 
eut reçu la triste nouvelle du déce dudit seigneur, que pour les frais de la 
décoration de la pompe funèbre le jour que le corps dudit seigneur fut con* 
duit et enterré dans ladite Eglize, dont le Monastère est fondé par la maison ^ 
de Viileroy ; compris dans ladite somme Thonnoraire donné au Père Dalle- 
roand, jésuite, qui prononça Toraison funèbre, la rétribution de quantité de 
messes basses ordonnées dans plusieurs Eglizes, et les aumônes publiques 
et particulières distribuées le jour du service et de la pompe funèbre. Le Con- 
sulat ayant jugé apropos de ne lien épargner pour faire éclater la reconnois- 
sance de tous les Citoyens pour la mémoire d*un Gouverneur si respectable 
et si chéri, et qui a rendu pendant le cours et jusqu*au dernier moment de sa 
vie les services les plus importans à cette ville et communauté. Et rappor- 
tant le présent mandement certificatif, etc.. 

(Registres des actes consulaires, année 1730, fol. 133 verso.) 

François Paul de Neufvillc, Archevêque de Ljon, ne survécut 
que six mois à son père le Maréchal de Viileroy. 11 mourut pres- 
que subitement dans son palais, le 6 février 1731, et fut le dernier 
seigneur de la maison de Viileroy enterré aux Carmélites. Les 
trois pièces qui suivent font connaître les honneurs funèbres qui 
lui furent rendus et auxquels assista le Consulat. 

« — Du Mecredy septième février mil sept cent trente un, 
après midy en ThOtel commun de la ville de Lyon, y étant : 

MM. Perrichon, P. des M., Brossette, Paterne, Blanchet, 
Dutreuil, Echevins. 

« Messire François- Paul de Neufville de Viileroy, Archevêque, 
Comte de Lyon, Primat de France et Commandeur des ordres du 



DE NOTRE-DA^E DE LA COMPASSION 79 

Rov, étant décëdë le jourdTiîeç, entre onze heures et midj, le 
Consulat extraordinaiement assemt^lë cheiz M. le Prévôt des 
Marchands, auroit délibéré de se transporter ce jourd*huj, trois 
heures de relevée, en robes noires, précédée des Mandeurs por- 
tant leurs manteaux ordinaires, dans le palais archiépiscopal où 
le corps dudit seigneur Archevêque est exposé sur son lit de 
parade, pour jetter de Teau bénite et laj rendre les derniers 
devoirs, ainsi qu*il est d*usage en pareil cas. Il a été pareillement 
délibéré qufi lesdits sieurs Prévôt des Marchands et Echevins se 
rendront vendredj prochain dans TEglize des Carmélites, pour 
assister chacun en particulier au service et enterrement de mon- 
(iit seigneur rArchevéque, sur Tinvitation qui en a été faite de la 
part de Monseigneur le duc de Villeroy, attendu que les Ck)mpa- 
gnies n'y sont pas invitées. Dont acte. — Signé : Perrichon, 
Brossbtte, Palbrne, Blanchbt db Pra vieux, du Treuil. » 

(Registres des actes consulaires^ année 1731, folio 24 verso.) 

• 

<c — Du Vendredi/ seize février mil sept cent trente un, 
avant midj en l'hôtel commun de la ville de Lyon, y étans extra- 
ordinairement assemblés MM. Perrichon, P. des M., Brossette, 
Palerne, Blanchet, Dutreuil, Echevins. 

c Le Consulat ayant été invité par des Chevaliers de 
TEglize de Saint-Jean, au nom et de la part de Messieurs les 
Comtes, d'assister au service qu'ils dévoient faire célébrer ce 
jonrd'hui dans leur Eglize pour le repos de Tame de feu Monsei- 
gneur l'Archevêque, et étant informé que touttes les Compagnies 
avoient reçues une pareille invitation, et qu'elles avoient resoin 
d*y assister en corps par le seul motif que ledit seigneur Arche- 
vêque est de la maison de Villeroy, Le Consulat se seroit déter- 
miné d'autant plus volontiers à se conformer à l'exemple des 
autres Compagnies, que son respect et sa reconnaissance pour 
cette Illustre maison l'engageront toujours à luy en donner des 
marques les plus distinguées en toottes occasions. Et à cet effet, 
il se seroit rendu en Corps et en robes noires, entre neuf et dix 
heures du matin, dans TEglize de Saint-Jean, assisté des sieurs 
Exconsuls, précédés des Mandeurs portant leurs manteaux et 
petits écussons, et auroit pris ses places ordinaires de même que 



\ 



80 HISTOIRE DU COUVENT DES CARMELITES 

les autres compagnies. La grande messe a été célébrée par 
M. le comte de Montmorillon, sacristain de Saint Jean, avec 
toute la dignité qui se pratique dans cette Eglize. 

c La représentation du mausolée etoît an milieu du chœur, 
parfaitement ornée et chargée de quantité de lumières, au-dessus 
de laquelle il y avoit un grand dais des plus magnifiques. 

« Tout le chœur étoit tendu de noir, sur laquelle tenture étoien 
placés des Ecussons aux armes dudit seigneur Archevêque. La 
porte extérieure du chœur étoit également ornée, et autour du 
chœur étoit un cordon de cierges. 

c Derrière le maître autel étoient des bancs couverts de drap 
noir pour les Gentilshommes et oficiers dudit seigneur qui avaient 
été invités d'assister à cette cérémonie. 

« La grande messe et les prières étant finies, les Compagnies 
se sont retirées suivant ce qui est réglé pour les Cérémonies du 
Te Deum. Elles ont jette Teau bénite sur la représentation, et 
au sortir du chœur elles ont trouvé M. le Dojen et MM. les 
Comtes à droit et à gauche, qui leur ont fait les honetetées et les 
politesses convenables. Dont a été dressé le présent procès verbal. 
A Ljon, lesdits jour et an. Signé : Prrrichon, Brossbtte, 
Blanchet, de Pravieux, p. du Treuil. » 

'{Registres des actes consulaires, année 1731, folio 32.) 

c — Du 28 février 1732. — c Autre Mandement pour M. Clau- 
de Bertaud, vover et ingénieur de celte ville, de la somme de 
Mille cinquante cinq livres y quatre sols, trois deniers, pour son 
remboursement de Tavance de pareille somme par lui faite pour 
la décoration du service fait dans TEglise des Carm^ites, le 
sixième février dernier, jour de Taniversaire de la mort de Mon- 
seigneur François- Paul de Neufville de Villeroy, Archevêque et 
Comte de Lyon. Compris dans ladite somme la valeur de la cire, 
lés tentures et autres dépenses nécessaires en pareil cas. Lequel 
service a êtt' fait sans tirer à conséquence à Tégard des autres 
seigneurs Archevêques, et toujours par les motifs énoncés dans la 
délibération du quatre décembre Mil sept cens quatorze ^ Et 
raportant le présent mandement et quittance, etc. » 

\Registrrs des actes consulaires^ année lT3i. folk) 30 verso.) 

1 «. . . . I r tout reanr vins sans tirer a roDS^^qoence a l'égard des seigneurs 



y 



I 

I 



DE NOTRlS-riAMl!; DE LA COMPASSION' 81 

Louis -Nicolas de N'eufville, duo de Villeroj, fréi-e aîné de 
l'archetèque François-Paul, gouvernear de Lyon et <lea provinces 
de Ljonnais, Forez et Beaujolais, mourut le 22 avril 1734 au 
cbateau de Viileroy prés Paris, âgé de 03 ans. Le Consulat lui 
rendit lus honneurs font-brcs dus à son ranp, et lit transcrire sur 
le registre de ses actes un |irocôs- verbal conlenant la descriptiou 
des divers services qui furent céldbrc-s à Lyon pour te repos de 
rime de ce personnage. Voici le lexle de celte pièce : 

« Du Jeudi/ vingtième May mil sept cens trente quatre, après 
midy en l'hôlel commun Ue la ville de Lyon, ji'tans : MM. ï'erri- 
clion, P. des M., Denis Birouate, Berlin, Girard, Kchevins. 

a M. le Prévôt des Marchands ayant recd le Jour de Paquet, 
vingt cinq du mois d'avril dernier, la nouvelle de la mort do 
Monseigneur le duc de Vilieroy, Pair de France, Chevalier des 
ordres du Uoy, Lieutenant General de ses armées et Gouverneur 
de la ville de Lyon et des provinces de Lyonnois. Forçât et B.?au- 
jolois, arrivée le jeudy saint xxn" Uudit mois d'avril, entre midy 
el une heure, auroit sur le champ fait convoquer le Consulat pour 
lai faire part de cette triste nouvelle et pour prendre les mesures 
convenables sur ce qu'il y avoit .i l'aire dans cette occasion. Il fut 
ddliberé que l'on écriroit i Monseigneur le Duc de Botz et à Mes- 
dames les Duchesse d'Haliucour et de Bouliers, pour leur témoi- 
gner la douleur du Consulat sur la perte de cet illustre Sei- 
gneur. Il fut aussi aiTi'té que le jour du service que l'on dcvoit 
faire pour lui dans l'Eglise des Carmélites, dont la maison de 
Vilieroy est fondatrice, demeureroit Hxe au cinq du prcsent mois, 
atlendu que pendant la quinzaine de Pâques il n'est pas d'usage 
de faire dans les Eglises des services pour les morts, et puur que 
tout fut prêt pour leilit jour, on donna les ordres convenables au 
voyer de cette ville pour disposer les choses ni'cessaires pour ce 
service, avec la dignité qu'il est a propos d'observer pour une 



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S! HISTOIRE nll COUVENT DES CARMELITES 

CeremoNie fumbre, cl pour rendre les premiers ilcvoirs à la 
mémoire d'un Seigneur si respectable, eti altcndartt qu'on puisse 
être iiiform<.' » le corps <)e Mi>n«eign''ur le Duc de Villerov sera 
transféré i L.von. 

■ Ces dis|H)sitionB ainsi arrâlées, il fut aussi résolu d'assis- 
ter aux sorvices qui seroiont faits pour lui dans l'Eglise de 
Saint Jean, & Saint-Pierre et aux deux HOpilaus, ou le Consulat 
a coutume d'âlre iuvit<!, et qu'il SL'roit fait un procès verbal de 
toutes ces diferentea Cérémonies, sur le registre des actes Consu - 
aires de cette ville, par le sieur secrétaire, aHn que daus la suite 
on soit infiirm^ de tout ce qui s'est fait dans cette ocoasiou. 

a Le Mercredi/ cinquième du présent mois, le Consulat, en 
robes noires, assisté des sieurs Exconsuls, et procédé des Man- 
ileurs avec leurs Manteaux, et des oficiers des Arquebusiers, se 
rendit sur les dix heures du oialin dans l'Eglise des Carmélites 
qui éloit toute tendue de drap noir depuis le pavé jusqu'à la corni- 
che, a l'exception des pilastres et des nrcades. La frize ^toit foran-'e 
par un drap noir sur lequel étoient placés des Testes de morts 
argentées, des ossemens, des chifres et des nrrooirios de la maison 
de Villero^, espacés cl rangés en cemélrie, autour de l'Eglise ëtoit 
an cordon de cierges, le maître autel étoit également tendu de noir 
avec de pareilles armes ; le portail de l'Ëglise étoit aussi tout tendu 
de noir avec un grand l'cussou aux armes de la maison et de petits 
aux cAtés. 

a Au milieu de l'Eglise étoit élevé un catafalque sur plusieurs 
gradins, 1 1 au dessus du dernier éioit la représentation couverte 
d'un drap morlnaire de velours noir avec une grande croix do 
moire d'argent, sur laquelle il y avait un carreau de velours noir 
ou étoit la Couronne Ducale ut les autres marques de ses dignités 
couvertes d'un crêpe noir. Tous les gradin» étoient garnis de chan- 
deliers d'argent av«c leurs cierges, et au dessus uu grand dais 
dont les pontes étoient de velours noir couvert de plusieurs rangs 
de galons d'arg'.nl I.a clinpellc de la maison de Villcro; éloîl 
teudUe de même drap noir et garuiu do lumières. 

K Le CofMuZafsemità la droite du Catafalque et les ExconsuU 
â la gauche, sur des bancs couverts de drap noir. préparés à cit 
eflet. 



DE NOTRE-DAME DE I.A COMPASSION 83 

a On avait fait préparer le 7')-Aonff{8ic)doMonBeig'neur l'Arche- 
'r^aooiilrelagpiledu cliœurdesDaniesGarmelileset laporledela 
8acrislie,ajaiit fait dire qu'il iissislerait â celle Cérémonie, et placer 
des bancs dans le chœur de ladite Eglise, en a verts de drap noir ponr 
le chapitre deiSaint-Niitierque le ('onsuiat avoit fait inviter en la 
t personnede M. le Sacriâtaio poury venir célébrer la grande messe. 
« Le Consulat trouva devant TE^lise la compagnie des arque- 
LbusiersGous les armes, qui battit aux chnnips à son arrivée, étalant 
■ pris les places qui lui t'toient destinées, le iJhapitre de Saiot-Nizier 
t'irrÎTa procession nellement. M. le Sacristain portant i'Etole. Quel- 
Ique lems après Monseigneur l'Archeviîque arriva aussi aux Car- 
Faillites, en eamail ot en ro>ïhet, sa Croix i^lant parlée dev^ot lui ; 
\ fe Conaulat fui le recevoir sur le seuil de la porte de l'Eglise et 
e conduisit jusqu'à son Trhflne (sic), 

a Les Dames qui voulurent assister à cette Cérémonie funèbre 
furent placées dans la chapelle, et les hommes, quoique on n'v eu^ 
[Invité personne, sur des chaizes dans l'Eglise. 

I La grande messe fut célébrée par M. le Sacristain de Saint- 
BïiiEier très solcmnellemenl â trois prestres, trois diacres et trois 
lofls diacres, el quand elle fut finie, l'on fît l'absoute suivant l'u- 
; Après quoi, Monseigueur l'Archevêque sortit et fui accom- 
Itagnc* par le Consulat, comme a son arrivée, et ensuite le chapitre 
Ide Saint -?îizier se relira procession nellement comme il était venu, 
Bvt tons ceux qui avoient assisté à cette Cérémonie se retiri-rent- 
T Cela étant fftit le Consulat sortit de l'Eglise. 

t Le second ïfri'iceaoleinnol qui fut célébré pour Monseigneur 
le Kuo de Villeroj, fut te xiii" de ce mois dans l'Eglise de Saint- 
Pierre, auquel Madame l'abesse avoit fait inviter le Consulat par 
son aumônier, et ea qnalitt^de parente de la mai.^on de Villerov on 
jugea apropos d'y assister. On y ala avec le même i^ortnge ; las 
Prcvdte des Marchands et Echevins furent placés à la droite du 
Catafalque, cl les Exconsuls à la gauche. La décoration fut des 
plus maguiSques; M. le Curé de la paroisse y olîcia et célébra la 
grande messe, â laquelle chantèrent les Bi-li^ieu^es. El étant tinie, 
le Consulat se relira, e[ fut accompagné par les aumônier, sacris- 
tain et autres oficiers de Madame l'abesse de la même manière 
qu'il avait été reoû en arrivant à l'RglisL-, 



U HISTiHUE l)i: COUVENT OKS CARUEI.ITKS 

> Le Samedi/ quinzième de cemois, Mesaieurs les Comtes cele- 
brurent dADs l'Cglisc île Saint-Jean un aerviuu solcinucl pour f«ii 
Monioigneur 1» Duc do Villeroj'. Le chœur lïloit lendu de aoir 
aveu des carlouches aux armes de ce Seigneur. Il y avoit un cordon 
dû cierges autour du chii'ur et au jubt', il i^toit à double; lu devant 
de la porte du chœur fitml de même tondu rto drap noir avec de 
grandes armoiriea et des chifres. Au milieu do chœur 6toit plaça 
la repr^nentation sur deux gradins suivant l'usage de cette Eglise, 
ut ils Ploient chargeas de lumières. Monsieur le comte de Montmo- 
rilton, grand sacristain, célébra la grande messe, avec tout Tapa- 
leil qui 8'obsi!rvu dans cette Eglise aux plus grandes Cérémonies, 
après quoi on fit l'absoute â la manière ordinaire. Toutes les com- 
pagnies furent invitas & celte cérémonie par deux chevaliers de 
ladite Eglise. KUes ; assistèrent en robes noires, et furent placées 
comme à celle du Te Leum et aortireot suivant le Cérémonial 
arrêté entre elles. 

(1 Le Bureau de i'Hfitel -Dieu ayant fait inviter le Consulat par 
ses députés, de \ay faire l'hotineur d'assister au service qu'il vouloit 
faire celi^brer le jour qu'il lui assigneroil, il fut indiqua au 
lundy Xïir du présent mois ; et le Consulat se rendit à l'HOteU 
Dieu, aveu tes sieurs Kxconsuls, et le même cortège qu'aux précé- 
dons services. Us furent re^ius par tout le Bureau sur le perron 
de l'Eglise et places aux deux côtés du Catafalque, Mossicurâ les 
Prevêt des Marchands, l'ichevins et Oticiers à la droite, et les 
Eiconfuls il la gauche. Le Bureau avoit quitté ses places ordi- 
naire:', s'était mis au bout de l'Église sur des bancs aux deux cOtéa 
du tambour qui est dans l'Eglise, laquelle de même que le Chœur 
étaient fuit bien décorés. La Cérémonie linie le Consulat se retira 
ut fut accompagné par tout la Bureau de la même maniera qu'il 
avoit été rei;(l i son arrivée. 

Enfin le Consulat ayant été invité au nom de Messieurs tes 
Recteurs du Bureau de ^h'^pital général de la Charité de cette 
ville, par M. l'Kxconaul et M. le Trésorier, de iixer le jour pour 
le service qu'ils vouloient fairu célébrer [lour Moudit Seigneur 
•ians leur Eglise. 11 fut arrelé que ce soroil le xx du présent mois. 
Et à cet effet lesdila sieurs Prevût des Marchands. Eehevins, Ofl- 
ciers et Exconsuls, précédée des Mandeurs et oficîers des arque- 



I m 

^H Air 
I Cei 



DE NOTRE-DAME DE LA COMPASSION 8.1 

bUBiere, s'y rendirent ledit jour xx", et furent reçus i\ la porte da 
l'Eglise par tout le Bureau, M. le Comte étant à la Teste, et ib 

[_fiirent accompagnés de même aux places qui leur i^toietit dcslinÛE 
i droite et à gauche du Catafalque qui ^toil élevé au milieu de 

Pl'Kgtiâe, et l'un et l'autre orné avec beaucoup do goût pour uuo 
Cérémonie funèbre de celte espèce, laquelle étant finie, le Co:tsulat 
se relira, el fut accompagné de la même manière qu'il avoit été 

Ireçu j Dont et du tout a été dressé lo présent procès verbal pour 
wrvjr et valoir ce que de rsisoo, que nous avons signé et fait con - 
treaigner par André Perrichon, chevalier de l'ordre du Roy, 
Secrétaire de la ville de Lyon et ilu Commerce, les jours el aji 
qne dessus. 
* M Siffné : Perhicbon. Dpnis. Birouse, Bebtin, Girabd. 
i a Par le Comulal, siffné : Pehrichon. n 
I (Rfgàtrei dit ncln consulairti, aunée 1734, folios. 114 el «uivanl».) 
Le Consulat dépensa la somme de 1619 livres, 17 soh, 6 deniers, 
tant pour la décoration intérieure ile l'église que pour les fraiii 
dirers du service solennel i^u'il fit célébrer aux Carmélites, ainsi 
n)ue le constate le Mandement suivant : 

■ Du Hardy huitième juin mil sept ccus 
1 Mimnun de bi villa de Ljiin, y élan» 
, Birouïle. Bertio, Girai'd, Kt^hevias, 

, . , . Uanilemeni pour Biour CI«uJe Berloiid, ïuyer et >agiui«vrile 
ville, de la somme de Seite ftns dix neuf lirres dix sept lols tix 
■Bien, Jl Uquplle a'eat trouvé monter la d«penie du lerviee fait de l'or- 
I du Coosulat, le cinquième May dernier dans l'Eglise des Religieutni 
■mtlitas de celle ville, pour le repos de l'ame de Monseigneur le Duc de 
fUaroj, Gouverneur de Lyon el de ces provinces. A lu Torme de l'elat eer- 
"à véritable pur ledit aieur Berlatid, lequel rapnriaul avec le preseut rnnu- 
imenl et quiltance, etc. 
IRtgUtrei itti acus eonivlairei, année 1734, rolio T£ verao.) 

En 1740 le consulat fit réparer dans l'intérieur de l'église des 
Carmélites et île la chapelle de Villero^ les dégradations que les 
diverses décoratims faites pour les obsèques des seigneurs da la 

I aiiBon de Villeroy y avaient 

1| Il pièee suivante : 

Qit jtady vingt djuiirin? décen: 
ta l'hÂlel commun de In viile de i,io 
Pilles M., Palerne, Rivi^neuli, Cli. 





M IIISTOIBK DU COL'VENT DES CARMÉLITES 

. t - . . iiandemml a André Ponnont, eotrcprcntnr d« cflll« *ill», dfi 
lu MiiQiua d* D«ui mille cinq i-eoi wpl livre), 8*pt «eli, «ix deniers, 1 U- 
iiuelle laidita lAeuT» "lit nnxûré •■ atri^v h XX* du |)reieut muia U oomplv 
■ nui pr^niilé lien outratïM ils miconueri». rhargicale, serrurie, fer blune 
rI RUtrM MBihIlhlH ronnilluru iiu'it a biUis d* TordM du Cnaïuial. Uni 
dani I'^kIihii Ue> dninv* Holigicum Camutitu da c«U< ville qu* doa» la 
chap«ll*}' altouaiitd, |>iiur reparer l#a donimiKM «lue tei dUerciiles obs^uet 
hltM pour l'illuBlre raïuills de Villeroj' aroJMl i>caaioRDA>; le tout aimi 
qu'il Ml ifi^ciDé audit aumpta. leiiMel raporlaut A cê la |ir«>ciil m*ndt!meat 
a< qnittanea ladite iiinini* sera (lOM^et alloute, «k. 
S'ifii» : Cliirel Ia ToanM. Paleruo, RifcrieuU, Chnpi>e, Mnveuria, ■> 
iHegiih-ft des actes contulaifri, nODoo H «. folio IM.) 

L(iuii«~FrançoiS'Annfi de Neufville, diic deViUeroy, qui en )"3< 
avait siicct^di! à son pure dans U cliargi- do fcouveroeuF do la vill» 
ilo Lyon, dniit il so dt'tnit en i'H'J on favenr de sou neveu Oabriel- 
Louia, mourut âgé de 71 anï, lo 13 d^embre 1765, ati château d« 
ViUemy jiri^s Paris. Le (^nsulat lui rendit les LonneuDi funèbres 
dus aux ancieiis gouverneurs de la ville, ainsi que le constate la 
piâce suivante : 



ml MÎiauta lii, apr«* inid; «n l'hAtel 
; U. M. de la Varpilliera P. de* M. 



t Qraiid. (Je 



/)uj«udy traiùemajuillat i 
''(Hiimun delà villa d« l.vnn. 
K*ynaiid, Cumpredon, Variter, Echavlna. 

Autre Vandimenl pour te 

OuDlr* MiUt lept cent qwitre vinyr dix/iutt tji-r», dix M)>t roIk, A 
lai(u«lla nous avoa* ca jnufd'bii} nireta In (compte qu'il nous a prcsente da 
luula lai frai», dnliourcés cl depcuii;! t^une râla ment qurlconques. qui oui élé 
faitu de nolrui>rdre, tant pour ladei-nratloit dil'Kitliia dm Dniucs relit;ieuaea 
Carmelit» ils cell» villa, qu» pour le Calaluliiua qui^A «!'■ eUrd a l'occation 
dn larrice (otcmiusl que celle viMa ni ciiiaïuunauld y a fait calcbrerleSCnvri 
damier pour U nipiia da l'âme ds Uiniseigiittur le Duc de Villrroj' et de Rnti, 
Pair lie France, auciea Gau*evaaur d LUairnaal Kôioral do cetia tiI1« cl de 
cei provinec*. le loul auivaul le détail mentionné audit compte, lequel rappor- 
tant areu l« pmciit maadomeiil nt quilloace, ladite lomma de 4799 I 17, 
t*ra |ia*Me et aliouM dnai lei complet de la lille au ehapilre dea depenaei 
eilraord III aire*. Priants, elo... 

{Urgiilrci rJrj ont» cunnulaù-fS, aaiiée 1760, foli-i 31.) 

Louis-François -A une deNeufville <-st le dernier seigneur de ViU 
loroy à qui la Consulat rendil lee Lonneurs funèbres. Son neveu, 
a brie 1- Louis- François de Neufville, marquis, puis duc de Ville- 
roy, llls de Frant;uis Oaniilld et de Mario-Josi^phine de Boufllers, 
m.' le 8 octobre 1731, en faveur duqui^l son oncle »ii démit de su 
charge Oe gouverneur de la ville en novembre I7(i3, fut le dernier 



DE NOTRE-DAME DE LA COMPASSION S7 

gouTerneur de Ljon * et aossi le dernier doc de Villeroj. Il 
mourut sar Téchafaudy en pleine Terreur, le 28 avril 1704» après 
avoir vu consommer la ruine du monastère fondé par ses aïeux, et 
opérer brutalement la destruction des splendides tombeaux élevés 
à la mémoire de ses ancêtres dans la cbapelle de Villeroj. 



1 La décret portant suppression â partir du 1"' janvier 1791, des plsces de gouver- 
neurs de villes et pro«'inces, lieutenans généraux, lieutenans de roi, majors et 
autres, est du 2025 février 1791. 



APPENDICE AU LIVRE PREMIER 



Les pages qni précédent étaient imprimées lorsque nous sommes 
enfin parvenus à découvrir plusieurs actes importants pour This- 
toire des Carmélites de Lyon, mentionnés très succintement dans 
les terriers d*Ainay, de Saint- Pierre et de Saint-Paul, et que nous 
avions vainement recherchés jusqu'à ce jour. Ne pouvant mettre 
ces documents à la place qu'ils devraient occuper, nous donnons 
en appendice les suivants : 

i^ Sentence d'adjudication en la. sénéchaussée et siège pré- 
sidial de Lyon, du 6 avril 1616, des biens des mariés Vaillant 
à Claude Seguin, avec la déclaration de madame d'Halincourt 
pour les Carmélites et la mise en possession par le sergent royal 
des biens adjugés. L'extrait que nous donnons de cette pièce a 
été restreint aux dispositions principales, en laissant de côté les for- 
mules et accessoires qui ne présentaient aucun intérêt historique. 

2^ Extrait de la vente faite par Madeleine Callarin à madame 
de Harley le 18 mai 1616. 

3® Vente consentie par Mury aux Carmélites le 30 avril 1642. 

40 Signification faite de par le Roy à François Cliappuys pour 



90 HISTOIHEDU COL-VENT DES CARMELITES 

la veote de ses maison et jardin aux religieuses Carmélites, le 

12 juillet 1642. 

5° Contrat d'aliVanchis sèment du 13 février 1G62 et celui 
du 7 juillet suivant portant transfert, sur une maison de la rue de 
la Pêcherie, de la rente due annuellement par !es Carmélites au 
chapitre de Saint-Paul pour cens, servis et autres droits seigneu- 
riaux. 

6° Bail à vie de la propriété de la Galla, consenti par les 
Carmélites à François Chappujg, le aoQt iGôi, avec l'acte de 
confirmation du 24 mars 1676. 



Le Seneiehal a gent tenant le iiige |iresidial a Lvon el tous ceuli qui 
ces preBFQtes verratil, Seacoir faisons qti« et- jourd'huy, [latte des imeentcs. 
M° Jehua Jatiorev, |irocureur de noble ^mablo Tliicrry, bourgeois citojco 
de Lyon, qui a son domicile esleu en sa maisou d'habilaliiiii (cize t la idoD- 
lée du Pont de SaoBDe, Q la part de l'Herberie. parrois^e Saiuc^l-Niiier, 
demandeur poutsuÎTant criée- pour le pajemenl de la Eomme de douie cens 
■oiiante liires, ude préjudire des poursuites d'Ieellea e[ de Inclioii qiie ledit 
iteur Thierry a a l'encootre de □;ible Thuniaa Berlholj', pour raison dudict 
deble, sur certains fondi de Claude Vaillant el damoiselle Callierioe Voyrat 
M femme, ealaaz lesdicti biens de l'estoc de la dicte Vojret, femme lépiréa 
d« bieni dudict \'aiUant, el leadicts mariea Vaillant et Voyret deffeodeun 
•I dMfaillant. — Dunoisalle FranfoîM Neieu, le> «eurs Bertholj, M* Jehan 
da Lacoitre, docteur médecin, Pernetle Dubojs et M* Pierre Chomeil, inter- 
venant affln d'hpotheque ; Uaude Rougier dit Pobvrt, Claude Bachelier et 
Uagdalayne Calarln, ta. femme, ci-devant oppo^auls, aOn de distraire d'aultre. 
Lequel noua avoni remonstrri que le cinquieame de juillet de l'anuée 1606, par 
datant Qrangier, notaire rojal a Ljon, ledit Clauile Vaillant el de son autho- 
rité, congA 't licence, ladicta Catherine Voyret sa femme pour ce faire l'au- 
thorisanlt «l «Doorea noble Pierre Vaillant, iMurgeois dudit Lyon 

DétiçtMtitiitiet bi0M à aijugtr 

, trr Jlj^iiilt ■»■ maiff^n haalte, moyenne et bosse, consistant en deux corps 
de lougia, ayant une court uu m.llit^u, son advis de pit^rre, ung puia dans 
l'allée da Indicle maison el plusieurs memlires dcppeadaiii deidicis deui corps 
&t lougis; «ciïe en ceite ville de Lyon, rue Tramassac, ptrroisae Sainle-Criiîx. 
jouit» Udicte rue do soir. In maison de nobles personnes Messieurs Pierre 
Divet el Pierre Pia«t de matin, ta maison des héritiers feu Uaddelayne de 
Lesmont, viiante r^fve de fi'u mondit GeDifray Rfgniud, de Tenl, et la maL 
•on de MM. Jacques Oirinet de biie. 

Hem une aullre maisou haulte, moyenne et basse, consiBlant en plusieurs 
membres, un th^nailli^r ou 11 y a deux tliirxes de la c mteau enlemblemens de 
qiiaraate lEnées de traicle ou environ, uit ^ttt^it n deux advii, ung puyt. 




DE XOTRE-DAME DE LA COMPASSION 



91 



uog jardin et vîg^e. Le tou[ ti 
ilem^ bieh^réede lemaillcs a 
liran. Et oullre ce. uue pelî 



n ung dûi joint eneeBible. cDiiteDiinl en jardin 
Il vigne vingt ninq Journâes d'huminei ou en- 
mai«on au ilCBSOubi de Ip lusdiloet une jardii) 
cimlenant une biciieréo de Eemailles ou «aviroai joint audit eiia. Le tout dluâ 
en cefite viJk de Lvon, à la montée Sainct 'Suçant, ppuehe 1< couveol dei 
Cbarlreui, perroîssc dudici Sainrl Viuceat, jouite les nioiioiiB et jardin 
[Mlle Chasleau Gaillard, ippurlenuat au «sur Plijiifipe Fradin. de v«til. les 
el jardîQ de Claud.< Benoiet de matia «t )iai'U« vent, parlie de la 
Eon des hériliïri feu Françofs Giiei-in «UKiy de malin, l*s jardin et li^ne 
Mlle La' Gella, que fust du M» Jrnit Baplisie Ravûl et a présent a noble 
àhuB llenrj, Eieur de La Salle, cl a fii'urJeuu Vi^iard, la tout de sfiir, et 
Edtemin (vndunL de Lr dicte iiiunlé«Saicicl.Vinceiitnurouvent(le> Cbarlretit 
pbiie et mntlJn, saur deadils t/iitlt leurs uullres plus vi-aU et .légitimât 
^nllns. Avec fondz, fruits, eolrrief, jiiues, ayanucei, droili. comniodilw, 
>, eei^-oui, larmiers, cbeeltes tl eaux et autres pri^rlétM, apportanancei 
Etlepencee d'iceui, geuerallemeiil <iuoU conques. 

^oua aroui dict et dîe^iiE les diclus cvhra avoir lieu bien et dubemenl jiro- 

lommenceei, continues, parf-iicles, parachevées. 

9lle« interpose et luterpoiou» notre authorile el droit judicîelle de 

L présente Cour au prorâct de M' Claude Seguin, priicuteur audiet siège, 

e plus offrant et dernier encberisMur, pour lu;, son ami e>lau 

^«t a eslire, bail, veult t^I deilivrance judicielle est faite d'une. maison baulte, 

majrnne et basse, consistant eu plusieun membres, ung Ihenaillier ou il <i a 

deux IbinM de la contenue erisemblemens de quarante gaiiée^ de Irnli^le ou 

environ, ung pressoir a deux advis, un puis, ung jardin et vigne. Le tout en 

g eloi joincbi ensemble, conterianl eu jardin demj bicberae de semallle et 

Bvigne vingt oinii hommee» ou environ, situé en ceste ville de L}oii, en la 

^lée Sainct Vincent, proclie le l'ouvent des Chartreux, perroitse dudlct 

net Vincent, c; desaus plus a plain coiilîuèet specifûé par le narra du pre- 

il décret, pour et mojennnol le pris et somme de ueul' md cinq cens tî.rrs 

a charge du seul el simple cens et servis, droictz el debvoirs 

Kneurïaulx deubz pour raison el a i:auBe de la présente vente et udju'^i'^^'oni 

a Ljon, en jugement, nous Pierre Austrein. lieuteinul particullier ; 

nrge Langlois, Gaspart de Homieu, Pierre Beiioist, Jean licsset, Jehan 

et Cbarlai Strouy, Conseillers et Mogistrjcdi en la Senechaulsce 

■li^e Freaidiol dudict Ljon, soeandz le mard; vingt tiiieme jour du mois 

■pvril mil cix cens et seiie. 

Et la deuiiesme de may audici un mil ^ix cens el seize, Madame d'Halin- 

ranrt i reallemenl consigné es mains de M. Antho^ne Courf nnd, rccepveur 

dis consignations oudict hjon, la somme de neuf mil cinq cens livres, de 

|ugIIs U s'est rendu ^ardialetir el dépositaire de Justice pour la distribuer 

ilence qui sur ce intercieudra, dont a este fait acte en présence 

l£ct M. Claude Seguin. 

Déclaralions de S'gvin et de M"' (CBalineoufl 

tt comparu M. Claude Seguin, procureur audit Siège, lequel a declalre et 
« qu'il a fuict les enchères çusditles |>our el an nom et comme procu- 
Ir etaj'aQt charge ile baulte et puissanle dame, dame Jacqueline de Harla;, 



K 



UISTOIRE Dr COl'VKNT [iKS CARMKLITER 



fammc il* hmlt «1 puifuat •ci^iwur Uiuir? Ourle* da Neufrilla, teigaeur 
d'HiUaeourt, marquis rli^ Villcra;, Cbevilier dei ordrei du R07, CoDMill*r 
en MI CoEMeili d'Mlit el [>rïT«, oppiUme de ceiil bommea J'armei de m-a 
ordonniDcel, OoOTemeur *t lieutenant geDcrnl pour sa Majute en la ville 
il» Lyon. [Uil* da Lj'oiuiai*. t'ourestc el Beiujolloï*, et ea eoastqunet à's 
eontnicl M Irtictafairt entre IsJile dame et lewlicli manei ViilUaile «hiiwme 
jour (lu moj'R da noiBiubre mil lix uii> et quinie Jeruier, paiie el parUnl 
«D Une que beodlug- eit, uu oaurnir, etiut el nlil «□ «dit biljct» dame, dvcla- 
nnl que l* prie iJe ladii^le adjudiotloi) • eai« conaigaè de* prapru denier* 
de ladlcle dame, luqurll* jireiente a a<-eri>té et B<:r#|>l' ladirte declainlioD el 
declaire que lee •rquixltiotm quelle a tntct de* Aiudi itr ladicle adjudicalioo, 
■oil par U «iimiicl ruiilracl ou par le ilotrel, eni^mhle de deu» aufr« petits 
jardint joignaiu au tusdicl, pir die «cqnii pour »on am^r e^leu ou n eilire de 
Jeban Itougier dit Paubert et Annr riaclieliier ta fenuoe, et de Ulgdriajne 
Cnlarm dit Vergar, par cantracti dc< quinticsinn apTril el dix buitiêime 
nu; nuuy dernier, totti le* tuadicti oootriiett reçue Gnngier, uotaire Royal 
a Lyon, A titf pour en faire don comne de« apreient ladirte dame, du 
coaMatantent dudict leignenr d'Elu tin court, en faîet don purement el «imple- 
menl, par donation entra vlfi, irrévocable et des apreaent valloble aui Re«<f- 
rendea dame» Relligieusea Carmelilea pour la Tondation de leur CoUTenl en 
chI« ville de LvoQ. au lieu ouletdiclt romli lODltituei. 

Lagvfllei en tant que de b(i«uing elle eiticl an am; et laquelle «xleclion 
etdonnalion fiiicte par lodicle dame, Meuire Aiilboine Rigonllet, ConMiller 
et Aulmoenier da ta Maje*l« el Alibf da Mu»al, pour et au nom desdictn 
damei Relligienoei Carmélite* a accepte et hiimblrniant remercie latUdr 
dame. r>ont a evte iDiict U prcGeiil acte. A L^n, le troiiiennejour du moi* de 
juin mil ilx «en« seiie. 

Cl donnon* en Uandemetil au premier huiaaier ou seront roTal aur ce rt- 
quia, mettre cec présente* a eiecutian »ellon leur forme et Irnneur. Bn la- 
maing de quo; STOn* faict metlre et oppose l« Seel Royal de ladicle scnei- 
cbauna^a et cour a cea preseiilea. 

Délivre le dit sepliesme dudict mois. Slgiu!; PnnET. 
SmI Royal. Scellé ledit Jour. Signé.- BoinoN. 



Uiie e 



■posietsion. 



Ce jourd'huy vlagicinquieime du moii de juiag' loil «il cen* aeiie, «Tant 
midy, par vïrtu de* lellres de commisaion eu forme de décret émanée* de 
meaiieuT* Im Seneacbal et gen* tenons le aiege presidral a Liuu, datiM du 
lingtcinquiemne jour du mois d'opTrll dernier, pounuyile a la requête du 
■leur Amable Tliierry a l'encontrede Claude Vaillant el damoyidle Catherine 
Voyret aa fomme. enaemiiU l'esleclion en amy faille p*r M. Claude Se^in, 
procureur audJcl ajrge, comme ayant cliarge de Uaulle el paisuato dame. 
dame Jacqueline de Harlay, Temm* de hiult et puiiunt wifasur Mesitre 
Charlei de Xeufiille. aeifoeur d'AllJneonrt. raarquii de Villeroy. CheTallier 
dei ordre* du Roy, Couieiller en «e* conHif* d'ettat et prive. Cappitaine de 
cent homme* d'armo* de *e* ordonnance*, fouveraeur et lieutenant gcneral 
pour *a Majesté en la tille do Lion. |iat> de Lioiinois, Fore*li el Beaujollois. 
rontenanl acerptalion il'iculle el doiniiiinin fiiicle ]tr Indlclp dame nui Re- 




Tereades dataef. Reiligieuses CarrDelitrs, îcvlle dùiinaUun accepté |iar M* An- 
Ihoiue Riijoullet, Conieillèr et Auimoinier de sa MajfEle, Abbi de Moial. 
pour letdicles dames Reltigieuges, ledict acte du trojaiesme juing dcruîer. 
Je Sargïtil Royal de Lion souMîgaé, certitUe mestre exprès acberajne en 
jardiu et vi^'ne que fust dudict lieur Valltaul el ta femme, prei le 
dct Chartreui, amplemeut confiné par Jedict decrel, ou illec esUnt 
m rray, réelle, aciuelle el perpétuelle possession el Jouissance lesdictes 
iverendes dames religieuses Carmélites a laperaonue dudicE mesure Anlhoïne 
lullet, Coosellleret Aulmosnïer el abbé de Mossa, ajaal charge desdicles 
lequel j'ai mené dans lesdictt fondi de maison, jardin el tignes, ainsy 
mt le comporte, icellei faict:» entrer et sortir tant aui chambrea de 
ladïcte maieon que deidict» fondi, et a lui remis les clefi desditz Tonds et 
maÎKin, taisant delTeuces tant ausdicti mariai Vaillant i^ue a tous aultres qu'il 
apperlieudra troubler, molester ou empetcber lesdictes Dames eu ladiclejouia- 
ice desdictt (ondi et maison, a \ityoe de l'amende. Faict en présence de 
JehoQ Re;, praticien audict I.;on, mena exprès avec moi el Jehan 
irget, Icsmoingti. les soussignés et non ledict Fargel ]>our ne acaroir, ds ce 
luîToat l'ordonnance. 

Signé ■■ Het, procureur, Fiabd. 
[Extrait lie* archicej des R. D. Carrndilti.j 



B^i< 



IPar devant Antoine Orangler. notaire tabellion Ro^al a Ljon, fut présente 
^ personnellement eatablïe Msgdalejue Callann, dit Vergler, fille de Tau Qllles 
Ctltrin el vefre de feu Claude Bacbelier, vivant jurdinier audicl Lyon, el 
héritière de feu Gilles Callarin, laquelle a vendu à dame Jacqueline de llarla;, 

...Aisaroir: Uuejjjo de jardin couteimut environ deux coup pées, située audict 
Ljon, en la paroisse Sainct Vincent, joignaut le grand chemiu teudanl de la 
lleserleaui Chartreui de malin, la p;e jardin el petite maiEon du ijeur Claude 
Lallemant de vent, le jardin que ladicte Dame a acquÎE de Jehan Rougier dit 
Pabert Je bise, les vignes que ladicte Dame a acquis dudicl Vaillant avec 11 
grand maison de soir. Sauf de la liicli: p;e ses aultres plus vralii et légitimes 
eonfina. 

. , A la charge du simple cens et servis dub au seigneur un seigneurs des 
quels ladicte p;e se trouvera mouvoir, que la venderesse dit ignorer, . . . 
Il pour le prit de deux cens cinquante Uvres loui'uuisque Indicte Calarïn, 



I comptant. 
Contrat jiaMé le 18 ma; iâl6 par Graugier, notaire royal i Lyon 



Royal a Ljon lonasigu^, el en la pre- 
personnes Fron- 



Par devant Pierre de Chuyi 
lence des leamoinacj après nomraei, furent 

a Mur;, jardinier de caste ville, et de son auclorjté Marie Bourgec 

lesquels de leur gri, tous deut ensemble, l'un pour l'autre el pour 
II seul el pour le tout, laas division ni diacenlion, au bénéfice de 




91 



HISTOIRE DU GiiUVEST DES CARMÉLITES 



quo; il« onl renoncé, Ont lendu, c^dilé, ijuicté, rsmîE el Iransporte. Tcnibnli 
ceddanl. quiltans el traneportant puremeul, Eimplement el irréracablanent 
aux Râverend«s mere> jirj'eure el religieuzeH Carmelile^ de oolre dicte TJIlt, 
mère Ther¥!:e de J«sus. prïïure, mère Izabelle de l'Iacurnation, eous prieur«> 
Meurs Françoise de lo Mère de IJeu, première dépositaire, lœiir Fr»ncot»o 
de la Trinité «econde dépositaire, preser.le» el neceplanles pour elles cl les 
autres Religieuses présentes cl advenir en leur monaetere du Uonl Csnoil 
de Mtle dicte ville : Scavoir une maison haulte, roojenne et basse attcq un 
jardin en dépendant, le lo^il joingl eBsemble, contenant deui bïcheréec de 
semaitleE ou enriron, silué aadicl Lyon, psrroisie Saincl Vïnceni, a lu montée 
de la petite cos!e Saïuct Sébastien, Joignant le grand cbemin de ladicle eotle 
de matin, In maison et jardin des berilier* Clsuile Beiit-isl de vent, el lesusdiel 
monastère de soir et bise. Sauf des dictes maison el jsrdin Eusvendus leiin 
aallres pluivmys etlégitimi^cûnSnB s; réellement yen a, avei^ foadz, fruili, 
entrées, issues, ilroicts de propriété, Bijances et dépendances i^elconquei. A 
la charge du seul et simple cens el servis den su seipteur direct dnquel 
ladicle maison el jardin se Irouveront mouvoir, que les parties ont diet et 
déclaré ignorer, usant su surplus de loutea aallrea ciiarges, debtes, pention;, 
hypot^ues, subslîtatioQ et culres r«debvances geocrall émeut quelcomiiiei, 
meiines des arrérages deedicls cens et servis de tout ce passé jueqna apr»- 
seut.Et levgueli jardin et maison sont et aparleiiant audictz vendeurs el uot 
été acijuls pur lesiits Fraucois Murr de feu steur Jean tJumouldv, marchand 
audict LjoB, qui en etoil doniiataice de feu Claude Vaillant, par foalract de 
donnation faicle a son prufficl le !1 juin 1619, rc^u Renaud, notaire Royal 
audict L^oD. Conim; de ce aiipert par le contract d'acquisition faict deidïcis 
maison el jardin au profKcl dudicl Mury, par devonl M' Papillon, oolairo 
royal, le SS aoutt 1634. L'expêdstion en parchemin duquel contrael Icellni 
Mury a presenlsmcnl r^mis ausdictes dames Religieuses, pour par elles jomT 
et user de* diela fonds vendu comme de leur cbose propre el legilîmenieiit 
acquise. Pour et moyennant le prix et comme de deux mil buit cent quatone 
livrei dix sols, laquelle leailicls mariés ont reconnu et confessé avoir eu el 
reeeu compUinl et reatlemcnl en bonnes espèces aiani coors, desdicles dames, 
dont iceui maries vendeurs se sont contentes el eu onl quicté el qiiielenl 
Icelles Damïs Religieuses a tous autres, et de laquelle maison el jardin iceni 
vendeurs seionldevesljs et dessalsy et en ont inTeslïs et aaisy tesdictes Usmes 
Reiij^ieuses. avec donnation de toules plus vallues. coiifeasion el conslilution 
du nom et tiltra de précaire, Lrnnslalion de tous droicls et antres clauses re- 
quises, et neanlmoins a este convenu entre les parties que lesJicls vendeuis 
demeuronl dans tesdictes maison el jardin jusque: au premier jour d'aonst 
|iroi?bain. auquel jour ils seront tenus de les vuîder, et en ce riisant leur eera 
permis d'emporter et enlever les horloUges et plan'es de fleurs qui se trou- 
veront dans ledict jardin, sans que pour ce ils soient lenus pour aucune chose, 
prumectlanct lesdïcU vendeurs l'obeervatioii des pri:senles. mesmet de main- 
tenir el garantir ausdictes dames Religieuses lesdictesmaisun et jardin de loua 
despena, dommages et ïiiteresl souhz les obligations et soumîasicnis, renonfi!*- 
tions et clauses requises, Fnict audict Lyon, dans Icdicl monastère et dans 
l'un dM parloirs d'icelluy, le dernier jour d'avril, avant midy, mil six cens 
quarante deux. — Peeseas a ce : Meuire Camille de Neufville, abbé d'Esoet, 
comte de L..., noble homme Jacques Tlii.iult. conseiller du ncy,lresoriïrpro- 



i^A. 



A 



DE NOTRE-DAME DE LA COMPASSION 95 

▼incial extraordinaire des guerres efc régi mens, demeurans audit Lyon, et 
M" Pierre Deyrieu, procureur es cours dudlt Lion, tesmoihs requis qui ont 
signe la minutie avecq lesdictes parties fors la dicte Bourgeois pour ne sca- 
voir, comme elle adict de ce enquise. Et ont esté les parties adverties du 
séel suivant les edits du Roy. 

Signé : Dechuyes, notaire royal. 
(Archives des R. D. Carmélites.) 



4» SlGNlFICATlOX DE PAR LE RoT A M. FRANÇOIS COArPUYS POUR LA VENTE DE 
SA MAISON XT JARDIN AUX RCLIOIEUSES CARMELITES, DO 12 JUILLET 164^. 

De par le Roy, 

Sa Majesté estant bien intentionné qu*il y a une place entre le couvent des 
Carmélites de cette ville, et celuy des religieuses de TAunonciado, dictes les 
sœurs Célestes, qui apartient a François Chapuys, bourgeois de ladite ville, 
laquelle est de petite estendue, et qui si Ion y batissoit, ou eslevoit quelque 
terrasse, l'un et Tautre couvent en seroyent incommodez, mesme a cause des 
veus que Ton ne pourroit anpescher, ce qui a obligé les Carmélites a offrir 
audit Chapuvs de leur en payer le prix au dire d exper, dont il a fait refus 
ji-.eques a présent, et prétend bnstir en ladite place, ou y faire une terrasse, 
lesdictes religieuses suppliant très humblement sa Majcs'é de Tenpescher par 
son auctorité. Et voulant y pourvoir, sa Majesté a deffendu et deffend très 
expressément audit propriétaire de bastir en ladite place, ny d'y faire de 
ferrasse, a peine de désobéissance, et en cas qu'il veuille vendre ladite place, 
sa Majesté entend qu'elle luy soit payée, suivant Testimation qui en sera faite 
parexpertz et gens a ce congnoissans, dont les parties conviendront par devant 
le sieur de Champiguy, conseiller en ses conseils d'estat, Intendant de la justice 
en Lyonnois, Forest et BeaujoUois, auquel sa Majesté mande de tenir la 
main a l'exécution de la présente. — Fait a Lyon, le XII» juillet 1642. 

Signé : Louis. — Contresigné : Sublet. 

Signiftié et baillé copie audit sieur Chappuys, a ce qu'il n'eu prétende pas 
cause d'ignorance, parlant a sa personne ; ce requérant messire Benoit Puys, 
sncristain et chanoine de l'Eglise Collegialle Saint Nizier de Lion, faisant pour 
lesdictes dames Carmélites, dont ledit sieur secristain a demande acte oc- 
truye a Lion, dans la cour au devant de l'Eglise des Carmes, le vingt uniesme 
jour de juillet mil six cent quarante deux, avant midi. 

Présents : Jean Antoine Guigonnand et Léonard Luminier, habitants a Lyon, 
te.smoins qtii ont signé avec ledit sieur sacristain. 

Soit selle suivatit l'édit. 

Signé Benoist, Lumixikr, Goioonnanu, Papillon, notaire Royal. 
(Archives des R, D. Cannclitcs.) 



HISTOIRE DL- CÙUVKNT DES GARMÊLITKS 



it Jailtoud, iioiair* Rojfat 



AUX CAHUâUrES 

Rteonnaiuanee du 13 février i66S par dtvi 
à Lyon. 
Coiame uinii soit que par leiileace d'adjudicalion jinr décret d« i> fenet 
chnusïee el «ego PresidinI de Ljod, du !6 airil 1616, poursuiri i I» miDcle 
de sieur Amabte Thierry, i. l'encoatre de Claude Vaillant et de denutiietle 
Catherioe Vojrel »a [entme, orl esté adjuge a M. Claude Seguin, procureur, 
entre autre ua lenemeat qui eaubit eslre ea vigue, do la conleaue de quannte 
hommes ou enTiron, situe eu cette ville de Lyon, territoire de ta Getli- 
parroisie Saînct Vincent, lequel Sejnjïn pur déclaration du 3 juitt de Udîcie 
annéei 1616, aurait eslu eu ami : Haute el puiiraate dame, dame Jacqueiine 
da Barlof , femme de haut et puiianut seigneur meuire Cborlea de Neuftille. 
r d'Hatincourl el marquis de Vlllerov, el ladicte dame par le raèioe 
it ■ déclaré que l'acqulsilion par elle faicle etoït pour eu faire don aji 
'aelilei pour b fomlBlion de leur Couvent en ct^lte ville de Ljoo, aodil 
1 ledit leneneni est silu^, daoi lequel lusdit lenement de vigne ett 
"présent le vergier si jardin et tout le membre du cloiitre appellee riuSnot' 
rie, nu bout duquel du coslé de biie est la chapelle de ladile Infirmerie et 
aulre partie du Cloistre a preodra depuis les jardins strraDl de cooflos du 
coElé du matin et paisaut par la porle du chapitre et première arcade du 
cloîtra, droit au recoin du chemin allaat dudit couvent aux Chartreux, le fout 
du coaté de soir. Icellu; tenemenl estaol de la direcle ei renie noble de 
Messieurs les Chamarier, Chanoines el CbapiLre de l'église CoUégialle Saînct 
Paul dudit Ljon, d cause de leur rente Dcble 
que jouxte un petit jardin et les autrea pari 
demeure la fontaine qui eit au milieu d'icellu; ai 
ï4t bssiie leur Eglise, le jardin desdites Dan 
ileiDoiEelle Caiberine Voyre 
Claude Benoiit, le I 



s Saine t Viacesl, 
t cloître dans leaquel* 
'din dans partie doquel 
ïsqul fut de Claude Vaillant el 
a femme, le jardin desdites liâmes qui Tut de 
it des dames retiglL'Uf es de l'Annonciade qui fut de* 
lieriliers Moulgiroud le tout de malin, autre tenement detdîtc! dames d* 
l'AuuoDciade appelle château Gjiltard Ue vent, le tenemenl de jardin el vigne 
desdites dames Carmeliles que fut de Ravot de tuir, et le cbemin allant su 
coûtent des pères Cbarlreui, oppelU cy devaiil des Perrières. de biie J el 
encore au profSct de ladite renie noble de Saînct Vincent par sieuF Ga%- 
pardCbiio(,raarchauddeLyon, par deiant Audras,not>ire Royal, le wpttecme 
juin 1501 ; depuis par sieur Benoit Descturap par devant Coqueri le deuiieame 
février ]â2i. Consentement par noble François Benoit, sieur de la Cbatsagne, 
par devant Gorrelie le seiiieEme janiier I59D ; el par lesdilei dames KeJi- 
gieuseï Carmeliles par devant Rnj le vinglbuiliesme aouti mil ut cent 
vingt sept, bous le cens et servis ntiuuel et perpétuel de iii déniera tniâ, 
jiorUat laouda, mi laouds, ventes, reconuoissances et autres di'oiti el deroin i 
leigneuriaui, par laquelle recouuoissance faicte Jesdïles dames ajant N 
pour homme vivant et mourant noble Mathieu Clisppuli, ceigneur d* C 
non, conseiller du Roy en ladile Senechauuée et siège pretidial. 
(Archives dis II. D. Carmclitts.) 



r 160! p 



|«îl. 




DE NOTRE-DAME DE LA COMPASSION 97 

Le 7 juillet 1062, les Carmélites remirent au chapitre de Saint - 
Paul les 2400 livres d'une part et les 1400 d'autre, fixées par Pacte 
capilulaire du 16 février précédent, pour l'affranchissement de la 
partie de leur monastère qui était mouvante de la rente noble et 
obéance de Saint- Vincent, (hs deux sommes furent employées le 
même jour et converties en rentes hypothéquées sur une maison de 
la rue de la Pêcherie, ainsi qu'il résulte de l'acte suivant : 

Le veodredi scptiesme juillet avant m'uly mil six cent soixante deux, au 
Chapitre de TEjjrlise Collégiale Sainct Paul de Lyon, ou etoienl vénérables et 
ogreuges personnes, Messieurs Mossires Hierome Chalou, chamarier, Louys 
Clerc, cbautref Urbain Particelle, sacrisluin, Alexandre Arod deMontmela, 
Jacques Manis, Gaspard Sau/.ion, Gaspard Gueston, Claude Chalon, Jean 
Baptiste Laure et Salvator Manis, tous chanoines de ladicte église, au sou de 
!a cloche capitulairement assemblés pour traictor des affaires d'icelle. 

Lesdicts sieurs ont député lesdicls sieurs Chamarier et Chantre pour employer 
les deux mil quatre cent livres de principal que les Daines Carmélites doivent 
au Chapitre pour Taffrauchissemenl que Icdict Chapitre leur a fait par contrat 
du treiziesme febvrier dernier, en une rente que passera sieur André Prost et 
sa femme de ))areille somme au Maçons et Charf)entiers qni construisent la 
Maison dudit Prost, située en ceste ville, rue de la Pescherye, avec pouvoir 
d'en passer par lesdicts sieurs Chamarier et Chantre tous contracts nécessaires 
t't bailler ausdictes dames toutes les descharges que de besoing, promectans 
lesdicts sieurs d'agréer tout ce qui sera faict par les lesdicls sieurs députés. 

Lesdicts sieurs ont cousenty, comme ils consentent que ledict sieur Cha- 
marier employé les douze cens livres de principal que les dames Carmélites 
doivent a la Chamererye, pour l'affranchissement que ledict sieur Chamarier 
leur a passé par contract du treiziesme febvrier dernier, en une rente que 
passera le sieur André Prost et sa femme, de pareille somme, que lesdictes 
Oanies ont badloient, et payent ladicto somme au maçons et charpentiers qui 
coustruiseut la maison dudict Prost, située « n ceste ville, rue de la Pescherye, 
promectant d'agrer tout ce qui sera faict par ledict sieur Chamarier. 

Sitjné : Jailloud, secrétaire. 

{Actes capUnlaircs de Saint-Paul^ vol. 61.^ page 710 verso 



G® BAIL A VIE DE LA PROPRILTK DE LA GELLA 

Acte du G août 165 i. 

Ce jourd'hui datte des présentes la Révérende Merc de Tlncarnation, 
prieure du couvent des religieuses carmélites de Lyon, Izabelle de Tlncarna- 
lion, sous prieure, sœur Marie du Saint Esprit et so'ur Françoise de la Trinité, 
dépositaires, tant pour elles que potir toutes les autres religieuses dudit couvent 
fjresentes et advenir d'une part, et noble François Chappuis ^, exconstd et 
bourgeois dudit Lyon, tant pour luy que pour les siens d'autre. Ont faict et 

font les paches," accords et convenons cy après : C'est a scavoir comme ainsi 
» 
(«Frasçois Chappuys, échevia en 1050 et 1651. 



99 HISTOIRE DU COUVENT DES CARMELITES 

soit que lesiites dames religieuses, au nom dudit courent, ont cj derant iaict 
bail à louage audit sieur Chappuis d'un pe'it lieu a elles apartenans, joignant 
leur couvent au territoire de la Gela», pour neuf années et pour le prix et 
somme de deux cens cinquante livres p<iur chacun an. Et sur ce que leditsienr 
Chapuis a de.*)aré et fait ei^tendre auxdites dames religieuses carmeliïes qu'il 
desireroit de â*accomoder audit lieu, et que son intention estoit à'j (aire bastir 
]K>ur aug^mea'er les bastimens qui 5 sont et antres réparations pour ses agen- 
cemens et coaim>dité, pour cet eff:ft lesdiites dames relligieoses susdites 
esnom liv eu donnent f*ar ces présentes tout plain pouvoir, aux charges et 
conditions que ledit sieur Chappuis leur promet de laire lesdils bastinkens et 
reparat.ons a ses propres cout^ et despens. ^ans que luy nv les siens en poissent 
rien demander ny [«reteuire aucune chose de recompence contre lesdictef 
Dames Religieuses, attendu que ledit sieur Chappuis en (ait par ces présentes 
donation auxJites dames relligieuses, moyennant la jouissance desdits fonds 
pend.nt la vie duJit éieur Ciiappuîs, Mademoiselle sa femme et leur fils, et 
pour ce lesJites Dames s'obligeut de leur maintenir ladite jouissance et de 
leur en passer louage de neuf en neuf ans, tant et sy longuement qu'ils virronl? 
ju^ques et pendant la vie du dernier vivant. Et ce pour le susdit prix et somme 
de deux cens cinq'^ahte livres et par an, sans aucune diminution nj augmen- 
tation pendant tout le tem^s qu'ils posséderont cedit fonds. Comm'aussj aéra 
permis audit sieur Chappuis, sa femme et leur«fî's. et en cas de mort a leurs 
herittiers, ou qu'ils vcullussent nous remettre le susdit fonds avant la fin de 
la jouissance que nous luy accordv,ns, et convenu jar ces ] resentes de retirer 
tous leurs meubies, oignons, racines, arbrisseaux a fieur avec les cadettes de 
pierre de taille qui sont ou seront dans le ] arterre ou jardin a fleur. Les trans- 
porter, en faire et disposer comme bon leur semblera et a eulx apartenans. 

Comme aussy promet ledit sieur Chappuis entretenir ledit bien et tomt ce 
qu*il y fera faire a ses frais et despens, tant et s'y longuement que lay ou les 
siens en serons {ossesseurs. a quaud ledit si<rur Chappuis ou les siens remet- 
trons ledit fonds ou délaisserons par morî Jed t bien ausdi!es dames relli- 
gieuses, le tout fait en estât raisonnaJ>le. Sous rt réservé les closlures que 
que lesdiles dames rellijrîeuses seront obligées d'entrel«nir en bon estât et 
l'aire re'aire sy besoin, fait a leur despens, et sans que ledit sieur Chap^iuis. 
Us siens ou aya:it uroii à-i iuy puissent prétendra ni demander aucun rem- 
bourseinei:t ny récompense du sutj'Ius de la présente convention. Car ainsy 
a e?lè acc^rie et vouîlu eLtre lesvli.tes parties a peine de tous despens, dom. 
raa-:es et liitercsts. 

i 'a /f t'.'j)a5'J double, a Lyon, le siïie>me -our d'aoust mil six cens cinq ^acte 
quatre. A::i^y si^r.e : sœur Annl de l'îxcarnatiox, sœur 1xab£lix de 
L iNCAi.NATiox.tCEJr Mame DU SAiNT-EsmiT, sœur Françoise de la Saixts 
THiNiTi. el CaArri:s. 



/CTE DL CJNF.BMa7::.\ lu ?4 X'ABS 1 îTo 

Pc-.'s: \n€lh:..ic.\i rsiab'.ycs danits Marie de Sain'e Thereze, prieure, 
A..:.. .- . I .\'.r:.:il: ,.;. s.us iTieure. Llaudi:;e de la Nativité, première depo€i> 
t.::- ^t Mar.i.- de ia Crarassion aussy dej csilaire. «.t toutes relligieuses du 
::.o;nM<i;re J > Cir.r.elites de ceste vjile, faisenl tant |»our elles que pour le* 



DE NOTRE-DAME DE LA COMPASSION 99 

autres religieuses du monastaird et celles qui leur succéderons, lesquelles ayeus 
en maius Toriginal des Conveutions dent copie est cydes^us, faicles par 
madame la prieure et autres ofncieres dudit monastaire leurs devancières, avec 
noble François Chapuis, excoiisul, bourgeois de ceste ville, et de irelles avens 
pris lecture diverses fois. Considéré les grandes despences que le si^r Chapuis 
a faictes pour baslimens et adgencemens a la forme d'icelles, desquels 
il leur' a faict donnation aux conditions portées par lesdites conventions. Les- 
quelles lesdites Dames de?irans estre exécutées tant par elles que par les 
autres relligieuses dudit monastaire, et celles qui leur succéderont, Ont \av 
ces présentes confirmées, agrées et api\>uvéw*s lesdites conventions, et ] rome!- 
tenl de les garder, observer, exécuter en tous leurs points, forme et teneur, 
sans y con(re%'enir a peine de tous despens, dommages et interest. A cet eflfet 
de quoy elles obligent tous les biens temporels dudil monastère prtsens et ad- 
venir, avec les subventions, renonciations et clauses requises, < e qui a esté 
aussy accepté taut par ledit sieur Chapuis que par noble François Chapuis, 
son fils cy présent. Lesquels ont inreillement [ romis d■ob^el•ver de leur |»art 
les charg<;s, claus s etconiiti>ns portées par le>di:cs conventions, et de plus 
de soutîrir pour Tutihlé et service dudit menas-aire, ain^' qu^ils ont faict cy 
devant, le passage toutes et quanles fois que le besoin sera par la porte d'tu- 
trée de la maison et jardin men'.ionnés dans lesdites convenlions, pour aller 
passer a celle qui est posée environ le millieu du mur de closlure dudit jardin 
du cos'.é dud.t monastaire. Dont acte faict a Lyon, double, dont cesdites 
Datnes en ont re iré un riesre et lesdits rieurs Chapuis ri.utre, dans le parloir 
dudit monastaire, le vin^t quatre mars mil six cens septante six, avant midy. 
i^resens : Jacques Roland confiseur à Lyon, et Gaspard Lafaye clerc audit 
Lyon, les tesmoius soubsignez avec les pjrties. 

Signé : S. Marib de Sainte Tiiereze, S. Anne de l'Incarnation, S. 
Claude db lv Nativité, S. Marie de la Comtassion^ Coappuis, 
CoApruis, Lafaye, Roland. 

(Archives du département du Uhône.) 



100 HISTOIRE DU COUVENT DES CAHMELITES 



VARIANTES & CORRECTIONS* 



Page 2, ligne 25, au lieu de : Catheriue Voycr, lisez : Gatherioe Vojrei. 

— ?, ligne 21, au lieu de : Raddiii, lises Raddix. 

— ligne 34, au lieu de : Philippe Pradio, lise^ : Philippe Fradin. 

— 3, ligne 3, Mongiroo ou Mon'giron ; Benoit ou Benoist, 

— 3, ligne 30, au lieu de : Marge, lises : Margat. 

— ligne 4, au lieu de : Madeleyne Collario et Jean Jobert, lisez : 

Magdaleyne Callarin et Jean Pobert. 

— ligne 5, au lieu de : du 3 juillet 161G, lises : 3 juin 1616. 

— ligne 37, au lieu de : Jean Jobert, liies : Jean Pobepl. 

— 4, ligne 4, au lieu de : Jean Jobert et Madeleine Collarin, lises : Jean 

Pobert et Magdaleyne Callarin. 

— ligne 15, au lieu de : dit Jobert, lises : dit Pobert. 

— ligne 20 et 21, au lieu de Collarin, Qdie Collarin, lise: partout : 

Callarin. 

— 11, dernière ligne, ait lieu de : IGôl et 1(352, lises : 1050, 1651 et 1652. 



1 11 est •ouvenl Uiflîcile de dûteriniiier exactement Tortographe des noms propres 
car« oulre la difficulté de les lires correctement, on les rencontre fréquemment écrits 
de façons ditTérentes dans le cours d*un même acte. Ëntiti la nécessité où Ton se trouve 
parfois de les donner d'après des copies plus ou moms lldèles, vient encore augmenter 
les causes d'erreurs. 



DEUXIÈME PARTIE 



L'église des Garméiites a été démolie en 1821. Les spéculations 
de quelques entrepreneurs ont fait disparaître pour toujours un 
monument remarquable qu'ils ont remplacé par les maisons qui 
portent actuellement le numéro 20 sur lamentée des Carmélites, 
et les numéros 19 et 21 sur la rue Tolozan. 

Bâtie aux frais de Nicolas de Neufville, premier maréchal de 
Villeroj, cette église lui coûta plus de 60.000 écus. Commencée 
en 1668, le vaisseau était achevé en 1670, mais la façade ne fut 
terminée qu'en 1682. L'archevêque Camille de Neufville, qui en 
avait dirigé la construction ainsi que celle de la chapelle de Yille- 
roj qui était attenante à l'église et que son frère le maréchal 
avait fondée sous le vocable de St. Nicolas, pour servir de 
liea de sépulture à sa famille, en fit la consécration le 30 no- 
vembre 1680. 

Voici au sujet de cette cérémonie les renseignements que 
nous avons extraits d'un registre de l'époque, conservé dans les 



102 HISTOIRE DU COUVENT DES CARMELITES 

arclûves des R. D. Carmélites de Lvon, et sur lequel les Religieuses 
ont transcris les faits mémorables se rapportant à leur monas- 
tère : 

« Un samcdjTyjourdela fête de Saint André, 30 novembre 1680. 
Monseigneur Camille de Neufville, archevêque et comte de Lion, 
primat des Gaules, a consacré l'église des Carmélites de Lion, estant 
prieure dudit monastère la R. M. Marie de Sainte Thérèse. L*on 
donna quelques jours après ledit sacre deux [actes] autenthiqaes 
sur du parchemin, où étoit inserré le nom des Saintes Reliques 
qui sont enfermées dans le grand autel et dans celui de la chapelle, 
dont nous n'avons plus aucune mémoire, d'autant que la Mère 
Jeanne de la Mère de Dieu donna ces deux feuilles de parchemin 
à M. de Launay, pour les faire signer à Monseigneur notre dit 
Archevêque et v faire appliquer les sceaux ; nous ne les avons po 
avoir depuis, lesdittes autenthiques portoient que l'église est 
consacrée sous le vocable de Notre-Dame de la Compassion. Pour la 
chapelle elle ne portoit point son titre ; cependant le jour du sacre, 
il nous fut dit que Monseigneur a voit intension que ce fut sons le 
vocable du grand Saint Nicolas, à cause de Monseigneur le maré- 
chal qui se nommoit ainsy. » 

Il ne nous reste plus aujourd'hui de ce monument et des splen- 
dides tombeaux qui décoraient la chapelle de Villeroj, que les 
documents suivants qui, tout en nous conservant le souvenir des 
richesses artistiques qu'il renfermait, nous en font d'autant plus 
regretter la perle qu'elle est irrréparable au point de vue de l'art. 
Ce sont : 

1^ La descriplion du monastère des Carmélites que Clapasson a 
insérée à la pai'e 152 de son ^Histoire et description de la ville 
de Lyon. — Lvon, chez Jean -Marie Bruyset, imprimeur-libraire, 
ITGl. » 

2* Los observation-* critiques sur l'éjrlise des Caimélites par 
Dclamonce. Lecture faite à l'Académie de Lyo:i leS mars 1747.) 

'^•' Le rles>in de Ja façade <le l'église des Carmélites, gravé en 
ir.arîre du pian de Lyon p iblié e:i 1735 par Claude Seraucourl. 

» Lo plan levé par les arcliilectes Turrin tt Durand, en l'an 
Xin. |.uur le Ktissuuei t liu claustral des Carmélites, avec Tin- 
• i cat.uii ilc> dispositions intérieures des bâtiments, y compris 



DE NOTRE-DAME DE LA COMPASSION 103 

celles de Tëglise, ce qui le rend jprécieux et en fait le complément 
indispensable des descriptions de Glapasson et de Delamonce. 

Voici la description de Glapasson : 

Les Carmélites. — « Cette Maison est un Monument re- 
marquable de la piété et de la magnificence de la Maison de Vil- 
leroj, et fait un des plus beaux ornemens de la Ville. 

c Jacqueline de Ilarlay, femme de Charles de Neuf ville, 
marquis d'Halincourt, Gouverneur de Lyon et de la Province, 
commença cet établissement en Tannée 1610 par l'acquisition du 
lieu que les Carmélites occupent, et par la construction du Mo- 
nastère et d'une chapelle ; dans la suite, le premier Duc et Maré- 
chal de Villeroy son fils, fit élever la nouvelle Eglise sur les 
desseins de François Dorbay * Architecte célèbre de Paris, 
avec une grande Chapelle à côté, pour la sépulture de sa Famille; 
c'est ce qui paraît par une Inscription placée au-dessus de la 
grande porte en dedans. 

« Le dernier Maréchal de Villeroy a contribué aussi considéra- 
blement au nouveau Monastère bâti nu commencement de ce 
siècle avec beaucoup de dépense. 

« Le Portail de l'Eglise est d'une composition singulière, 
la partie d'en bas n*a d'autre ornement que deux niches qui 
accompagnent la porte et un entablement d'ordre dorique sur- 
monté d'un fronton où sont les Armes de la Maison do Villeroy. 
La partie supérieure est formée par des pilastres d'ordre Ionique, 
qui portent un grand fronton circulaire avec une Croix au sommet ; 
on a placé au-dessous du grand vitrail, un groupe de sculpture 
qui représente le Sauveur mort entre les bras de sa mère ; c'est 
un des bons ouvrage de Bidaut, 

a L'ordre Corinthien, fort bien exécuté, règne dans l'intérieur de 
TEglise, Dlanchet qvLÏ a donné le dessein du grand Autel, a suivi 
la même ordonnance, en ajoutant seulement deux colonnes de 
marbre rouge de Savoye, qui font un avant-corps, et dont les 



1 Dorbay ou D'Orbay (l«'ran<:ois), archilccte, mort a Paris en 1097. Elève de Louia 
le Vab. Il nvait dir.gé les travaux du collège el de l'églisj des Quatre-Nations, 
(fialais de l'Iastitut) el ceux du Louvre et des Tuileries, sur lea desRÏQS de son 
maître. Il a donné les dessins de l'œuvre de Satnt-Gerniain-rAuxerrois, de la place 
Vendu i.e. et de plusieurs couvents et églises aujourd'hui détruits. li était membre 
de rAc«démi4 d'architecture depuis sa création. 



104 HISTOIRE DU COUVENT DES CARMELITES 

bases et les chapitaux sont dorés ; Ton voit au-dessus du fronton 
qui termine cet avant- corps, le Prophète Elle enlevé dans un 
char sur des nuéos, qui laisse tomber fon manteau entre les mains 
de son Disciple lOlisée, dont la figure se trouve placée dans une 
des niches à côté de l'Autel , en sinu'trie avec celle de sainte Thé- 



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F.LAN 1)10 L'EGLISE DLS CARMÉLITES 
Levé en Pan XIIT, par l«^s architocles ïi.rrin et Dinvxn 



?v^^i placN'o (hns i'autro; toutes ces ligures sont en stac. exécu- 
t«'es par Jlulauf d'après Dianch'H. 

^M.c l'abloan (lu gi'aud Au!ol qu; rt'présente une descente de 
(lioix, est du fameux le Brun^ conimenc' par ses élèves, mais 
ontiôr-inont retouclir de î?a main, il est semblable à celui du môme 



106 HISTOIRE DU COUVENT DES CARMELITES 

maître qai se voit aax Jacobins de la roë St. -Honoré de Paris, 
dans la chapelle du Maréchal de Creqai. il a été gravé. 

« Mais ce qui enrichit le plus cet Autel, c*est la Tabernacle, 
qu*on peut regarder comme la plus belle pièce du Royaume en ce 
genre; il a été fait à Rome sur le dessin du fameux Cavalier 
Bernin^ et les sculptures en bronze doré ont été jettces sur ses 
modèles. 

c L'Ordonnance de cette petite fabrique est des pins él<^ante8 : 
la partie du milieu, qui fait un avant-corps pour servir de niche 
à Texposilion du Saint Sacrement, est sur un plan de forme mixte, 
convexe et concave, et accompagnée de quatre colonnes corin- 
thiennes, couplées de marbre serpentin d'une grande beauté, 
qui portent un fi*onton angulaire, surmonté par une excellente 
figure en bronze dore, du Sauveur ressuscité; deux Anges, aussi 
de métail doré, sont à genoux sur les extrémités du fronton 
dans des attitudes admirables. 

« Les pilastres derrière les colonnes, sont de différens jaspes, 
do même que le corps de la niche, dont le fond en perspective 
dégradée, est rempli par un groupe de trois figures, représentant 
Jésus-Christ au milieu des Pèlerins d*Emaûs, dans le tems qu'il 
fut reconnu à la fraction du pain. 

c Les deux ailes, a droite et à gauche, sont formées chacune 
par une ordonnance de trois colonnes aussi de serpentin, avec 
des niches de difl'érens marbres rares, occupées par les Statues 
des quatre Evangélistes ; l'entablement au-dessus, est surmonté 
d'unattiqne avec des figures d'Anges qui portent des encensoirs '. 

« Tout ce riche ouvrage est posé sur un piédestal d'agathe dont 
les ravalemens sont en brèche noire antique, d'un grand prix. 

« La Chapelle de Villeroy est décorée du même ordre que 
l'Eglise, mais en plus petit volume; le Tableau de l'Autel où l'on 
voit les Bergers à la crèche, est d' Nouasse^ l'un des premiers 
élèves de le Brun^ les deux colonnes ^ corinthiennes qui forment 



* Ol fvCBl las rdigieMses CUrméliles q'ii firent Tenir ce Ubem:ic!e de Rome. 
!• sèl« 4ct tei^neort de Villerojr pour \x décoration de la nouvelle 



I éteicmt «I ourbre noir. Voici la description de cette cha> 
ijf â kMiirée à la page lOC de sa Recherche corieaae des plus 
M» «t afcUtectare d«i Kglise* de l.von. Avr Carmètttes : 



DE NOTRE-DAME DE LA COMPASSION 107 

le retable, sontdlevées sur des piédestaux, et soutiennent un fron- 
ton sur lequel deux grands Anges sont assis; mais il seroit à sou- 
haiter que l'ordonnance en fut plus élégante. 

a Le mausolée le plus proche (et à gauche) de l'Autel, est 
celai de la marquise d'Halincourt, l'ondatrice de ce Monastère; 
on ne peut aller plus loin pour la délicatesse du cizeau, et la 
recherche du travail ; mais le dessein est très-médiocre; l'on voit 
cette inscription sur le devant ^ 

ICY GIST DAME JAQ.VEL1NE DE 
HARLAY. DAME DHONNEVR DE 
LA REINE MEREDV ROY FONDA- 
TRICE DE LA MAISON ET MONA- 
STERE DES RELIGIEVSES CAR- 
MELITES DE CEANS FEMME J)E 
HAVT ET PVISSANT SEIGNEVR 
MESSIRE CHARLES DE NEVFVILLE 
SEIGNEUR D'HALINCOURT MARQ.UIS 
DE VILLEROY ETC. LAQ.VELLE 
DECEDA LE CIVINZIEME JOVR 
DE MARS MILLE SIX CENS 
DIX ET HVIT. 

« Le Mausolée du Marquis d'IIalincourt, se trouvo dans le fond 
de la Chapelle vis-à-vis de l'Autel ; il est représenté à genoux, 
sur un Tombeau de forme quarrée ; cette figure est de bronze, 
ainsi qu'un petit corps d'architecture placé contre le mur, le reste 
est en marbre noir; ces deux monumens sont l'ouvrage d'un 
sculpteur nommé Jacob Richer ^, il n'a pas aussi bien réussi dans 

< Voas y verrez una très belle Chapelle appartenante h Monseigneur dMIalincourt 
où le Retable est tout de Marbre avec dea ornements de Bronza doré, et un très- 
beau Tableau peint par le Brun, qui représente une Nativité de Nostre Seigneur, 
voua verres dans la même chapelle Monseigneur d'IIalincouri, tout de Bronze qui 
est à genoux dessus un soubassement de Marbre, on lit dans un ply de son man- 
teau, le nom de l'ouvrier qui est Jacob Richer 1635. Vous y verrez aussi Madame sa 
Femme toute de marbre qui est a issi à genoux. Au portail, vous y verrez une des- 
cente de Croix, et les Armes de Monseigneur le Maréchal, Duc de Villeroy, et Gou- 
verneur de Lyon, et les ornements faits par Bidault Champenois. > 

i Noua reproduisons cette inscription, ainsi que la suivante de Charles de Neuf- 
ville, d'après le textA donné par Spon dans ses Recherches des Antiquités de Lyou 
qui, du reste, ne dttfére de celui de Clnpasson que par la disposition des lignes. 

t Jacob Richier et non Rioher, sculpteur et médailleur né vers 15^5 à Saint-Mi- 
hiel. en Lorraine, et mort à Grenoble en mars ICil. JacuU Richier a s«>joumé à Lyon, 
d'abord eo 161*.\ ensuite en 1634 et en jC3â. Voir sur cet artiste et ses œuvres, la 
ndtice que M. Natalis Rondoia publié dans la Revue Lyonnaise {u*' d'avril et mai 
18S5). 



108 HISTOIRE DU COUVENT DES CARMELITES 

celui-ci que dans le premier ; le dessein en parolt da même goût, 
mais Texëcntion est fort inférieure. 

« Les deux Inscriptions qui suivent sont gravées sur lesfices 
de ce monument. 

« Sur le devant (et au bas). 

D. G. M. 

MORTIS 

MEMOR VIVENS 

POSVIT 

« Et sur le plus grand côté. 

CY GIST MESSIRE CHARLES DE 
NEVFVILLE SEIGNEVR D'HALINCOVRT 
ET DE-MAGNY MARdVIS DE VILLE 
ROY COMTE DE BVRY VISCOMTE 
DE LA FORESTZ THAVMIER 
CHEVALIER DES ORDRES DV ROY 
CONSEILLER EN SES CONSEILS 
D'ESTAT ET PRIVE CAPITAINE DE 
CENT-HOMMES D'ARMES ET DE SES 
ORDONNANCES SENESCHAL DE 
LYON GOVVERNEVR ET LIEVTENANT 
GENERAL POVR SA MAJESTÉ EN LA 
VILLE DE LYON PROVINCES DE 
LYONNOIS FORESTZ ET BEAVIOLOIS 
LEQVEL DECEDA LE XVII lANVIER 
M. D. C. XLII. 

« On voit par cette Inscription, que le Marquis d*Halincourt 
avoit déjà le gouvernement de Lvon, il n'est pas sorti de sa 
Famille depuis, et M. le Duc de Yilleroy d aujourd'huv, est le 
cinquième de Père en Fils qui le possède, ce qui n'a point d'exem- 
ple dans le Royaume. 

c Le Mausolée du premier Maréchal de Villerov, est d'un goût 
fort supérieur aux autres ; c'est Blanchet qui en a donné le des- 
sein, et Bidaut l'a exécuté. 

« Un socle «le portor. soutient un Tombeau de même, d'une 
forme gracieuse, sur lequel le Maréchal est à genoux dans les 
habits (le l'Ordre du St. Esprit, cette Statue est en marbre, et 
parfaitement bien travaillée: deux grandes figures de même, ser- 



D£ NOTKË-DAME D£ LA COMPASSION 109 

vent d'accompagnement, l'une repr<!>sente la Prudence, et Tantre 
la Religion, tontes deux désignées par les attributs qui leur con- 
viennent ; tout cet ouvrage est adossé contre une arcade feinte, 
décorée avec art, et terminée par les Armes de la Maison de 
Villeroy. 

c On lit l'Ëpitaphe suivante, dans un cartouche de très bon 
goût au-devant du Tombeau. 

HIC lACET 

D. D. NICOLAVS DE NEVFVILLE 

DVX VILLAREGIVS. 

PAR FRANCIitET PRIMVS MARESCALl.VS, 
LVGDVNENSIS PRGVINCIit GVBERNATOR 
ET PROREX FIDELISSIMVS, SECRETIORVM 
ytRARII CONSILIORVM PRi€SES. REGIORVM 
ORDINVM COMMENDATOR. Q.Vl' LVDOVICI 
MAGNI ytTATI MINORI SAPIENTISSIME 
PRytFVIT. 

Hi€C FVERVNT EIVS INSIGNIA, SED 
Q.VANTA FVERIT VIRTVTVM COPIA! 
VOLVE. REVOLVE SECVLA, NIL TANTI 
VIRI INVIDIA DIGNVM REPERIES. 
PLENVS DIERVM OBIIT ANNO y£TATIS 

LXXXVIII. CHRISTI M. D. C. LXXXV. 

MENSIS NOVEMBRIS DIE XXVIII, 

LVGE GALLIA 
LVGE VIATOR ET ORA 

Posuit Camillus Avchiepiscopus Lugdunensis 
Propter fratis amorem. 1687 *. 

(( On a placé depuis quelques années, un grand Tableau de 
Grandon au-dessus du tombeau de M. d'Halincourt ; c*est un 
sujet allégorique, où Ton voit la Religion triomphante, accompa- 
gnée de plusieurs Seigneurs et Prélats de la Maison de Yilleroy 
peints an naturel. » 

La bibliothèque de l'Académie de Lyon possède dans le recueil 
no 121 du catalogue actuel, deux n.anuscrit8 de Delamonce qui 

i Cette èpitapha avait été coin|iosée par Camille de Neufville, et nous Tavons 
reproduite telle que l'a donnée G. Ouichenon dans la vie de ce prélat, en faisant 
remarquer qae Clapasson a oublié les deux dernières lignes qui font connaître l*au- 
teor et la date de l'érection de ce monument. 



110 HISTOIRE DU COUVA\NT DKS CARMELITES 

contiennent de prdcieux renseignements sur les dispositions archi- 
tecturales do IVglise des Carmélites. 

Le premier a pour titre : Observations critiques sur trois 
églises de cette ville^ scavoir celles des Carmélites^ de VOra- 
toireet de Saint- Antoine, par M. Delamonce, lues à Tacadt^mie 
des Beaux-Arts le 8 mars 1747. 

Le deuxième est intitulé : Observations critiques sur cinq 
églises modernes de cette ville, scavoir celle de la Charité, 
celle de C Hôtel- Dieu^ celle des Carmélites, celle de Saint- 
Antoine et celle de F Oratoire, par M. Delamonce, du 12 mars 
1740. 

Sauf quelques variantes, les descriptions font à peu prés sem- 
blables dans les deux manuscrits; cependant pour l'extrait que 
nous donnons do ce qui concerne les Carmélites, nous avons 
choisi dans les deux manuscrits le texte qui nous a paru rendre 
le plus clairement la pensée de Tauteur. 

Observations cnliqucs sur Véglise des Carmélites 

par Delamonce * 

« A considérer attentivement celte église, et surtout sa situation 
ingrate sur le penchant de la colline où elle est construite, elle 
parait des moins ingénieusement et des plus mal disposée en tous 
sens ; en ciTet, cette partie rampante du terrain orientée à peu 
près du levant au couchant, et qui dès Tentrée estropie la nef de 
cette église, pouvait être rectifiée par un grand renfoncement du 
perron, si Tarchitecte avait su le ménager dans un portique 
concave où Ton aurait pratiqué extérieurement la plus grande 
partie des marches qui devaient composer le perron, et dont le 
reste aurait été placé en dedans joignant le seuil de la poite, en 
sorte que de là le pavé do la nef aurait été tout de niveau jusqu'à 
rentrée du sanctuaire où l'on aurait pu pratiquer encore une 
élévation, mais on moins grand nombre de marches que celui qui y 

i ^>^din^nd de 1a Monrr, arohile.te et dessinateur, de l'Académio de Lyon, ni à 
Munich le S9 juin 1(>7S, mort à Lyon le 30 septembre 17S3. On lai doit : le portail de 
l'église de i»t.-Jast; la porte d'entrée du Grand IlôtelDieo; l'église et le dôme dot 
Chartreux; la chaire en njirbre de Tèglise du l.\cée, etc. 



DE NOTRE-DAME DE LA COMPASSION 111 

esta présent, et l'on aurait pu aussi élever le grand autel à propor- 
tion en le faisant plus élevé que le pavé de la chapelle de Y illcroj, 
et c*est ce qu*un architecte habile aurait su concilier ingénieuse- 
ment avec les diverses hauteurs de ce terrain rampant en diffé- 
rents sens. 

« Il est vrai que pour y réussir avec plus de facilité et de goût, 
il fallait absolument donner une autre forme à cette église; bien 
loin de la faire oblongue, c* est-à-dire d'une idée aussi commune 
qu'elle est, puisqu'un rehfoncoment tel que celui dont je viens de 
parler aurait alors corrigé la partie qui en compose maintenant 
la nef, par ce moyen Ton évitait de former le fond du sanctuaire 
en ligne droite, tel qifon le voit aujourd*hui. ce qui a été fait fort 
mal à propos. 

« Ce cbangemement aurait procuré à cet cdifice une apparence 
beaucoup plus gracieuse, et qui facilitait en même temps le moyen 
de situer plus avantageusement la chapelle de Yilleroy en lui 
donnant aussi un plan différent et plus convenable avec celui que 
je suppose devoir former le corps de cette église. 

et Par cette différence de forme, qui était si nécessaire, Ton peut 
d'abord comprendre combien la disposition présente de cet édifice 
est désavantageuse et peu favorable au premier coup d*œil; 
mais ce n^est pas tout, voyons la suite de ses autres défs^uts. 

« Après ceux de son perron intérieur, ce qui choque davantage 
est la trop grande largeur de cette nef par rapport a son peu de 
profondeur, ce qui est cause que quoiqu'à considérer en dedans 
de la même nef, lorsqu'on a le dos tourné au sanctuaire, le mur 
du fond de Tentrée à Tendroit de son palier, et delà jusqu'à la 
voûte, Ton aperçoit qu'autant qu'il y aurait dans cette partie une 
hauteur à peu près sufdsante pour en rendre l'élévation propor- 
tionnée, autant celte élévation est trop basse, non seulement dans 
la partie suivante de la nef, mais particulièrement dans celle du 
sanctuaire à cause de l'exhaussement du second perron qui pré- 
cède le niveau de la chapelle de Yilleroy. Il suit de là, que tant dans 
la nef que dans le sanctuaire, tout y est disproportionné en général 
et dans les détails, et de là aussi naissent plusieurs autres défauts. 

« Premièrement l'ordre corinthien des pilastres, dont la décora- 
tion de cette église est composée, est plus petit qu'il ne devrait 



112 HISTOIRE DU COUVENT D^S CARMELITES 

être pour un tel vaisseau par le peu d'espace qui reste entre le 
pavé et la naissance de la voûte, c'est pourquoi cette décoration 
devient trop chétive dans toutes ses parties. 

(( Ce défaut en entraîne un autre non moins odieux : c'est la 
grande inégalité des arcades, dont plusieurs sont tronquées à 
l'endroit du sanctuaire, tandis que les autres sont beaucoup plus 
hautes dans la nef a la faveur de leurs grands socles, cette diffé- 
rence considérable étant causée par les divers niveaux des deux 
pavés. 

(( D^ailleurs, comme toutes les arcades de cette nef et celles du 
sanctuaire opposées à la chapelle de Villcroj sont seulement 
feintes par de médiocres renfoncements, et qu'il n'y a que les 
deux arcades de cette chapelle qui soient percées, il suit de là 
que cette différence ne se trouvant pas au milieu de la nef, produit 
encore une dissonnance de symétrie très choquante à la première 
vue. 

« Il est vrai que ce qui semble en quelque sorte corriger tous ces 

défauts, est l'exécution correcte de cet ordre corinthien à pilastres 

« 

dont l'entablement règne fort régulièrement dans tout le pour- 
tour intérieur de l'église et dans celui de la chapelle de Villeroy, 
sans aucun ressaut au-dessus des pilastres, en sorte que les 
dedans de cette chapelle sont beaucoup mieux proportionnés que 
ceux de l'église. 

« De plus les parties des arcades sont aussi très bien observées 
dans leur volume et les moulures en sont précises, mais cela 
n'empêche pas que tout ce qui se trouve de défectueux dans cet 
édifice ne procède de la disposition aussi imparfaite en elle-même 
que peu convenable à la situation ingrate de cette église, comme 
je l'ai déjà dit, disposition qui conséquemment est la source de ce 
qui est ici contraire aux récries de l'art. » 

Les dimensions extérieures de l'église des Carmélites, telles 
qu'elles sont inscrites sur les divers plans terriers du siècle der- 
nier conservés aux Archives, c'est-à dire en pieds de Lyon, 
autrement dit pieds de ville, dont la valeur métrique est deO mètre 
342512, étaient les suivantes : 

Eglise des Carmélites — longueur 91) pieds — largeur 41 pieds. 



bE NOtRE-DAiiE DE LA COMPASSION 113 

Chapelle de Villeroy — longueur 48 pieds — largeur 29 pieds. 

Nous regrettons vivement de ne pouvoir donner une vue de 
rintërieur de ce monument, attendu que malgré nos recherches il 
ne nous a pas été possible de découvrir les éléments indispensables 
pour en esquisser un dessin tant soit peuôdèlc ; quant à la façade, 
le dessin qui est en n&arge du plan de Lyon, levé et gravé en 
1735 par Seraucourt, et la description qu'en a donné Glapassoii, 
nous ont facilité les moyens de la reproduire correctement. 

Enfin le plan levé par les architectes Turrin et Durand, en 
Tan XllI, montre Tinte-rieur de Téglise et de la chapelle de 
Villeroy après la destruction des autels et des tombeaux qui or- 
naient ces sanctuaires. 



TROISIÈME PARTIE 



C'est à la suite des visites qu*elle fit à sa sœur, religieuse Car 
mélite de la réforme dd Sainte Thérèse au premier couvent de 
l'Incarnation à Paris, que Jacqueline de Harlay conçut le projet de 
fonder à Lj'on un couvent du même Ordre. Charles tle Neufville, 
marquis d'Hilincourt, approuva le projet de sa femme et l'au- 
torisa à faire les acquisitions de terrain et les constructions néces- 
saires pour l'établissement du nouveau monastère, qui fut fondé 
« A la charge par les Reltyletises de faire célébrer, annuelle- 
ment et à 'perpétuité, un service et obiit pour lesdits fonda- 
teurs deffunts à pareil jour de leur décès ». 

Uëtablissement régulier en fut fait conformément aux lettres 
patentes duroy Henri IV, datées de Juillet 1602, vérifiées au par- 
lement de Paris le 1" octobre suivant, et aux lettres d'adresse du 
24 septembre de la même année pour la fondation, création et 
arrentement des religieuses Carmélites en France. 

Il est mentionné dans les lettres patentes du roy Louis XllI, 
datées do septembre 1731, portant approbation et confirmation 



J16 HISTOIRE DÛ COUVENT DES CARMÉLITES 

des établissements des monastères de Carmélites selon la réforme 
de sainte Thérèse, qui jusqu* alors avaient été établis en France; 
lesdites lettres patentes vérifiées au parlement de Paris, en la 
chambre des vacations, au mois d'octobre de la môme année. 

En suite d'une déclaration de Monseigneur Camille de Neuf- 
ville, archevêque de Lyon, du 23 octobre 1650, portant confirma- 
tion et approbation de Tacte authentique donné par Monseigneur 
le cardinal de Marquemont, lequel acte était égaré, de même que 
l'acte consulaire accordé en 1610 par MM. les Prévôt des mar- 
chands et Echevins de Lyon, MM. du Consulat donnèrent une 
nouvelle déclaration portant approbation et confirmation dudit 
établissement des Carmélites à Lyon. (Voir aux pages 19 et 20 
le texte de ces déclarations.) 

Enfin les lettres patentes du roy Louis XIV, datées de novem- 
bre 1659 et vérifiées en la chambre des comptes le 2 décembre do 
la même année, portent approbation et confirmation de rétablisse- 
ment particulier du Monastère des religieuses Carmélites de Lyon. 

Nous ajouterons qu'en France l'Ordre des Carmélites fut 
exempté des impositions extraordinaires par l'ordonnance royale 
du 28 février 1037, enrégis^trée le 5 septembre suivant, portant 
c( que les Carmélites soient et demeurent quittes, franches, exemp- 
tes et déchargées de toutes contributions mises ou à mettre, tant 
pour les afi*aires et taxes du clergé que pour la levée, subsistance, 
entretenement et logement de nos gens de guerre, fors et excepli' 
les décimes ordinaires ». 

Le 29 août 1616, sur les instances de Madame d'Halincourt, du 
consentement de Monseigneur Denis-Simon de Marquemont, 
Archevêque de Lyon, et avec la permission et obédience des Ré- 
vérends Pères Supérieurs Jacques Galmciit, docteur en théolo- 
gie de la faculté de Paris, An^lré du Val, docteur et professeur 
en la même faculté, et de Bérulle, général de la congrégation de 
l'Oratoire en France et depuis cardinal : 

Sortirent du monastère des Carmélites de rincarnution, situé à 
Paris, faubourg Saint Jacques, pour établir celui de Lyon, sou^ le 
nom et vocable de Notrc-Damv de la Cofirpassion, la Vénérable 
Mère Magdoleine de Saint Joseph, avec le litre de Prieure ; la 
Mère Thérèse de Jésus, avec celui de Sous-Prieure ; les Sœurs Mar- 



DE NOTRE-DAME DE LA COMPASSION 117 

guérite de Saint Elic, Marie de Saint François, Glaire de Jésus, 
Marguerite de Saint Joseph, Anne des Anges, toutes professes 
dudit monastère de Paris, excepté Anne des Anges qui Tétait de 
celui de N.-D. des Anges de Tours. 

Ces religieuses arrivèrent à Lyon le 12 septembre suivant et 
furent logées dans Tabbaje d'Ainay, où demeurait Madame d*Ha~ 
lincourt qui les y retint quelques jours en attendant que le local 
qui leur était destiné fut prêt à les recevoir. 

Le 9 octobre 1616, les Carmélites prirent possession de la mai- 
son de Notre-Dame de la Compassion, et'le même jour le Saint- 
Sacrement fut posé en grande solennité dans la chapelle par 
Monseigneur de Marquemont. 

La grande dévotion qu'avait la Mère Magdeleine de Saint- 
Joseph pour les douleurs de la Sainte Vierge lui fit désirer que le 
nouveau monastère y fut dédié, afin qu*au nom de tout TOrdre il 
rendit hommage à ce qu'elle avait souffert à la mort de son Divin 
fils. Ce dessin fut si agréable à la Reine des cieux, qu'elle voulut 
bien le reconnaître en lui apparaissant avec son fils mort entre 
ses bras. 

La Vénérable Mère Magdeleine de Saint Joseph ^ ne resta que 
peu de temps à la tôtedu nouveau monatère; elle retourna i Paris 
le 9 juillet 1617, avec les Sœurs Marguerite de saint Elle, Anne 
des Anges et Marguerite de Saint Joseph, en laissant pour Prieure 
la Mère Thérèse de Jésus, et pour Sous-Prieure la Mère Marie de 
Saint François. 

Pendant son séjour à Lyon, la Mère Magdeleine de Saint 
Joseph reçut six novices : 

La première est Marthe de l'Incarnation, née à Tours, fille de 
Claude Nau, conseiller du Roy, contrôleur général des guerres. 
Elle devint une religieuse de grande vertu ; après avoir été 
nommée prieure de ce monastère en 1623, elle fut envoyée à 
Marseille en 1625 pour exercer la môme charge, puis élue prieure 
du couvent de la Mère de Dieu de Paris. 



La inèr« Magdeleine de Saint-Joseph était flile do seigneur de Boys d« Fontaina- 
Marans. EUe fot la première prieure française du Carmel de Paris «t y mourat en 
1637. âgée de 59 ans, dans une si hante réputation de sainteté que Pie VI, en 17S9, 
déelara qu'elle avait pratiqué les vertus dans un degré héroïque. 



118 HISTOIRE DU COUVENT DES CARMELITES 

La seconde nommée Marie du Saint Esprit, née à Roanne, 
fille d*Estienne Âlcanon du Rosié, commissaire ordinaire des 
guerres, était une âme si innocente que M. Tabbé de Saint Just. 
vicaire général du diocèse, qui l'avait confessé Tepace de 40 années, 
assura qu'elle avait conservé son innocence baptismale. Après 
avoir été privée de la vue pendant les 15 dernières années de son 
existence, elle mourut le 13 novembre 1667 âgée de 74 ans. 

La troisième, Marie de Saint Bernard, née à Prouiseu en 
Champagne, fille d'Estienne d'Anterre, capitaine de cavalerie, 
est morte le 22 décembre 1648, après avoir exercée pendant trois 
années la charge de sous prieure de ce monastère. 

La quatrième, Thérèse de Jésus, née à Virieu le Froid en 
Dauphiné, fille de Marc de Vachon, seigneur de Veurey, Belle- 
garde et Simandre, gentilhomme ordinaire de la chambre du Roy, 
est décédée le 17 avril 1722. C'est la première sœur décédée et 
enterrée en ce monastère. 

La cinquième, Agnès de Jésus, née au Puy, fille de Jacqaes 
Charoas, marchand drapier, était une âme bien chère à Dieu, 
qui la conduisit toute sa vie par la voie deThumiliation. Elle avait 
été la compagne de la sœur Thérèse de Jésus et mourut quelques 
mois après elle, le 6 janvier 1623 ; Ton réunit leurs ossements 
dans une même chasse, doublée de satin cramoisi, les regardant 
comme deux bienheureuses. 

Enfin la sixième, ThéK se de Saint Joseph, née à Tonnerre, fille 
de Odes Raoul, seigneur de Larmelye, embrassa par humilité l'état 
de sœur converse, et son courage héroïque lui en fit soutenir le 
travail jusqu'à sa mort qui arriva le 15 octobre 1656. 

Jacqueline de Harlay mourut le 15 mars 1618, et ce iut une 
très irrande perte pour la communauté naissante à laquelle cette 
généreuse Dame s'intéressait d'une façon toute particulière, non 
seulement en lui donnant des marques de ses bontés, mais encore 
on venant très souvent visiter les Religieuses. 

En fondant le monastère de N. D. de la Compassion, Jacqueline 
de Harlay et son mari Charles de Neufville de Villeroy, s'étaient 
engagés à fournir aux Religieuses une rente annuelle de 1.000 
livres; mais la mort ayant empêché la fondatrice de régulariser 
celle donnation, son fils, Camille de Neufville, alors abbé d'Ainay 



DE NOTRE DAME^DE LA COMPASSION 119 

et de rile-Barbe, se chargea d'assarer cette dotation, et par acte 
du 2 juillet 1618 leur constitua une rente annuelle de 1.000 livres, 
rachetable au prix de 16.000 livres. 

Par acte du 24 mars 1733, Louis-Nicolas de Neufville, duc de 
Villeroj, s'engagea à continuer aux Carmélites la pension de 1.000 
livres que leur avait assuré Camille de Neufville. Voici le texte 
de cet acte : 



Reconnaissance et titre nouvel de la Rente de i.OOO 
livres en faveur du monastère des Dames Carmélites 
de Lyon par Monseigneur le duc de Villeroy^ du 
24 mars il 33. 

Par devant les conseillers du Roy, Notaires au Chatelet de Paris sous- 
signés, fut présent très haut et très puissant seigneur Monseigneur Louis 
Nicolas de Neufville, duc de Yilleroj et de Beaupreau, pair de France, che- 
valier des Ordres du Roy, lieutenant général de ses armées, capitaine de la 
première et plus ancienne Compagnie Françoise des Gardes du Corps de sa 
Majesté, gouverneur pour le Roy des ville de Lyon, pals Lionnois, Forest et 
BeaujoUois, demeurant en son hôtel à Paris, rue de la Cerizaye, paroisse 
Saint-Paul. 

Lequel a dit que le monastère des Religieuses Carmélites a été établi et 
fondé en la ville de Lyon, à Thonneur et sous le vocable de Notre-Dame de 
la Compassion, par le zèle et la protection des deffunts messire Charles de 
Neufville, seigneur d'Halincourt, marquis de Yilleroy, vicomte de la Forest- 
Taumier, baron de Bury, chevalier des Ordres du Roy, conseiller en tous ses 
conseils, capitaine de cent hommes d*armes de ses ordonnances, gouverneur 
et lieutenant général pour sa Majesté de la ville de Lyon, pays de Lionnois, 
Forest et Beaujolois, sénéchal de Lyon, et très haute et très puissante dame« 
Madame Jacqueline de Harley, son épouse, lesquels auroient promis de 
donner annuellement mille livres de rente pour contribuer à Tentretien dudit 
Monastère, dont Tassignation n*ayant pu être faitte pendant la vie de ladite 
dame de Harley, messire Camille de Neufville, abbé commendataire de 
Tabbaye Saint Martin d*Enay de ladite ville de Lyon, dis desdits seigneur et 
dame d*Halincourt, pour exécuter les intentions desdits seigneur et dame, ses 
père et mère, auroit du consentement dudit seigneur d*Halincourt son père, 
par acte du 2 juillet 1618, passé devant Grangier, notaire à Lyon, créé et 
constitué audit Monastère, \Q%à\i\,e% mille livres de rente, sur tous les revenus 
de ladite abbaye, jusques à ce qu*il lui eut été donné par ledit seigneur un 
fonds qui pu produire un semblable revenu annuellement^ pour demeurer 
acquis audit Monastère à perpétuité. 

Que la Maison de Villeroy ayant vu avec beaucoup de plaisir le pro. 
grès dudit Monastère, qui sert de retraite aux filles des principales familles de 



120 HISTOIRE DU COUVENT DES CARMELITES 

la ville de Lyon, a fait très régulièremeot payer la renie et lui a donné dans 
tous les temps de nouvelles marques de ses attentions et de ses bienfaits, 

« Et voulant ledit seigneur, duc de Villeroy, témoigner de sa part la satis- 
faction qu'il a d*aa établissement si pieux et si utile, il promet et s*oblige de 
continuer en faveur dudit monastère, le payement desdits mille livres de 
rente et de les lui faire payer annuellement, tant qu'elle aura cours, anx termes 
et en la forme portés par le susdit contract du 2 juillet 1618, auquel n^est in- 
nové ni dérogé, ce qui a été accepté par les notaires soussignés, stipulants 
pour et au nom dudit monastère autant qu'ils le peuvent. 

« Et pour l'exécution des présentes, ledit seigneur, duc de Villeroy, a fait 
élection de domicilie irrévocable en cette ville, en son hôtel susdit, an^el 
lieu nonobstant promesse, obligation, renonciation. 

< Fait et passé à Paris, en Tbôtel dudit seigneur ci-devant décla|é» l'an 
mil sept cent trente trois, le vingt quatrième jour de mars, et a signé Uî%iinata 
des présentes demeurée à M. de Saint Jean, notaire. » 

Cette rente fut régulièrement payée par semestre jusqu'à la 
suppression des ordres religieux en 1790. Le dernier terme en 
fut acquitté le 4 janvier 1790, ainsi que le constate la mention 
suivante inscrite sur le registre des comptes du Monastère : « 4 jan- 
vier 1790. — Reçu de M. le duc de Villeroy 500 livres pour 
6 mois échus de la rente de fondation. » 

Le 26 février 1623, la Mère Thérèse de Jésus ayant fini sa 
charge de prieure, reçut des R. R. P. P. Supérieurs l'ordre d'aller 
fonder le couvent de Marseille, et ensuite ceux d'Aix et d'Arles. 
Elle emmena avec elle la Mère Désirée du Saint Esprit, nommée 
dans le monde Claude Grolot, fille de Jacques Grolot, seigneur de 
Ghambaudoin et de Gironville, laquelle après avoir été sous 
prieure dans les couvents de Provence revint à celui de Lyon le 
24 février 1639, pour y exercer la charge de prieure et y mourir 
le 29 décembre de la même année. 

Parmi les religieuses professes du monastère de N. D. de la 
Compassion de Lyon, qui furent envoyées dans les fondations 
nouvelles, nous citerons la Révérende Mère Marguerite des 
Anges, fille de M. le baron d'Oppede, premier président du par- 
lement de Provence, qui après avoir été prieure du couvent d'Aix, 
elle a fournie une longue et glorieuse carrière, y est morte 
de pins de 80 ans. 

os mentionnerons aussi la Mère Christine du Saint E2»prit, 
I Paris, fille de David de Novion, seigneur de la Chênes, qai 
le 8008 prieure i Marseille en 1633, 



DE NOTRE-DAME DE LA COMPASSION 121 

Enfin en 1640, par ordre des R. R. P. P. Supérieurs, sortirent 
du couvent de Lyon pour aller fonder celui de Grenoble, les Sœurs 
Françoise de la Sainte Trinité, Marie de Saint Jo90ph, Jeanne de 
la Passion, Marie Elie du Saint Sacrement, Julienne de Saint 
Joseph et Magdeleine de Saint Joseph, toutes professes dudit 
monastère de Lyon. La dernière était fille de Gaspard de Monta- 
gni, seigneur de Vinaj en Dauphiné. Son humilité lui fit embrasser 
l'état de converse dont elle remplit parfaitement les devoirs. 

Toutes les Révérendes Mères du Monastère de N. D. de la 
Compission étaient si régulières dans l'observation de leurs 
devoirs et si vertueuses, que les R. R. P. P. Supérieurs les 
jugèrent dignes, presque toutes, d*aller fonder et gouverner les 
nouveaux monastères établis en France, afin d'j jeter les fonde- 
ments de la perfection et de lobservance qu'elles avaient pratiquées 
dans celui-ci, selon que la vénérable Mère Magdeleine de Saint 
Joseph l'avait établi. Les veilles, les jeûnes au pain et à l'eaa, 
l'usage fréquent des instrumenta de pénitence leur étaient fami- 
liers. Lorsque le Saint Sacrement était exposé deux jours 
consécutifs, les religieuses avait la permission de ne le pas faire 
renfermer après la bénédiction du premier jour et de passer la 
nuit en oraison en sa présence. 

Lorsque la France et particulièrement la ville de Lyon fut 
affligée du fiéau de la peste, peu de temps après la fondation du 
monastère de N. D. de la Compassion, les Religieuses firent vœu 
de faire autant d'heures d'oraison que le saint enfant Jésus en 
avait passé dans le sein de sa mère la très sainte Vierge, afin 
d'obtenir la grâce d'être préservées de cette cruelle maladie. Leur 
vœu eût son effet, car aucune des personnes attachées au couvent 
n'en fat atteinte, quoique en diverses occasions le monastère 
reçut et consomma des denrées provenant des maisons contami- 
nées *. 

En 1668, la communauté des Carmélites de Lyon comprenait 
33 membres, dont 27 Religieuses de chœur, 3 Sœurs layes et 2 



i Voir au sujet de la pe&te qui désola la ville de Lyon durant les années 162S et 
1629, la relation donnée par le père Grillot, sous le titre de Lyoa affligé de cort" 
tagion ou narré de ce qui s*est passé de plus mémorable en ceste ville^ depuis le 
mçis d*ao%tst de Can i6S8, jttsques au mois d'octobre de Van i6S9. 



iît HISTOIRE DU COUVENT DES CARMELITES 

Sœurs touriéres, diaprés Tétat saivant dressé par ordre du Roj : 

Prieure, — Marguerite du Saint Sacrement de la Berchére de 
la Rochepot. 

Ex-Prieure, — Angélique de la Passion Pelot. 

Sous- Prieure, Jeanne de la Mère de Dieu Feret. 

Religieuses de chœur. — Marie du Saint-Esprit Alcanon du 
Rosié. — Marie de la (Compassion Founier. — Elisabeth de l'In- 
carnation Royer. — Françoise de Tlncarnation Testu. — Jeanne 
de Jésus de Sirvinge. — Magdeleine de Saint- Joseph de Gui- 
monneau. — Magdeleine du Saint- Sacrement de Fleurestiare. — 
Magdeleine de la Croix de Barcos. — Marie de tons les Saints 
Viollette. — Claude de la Nativité de Saillans. — Anne de Tln- 
carnation Verielas. — Marie Françoise du Saint-Sacrement Pe 
lisson. — Marie de Saint Paul Bigot. — Louise de la Sainte- 
Trinité Gourret. — Marie Thérèse de Jésus de Renaud de Mont- 
martin. — Marie Françoise de Saint-Joseph Tardy. — Marie Thé- 
rèse du Saint Esprit Chappuys. — Anne de Jésus Tardy. — Jeanne 
Thérèse du Saint Sacrement M ichon. — Gabrielle de l'Incarnation 
Gillet. — Eléonore de Jésus Bayard. — Catherine de Sainte 
Thérèse Gadier. — Angélique de la Passion Bertaud. — Anne 
Marie de Sainte Thérèse Compain. 

Soeurs layes, — Jeanne de l'Enfant Jésus Darmeysin. — Anne 
de Saint Barthélémy Gillet. — Marie de Saint Pierre Lagnier. 

Sœurs touriéres, — Antoinette Villemagne. — Antoinette du 
Mont. — Sœur Benoitle. 

En 1671 Alexandre Landry, chanoine d*Ainay et sacristain de 
Chazay d*Azergues, constitua au profit du couvent des Carmélites 
de Lyon une rente annuelle de 12 livres, à la charge par les 
Religieuses de faire dire à perpétuité deux messes, Tune le jour 
anniversaire du décès de TArchevéque Camille de Neufville, 
Tautre pour celui de donateur. Voici le texte de l'acte de cette 
fondation. 

• 

Donnation et fondation de Messe pour les Dames Car- 
mélites de Lyon^ faite par noble Messire Alexandre 



DE NOTRE-DAME DE LA COMPASSION i?3 

Landry, religieuo) cCEsnay, pour Monseigneur VAr- 
chevesque de Lyon, du 7 décembre 1671. Ratiffié le 
24 juin 1672. 

Par devant le notaire tabellion Royal gardenotte héréditaire a Lyon 
soubzsigné et presens les tesmoins soubz- nommés , Personnellement estably 
noble Messire Alexandre Landry, sacristain de Chazay d^Azergues, religieux 
de l'abbaye Royalle Saincfc Martin d*£snay et prebandier de la prébende ou 
commission de messes appelée Montleon, fondée en la chapelle Sainct Benoict 
dudit E^ay. Lequel meu de pieté et dévotion, en continuant laugmentafion 
qu'il a faict a ladicte prebande du revenu de vingt cinq livres, soubz le sort 
principal de cinq livres, par contract du premier avril Mil six cens soixante- 
trois, reçu par Mtre Quemet, notaire Royal audicl Lyon, et ayans depuis 
acquis par contract du.ving troisième mars dernîer,recu par le notaire Royal 
souhzsigné, de sieur Louis Moindet, une vigne avec une saulzée amplement 
mentionnée et confirmée pa r ledit contract. Qui joignan le domaine qu*il pos* 
sedde eu ladicte quallité de prebandier à Oulins, qu'il a acquis de M. Nicolas 
PicoUet et de damoiselle Théodore PicoUet, par contract dudit jour premier 
avril mil six cent soixante trois, reçu par le notaire Quemet. Le prix duquel 
domaine est provenu de la vente qu'il a faicte aux sieurs Honnorat et Du- 
fournel de la rente despendanie de ladicte prebande de Tauctorité de Illustris. 
sime et Reverendissime Messire Camille de Neufville, Archeves que Comte 
de Lyon, Primat de France, Chevallier des ordres du Roy, Lieutenant gê- 
nerai pour sa majesté des provinces de Lyonnois, Forestz et Beaujollois, 
patron de ladicte prebande comme abbé dudict Esnay. Par autre contract 
du mesme jour premier avril mil six cens soixante (rois, reçu par ledit notaire 
Quemet, Donné, comme parces présentes il donne à ladicte prebande de Mont- 
leon, par donnation entre vifz, pure, simple, perpétuelle et irrévocable, La- 
dicte vigne et saulsaye qu'il a acquis de ses deniers provenans de ses espar- 
gnes qu'il a faictes du revenu des bençlfices qu'il possedde bores ladicte ab- 
baye. Laquelle donnation, a la très humble prière et réquisition dudict sieur 
Landry, a esté acceptée par mondict seigneur TArchevesque, en la dicte quallit^ 
de patron de ladicte prebande, pour avoir effet après le decedz dudict sieur 
Landry donnateur, et pour jouir desdictes vigne et saulzée et dudict domaine 
par ses successeurs en ladicte prebande, a la charge touteffois de payer 
une pension annuelle, perpétuelle et foncière de douze livres par chacun 
an, le premier terme commençant dans un an du decedz dudict sieur donna- 
teur, aux Révérendes Supérieure et Religieuses Carmélites de celte ville, les- 
quelles moyennant ce, seront tenues de faire dire dans la chapelle de TlUustre 
Maison d'Halincourt une messe a haulte voix le jour du decedz de mondict 
seigneur 1* Arche vesque et a son intention, a perpétuité, laquelle fondation 
ledict sieur Landry, donnateur, faict en reconnoissance des bienfaicts que tanc 
luy que la famille de la Maison de Messieurs Landry ont reçus de luy, qu'il 
ne sauroit jamais asses reconnoistre, et d'en faire célébrer une basse a leur 
grand autel le jour du deceJz dudict sieur donnateur. Affectanclesdicts fonds 
au payement de ladicte pension, dont il prohibe par exprès le rachat, faisans 
pour raison des fondz susdonnés toutes les desinvestitures et investitures au 
proflfict de ladicte prebande en tel cas requis et nécessaires, donnans pouvoir 



124 HISTOIRE DU GOrVENT DES CARMELITES 

au porteur de IVxpédilion des présentes d'en requérir et consentir l'insinua^ 

tion par tout ou hcsoing sera, promettanct, obligeant, soubxmetlant, renon- 

ceant. Fai«!t, passé audict Lyon, <lan8 Thostel de mondirt seigneur TArche- 

vesque, le sep tiesme jour de décembre Mil six cens septante un, après niidy. 

Presensa ce : M. René Langlois, secrétaire de niundict seigneur et Mtrc Jean 

Laurent, praticien audict Lyon, tesmoins requis soubzsi.:nés a la cedde avec 

les parlyes. 

Pour les Dames Carmélites, Expédie {mrnioy, dit notaire Royal. 

SijL'ué : Ravat. 
Scellé à Lyon le 2ù avril 1755. 

Reçu vingt ifols. 

Signé : Morkau. 

Personnellement est ablyt's Révérendes Mère Marguerite du Sainct Sacre- 
ment. Prieure, Anne de Tlncarnation, Sous Prieure, Sœur Jeanne de la Mère 
de Dieu. Dè|>o$itaire, Sœur Elizabeth de rincarnation, troisième Dépositaire, 
toutes Religieuses dudict monastère des C irmelites de cette ville. Capitulai- 
rement assemblées au son de la cloche a la manière accoustumé;.*. Lesquelles 
de gré, tanc pour elles que pour les autres religieuses professes d*apre8ent et 
de celles qui leur succéderont, après que lecture leur a este faicte de mot a 
mot du contract de donnation et fondation de messes cy devant escript. Elles 
ont agrée, ratiffié et confirmé Icelluy contract en tous ses clauses et condi- 
tions, voulans qu'il sorte a son esgard son plaint et utile effet. Et promettent 
lesdicte Dames d*ezecuter ladicte fondation a perpétuité en ce qui les con- 
cerne, suivant et conformemement uudict contract, le sieur I^ndry présent et 
acceptant. Le tout par promesses de serment, obligation, soubzmission, re> 
nonciation et clauses contenues audict contract, consentement d*habondant 
des parties a l'insinuation des présentes par tout ou besoing sera, Faict à 
Lyon, au parloir dudict monastère, vingt quatriesme juin Mil six cens sep- 
tante deux, avant midy. Preeens a ce: M. M. Jean Laurent et Jean Baptiste 
Michaud, procureurs audict Lyon, et tesmoins requis et soubzsignés à la 
cedde avec lesdictes partyes suivant l'ordonnance. 

Signé : Ravat. notaire Royal. 

Scellé à Lyon le 25 avril 1755, Reçu six sols. Signé : Moreau. 
(Archwes du département du Rhône), 

Sur le registre des comptes du couvent des (Carmélites on trouve 
le dernier paiement de cette fondation ain^i libellé : 

« 6 février 1790. — Reçu de M. l'abbé Guillon, prêtre d'Ainai, 
pour une année échue de 12 livres hypothéquée sur la pré- 
bande de Montléon par feu Monsieur Tabbé Landry, chanoine 
d'Ainai, pour la fondation de deux messe.<; une chanté dans notre 
église pour le repos de Târae de feu Monseigneur Paul Camille 
de Neufville, archevêque de Lyon, etTautre basse pour celai du 
donateur. » 

Nicolas de Neufville, premier duc et maréchal de Villeroy, 



DE NOTRE DAME DE LA COMPASSION 125 

mort en 1685, avait fondé , pour être dite tous les jours dans 
la chapelle qu'il avait fait construire et disposer pour la sépulture 
de sa famille, une messe à perpétuité. 

Mademoiselle de Neufviile, fille du deuxième maréchal de 
Villeroj, étant entrée en 1682 au couvent des Carmélites dePon - 
toise où elle prit Thabit do l'Ordre sous le nom de Madeleine 
Eléonore de Jésus, se lia d'amitié avec la Mère Madeleine Thé- 
rèse de Jésus, nommc'e dans le monde D'Amours d'Us, qui avait 
dirigé ses débuts dans la vie religieuse; aussi lorsque la commu- 
nauté de Lyon voulut se procurer l'avantage de posséder la petite 
fille de ses fondateurs, elle la réclama comme un bien sur lequel 
elle avait de légitimes espérances, en même temps qu'elle deman- 
dait son amie comme un second bien qui devait lui faciliter la 
possession du premier. Pour l'obtenir, le 16 juin 1690 les Reli- 
gieuses de N.-D. de la Compassion élurent la R. M. Madeleine 
Thérèse de Jésus D'Aamour d'Us prieure de leur monastère, et la 
R. M. Madeleine Eléonore do Jésus de Neufville de Villeroy, à 
peine âgée de 24 ans, sous prieure. Ces deux religieuses arrivè- 
rent à Lyon le 13 septembre 1690. 

C'est en rendant une visite d'honnêteté à la R. M. Prieure du 
couvent de Pontoise, qui était la sœur du chancelier Séguier, que 
la vocation religieuse de la R. M. Madeleine Thérèse de Jésus se 
révéla dans les circonstances suivantes : 

Pendant la conversation qu'elle avait avec la R. M. Prieure, la 
porte du monastère ayant été ouverte pour les besoins du service, 
un esprit de curiosité fort naturel chez une demoiselle la poussa à 
demander d'entrer dans la clôture . La R. Mère voulant arrêter une 
jeune personne qui, occupée jusqu'à ce moment de l'amour du 
monde, ne paraissait pas avoir la moindre envie de le quitter, lui 
dit : Si vous y entrez vous rC en sortirez plus. 

La prophétie ne fut point fausse, et la jeune demoiselle sans en 
avoir le dessein, mais conduite par la Providence, laissa à la porte 
toute la mondanité du siècle. Son entrée fut sans aucun retour, et 
le cœur dilaté par la joie intérieure que procure un sincère amour 
de Dieu, elle courut dans la vaste carrière de ses commandements 
avec autant de rapidité qu'elle y était entrée. Sa haute capacité et 
un mérite des plus rares la distinguaient lorsqu'elle fut choisie 



126 HISTOIRE DU CuUVENT DES CARMELITES 

pour diriger le monastère de Lyon. Ses trois années de charge de 
prieure achevëe, elle fut réélue d*un commun sufiBrage, et sa ten- 
dresse pour cette communauté remporta sur celle qu'elle conser- 
vait pour la maison de Pontoise et lui fit consentir de finir ses jours 
à Lyon. 

Unie avec la R. M. de Villeroj parles liens sacrés d*une amitié 
aussi religieuse que tendre, ces deux Mères étaient comme deux 
jours brillants qui se communiquaient réciproquement les paroles 
d'une mutuelle sagesse, et qui par un noble et humble désintéres- 
sement renvoyaient modestement Tune à Tautre tout Thonneur qui 
pouvait en revenir à chacune. 

Elle fit bâtir une magnifique chapelle au Sacré Cœur de Jésus, 
auquel elle avait une dévotion particulière, un riche oratoire pour 
exposer Je Saint Sacrement dans le chœur des Religieuses, des 
chapelles dans le dortoir, et donna une croix d*un prix considérable. 

Quelque attention qu'elle eut pour les domestiques de la foi, elle 
n'oublia pas les étrangers que sa charité lui fit regarder comme 
des frères, et elle ne se servit des bienfaits que lui faisaient ses 
parents que pour en faire part aux pauvres. La compassion sem- 
blait être née avec elle ; aussi combien de familles ont été garantie 
de la misère par ses libéralités. 

Après cinquante années et six mois de religion, la H. M. Made- 
leine Thérèse de Jésus mourut âgée de 67 ans et 8 mo:s, le 
30 septembre 1721, à 2 heures et demi de l'apros midi. 

m 

Le 3 octobre 1G97, la Révérende Mère Madeleine Eléonore de 
Jésus de Villeroy fut élue prieure du couvent de N. D. de la 
Compassion, puis maintenue dans cette charge à la fin de son 
premier triennat, le 10 octobre 1700. Mais lorsque pour la troi- 
sième fois, en 1717, la communauté lui accorda unanimement ses 
suffrages pour lui confier la direction du monastère, elle les refusa 
et il fallut suspendre les t-ieclions. 

Les Religieuses espéraient que Monseigneur l'Archevêque de 
Lyon, son frère, parviendrait à lui faire accepter par obéissance 
le priorat qu'elle refusait par humilité; mais elle sût si bien lui 
faire comprendre les motifs de sa conduite, qu'il l'approuva entiè- 
rement et, à la grande satisfaction de la Révérende Mère, fit pro- 
céder trois jours après à de nouvelles élections. 



DE NOTRE-DAME DE LA COMPASSION 127 

Les constitutions de TOrdre fixent à 21 le nombre des religieuses 
par maison, mais pour éviter de faire une deuxième fondation à 
Lyon les Supérieures avaient autorisé le couvent de N. D. de la 
Compassion à recevoir jusqu'à 40 sujets. Pendant son priorat 
la R. M. de Villeroj trouvant le monastère trop petit pour loger 
commodément les religieuses qui composaient la communauté, en 
fit reconstruire les bâtiments tels qu'ils existent encore en partie 
actuellement. Elle fut secondée dans son entreprise par son père, 
François de Neufville de Villeroj, maréchal de France, qui lui 
donna l'argent nécessaire pour opérer cette transformation. 

La Révérende Mère Madeleine Éléonore de Jésus de Villeroj 
est décédée le 26 avril 172^3, âgée de 57 ans et 5 mois, et de reli- 
gion 41 ans. Voici la lettre circulaire que la communauté de Ljon 
adressa anx maisons de l'Ordre porr leur annoncer cette perte. 



4^ 

JESUS Y MARIA 

Ma Révérende et Très Chère Mère, 

Très humble salât en Notre Seigneur Jésus, qui vient d'exiger de nous le 
plus grand grand, le plus sensible et le plus douloureux de tous les sacrifices. 
Je n*ai point de termes pour eu exprimer Tétendue, car il répand Tamertume 
sur nos cœurs et enveloppe Texistence de cette maison. La perte que nous 
venons de faire de notre très Révérende et très Honorée Mère Madeleine 
Éléonore de Jésus, notre fondatrice, est irréparable pour nous.- 

Ce monastère doit son établissement à Messeigneurs d'Halincourt et de Vil- 
leroy, ces illustres ancêtres, mais nous devons à notre regrettée Mère son 
agrandissement et des secours matériels de toute nature. 

L*affection sans bornes que Monseigneur le maréchal de Villeroy, son illus- 
tre père, et Monseigneur notre Illustrissime Archevêque, son digne frère, 
avaient pour elle, était basée sur ses éminentes qualités. Leur tendresse se 
manifestait dans toutes les circonstances et se traduisait en bienfaits sans 
nombre pour le Carmel, qu*ils ont constamment soutenu et protégé. 

Nous regardons comme un don du Ciel Tenlrèe de notre très honorée Mère 
dans notre saint Ordre. Toutes nos maisons Tout reconnu, toutes ont éprouvé 
dans leurs divers besoins sa puissante protection et la générosité de son 
cœur. 

Fidèle à la voix de Dieu qui Tappelait au Carmel, elle refusa trois abbayes 
qui lui étaient offertes et qui selon le monde convenait mieux à son rang. 
Elle préféra l'humilité de nos usages à Téclat qui semblait lui être si naturel 
tt si en rapport avec la délicatesse de ses manières. 

Notre très Honorée Mère entra d'abord dans notre Couvent de Pontoise, e| 
commença sa carrière religieuse avec une générosité et une ferveur qui ne 



i. 



iîS HISTOIRE DÛ COUVENT DÈS CARMÈL'ITES 

86 sont jamais démenties. On peub juger dès Iotz ce que serait cette âme à 
qui la grâce et la nature avaient prodiguées leurs dons avec une rare profu- 
sion. Quoique jeune, on voyait en elle une grande solidité dVsprit et une 
fermeté dans le bien qui charmait et édifiait les heureux témoins de celte 
vertu naissante. Son humilité croissait avec ses autres vertus ; jamais elle ne 
put souffrir les distinctions, et lorsqu'on lui montrait la joie que l'on avait de 
la posséder, elle répondait que c'était bien à elle d*êlre joyeuse pour avoir été, 
malgré son indignité, admise dans notre saint Ordre. 

Pour fortifier sa vertu. Notre-Seigneur la soimiit à une pénible épreuve : 
sa santé extrêmement délicate ne put suivre sa ferveur et elle tomba malade 
pendant son noviciat. Un squirre et plusieurs autres maux violents et com- 
pliqués Tarrêtérent longtemps à Tinfirmerie, mais elle les rapporta avec une 
admirable résignation. 

Revenue à la santé, notre digne Mère reprit son noviciat au jour où la ma- 
ladie Tavait interrompu, et ce fut pour elle un temps de pénibles combats. La 
tendresse de Monsieur le maréchal de Villeroy, son illustre père, vivement 
allarmée, s^opposait à son engagement; il craignait pour sa chère enfant 
Taustérité de notre régie. A cette vive allarme dont notre chère Mère ressen- 
tait la peine et la soufirance dont elle était l'objet, vinrent se joindre les insi- 
nuations et les offres les plus séduisantes. Tous ceux qui laimaient venaient 
lui représenter mille choses capables de l'ébranler, tous s'unissaient sur le 
point de la santé qui ne pourrait, disait-on, résister à un genre de vie si aus- 
tère. Toiyours ferme et courageuse, elle répondait à tous que son affaire 
principale était son salut, et que le bon Dieu lui donnerait la force nécessaire, 
Notre vénérable Mère Marie de l'Incarnation, à qui elle s'adressa, vint à son 
secours et non seulement lui obtint la grâce d'observer ses engagements, mais 
encore d'y ajouter des pénitences extraordinaires. La mortification qu'elle pra 
tiquait en toutes circonstances, était bien édifiante chez une jeune personne si 
|)eu habituée à cela ; sa régularité, son assujettissement â toutes les pratiques 
religieuses étaient exemplaire. 

Toutes les vertus de cette digue Mère qui nous étaient connues, nous faisait 
regretter, ma Révérende Mère, de ne pas l'avoir parmi nous. Ne nous était- 
elle pas due de droit comme fille de nos illustres fondateurs? Dès qu'elle eut 
vingt-quatre ans, nous rélûmes sous-prieure et nous nous mîmes en possession 
d'un bien qui nous appartenait. Quelques jours passés avec elle nous montrè- 
rent le trésor de grâces que le bon Dieu nous ménageait en nous donnant 
cette bonne Mère; sa vertu, sa capacité, sa douceur et sa prudence surpas- 
sèrent notre attente. 

Son lèle pour le service diviu la rendait très exacte et très attentive. Elle ne 
laissait passer aucune faute, mais elle les reprenait avec tant de grâce et de 
bonté, que l'on s'en apercevait à peine. Ses r.ires qualités lui eurent bientôt ga- 
gnés tous les cœurs; il suffirait de lui parler pour en être charmé. On sortait 
d'auprès d'elle tout étonné de trouver à la lois ce qui peut contenter Dieu et 
les créatures. Tant de nîérit<*s réunis et tant de vertu la désignait d'avance 
aux suffrages de la Conmiunaulé. Aussi ma Révérende Mère, à peine eut-elle 
Unie ses six anr.ees île sous-priorat, qu'elle fut élue â l'unanimité des voies à 
la charge de prieure. l)ésormai> nous avions le bonheur de vivre sous la di- 
rection d*une Mère que nous admirions et que nous vénérions â la fois. Ce fut 
pendant les six années de cet emploi, qu'elle accepta avec de vive^ répugnance* 



DE NOTRE-DAME DE LA COMPASSION 



129 



10114 coiktiûmea encore mieui l'éteiiduâ de ses 
loti aptitude pour le guuveriifmeiil et pour 
supérieure i tea occupaliotlf, «lie paraisisit 
riaiile que celle de nous donner à loures efi 
is manière si gracieuse, ei Uêlicate, qu'où ae 

I vénérée Mcre fut à même de coiis- 



et use admirable huniiUlé, que j 
lileute. sa précoce expérteuce, 
b direction des âmes ; luujoun 
li'en avuir aucune da plus impo 
atleoliuni, bfs soins, el cela d'une maiii 
pouvait w lasser de l'admirer. 

Durant les lii années de sou prior^l, m 
Inter l'insurfiMiice d-. local, qui était réduit nu point que plusieurs «eutb 
minquaient de cellulie, ce qui inedail un grand obslnele à U régulBrlIé. Tou- 
jours généreuse, ell« congui le projet ds reconstruire le Monastère et s*adressa 
pour cela i l'alTeclion toute pu le ru elle de Monseieneur lemiréchal deVilteroy, 
et à son digue frère Noire Illustre Archeiéque. Grdce à leur inlcrveatioii, ce 
ernnd ouvrage fui larminé sans que la pauvreté de In MaitOD /ilI augmentée 
par des dettes. Tout ]iBr!e autour de nous de la généroailé de Uesaeigoeurs 
nos fundaleurs et du cœur ai dévouË de Notre très Houor^ Uére. 

Ici ae place, ma Révérende Mère, un Irait des plus touchaiita iJela vi« de 
noire regrettée Mcre. Pendant la coBStniction du Montsiére lesécbâfjudages 
l'elanl délacbés. plusieurs matons furenl bleiséii el l'un d'eux, en danger de 
■nori, dut recevoir si;r place le sacrement da l'eitrème-oocliOD. Notre respec- 
tible Mère «e mil i ses pieds, 1e déchausca elle-même, le prépara a recevoir 
)n saintes oncliouï, et par des paroles consolantes el pénétrantes dJBpC'Eait son 
ime à accepler de bon cosur la volonté de Dieu. • 

Qu il était beau et louchaiil de voir cette digna Uér«, malade el souffï'Bnlc 
des suites de cruelles opérations, s'oublier elle-même el ne penser qu'A allé- 
ger la souffrance du prochain, 
■ Kolre vénérée Uére rentrée dans le c:ilnie aï désiré après les j'onra si labo- 
^■lÎMii lie la reconstruction du Monastère, s'occupa de l'iiilérieui'. Klle reuou- 
^HéIi bien des objets indispentables dans loua les olficts de la Maison. Son 
fliprit de foi lui monlranl Notre Sei^nenr présent dans le saint Tabernarle. 
(Ile s'oi'cupa partii^uliêrement i le pourvoir de linges et d'ornements coin- 
plels pour la célebrotion des saints Mystères, el rien ne lui paraiwait asseï 
beau |>our être ofTert 1 Noire Seigneur. Son amour atlenllf lui faisait décou- 
irir les besoins el lu pauvre'.é des saafluaire* de la ville, et ù tous elle faisait 
de généreuaes largesses, heureuse de contribuer i TvinbelNeieménl desauteli 
(t de rèbnuaser la beauté du culte Divin. 

Entre luules ses rjres qualités, la jirésence d'espril de Notre vénétëe Mérc 
était admirable; accablée d'affaires, occurée de lous cùléa, appelles au inr- 
loir par de nombrenaes visites qu'elle ne pouvait évitai', jamais ou ne la vil 
empressée ni nen perdre de sa douceur habituelle, el toute è loua, elle se pré- 
tait à lous les petits dé ail* avec autant d'aisance que «i elle n'eut eu que eela 
à faire, et être anasi alteutive aui moindres petites choses pour l'ulilild du 
prochain qu'aux affaires les plus ïmporlanlea. î^a chanté, animée de l'esprit 
intérieur de Jésus, lui faisait un devoir non seulement d'oublier les aujels de 
|>eioe, mais encore de faire du bleu nui per^nnej qui eu étaient la cause. 
Dans bien des circonsloucea on l'a vu s'auéanlir ellc-méine et ne repondre 
que par de> paroles douces, toutes empreintes d'humiiilé el de modestie reli- 
gieuse. Ce même cenlimeut d'iiumillté, verlu faiorila de Noire vénérée 
', lui faisait un devoir de dérober i tous les yeux les actes de sa charité, 
Ala porta i refuMT la charge de prieure, Où pour la Iroisiême fois la Com- 




IJO 



mSTOlBE DU COUVENT DES CABMKLITES 



manaulé l'iTail plaçât i l'anammil^ dei Toii. Ni ut» priera, ni ma0t 

tioo» ue pnrect Irïompher (let tcntûDoilf si pntaodeme 

cfigne Mère. Nom dûmes rcspnrler la gràre qui agitsail 

MO âme et doqb soocQrtlre. bira qn'à nrgrït. i la Tolonlê île Oies, 

L« ditin liailre qui aimxil perticuliereweit c«tle ime, U pw 
en plot par de Dourdla croix, mais sa palieDCf et sa rcaignabofi 
1er el i nbot donoer les plus »rei exemples de loatcs tes verlnf, 
deoEDiu sa miBiOD an milieu de iKias. AlK'inle de la catamcle ma tf* ^Mr 
jeu, oa lui cocsôUa de ce la faire lerer. Le médecin qst fit ropét^oa ht 
perça acddenlelleltical le seul œil dont e!le TOTtit aa peu. Restée AMagkK 
altâole de dooletm ineiptimalilei, Noire Tenérée Mère ne k p la i gti l Jmnk 
de celai dont le boD iJicu s'êuiliern pour Idï impof^r cette pê&ibk ciMalka. 

Bien qae trè» Muaible i U perte de la tue, elle demeura tonjovra r êaig aé e , 
tonjoars caln^ louïoiirc Biunaate. Elle recerait atec une reeonaaiaanBe ^i 
noua confondait loua les serrices que ooas étûmi à beorenMs tl« lui praiiïpKr, 

Halgré tes infirmité* tODJoara croifsaaleï. dereno» plus iat»x 
ptoi de rcoiëdea Tioleata et telles que Notre respectable Mère ne 
détormaii ae tenir debont un >eai iastODi, jamais die ne roulot r 
de ta (ie aaitêre. Toujour* couchée sur la ptillasae, jefinaiit au p 
loM lei Teodredis saint!, elle était deieaaa nne TÏctime il^ bu* plai^r de 
IHeu, S'oubliint loDjoun elle même, toute ca toUicilnde nom 
joon prênenaole die l'txcopaïl aan» ceste des besoins île La ( 
noiUMnbaiimsit da parfum de la saiotelé dual ranréote 
ptnoDDe. Ou BOrlait d'auprn d'elle éclairée, fortiAée, et nous Toriant en dia 
•e Teriftar cette parole de l'Écriture : Que ta voie da juttt rtt tint ImmitiV 









I ajant retiré ■ lui NoiM rèféroade Uère Madetein^-^ Jt fc» 
Je Jésus, aiec laquelle elle élait unie par àm liens parliculien de gtiec* 
Kolri Téo^rée malade ne pul rékisler i ce coup. Son Irnc, unie 
i la luloalé de Dieu, se «MUnil rans reserie 1 ce dooleureitx 
■et forces phjsiqnea s'aSmaêicnt de plus en pln«; tu dégo&l i 
oaun^'e ne pouiait surmonter, des tusomûeB, des Tommenwi 
n« point loir, ne ponroir en rien s'aider, tons tes numi tembl: 
pour eofeielir, comme dans uo lombrau, )«• dix neof demie 
lie. Mais elle sut retirer un merieilleui proHI de cet clal de 
la m^me mesure que sa nalure d«ïliaail. son ime prcuait sue aoarcUe 
el eoaleniplait les premiers rayons de la béalitnde. Elle puisait 
laliOQS des lérilés êleniellei un slimeut jounialier qui U souleaa:! et la afpa- 
rail de tous les objets créés. Sans cesse occupée à multiplie 



elle 






in dn raint Rosaire ri 



loi taire, des prières réglées, la tt 

Oésornisis elle ne gotklait d'autre plaisir que celui de (aire du bteti.al 
son èlai d'impuissance, elle n'a cessé d'ni (aire jusqu'à sa ' 
Noos ne sortions d'auprès d'rlle que contolées el rrrlifieee; : 
dencc el de sa disi^rélion nous lui confiions les affaires les plus 
fc tout elle aiait uo conseil, une pirole il'eacouragemenr, i 
sur die pour guider nos premiers pai dons In charge de prieniB ^ 
de nooi élre imposée. Mai» le rruit citit mur pour le Gd, et le Dî<ria llrt 



DE 1 



S-DAHE DE LA C9 



SÎOÎÎ 



■.s de lui une épouie tî lidèle, qu'il svnil perfectionaj 



■lait bite de plac 
t'tc laiit d'amour. 

Le diiuBDcbe S5 avril. Notre Ténérde Uére se coDfesea et G( la lainle Coni' 

iBUDÎoi] BU prix de ^ien grandes souffrances procurées par son excesaiva Tai^ 

Uetae; elle passa la maliDce en prittes, l'npcâs-midi elle nous daani^eiicora 

du lémoiguagei de es tendresse et des délicates nltentions de eon cceur. Aprâa 

i tninuil elle se sentit prise d'un étoufTeineiit : el une de nos sceurs qui la veil- 

KJkit ainsi qu'une outre si£ur couchée dans son Infirmerie lui donnèrent promp- 

rlKB*i>l tfti secours, mais elle espira imm^djalemenl d'un violent mal de coiiir, 

I NUliiNHicuuniouveinenl coniulsif. Son visage ne subit aucun changement 

•t n Mt reili si beau, ai niajeïtueui, que nous trouvions en le contemplnnl 

ma douceur célesle. 

Celle mort si prompte nous remet en mémoire ces paroles de l'Ëcriture, 

il est bien vrai • Que le Juile ne goûte point la fnoft. ■ C'est, nous 

is tout lieu de le croire ma Révérende Mère, la miséricorde de Notre Sei- 

ir qui ■ délivré notre Vénérable Défunte des angoîasea du dernier passage. 

~ ''X Agée de cinquanle-sepi ans et trois moJS, el de religion quarante et 

B tUk, KAus allons la grâce de la posséder depuis trente-deux ans et huit 

n où elle laisse un vitle inexprimable. 

A la nemwilede celle morl, toute la ville s'est émue, les Toulesse tant suc- 

n oonlempler une dernière fois celle que tout le moude féoérait 

9 ttHUinte. Tous perdeni en elle une insigne bienfailrice, toutes les 

• un appui, une ressource, les pauvres une Mère lendre et dévouée. 

NneigDenr le marchai de Villeroy et Monseigneur Notre IMustristîme Ar- 

iffqn« qui l'eslimilenl et atnient pour Ntilre Iréa honorée Mère un attache- 

llsi profond, sont vivement arSifés. Nous vous supplions, ma Bévérende 

•, de leur accorder les prières de votre sainte Communauté atin que le 

n daigne les consoler. 

is prions, ma Bévérende Mère, <le lui Taire rendre les devoirs de 

il Ordre, une communion de vutre sa in le Communauté, un Salve 

;e Vierge, l'unlienne de noire lainle Mère Thérèse, k qui elle 



9 lendre dévotion ; elle a fait faire el peindre i 
s t son honneur dans notre Couvent. Accordez-noui 
m pour que le bon Dieu nous console et nous vienni 
reati profond respect avec lequel nous doue disons, 
a Bévérende el 1res chère Mère, 
I Toire Ires humble et très obéissante servante. 

Saur Jeanne Suianne de Sainte Agnès, religieue 
jDe notre monastère de Noire-Dame de la Compassioi 



1 chapelle mogni- 



n aide, et veuille: 



' Carmélite indigne, 
des Carmélites de 



) Kn reloui' des bienfaits dont le maréchal de Vilicro^ et les 
lévéreodes Mères Madeleîoe Thérèse da J^sus d'Amours d'Us et 
Madeleinti Elfonon; dt.' Jt^sus de Villeroy avaient comblii le mo- 
lisière des Carmélites de Lyon, les Supéi'ieura autorisèrent la 
BÇommuDautë à fairecélébrer à perpétuité et lejouraniTersaireds 



IK HISTOIRE DU COL-VEST DES CABMBLITES 

l(^r décès, la messe conTeolupUe poar le repos d« leur anu. Tmei 

le teiU de anUe permissioD : 

Par retaniuMMUce du duo de £000 lir^rs qae Uoiucignrar I« Uvcdwlt 
^lnc.le•^■ill*roJ. GoaveniirBr dn Roy l-Otii» XV, a (^ii a la Rnefv«kMen 
HagdeleîDa Tbereïc de Jaiu par pure bicateillauM, qu'elle 
la Commuuaulf . il tera dil inoaTlInneDl et ■ perpeluitê la I 
le jvur ilu lié 'e« de chaque perHuioe dcnoai uomiiiëe, poar te repot da Icar 
■me quaud Dieu ea aura iiipoté, l'une luar moudil Sei^cor le Maredal 4* 
Villeroï. l'autre ponr la RcTerenJe Mère lidgdeieiae ElïDOort de Jciai 
Jigne lîllr. et le Iroi^i^me pour la insdile Mera Ma^elem* Thème île J< 
Failaui Carroelilet de L;on, dans le court de noire litile, ce 29 covraibre 
Mil Mpt ceut dii uruf. Hochette, tiulenr deaCannéli 

Nous f ouni^né docteur de la maûoa et «odèlé de SocbODoe. anicUl meini- 
politaia el vicaire geucnl de Uooieigneur l'Archereque de Lion, Fmnçet 
Paul de ViMeroy, primai de France. toiKTil ToloDlien la permiraûM <{ae 
M. RocUeltr. (ititeur des Cartoelitei de France, a donné dani le cou* île sa 
TJsîLe en date ilu £9 aoeembre 1ÎI9. Nouii j adjoutooi de plus, par 
motif de r«cannaiesance des ?000 litrei dont UonaeigMor le Uu^chal, dw 
de VilleroT. a ùit présent b la Révérende Uere Hagdeleina Thi 
nGrmmêe dau^ le monde D'Amoun d'U<. leiqnellei 
•le ce moiu»!i:i't: a ooElitulion de rente nir l'BoIel de Ville de 
a cet effet qu'il loil dit ■DDoelleioeut ■ l'aulel ■ la fin dei trou 
biicset il* rcfuiVm, le psaume Dr Prtifondit i 
que la Ci-uiniUDaulê uaiue w* priern {«ur le repo« de l'i 
gneur le Maréchal, de meame que pour celluj de la Reierende Uëra 
leine Eleonore. ta vertueuse fille, cellu; de la RaTerende Uere 
TherCK de Jeiut. et a perpcliitlc raniveruïre de leur tiecedf. ce* desi 
rendes Uerea ajaut duuae îles marqoM de leur pieli. de leur 
de leur leneralion ea k>ule oei^aiioa pour celte Comniunanle. 

Fait a Lion, ce tecond man Mil sept oeo! riogl. 

t, «opérieDr local deaOaoïes Carmélite* de Liou. 



Ia 36 noremùre 17^, les Carmélite» ett vu« de j 
U %'ille de Lj-oQ de la peate qui désolait alors le midi de U PriBc* I 
et surtout U ville de Mar»oiIle, firent an Saer^-C/stir da J 
le T-i?u suivant, f\nv 1.1 f^mniunauli.' actuelle renouvela le J 
Saini, \^ avril 1832, à répoqae où le cboléra laorbas ros 
faire ta prcmicri.* apparition â Paris. 



DE NOTRE-DAME DE LA COMPASSION 



WŒU que ta Communauté des Cannélites de Lyon a 
fait au Sacrk-Gœub de Jésus, Le 26 novembre 1720, 
IjWMr être -préservée de la peste qui est maintenant 
Yrépandue en plusieurs lieux de ce Royaume de 
''rance. 



« Ledit Jour, toutes lee Eceurs ^tanl prosternées dans le chœur, 
où le Saint Sacrement ^tail eiposé, la Tévérende MÉro Prieure le 
prononça comme il suit : 

u Noui venons, grand Liuu, nous prosterner duvant votre 
auguste Majesté avec le plus profond an<^antifseraent dont une 
créature aoil capable. \cus reconnaissons que la multitude de 
nos péctiL's, et l'abominalion des crimes qui s^ commettent dans 
ce siècle en \otre présence, méritent la rigueur de voire justice et 
la aéït'riléde vos châtiments; mais.ô Dieu tout miséricordieux! 
traitez-nous avec douceur, apaisez votre colère, jetez lesjeut 
sur le Médiateur que vous nous ave/ donné auprès de vous. C'est 
à son divin Cœur, ce sanctuaire d'aroour et de bonU-, que nous 
allons adresser nos vœux poiti- obtenir votre cli'menco. Nous ne 
la pouvons trouver favorable, 6monl>ieu! qu'en la cherchant 
dans votre FjIs bien-aimi' noire Seigneur Ji'-sns Christ, que voua 
avez dit vous-Mi^meélrerubjel de vos complaisances. 

« Nous voici à vos pieds, Agneau sans tache, qui avez scellé do 
voire sang notre réconciliation avec Dieu votre Père : nous vous 
supplions par l'ineffable cliarilé de voire sacré Gfrur, de lui repré- 
jcnler les mérites infinis de cutle précieuse Rançon, de nous y 
adopter de nouveau, et de nous donner une marqua de votre 
puissante protection, en préservant celte comiuunauté du fléau 
de la peste et de toute contagion ; que ce ni^me bienfait s'étende 
sur les personnes de nos fondateurs, bienfaiteui'S, el sur tous les 
citoyens de cette ville de L^on. 

I A cet effet, nous vous vouons el consacrons sans réserve. 




ini HrSTOlRK DU COUVENT DES CARMELITES 

adorable Oear de J^sua, on liommage de servittide perpétuelle, 
tant ponr nous que pour luutes celles qai nous succéderont dus 
celte même maison religiease. Nous nous engageons à reaour»- 
ler ce rœu tous les ans à pareil jour 26' norembre que noiu U 
faisons, par la solennilt! de seconde classe de l'office de rotn 
sacré Ccenr. selon le Rit Honiain, et l'oraîgon qui est propre ta 
rœa qae nous tous offrons : vous suppliant encore, soaveruaRoi 
de gloire, de recevoir notre culte en odeur de suavité, et d'agréer 
et bénir la dédicace de l'aulcl que nous rous consacrons, poor^lK 
un monument étei-nel de la trùs humble prière que ucns tous fai- 
sons aujourd'hui, derant lequel seront récités tous lesjoanet 
communauté les saints cantiques de votro cour céleste: Sandi 
Santus, Saiictus, etc. 

■ Qu'il nons soit permis, divin Sauveur, d'espérer par catt* 
nouvelle consi'cration de nos cœui's d'entrer en participalioa d<« 
adorations, de la louange et de l'amour du vAtre vers bien TOtn 
père; renfermez dans ce trésor immense de vos grùce; le noiiid* 
toutes les Religieuses de cette Communauté qui soDScrivoiil i 
cet Acte. 

* Accordez-nous qu'à la mort le dernier mouvement de i 
esprit et de notre cœur soit uni à la dernière prière que vansarti 
adressée à Dieu voire Père, lui remettant votre âme sainte eatr« 
ses mains. Ouvrez votre sein pour recevoir la nOtre. adorable 
Victime, en loi appliquant la cousommatiou du sacrifice qut 
accomplit l'œuvre de notre Itédemption, et nous fait jouir promp- 
tement en Tautre viede la plénitude do vos miséricordes étemelles. 
Ainsi soit 'il. 



PRIERE FOUR J 



Sanctiis, Sanclus, Sanctus Dominas Deus omnipotens. qni « 
et <jiii est, et qui vcnturus est (Apoc. 4. 8). 

Di^nas est Agnus qui occisus est, accipcre virtutetn, et diTini-j 
tatem. et sapientiam, et fortudinem, et honorem, et gloriam, i 
bcncdictionem in secula secalorum. Amen(i£id. 5.12 ). 

Ilodcmisti no^, Domine. Deo, in sanguine tno ex omni tribo, c 



DE NOTRE-DAME DE LA COMPASSION 135 

FlingaS. et populo, et natione, et fecislî nos Doo nostro regnuœ 
l{iA,rf. 5. 9. 10.). 

O Victima carjtatis ! Cnr Jefiu, pro peccntis nostris afflictissi- 

I mum, ab ingralia horainibus etiamniim in Eucbaristiâ neglectum 

I se dospectum, converte nos. viviâca, accsndo nos, salva nos. 

ÛKEStcs. — Deos, qtiibumiliumpreces etpœnitentiumlacrymaa 

bénigne Euscipis, fidei nostr»! recipe lestimonium, quœ virtuti et 




LK MONASTÈRB DES CARMÉLITES 

ua d'una pirtïa daU -villa da Lyon, dcnïnée dîna !a mBiion 
pat Ffuicoia ClBbie, ïor» 171S, et gravi» par de Poillt 



Imeritifi Cordis Christi omnino conlidit, ut, voto solcinni quod illi 
■ Iiodie consecrat, à quâlibet peste liberemur, cl corda nostra amore 
|Fi]ii tui Domini nostri Jesu Clirîsti incendantur : qui tecum vivît 
I régnai in unilatc Spiritâs sancli Deus, pcr omnia aecula secu- 
vloruoi. Amen. 



HISTOIHE DU COUVENT DES 
onsaigueurrArcheveque a appliqua 



ARMELITES 

lui prière» ci-de$£us 



du vœu quaranle jours d'indulgence. 

Approhatios. Nous Vieaire-G^n^ral da Monseigneur l'IUiis- 
Irissirue et Rdvérondissime François-Paul de Neuf?ille de Ville- 
roj-, Arclievôque et Comte de Lyon, Primat de France, et Supé- 
rieur dos darnes Carmélites de cette ville, avons lu en cette 
derjiiére qualité et approuvi- le Vœu susdit que leadites Dames 
veulent faire au aaoré Cœur de Jésus, pour les intentions énon- 
cées au présent manuscrit. A Lyon, ce vingt-sixième novembre 
mil sept cent vingt, 

K Signé ; CoBADK, Vicaire-Général et supérieur des Dames 
Carmélites de Lyon. 

« Signé '.- S'' Marie-Magdeleine de Saint Louis Moliu. — 
S' Jeanne-Aymé de Jésus Messier. — S' Madeleine-Térèse de 
Jésus D'Amours d'Us. — S'' Susanne de Jésus Goyne, — S' Mar- 
guerite du Saint-Sacrement d'Haulepiore. — S'' Claude-Marte de 
Saint François Pollet. — S^ Françoise do Saint Joseph d'Auba- 
rède. — S' Madeleine-Eléonore de Jésus de Neuville-Villeroy- 

— S'" Jeanne-Susanne do Sainte Agnes Bastero. — S' Françoise 
da l'Enfant Jésus Perrin. —S' Marie Angélîque-Eléonore Ri- 
gioly. — S' Marie Elixabelh do Saint Josepli Trunel. — S"" Buphio- 
sine de Jésus Bourbon. — S"' Marie-Juliene do Saint-François- 
Xavier Docaluae — S' Claude-Marie de Saint Augustin Alexandre. 

— Sf Elisabeth Rosalie de Saint-Alexis Dsntrecolle. — S' Cfi- 
cile-Louyse-Eugéiiie de Saint Xavier de Ferrus. — S'' Maria- 
Emilie de Sainte Anne Duorel, — S' Marie-Henrielle de Jésus 
Geoffray, — S"" Maric-Térôse de Saint Joseph Messier. — S' Ma- 
rio-l'éréso-Victoire de Regnauld. — S'Marie-GandiJe de Saint 
Joseph de Jusaieu. — Sf Marianne de la Croix Gandin. — S' Vir- 
gine-Thérése de Jésus Boulicu. — S"* Marie-Catherine de la 
Nalivilé de Jussieu. — S'" Mario de Jésus Ducret. — S' Marie 
Calberine du Saint Saere'iient Bodin. — S' Térêso des Anges 
Gaulne — S^\I;|^ie-Fr■^nçoise Rocbefort. — S' Luciu-Tliérèse da 
Jésus Biislcro. — S' Marguerite-Constance de Jésus d'Ambournay. 



:É 



DE NOTRE-DAME DE LA COMPASSION 137 

- S' Marie de l'Inearnation Bertet. — S' Marguerite de Saint 
■Ange Anselmet. — S' C.nterine de Saint Jér'itne Malegendre. — 
S' Louise Marguerite de J^sus Clirist Chantre. 

En 1716, 8ur la demande des Carmc'tites, l'autorilë ecoléaias- 
lique obligea les Annoiiciades Célestes à faire murer la partie 
inférieure des fenêtres du grand blUnient qu'elles avaient éditié 
l'annije préoédenle et d'où la vue plongeait dans le jardin du cou- 
vent de N. D. de la Compassion. Mais en 1724, après la mort da 
la R M. do Villeroj-, rArclievêque du Lvon anlorisa coa Reli- 
gieuses à remettre ces ouvertures dans leur L^tat primitif, en rai- 
son de ce qu'elles étaient établies a la distance et suivant les us et 
oontumea de Lyon. 
C'est au Carmel de Lyon que se réfugia mademoiselle Gautier, 

I actrice de la Comédie Fran<;ai$e, pour effacer par trente-deux 
«Dniîesde pénitence les égarements de sa jeunesse. Nf'eà Paris, en 
;|692, mademoiselle Gautier embrassa à l'âge de 17 ans la pro- 
lession de comédienne. Elle d.'bula au Tliéâtre-Françaia en 1710 
At fut reçue sociétaire le 8 octobre de la même année. Elle se fit 
moins remarquer par son talent que par une beauté peu 
commune, aussi bien que par son esprit, par aon caractère liardi 
et impétueux, par une liberté de mœurs poussée jusqu'à la plus 
extrême licence. Elle était poiîte et peignait assci! bien en minia- 
ture. Grande et bien faite, elle était en outre douée d'une force 
musculaire peu commune, au point qu'elle l'oulait une assiette 
^^ d'argent avec les mains comme on roulerait une feuille de 
^L'papier. 

^P C'est le 25 avril 1722, jour anniversaire de su naissance et 
^* pendant qu'elle entendait la messe aux Cordelière, dans la cha- 
pelle du Saint-Esprit, qu'elle prit la résolution de changer de 
TJe et de se convertir. Le 2f mars 1723 elle mettait son projet 
à exécution et quittait le monde pour do plus y rentrer. 

Elle se rendit dans la communauté de Sainte -Perpétue en atten- 
dant la liquidation de ses affaires temporelles, puis le 5 mai sui- 
vant, veille de l'Ascension, elle quitta Paria pour aller à Pont- 
de-Vaux où elle séjourna dix mois dans le couvent des Ursulines 
de cette ville, 

lant venue à Lyon, rendi-e une visite au maréchal de Villeroy, 




138 HISTOIRE DU COUVENT DES CABMKLITES 
ellâ remarqua la maison ile l'A nti quoi Ile ' qui lui plut beaucoup et 
dans laquelle elle so retira sur la recommandation de rarckevê- 
qoe Framjois-Paul de Villeroj-, C'est dans ce couveol de la 
Visitation qu'elle prit la déterminalion de faire â Dieu le sacridoe 
de sa liberté. Ayant confia Bon dessein à Monseigneur da Villeroy, 
archevêque de L.von, qui l'honorait d'une particulière bienveil- 
lance, ce prôiat voulut d'abordlVu détourner, mats avant reconnu 
sa vocation sincère, il lui dit : Le doigt de Dion est là ; j'irai de- 
mander une place pour vous aux Carmélites. 

Le 14 octobre 172î, mademoiselle Gauthier entra au couvent 
de N.-D. de la Compassion oii, après les trois premiers mois 
d'épreuves, elle fut admise à recevoir le saint habit, le 30 janvier 
1725, sous le nom de sœur Marie Jeanne Augustîne de la Misé- 
ricorde. L'Archevêque en lit la cérémonie en présence d'un grsnd 
ibre de personnes distinguées de la ville qui voulurent être 
ins de son sacrifice, malgré rexlrênic rigueur du froid. L'an- 

e de son noviciat étant écoulée, la sœur Augustine de la Misé- 
ricorde fît sa profession, et pendant les 32 années qu'elle vécut 
depuis dans le silence du clottre, elle n'eut te moindre retour 
vers le monde, et jamais religieuse ne porta plus loin qu'elle l'hn- 
mllité chrétienne. Aux pratiques ordinaires de la Régie, elle 
ajoutait des austérités qui ne sont pas ordonnées, faisant usage 
de haire, de cilice, cl autres instruments de pénitence. De tons 
ses talents, elle ne conserva plus que celui de la peinture en mi- 
niature qu'elle employa à traiter des sujets de piété; elle fli des 
tableaux pour orner l'autel du Chœur et celui du Chapitre. 

Les personnes qui l'ont connue aux Carmélites de Lyon, telles 
que madame Patlu. intendante, et madame de La Verpillière, 
femme du prévflt des marchands, ont assuré qu'elle avait conservé 
la gailéde son caractère; que sa vivacité s'était changée en fer- 
veur pour ses devoirs; et qu'étant devenue aveugle dans les sept 
dernières années de sa vie, elle se servit toujours elle- même, s: 
vouloir être â chargea qui que ce fut de la maison. Durant les 
visites qu'elle recevait, elle parlait avec feu, énergie et clarté, 
llUlc n'entendait point parler d'un malheureux sansétrc attendrie, 
et sans chercher à le soulager par le moven de ses amis. 




DE NOTRE DAME DE LA COMPASSION 139 

Tant qu'elle v^at, elle dislribua aux pauvres la pension de 
mille livres dont elle jouissail, à la réserve de ringt-quatrelivrei 
qu'elle retenait pour ses besoins urgents, 

La veille de sa mort, arnV'.'e le !> avril 1757, la sœur Augas- 
line de la Mist'rinorde adressa ù la reine Marie Lcczinska, avec 

e enlreteiinit une correspondance dévote, les huils 
vants, qu'elle fit et dicta à la religieuse qui la reillail : 

Thérèse', je t'enleniU! une ^terotrlle vie, 
Bris« da mon eiit les liens iniportiiaa ; 
Xite uoe prière ofTerle par Sopbie ', 
Mon Ame ra toler sur l'oulel ilei p&rfums. 
O Reioel AmecéUsEe el Je charm» du monde 1 
Si >ur moi les regnrih daignèrent s'uliuisssr, 
J'implore, eu eipirant. la piété profonde I.., 
Demande nioa boabeurf le ciel 

La relation de la conversion de mademoiselle Gautier a été 
imprimée dans le premier volume des Pièces intèreasantet et 
peu connues pour servir d l'histoire et à la littérature, par La 
Place, Bruxelles, i~84, sous le lilre de : » Pièces trouvées dans 
les papiers de Duclos, pour un manuscrit intitulé : La Conversion 
de mademoiselle Gauthier, comm<?dienne et depuis Garmâlits, 
morte en 1757. u Elle se trouve aussi dans le tome X des œuvres 
complètes de Duclos, (.'dilion Renouard, Paris, 1806. 

Pendant qu'elle t-tait aveugle, la sœur Marie-Jeanne-Angusline 
de la Miséricorde composa des cantiques spirituels, dont nous 
avons extrait les suivants d'un recueil manuscrit de ses poésies, 
conservé par les R. D. Carmélites de L^on, et que nous repro- 
duisons textuellement avec les titres qui les précèdent. 



L - 

Hat jreui privés de la lumière. 

Ne cessent de se fondre en eau ; 
J'éprouve Tborretir du tombeau. 




HISTOIRE Dr COUVENT DES C. 



Vous voy^s mes doiilaur», la force 

QuoDil feréa vous céiler h nuit qui 

Au granJ jour de l'KleniiU'. 



Alléi, importun «ouveiiir; 
Quittés moi pour jmniji» puiique je vuus il^ieite. 

De Uiil de frirole» plaisirs, 
L«i regreto el let pleurs, c'eti luul ce qui ma reile. 

Hélai! que voui élei lieureut, 

Choilei Enranti (Je l'iniioceacf . 

Danf le choix de vos premiers Tceui. 

Vous portèt. depuis voire enfauce. 

L'uimable joug de lolre Dieu. 

El vous goûtés dans ce saint lieu, 
A l'obn de» remor* ri des juste» aloime», 
Oe ton amour sacré les ilouceutsct les cbirmef. 
Seules votre bonheur, el n'oubliés Jamais 
O'uQ tel giarlage eti le plus grunil de tes bieulail». 



- CANTIQUE £L*B L CFA! SON DOMtMCAI.E 



Père Kleruel, Maiire absolu du monde, 
Voua qui régnes dniin le plus baul de» Ci«i i 
Que To:re nom sur la terre el sur l'onde. 
Soit i jamais el saint el glorieiit. 



Prilés l'oreille à 
Consolés nous da 


nolie ïoil 

m ce, jcut 


plain ive. 


Kous délirons qn 
C'esl le seul bien 


eiolre règne arriie. 
digne de tous nos vœui. 


Que rotr« vol.iiilé toute pui 
Soit faite ici-bns jsr choque 


ttanli'. 

mortel. 


Qu'elle nous soil 




QuV>i hiibilnuls 


du séjour 1 


■lerl'el. 


Accirdétutus ce 


t plinent II 


rrresire, 


Qui noi,s fon^rv 
Mais joigués ; c< 


eeinoirit 
^lle manne 


cl «que jour, 
c^l^ale, 


Cepainsu.requi 


soutient ni 


itre amour. 


Qui vo... offense . 


faible nalu 
>n recevant 


. vos dons: 


Lorsque le procbain nous foi 
Pirdnnué* noua comme n.u 


1 quelqu'injure. 

5 pardonnons. 



HISTOIRK OU CmL'VENT IH.S CARMELITES 
A couTf ri du lirûtftnt aulcil, 
Daoi c«tLc Soiiludp, 

Il M livre au |ilut itoui lonimeil. 
Sans nulle iiiquiéluda. 

Si mnlgré ut «uins «t ii voix, 

Tno Broliù n'igarr. 
Et que pour iller ilatii lei Iwl*, 

Du IronpMU se (ép»r«. 
L* PB*I«ur n'a poiul de ripos. 

Il dierch», il te lourmenlei 
ICn rwlemauilaiit oui Échu». 

Cette Brebi* erranls. 

Ce ii'«il que tniigtuU et regreli. 

Et plaiiilpi lamenlablei. 
Il fait retculir le.' (ortit. 

De ces cris pitoj'tblM. 
Il l'aiipeUe loul Dllnrm^, 

El la rB|i|>ell« eaeore, 
Crai^iiaQl qu» te loup affainè, 

Ddji ne la Jévorv. 

Apre) liiea ilta pleuri et d» pas. 

Il va préi d'une rive. 
Il j voit cl prenil liant ie« brBi, 

Sa Brebis lugillva; 
Quelque «Oïl aou reuenlimenl. 

Sa l«ndrea*e ett plus Torlc; 
Avec un rit tmptrssumtnr. 

Sur ton MiD il remporte, 

CW aiuai que le Don Pasteur, 

Pour noua di>nue sa lie, 
liais le Mercenaire impoiicur. 

Plein d'une noire enitie. 
Entre nu Dercaîl pour d^i<uiiilkr, 

U 'In noce nie* ouailles, 
Les égorger et les Touiller, 

Jueques dans les ealroilles. 

Fermons l'oreille nu Sédnctcuri 

Évilon* sa poursuite, 
N'^coutoii* [[Ue k- Bon Pasteur, 
El marcbans A sa suite ; 
Au Calvaire ou sur 1<- Tliabor, 

Point d'anlrePAlurage. 

Il («1 iiDire riclie Tbréïor, 

Notre unique Iiéritage. 



IM HISTOIRE DU COrVEST DES CARMÉLITES 

Claudine Bastero, dic^dée le 13 ('doambr^l756, inâliltialespan- 
VKS de la Charité ses bérilîerâ onÎTerwls à la charge de divers 
legs, nolamment d'une rente aonaelle de 400 livres au profit de la 
CommuDauU- des Canuélîles, ]iaur la fondation d'une n.esse cbaqne 
jour de t'annëe et à ptrpétuîti; dans l'église de ce monasière qu'elle 
avait choisi pour sa sépulture et où elle fut enterra ait milieu da 
yestibule, devant la porte du cliapitce, auprès de la df^poaillc 
mortelle do sa sœur, et do celle de sa tante, qui tontes deux ont iti 
religieuse* professes et prieures de cette maison. 

Voici l'acte de son di-cès relevé sur les i-egistres de l'i't^t citil 
de la paroisse Saint-Pierre- Saint-Saturnin. 

« Demoiselle Claudine Bastero , bourgeoise âgée d'enTÎron 
63 ans, déo'dée avant hier dans sa maison riie de la Cage, a Hé 
inbumi!e dans rcgli:ie des Carmiililes par moi curé Eoussîgm', 
15 décembre 1750, en pn^ence de Messîres Jean Jallian, vicaire, 
et Humbert Hev, cbantre, qui ont signés; 

« Jl'i.uand vie, Bki' prêtre, Dcgad cmV. • 

La maison on est morte Claudine Baitero et qu'elle légoa i la 
Charité, étfit f ituve à l'angle des rues Saint-Pierre et de la Cage, 
et désignt^ suus le nom de maison de la Cèpe d'Or, 

Le S février 1766, Monseigneur François de Villero; renouirela 
par-devant Brooot, notaire à Paris, le contrat di rente de la fonda- 
lion annuelle et perpétuelle de 1000 livres. 

Pendant la maladie du dauphin, lils de Louis XV, les Carmélites 
firent en communauli- des prières [lonr le rétablissemeut den 
santé ; et après sa mort, arrivée le 30 décembre 1T65, un service 
solennel fut célébré dans leur égVne, le 4 fi'vrier 1706. pour le 
repos de son âme. 

It'apcésVAlmanach spirituel pour ta cille et Ivs faubourffidr 
/.j/on.publiéen 1733, par Louis Servant, libraire en rue Mercière. 
OR vénérait aux Carmélites les rirliqnes suivantes ; Une croix du 
bois de la vraie Croix de N.-S. J.-C; le corps de Saial-Panstin. 
martjT; un os de saint .\dnan. martyr, de saint Victor, martvr. 
de saint Erasme, é^é'^ue et martyr ; le bras do sainte ClémcDcej 
le corps de mainte Faustiae, martyre, et plusieurs uot^ibles par 
lies d'aulrcs saintes Reliques. 



TRE-DAME de la compassion 145 

Des Pardons et Indulgences pléniér^s étaient attacht/s à la visite 
de l'égtise des Carmélitea aux fiâtes de saint Jo.^eph, le 19 mars; 
de Notre Dame du Saint Scapalaire, le 16 Juillet; de saint Elie, le 
SOJuillel; delà Diîdicacede r^glise des Carmélites, laSlaoOl; 
de aainle Thérèse, patronne et ri^> forma triée du Carmel, le i5 oc- 
tobre; de saint Jean du la Croix, le 24 novembre, et pour l'anni- 
versaire de sa mort, le 14 décembre. 

Mais comme dans tes indications qui précédent il n'est fait men- 
' tion que de quelques-unes des nombreuses Reliques qui (5taient 
Téii<!rèes aux Carmélites, nous en donnons ci-aprè» la liste com- 
plète en reproduisant le procès-verbal de leur reconnaissance, 
dressé le 2 mai 1782, par Nicolas Navarre, Sacristain- Curé de 
Saint NiEieret Vicaire Général de rArchevéohé de Lyon, avec des 
noies complémentaires faisant cunaaltre l'origine et l'authenticité 
desdites Reliques qui, pour la plupart, ont disparues durant la 
tourmente Ilévolutionnaire de la an du siècle dernier. 



Pvocës-verbal de la vérification et reconnaissance des 
Saintes Reliques que possède la Communauté des 
Dames du Mont-Carmel de Lyon. 

« Le Deoxieame Maj, Mil sept cent quatre vingt denz. Nous 
Nicolas Navarrk, Prêtre, Sacristain, Chanoine et Curi5 de 
l'Eglise Collégiale et Paroissiale de Saint Nizier de Lyon, Vicaire 
Général de l'Archevêché de Ljoii, Supérieur de la Communauté 
des Dames Carmélites de la même Ville, Savoir faisons que nous 
nous sommes transporté ledit jour deux May, dans l'intérieur 
des fiatimenis de ladite Communauté, pour vérifier les Reliques 
qu'elle possède et leurs Authentiques, aux fins aprâs la vérification 
de renfermer tcsdites Reliques dans des Reliquaires décents, 
les f celler du sceau de nos armes, et du tout dresser procès verbal. 
à quoi nous avons procédé ainsi qu'il suit : 

« 1» — On nous a présenté une Croix d'Argent doré, ou Ver- 
meil, ornée et bordée de plusieurs pierres en émeraude, dans 
laquelle est renfermée une partie du bois do la Vraie Croix, dont 
le certiâcat d'Authentique nousaété présenté, ainsi qUfll'Authen- 

10 




1*6 HISTOIRE DLj COUVENT DES CARMELITES 

liqu« de 11 Relique de l'apfltre Saint Pierre, renfermiie dans le 
même Reliquairi; avec plusieurs autres particules des Reliques 
lies Ap'Mres et autres Saints; et apréa avoirapposé le sceau de nos 
armes en deux endniils sur ladite Cruix, nous avons rt'uni les 
preuves du don du bois dd la Vraie Croix, alnii que l'Authentique 
des ReliqUi^ de rapfltiv Saint Piei re, et les avons renfermi^ sous 
enveloppe iHiquetiîe et cotée u* 27. (Noie A.) 

>• U" — Uq grand Reliquaire <>n buis doré, en forme de clocher, 
contonant les Reliques de Saint Victor, Martyr, suivant les An- 
thoritiquea cotres N" 1 etO; de Saint Clament, Martyr, suivant 
les Authoiitiques coltW N" I et 3 ; de Saint Valentin, Martjrr, 
suivant les Aullienliques cotées N'" 1 et 5; de Saint Honorât. 
Martyr, suivant l'Autheutiquo cot^e n* 21. Desquels quatre 
Saint» Martyrs, la Communauté fait des Reliques l'ofâce, semi- 
double, le 20 décembre. 

u Les Reliques de Saint Kraame, Martyr, suivaut le certificat 
d'Aulhentiquocoté N' 7, et dont ou fait l'offlco, serai -double, le 2 
juin- 

o Les Reliques de Saînl Modeste, Martyr, suivant les Authen- 
tiques cotées N°' 4 et 23. 

H Les Reliques de Saint Juste, Martyr, suivant l'Authentique 
colée N" 2, 

« Les Reliques de Saint Clair, Martyr, suivant l'Authentique 
cotée N" i. 

a Les Reliques de Saint Placide, Martyr, suivant les Autbenti 
ques cotées N°* I, 2 et 3. 

« Les Reliques de Saint Benoit et de Sainte Coniitancc, suivant 
l'Aulhenlique cotée n° 2. 

u Les Reliques des Saints Félix et Maxime, suivant l'Authen- 
tique cotée IS'° i. 

a Les Reliques de Sainte Béatrix, Martyre, suivant l'Authen- 
tique cotée N" &. 

« Les Reliques de Sainte Iiorothé, suivant la lettre qui tient 
lieu d'Authentique, cotée N" 17. 

« Dansles quatre au^'les dudit Reliquaire, sont quatre flacous 
en cristal, dont trois contiennent de la poussière des Ossements des 
Saints Maitys de Lyon, dont nous avons reconnu les Reliques le 



DE NOTRE-DAME DE LA COMPASSION 
^1 sâplembre 1778, ainsi que l'i^tablil notre procès verbal diidit 
Mour et an ; et le quatrième flacon, de la poussière des Ossements 
i Saint Flamiea, suivant l'Authentique cotée d" 11. 

Apris avoir vérifié tous ces Saints Ossements, renfermés 
s ce grand Reliquaire, nous l'avons scellé du sceau de nos 
Unnes, en cinq endroits. (Noie B.) 

le Chasse en argent surmonLée d'une Croix et s,aa 
" Christ, même mélail, f.ti'c^ les armes de l'Ordre étant au devant delà 
chasse qui feruieà clef, contenante les ossements de Saint Fausttn, 
Mart^T. dont on fait l'office, double majeur, le 29 juillet, et après 
avoir vérifié l' Authentique cotée N" 10, nous avons apposé notre 
caehel, soit au ruban de laclefqui ferme ladite chasse, soit à l'ou- 
Terlure de la serrure, aprt's l'avoir piéalabJemenl mis on dedans 
^de ladite chasse en deuï endroits différents. (NoteC.j 

- Deux Chasses en glaces mornifes en argent, conte- 
Puantes les Reliques des Saints Mnrtjrs de Lyon, reconnus par 

■ notre procès verbal du 21 septembre 1778, et desquelles on fait 

■ roffice. double, le 22 septembre. (Noie D.) 
1 V — L'n reliquaire en bois, renfermé dans un cadre en fer 

l'klanc, et garni d'un cartouche en argent dans tout son contour, 
■inrmonté d'une couronne au bas de laquelle est le Saint nom de 
I Jésus, renfermant les Osteraenis de Sainte Faustine, Martyre, 
Mont on fait l'office, double, le 2 mars; et aprJs avoir vérifié l'An- 
llhenti(|ue cotée N° 11 ''", nous avons mis notre cachet sur lejil 
[■Reliquaire f'Aofei'.^ 

- Un Reliquaire semblable au précédent, renfermant les 
iBeiiques do Saint Paulin, suivant l'Authentique eotéa n" 5 ; de 
fBsînt Félicien, suivant les Authentiques cotées u" 5 et 17 ; des 
tSainls Séverin et Théodore, suivant l'Aullionliquo aussi cotée 

l'S; des Reliques desquels quatre Saints on fait l'office, auisi 
Idouble, le premier avril. 

I Les Reliques de Saint Céleslin, suivant les Authentiques, Qo- 
' técs N" 1 et 2, et desquelles ont fait l'ofdco, serai double, le 2C mais. 
■ Les Reliques de Saint Dieu-Donné, on Deodalu?, suivant 
l'Authentique cotée K" 1. 

Ce Saint Juste, Saint Benoit, et Sainte Conslauce, 
tique cotée N° 2. 



HISTOIRE Dtr COUVENt DES CARMELITES 
Les Reliques dos Saints Beuigoe, Fortunal, et Fleury, BuiTsnt 
l'Authentique cotée N' 12. 

a Les Reliques de Saint Romain, Mart.vr, suivani l'Autheati- 
que cotée N° 13. 

« Les Reliques de Saint Jubin, Evâqae de Lyon, suivant un 
cerliiicat qui équivaut à une Authentique, cotiî N° 15 ; et arons 
mis notre cachet sur ledit Reliquaire. (Noie Fj 

« Vil" — Un Reliquaire en fer blanc, ferroii sur 1p devant par 
une glace recouverte eu partie i.-t garnie en ornements en argent, 
surmontû de quatre statues ou ligures d'anges aussi en argent, 
renfermant l'Epaub de Saint Adrien, suivant l'aulenthique cot^e 
N" 14, et dont on fait l'ofdce. semi-double, le 5 mars. 

« Les Reliques des Sainte Donal, Juste, et ûratien, Martyrs, 
suivant l'Authentique cotte N° 9. 

« Les Ruliqiios de Sainte Benoîte, Vierge et Martyre, suivant 
une attestation »?quivalente à une authentique, cotée N» 15 *". 

« Les Reliques de Saint Bauzange ou Balsemius, Martyr, tui— 
vaut la précis de sa vie, aussi coté N° 15. 

m Les Reliques de Saint Félicien, Martyr, suivant les Authen- 
tiques cotées N*> 5 et 17 ; et avons mis notre cachet sur ledit Re- 
liquaire. (iSote G.) 

« VI1I° — Un Reliquaire semblable an précédent, renfermant 
le Olief de Saint Glémeni, suivant TAuthentique cotée "S" 13, et 
dont on fait l'uftlce, double, le 25 octobre. 

n Los Reliques de Saint Flamien, suivant rAuthenlîque cotëe 
>'<> 11, el desquelles ont fait l'ofâce, semi double, le prunier 
Mars. 

n Les Reliques de Saint Dieu-Donné, ou Deodatus, Buivaul 
l'Auliientique cotée N" 1. 

«. Les Reliques d'un Saint Martyr compagnon de Saint Maurice 
de la légiou Thébunoe, suivant u:i tlertiâcat équivalent ù une 
Authentique, coté X" 22. 

« LoOfAiiode Suinte Emilie el une partie de celui de Sainte 
Potamionc', qu'il est constant qui- l'on a tiré de la même Boële où 
étoisnt renfermés les Cbâ£j de^ Saints Martyrs de Lyon, avant 



i 



DE NOTRE-DAME DE LA COMPASSION 1*9 

qu'ils fuBSont réunis dans les Reliquaires qui ont donné lieu au 
procès verbal du 21 septembre 1778. 

a Les Reliques des Saints Félix et Modeste, Martyrs, suivant 
l'Authentique cotée N" 4, 

« Ijes Reliques de Sainte Benoite, suivant l'Attestation équiva- 
lente à une authentique, cotée N" 15 *■''. 

n Les Reliques de Saint Romain, suivant l'Aullientique cotise 
nnlS. 

•i Les Reliques des Saints Bénigne et Fortunat, suivant l'Au- 
llientique cotée n° 12. 
, a Les Reliques de Saint Clément, suivant les Authentiques 
|*)t^s n"" 1 et 3 ; et avons mis notre cachet sur ledit Reliquaire. 
Wf3fote H.) 

a IX" — Une Chasse en bois doré, renfermant le Corps de Saint 
ficnigne, dont on fait l'office, double, le 33 octobre, et quatre 
flacons de cristal, où se trouve aussi renfermé du sang de ce 
Martyr, suivant les Authentiques celées n° 12 et 19; et avons 
mis notre cachet sur ladite chasse après l'avoir préalablement 
apposé en dedans en deux endroits, (Note J.J 

■ X" — Une Chasse semblable à la précédente, renfermant 
les Reliques des Saints Martyrs de la Légion Théhenne, suivant 
le Certificat qui tient lieu d'Authentique, colô n" 22. 

o Les Reliques de Saint Alexandre, suivant les Authentiques 
cotées n"* 8 et 18, desquelles ont fait l'office, semi-double, le 
mars. 

« Les Reliques de Sainte Clémence, suivant l'Authenliquo cotés 
9"', desquelles on fait l'office, semi-double, le 27 mars, 
; Les Reliques de Saint Cbir, suivant les Authentiques cotées 
n" 20, desquelles ont fait l'office, semi double, le 22 décembre. 
« Les Reliques des Saints Léonce et Maxime, suivant l'Authon- 
lique cotée n" 24, 

B Les Reliques de Saint Dieu-Donnt' ou Deodatus, suivant 
l'Authentique cotée n" 1. 

Les Retiques de Saint Bénigne, Martyr, suivant les Anthen- 
les cotées n" 12 et IQ. 
Les Reliques de Sainte Juste, Martyre, suivant l'Authentique 
itéen'Sj, 




150 HISTOIRE DU COUVENT DES CARMELITES 

i< Les Reliques île Saint Prosjier, Saint Libérât et Saiutç 
Colombe, dont les authentiques sont restées ou pouvoir dea per- 
sonnes qui ont celle à la Communauté une partie des Reliques d 
ces Saints. 

K A chaque angle de ladite Cliasse, se trouvent reiiferiués quatn 
HacoiiB en cristal, dont l'un contient une portion de cervelle d' 
Saint Martyr de Lyon ; le second, i!e la turre empourpriSe du sai^ 
des Saints Martyrs de Lyon; et les deui autres, de la pouesi&n 
des Ossements des mûmes Saints Martyrs, dont nous avons t 
connu les Reliques par notre procès verbal du 21 septomlire 177Ï 
Et avons mis notre cachet sur ladite Chasse, après l'avoir plao 
deux fois en dedans. (Note K ) 

a XI" — Un petit Coffict d'yvoiro dans lequel sont renferma 
des Reliques de Sainte Tliérèse, scavoir ; partie de sa Robe, dai 
Tunique, et de son Manteau; de son Voile blanc et noir; du taff^ 
et du linge qui ont touclu^ son Cœur et son Bras; un Ruban qnt 
est la mesure de la longueur de son Bras. 

u Le même ColTret renferme aussi une lampe qui a brûlé deva| 
k'3 Tombeaux dt's Saints Martyrs dans les Catacombes de Rom 
L'Autlientique qui concerne ces Reliques, est cotée n° 26. 1 
avons mis notre cachet sur ledit Coffret, (Note L.) 

<t XU" — Un petit Reliquaire en argent, en forme de mëdaillq 
renfermant une pnrcelle des Reliques de Saint François de SaUl 
suivant l'Authentique cotée n° 28. Et avons rais notre cachet a 
le bout d'un lacet vert attaché à l'anneau dudit Reliquaire. ^iVo| 
M.) 

<i XIII" — Un petit Reliquaire en argent, en forme de médaille 
renfermant des Reliques de Saint Jean de la Croix et de Saîi 
Thérèse, visées par nous le 12 octobre 1781. Le procès vert 
dudit jour, qui tient lieu d' Autlieiilique, est coté n" 20. (Note N 
« Après avoir vi^rilié les Authenti^iues de loulcs les Reliqui 
mentionnées dans noire procès verbal, les avoir renfermées d 
leur Reliquaire, et avoir scellé lesdits Reliquaires, autant ^ 
a été possible, du sceau de nos armes. 

( Nous avons permis et permettons d'exposer ces Reliques id" 
^.l'Jtutel du Chœur et sur ceux des Oratoires de l'intérieur du 1 
isMre. 




DE NOTRE-DAME DE LA COMPASSION I5t 

( Nona parmeltoDS à la Commun aulé de suivre Tuaa^e qu'elle 
I a pratiqué Jusqu'à prôseni, de faire l'office de |>lusieurs des Saints 
' dont elle possède les Reliques, du rit di^signé dans notre procès 
verbnl; Ordonnons néanmoins que dans le cas où quelques uns de 
ces Offices cùncourroienl avec une Fêle d'un rît égal ou au dessus, 

Ï l'office des Saints dont les Reliques sont au pouvoir de la Commu- 
nauté, ne sera point renvo,vé à un autre jour et l'on fera seulement 
<BOmmémo raison de ces Saints aux premières et secondes Vêpres, 
«t à Laudes. 
Il Nous défendons en vertu de la Sainte Obéissance, à toutes les 
personnes renfermées dans l'intérieur du Monastère, de transpor- 
ter ou faire transporter hors du Cloître aucuns des Reliquaires que 
nous avons reconnu et scellé du sceau de nos armes, sans une 
permission expresse des Visiteurs de l'Ordre, ou Supérieurs delà 

•Communauté. 
« Nous défendons de même en vertu de la Sainte Obéissance, 
) toutes les personnes du dedans ou du dehors de la Communauté, 
d'ouvrir hors la présence de Messieurs les Visiteurs de l'Ordre l'U 
Supérieurs de la Communauté, ou sans une permission expresse 
signée d'eux, les Reliquaires que nous avons scellé du sceau de nos 
armes ; de donner ou de retenir en son parlieutier, ou sous quel- 
qu'aulre prétexte que ce soit, aucunes des Retiques renfermées 

Idaos lesdils Reliquaires. 
Donné à Ljon, le deui mai 1782. 
n Navabhr, Vicaire général. Supérieur, a 



NOTES COMPLEMENTAIRES 



Cm la Révérende Uére Mmleleine Thérèse de Jésus d'Amouri d'Ut gui « 
présent de ce relïquiiire k la Camtnunatité, en 1721, peu ds temps nvunl si 
mort arrivée le 30 septembre de la méma anuee. 

Quoique la croïi seule fui en Termeil. avec le Boubassumenl, lei aagei, lea 

palmei et 1* couronne simplement en cuirre doré, ce reliquaire n'en était pas 

moioa alors considéré comrne un chef d'œuvre d'orlëTrerie d'une grande valeur. 

Soua le reproduisuQB d'après un dessin, ainsi que la disposition des reliquea 

^B que la Réiérende Mère Madeleine Eleouore de Jésus île Villerojr y flt enchas. 



Kï UISTOIRE DU COUVENT DES CAHUELITES 



jeF. La documeul »i , 

daisoii« teiluellemeot. doaae à 



e sujel des renseignemeats prtcil. 



A Vraib Caoïi 



J. t M. 



« Le 20° oelobre ITSl, Nous avOQS mis par l'crdra de Notre tret honorée 
Mère Madeleine Ëléouore de Jdius, autour d« la Vraj Croîi que Notre Beie- 
reode Mère Madeleine Thérèse de Jésus a bit eucba&Eer, le* Reliques auiTatitei 
qui ont été etiToyei de Rome aiec les antentiques, par Dom Uatirice, grand 
pénitencier de Noire Saint Père le Pape et supérieur de Notre Coureat de 
Poutoïse, à la Reveriiude Mère Jeaune Seguiei, prienre dudit Courent : 

s Fremiéremeut — 3 petits morceaux de la Vrsj Croix que doue arona coLé 



\im 



« rarcell 


s de la vra^e Croii. 


1 Fragmc 


idolifoloDDgdsUaaEella- 




e Notre Seigneur. 


î TnTB teinte du prjdeai uas de 


Kolro 


Seigneur. 




Ktd'uDB^IiiDadelaeoureiue 


dtNo 


ira Seigoew. 


1 Fr.e=,» 


Dt du S<iBt Sruire de Motrr 


Seig. 


ur. 




Dl d.i «odales d. Hotte 


SfiBB 




U Belique 






de »mle Uitthe. 


S - 






de uint Pierre. 


- 


de lainl Aiidr«. 


i - 


de Hiut Jicqoei. 


« - 




3 - 


de Hinl PbUippe. 




de laiDt Siffloo. 


15 - 


de ■■lut Lac. 


la _ 


de Mial Unie. 



sur celle de In Maison; du Saîat Suaire de Noire Seigneur, de la terre teinte 
<Iu précteiit sEn;; de Notre Sei^'oeur. un fra^meut d'uue Kpiuede la couronne 
cl un de tes landalea et da la Colonne ou il fut Su^elld. Une Belique de 
Suinta Ms^lei ne, une da Samie Marthe, de Saint Pierre, de Saint Jean 
Hipliats; de Saint André, Saint Jacques, Saial Simon, Saint Barthélenij, 
b'nint Philippe. a|iAtre* ; Saint Marc et Sniiit Lui', éiangélist'^r. 

> Lfl Relique de Saint Pierre, npûtre, a élé envoyée * Monseigneur l'Ar- 
cheréque François Paul de Viileroy par Notre Saint Père le Pape Clém«at 
Xt arec son aulentique. • 



OE NOTRE DAME DE LA COMPASSION 13 




RELIorAIRB DONM: A I.A CIMMCNA LTli DES CARMELITES 
DK LYON 

Par U H. M. UinrtriMi dx Je- 1 ^■Auo^•n^ b'Cï. m IJSi. 

U.alat l=t.l. I pleh 8 r»"-' rt«1lE»« (nm.r. 4c Uni, 



<BaTr« da Thibiroo, orlÏTre dn Ptrii, qui l'H^onta paar le prix d* iltm nllli 
lïTra en «ptref . plas iDiunla dix tÏTrei pour l>tni qnï i? rrorrrraiilt, aniTinl li 
qaitlaoog finile délivi^e à Parii. la SS nin 17» . 



» 



^^ 



lilSTOIKE DU COUVENT I>ES GA.RMELETKS 

Croii que la Cummuniiuté puatédail d«puï( long- 

e par le R. F. Philippe de l'Oratoire, qui l'atait 
coniiilârable caoBerté dam la cbapelle de la rem* 
là eoiiresaeur et qiii fut perdn en 1612, dau ia ntti- 
inEporlait *ei bagages lorsqu'il suivît la soUTeraina 
■ '■ ■ du P. Philippe i la R. liléra 

i.}oa, ilalee de La Hayr. 



Li parcelle de In vraie 
temps lui avait été danoe 
délschda d'un morceau 
d'Angleterre dont il était 
frage du bâtimeat qui Ir; 
dotii sa relraite ea Hollande. (Etirait d'une i< 
TbéréM de iitas, |>rieure des Cormélitca 
es avril IfliZ.) 

D'npr*»nneaulbenliquedÉliïr^âRomBleBiniar« ITMpar le frère Angna- 
lia Nicolas ds) abbés Oliviers de Pi^aure, de l'Ordre des Hermilea de Saint 
Augualiiii êvjque de Targ<>DBi>, prérel de la chapelle Apoilbiique et auîilanl 
au trAue PoutiQcal : la relique i)h l'apfitre Saint Pierre i^oauttait en un frag- 
ineol d'oE qui avait él<! extrait le H décembre 1119, par Thomas Cervini. 
Jveque d'Uvraclêe. qui le pla;a dans un reliquaire d'argent Vit par on ruban 
de Eoie rou{;e ei cacbelé de Eon sceau, pour lu remettre i Jean André, abbé 
Olivier, cheval.'er de Saint Etieoae, qui l'envoya Je tl mai tTW, stu lordre 
de S. S. Clément XI, à l'Archevêque de Ljou. 

Note B 

Pjbck N» 1. — Authentique délivra & Rome le 81 man 1655 par le Tr^ra 
Joaeph Euanniu», de l'ordre des HemileE de Saint Anguslin, éitque de Por- 
phyre, piefel de la chapelle Apo&lolique et a^aitlBiil au trOne Pontifical, cer- 
liOaut que des reliques dei Saints Martyrs Placide, Celeslin, Clément, In- 
nonMnl. Déodat, Clair, Victor et Valentin ont élé extraites du CimeUéred* 
Sainte CyrinquB par ordre de N. 5. P. le Pope, recûnuues et npprouvéea par 
la S. CuDgrégotion de* Indulgences el des S. Beliquas, renfermées dans une 
rasselte de bois couverte d'un papier peint, liée d'un ruban de soie rouge. 
bien Termèe et «cellée de ton pelit sceau, remises é Mathieu !.>avid. abbé de 
Saint Antoine, vicaire général des Cbanoiuei réguliers de Saint Augustin, 
Mathieu David donna ces Reliques le Ojuin lâSS i ta sueur Marie Dnvid, reli- 
gieuse Carmélrte à Lyon. Monsieur Morange, vicaire géu«ral, autorisa le 
lli uoùlItJSS l'eiposilion de ces Reliques & la vénération des tideles dans ré- 
alise des Carmélite! de Lyon. 

PiÈcK N« e. ~ Allefttatiou délivrée par Muitiul Cliauut, cocselllerdu Roy, 
abtié d'isfoire, viaileur général des CaiTnelites de France, certifiant que Mon- 
seigneur l'évâque d'Amieni, en vertu des pouvoirs à lui confiés par Uoasei 
gaeur l'Arcbev^que de Pari», a, le 6 mars IdBO, détacbé d'une partie Dofsbla 
du corps de Saint Victor donné quelques années auparavant par lé Cardioal 
de Bonsy an monailére des Carniélilea de la lue de Bouloy. i Paria, an oa 
crux et un tibia qu'il lui a remît pour les encojer aux Carmélitea de Lyon, 
qui reçureiil vel retiques avec ladite atlestaliou pouvant sertir d'aulheulique 
le 85 novembre 16â0. 

L'Arcbevfque dé t-jon autorisa l'expositioD publique d«a reliquat de Saint 
Victor el permil aui Religieuses d'en faire l'orâce. cemi-double, par l'ordon- 

« Camille de Neufville, Archevêque et Comte de Lyon, Primai de France, 
Commandeur des ordres du Roy. et son lieutenant général su gouvernement 
de lu ville de Lyon et pays de Lyonooi;. Fumti et Benujolois. 



1 



DE NOTRE-DAME DE LA COMPASSION 



155 
* Scavoir Mboih, que sur ce qui noue d eslô expose par noi chères SlleE 
I-ea Jeïu« Cbritl, les »upèriBiire el retigieiiie» du couceut des CanjiflliteB iJa 
ville, qu'on leur avuil dooaé depuîa peu l'un dea ot àe la cuïaie et Tua 
de la jambe de Saint Viclor, martyr île Jeiui Christ, el que |wur tionorer ces 
MÏDlea reliques elles desirerolenl non leiilement delee exposer à ]a vénéra- 
tion dei fldélea ie seiiiesmu dj décembre, jour que l'Église fait la (élu de ce 
uiiit, mais encore de faire ce jour 11 l'ofâce wmi double. 

B Xoiu Archtv -que elComXe de Lyon, Bprê» avoir vu ] 'al testa li " n aulhen- 
tique desdiles Reliques, pour la plus grande gloire de Dieu el l'honneur du 
Soial Uartyr Victor, et pour exciter de plus eu plus la dâvuliao publique, 
avons permis el permettons aux suppliautes d'exposer leseiiiesme de décembre 
de obsque aitnée lesdites Reliques i laveaeraiiun desfiJéleE, el de [aire l'ofâce 

■ DauuéaLyon.en noire palais, et sous notre séel archiépiscopal, le deruier 
jour de jamier Mil sii cent quatre vingt un. 

■ L'AacBKvftouB DE LYON. Par Monseigneur, Bassbi. « 

PiKcs N» 3. Authentique délivrée i Rame le |4 avril 16S0 par le frère 

Joseph Eutanius, de TOrdres des Hermîtes de Saint Augustin, éïêque de Por- 

I phjre, préfet de la cliapelle Apotlolique et a»isl*Dl au trûne PonliUcel, cer- 

I fifiant que des Reliques des Ssinis Klarlyrs Gémeiit, Placide, Aeiondre et 

I Victuïre ont été extraites du Cimetière de Saîule Cyrîaque par ordre de N. 

S. P. te Pape, reconnues et approuvées par la S. CongrégatioD des Indul- 

geoces et det S. Reliques, rentermées dans uuc l'auelle de bois couverte d'un 

papier peint, liée d'tui ruban de soie rouge, bien fermée et «eellée du petit 

sceau, remiiea â André Compaio, prêtre Français. Ces Reliques furent re- 

eonuues à t.;ou le 2i mai 16^ par U. Morani^e, vicaire général du diocèse, 

Pj6ceN»S. —Authentique délivrée i Rome le ï(3 juillet 1677 par Gaspard 
Carpegoa. cardinal prêtre du titre de SaiutSilvestra in capite, vicaire général 
de S. S. et jugeordiuaire de la ville et du district de Rome, cerli San t quedea 
raliquei des Saints Mertys Félicien, Séverin, VoleaUn, Paulin Théodure, Vic- 
toire et Béatrice ont été extraites du Cimetière de Saint Caliile' par ordre de 
N. S. P. le Pape, reconnues et approuvées par la S. Congrégation des Indul- 
gencM et des S. Reliques renfermées dans uQd cassette de bois recouverte 
d'un voile en soie rouge, bien fermée, liée d'uue cordelette en soie rouge et 
cachetée du petit sceau, l'emises a noble Mathieu PecoJl, conseiller du Roy 
au Presidial de Lyon, qui les donna le 14 septembre 1677 au monastère dt» 
Carmélites de cette ville, où ses âMea Catherine et Marie Aime étaient Relî- 
gïeutes. Ces Reliques furent reconnues par Monseigneur Camille de Neufville, 
Arclie»èque et Comte de Lyon, qui permit aux Religieuses Carmélites de les 
exposer dans leur Eglise t la vénération Ues lideles el de faire l'ofdce des 
S. S. Martyrs Félicien, Séverin, Paulin et Théodore par son ordonnance du 
S avril 1678, contresignée Basset. 

PitciNs El,— Autlienliqnedeliïréaà Home le 9 novembre 1033 par lefrere 
I Joseph Eusanius, de l'Ordre des Uermites de Saint Augustin, êvêque de Por' 

CillitleDB Calltite. 




¥ 




DE NOTRE-DAME DK LA COMPASSION 157 

pir Uoitfdgneur ("Eie^que de HeleDupolituni, pr«r«l de U Sncriïlie AimmIo- 
GqM, datlê du ipiinie septembre de l'a naéti dernière «lac«llM>aul>Mdelai]iielJe 
Mt ocript, EcaToir : donné par le frt-K Pelii d'At>beTil1«, Cipuci», lidicte 
Boitte au Rererend péra Aluïtndre de Ljon. pcedicalcur Capucin et Delfini- 
lenr^neral, et par laquelle autontique est eertiSé cstre dans ladîcte Boitte 
dc« (H*«in«ni de* marlin det SAlncla Félix, Uaiime, ModeiM et Aj-iné. Ou- 
verture de laquelle lioitle In'cle après avoir par noua reco^neu les seeaui 
niai et enliets. et nienoe aiaiil que celluj de ladicle Aulvntiqu* ; geuu flexti<>u 
par noui tante, siodb trouve îles oiiemeals d«»diels Sainris Felii, Maiime, 
llo<l«at« et Aymé, eaielopes dans du coton et a chacon un billet de leur num, 
I (I le tout en bon ordpe. Ce fait, aToQs rendu et laiuë ladicle boitia et l\eli- 
h |uei audîcl U. Fuuillanl. et en consequMii-'e permis et pcrinett >oï aux lui- 
I dictes Religieuiei Canneliles de Us cxpowr ilan* leur KgliKe ponr j ttlte 
\ boaor«cs et révérée» jiar lei Sdelles, et n condition de lea tenir proprcE el 
en lieu desacot Donne o Ljoti, le douiîemeaeptelabre Mil aiicenaseptauteua 
Prrwnt a ce, M. Fouillord. Stf ué : Devili.x ; C. Kodu^^ard. ■ 

Pieu N' 23. — Authentique délivrée i Rome le 6 février ITOi pur Gaspard 
Carpegna. ordiuil évoque de Sabine, vicaire général du S. S. el juge ordi- 
naire de la ville el du Jiilricl de Rome, certifiant que par ordre de N. S. P. 
le Pape, a été ejtrail du Cimetière de ïaiiite Cjriaque un oisemenl du bra> 
de Saint Modeste, Martjr ds Jésus Ctirlsl. rcc^iiinu el approuve par la S. Con* 
grégalioD des lodulj^ucea el des b, Retiquet. enfermé dans uns cassette d« 
boi< recouverte d'an papier peint, bleu fermée, liée d'un ruban de soie rouge, 
Bcellee de aou sceau el remis i Jacob Ma<roud. 

Plie» N' i. — Authentique délivrée i Rome le 89 juillet i085 pur le frire 
Joaepb Euianiuf. de l'ordre des Hermiles do Saint Au^uilîn, evéque de Por- 
pbjrv. préfel de U cbapelle Apoitulique et otsistnal au trône Ponli&col. cer- 
Itbot que par ordre de N. S. P. U Pope, ont été eilraita du Cimetière de 
Saint Calèpode dej ossements des !«ainls Martjrs de Jésus llliriit : Ilunet. Pla. 
cide, Jufte. U^.ioil, Constance, Cdeatiii et Vicloire, reoooaus et ap|>rouvéi> 
par ta S. Congrégation des ludulgences et d«s S. Reliques, enlermes dans 
une caseelle de bois recouverte d'un papier peint, bien fermée, liée d'un 
ruban de sois rouge, cachetée d« son petit sceau, ol reniù i noble Oclnve de 
Bordeiiere. 

PikcE N» 17. — Lettre d'envoi i k Réi-^ende Uére Jeanne de la Mère de 
Dieu, du (^rmel de Ljoa. du reliques de Sainte Dorolbee el dei Saints 
Pie. Vital el Félicien. 
I Saint Anloinece31 janviitr 1)179. — Ma Révérende Mère. — 
< Sana double que vous ne vnuj sonveacs plus d'uu pauvre neveu qui no 
voua oublie puinl. ui à l'aulel, nr diue tes petites priera». Je vous en anroii 
donné dss nouvelles aKîarances d«* le conimeocement de ceste année, si j'en* 
pm accofDpagner mi lettre de quelques tuincte* reliques comme je fais a 
presenl celle cj. dans laquelle Je vous assure quelles uni très asseur^t, ponr 
les avoir receus immédiatement des mniue de notre Revereodiisime Abbé 
General. D 7 eusl snraroeJj dernier liuicl jours que l'estant allé trouver dans 
sa eliatubre |niar ce fuict, qu'iiiconiluent il me donna un ostement de (oincte 
Dorolbce qu'il tira d'une chasse dorée ou repose son aainct corps. Il le dcatino 
•I mo7 aniai pour la Révérende Mère prieure ; nous «u faisons l'oOIce, dou' 



i 



ISS 



HISTOIRE DU COUVENT DES CARMELITES 



ble, diiis notre egWio le filial quai ri «me d« mor*. qui ecl le jour que n 
luï »\oat <leilia«. En siiite il me donna un ouemeul de Saîuct Pie, nurljr, 
donl le corpi repu»^ ilins une <ha»e d'or^'eat otec celu; de SaJncl Juste; et 
nous taiiuai kur fetle, double, le 16 de juillet. Voiu Iroutens cette M 
relique plié dans uu papier. J« vous envoie suisi deux denï, l'une de winct 
Vitnl. et l'aulre àa saincl Félicien, qu'il a tiré il^ leun chers qui reposent 
dani une chnue de cri«lal. Je crois que ïogb ferez grnud cas de ces MÏn 
reliques ; nous faisons la fesle de ces deni dei'niert saincls le TÎngt qualHeene 
de tepleaibrc. Priez ces Hiucls pour moy. Je vous en supplie, c'est celu* qui 
est de tout son CŒur, Ma Reiereiule Mère, Votre Iret buable el tr«t obcistant 
serrileur. J. J. Poiegvei.. Religieui Indigne. i> 

Pièce Xs H. — Authentique délitree à Rome la 21 février I69S par Ga> 
pard Carpegua, cardinal prêlre du tilre de Sainte Marie au deli du Tibre. 
vicaire général du S. S. el juge ordinaire de la tille et du disirict de Rome, 
cerliBant que par ordre de N. S. P. le Pape, ont été eilraili du Cimetière de 
Saint Cnliite des osEemenls des corps des Saiatt Martjs Flaniien, E^eren- 
lieiine et Kuseb-^. reconnus el approurés pur la S. Congrégation des Indut- 
gencn et des S. Rcliquca. enrerméi dans une caiselte de bois recouterle d'un 
papier peint de divenea couleur!, bien fermée, liée d'un ruban ih scie rou^< 
scellée de son t^eau el remis au frère SUiépbane, capucin d« 1,5011. 

Cea reliques fureol recoonueB le Si aofit IgSS par rArchevêquc de t^on, 
aiiKÎ que le conalale le procM-rerlial luitinl : 

• Camilledt ytuffilU. archevêque et comte de I.joii. primat de France, 
commandeur des ordivs du Rof el sou lieulenunl gcneral uu gourtmemcot 
de Lyunnoii, Foreati et Beaujaloi^. 

• Scacoir faisons que ce JourJ'Iiu; vingt qualiie^me aoual Mil stx cent 
quatre vingli doute, étant dans le monasiêre des Religieuses l^rmeliles 
celte ville de Ljoa, la Mère prieure dudit monoitera noui auroit tre« ho 
blement supplié de vouloir faire l'ouverture de deui boetlea de Heliquei, dont 
elle nous auroit remis les Aulbenliqnes en mesmc tems, l'und du deiKîetme 
septembre tlil six cent quatre vingt deux, sii^Dée Joseph, evesijue de Por- 
phyre, el l'aulre du trente uniesme de février dernier (c'est le 21 et non le 
31), sijg'née par le cardinal Carpegna, vicaire général du Saint Siège, dese- 
ment scellées, desquelles noua étant fait faire lecture, noua avons reconnu que 
le«dil<ei boettes n'ont cle aullemenl altérée* el sont scellées des mesmea ic> 
qui se sont trouvés sus lesdilef Authentique;. Bt après avoir fait ouverture 
deedit«s boettes, nous avoni trouvé dans la première, scellée du sceau de l'evis- 
que de PorpbjTe, le corps de mainte l-'aiisline, niarlire, orné de pluai 
tleurs et nœuds île soye rouge, qui est le même que celuj dont il est lait men- 
lion dans ladite Authentique, el dans la seconde IfOetle, actilée du sceau du 
Cardinai Carpegna, nous avoni trouvé lei Reliques de £ainl FlamÏDiec 
Sainte Kmerealienne et de Saint Kusehe. martirr, qui sont lea mesmes dont il 
est iail mention dans ladite secroude Authentique, et après avoir rendu noi 
respects el la vénération deOc uuadilo Retiques, nous avons permis susdites 
Religieuses Carmélites de les eipocer publiquement a la venemlïon des 6delle«, 
el de faire l'ufQce, semi double, de ^aiat Ktamîiiien, martir, le premier de 
mars de chaque année, et l'orBce, double, de Soinle Fausline le deuxième de 
mars oussj annuellement, suivant le Rit cl les Rubriques de leur Ureviai 
el sur la très humble suppliv-alion duMlites Religieu>«s, nous leur svona aussj 



DE NOTRE-DAME DE LA COMPASSION 159 

■ccorié 11 permiBsiin du Joaner les Reliques de saînle EmerealîeDuu tl saiiil 
Eusebc, narlin, a lelle Uommunaulâ ou pereoDoes sèculivros ou régulierei 
qu'il leur plaira, auiquels pareil lemetit iiiiui permsltroas de les Eipciser u la 
4eTo:ioa dei adelles. Doit ?td<i IdjI noua avons fall drei««r le preseu l procei 
verbal. qu« doui avons ùg.ie, (aïX sceller de Doli'e «éel ArciiiepUcopal el con- 
tresigner par uotre spcrelaire. 
I Donné oLyon. dini leiit Monastère des Ci rm élites, les on el jour que 

■ L'arcd. de lyok. ~ Par Uonseigueur BAâssT. p 

Voira la noie le procès verbal de recounaUsauce OcsIluliqueE des S. S.Mur- 
tjrra de Lyon, 



PlKCB S» 10. — Procès V 
ideuieurt Ui Comtes rie i 
lin, martyr, du 36janfi 



l'bat d'attestation du doyen et chapitre d« 
lint Jean to\tckant te Corps iteSaint Faut- 
!■ t828. 



■ Le Meeredy ïingt siïietme de janvier Mil six eeat vingt liuic'. Chapitre 
Geaeral de l'EgllM de Lyon d'appre* la fashi SaJnt lllaire s esté lemi elcetle- 

' tré par coolinualiiyi. convoqué au sou de la clor.Iie a l'heure et niooiere ucons- 
a pour Iraicler des oïairH) d'Icelie, aà eitoienl révérends el Illuslres 
Meawlj^neurs, Messieurs Hector de Cremeaulx, conseiller du Roy ea ses 
consïila d'ettat el privé, Atibé de Megimonl, doyen, Antlioiue de GibvrLes, 
irchidiacre, François de Rebé, chsntre, Claude de Ressis, serrelain (sucris- 
lain) LAitreotie de Sioiianes Ven..., maître ilu cœur, Claude de Damas Labas- 
Ite, et Edme de Saluct Aubin Salij;n;, tous cbanoinea de ladite Eglise, Comlcs 
dodit Lyon, Capjiilulan». 

■ A esté arresta que Tuu doi corps Balncts qui se sont trouiM dans l'arche- 
tïscbé flpre» le décoda de Monsieur la Cardinal de Msrqueaionl, archevesque, 
•cavoir celluy de SaincI Fauslin. martir, sera baillé a resgUse et couvent 
dea dame* Carmélites de cette ville en considération de la prière qui a esle 
raicte a nos dict» leigneurs par Monsieur d'Alincourt, gouverneur, fondateur 
dibJtct couvent, et de Monsieur l'abbé d'Estiay, son lils, el est ledict seigneur 
doyen prié de le deslivrer audict couvent s'il luy plaisl eu prendre !■ peyne. 

< Despois, ie douziesme Jour du moys île [ebvrier, au dîct Mi! six cens 

vbgt huict. eu luitle de ladîcle ordonnance cappitulaire, ledict «igneur doyen 

tri allé prendre ledict corps saincl Fnustio, nu Trésor de Ijdicle Kigli^e de 

Lyon, avec Messieurs l'alibé d'Esuaj et comte de..., Icalluy porte st remis 

BUT le Grand aulel de ladicle E^glise des CarmeliUs dudici Lyou, ou ayant, 

les damH Religieuses du Couvent, cbanté le Te Dewn Laudamw, et l'orai- 

! ton dnJict saïnct este Jitte, ledict corps soiiicl a esté, par ledict seigneur 

f doyen, remit entre lei mains de Révérende dame Marie de Saincl François, 

I cuperieure dudict couvent, aocoiipagnée de ses Religieuiei qui en ont rendu 

n de grâces el remercie ledict seigueur doyen ; dont n esle Taicl et dreué 

le par le notaire Royal et Apposlolioq, secrétaire de ladicle Es- 



160 HISTOIRE DU COUVENT DES CARMELITES 

glise de Lyon Eoubiiîgné, en preeeiice de U" BeJiaii Aroard, docteur en 

Saincle Tbâologie. Révérend W" Anlhoioe de NeurviJIe, abbé de Siincl 

Just, et M" Pierre de la Oriïe, preabtre, Scolasliques de ladîcle EgtiEe. les- 

moÎDgs. 

■ Elirait des Regielres du Chopîli'e de Iftdicte Eagliae de Ljoa par Uor, 
□olaire Rojal Apoilolicq, (ecrelsire dudict Chapitre loub^iigoé. GAtAKCDOK. * 

TraduclioD de l'alteslalion du corps des Saints martj't Paustin, JoTÎea, 
Théodore. Léon, Porphyre. Pontaïu el AnsaUinse, délivrée à Rome le 20 avril 
1624, remUe Bui Carméliles ovec le corps de S. Fauslin en 1628. 

■ An nom de Xostre Seigneur. Ainsi loit il. L'aa après la NatÎTilo de Nos 
Ira Seigneur Jésus Lbrial Mil tii ceus vingt quatre, Indictiou septieame, le- 
vinglleSDiejour du moys d'avril, première année du ponlîAeat de très b>ïdc[ 
en Jesu* Christ, père Urbain, par la raisericorâe de Dien, pape buictiesme. 
Qu'on scache et qu'il soit évidemment manifeste a toux et partout par ces 
présentes, gu'llluslrissïme et Revers ndissi me seigneur lonoceos de Uaiimif. 
Evesque d'un lieu appelle selon les Latins Bucconicmis (Numidie), avant este 
esleu Embsaladeur pour aller au Roy Catholique, a supplie bumhlemeut très 
soinct père de hanne mémoire Grégoire XV, a la fa^on que s'ensuit ' Père 
très b eu rem, lunocens de Maximis, Evesqu; de Buirconiensls, avant esté de- 
puis Boihoasadeur du siège Apostolique il y a quelque temps, par votre saiiit- 
telé, pour aller trouver le roy d'Espagne, aSa que la dévotion ilet fidelles 
Chrestiens soit excité envers hi Saioctes Reliques, el qu'on les aye ea pins 
grande vénération, reiiuier bumblemeiit de vostre dicte saiaclelé qu'il luy soit 
permis de prendre luy mesme, ou de faire prendre les corps de quelques aaincls 
et saincles aus Cimetières ite Sainfl Vincent e[ de SaiDct Aaaslase, aux 
Eglises de Soinct Paul, de Saîncl Laurent, de Sainct Sebastien, aux Cata- 
combes et aultres monastères et lieui siicré», Isnl dans les meiira de la Ville 
que debors, et qu'U plaise a sa saiucleté de concéder par Indulgence et grâce 
spéciale qu'il les puisse porter ou fuire porter en quel lieu que ce soit de la 
Cbrestienlê, et de les donner par uiieau':lurilë Apostolique aux penonneiet 
lieux que bon luy semblera, sans encourir Bucuue peine et censure, oonobi- 
tint toule sorte de prubibiliou el ordumiances Apostoliques, et aultres sen- 
teneet pour avoir elTect, falcles par cy devant en quelques fa;aii que c« solli 
etc, — El que ces seules lettres loint f>uffi«anlea pour en faire foy par tout le 
monde, mjii qu'aucune reigle y puy»se cmpescher qu'il soit falct comme on 
demande. Faict a Rome, a SaJrict Pierre, le Cinqulesme des Kalendes d'avril, 
l'un troisiesme du PoiitlScat. 

( Enfin il est assuré |>Br ces lellres de conimisslon et procuration, comme 
les acles du notaire public mU cy dessouL: témoignent, que plusieurs corps 
saiocls eut été pris el emportés des lieux susdicts par sieur Barihelemy Ro- 
glerio el ses compagnons u k prcsance de sieur Jean Riccus, procureur eu 
cesl affaire du susdit IltusIrlsiiiBe et Revereudiasime Seigneur Innocent de 
Maiimit, lequel prié avec grandes su p]i 11 ce lions dudict Rogierio el ses Com- 
pagnons, luy a octroyé, pour avoir elfecl, quelques corps saincls selon lasus- 
dicle puissance avec pouvoir, por ajires, {le les porter ou faira porter bors la 
ville, en quel lieu que ce joit du inonde, et de les donner comme il est 
exprimé dans sa demande, mois signumiuent, Leilicl lUuBlrissiine el 
dissime Seigneur Inuocecs a boillé uns susdites Barthélémy et a 



DE NOTRE-DAMK !)[■: I.A COMPASSION 161 

Ci)rpt qu'où «peciBt^ru en I>b<, comme il air|ifrl jiar les lettre» île iloimalioB 
faiclei por le DOlaire [lUlilic. 

1 Or msintensnt personnel lemeiil eslaliti. ledict Barlbelenij acec tes com— 
lU^Qana. lequel je cognots fort bien, prié par Uluslritiime et Keverendiisinie 
s?i(;neur Uenji Simon, Archeieaqne de Ljoo, vice légat du roj trei Chreslien 
«ttabi; ic; et conslîliiê en ma présence et en celle ites teaiuoings soubz- 
tiommcK : A donné, concédé t^l remja audict llluilrïsEime et ReTerea dirai me 
seiffaeur Ovnjs, lus copjift de S. Fauslin, de S. Jovien, de S. Théoilose, de S, 
I.eoa, tU S. Porphvre. de S. PuJitinn et de S. Auastbaïe. maniri, et a affirmé 
■vee juremeni, eu luuchaiil les Kacriptupe», que c'esloit !ea luesiues corps (!«■ 
lilcU wincli eu lubttance de faicl et de nom, qu'il atoït rei'eu avec la puïs- 
ance «iisdicte dadict Illustrissime et Iteverendissime seigneur lonoccns. et 
qu'il les clonnoilaltla que ledict llluslriscime et Rev^rendiiEime sei|;ueiir Deoja 
let relire litireiuent el face retirer, et qu'il les duiiiie u qui bon \iiy «emblera 
et qu'il «je le soiiig de Ips Jkîro mettre en un lieu plus propre, comme 11 a 
promis lie (oire.pour la plus grande veneraliun dosdicls saiiiets à la louan(.-e 
r\ gloire de Dieu tout puissant el de li bienheureuse Vierge Marie ; suf ce, fait 
a Rome, eu la maisun dudict Barllielemy, en presencede sieur Horace Que ri iio, 
remain, et sieur Blnis« Battaglino, romaiu, teamoing: Qdelles s es requis et 

• Mrif Jean François de Rubeis, ciloien d'j^quila, ]:sr une grâce de Dieu 
{[«ciale, uonititue notaire d'une auclorîlë Aposinllque, dam les archirei de la 
Gourde Borne, aj- esté prié pour avoir ces lettres que j'ay eaerites, publiées 
et signées de mon sreau ordinaire, de ce prié el requis. " 

Acte de réception du corpd ite Saint Fauilin |isr la R. U. Marie de 5aiut 
Kraiit;(iis, du 12 février 1S2g. 

" Le lï de feuvrier de lunuee I6es, M. le dojei. des Comles de S. Jean. 
M. l'abbé U Esnaj, quelques uns do messieurs Its Comtes et des ecl es ias tiques 
sont venus en nusire e^-lise aporler te corps de S. Fausiiu, martir, el nous 
l'ont (Misse pur lo grille bïbc charge eipretae que l'on iiutCïiVjBlesbieD conser- 
\ les faire enctaaaer le plus tuât que l'on puuroil. 8. Makik de S. 



NoTK I) 



r 

^^■'IProces verbal de ^ecollnDi^snnce des reliques des S, S. Marlirs de Ljnn 

H^r U. Navarre, <tu 21 septembre 1778. 

• Noua Nicolu Nnvarre. ^iacrislaiii. CUnoine, Chef et Curé de rt^glise 
Collégiale et paroisîj.ile de Saint Nirier de Lyon, Vicaire général de l'Arche - 
léché. Supérieur de lu Curamunaulé de* Dames Carmélites de la ville de 
Lion. Savoir (bUoiis que ce jourd'huy luody vingt un septembre mil sept cent 
loiionle el dix huit, nous élint fait représenter l'aulbenllqua en forme d« 
ceriiOcnldu vingliiiiil Juin Mil sept renlvingi, signé: Patol, pri' ur clnuslral, 
lacrisiai» et chsuuine Régulier de l'KgliFe Cullédale el paroissiale de ï^ainl 
Iranée de Uon, et Nivuu. aussi chanoine el infirmier de la même Eglise, 
: Ijihasfée, chanoine secrétaire du chapitre, des i eliquci de» 




16g 1I1ST01RK m: COL'VKST btS CARHKI.ITES 

marlirs de Lion remicen par UhIiIb iieura |>rieur M iiiQniiier à Madame de 
VilUro/, Itt^li^-icuae Cnrmeliln ile la Maison ila Lion, lesdil«s ivlicpies miuU- 
tantea «u dus crunea el ties osienienls ilen mùiIs mirlirs Eleuiar. Valêriec, 
Tile, Apiiolloii, Feliï, Aim*. <t des SainW» Mariires Albine. PoUmlt ri 
PoUmieiine, et de plus das oBjemenis de» sulres marlfri do Lion dool ffi 
noms »onl inconmw, bi «près avi.ir reconnu Its trtaax 'le Monwipneur Fran, 
ÇDÎi Paul de Neufville de Villemy. arcliev^ue de Lion, qui FfElloicut lu 
boÉle de corlon daii» lnquells éloieiit enfermées lead îles relique», eeiii» ol ciilien. 
iiout avons renrermé tau* les ossemeuU dans le reliquaire (]ue noua oiom 
scëlé du sceau de nos Brines. |>our jlre eipoié ■ la venerati»ii de» lldelln 
dan* l'Kglîse des dames Connelilet de ccrile villv, et va faire l'ulfice eoalur- 
mrirnent a la permiision qui leur a d^jâ é\v dnnnép. et srons Uïl la preeenl 
procès «erbal triple pour élre. l'un reoftfna^ dans ce reliquaire, roulredaiis 
un reliquaire pareil, et le troisième pour 4lr« nnnetv a l'oulbenllque ituijl 
nous avouB cy dei'ant Tatt menlion. A Lion, les jour el au que dessui, el arou ^ 
ligné après avoir mis le weau de nos armes «n preseuce de ta CouimuDa^ 
des Dames Carmélites ■iierabIJei qui ont lifçué atec uoaa : 

> Navarrk, Vicaire geuénL Supérieur. 

■ iknijr Tberete d» Saint Ksprit, prieure; S, Unrie Joeeph Je S. Aiidr*,toii* 
prieure; S. Mngdeleine Tberese de S. Jowpti, dépositaire; S. RrinaTbemej 
S. Marie lllaude; S. Marianne; S. Uurie de la l'AucepItOD : S. Mai^uoile 
des Auget; S, Marie r^ntlance; S. UarÏH Srbo1aMiqa« : S. Add» Marie; 
S. Marie Claire; S. Calherine de Jésus ; S. Jeanne Marie de Jériii; 3, Marie 
Uari^uerile Ue Jéaii»; S. Catherine de Sainte Tliere»; S. J. Maria d« Saint 
Joseph; S. Cntlierine des Séraphin*: S. Marie Julienne de Je^us; S. Anne de 
J^sus; S. la Croix; S. PÀIii^ile; S. IIearielie;S. Aiméu de .Icsut; S. Khonon 
de J<ïsus; K. Marie Tlierese d<: Suiiil Albert ; S. Pauline; S. Mari» Kmerco- 
cieune de S. Mii-liel ; ;S. Claudine Joseph Tiieretede J^iiit; S. Jeaana Marie 
Ther .-te Madeleine de S. Joseph; S, Marie Anne Tlieresede Jésus; S. Marie 
Lucie Joteph Krançuis de Sales Thérèse du Sacré Cœur; S. Marie Iranne 
Blisabetb. novice. • 



Piicei rtuiemMrs lom le S" i'ô et rolaIir< 
I — • A Madame de Vllleroj'nui Coriuelitei. 



X Martv 






1 Madame. J'ai bleu des excuses a tous Taire et mil pardoni a tous ileniiii- 
der de mon peu d'eKoclitude. I.a diCQcullé de Taire la (,'rille de fert qui frrm* 
le churiiiei' des ossemeuls des mnrljrs esUut grande, m'a Lenu plus loii|;tem]>i 
que j« jienBiiis el, celle aussi de i-elrourer lu lesle où j'avoii Teu ]«s jma ner. 
quej'ay heureusemenl reueoalrée. Je vous l'euroj'e. Madame. ui*e une autre 
qui n'eal pa>s moins riisjieh'lahie, ajaul de servelle Oe»ei'bêe, el quelques an- 
tre» GragmeuB dacrauesoû II pari'il du «ani;, eluue macbrùre. C'est avec beio- 
«aip de iilniiir que j'sy lire ces prècieui depoila du lieu i>ù ils arDiral f«l* 
mis sprec la peraecallon de* bugeuoali (gii-). pour les renietlnt entre Tua main*. 
Madame, periundé comme ja le suis qu'elle» ne peuvent eMro milaa, «et 
precieunes reliques, en nielieureii ipie les vosiref, m a perionne jiour qui j'ar* 
plus de respei't et de considéra lion, espérant aussi d'avoir quelque part no 
^iut Usage que von* en fcré, J'uurois eu rhmineur de vcius les pwtenlcr 
moï m'sine s'il ne m'esluit orrrve un pelil at'.tidoiil dont je Brray | oiirlaul 
hienM fiiei'i. C'esluit une extensicn de iii'i'l'queje Us h' jour du Suint Kslieone 




• Les Avlïiiues i^ui »)nl renreriuéei Juiis ce vaae, ont esté tïre<^s d'une leat* 
tle inuiljr ilu cliurniir oU Te|ii.3enl te* osseinenlï qui c 
l'Ëglisï ]>aue loK de lu pru[ihii notion que ârenl les Calriutïtet de cet Saint* 
Lieux, et ce |iBr les toiiisct lu jiîeté du feu M. Orolier, |iriearUe Saûit Icsnéa. 
Celle relique «tl anulinl [>lu& reipeclabk' qu'il n'y a rien de li curru|itible 
uu tudroil bumide uD Ift 
e qui les renrermoii eiloil dnna celte chDi>elle o» charnier ili:|iiils plus 
1(0 aiit. outre le (cmijn que les coips des lainls aiatijT» avaient demeu- 
" e pendant plus 
[■ reiiieUre t 
que celtea d« Moduiiie ils Yillei'uj, pour ion cauieut des CarnieliUi, i 
bien que le Yftte qui les renfenne, qui a locvi (ûti lougUmps de ciliuire, où 
repusuit le corps udorulile de -^uius-CliNsl, dans un des prieuriia qui Jepeo- 
ilïut dudit Salut Ireiiee de Lyon. En Tuy de quo} j'aj eït;aë de l'ujfrênienl 
cl ev>U3 le Ihiii [ilBÎïir de Uoiiielgueur l'ArcheTéque. ci II) duueiubrij ITtri. 
N'ivoN. CliBuoiue et InQrnilei- Je Suiul Iceiiée, jirieur de Uivus eu Koresl. 
■ La drnt et Iks (i-ajjments qui luiil dnus i:e vam tout ]>areilIeilieDl li 
■Mldil eliurnier et reliques de si 

1 A Madame de ViUeroy, Cnriueiile a Liou. 
oila le clief et les luseuieuls dee S. Ë 
tni* d'! tous envoyer lorsque j'ei 
d'uue chasiie de plomb où lepa^it quelque iusigue 
lûllel du temps que je le retiray d 
me suis bis uu {■rund pliiiiir, Madame, de r^ 

rt toutes vus niiDlea Hlles; . 
de [liirl dans tôt ssïnles prières el les leurs lorsque v 

lie duule pis qii ils u'iiilercedeut auprès de Dieu pour nous, afin qu'il luj 
plaise nous donner uue nielieure sanle et quelque Mulugemenl a uoe (fraudes 
douleura et que uolre veue se fi^rllfie de pltis en plus, Je la souéte de loiil 
mou cueur, dans le plus profond respect avec lequel j'«i l'IiODUeuv d'ei 
s liuuible el Ires obéissant serviteur, Nivox, luflrinier. 
le la iDM 1719. » 

k Ueuioire i>our le morceau de cliasse d« plomb. < 
I d'Aclie (lif) lorsque le» liugucnoli !a brisèrent, tirir,de la basu Kgliii 
Et Saint treuée cd l'an ItHli. 




l&t 



HISTOIIIE lif COUVKNT DES CARMKLITES 



> En l'an litM, Moni»igii«ur l'ETe(qTie de Suint Flour, iirïeiir comnid*- 
Utre de Saiiil lrrii«e du L<od. fit loainr le caucluiire de l'EgliieBaiw dn 
Sainis Martjn duttilSa'nl I renée Jusqu'au granJ autel de lodi'e Kglîw.et 
par permistitin de Monwigaeur de Neiirville. an-hevefque dudil Lron. /"tbit 
prcsenl où l'or Itouïb (ouïe la terre qui esloîl cori« le paie empuurpT^ du 
tang (lei martyrs, nvec beaucuiip d'oMcnieulB rldea rro^rnlt de rbaue* de 
d« porphire. de trarbri; el de plomb que les CalviDistnatuienl briiâes Ion d« 
rb'irrible prophauation qu'ils firent daus ces eainit lieux. Je xtt lirny ijue n 
fragment (J*une ch*sse qui Tul rompue i coups d'àciie. aiii»ï ijot les coup* j 
paroinenl; c>ïloi( de qu-^lqiie in«i|;ne marier. Je lei Irouvo; prêt du gntnd 
aat?l qui Mt le même où Saial Irenée avait ntle înUuniê p^r ^aîol Zoebari', 
que tes malbeureiiK Calvinistes propbatiereiii. C'esl une cliote iligoe de n 
|iasFïon devoir tous ces oesemenls difperMs ol le» fn^ineai que nous taiisnne* 
dans le mesine utal qtie noua Iri ai ious IrouTcs. Il y a dei chattes de marbrv 
brisées où il y a pourtant de grnods CragmeniE. où je mis plaisir 
ouemenls qui cstoieiil lotii em|our)ir« de sang. Celuj-cjr de plomb dnii 
estre garde liien precieuiemenl. c'est de quo; je prie Madame de Villirot 
■ qui Je l'envoy ce i'J n>iy 1719. 

■ NivoN Chanoine et Infirmier de Saint treuée de Lyon. • 
• Nota. Ce fragment pi)urroit liieu e«tre de la cbasse de Saint Irenêe. ^i 

etioil dam l'aulel Je marbre donl j'ay parle cy deuiia, louleruïs Je 
que par coniecture. • 

IV — ■ Authenltqiie nileslnliou de In teriledea sacré* rnsenientg d*b niar, 
(yrs de Lyon, déposés bui Cameliles de ladite ville pnr ordre de Monseigneur 
l'arcbevique Paul de Neurtille. 

■ ïi"us soustignéi Fraufoie pBtol. prieur claustral, raerislain et choixNae 
Régulier de l'Eglise Collégiale et paroissiale de Saint Irenée de Lyon, el 
Nicolas NlvoD, aussi cbanoiue el infirmier de ladite Eglise, prieure de Bï?a» 
eu Foreli. cerlifioni i tous qu'il appartiendra qne les cbefs et nssenienls que 
nous avons remis a Madame de Yilleroy, Religieuse Carmélite, pnur sa iiai- 
*<ia et Couvent de celte Ville, nous les stohh pris el liré»^ avec la permissioa 
de Monseigneur l'Illustrissime et Iteterendissime Arcbevêque et Comte de 
Lyon FrsQiTOiH Puul de NeurvlUe de ^'illeroy, du charnier el chapelle oà 
reposent une graiiile partie des ÛiMnienls des Martyrs dudil Lion, a cMé 
Knutbe du Orund Aulel de l'Eglise soùierreine, que Uonsienr Groslier, pnenr 
dudit Saint Irenée, rei.'[>uiuiundab!e non seulement par «a qualité mBis encore 
par son mérite et |>ar sa vertu singulière, y avojt lait mettre après la pra* 
pbanatiou tacrili'ge que les Calvinitles scoieat fait ds ces lieui suints eu lâSS, 
qu'ils delruisir.-Dt U Grande Eglise, et voulant Taire de même a erfiu d'en 
bas oii reposent les (^r|ia des Martyre, ne purent eieculer leur dnmaable 
dtrsseinpnr une Providence de Dieu singulière i>our lu cuUEolslion des fidèle» 
qui ont eu ces Ueui sacrés en leneralioD comme on le reul voir dans loule 
l'autiquile. 

■ Ledit seigneur prieur sy.int fait reparer ladite Eglise, lit aussi i 
ladite Chapelle ou il aroit rsnferme le^^dils DE~«nients tires du pui's el de 
l'Eglise Batw!, ainsi qu'ils ont été Jusqu'en raniiee 16S5 que Monseigneur 
Camdie de Neurville de Villeroy. Archevêque de L}on, permit de faire raire 
une ouvetture ssseï grande a la muraille qui f'.-nD-iil ladite Chapelle pour y 




DE NOTRE-DAME DE I,A COMPASSION IIÏ5 

lie f ri1]« de (pr, aûu que ]«»di!s oasâmenlï Tiuïent eipoï^s a la vê- 
les fldéles qui aco>ur<;nl de Uulet parti dans ce; lieui MibU où 
Il uonilire innombrable de inarltr». 
■ Cet ucrés CalacDinbns étoient en iti gruiide veiieratiim, que le |itncureir 
Roj' nasure dstia le Verbal qu'il &l après celle nbominiible prophanalion, 
t pereouiie n'eiiIPuit au|iDravaiil dans l'Kglïse BOiilerreine que les pieds nua 
^Buae, dïtil. Je la eaiutelë de ce lieu, ce que les |ire1res el rhauuînes d« 
ladite tJjjlJEV et les plus N'iitiibles du lieu et de la ville, qui l'auc^mpaviioîenl, 

• Lonque noua avoua ouvert ladite Grille pour prendre ces oiKeinealï, que 
nous avoua rauuia. nous >' avons trouvé plusieurs Tragineuli de cbases de 
maibreaii rejneatenl descorpa sainlB que 1» hérétiques a voi eu 1 Lriséf. Celui 
de plomb que iioi» avou« donné nui Damea Uarmeliles, uous a paru j[re 
prérieui, }' ajant reipurqué les coups de hache qu'où avoil donnés |>our bri- 
mer In chasse, ce qui nous a oblige de le remettre avec ledits OFsemetils sur 
lesqueU nous avous remarque quelque saiig et des coulusions sur le! leter, 
qui, sans doul«, étoienl les coups de tnurt loi-a du massacre que Ht faîra 






IF Sel 






evere dea Chrétiens de Ljou ; Uurs Bortis aant «crils i 


un livre de 


is honorons inSiiimenl. En foy de quoy noui avoni 


i signé le. 


appotd lo sceau du Chopilre ce !3 juin ITSlI. P.itoi. 


— Nl\ON, 


La Basséb, Chanoine R^g. secreliiire du Chapitre. . 





■ Copie de l'adresse 



etoil dessus lu casselta «u etoîl renfermé 
I.inn, celé du cachet de Monseigneur de 

■ Dana celle caiselle loiil les précieux chefs des saiiils marllrs de Lion ry 
dessous Qominéi, lire de dessous l'uulel de Saint Irénée pnr l'ordre de Uod- 
«eigiieut' t'ranfois l'aul de Neufville, orchevéque, a la très instaule priera 
que lui en a faîte Notre Révérende Mera Uat'deleini^ Eleauore de Jesua de 
Villeroj'. pour élre houiiorêduui celle Communauté des Canuehies de Lion 
■ïec la pei-niittion d'en l'aire l'offlce divin. Furent présent»: .Viuon, iollriuier, 
et leBevereiid Père prieur de Sainte Ûeiievieve. 

•• S. Snaclus. marlir, ta juin, — S. Eléazar, inartir. 20 juiu. — S. Vn)e- 
r.eii, marlir. Ï3 juin. — S. Tile. morlir. 21 uouit. — S. Apulou. marlir. 
;! se|,tembre. - S-. Albiua, marlire, Sô seplenibre. — S. Félix, marlir, 
tS ocIoÉirr. — Sf Polamie, marlire, 3'. octobre. — S. Aimé, marlir, 1 de- 



NOTH K 



PttCB N" 11 t": — Authentique délivrée â Home le S aé|ile<nbre 1GSS pur 
Jfrrêre Joseph Kusaiiius, de l'Urdre des Hermiles de Saint Augusliu, éyéque 
Vt Poqibvre, préfet d-; la chapelle A|>ust<i1ique el assistant au Iri'ina Ponti- 
fical, cer:illaul que le corps de Sainle Fausliiie. martyre, a élu exiruil du 
Cimetière deSaiut Calitle par ordre de N.S, P. te Pape, reconnu »( approuvé 
_|«r la S. Dmgréiriilliiu des liidulfeuces et des S. Reliques, renfermé dans 
le de bois couverte ifini popier |einl. liée d'un rubim ilo !«>ie rouge. 



!iW mSTOIRK DC Cnl.lVRNT UT S C.ARMKLITKS 

bien ferme?, snelira tie ton jie 
da ffirilre île Soinl Domïuiqn ' : 



Voit H In note H h:- piirei rait'eii «"' /■ S, 5 et 17. 

Pikr.E N" 19. — Auttienliquë (Ivliii'éi A Boin« le 15 janticr iO'9 [«r Gw- 
imrd Carpetrnn. cardianl prélrv tlu litrv ilvSiiiiit &il»slre in rapite, Vieairt 
géudral iIp S. S. el }up« orilitinire de la ville «t du tliïlricl de Rûioe, ctrli- 
flmit que lirs i«liqiiei des corps dei Snînlt Untlfri de J^iui Chriil Eniék», 
Uénigiia, Fleiirï el Forlunnl oui ^lé exlrailcs du CimdliSre de Stiiiil Punlitn 
par ordre do tS. i>. P, le Pape, rei'niiiiuci el approuvé» par In S. Cixigrt' 
{rnlion ùe* Itidiilgeiicea et deo S. Iteliqusï, reulermo^s a\er: des fleura el dit 
ruboiiB de iti)]«i ilins une trnsaelle de bois CADverlc^ d'un pnpier peiiit (le di' 
venet conli-uiT, liée d'un iuIibii de soie ruu)r(. bien fermée, i-aclicl^i' de ton 
ïa«BU el reiniaeE ou (nrv Albert Flèelie, piéUicakur de l'oritr* de Salul 
Domiuiqite et péciileiilier >le Sninle Marie ïlDJeunt. L* trvre Alb«rl FLetbe 
ao iléaBiïit dec'iiles reliques en favaur de UEiurki de Sf>ohebaiiii», cbaaoiM 
i;unite da l'Egliie <li- L.vr>ii. à qui il le*, remil U premier mai (liSO. niivuil 
une npuslille iJ:ril« an lhi« de rAiiilietiliqne. tigiief fI ilnli^e de Rame, aniv^ 
<1p SainI» Uuria Unjeurv. 

M. MorBUge. vluiirii ^ncrul. eu permit l'expatiliLiti â b véiiéraliun publi- 
i|ue le Ï3 Janvier IS-T. 

PiiCB N» n. — Aullieiilique JélWi-i'e k Borne le * ovi-il loT^ par UU|«Rl 
Curpgna, cardiiiftl praire du litre de tSalol Siliwlre ia capil«, tieain phif- 
ral de S. S. el juge ordinnirede U ville et dudiïlrid de Rome, certillaul^ 
(lea reliquiss dus cori» des Saints M.-iFl^rs de Jésus Cltrist ItnmDÎp, UarMlilp, 
Maximieii et Libéral uni clê eilrallea du Cinieliere de Smnt Prelextat pir 
ordr*> de ît. S. P. le Pape, reconnues et approuvera par la S. CoRgrfgallon i 
des Iiidul^nres et des S. Reliques, renrerioées dans une cu;sette de boit cou- 
rerl»ptir'un papier peint de divers?^ couleurs, liée d'un niban de roi* rouït, 
bien femiëe, eceiléa de son sceau et doiiuées nui moines de l'Abbaie de 
Saint Florent le Viaui, diocèse d'Angers. Le 7 juin 1071 M. Msnii, vieiir» 
gênitrol do Lvon, vërifla ces reliques ei permit aux Cnnuélilc* de les eiposer 
1 lu vénération des lidélos. 

PiÈcB No 15, - Cerlilicat cûuceriiniil lea Reliques de Saiiil JuMu, Evitqiie 
de Lyon. 

s J'aj- lira en l'an ITOfl cet oîsement du precieui louibeai ile^niiu Jul.jn, 
Rvesque de Lvon, qui anoil oleu en sépulture près Ir» Inmljeniu des S. S. 
Martyrs a Snint Ironêe. Il y a dOO ans qu'il repose dans l'autel de In chapelle ' 
dédiée sous «on tiom, où il se fait fréquemment des miraeles |our la gurrifOQ 
doB maladies de douleurs de poule, cialique et l»<ili>m»nt de tiierfi el (khit- 
toutes sortes de douleurs. 

• NivOM, Infirmier, prieure de HiTa*. 



DE NOTIIR-UAMK DE I, A C.f iMP ASS[ON 



NoTic G 

PlB.'K N" U, — AiiUieiilii[U« délivrée l'i Raiiw le 17 octobre 16^ «nu 1« 
(alUiciit d'Aietmidrij Vil, porlnul que ledil jour le cardiaal Cliarlei Borberin 
êchré, par termeiit, poaséiUr un ai itu cdt|>s de ïaint Adrien, morlyr, 
jH DTUi élé e^Elrait par ordre de N. S. P. le fiipe luuiicïDt X du Cîmelière 
de Sttinlc Crriaque el i lui reniii par eoii Bmiiience te Cardinal Vicaire, avM 
ponioir ds disposer de celle Relique et de In Taire eiporler de Rom«, ainsi 
Hae \<i cooilalo i'acledresEê li! 6 aoCit llM par D. Valeiiliii. connolaire ajus- 

Que de loii bon gré il eu faisait dou A la Rérérnide Mère Marie Fran^oiM 
de Saint Sacrenieut de La Rivièi-e. rallgieiise Cornielile du vénérable uionni- 
<te Lynu, otitente et repréaenl^e (lar D. Guillaume, acceptant pour elle ladite 
Relique i lui remise, reulerniée daus une t'osselte de bois tangue d'une palme, 
large de dîx dniglK et baule de Hejil doigti, liés en invix par un fil de ebon- 
vre. cachetée ilu sceau eu cir^ d'Ks|>D^ue rouge ilu Cardiual Vicuire et recou- 
^iMrle d'un lalTetaa de ninleur céle^e. 

^^tper ncle du 4 ciinrs Iim6. coutreeigné Bnssel, Antoine de Neurville, nhM 

^^BSaiul Just. nrcbidtacr> de l'Ile Barbe, prieur du Firmignî et Vicaire gé- 

^^Hnl de l'A relie véquï di- l.rnu.aprt;! aïoir l'ecunnu la rellijue de Saint Advlen 

^^fcrmil aux Curuietîtes ilu l'eiiHiser daua leur église ù la vsiieratioii dee fldeist 

et d'en faire l'of-ice. seiui douMt. 

I>i£c>: N* 0. — Atteslaliuns des neliqiiea des SdIiiIe movlyrc Jusi, Donuat 

^c( Gralieu, à In reqiieie de la princesse Luciece Burhen'u. 

^Kia Ait nom de Oitu Amen. Sniclicul lous qu'il apparlieudra que pu 

^^K«nl Nicolas IIutsDO, noiaira taliedlou apugti>liiiue Royal et public eu la 

^^Hc. «enecbaussée et iiége pmidlal de Lyoa «uub3i;gué, et eu In présence dei 

^^wmoingt cy ap|>res nommes, Fut présent en sa personue Illualrissime et 

Excelleatitïime Damorselle I.ucrease Barberio. princotse de P.ilestrlne. «I 

laquelle a ilicl et reniMnlrê luy avoir eilé envoyé par Monseigneur l'EmiOM- 

tissiine ri Rerereniliiairoe llardiual Vicaire, résidu iil a Rome, un petit ooffret 

d'hytoire blanc, fermant a clef, les fermeltures et i^lef d'ietlluy doréee, en- 

tnuré d'un ruliaa «ore r.iuge cramoiiy et «elle tant aux eilremîléa et deux 

bouli dudit ruban q'i'nu niillieu d'icclluy du tceou dudict seigneur Cardinal 

Vie lire en riro d'Kipagiie ronge, Tun desquels seaux est demeuTéaii [miuvc^f 

■le laiiicle lllustHi«imecl ICtreilenlissîmeUamoiselle princesse susdenotmilM, 

l'nutre rend* nudifft notoire soub^igué pour elre npplicqué et joint nui pre~ 

seule» qu*an faict. lecllii llhistn^sliiiH el Eicclicnlissime liamoiaclle priacecee 

B.ii-i-criM a ïiipplîe et requis II. I'. Uiartes Dulieu, ]ires!<tru leligieui de la 

compagnie de Jésus, cy pro.'nl, de voulrtjr ouvrir le lict colfrei, u'Ieiidu que 

requiesluil rnclos ddduns icelluy cesluïl des reliques au»qiielli<B nul ne pou- 

voit toucber qu'il ne l'ut de lj quitito requise aiiisy qu'est ledicl 11. V. lJuli«u, 

' uel R. P. bulieu nnnuaiil i :■ l.i leqnjsiliouoJ l>dii:ri.' lll-:siii>simeet Et- 

ne UaniuisellH princeise, suroil ouvert lu (usdil eoRrrl nvei< lodicle 

■loit altacbé a ii'elluy, lei|i:el il uui-oit truiivé plein de Relique*, 




16S 



HiSTOIRK DV COUVENT DES CARMELITES 



oins; que iuy etl apparu par vuscripliuu d'iccllei eccrï|)tM lur le papier ilo- 
qoel chacuDP d'ellM «toit enveloppe. Et aiec toutle la ngvprence et hoinum 
possible auroit développé le ptvroier deailiU poijueli. claiis lequel ta aetnl 
trouva un ^•roi Oï de Saiut Jusl, nisrtir; lUns le tecoad paijuet. unegntute 
paiiis da l'os coroual de la teste ds Siiiiit Ugiitt. aiuiv martir; et dani \t 
troiziesme et dernier d«E paqueli, «e serait Buscy trouvé ua cm de la longlMSt 
presque dudiot toBtvt, qui <rst do S^iial Gralien. aiusû narlir. Ains; qn'eti 
apparu laut a ladicte Illuslriasîme el ExoFlIeitU»sim« Damuiwile priaceae 
qu'a plosienra dumetliquei de ïa maison «I nulles noiables et temoineli 
(oubioiiomméii, et qui u e«tê troogneu par vDïeriplioa foicle au deuin de 
chacun dttiticls paqueti, comin-' hie eïl dicl. 

Apprêt quoy iuelluj R. P. Dufieu aurait rrmîs chacune de^cles rriiqnn 
dans le mesmu papier daus lequel clucuDe d'elles • e».te troUTee, et eu 
mesme temps remises dans ledict coffrei, lequel ayant «le (erioé par ledicl 
B. P. Dulieu, en présence que djcl est, auroit esté reroii entre l«a rnatna et 
puissance de fcadicle Eicellence qui l'aurait receu en taulte humilité et rare- 
reace posàble ; dont et du tout ce que dessus a i^ale faict acte a la requiûiMNi 
de ladïcle Eioelleuce. A Lion, dans le palais du son hatiilation presale, 
•die me de la MooDoje, le dix septiesme jour du moja de noTembre Hîl sii 
cent doquuate deuE. Preseutace : It. N* Guillaume Leslee. prvaùlreet l'un da 
aulmoanier de Midjcle Excellence el docleur ea Saincte Théologie, et ilimtn 
homme, Messire Actiilles Clementïn, gentilhomme de Bimiai en Italie, de 
prcEent domestique de sadicte Kmllence, eslunli de prêtent audict Lwo, tec- 
ntginglt requis soubiaignes a la cedde d«s présentes uiec Udicle IliuslnMiiD* 
et Excellentiïsime Daaioiselie prince^ae et Inlicl R. P. Dulieu. Ainajr sijMt 
■udtcl urigiiial : 

■ Je LocBKCK Bahberin afiirme lout cela; 3b CLifiiaE Vaiki Basmki 
■ffirmo qunoto si topra manu propria ; Dclibu, Je (oubisiKne ûùt Aiv ds re 
que dessus en foj de quo)' Je me signe de ma main propre; J. Actullm Cu- 
HahTiNi atHrnio quanta sopra; UriLLAUUE Lksibe: Et mo; notaire apo»- 
lolic et Rofal suadîct et ^oubisigné, Nicolas Uussok. > 

PiÉCK N" 1!) bii. — Atleslatiun d*uiie Relique de Sainte Benoile, mtrtfN^ 
* Le corps de Sainclo Benoile, du nombre des onie mil vierges, et plu- 
aieu» antrei corps desdicles nuse mil vierges, uul e»le envoiti à Mesure Jeu 
da Picqaignj, vidome d'.\mieas. Tondaleur de l'Egliw coliegiall« Saiiit Martia 
dudil Picquigtij, de la ville de Culi^ne l'aa de auslre Seigneur Mil deux ce» 
quatre viugtz dix huit et apportées en Udiule Eglise SaiucI Uarlin de Pie- 
quignj par frère Jean de Novellau, relligieui de Sainte Croix. Les outer- 
turc* dea ctiastes desdils corps ayant esté faictes hui prières de luwh «t 
puissant seigneur Mïssire Uuuoré d'Albeil, duc du Chaulnes, pair el maréchal 
de France, chevalier des i>r>Jret du Roy. vidame d'Amiens, patron et biearoi- 
leur de ludiete Kglise, et de dame Madame Clurlotle d'Ally. ducbene d» 
Chaulnw, sa femme, et eu b présence de pui&sonle iktne Loui» d'Oiguiat, 
ttdomesse d'Amieno. vefve de feu puisant «dgueur Messir^ Pbillebert Ema^ 
□uel d'Ail; , ridome d'Amiens, patron el Condsleur de ladite Eglise, et de août 
cbanomes d'iceUe EglU« a««c Uoiiiieur Jean de Villers, noslre dujren, auquel 
sieur de Villers, dojeu, cerliOonï u tuii~ qu'il ujipjrlleiidra avoir cbarïtable- 
meut et pieusumeQt duiiuE une oisW •imhl luips de :Niinte Benûïte pour les 




El — Befu de Mun^igneur olivier, Mcreluiri.' ilcs Brefs el > 
a Un Pape, par orJra de Sa SuÎDtelo, le inerureili ujircs l 
> DuùJ no3. 

- Kg» iurra ecriplo» Hdem Tacio et allesluT me doua dedisM el c 
e reiro scriptum el sucram Heliqiiiiini. .. eunt iidem raculUlibuB el ])riTi- 
iiinibi iu bu liUensaulheuliciKallributis. lu Hueinbuodie, û' uprilù l'OT. 
brcA* du Heonavld-ë 

mLe 23 mai iTUT, U. CobaJe, viciiire général eI supérieur dn C&rmélîlM 
IkLjan, vérilLi lo relique du ilietde S:iiul Cléiiieul cl pcrmll aux religlcuiM 
■ lair« l'oIQoe, iloulile, de ce siiiiil uiuiijr. 

* li let pièces (.otf'ts a"* 1 et il. 

" PiBCE cordis K<' ii. — Allenlaliiiu deliviiiâ {jui- la l'rii^ur et les Ruiorends 
i cumpu&ant le cbapilre de l'abbiye de Sainte Uarie de Pi^erul (fie- 
muul), de la Conjg'regaliaii ùt? Feuillants, cerliBanl que Id Relique* dM 
Saiuls MaHyiii Tbebams, Uaurïi;e, Tibère el (ieor^ei quVIle puatmle, iHaBl 
u gmadu partie cachées dans un coflre de boia EUlIlEaiiiiuFut dur al »olid« 
r les i:ou*ervvr )iluii sùrenieal, main qu'ru cet «lai ue recuroBl pa« U 
il ûù If lr*s KHTeread Père Nicolus de Saint Atlgurtiu, \it<t- 
1 de \a pi'Oïiuce de Saint-Bertinrd, dans une* de *e» vii^itee leur a de- 
lé de lui f«derquelquts parcelles (leces reliquetpnur leK diitribner, selon 
1 lui poraitrult cunieiinblc. dnni les muuaslerea dépourvus d'un pared 
M*; el que le cbopUre convoque ù ce sujet a truVt^ jade •! lùil droit 11 
le du Hev«reud Père le 14 m:ii llIâU. Kn raaseiiu«uc« les Kén^reudE 
■ Prieur et Sous-prieur ont relire du ^raud ooSn, iiii elles elaient 
«eivee» jusqu'à présent, Ls susdites iiarcelles da* Rcliquee et les uut 
a audit RéierendPere Nicolas, après les uvoir preabiblemeat déposées 
lue bulle dûment scellée, et en ptiaut Us Bevureodil prelaU el urdi- 
à qui elle» par tien cl roi eut de lc= ii-gurder ccm.me vriiiei «t auliieuti- 



170 HISTorHE DU COUVENT IIES CARMiiC.ÏTKS 
qUPK, il« Itf ajiptMmer el U'eu |>erni<9lli> l'eip-wituiii i U (éaerdt.ou dn 
fiJrle>. Ceitillaul. eu oulre, qnr ce* ReliquirK qui jusqu'à c« juiir u'xawDl 
|iaH Hv Ki>parê«E, éiiiieiil ilfiiuin |>liii <le 300 *ns dau» It^ur églisu cBlhëtJrnlc 
et abbalLu]?. <iii de numbraui Gdeirt accuuratil Je luulHs pitrU pour les ttnt- 
rer. — (Copie (lel'origiual delirrjp A Ljun, le S) mai 160^. cl cettifiee coubiBe 
pur le R. P. pruviacial KraiiçaU NicoUs de Saiiil Aug'UEliu, el puiir lai par 
FraïKjiiis Etienoa de Saint Bernard, secrrtnîre.) 

Voir i \a mile ïl le procès rerbal de recuanait^anr; des rifliques d«s SS. 
niiit;n de Lyon dii 2t H>plenibrf ITTS. 

Voir à U note D la pièf.-s retfW n-< 1, 3 et i. 

ViùràLi nota F Ui pièeei colè^s ji" 1? ti 13. 

Voir & la D«> G la pi>w co(.V »° 15 hji. 



v.>ii 



s K /o j)i<?f<r rott'e n" lï. 
PlicB cDT>,k N» ID. — Aiillie[i1ii}ue d< 
le Erére Aut-ualmNi«iIasdesnlibei!Olii ~ 



irée à R»nie U 27 janvier 17lâ |«r 
de Pisaure. ûv^ue de Tar^^enns. 
pMfet dn lu chopi-lle ApaEloliquc el nftïittant itu IrAue l'niililical, eertUbul 
qa» 'les reliques comprenaiil des m dii iKirpi el un tbm rontenanl du ttmg de 
saint Beui^sne, marier, "M éle eximites du clinetiér* de Sniute Cvria^e fu 
onlrt! de N. S. P. le Pape, ^eL'uunu«• et appn>ttvêei par la S. Cuuj^iijgalka 
des Indu lg«n(^cs<il des S. Ileliqiies, rruleraiêes dont uiiec^tsetli de Immromi- 
verte d'un papier peint, Jiée d'un rubnu da soie naige. bien cUisr, eeellM da 
petit Bceuu et remises au RéTéreiidissime el EicelleulifMine Seigneur FraD{«s 
Cuoiille lie Villrriri, lUiirquÎK d'IIaliucuurl. Le innquis d'Hnliiicourl lot donna 
i M taale, laRevercuilu Mère Madeleine Kleou^re île J^us de Villeroy. rsli- 
t'ieUH f^mielile du uiimssiere de Lvon. en l'aiiiive ITM. 



Voir & la uole H la pièce 
PiicE cor^K N" S. — AuUieuliqiie 



' 21. 



e A Rome le 23 oovenilire iSH 
par Gas]«rd Carpegaa. cardiual pfAIre du litre de Saliil SilTrslrs In capct«. 
virsire (général de S. S. el juge otUiu^în) de la ville el dudls'riel d«RÔiBC. 
cerliliatil qu'une Relique du i^oi'jis du Suiut Martyr ds Jpsus Cbrhl AUxsnJK 
ete exlrajli^ rlu Cimelierd de Suiut Ponlieu par ordre dt S. S P. le Papt, 
reconnue et approuvéd gar la S. CnDjjr^^'Blloa de» Indulgences el des S. Re- 
liques renfermée dans une cauelle de box r«.!o*jïerIe d'un papier [leint d« 
riiul«iii's laiMVM. bleti close, liée •l'un rubuu da soie rouge, soelltfe d«MB 
sceau et cunsiguee^à U. Sebastien Cipriaui jionr la remollre ntii RerêrendM 
AlibeiEEr fii'-^et Religwuï«i CurmelKesdeclia'iTSiïi JeLjon. 

I-e «avril IfiSti M. Morjnjje, vicaire gi-neral, permit aui Curinelites dVi|>o- 
E«r cette relique d la vpiieralion île* ùiiale» dans leur égllKc et cTen fali« h 
fêle lï 3U mu» de i-baque année. 

l'itct COTÉE N> IS. — Aulbenlique dulivree i Rone le SO avril Jû03 par 



^ 



[)K NOTRE DAME DE LA COMPASSION 



e île Saîul 



■Marie 



.1 ileli 



RrlUIant 



^(■ii«ral de S 
iiu-oi 



■I JUS 






u Tibre, 






il)« et du district di 
de Jeaui Christ A 
u Gmeliere Jf Suïule Priicille ; 
uppriiuvéu par ta S. CoDgrigalion des In- 



ir ordra 



a été extraite 
de S. S, P. le Pape. 

diilgeiicea et de» S. Reliques, reiiferméo dans une coasellâ île bo'.« recouverlB 
iruu papiiu- peini d« diverses couleuri, liien cIom, liés d'uo ruban de soie 
i-ongie, uvllêe de ion tcenu et rcmiie A la ré'éreniU Mère Placide Agneide 
Jésuï, relipeute Ca-melile (L'cliaussêe. prieure du monoïtere (di Itei/iRn) A 
Rome. D'uprta uav ii.ite ërnU nu lio» do r.AuIlientique, le 2i nvi.l IfiîB U 
R. Uére Placide doiinn celle relique ou freie Augelu de Saint Fria^ois, 
Cnrmn dé-fanustr de Is pruviuee d'Aï ig non. 

Pikcn cuTKE N'n il liis. — Acie Af douoliim du bras de Suinta ClémeDcw aux 
Oirmoliles île Lvon, pour sertir d'aullieulJque ù crlte relique. «ÙTaot It 
copie délivrée U Ib octobre lÛlS et cerlifinnl : Que le 7 oclobre 1G75. ion* 
Ir ponliacnl du N. S. V. le Pope Ulemeiil X. duni le polai* ducnl dtMadène 
ri en prcsBice de nnble l-'iom^nirH Nicolas Porliccllui, praloni>IJiire sposto- 
liquo cl vicnipe géni^ro! de MuuMisnetir l'Evoque de ladite vdle, et sulre* 
nnlalilei Innains. SrrciiiK«ine d Revcrendixinte Haine Lucrèce Barberin, 
du^'bessè da U^hImic, a ethibu at prffenlc une cisselle de boii «iivelu|ip«* 
d'un CiarrcDD de «'lie rou^e, c^uverl iruriiemeuli eu or et parlant le «crau da 
J'£vëque de Piirfdnre. laquelle [itiioe n déelire la prése-jte cnrwtle contenir 
Im RtliquK'ides Saîuti Slorlvr* Vuleutiii. Sévère, et le l-ros de Sainte Clé- 
mence, ntirljre, qui nvaîcut elé eiiruitfs du Cimetière de Snmte Cvriaque 
pur <ii-dre de N. S. P. le Pafie, re:^<iunufs el oppruméei par la S. Congre- 
galii'u des Iiidulgeuccï l't des S. Heliqiii^, c*. A elle remises, siiiranl l'Authen- 
lique deliMé â Rome le 4 ocl ibre «)75 ptir le fiértt Jieepb EiisaaJuii, de 
l'ordre des llenuilei de Saïul .\*ipiMin. i-ïèque de Porphjre, etc., «I joint 
a lodlle i^saelle. 

Le Rèterend Vicaire fêoernl njaiil ouvert ladite eBBïdle el procédé ùi U 
véHItcalitin dei Reliques quelle coulenail, la Serênïisime el Rétiireudiasioie 
l<rince»Ee Barberiu a déclare que suivant lo faculté qui lui avait ete accordée, 
elle en raîMil don et priait le Itéré:'eiid Vicaire gc uéral de lei rem*ltre ainsi 
quil mil : 

l" A la Rérêrende Uêre et aut neli;;icuHa du nioiiBElc.e des Cannelîtea 
de Crémone, la Relique de Saint Valentin, marlyr, qui fut A cet eflet ren- 
fermée dons une cBiselle de bois, liée d'un ruban de luie rouge el scellée du 
ïceaodu Révérend Vicaire Exilerai de Modéne; 

S' \ lu Révérende .Mère Prieure el aut Religieuses de J^ug de Modêne, 
la Relique de SaJnl Sévère, niarlir. qui fui aussi renfermée dan* une caseelte 
de bois, liée d'un lulion de soie rouvre el scellée du (ceau dndil Vicaire 

3) A U n^vcrende SIcre Prieure et au\ Religieuses Caraieliles dé^bautsées 
du moaaslere de Lyun, b Relique iiiïigije du bras de Sainte Clémence, mar- 
itre. qui fullain^ dans la mémecasselle de boi> où elle était primiliveineat 
renfiirmé^ aver les deux autres Reliques el eiivelopi><a dadit fourreau de soie 

romerneols d'or, liée d'un ruban de soie rauge et scellée ;du 

■e t-énerale de Modéne, 




172 



HISTOIRE bU COUVENT DES CARMELITES 



Le Iti*vcrciiil tlmire général a détlaré te charger de lu remUe cle«diles 
Rcliquei luivanl 1» iiilenliobt Je la doii:iltice. 

Les Carm^lilei de Lyon fureul auIoriKes h exposer |nib1iqL.einent c«ll« 
Rvlique el A fuire l'urûc^e de Saîute CIcmenu par Camille de Neurvîlle, 
leiLT Jelivra In iiermisstua tuiioule : 

• .Yowi Camiile d4 Xeuf^ilU. Arclievesque cl Comle de Lvon, primat de 
Fraocï. commnadeur deii Ordi'F« du Rcj', et toa lieut n»al geoet^l au gaartt- 
ueiUEUt d« la vill« de Lj-uu el .|«ve de l^onuois. Foreit et Beaojulluii. 
Scavoir Taitoai que sur la Kupplioitlou qui nou» o este (aile iibt Dot cbeic* 
QUes eu Jfïus Clii'ist, Ut Supérieure et Religieuses Carmélites de relte 
ville, de leur permeltre il'et|>oier la relique du Brai de Eoiiile C 
martyre, qui leur a ette duuue jiur Madame la duvbease de Mi>deue, « 
leur iwrmeilre d'eu l'aire i'<ilUve le juur^que uuus leur ssiiijnerjiis juur iMliie 
expotilioo. Aoujt Archci-égut et Comte de Lyu;i suïdil. ajirei 
la vei'ile de ludile retique, cuulormemeiit oui autlieulique^ sur ce earayva. 
Avoue permis el (lerinelion» pur ces i>reïeiiteB suiditeï nligieuseï d'et|H»«r 
cbaque uiiuee. Je jour 2? du mois de man [à partir dej I6î7,a la Teneiaiiou 
des lUelies. ladite iuïigiic relique, tl de plus leur pennell» de Taire t'ofaoe, 
double, ou semi duulile, il leur cbuix, eu cuiutueiuoiatioD ds l'elte t 
maclyie de Jetus Cbrisl liiiut elles piisiedeai i'uu des Im. 

• Uuuui; u L]ou, eu lujlre gialais, el sous uulre seel arcbiepiKOpal, le quik- 
U'ieuiejuur décembre MiUii oeiilsoiiauleelseiie. — L'AiicanvLgt'u db htw, 
« Tour Mouieigoeur, Uassbt, KecreUIre. ■ 

Pikcils coTans N» SO. — 1. Autheuliquo delivréii i Roiue le 7 ,aaiier 16M 
par le Trei-e Joseph ICiiHuiius. do IVirdra des Hermitea de Siiut Aogusli», 
evéque de l'orpliyre, préfet de la cliapelle Apuelolique el oEsislanl ou Udue 
runlilit-al, cerliUuul qu'un a» du curj.» du SainI HarXi r de Jésus Chri>I Otii, 
a et« extrait du Ciiuclieiv .le Soiut Culepodu j.ui' ordre de N. S. P. I< Pa|ie, 
recouDuel approuve par k :i. Cuugi¥|,'ulîou des ludulgeuixs et de* :>. Relique*, 
reulerme duuï uue uusMlla de bois reuHiierle de juipier pemt, iec d'uu rubaa 
de suie rouf^-e. Lieu feruiée, SLellee du Meau el rsiuise iiu Uevéread tVra 
Claude L!ulub<iud, cliauiilue i-e{^lïer de Suiul Au^ualiu de l'orJru de îMJiil 
Auloiue. 

Lue lueulio^i uirite uu dos de ïbI aiilbrulique jnirle 
tij avoir douue aui Hevereudes Mcre» Rrgioi el l'en 
litEK, la boite de la relique iu^iJjue de &.-iiat Cluir, uuirlyr. A l.ioii. le f anost tl>ii> 
t. COLAUAIU, RelijjieuiL de Suiul Auloiue. 

Le 17 décembre 1690 U. Moruuge, lioiire puerai, uuli>riFi> les Carmélites 
à uijMiser celte relique dunt leur uiuiiaïlere it leur permit u*eu fidra l'cffiee, 
i)eu>i- double. 

11. ~ Aulbeulique delirree a lluiiie le f uoûl t6J.' par Guspord Carpegnt, i 
l'uriiluBl praire du litre de ïiiiule Mûrie uu delà du Tibra, iteai 
roi de &. a. et Juge urdiiuiire dp lu ville <t du r.UtriL'1 d-i Rome, i 
qu'uu bi'oï du cor[» de baiul t-lair. uiailjr de Jésus Clirîst, a elecstnùl I 
iiu Cimetière de fiaîule Cyriaque par ordre de N. S. V le Hape, nsnferiM 
dous uUe eusielte de tiois recouverte d Uu papier peiul de diverses c<Mleurs,liM 
I ar uu rubuD de :<>ie riiUjie. liieu fermei.-, si'rll.-e de 
lle.ei',ruJ 1 ère Mutlûeu liavid. 



DE SOTRK-DAME hE LA COMPASSION 



n.i 



I Le 3 avril IflM. M. Mornnpe, vimire pén^rnl. psrmil nin Curmplites da 
n d'c»po»er Jnns leur monnslere celle relique i In ïéncmlioii il« Hdel«K. 
xriR No 21. — Aiillifnlique .léli-r« à R<.me 1^ IS féTi-ier lOa 
p«r Gn^pard Cori'T^i.i. canlinnl pi'itn- du tilre de i^sinl SJWftlre in cDjiile, 
vimir« )^uèral de S. V. et Juge rirdinaire de lu ville el du di*trii-l de Rome. 
Mrliliaul que dn relique) lii^; corpi: des Saitil« Mortyiti di^ JékiiH Chritit 
Lênnrp. Muxitni'. CnMe, Fiileiii. Jusie et Undcsle mit ^lé exlrailm de« Ciaie- 
tii^res de* SAÎnts Cillxle el Piiiilieo pur nrdrr de N. S. P. le Pnjie, eeeonaues 
et apiirouT^n par In S. dm^regalion dra Indulifeiivc» et des S. Reliqum, 
renrerm^ dan» une rnïselte de b<iiK reeuiivrile d'un pupier peint, liée d*uu 
ruban de Hiie rouge, bien fermée, itcell^e de foa teeau «t reuiiscs A nob e 
Froncis Merle. 

V(iir A la noU B les pièces foiesi n< 

»*• 1Ï-. i ta noie 1 la pièoe coUe n" liJ. 

^B^ Voir à lu nuli- D le procès-cerbal 

t— 

^■Fi) 



II mile F la piire ooti^'iî 
ibfaiii-e (Ii's relique! de» 



Note 



fTlBCï COTÉE N" se. — Aullienlique délivrée a Buma le 1 juillel 1706 pnr 
dan Pi>plauakï. évoque île Liïaaie el île Pïllen. xéiinleur du rojuutne de 

'ologne, ete., certifiant qu'il a doiiaè an Révérend Père Frani;ois Fruarteur, 
ei-Hiipérieur de» Miaiinex du ccmienl de lu Très Sainte Triuilé, prédicnleur 
et cnnfe-'seiir sJoulierde l'Eglise lie Franr.-, snvmr : de» fragments dp la tunique 
el des viiilcH blunr et noir, el aulres reliques de Solnle Mère Tli^rrae cuD- 
servëes |iiir lui et nulres persoDues eomme aiMlieuliquets duii» une l'UGsetle 
de b'itï re<-ou>erte d'un papier marbré. Lien fermée, liée par un riilian en Mile 
verle et ïrellée de wii Ki'enu, ovet' pouvoir de les eipurler de Rutiie ut d'eu 

IJBpiiser en faveur du luule Ki^lisr. Clinp^llc uu Ornliitre litblir pour v Itre 
toéralinn ûef. Ddele*. 



Pièce coréi N" 2?. — Aullienlique du petit Reliquaire en iirg.?nl qui ren- 
ferme un peu de la fhoir de failli FraiHfi» de Snlcs el de Snînle Ghanlal. 

■ JosBPti-NtcoLATï Dmcbamps dk CsAviioK'r, Kpiiropuh et Prîn.-epu Ce- 

* Priesenles litteras inspediirl» niilum farimun.et alteRlnmur in liar rapRull 
argented, ovntil, beue l'Iaufiâ, et vitlii iilbri rulnri» ligata. »igilloque nosli-o 
obsigoalu, (-onlïueri parlii'alam Carnii SanetiFrancisei SalesU, Ueneveaais 
Kpiecopi, (1 Beatx Joannx FrancUex Frvmiot de Chaniol, OrdiniaMo- 
nialium A Visilatiuue Sunrlie Marine num-upatoruni fuDJaluricts. 

■ In qunrutn tldeni eas ti uobi» «ubscriplo, dictnque sigilln muuitas per infra 
H^riplum Serrelarium niKilrum expediri mandavimus. Aiinessïi, die 13 men»!» 
Aprilis. Auuo MilieEiino Keptingesimo quinqua)|;eHimu i>etundo. f J- N. Epia- 
eopus GentceniU. — Thaveuel secrel. • 

Ce reliquaire svnil été douai oui Carmélites par Monseigneur l*Évéque 



^^^Sgée. leur supérieur. 



HISTOIRE l>i: COUVKST DES CARMELITES 



NoTK .\ 

PiKOi coniKS N" !D. — AiiHianliipia île» Helii|ii« Je SaJni Iran >le lo 
CrtiU el lia i'aiiilp TlicrvH at»* U prurrMTi-rlwl Ja Uur riKVinaaiiAniira ili-tie^' 
par M- Kavarrt le lE iH-ttairs 1781. 

I. — TniilQr.linn de l'uiillieatiqui! ilélivrva |iar l'Kvtiinr da Qimnne. 

* NouK Il')n> Bolllionr d( Buatrni. Esllcdii, pur la gMtft 4n Ilîau cl dit 
SainI Sieje AiiiMloliciika Ev«»que dd OirnuDc. dii CousfiI d* lo Maj^ara. 

a A liHi» ''eux qui ttrrcml et lininl r« proniitrs, taixinn u-nviiir iju» In 
Rt-liginixe M«ra Scraplilnr de Ituis, i|iii a rie prieur* du Iph Religieux nia- 
vent dm Carmi^lJIni DvHrhauwi^* de lu lillede Unrceluni', niant imviiI iiutr* 
hrveol detir d'obtenir dee ReUijiies Nim et ivrlniae* da la M-raphtiju* Uvre 
Soinle Tliere» du Juuii *I dti Klalii]iu- fera Sninl Jean de lo Croit, qna 
n'eslsnl ^vn (anilr di< les oïiiir nïti' la lirievcltf ei la diliseure qw< ixnw le 
NHiljnilli<iniipurri'ulremiM-du Révérend Perr, frrre Auloinedo ^~lllal MatliMi. 
prieur du (Hiuvaut de* Rrlijtiaui Carmes Do-linum^ da catlr ville de Giajqu*, 
Indilt* Hwre Sxmpbint de Jtmu a tu la liunla de tr depuuillrr el iuhi* fnire 
doD d'un RelirnifK (jn'all* aviill a\rr la» Relli^ui» d*H<llU mliils M de Dut» lu 
reinelire par ta laltr* du nnn- du niiiranl auA* d'nïril. fur Ira mnim dnitit 
Révérend P>>r« prieur qui tii>u> In rrniî» dniut le» notre» pnipnn, loqiipl Rrlî- 
ciiire tst d'iu'ier nvali d'envimaqnalrc diill* d'nulnii-fdii'^i-iiJiiiiri' d'un pelil 
curduii de bn>n):« dorr aiiliuir, qui l'ualienl iruii nUo pnrlimi dn'0*d« Snîalii 
ThereM de Jri-u* «I dn l'anlre p<irii>in de la rliulr df Snliil Jenn da la Croix 
ronn^rvé par une Tllra d'un mite i«t iTiiuIrt-. 

N* devaul pua douter de la rerlUiida deetliilet Reliques, luul piii' Im mains 
de qui ellii >»rtrnl el duni ellea rjdI TeiKU»Unni^ les □«■»•. ijui' |>ur une 
nieiUmre jusIiilnitiuD. Il nous n psru ne devDÎr rien t'Iiai^er aiulil Relii'nire 
et devoir le laiHiei' en m même fonne, lequel nous remettons uvei- notre mc- 
titetil w inains du Ires illuitre Sei^cur Ccnnta de Ptrtui. K'>uvcr(>eiir du 
Ballegarde, oflu que ledit Sei|;neui' pni*se Hilittuire avoi- a la pieuw instanra 
de In Dame Reli|;ieun> qui le «ilirile. Eu Tov de qiiuy oi-dunaout do deperher 
lea preecntM *\gn4«t de nuire tnain. Melli-c* de notre siroau et cnDti'e signiM 
plus bm par notre .accretaire de lu Clwmbre. Donne a Oifiinne, en notre Pnbis 
Kpin^pal, le vjaKl neuf du mois d'nvril un sept renl trente un. Sign«:UALTAB&K. 
Evesque de Oironne. 

H Et plu» lia« : ïisnv par ordre de riUiistrifsimr Seigoeur EieFique, 
JIuni«i|;neiir le lii'cncirr Aktoihs CALAriLLE. ton* dia>'-re et ur.relnire da 
Cbanilire. 

I N'W Mitliiil KruDjoia de Vulndoui, Cliavaller-Comlo d« Perlu». rliuT«li«r 
(le l'Ordre luililJiire de .Saint Louis, colonol d'InDiulKrie. gnuicnu-iir de Bellf- 
ganie et depun(l>ini:e en Roumillon. Mi^'nrur du Uoidiu Neur lu Rn^Mliptv, U 
Matiuo.VB et BUliTfs liaiu. 

■ Certiffioiu et atcatoos a t»u* qu'il Appartiendra a\n\r traduit de l'eapa- 
gnoleii(raiii;uisleUertid(-nlderillu>tri»>-inieUiiniBalIjiKiirileBoKtein,Ealleil>>, 
Evesque dç OiniuuB. qui prouve que le Relii-air« diml 11 e»! Ëtil menUou •« 
qu'il a efl la bonlL' de m'einojor an ciiniinftii'eniaul de juin île l'iinut'» der- 



DE NOTRE-DAME DE LA COMPASStON 175 

f 1731, jiciur que je puisce BDlisraJi^ a la s^iiilu ilevulion de Matlsme Onu- 
lîer. Irea seiTanl* elpitiiitii; religieUB^ Cnrrr.diUe ilii Ci«iï*ril lie I.viin. i-onlienl 
les Saioles reliqiiHs rt>> Ui seniphlquE Mère tniille Tlirre^e île Jesii; et du 
lUaUqua Perc Sainl Jeun de la Cniii, el ce |i<>iir In focililé iIf ri^iu qui ii'en- 
ImdeiilpaB retpn^nol, ascnroiil que uuuk ii'avDiiK rieu uii-^enlc. diniaué n; 
tluiDgé dans nalrv tratuclïnu pnur qiie fliy v fini ajinili-. Iii|iie!lp niiUE nruus 
■ rurîgipnl par im [«(il raban rouge en haul el en bn». En fuy de quo}- 
aïooK nigni- le frresent Certi&r'al tmr lequel nous a*oiis apiHwé le sceau de 
irraeR. a Bellegnrde, ce iieiiejujii Uîl sept renn Ireiite ileux. Micnm, 
FnANcois ni Valadour nr Pebtl». i 

II. — Prorê» ïerbfll drentà jiar M. Natarre le li Ot-lulire 1181. 
• I^ duuiieme oclabre Mil segit i-ea[ quatre vingt Un, uiiiiB NiciluK Navarre, 
fnsln, t~at:ri«laïn rhef, CUanoiiie et Cure do l'Kgliw Ciilté|;iale et (tnruisiiale 
'e SHiat Niiîer, Vicaire (neneral de rArclievèclié d-> Lviir. Suiwrieiir délègue 
n «icellence Uonseisaeur le Nonce du Pape it b Coilr ilv Fruuce d:^ la 
Communauté des Religieuses Carmélites de In ville de Ljou. u|.m> avuir 
teronnn l'aulentique et rerifié le reliijuvïrr' onlroaiil uue forlluu de» Oe de 
Thereae et une |iui'i'e1le de la Cfiair de Saiul Jeun île In Craix dunt il 
<Bt fait menhoD dun» l'auleurique i-j deuus, et nprés nroir trouvé le (oui en 
bon liilBt. altendu lu Telnnti> i-l lu Kimplicilé ilndil reliquaire, en avuui extrait 
IwUllesrcliqufBpour les di-piiser sur lei'hamp dons UD reliquaire loul en argent, 
le forme ovale comme le prêcrdeiil. auquel est un anneau mâme itietol nvei- 
pn conlonnet en 9u}f verte doisl ninii uvtius r'^iiul tes rilr^niika avec de In 
m« d'Espagne sur laquelle niiuii unins apposé le sceau de nus nrmea. nîn>i 
Tau bait du pNseiil acte, el avons permis d'expiiser leidillns l'eliques u la tê>- 
rnlïun de In Curnmunaulê el tigut ït I.vun. Ut^ jour H iiii rpir de^sun. 
( NavaMiie, vicaire général supérieur. ■ 

Les Carmélites possédaient aussi une petite statuelte ih Notre- 
Dame de Montnigu, haute de quatre pouces, faîte avec un frag- 
ment do nliéna séculaire qui couronnait autrerois le soninict de la 
botte de Montaigu, situi5e pri'S de l'ancienne et titodcfte ville de 
Sichcm en Belgique, au tronc duquel la pi^lé publique avait, au 
moyea 4gc, attaché une petite niche contenant une slalno do la 
Hère de Dieu qui, vers la an du xvi" siècle et à la suite d'une 
drconslance niiracnleiise, devint tout à coup un instrument de 
imiséFicorde eu gi-ande véni^ration dans tonte la contrée. 

En 1602, le cui'é de Sichcm fit construire h cOl^' du chëae une 
lapetle en bois et y plac;ii religieusement la slatue mii'aculeuse ; 
fui ans après, à cause de son exiguïté, ce modeste sanctuaire 
t remplacé par une église en pierre. C'est à ce moment que le 
léiie séculaire qui avait abrité ai longtemps l'image vénérée de 
Vierge Marie, tout mutilé h la base par les pèlerins qui s'em- 



HISTOIRE ni; CDl'VENT DES CAHMÉl.lTKS 



1 frapi 



n buis u 



ils consid ('raient 
Ht des statuettrB 



pressaient d'tn d^taclior quelques 
comme des ruliqiiea, Ait abattu, et d< 
do Notrc-Damu de M»ntaigii. 

i>lle qui l'tait conservi'o au Cflrmel de L.voii .v avait été >p- 
porlét', lors dû la rumliiliou de eu monasti're, par la Itcvireiide 
Mi!tc Msdclcirio de Sainl-JoEepli, [>remiora pricuro* qui honorait 
Nolre-Darao do Montaigu d'une dévotion toute jiarliccilièrc, ot 
avait toujours recuiir^ à kod îiitereesïion cliartjc fois 'juu dans la 
circonstances diffîciles il lui fiillsit prendre une déciulon. 

Kh plus de^ indulgeitcett accordées aux Religieuses (^rmiflilee, 
telles ({ue celles sttacliées à la visite des chapelle ou églitcs dos 
couvents do l'Ordre aux ftloa de Saint Elie, di^ Sainlu ThérèKe, 
du Saint Jean de la Cri'ix.ctc. Ivn Souverain» l'onlifes en avaient 
conci!dé de spéciales au itiona»tLTO do Notre-Dame de la Com- 
passion. 

Nous allons en iniliqu<^r sominuirement les dispositions princi- 
pales, «auf pour la plus ancienne, accordée en 1617 par N. S. P. 
le pa|)u Paul V, dont nous rcpro<luiî»ns la traduction frangaise 
du bref d après un placard iiiiprimé avec l'ordonnance de Mon- 
seigneur do Marqnemonl, Arclievi'que de I-jon, pour sa publica- 
tion dans les paroisses du dionése. 



PARDON ET lNimLGEN(JE PLENIEEΠ
octroyée par N. S. Père le Papo PAUL V. 

A tous ceux qui oif.ite>-ont l'Eglisi: îles lieliyieuses de 
l'Ordre de S. Marie du Mont-Ctimiel, eu cette cille 
de Lyon, le Jour de la Ffste S. Josi-jth, depuis les 
premières Ves2)res, Jiisffu'nu Soled couché de ladite 
FetiU; fl ce ù p.-rpiHiiité. 

PAUL V. — .1 Toui fidelles chrétiens. qUi v^n-onl ces 
prescnti'ii, Satut et Benedic.ion Apostolique : Estans grande- 
ment soigneux d'une charilo piiopble d'avancer et croiilre la 

pieté et Religion dos bons chresliens et le salut des Ames, par les 



DK NOTRE-DAME Dl-J I.A COMPASSION 171 

Cele^lea Threaora de l'Eglise. A Tous fidèles Chrestiens, de l'un 
et l'autre Sexe, vra^eiaenl repeiituns, ConTessez et CommunieE, 
qui visiteront dévotement tons les ans l'Eglise du Monastère des 
Religieuses de l'Ordre de Sainte Mnrie du Mont-Garmel en la 
Ville de Lj'on, le jour de la Feste de Saint Joseph depuis les 
premières Vespres jusques au Soleil coucha de ladite Feste et y 
feront dévoies prières à Uiou pour la paix et concordo entre les 
Princes Chrcstiens, extirpation des hérésies, et exaltation de 
noslro Mère cainte Eglise. Nous leuid octroyons misericordieu- 
semcnt en noslre Seigneur, Pardon, Indulgence pleniere, et 
rémission de tous leurs péchez, Donnd à Rome à sainte Marie 
Majeur, sous le cachet du Pesuheur, te ncufviesme Février mil 
six cens dix-sept : l'An douzième de Nuire Pontificat. 

I EsCHtNAKI). 

B*/Vitù Simon de Slarquemont, Par lu Permi9.'ian Divine, U du Saint 
E<£c^ .\pOôlo1ique. Arclieviiquc et Comlo de Lyon, Primai des Gaules, 
Conseiller ilu Roy, en bo» Conseils Prité et d'IÎBlat : A Tous Prêtres. 
Curés, et Vicaires, et auliea Suficncui's d'église, ou leurs Commii, tant 
Reguliei-s, que Scculicis, aj'iint obarge d'.-Vmea en ce Diocèse <Ie Ljon, 
-Salul. Noua voas mauduos de publier et foii'e entendre, quand requis en 
tcrei, ou ptuple Conimis a lostrc cliacgo, les ausJils ParJou et Indulgence 
Pleniere. octi'ovcc par noslre saint Perc le Pnpe. aux Itcli^icusea de 
l'Ordre 'le Sainte Marie dn MoulCaimel de ceste Ville de Lyon, afin 
qu'un i-bavun puisse participer a un si granJ bien. Douuc n I,jod, le 
qninilesmc KInis, l'an mil sis cens dix-sept. 



.EVESO''S 



Paru 



t Seiguï 



, LlVET. 



INNOCENT XI. — 26 mais 1670. — Bref accordant pour une 
durée de «ept années, Indulgence pléniére applicable aux âmes 
des Religieuses du monastère de Notre-Dame du Mont- Carmel de 
l.i'on et de leurs proches Jusqu'au deuxième degré, ainsi qu'^ 
celles des bienfaiteurs du couvent, chaque fois que la inosse dfs 
défunts aéra célébrée au grand autel da l'église dudit monastère, 
il leur intention et piiur le repos de leur àrao, le jour de la Gom- 
mémoraison des morts et pendant l'octave de celte fâte, ainsi que 

te semaine. 



178 HISTOIRE DU COUVENT DES CARMELITES 

CLÉMENT XI. — cWoembre i7IT. — Bref accordant i 
perpétuité aux Reli^ieiucs et Novites »i«nt dans rint^ri«ir àa 
moaiMtére des C>nDâit«8 6e Ljon. Indulgence plênîère i l'ar- 
tiele de la aiorl, si T^riUMemeol repenlastes. confessées et 
coiDiDDiiJées, et m4ne an caa oô elles ne le pourraient faire elle^ 
ÎBToqueDt 'JévotemeBl, étant coolrites, le nom de Jésus, aa moiiu 
de cœur ne le poaraat de boucbi*. 

PIE TI. — 30 avril 1782. — Bref accoréinl i perpétnité, 
Ituitdgenceflènière a tous les ddéles de J<?3as Christ, qui ^Taimeot 
pénitents, confessa et communies, visiteront déTotement, chaque 
année, l'Église du monastère deâ Religieaseâ de Notre-Dame da 
Mont-Carmel de Ljon le troisième dimanche aprè^ Pâques os on 
joor'déwgné par r Ordinaire, depuis les premières Tépres jnsqti'an 
coucher dn soleil, et T prieront poor la concorde des princes 
chrétiens, l'exlirpation des hérésies et l'exaltation de Nuti-e Sainte 
Mère rÉglise. M, Navarre, vicaire générai, désigna ontre le troi- 
sième dimanche après PAques, nii l'Ordre du Carmel célèbre la 
fête du Patronage de Saint Joseph, le jour de l'Assomption de la 
Sainte VitTge pour gagner l'indulgence. 

PIE VI. — 21 mai 1788. — Bref accordant pour une durée de 
aept années, en raison de l'otSce particulier que les Religieuses 
Carmélites de Ljon sont dauF< la coutume de réciter dorant les 
neuf jours consécutifs qui précèdent la fêle de la Nativité de Notre 
Seigneur Jésus Christ : 1' îmlulgmce plèniêre à gagner clisqae 
année par toutes telles d'entre elles qui vraiment pénitentes, 
confessées et communié^, visiteront le premier et le dernier des 
neuf jours précitée un autel de l'intérieur du monastère désigné 
par rOrdinaii-e il y prieront dévoit-iuenl pour la concorde des 
princes chrétien», l'exlirpation des hérésies el Teialtation de 
Notre Sainte Mère TË^lise; 2<> chacun des sept autres jours de 
la nenvaine, Indulgenet rlf sept annéti et sept '/uarantainet 
pour la visite faite dans tes mêmes conditions. M. Navarre, TÎcair« 
général, avait désigné pour l'autel à visiter celui du vucablc da 
Saint Joseph dans la salle do Chapitre. 

PIE VI. — 21 mai 1788. — Bref accordam pour uik- durée de 
sept annéii-, In'lulffenee pténière applicable oux âmes des Reli- 



J 



I 



DE NOTRE-DAME DE I,A COMPASSION I7P 

gîeuses dti couvent de Notre l>ame du Mont-Carmi-1 de Lyon et 
de leurs parents coDsanguina et pai* alliance jusqu'au deuxK'me 
degré, etde celles des bienfaiteurs du Monastère, ebaque fois que 
i^e des déluats sora ci'lébréc à un aute! 'désigné par l'Ordi- 
à leur inleution et pour le repos de leur âme, le jour de la 
f£te et [leodant l'octave de la Comménioraîaon des moi'ts, et un 
jour de chaque semaine qui sera fixé par l'Ordinaire. M. Navarre, 
Ticaire général, désigna pour autel privilégié le uiattre autel de 
l'Église du monastère, et le lundi de chaque semaine pour profiter 
de l'indulgence. 

PIE VI. — 21 mai 1788, — Bref accordant pour une durée de 
sept années. Indulgence plènière à tous les tidéles qui vrainifint 
repenlaots, confessés et communies, visiteront dévotement l'un des 
six premiers jours de la semaine de la Passion l'Église du monas- 
tère (le Notre-Dame de la Compassion, depuis les premières 
Tdpres Jusqu'au coucher du soleil, et y prieront pour ta coucorde 
des priDcea chrétiens, l'extirpation des hé-rrsies et l'exallatioti de 
Notre Sainte Mère l'Eglise. 

l'IE VI. ~ 11 juillet 1790. — Indulgences accordées à perp^ 
tuité, à la demaude des Religieuses Carmélites de Lyon et daus 
le but d'augmenter la dévotion au iVôs Sacré-Cijsur de Jésus, à 
gagner par lesdites Religieuses et tous les lidèles de Jésus Christ 
qui vraiment pénilcnts, confessés et comuiuitiés visiteront l'Eglise 
dadit monastère et y prieront dévotement à l'intention du Sou- 
Pontife : 

1" Indulgence iilénière le premiei' vendredi après l'octave 
,Aa Corps de Jésus-Christ et les premiers vendredis de chaque 
IDois ; cette indulgence étant applicable, par miinière de sufTrage, 
;«uz âmes des fidèles trépassés. 

2° Indulyenee de cent Jours que chaque fidèle, étant ato moins 

intrit, piul gagner une fois chaque jour, pourvu qu'il prie devant 
'l'image du 'l'rès Saint Cœur de Jésus. 

Les Religieuses Carmélites continuaient dans l'aut^têre solitude 
do cloître leur vie d'abnégation et de sacrifices, lorsque éclata 
l'orage révolutionnaire qui devait renverser et disperser pour 
quelque temps les Institutions Religienses de la France. Mais 




ISO IIISTOIRE DV COUVENT UES CARMELITES 

avaitt <le retracer les angoisses de ces joan de tristesse el 
d'épreuïe. durant lesquels les filles de sainte Tbircse furent 
expulsées du Monastère qu'elles occupaient depuis deux ucclea.oû 
elles avaient espéré terminer leur existence consacrée à la prière 
et reposer eu paix après leur mort, et qu'elles ne dtivaicnt plu 
revoir que profant' et eompléteuient dévasti-, sans espoir d'être 
un Jour rendu à sa destination pritallive, nous devons faire con- 
naître les ressources dont disposait le couvent de Notr&-Dxiac de 
la Compassion, ainsi que les dépenses de la Communauté peiulut 
les iinuées qui précédèrent la Kévolution. 

Voici à ce sujet les rcnsei;:iioments que nous avons extraits du 
t Journal a l'usage det Ileligieuieâ Carmélite» dg Lyon, eom- 
meneé le premier Juin 1775, contenant toute ta réelle et 
depenti- dudit Monastère depuis ledit Jour; ledit jooroil 
approuvé et mis en usage par moi Visiteur générât dans le coan 
de ma visite. Signe : l'abbé de Bonnl, visiteur général ci aposto- 
lique. B Pièce conservée aux Archives du département da ItbGiie. 



t7T5 — du 1" juiu au .tt d«nmbn 14.175 1* tf.lTU It 

tT» — du t» jdutier au 31 iléccmbn 23,114 17 23,174 17 

17n - — K.S70 13 Î2,570 « 

1778 - - îtMSO G ÎO.Wl 6 

n;9 - - t5.SffI 2 IS,»'! i 

nsO — - 16.410 4 1G.410 4 

17«l - - 8:1.238 4 23,13» t 

1782 — - 20.636 6 ÎOfiiS 6 

1783 — au l"JiBïi«»r»u 31 juillet «,9?2 3 2I,4W » 

• Vu i L}OB. I« 22 mM ns3. Sif^ï . 1 *bb« M Buiuc. •iuire gialmal 

■psiloliqiic. • 

ITHCt — du 31 luiliel nu 31 décembre 7,KKi 1 IJOi 7 

1784 — du ■«jauvier au 31 décembre t3.4fi3 7 Î3,tf3 7 

t785 — - ..... 80,43! 5 ÏU.I8I 5 

i:M - - 13,180 * lï,6» w 

* Vu . i'tbbc de BliUAC. Tiiitror g«tnêrml. > 

17W — du 30 juin «u 31 il*«unhre 9.57« T 9,576 î 

1187 — du 1" janvier au 31 ilecemitre 25,ti6d 5 t5^6tt 5 

(788 - - 22,430 2Î.43I 

1789 — — Ï0,90!» 2 20,909 t 





I 



Bcavoir le boulangier, le boucher, a<i nx^deuin les visites do celte 
s, lo poisfon, r^picier, le maçon, le serrurier et le drapier. Le 
tout monte à mil huit cent seize livres, seize sols. Signé : Sceur 
Marie de Saiiit Joseph, Sœur Mario Thérèse. » 

Le Journal de la Communaulé s'arrête au 25 janvier 1791, et les 
recettes à partir du commencement de ce mois s'êlèveiil ii 1070 
livres, 10 *ols et 3 deniers, et les dépenses à 4109 livres, 10 
sols et 6 deniers. 

Le ^rouiMment des recettes el des dépenses par catégorioa de 
mi^me nature pouvant |irt<âenter queli|ue intérêt et permettre an 
lecteur de se rendre compte des revenus et des charges de la Com- 
munaut>^, nous le donnons pour l'année 1788. 
L.-ANNÉE i;88 



Renie de la (undalion Villeroj l.OOO 

— — BûBlsro «W 

Landrj iî 11 

l fteates sur l'HÛtel île VJUe de Lji^ii ^,i80 

F Vjpolliéque sur une maisou <la la rue des Hébert; <.-!',> s. ■ ' ■ 215 

I Venlca provineialei G5 1* 

I de la niaisaii du la UuIIj 3^ 

de diiere a[i|>arleniaatB des battmeula pruche l'e^li^o. . lliS l) 

I PeusïoDi fournies aux rehirieiises .... SiSTl 

[> Pi-oduit deiobblioos i-t des s«rïicasreli};ieut. \.-*iS 

de la vaille liu lail, des Trailsel des fleurs du Jardin. . l.l^t IS 
es. (Les Carmélites de Grenelle 1 Pariii, 5000 !.; 
les Carmélites da Beuune, t.GOl I.; M""^ ila Moiiteyiiard, a - 

besfe Je Saint-Pierre-les-NoiiaiiiE, ï.ia') I., elO 9.7SS 14 

Tut..] î2,i3LI Û 

DÉruNSEa DE l'annèb r.SS 



18? HISTOIRE DU CiMVfc:NT DES CARMELITES 

nifoiir. . . 0,331 

Taie des dècimei ]»;te nu r«reT«ur tlu Dert,'é (33 

H'pBTittoi» al •nlretiL'o do MtimeuU. ' 939 4 

Mnlériel al ratihillfr. . 2S9 

0«g«t d*s dofn«i>1i.|ueii. ...... , Î9t là 

Entretien du jardin Sït 17 

Chariwii ei bois de.chnaSkg* . DM 12 

AliniDiila, [uiiii, vin, [loiuoa, iJ«iuU(|Hiur )v* tniilAdMj.vIi'. . ~,'VJ UT 

UbamlelW. 1(5 

VAtemeDU Wî 

Papiv A écrire .... ST 5 

MédoclD et iiharmiideii. L'I6 IH 

Eolretïea du Btiiniaux domuliquet. ... :f70 66 

TrutemsDt de l'auniÙDier i^O 

— liai pUryeoni î* 

Alloulioaiui prMlolaun 00 

Frai» d« cé1«tir»Uan des n«wM da fopdiLiuu. . >^ 2 

EnlnlicD d« t'égli», cierti«i ul orneinanU. 3âl 10 
U«p«iu-a ei Inu <lJ««n aajuîltva |iar Icï jnrIK'rift ili' la l'im- 

munaulé ?,73! A 

Torai 22,430 

I.es détails ci-di'ssus roontront que pendanl Us itcrnii-res années 
qui iin'ei'dt-renl la Révolution, les revenus ordinaires du Mouas- 
liTu de Notre-Dame de la CompasHicm i.'taieiit insuflisanla pour 
couvrir lea dépenses, et que la Ooiuiiiunnutt- ti'aurnit n^-cUcment 
pu substituer sans les dons faits aonucltcment par quelques géné- 
reux bienfaiteui-K, parmi lesquels nous cîteruiis pari iculièrenieiil 
Madame do Montej'nard, abbessc de SAinl-Pierre-losNonains, qui 
s'intéressait d'une fai^oii tuutu spiViaL' aux (^armi-lites et avait 
obtenu, en retour do ses largesses, le titre do bienfaitrice du Cou • 
vent et ta faveur de pën<!trei' ilaus la clitture. 

Mais des situalions autrement difficiles i^taient râserr^es aux 
Religieuses. Dès le 3 novembre 1780, un pn-micr d^crat suspendait 
rémission des vii>ux monastiques, et le lendemain un antre d^ret 
mettait tous les liieus L-cclésinstiquco & la disput^ition de la Nation, 
Le 11 mai 179(1, en vertu dn décret de l'Assembli^e Nationale 
do IS ft'vrier prëci-dunt et des Lettres palcnlee du Rui, donnâe« i 
Paris le 19 du mémo mois', qui prohibait en Franco les yœux 

i - 13-111 ttitlet 1TW>. Leiir-j fateniFi du Bal, .lonntM à Pan., I- IB f»»rî«r 1790. 



- t-'au 






I 



DE NOTRE-DAME DE LA COMPASSION ISÏ 

monastiques de l'un et de l'autre sexe, et permoltatt aux rdig:ieuz 
et religion ses de sortir de leurs couvents, i?n faisant une simple 
dMaration devant la municipalité du lieu, FU'ury-Zachsrie -Simon 
Palerno de Savy, maire do Lyon, accompagné de Malliicu-Marc- 
Antoine Noibac, Jérôme Maisonneuve, Jenn-Bapli^tc Dupont 
neveu et Luc Candy. officiers municipaux, se prëdenta au parloir 
des Carmélites pour ; faire dâvanl la Cummunauté la lecture du 
décret prccilé et y recevoir les di.'clnratlons que pourraient lui 
faire les religieuses conformément à l'article 2. M. le Maire 
demanda à la Révérende Mère Prieure do vouloir bien, pour 
se conformer au décret des 2(i-2ô mars 1700', lui présenter l'é- 
tat nominal et détaillé de toutes les personue^i qui composaient 
la Communauté. Cet état certifié conforme pour la R. M. Prieure 
et qui fut paraphé par les commissaires pn^seots, est acluellemeot 






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ÏUpptil 



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(■■•iiont nligleuuii, pourrool an «ortir, en rnunl Irur ilédaiiiion deiant li munï- 
eipdltA du lieu ; el 11 lera pounu ini'eiuininiral 1 leur toil pir un* peniïon con*«- 
■ibU. Il *er> tndIquA du nuiions où leroot tflnui d< %e retirer lea religieux quints 
laudroDi pii proHler de li dlipoïKion dei prânenle*. 

DloliroDi. au larplui, quM ne «ora rieo «hidK*, qn«ol d prtn-nt, 1 l'ugard dei 
maiMO* ehirgéea <le riducilion pi]bl<i[ua, el dc> élnbliiiein^nLt île cbarllé, el ce 
juiqnï ee qu'il *il élt pris un parli >ur <-ei ahjeli. 

UI. — Le* rallsieUH* puarronl reilec dîna lei maisou où sllea tant anjaurd'faul, 
I** «tMptmt expreiiimeul de l'tirlkle qui atilige les luIlKleiix de r«iiuir plnaiaun 
maliantdua One etule. 

porterant diin> la biiiuiue de la pabllcalian dn prUenl dïoret. dîna loulea le* mal- 
*aua de leligieuaJaleur lerritoïpe, l'yteront rnpriieo 1er loua Ira regialrea el conplea 
d* régie, lia artAMcont cl ranuercnl un réiulMl dit reveuna al itr* èpoqual de 
Unra lijhianeea, Utdteueront aur papier libre et aani f[«is, un M*l et duiori pilon 
'■hgenterie, argent nunnoji, dca elTeti de U lacrialie, bibUolhèque, 
livra*, maauacrlu. tnMailiet. et du mobilier le plu* pté>'i« 




objeU, el do 


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184 inSTOIRK LKJ COLIVEXT DKS .CARMKI ITES 

conservé i la bîbliotliéquc de la Ville, dans la cullecliun l'.osle, ud 
il porte le n'>?73l. . 
Voici la copie île celle pitW : 

XoMs et Ayes tirs Jielii/teusi's et Sœurs converses qui 
composent la Communauté des Religieitses Carmé- 
lites de Lj/on. le in mai 1190. 

■ La Révérende Mère prieure Marie-Ciairo du Saint-Sacre- 
ment de Vauli, 6â ans, — La Mère sous prieure Mario do Sniiit- 
Joseph OoQtelle. 57 anit et demi. — La Mûre Thérèse du Saîiit- 
Expnt Chirat, 73 ans et 10 mois. — Sœur Marie de la Conception 
Gillier. 69 ans et demi. — Sœur Marie- Constance Moline, 
65 ans et demi. — Sœur Marie-Rose Bais, 62 ans. — S(ear 
Catherine de J^s Fajet,62 ans. — Sœur Jeanne-Marie Fro- 
ment, 05 ans et 7 mois. — Sœur Marie-Marguerile Bourg, 
58 ans. — Soeur Catherine de Saiiite-TWrèse Chalmetle, 53 ans 
et demi. — Sonur Catherine des Sérapbins Chalaml.GI ans «t 
8 mois. — Sn^nr Marie de Saint-Andr<^ do Jonage, dépositaire, 
52 ans. — Sœur Marie-Julienne Chaland, 133 an». — Sœur Anne 
de Jésus Beraud, 4U ans. — Soeur Madeleine de la Crois Via), 
58 ans. — Sœur Catherine- FôlicitiîFaure, 46 ans. — Sœur Hen- 
riette du Cœur de Marie Ricfaon l'aînée, KA ans et 7 itii>is. — Sœur 
Jeanne-Marie- Aimée de Jésus Peillon, 44 ans et demi. — Sœur 
Marie-Eléonore de Jésus Vial 47 ans et 3 mois, — Sœur Marîe- 
Thérése HevîHe. 42 ans et 7 mois. — Sœur Marie-Pauline 
Mojrnier, 46 ans et 5 mois. — Sœur Marie de Saint Michel 
Ricbon cadette, 37 ans. — Sœur Thérèse de Jésus Valin, 43 ans 
et demi. — Sœur Madeleine de Saint-Joseph Duculty, 46 ans. — 






I quJ tarlironi 



BdiBt, Ih tb1I|(>iui liDl qu'il» ruUranl 




B p»>t, el ■oroDl l« <>mci.n d«dll« 


■.■UgDI iciiui d* dVD- 


nulucu dabiai» -rU'l* «i))l(iiM'oal. 1» 






C>. d. ..>Bl>g.OM d« 



- " ■ 



DE NOTRE-DAME DE LA COMPASSION 185 

Sœur Anne-Thérése Goulard, 40 ans et demi. — Steur Thiîrèso 
du Sncré Cœur de Mayol, 37 ans. — Swur Marie-Elisabeth 
Herque, 38 ans. — Sœur TlLÛrèse du Saint-Esprit Qliîment, 33 ans 
— Sœur Marie da Jésus de BorEsat, 29 ans et 7 mois. — Sœur 
Marie- Victoire de La Sauase, 29 ans et 10 mois. — Sœur Louise- 
Thérèse de Saint-Joseph Ro!i^B^y, 32 ans et demi. 

R Les soeurs convei'ses sont au nombre de quatre, savoir : Sœur 
Lucie dj Jésus Brujaa, 80 ans. — Sœur Marthe Piiiet, 40 ans et 
demi. — Sœur Marie de l'Incarnation Chainbri, 32 ans. — Sœur 
Marie de Saint- Barthélémy Buisson, 25 ans et demi. 

u Je oertîfle cette dMaration juste pour le nombre de nos reli- 
gieuses, tant de celles de Chœur «lue Couverscs, ainsi que pour 
l'âge à peu prés de quelques mois de diirérence. Signé; Sœur 
Marie-Claire tTu Saint-Sacrement, Prieure, 

« Paraffé â Ljon ce 11 may 1790. Signe : Palbbse dk Savï, 
NoLHAc. Maisosnkuve, Uupont neveu et Lcc Gasdï. » 

Cette formalité achevée, M. le Maire regui séparément la décla- 
ration de chacune des Religieuses, ainsi que le constate le procès 
verbal suivant : 



Noua Fleuri Zacharie Pulerti? d« S»vy, tnait-e du In vilk de Lvon, Jérôme 
de MaiiouDeuve ; Ma'liieu AInrc Auloine Nolbnc, J«aii Ua|itisle Dumonl 
nereii, Luc Caadf, Luuls Berllield, oniuion municipaui da In même ville, el 
Jean P'rançoisDupuJE, pru.'ureur df In cuiiimuiie, Savoir TtiiioiiEque ca Juur- 
il'buy onze mai ititl sept ceol quatre vingt dix nau* nouK 4onime« tr>DEporlB« 
■uinlëa de M. X^iireot Ruucbel, tecrétuire du Cnmilc des bien! ecclésiaBliqDM, 
rnmmïi k cet eUel, au nionuEtère dei Relij'ieusfs, Ciméllles de celte rdle 
pour rei-eioir le» déclarations qn'ellf s vuudriiiit faire de leur vulonlé de sortir 
dudit mona»Wre ou d'j rester, MnlbmitsroeHt au décret do l'nweniljlôe Nn 
lionnle Ju Ireiiu février dernier et Dut leilres polenles renduea *ur iceini i 
parvenus 1 la sille de Communnuts dudit Mounsiere, nom y avoiii trouvé les 
Keligieuges et >«uni convinei nisemljléei ; nous leur svoiii fait pnrt du moIlT 
de notre Irunsjiorl el fait taire lecture deadit* décrets el letlrej patentes, après 
quoi nous BToni invité la dame Supérieure A rester uvec nous et les autres 
Religieuses A Borlir, pour revenir l'une nprei l'autre pour pouvoir faire plu» 
librenieiii leurs déclaratioDE ; 

El Madame Marie Claire d^ Vuuli du Snint SacrenientCiicJresIéeteuleavee 
nous, u reuiii un «tut des dames Religieuses et des tceurs de ladUe maisou 
qne nous avons parnpbe pour demeurer joint au préseii t procès verbal, après 
qaui elle a déi'lurt ne vouloir point sortir. Signe ; S. ilarU Claire du 
Saint {Sacrtjnmu'i Devaulx. 



i 



186 HISTOriVE DU COUVKNT DES CABMKLITES 

Et In outn» tbimei reienuei l'Une Hpréa l'autre, elles onl bit leurs déels- 
rattoui tinii qu'il buÎI. 

Dime Uarie ila ^oiut Jowph Goutella, tou* pri*ur«, ■ d^luë ne vouloir 
point «iMir. Signé : 5. Goutellt. 

Dama Theres* du Saial Eeprit Cliirnt ■ di>cbré ne Toutoir poiiil idrtir et 
ne pouvoir ligner 1 cuuae du trerobldneut île u main. 

DBinoMariedeliConi.-eptioi) Glllelo déluré oe Touloir poinltortlr Signé : 
Saur Marie GiUitt (lie). 

Uame Mane CoDetaiii--e Uolina n déclar* ne vouloir point sortir. Signé : 

Dame Marie Bote Bai* a dé<^lar^ ue vuutiflr point «ortir. Signé : S. Sait: 

Doiae Calberino d« Jimub V») et a Uéclaré ue vouloir point aurlir. Signé : 
f oyet , 

Dame Jeanne Maria Froment a déclaré ne Tonloir point eortlr. Signé : 
Froitteni. 

DaiDM Mnna Marguerit» Bnurg a déclaré ne pa> rouloir «ûrtir. Signé : 

Dame Catherine de Salola Tbereie ClialmelfiirJ a dêclar* ne voulait point 
(ortir. Signé : Chalnullt, 

Dame Caiherioe dea Si-rapliina Chaland a déclaré ue vouloir point Mrlir. 
Signé : Chaland. 

Dame Uarie de Saint André de Jooage, dépoallaire, a déclaré ne Tooloir 
point lorlir. .SifTuê : de Jonage. 

Dame Marie Julienne Chaland a déclaré ne vouloir poînl «ortir. Signé : 
Chaland. 

Mailame Anne de Ji'aus Beroiid a déclare ne louloir [wint sortir. Signé : 
Bvraud, 

Uadame Magdoleiiie de la Croii Vial a dèelaré ne vouloir paa aorlir. Sigué : 
La Croim Vial, 

Dama Cailierine Félicité Faure a déclaré ne vouloir pas sortir. Sigdé : 
S, Favre. 

Dame Uenrietlc du Ccpur de Uarie Rlobon 1 aloee a déclaré ne vouloir paa 
aorlir. Signe : Ri'rAon Faini't. 

Dame Jeanne Ainié« de Jesui Peitlon a déclaré ne vouloir paa sortir. Signé 
PtiUvn. 

Dame Uarie Kléiinor* de Jesuï Vial a déclare ue vouloir pas sortir. Signé: 
Vial. 

Dame Uarie Thérèse Pevillea déclaré oe vouloir |>os sortir.Sigiiè : DevUle, 

Dame Uarie Pauline Uojnier a di-cloré ne vouloir («s sortir. Signé : 

Dame Marie de Saint Uirliel Bichon cadalte ■ déclaré ne vouloir pas sortir. 
Signe ; Richon endette. 

Madame Tlierete de Jesui Vulin a déclaré ue vouloir paa aortlr. Signé : 
Valln. 

Dame Ungdcleînc de Saint Joseph Duculty a déclaré ne vouloij' paa aorlir. 
Signé; Durultt/. 

lianie Uarie Elisabeth Krgue Clic; «déclaré nt vouloir pas sortir. Stgué: 




D«ne Tli«reie du Sainl Espril Clémenl a ilé«laiv oe «oiilair pts «ortir. 
LSigné '. Soeur CUment. 

Dame Aimé Tbereze G>julnrd a Jéclaré ne T^nir pm turtir. Sigo^: S. 
ullard (rie). 

« Tbereie du Sui-jv Cceur[di.-] Mnvtl a decUrti n- vonloir pai fortir. 
e : de ilai/ot. 
Dame Marie de Jésus de Jtorsfal a di.-olure «i- vouloir pus M>r1ir. Sigai : 
âM Borttat. 

DacM Itarie Victoire <l« la Suulse a dacliire i>- louloir pas sorlir. Sign^ : 
de la Saulte. 

Dame Louise Tbereiv de Saint Joiegili Kussari n déclaré iie rouloir pus 
sortir. Sign* : noiitiri/. 

Sœur Lucie de Jé&us Briijas, sueur courer&e, o déclaré lie vouloir pas sortir. 
Signé : Bruyas. 

SiBur Uurlhe Piiiel, sotur rouTerjp, a dèclnrd tm vouloir pas sortir. Signé : 
[ fi»». 

Siuur Marie île l'IacurusIiDu Cliambry a lUcloré ae vouloir pas sortir. 
I Signé : Ckambi-y. 

Sœur Uarie de Sninl Barllieleiny Buiswu, aussi stcur conver", a déclaré 
« rouloir pu sortir. Signé ; Buitioa, 
I t)e tontes lesquelles dov'lorations nous avons dressé le préaenl procès verbal 
is déclaré aux dîlet <lanie* Kelisieuses que courorniéuieut aux 
jcrets des quatorie el viiigl avrildernierl. il sera in cesiotntneiil procède aux 
htveotaires et descriptions prescfiti iiar Icfdils décrets nt par Ws lettres pa- 
pnlM ceaduas sur iceux aux jours et liïUre qui serout indiqués. Le présent 
Dces-verbal coniruducé k l'neurc de Iruïs, clos i celle de ciuq dudil jour 
I Signe': Falerne de Savv, Nulhac. Maisounei-vb, Dupuis, Ddpoht, 
tteveu, Ldc Candy, Rodcuet ^-cr. 



^ dïiuicl. ou a leurs 



Si avril n»0. — Aar. 1-. Ludmi 
lAvembn •Jcmiar, itre à la diipoûti 
« aiuièe, caaflàa ani •dininUuiiigiii 
jirn, Miu 1m riglei, lu aictptioDi 

hliquu de rh.que anne 



I asT 5. — Dam rtut de* di 
le •nrauBte pour foornlr 

mtelï, au aouJa^rmcot d«K pAiivrej 

II BBX paaaioni dea wxlëslsatiques, lent ■ëculisn que légullsn, de inanï^r? que It 
't paiiMOt il» dt^auti da toulH charnel. > 

JfHtplayèt |isr le corpi téjlilaLif sii plui grandi et *ui piua praaaDla beaoÎBi A 
"VVM. l.a taiBDB nêcenaire su service de l'anuAe ITUl sec* iDcesumuent déleruioéi 

orpl^ii pliant * préflcnl, des diapoKilEoi 
e de Malle, lei fabriquai, les hApitaui. le 




m HISTOIRE DU COUVENT DES CARMELITES 

Les Corn miss 3 ire» de la muiiicipR'iti! île Lyon se prt^sentèrent 
de nouveau aux Cnrrai^litos le i* juin suivant pour dresser, con- 
formément aui d(?ciula des 20 20 ra»rs, et H 20.22 avril 1790, 
l'invenlairo des liions meulttcs rt iriinieublca appartenant i la com- 
munauté. 

Voici \cs di'cln râlions, eerlifict's par tes Offlciôrea du couvent, qui 
leur furent remises et qu'ils Joigniri^nt à leur procds- verbal après 
les avoir para plu^'cs : 

/" Di'rlttratwn de la Commuimul'' dex RfHi/ietises 
Carméliles de Lyon, située dans la même ville, des 
revenus, charges et mohilier du monasW^re. 

« Ce moiiaslère n 6U' (awAê par la famille de Villeroy, qui l'a 
(lol^.et il tient presque tout ce qu'il posst'do en bAlîments, jardins, 
fonds et rentes de celle famille, qui a fait construire l'f'crlisu el 
une cliapelJo Ndjoiiiladnns Inquelle sont les tombeaux desVillero.r. 

« Monseigneur le duc de Villeroy paie i cette communauté, 
par contrat de fondation, ujic renie annuelle et perpi^tuelle, liy- 
potht^qué« sur tous ses biens, de 1.000 li'iTes. 

u Telle Conimunnuk' j>oïsède sur l'HOtel de VilU- de Lyon un 





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DE NOTBE-UAME DE LA COMI'ASSION 180 




LK UONASTilKE l.KS CAnslKl-I TES DE 1 



i^flwt un plan Isrri 




I» HISTOIRE Dtî COUVENT DES CARMELITES 

capital de IOU,IJOO livres en conslilution de rentes, réduit depnU 
l« 31 décembre 17137, du dénier 20 au denier 35, qui prodoil la 
imte annoelle de 4.000 lirres. 

c Un contrat de rente aa capital de 4.300 livres, eu reste dA 
■ndit monasl^re de la vente de la maison rue des Hébergeri«s, 
]« 5jaiUet 1745, produisaut lu i-ente annuelle de 215 livres. 

■ Une rente de 400 livres, au capital <lo 8.000 livres, poor 
l'acquit d'une messe tous les jours, dans notre église, fondée par 
U^* Bastero. 

■ Une rente annuelle et perpétuelle, hypothéquée sur ta fré- 
bande de Moiit Léon, par feu M. l'abbé Landry, ancien cbtnoÏM 
d'ÂJnay, pour l'acquit des deux messes, l'une chaulée pour U 
repos de l'àuie de Muuseigneur Paul Camille de Neafville, et une 
basse ponr celle Ou fondateur, 12 livres. 

« IJne rente Provinciale, 70 livres. 

« Les lovera d'une petite maison où logent nos jardiniers, atte- 
nante au Iditiment de notre i^lise du cSté du malin, dans le 
surplus du louaient de nos jardiniers, nons rend 334 livres. 

■ Les lojers d'onc autre petite maison, attenante da eOté iln 
matin à notre mur du c'<té dti soir, montée des Cliarlrenx, moole 
annaellemeut à 3SU livres. 

a Le total des revenB^i aies monte à 0.311 Urres. 

■ Lee revenus ca^aels, que ionseat le^ peiistoBs que les parents 
&Mit de bonne volonté aux reli^nse», tontes réanies, toa( en tolal 
«riron 3.0U0 livres 

• Ck»rgn. — Pour l'Mqnit àes messrs de fandation à» B*s 
(oKdaleurs, do M'^ Bastero, de SI. Philippe Bonrtier, et antres, 
317 livrei, 16 denJen. 

■ Poor raeqnit A<s messe* de eoimunaatc. 2S0 lirreA. 

s Pmt tn frais da s»cnstie, lliaDoraire àa petits elaro, le 
Tta, b cire et antrts trxis, :£0 livres. 

« Pour hononurvs de M. l'atUBOnier, 180 livres. 

* Pour la taie dn t\trgi pour les d^cincs. 233 tirres. 
% Poor le g«^ de nos deux lotuSère». lltS livres. 

« Lu ULtintents qoe la DMBmouHti halnte étant trvs âevéi s«r 
lj^BMta(M,[«oal}f.^rt «xpons nx oni;«s dont les eoorerte nul 
lauinn£tis.L«i:«l«v4ei*«tqBeroa«Cail des idiuém qid 0«1 



NOTRE-DAS 

été employées pendaot 10 s 



LA COMPASSION Wl 

lons^outives en réparations el 
entretien des bâllments, de lYgliso, de la chapelle, des deux 
petites maisons attenantL'S l'une aux bâtimentj âe TL-glise, l'autru 
au mur de clôlure montée des Chartreux, démontre qu'il est cons- 
tant que notre communauté dépense année commune, 1.4401ivre8. 
n Notre communauté doit 10-000 livres de capital à deux res- 
pectables citoyens de cette ville, dont l'on paye de 1.000 livres 
seulement la rente au denier 25. — 40 livres. 

I« Le total des charges monte à 3,177 livres 8 sois. 



RECAPITULATION 

iRevenuB fixes 6.3111iv. 

I Pensions 3.000 — 

Total des charges. .... 

Revenu net tant fixe que casnel. . . 



9.311 liv. 
3.177 liv. 8 a, 
(i.l33liv. i2s 



« C'est toute la ressource de cette communauté composée de 
31 religieuses de choeur et 4 sœurs converses, et une sœur tou- 
rière qui est engagée pour sa vie et qui est infirme. 
I Et notre jardin contient environ tS bicherées compris les allées, 
■ les salles de- tilleuls. 

P ■ L'herbage qu'il produit, ainsi que le tVuit, rend à peu près ce 
qu'il en {a\ii pour la communauté ; le surplus de la vente de l'her- 
bage et du fruit paye les frais de culture. 

« Les bâtiments du monastère et de l'église sont de la tenue 
d'environ 4 bicherées et demie. 

« La maison (située) entre le couvent des dames del'Ânnon- 
ciadc, attenante aux bâtiments de notre église, avec son petit Jar- 

tLD, peut contenir environ 2 bicherées. 
« C'est dans cette petile maison où logent nos Jardiniers ; il y a 
ne écurie pour un mulet et des vaches, le tout nous est absolu- 
ment nécessaire. 

a La petite maison confinée par les Chaplieux, attenante à nos 
murs de clôture du cûté du soir, nommée la Gella, peut contenir 
avec son petit Jardin trois quarts de bicherée environ. Comme 
cette petite maison est pour ainsi dire enclavée avec sou petit jar- 
lin dans notre jardin intérieur de la coiumunaulé. et qu'il noua 




192 HISTOIRE DU COUVENT DES CARMÉLITES 

est séparé que par des murs de pisai, doDt une partie menace 
ruine, nous supplions instamment Messieurs de la Municipalité de 
vouloir bien nous conserver la propriété de cette petite maison 
avec son jardin ; si Ton venait à la vendre, il nous faudrait refaire 
des murs de clôture à la dépense desquels nous ne sommes pas en 
état de fournir, et ce serait bien désagréable pour nous d'être do- 
minés par des voisins qui ne manqueraient piis de faire bâtir, ce 
qui serait une source d'inquiétude continuelle pour de pauvres 
solitaires telles que sont les Carmélites. 

Sacristie, — « Un ostensoir, 2 calices, 2 ciboires, 2 paires de 
burettes et leurs bassins, un encensoir et sa navette, une croix avec 
son christ, le tout en argent; 12 chandeliers darquemis pour le 
grand autel, 6 petits aussi darquemis pour la chapelle. 

« La Sacristie est pourvue de linge et orneroens nécessaires au 
service de Téglise et au culte Divin. Le tout en assez bon état 
quoiqu'ils servent depuis très longtemps et n'ont été conservés que 
par les soins des religieuses. 

« Les livres de noire bibliothèque n'ont rien de rare, ceux do 
l'Ecriture sainte, histoire de l'église, les sermonnaires, les mé- 
ditations, la vie des saints et autres livres de piété forment en- 
semble le nombre de 712 volumes, parmi lesquels il y a bien de 
vieux bouquins, et de plus plusieurs petits livres de dévotion 
couverts en parchemin, et de plus l'histoire du peuple de Dieu, 
l'histoire des Juifs par Joseph, compris dans le nombre des 712 vo- 
lumes. 

« Déclarons certifiée véritable par les soussignées officières de 
la Communauté des Carmélites de Lion : S. Marie Claire du 
Saint Sacrement, prieure — S. Marie de Saint Joseph, sous prieure 
— S. Marie de Saint Joseph de Saint André, dépositaire — S. 
Thérèse du Saint Esprit, dépositaire. 

« Paraphé par nous olÏÏciers municipaux de Lyon, en consé- 
quenco de notre Procès verbal de ce jour, 1 4 juin 1790. 
« NoLHAC, Ant. Faure, Vida lin, Gharmktton, 

RoucHET, secrétaire » 



DE NOTRE-DAME DE LA COMPASSION 193 



2^ Mémoire des ornements et linges de la sacristie pour 
le service de V église et le culte Divin. 

« 3 douzaines environ de parements ou devants d'autel, tant 
pour le maître autel que pour celui de la chapelle ; une partie 
est garnie en an, une autre partie garnie en faux ou tout unie. 

« Une douzaine environ de chasubles avec leurs dalmatiques. 

ce 3 douzaines et demie environ de chasubles, dont il y en a 
nombre de fort usëes et des plus simples, tout compris tant en 
couleur qu'en noir. 

a Huit chapes pour les bénédictions, tant en couleur que noir. 

« 10 douzaines environ d'aubes, dont il y en a quelques-unes & 
dentelle et d'autres fort usées. 

« Deux douzaines de surplis ; une douzaine de petits surplis pour 
les clercs qui servent les messe?. 

V 15 douzaines d'amict. 

« 12 douzaines et demie de lavabos. 

« 33 douzaines environ de purificatoires. 

« 3 douzaines et demie environ de nappes d'autel. 

<( Une douzaine de nappes de sacristie. 

« Je certifie l'état ci-dessus sincère et véritable. S. Marie 
Glaire du S. Sacrement, prieure. 

« Paraphé par nous officiers municipaux de la ville de Lyon, en 
conformité de notre procès verbal de ce jour et pour y être an 
nexé le quatorze juin 1790. 

« NoLHAC, Ant. Faure, Vidalin, Gharmetton. 

« RoucHE, secrétaire. » 

3^ Procès-verbal de F inventaire dressé par 
les officiers municipaux. 

« Nous Mathieu Marc Antoine Nolhac, Paul Antoine Faure, 
Joseph Vidalin et Glaude Gharmeton, officiers municipaux de la 
ville de Lyon, savoir faisons que ce jour quatorze juin mil sept 

13 



194 HISTOIRE DU COUVENT DES CARMÉLITES 

cent quatre vingt- dix, nous nous sommes transportés dans le 
Monastère des Religieuses Carmélites pour y faire les descrip- 
tions et inventaires prescrits par les décrets de rassemblée 
Nationale, et parvenus avec M** Laurent Rouchet, secrétaire 
du Comité des biens eclesiastiques commis à cet effet, au parloir, 
nous avons annoncé à Madame la Supérieure le motif de notre 
visite ; elle nous a fait introduire dans la salle du Chapitre où elle 
a fait assembler les autres religieuses ; nous leur avons aussi 
annoncé notre motif et avons fait faire lecture à toutes desdits 
décrets et des lettres patentes rendus sur iceux. 

a Ensuite nous avons annoncé auxdites dames que nous dési- 
rions commencer nos opérations par la vérification de leurs 
livres afin de pouvoir connaître les affaires de leur Maison ; sur 
quoi elles nous ont représenté un livre en recette et dépense dont 
la vérification prouve que lors de Tarrété qui a eu lieu le 31 dé- 
cembre dernier, la balance a été exacte et que la recette faite 
depuis lors Jusqu'à ce jour arrive à la somme de cinq mille cinq 
cent soixante trois livres ; la dépense à celle de quatre mille cinq 
cent quarante cinq livres dix sous six deniers, d*oà il résulte qu'il 
y a en caisse mille dix sept livres, neuf sous, six deniers, ce que 
lesdites dames ont avoué. 

ce Nous avons encore vu dans ledit livre que dans le courant de 
la présente année, lesdites dames ont reçu, soit pour le prix 
d'une rente par elle faite f^^/c^, soit pour le capital d'une rente qui 
leur étuit due par la ville, une somme de dixhuit mille six cent 
cinquante cinq livres, treize sous, qu'elles ont employé à l'acquit 
de différentes dettes énoncées audit livre et montantes à la même 
somme des capitaux, intérêts et frais, et nous avons lors arrêté 
et paraphé ledit livre. 

« Ayant demandé auxdites dames â connoitre les biens de 
leur Maison, leurs revenus et les titres probatifs ; elles nous ont 
remis unétatdes biens etdes revenus, certifié sincère par Madame 
la Supérieure, ensemble les contrats des rentes énoncées audit 
état, ainsi que les baux à loyer des deux maisons dont il y est 
'question, et par la vérification que nous en avons faite desdits 
contrats de rente, baux à loyer, nous avons reconnu que les 



DE NOTRE-DAME DE LA COMPASSION 196 

rerenus fixes de ladite Maison, soit par rente constituées, soit 
par loyer arrivent à six mille trois cent onze livres. 

« Nous n'avons pas pu comprendre dans les revenus fixes 
l'article de trois mille livres aussi porté audit état, attendu que 
lesdites dames nous ont expliqué que cette somme provient de 
dons libres que leurs parens leur font chaque année à cause de 
Fétat de pauvreté de leur Maison. 

« Nous avons demandé auxdites dames comment elles établis- 
sent la sincérité du chapitre des charges comprises en leur état ; 
elles nous ont répondu que tous les articles sont justifiés par le 
livre que nous venons de vérifier et d'arrêter, qu'au surplus 
l'article qui concerne les décimes est encore établi par la feuille 
d'imposition, et celui de quarante livres pour intérêts est égale- 
ment encore établi par la promesse faite au créancier. 

« Nous avons demandé auxdites dames quels sont leurs créan 
ciers et s'ils sont portés dans leur livre ; elles ont répondu 
qu'elles doivent à Madame de Nolhac une somme de mille livres, 
pour laquelle elles l'ont portée créancière à la date du 18 juil- 
let 1776, à M. Imbert, pareille somme pour laquelle il est porté 
créancier dans le même livre aux dates des 16 mars et 23 sep- 
tembre 1785, et à leurs maisons de Paris, rue Grenelle, celle de 
cinq mille livres pour laquelle elle est portée créancière à la date 
du 18 février 1788. 

tt A l'instant lesdites dames nous ont observé que lors du 
procès verbal que nous avons dressé de leur déclaration, elles 
ont oublié de nous dire que Sœur Benoite Plot, appelée en Reli> 
gion Sœur Marie, touriere, native de Lyon, âgée de cinquante 
ans environ, est affiliée à la Maison depuis environ vingt ans. 
Ladite sœur ayant comparu pardevant nous, a déclaré ne vouloir 
pas sortir de la Maison. 

Signé : Sœur Marie Benoîte Piot. 

« Ayant parcouru les jardins, clos, église et les batimens du 
présent Monastère, nous avons reconnu que la contenue du tout 
peut être d'environ vingt quatre bicherées, ainsi que lesdites 
dames l'ont déclaré dans leur état. Nous avons reconnu de plus 
que la Maison Religieuse est composée de quarante cinq chambres 
meublées pauvrement, de neuf qui ne le sont point du tout; dans 



l»l HISTOIEB Uf COLVKXT DES CABUKI.ITES 

le bas, Je deux »all«s d'assombk'o, d'uD oratoire, ile aùaiut», 

ofl1c<!s, n-feclotre et ptrloir mi.ublt'ii autti pauvreineiit. 

• NouN l'tanl rendas i la sacrifitic pour faire rinvcnUipp dra 
orncintns, linge» d va^is sacnÇ^ qui r sont, fil de là à VégliM, 
noua avoDB observé autditca dames quo IVtat qu'elles nous ont 
remis no contient pas nn délai! sufTisant i cet ^^ard, et i l'instant 
Madame la Supt^rieure nous en a remis un autre aussi csrtilië sin- 
cère, et par le recollement (fue nous avons fa*t des<lils deux 
étati', en i-o qui ooniierne IVglise et la sacristie, nous avouii 
rvconna qu'iU «ont lits ciacIs. 

« Nous nous sommes transporti.<a avec leEdîles dames à leur 
biMiotli'lquo, avons ronipt<> les livres qui la r-)nnenl,ot avons 
i-econnuquele premier i^tati nous remis est tnis exact à c(t l'gard. 

ir Hi'Vrnm dans la salle où nous avions d'abord Clé conduits, 
lesdites dames nous ;f ont rcpieitenlL' tous leurs titres cl nous en 
ont Tiitnii un élat certiâi.^ slno^re par Madame la Supérieure, ce 
que nous ai-ouK reconnu vrai par 11' recollement que nous en 
avons fait, en conséquence nous l'avons parapht^, ainsi que les 
deux préeéden», pour être avec eui annoii' à nolro procès verbal, 

" ^c Tait cl ii'j' a^unl plus rien à décrire ou oonslaler dans 
ladite Mjiison, nous avons clos nutra présent pi'ucès verbal, et 
ont Mesdames las prieure, sous prieure, aigniJ avec nous ot dans 
leur livre. 

1 Je certifie létal ci dessus sinct'-re et véritable : Sœur Marib 
Glaiuk uv Saint Sacbbme^^t, prieure, Sœur Mahib oh Saixt- 
JosETU, sous prieure, 

NoLHaC. ANT. I-'AURK. VjnALlN, Gharmrttow, Rouchet, 
MCret. (ArrhicrtJe la ViU'J. 

La uiunicipulité fit procéder lu 8 janvier 1791, en conformité 
de l'aHicle XXVI du titre II du décret du H octobre 1790', à l'é- 
lei-lion d'une Supérieure et d'une Économe pour diriger lus Re~ 



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DE NOTHE-DAME de la compassion 197 

ligieuacs Garmt^lilesde Lyon, qui, toutes et sana nne seule excep- 
tion, liiJclaKTent vouloir rester dans leur monaetcve pour y 
continuer la vio commune. 

Le procoE-verbal de colle (élection ainsi que l'^lat des Reli- 
^euscB drçESi? le même Jour par les officiers rounicipaux, sont 
conservés à la bibliotlit^que dû la ville, fonds Coste, n»» 2735 

dltet MFnmca. 

Ait. i. — Tiint Ih milsoi» dont l<i revenu «<I Inférieur A 70U livrai |i«iirchl<IU( 
pmr«nB, pl « 350 livrsi peur «haqiie Eisnr donnée on convcru, le Irailamenl dei 
mliltianow qui deriilurooi Isi premléra». accroiltoiil aux Irnilemunl île» larvlirtnlri 

innii*! Ua nidioD* qui. par la drdrniMion ils I* mandii^llé du par la privallan d'iu- 
IrM rvtwiurpes dant ell« aviianl Jaui juaqu'à préacnl, n'iuronl plui an revenu 
mfilnnl pour leur OKlltance ; nais veisppours unii aux rcveout de chiqoe maison. 
ne jiaurmDt eiritdfr ia soinmit d» SW Jivro» par tnaés pour rhtque rtligieiiH. 
Ant. 8. — I.e tralMoenl dei sisura '^onvenea «t doDDé«< daBB lea rai réglé) par iM 

A*T M. — La inaue dea rev^nna de rbaquo inilaon ura totméa d'âpre le* prln. 
dp« da la manier* prïiTltx i-ar Ipi articles £t. £3 el » dn deeiclda II juillel,c«a- 
earouit le irailcment du clare* aolud. 

tUlenI daoa l'uiags di rwvvoir. uit sur II >^>1ue das éconamata, soïl sur ««lia du 
rirrgé, issl sur tonte autre piiiie publique. 

Ait. 13. — A aompler du t" jinvier IT9I. !■ traitement dea rellgieuau sera 
■eqnillé piir quartier et d'svsnre, par lea re«evcars de leur district, »ir une qalt- 
Uaca de l'ervuimi-. donnée au pied d'un élal conlansBl le nom de loaLn les rsti- 
RieuiBi qui larunl déclaré r»tar, cl qui seront en elTel dana la miiion ; ledit étsl 

Aut 14. — Il acFi dreaseeo ronaequenee |vi lei nnnicipalïlés de rhaque lieu, Da 

leSts do diairicl dan< le rourint du mole d'oi^tobre. 

A«T. IS. — Kn rurmanl cM «lit, les tnanicipaliléa recevront la déi.-tsratIon dea 
reltewOTea, ai clins amendent aarlir de leurs maiaona, oD si alinprérènot de uanli- 
oufr 11 vie aénmaue : et pour j parvenir, ellei >e traotpartoront dani iei malwni 
k ■'■4^1 d* piendia lesdile* déclirilioni de cliaque religleuie en particulier, Peropl 
lodilM maalripalltéi mention de ladite dérJsrition, dans t'étnt qu'elle) enverront 
a» IilTMIaim du iliilrlct. 

Abt. m — 1^1 relieiDUiDi qui amont piéfèrè la vie commune, oommerooL entre 
■tll», an trruiln été ta plirelité abtolua d» luOiagea, d(na une aasemblie qui lera 

Janvier 171>l, un* e<iper)eur« et une économ''. dont l«s foaclioni ne dureront que 
dtruiasnfci, niaii'qiii pourront j être conlinuilei tint qu'il pliiri A la coniRiuniulé. 

Ait. t*. — K chaque décia do religieuse, lolt qu'elle ait quelle, loil qu'uîle ail 
«dSilBUé Is vie csnmune, la muolclpilité du lien de •■ r«>idenre sera tenue d'en 
déiloer avii dsnsiguinuine au Dîrecloira du diatriol, lequel iailrulr* loui lea mois 
la DlrMiolra du dépii temeut, du nombre el des nomi dei religieaseï qui ponrrilent 
Mra dénadétt .lins ion irru^liiaonieDt. Le Dircelaîru du dépirlement enverra loua 
U< IBS an fiori.i légiaUlif les noms disdiln rellijipuwi, pour en *lre dreis* une 

*Bi. ÏB. — I*a cDsIuinas pu4ic ilien des ordm et tniiion) des religieuaes dé- 
mentent aboli', alnai qu'il n été décrété pour les routumei des ordres religieux. 



198 HISTOIRE DU COUVENT DES CARUlilLlTES 

et 3736 du catalogue, où nous en avons pris loi copies suiTaotei : 

1" BTAT DSa RBL10I8CSKS 8T SŒVKS CONVBIISBS EXISTANTES DAMS 
LA maison' des CARMKLITES DS LVON, filTL'Ét HONTES DBS 
CARMÉI.ITRS. 







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a La pr^ïvPt Atal arrdti al ai^é par £ 
1 «écntiun du notra prai:èi varbal d« < 
a A Lyon la bult juviar ITfil. 



ofdciari inuniaipaus MofonntBaBt al 



• Signi ; HAwmmnTS, Chal 



DE NOTRE-DAME DE LA COMPASSION 199 



2"^ PROCÈS -VERBAL D'ÉLECTION 

« Ce jourd'hui huit janvier mil sept cent quatre vingt onze, 
nous J(5rôme Maisonneuve et Joseph Chalier, officiers municipaux 
de la ville de Lyon, nous étant transportés dans la maison occupée 
par les Dames Religieuses Carmélites en cette ville, montée des 
Carmélites, à Teffet de présider à rassemblée dans laquelle, en 
exécution de l'art. 26 du titre 2 de la loy (sic) du 14 octobre der- 
nier, concernant les religieuses et les chanoinesses séculières et 
régulières, celles desdites religieuses qui ont préféré la vie com- 
mune doivent procéder à Télection. entre elles, au scrutin et à la 
pluralité absolue des suffrages, d'une supérieure et d'une économe. 
Lesdites dames religieuses s'étant réunies et assemblées devant 
nous, savoir : M"»« Jeanne«Elisabeth Ghirat, M"™« Barbe Gillier, 
M"« Marie Moline , M°»« Roze Bais , M"»^ Catherine Fayet, 
M">« Jeanne Marie Froment, M"*« Marie - Marguerite Bourg, 
M«« Jeanne Goutelle M™« Catherine Chalmette, M°>« Catherine 
Chaland, M°^® Marie-André -Joséphine de Jonage, M"^® Julienne 
Chaland, M^*^ Marianne Beraud, }A^^ Anne Yial, M"*^' Catherine 
Faure, M™« Jeanne Richon Talnée, M»"* Jeanne Peillon , M™« 
Elëonore Vial, M"« Marie Deville, M"»® Marguerite Moynier, 
M"*Emenuitine Richon cadette. M"*® Claudine Valin, M"*® Jeanne- 
Marie Daeolty, M°>* Marianne Goulard, M°>® Marie -Lucie de 
iÊMjQlf M"** Jeanne- André Herque, M^^ Suzanne Clément, 
M"** Marie-Françoise de Borssat, M°^« Madeleine La Sausse, 
M"** Louife Roasary. 

c GDiaoïuie de ces dames religieuses a fait son bulletin pour 
rébetûm de lear snpërienre et tous les bulletins ayant été déposés 
dans on Taaet les bolletins par nous ouverts, les suffrages comptés, 
la pluralité des saiTrages s'est réunie en faveur de M°*® Jeanne 

■NHrt llilan atisd* janvier prochain, seront tenues de déclarer si elles ont pris oa 
latoniMia oa partagé quelques effets appartenant à lears maisons, antres 
état la Sbra disposition leur est laissée, et d'en imputer le montant sur 
«• lanqputftlen à échoir de leurs pensions. Ne pourront les receveurs du 
fttym' tmawk traitement que sur I« tu de Isdite déclaration, laquelle sera et 
iOMiwafk aBMsé«à la quittance de chaque religieuse; et seront celles qui auront 
dédaratioo, privées pour toujours de leurs pensions. 



200 HISTOIRE DU COUVENT DBS CARMELITES 

Goutelle Marie de Saint- Joseph, laquelle demeure élue et nommce 
supérieure de la maison pour en remplir les fonctions pendant 
deux années à compter de ce jour. 

(( Chacune desdites dames religieuses a fait ensuite son bulletin 
pour l'élection de leur économe, tous les bulletins ayant été 
déposés dans ledit vase, les bulletins par nous ouverts, les suf- 
frages comptés, la pluralité absolue des suffrages s*est réunie en 
faveur de M™« Marie Deville Anne-Thérèse de Saint-Albert, 
laquelle est et demeurera élue et nommée économe de ladite mai- 
son pour en exercer les fonctions pendant deux ans à compter de 
ce jour. Dont a été fait le présent procès verbal pour être d 'posé 
au greffe de la municipalité et en être délivré toutes expéditions 
nécessaires et ont signe avec nous toutes lesdi tes dames religieuses. 
A Lyon les jour et an susdits. 

« Signé : Sœur Goutelle supérieure, S. Deville économe, 
^{ine Cliirat n*a signé à cause de son infirmité, S. Marie-Barbe 
Gillier, S. Marie Moline, S. Marie-Rose Bais, S. Fayet, S. Jeanne 
Froment, S. Marie- Marguerite Bourg, S, Ghalmette, S. des 
Séraphins Chaland, S. de Jonage, S. Chaland, S. Berand, S. Vial, 
S. Faure, S. Richon Tainée, S. Aimée de Jésus Peilion, S. Vial, 
S. Moynier, S. Uichon cadette, S. Valin, S. Duculty, S. Goulard, 
S. de Mayol, S. Herque, S. Clément, S. de Borssat, S. Victoire 
de Jésus La Sausse, S. Rossarv. 

« Maisonncuve-Chalier. » 

En retour des biens et revenus dont les Religieuses Carmélites 
avaient été dépossédc'es au profit de la Nation, le District de Lyon 
leur fit payer par son receveur, à la date du 4 août 1790, une 
indemnité provisionnelle de 4,440 livres, qui leur fut maintenu à 
titre de compensation loi*s de Tapurement des comptes des Com- 
munautés Religieuses par le Directoire du District, conformément 
au titre II de la loi du 14 octobre 1790, dans la séance du 
l^*" août 1791, dont voici la copie du procès verbal* : 



1 Sur l'état Uci Uoli^ieusei vivant ea co n^ntiniuté dans l'arroaditsemeat d« la 
Municipaliié de L>ou, avec la quotité d i tratte:nent annuel qui leur a été âxé, dressé 
en exéoulioa du décret du S-i» uctobiv: 1700, la Communauté des Carmélites y figure 
pour 30 dames de chœ ir à raison de 300 livres, et 5 soeurs converses i rai&OD de 
130 livres, soit pour le totol des pensions à servir à la communsuté la soratne an- 
nuelle de 1>75) livres. 



DE NOTRE-DAME DE LA COMPASSION 201 

c( Da4;i8 la séance da Directoire du District de Lyon du 
1«^ aoi4sll79i, où étaient MM. FajoUe aînéj président, Marga- 
ron, Vial, Lecourt. Gaminet, Pavyet Blot, administrateurs, Bro- 
chet, procureur syndic, et Bernât, secrétaire. 

ce Le Directoire a entendu les rapports des Commissaires qui 
ont procédé à Texamen des comptes des différentes communautés 
religieuseftde cette ville, sur la régie qu'elles ont eu pendant 1790. 

« Ces Commissions ont dit qu'en se conformant exactement à ce 
qu'en prescrit le titre II de la loi du l'i octobre dernier, con- 
cernant les religieuses, ils ont examiné et débattu chaque article 
en recette et dépense des comptes produits, qu'ils ont rétabli dans 
la recette les articles omis et rejeté de la dépense ceux qui venoient 
se cumuler et se confondre avec la dépense de 1791. 

« Qu'ayant ensuite calculé ce que chaque communauté avait 
touché sur les revenus de 1790, et les réunissans à ce qui a été 
perçu par le receveur du District et à ce qui reste à recouvrer, ils 
en ont formé la masse totale du revenu annuel afférent à chaque 
maison ; que, sur cette masse, ils ont déduit les chargea acquittées 
par la Nation et ont liquidé un produit net. 

a Que c'est d'après cette base, qui leur a paru la plus sure 
comme la plus juste, qu'ils sont parvenus à préparer un apure- 
mont définitif, et que la balance de la recette avec la dépense a 
donné les résultats qu'ils ont présentés dans un cahier particulier 
os-sliaque communauté religieuse est distinguée. 

« M. le Procureur Syndic ouï, 

« Le Directoire procédant à l'apurement des comptes de la corn- 
manauté des Carmélites^ observe qu'il lui a été accordé une provi- 
sion de 4440 libres payée le 4 aoust 1790^ que cette provision a 
eu pour motif le remplacement des objets de revenus suspendus, 
tels que les rentes dues par l'Hôtel de Ville de Lyon, et encore les 
secours ordinaires dont cette communauté jouissait et qui lui ont 
été retirés. Le Directoire du District estime que cette spn^Qie de 
4440 livres forme à peu près la balance entre la recette et la 
dépense de l'année dernière, et que la provision doit être déûniti-, 
vement adjugée à la Communauté pour l'exccdent de sa dépense ; 
en sorte que toute déduction et compensation faite, la Cofipniunauté 
et la Nation se trouvent respectivement quittes relaiivjoment à 



208 HISTOIRE DU COUVENT DES CARMÉLITES 

l'annëe 1790, sauf à la Nation à recevoir les arrérages de rente de 
l'année dernière, dos aux Religieuses Carmélites, attendu TaTanee 
qu'elle lai a faite de ladite somme de 4440 livres. 

«... Toutes les pièces relatives à l'apurement des comptes ei- 
dessus ont été déposées dans les archives de l'Administration. Il 
sera dressé un tableau dans lequel le résultat de l'apurement des 
comptes de chaque communauté sera porté d'après les dispositions 
du présent arrêté, qui sera envoyé au Directoire du département, 
pour statuer ce qu'il appartiendra. 

Dans la séance du vingt-deux septembre 1791, le Directoire do 
département de RhOne et Loire prit la délibération suivante : 

« Vu la délibération prise le premier août dernier par le Direc- 
toire du District de Lyon, sur l'apurement des Comptes de 1790 
des communautés des ci-devant Religieuses de L jon : Ladite dâi- 
bération prise ensuite du rapport des Commissaires, et sur le vo 
des Comptes et pièces justificatives. 

« Ouï M. le Procureur Qénéral Syndic en ses conclusions : 

« Il a été arrêté que ladite délibération est et demeure approu- 
vée pour être exécutée. En conséquence chaque Communauté sera 
payée des sommes portées en ladite délibération pour solde de 
.eur traitement de 1790. » 

Lors de la formation des nouvelles paroisses de la ville de Lyon 
et de ses faubourgs, en exécution du décret du 12 juillet 1792, le 
Directoire du District, dans sa séance du 28 avril 1791, après 
avoir adopté pour leurs circonscriptions les mêmes limites que 
celles des cantons de justice de paix approuvées par un décr^ de 
l'Assemblée Nationale en date du 20 septembre 1790, arrêta les 
dispositions suivantes : 

« 1« 

« 6** Que la paroisse de Saint Vincent comprendra tout le terri- 
toire du canton dit de Nord -Ouest , coté sur le plan n**6, et aura 
les mêmes limites, qu'elle continuera d'être sous le vocable de 
Saint Vincent, que son ancienne église sera supprimée, qu'elle 
aura pour église paroissiale celle des ci- devant religieux Augus- 
tins, et pour chapelles oratoires les églises des religieuses de 
Sainte Marie des Chaines et des Carmélites. » 



DE NOTRE-DAME DE LA COMPASSION 203 

Les noavelles circonscriptions paroissiales de Ljon forent ap - 
prouvées par décret de 1* Assemblée Nationale da 19 juin 1791. 

Les Carmélites adressèrent aussitôt à Tadministration une re- 
quête tendant à obtenir que leur église ne fut pas comprise parmi 
les oratoires publics, mais restât exclusivement affectée, comme 
par le passé, à Tusage de leur Communauté. 

Dans sa séance du 16 novembre 1791, le Directoire du District 
-répondit à leur demande par la délibération suivante : 

« Vu la requête des dames Carmélites à l'effet d'obtenir à elles 
seules l'usage de leur église. 

« Le Directoire considérant que ladite église a été désignée pour 
oratoire de la paroisse de Saint-Louis ^ par décret de l'Assemblée 
Nationale du 19 juillet 1791. 

« M. le Procureur Sjndic ouï. 

a Estime qu'il n'y a pas lieu à délibérer. » 

Le 24 férier 1792 le Directoire du District désigna MM, Turrin 
et Dubost, architectes, pour faire l'estimation des maisons et dé- 
pendances des Carmélites, des Ursulines de Saint Just et du châ- 
teau de Pierre Seize. 

Le parvis de l'église des Carmélites ne fut pas témoins des scè- 
nes brutales et scandaleuses qui se produisirent lors des fêtes de 
Pâques 1792, à la Propagation, aux Ursulines de Saint- Just et de 
la rue Vieille-Monnaie, aux Clarisses, à l'Antiquaille, au Bon 
Pasteur, aux Pénitentes, aux Colinettes, au Verbe- Incarné, aux 
missionnaires de Saint-Joseph et aux capucins du Petit-Forêt, 
à la suite desquelles la municipalité ût fermer les églises de ces 
communautés; mais ms jours étaient comptés et elle n'en devait 
pas moins être dévastée et supprimée an peu plus tard. 

Le 17 août 1792, l'évacuation et la vente de toutes les maisons 
encore occupées par les religieux ou les religieuses fut décrété 
ainsi qu'il suit : 



i Vocable de Téglise des Aagasiins.qui avait remplacée Ta ncien ne église paroia- 
siale Saint- Vincent et qui fut conservée lors de la création des nouvelles paroisaea, 
malgré Tarrèté du district qui portait « que la nouvelle paroisse continuerait d'être 
sous le vocable de ssint Vincent. 



204 HISTOIRE DU COUVENT DES CARMELITES 



Loi relative à Vévacuation et à la vente de toutes les 
maisons (ictuellenient occupées par les religieua^ et 
religieuses. 

N* 2121. - DoDiiâe à Paris, lo 17 aodt 1792, Tan 4e de la libertA. 

« L'assemblée nationale considérant qac les bâtimens et es 
terrains vastes et précieux, occupés par les religieux et les reli- 
gieusesy présentent de grandes ressources à la nation, dans on 
moment où ses grandes dépenses lui font une loi do ne négliger 
aucune de ses ressources ; 

« Qu'il importe de faire jouir les religieux et les religieuses 
de la liberlé qui leur est assurée par les lois précédemment 
faites ; 

(( Qu*il n'importe pas moins de dissiper les restes du fana- 
tisme auquel les ci-devans monastères prêtent une trop facile 
retraite ; 

« Qu'enfin il est un mojen de concilier par une augmentation de 
pension, le bien-être des religieuses déliées de la vie commune, et 
les intérêts de la nation, avec l'extinction absolue de la vie mena- 
cale, décrète qu'il y a urgence. 

a L'assemblée nationale, après avoir décrété l'urgence, décrète 
ce qui suit : 

c< Article ^^ — Pour le premier octobre prochain , tontes 
les maisons encore actuellement occupées par les religieuses oa 
par des religieux, seront évacuées par lesdits religieux et reli- 
gieuses, et seront mises en veiite à la diligence des corps admi- 
nistratifs. 

« Article II. — L'assemblée nationale renvoie à ses comités 
des domaines et de l'extraordinaire des finances pour lui présenter 
un projet de décret sur Taugmenlation de traitement qui peut 
être due auxdites reli{?ieuses ainsi rentrées dans la société. 

« Article III. — Sont exceptées de l'article premier les reli- 
gieuses consacrées au service des hôpitaux et autres établissemens 
de charité, à l'égard desquelles il n'est rien innové. 



DE NOTRE-DAME DE LA COMPASSION 205 

« Article IV. — L'assemblée nationale dérogea la loi du 14 oc • 
tobre 1790, en tout ce qui scroit contraire au présent décret. 

a Au nom de la nation, le conseil exécutif provisoire mande et 
ordonne à tous les corps administratifs et tribunaux, que les pré- 
sentes ils fassent consigner dans leurs registres, lire, publier et 
afôclier dans leurs départemens et ressorts respectifs et exécuter 
comme loi. En foi de quoi nous avons signé ces présentes, auxquel- 
les nous avons fait apposer le sceau de l'État. A Paris, le dix- 
scplièmejour du mois d*août mil sept cent quatre vingt douze, l'an 
quatrième de la liberté. Signé: Rolland. 

« Contresigné: Danton. Et scellées du sceau de l'État. » 

(Extrait de la Collection générale des lois^ proclamations^ etc. A Paris, de 
l'imprimerie nationale executive du Louvre. 1793, p.. 423-424 du tome X ) 

Dès le 6 septembre le Directoire provisoire du District de 
Lyon nomme MM. Garron et Sicard, en suite de la loi du 17 août 
portant que toute les ma'sons religieuses seraient évacuées au 
premier octobre suivant, pour procéder au récolement des inven- 
taires des effets étant dans ces maisons, et le môme jour il invite 
la Municipalité à choisir dans son sein des Commissaires à cet 
eflct. 

Le lendemain, 7 septembre, il arrête que le Procureur fera 
notifier aux ci-devant Religieuses, qu'elles doivent, à la forme 
de la loi, évacuer le premier octobre les maisons qu'elles occupent, 
en les prévenant qu'elles ne peuvent enlever que le mobilier de 
leur chambre, à peine d*étre privées de leur traitement *. 

Enfin le 14 du môme mois il écrit à la Municipalité pour la 
prier de vouloir bien charger ses Commissaires procédant au 
recollement des inventaires des monastères de la ville, d'apporter 
aux archives du District Targenterie qui pourrait s'y trouver, 
pour être ensuite transportée à la monnaie conformément à la 

loi. 

• ..... 

Mais dès la veille les Commissaires de la Municipalité s'étaient 



* Les cellalesdes religieuses Carmélites avaient pour tout ameublement, upe petite 

couchette formée de deux aïs reposant sur deux trètaux de fer avec une paiâaase 

et un traversin de laine, trois images de papier, un l>énitier de terre, une eapèce de 

lable en sapin fermant à coulissa et une chaise de paille. Les aeiilsliU de rinfirmerie 

étaient garnis d'un matelas. 



206 HISTOIRE DU COUVENT DES CARMÉLITES 

déjà rendos aux CSarmélites pour dresser TinvenUire des effets et 
du mobiblier, et deux jours après ils procédaient au réecllemeiit 
de l'argenterie de la sacristie. Voici la copie textuelle des proeèiH 
verbaux de leurs opérations : 



Ce joardniui treize septembre mille sept c^nl quatre TÎiigt douze Fan 4** 
de la liberté et le premier de réalité. 

Nous i^ H« Caret et Gagneur membre du Conseil Geoeral de la Communf 
nommé Commissaire par le Conseil Uuni «ipal ea conformité de la loi des Ktze 
et dix sept aoust concernant les ej devaut communauté religieuse a TeAief 
d'inventorié les effets que la maison des Carmélites renfierme. Noua nous 
sommes transportés premièrement a la Sacristie el nous avons IrouTé — Deux 
Burette et son plat d*argent. 

Un Calice d'argent — un petit Calice en vermeil et leur bourse en étoffe 
damas galonés en or — Une navette en argent avec son cuillié — un Encens- 
soir et sa navette et son cuillié en argent — un Ostenssoir dargent une navette 
arqiiemi avec son cuillié — Deux armoire en bois de novér — Deux Burette 
detain et son plat — Deux chandelliér cuivre doré — f ix petits cbandelliér et 
leur croix — six autres grand chandelliér le tout arquemi. 

Chazuble trente truis galonné en fin avec leur étoile manipule et Toile de 
calice et en étoffe de soye de diversses couleur galonné en fin. 

Six autres chasuble en soye et étoffe de soye diTersses couleur galonnée en 
(aux ou en soye — dix damatiques avec leur étoile — Trente parement en fin 
en faux et en soye grand et petit — Huit chappe avec leur étoile galonné ea 
fin — Sept douzaines daube — six douzaine damit ^ sept douzaine purificatoire 

— trois douzaine de lavabos — Dix huit surpli. 
Douze corporau — Douze ceinture. 

Trois corps d'armoire de noyer servant a renfermer les ornement et linge 

— une douzaine de nape de Sacristie — Une grande table et une pelite et un 
grand coffre ; et trois armoires et une table dans la petite sacristie. 

Chapelle oratoire — Un autel en bols avec un grand tableau et trois 
autre petit. 

Salle dc chapitre — Un autel en bois -^ quatre chandelliér en bois doré 
«^ cinq tableaux et huit bans. 

Salle de recreatiox — Six tableaux — une grande table — une varge 
(vierge) en marbre sur s^u piei destail. 

Chapelle oratoire lt son cabinet — elle est peinte sur le mur — un 
aute! ea bois doré, un tableau dusus lautel entourré de banc de noyer — un 
autre banc de :;over et une crèche et quelque tableaux et un armoire de sapin. 

Pharmacie — Dans laquelle trois mauvais armoire et quelque peu de 
dro^rue a leur usa^'e. 

L'office — Des baus et tab'.e le tout vieux et un garde robe vieux en Sij ia. 

Refflctoire — Garai des tables et garui au tour en bois de noyer — une 
chaire à nover. 

m 

Infirmerie — Six petit armoire — ua Buffet — ua jtaravant — un lit 
sans rideau — quatre lit garai — trois table de uoyér. 
Souillarde — Di versées casserolle eu fer et ea cmvre — quatre bassine — 



DE NOTRE-DAME DE LA COMPASSION 207 

une cuvette a lavé la vesselle — une tourtière en cuivre — plusieurs marmitte 
et une poissonnière et un chaudron. 

BinLioTEQUB — Environ cinq cent volume et un chaudron en cuivre. 

Un oratoirb — Contenant un autel en bois doré avec un tableau au 
dessus et divers portrait. 

Fait et clos le jour et an que dessus. 
Curèt off. M. 

Ce jourd'hui le Quinze septembre mille sept cent quatre vingt douze, Tan 
4mc de la Liberté. 

Nous J H* Curét et Gagnieur membre du Conseil de la Commune de Lyon. 
— En vertu de Tarretté du Directoire de District du 14 courant nous nous 
sommes transportés ce jourd'hui quinze dudit mois pour faire Tinventaire et 
le transport de l'argenterie chez les Dames cy devant Carmellites. 

Ayant pesés un calice en vermeil et en argent avec leur pattene 

Pesant six marc sept onces et six deniers, cy 6m. 7«>. 6^- 

Deux burettes avec son bassin [>esant trois marc trois onces et 

douze d.rs, cy 3 3 12 

Un ostensoir y compris ces cristaux pesant trois marc trois 

onces et six d. rs, cy 3 3 

Un Knssenssoir et une navette et sa cuilliere pesant cinq marc 

et SIX onces, cy 5 6 

Un ciboire vermeil pesant six onces 6 

20». 2o, 
Le tout reconnu et pesés cest trouvés le poids total de vingt marc deux 
onces. 

Fait et clos le jour et au que dessu?. 

Curét off. municipal, Oaomibor laine Ni>i«. (Archives de la ville,) 

Le 21 septembre la Gommanauté des Carmélites tint sa dernière 
assemblée générale avant la séparations de ses membres. En 
voici le procès -verbal : 

Ce jourd'hui 21 septembre mil sept cent quatre vingt, douze, sur Theure de 
quatre après midi, assemblée générale a été tenue de la Communauté des 
Religieuses Carmélites de Lyon convoquées à la manière accoutumée. 

Notre Révérende Mère Supérieure a dit que la Communauté a été informée 
du Décret de TAssemblée Nationale du 17 aoust 1792, et qui leur a été 
notifié le 10 septembre suivant, portant que toutes les maisons des Religieuses 
et Religieux seront évacuées par lesdits Religieuses et Religieux au premier 
octobre 1792. 

Mais avant de se séparer elles pensent qu*il convient de faire un recense- 
ment général et état nominatif de toutes les personnes qui composent actuel- 
lement la Communauté, avec la date de leur naissance et de leur admission 
dans Tétat Religieux, dont on enverroit un double à MM. les administrateurs 
du District de cette ville, pour les prier de le vérifier et ensuite le consigner 
dans leur registre, et même d*en disposer un autre entre les mains d*un 
notaire de Lyon, pour que chaque personne de la Communauté puisse au 
besoin y avoir recours et établir quelle faisoit partie de ladite ci-devant Com- 



20S HISTOIRE DU COUVENT DES CARMELITES 

munauté des Carmélites de Ljon et avoir droit au traitement accordé par 
l'Assemblée Nationale. 

En conaéqueace les Registres ayant été apportés sur le bureau, il a été 
procédé audit recensement gênerai par ordre d*anciennet^, et il a été reconnu 
que la Communauté est actuellement composée des personnes ci-après dénom- 
mées : 

Mère Jeanne Elisabet Cbirat, née à Lyon le 13 septembre 1716, paroisse 
^^aint Nizier, et qui a fait profession dans cette maison le 22 aoust 1737. 

Sœur Barbe Gillier, née à Lyon sur la paroisse Saint Nizier, le 7 décem- 
bre 1720, et qui a fait profession dans cette maison le 25 mai 1741. 

Sœur Marie Anne Moline, née à Lyon sur la paroisse Saint Nizier, le9 février 
1725, et qui a fait profession le 8 septembre 1745. 

Sœur Rose Bais, née à Lyoa sur la paroisse Saint Pierre, le 19 juin 1728,et 
qui a fuit profession le 8 septembre 1748. 

Sœur Catherine Fayet, née à Lyon sur la paroisse Saint-Kizier, le 
24 juin 1728, et qui a fait protession le 7 avril 1749. 

Sœur Jeanne, Marie Froment, née à Lyon sur la paroisse Saint Paul, le 29 
novembre 1724, et qui a fait profession dans cette maison le 7 mai 17c0. 

Sœur Marguerite Bourg, née à Saint Chamond en Lyonnois sur la paroisse 
<ie Notre Dame, le 3 février 173?, et qui a fi.t profession dans celte maison, le 
1-' janvier 1755. 

Sœur Jeanne Goutelle, née à Lyon sur la paroisse Saint Nizier, le 28 novem- 
bre 1732, et qui a fait profession en c^tte maison (dont elle est actuellement 
Supérieure) le 23 octobre 1757. 

Sœur Françoise Bruyas, née à Lyon sur la paroisse Saint Nizier, le 

28 juin 1729, et qui a fait profession de sœur Converse dans cette maison le 

29 mars 1760. 

Sœur Marie André Joséphine de Jonage, née à Lyon sur la paroisse d'Enay, 
e 18 mars 1738, et qui a fait profession dans cette maison le 6 septembre 1760. 

Sœur Julienne Chalant, née à Saint Chamond eu Lyonnois sur la paroisse 
Saint Pierre, le 11 aoust 1727, et qui a fait profession dans cette maison le 
27 octobre 1760. 

Sœur Marie Anne Béraud, née à Bourg en Bresse sur la paroisse de Notre 
Dame, le 13 aoust 1741, et qui a fait piofession le 18 septembre 1761. 

Sœur Anne Vial, née à Lyon sur la paroisse d*Knay, le 26 juillet 1732, et 
qui a fait p ofession le 15 janvier 1763. 

Sœur Catherine Faure, née à Lyon sur la paroisse Saint Pierre, le 10 mai 
i74i, et qui a fait profession le 16 avril 1764. 

Sœur Jeanne Richon, née à Lyon sur la paroisse Saint Paul, le 10 juin 1746, 
et qui a fait profession le 14 janvier 1765. 

Sœur Jeanne Marie Peillon, née à Lyon le 29 aoust 1745 sur la paroisse 
Saint Nizier, et qui a fait profession le 15 aoust 1766. 

Sœur Marie Deville, née à Lyon sur la paroisse d'Enay, le 18 février 1748, 
et qui a fait profession dans cette maison (où elle est actuellement économe) 
le 4 juin 170S. 

Sœur Marguerite Moynier, néd à Lyon sur la paroisse Saint Nizier, le 

27 novembre 1743, et qui a fait prfoessioa le 8 septembre 1769. 

Sœur Emerentienne Richon, née à Lyon sur la paroisse Saint Paul, le 

28 juin 1753, et qui a fait nrofession le 15 aoust 1771. 



DE NOTRE-DAME DE LA COMPASSION 



Ï(W 



Sisur ClaadÎDe Vulii^, née à Moolbrisoa sur la parûisge Sainl André, le 
^18 iiorembM ITW, et a fail prûfeasion en celte mniBon le 6 mai i77i. 

Sœur Jeanne Marie Ducully, aée & Saint Chamoud en Lvuniiols sur la 
■'paroisie de Nolre-Dome, le 1 janvier ni5, et qui a fait profession en oetlo 
pnsiion le Sjuillel 1773. 

Sœur Mûrie Anne GuularJ, née A Lyon sur la paroiEie Saint Pierre, 1 
S novembre t719, et qui a fait | rofeMion en celte maison t« 2 aouBl 1771. 

Sœur Marie Lucie de Mijoli "^ ^ Ljod sur la parotisa Suial Paul, la 
3 w|)tembre 1753, et qui a fuit proiésaîon le 7 nousl 1771 eu cetia maison. 

Sœur JDqueliue Pinel, néesur lai)BroiNedeSsiulOidier,leK)ouvembrel748. 
et qui a lait profession de tœnr Cuiiverse dans celte maison le H juillet 1777. 

Sœur Audre Herque, née & Lfou sur la paroisse Saitil Nizier.le (3 juin 
177£, et qui a fail profession dane celte maison le 1" novembre 1773. 

Sœur Suzanne Clément, née û Lfoii sur la pnroisip Saint Pierre,1e 3 sep- 
tembre 1757, et qui a fait profession dans cette maison le S décembre 1780. 
Stenr Marie Prançuise de Borsaul, n<^e b Bourg tu Bresse sur la paroisse tie 
Notre-Dame, le 1" octobre 1760, et qui a fait profession dans celte maison le 
1" novembre 1781. 

SœurTieunetleCbambri, aée sur la paroisse deSoussleu, le £S mars IT53, 
et qui a fait profession de Sœur Converse en celte maison te 13 Juin ITBÏ. 

Sœur Maileleioe la Sausse, née à L;on sur la paroisse Saint Pierre, \e 
85 juillet 1760, et qui a fait profeasiou en celle maison le 14 avril 1783. 

Sœur Fleur; Buisson, née sur la paroisse de Savigné, le i sepletnbre I7&i, 
etqui afalt profession de sœur Converse en cette maison le 17 mal 1787. 

Soeur Louise Hossari née ù Saint Chamond m Lyonnois sur la paroisse de 
Notre-Dame, le 13 octobre 17â7, et qui a fait profession dans celte inaiBou le 
13 octobre 1737. 

Soeur Benoîte Piot, née en cette Tille sur la paroisse Saint Niiier,]â 6oC' 
iobcel739,eslii notre sert leedaus celle mnisonenqupiile de louriére depuis 176S. 

Sœur Claudine Boni, née sur la paroisse de Qrijfui, le S avril 1770, etqui est 
au service de cette maison en qualité de tourière depuis 17S9. le eo septembre. 

Signé : S. Elisabetti Chiral, S. Marie Barbe Gillier, S. Marie Anne Uo- 
lioe, S. Rose Bais, 3. Catberine Fa;et, S. Jeanne Marie Froment, S Har- 
guerile Bourg, S. J. Harie Ooulelle supérieure, S. Marie André Joséphine 
Jonage, S. Julienne Cbaland, S. Anne Marie Beraud, S. Aune Vial, S. Calhe- 
line Paure, S. Rlchon l'ainée, S. Jeanne Peilloa, S. Marie Deville économe, 
S. Marguerite Uojnier, S. Emeraacisnne Rïcbon cadetle, S. Claudine Valia, 
S. Jeanne Marie Ducully, S. Marie Anne QouUard, S, Marie Lucie de Majol, 
S. Jeanne André Herque, S. Susaaae Clément, S. Marie Françoise Borssat, 
S. Magdelaina Li Sausse, S. Lnuiw Rossary. — Les sœnrs du Voile blanc — 
8. Lucie Brujas, S. Marie Pinel, S, Ëliennelte Cbambr;, 5. Fleurie Buisson, 
S. Benoite Piot touriere, S. Claudine Bon}- touriere. 

Le 22 septembre 1792, le Directoire du District aiTéte que les 

Admiaietratcurs seront divîséa en sections, pour se rendre dans 
les différentes communautés à l'effet do prendre les clefs qui doi- 
vent leur être remises par les ci-devant Religieuses ou Religieux, 
f Trois jours aprô3,ie 25 septembre, il décide que les membres qui le 




«0 HISTOIRE D(J COUVENT DES CARMBLITSS 

Gompo«eat m diviseront pour m rendre dani les àitCénàte» eom- 
muDButih rcligMniXTR, toit gioor y mettre la leelUs, loK foar 
j faire Iraaaiiorler ea àea lieDX sUn Ui eir«t« Im plus pràâenx, 
«t ip porter liant let cavei du Dialriot le outTr« et l'^tun qti'ila 
trouveront dam »« nuisons. 

Knfln daiii la séance publiqne do 4 octobre suivant, 1« Direc- 
toire du r^istrict nomme M. Carron, commiMaire puur m Inas- 
porter le lendemain, 5coiiranl,danB la ci-devant Maison Claostnte 
de" RcligieUMM Cariuâlilet, à l'ellet de procéder i la vérification 
des diffûrenti objets qui doivent s'j trouver. 

Le niAme jour, i uctubro 1763, Us ReligieascH Carmélites 
furent obligi'ca do quitter l'usité qu'elles ne devaient plus revoir. 
I^es unes sa rutirùreiit dans leurs familles, los aulroa restèrent ft 
Ljon oïl, (iispcTsées en pi-tilea bandos afin de lie pas éveiller 
l'attention de l'autorité, olles s'aidvrcnt mutuellement du travail 
de leurs mains et consc-rvén-'at leur rapport de soumissiun avec 
leur Mùro Prieure; quelquefois elles maaqn<>rent du nécessaire, 
mais tùutt^s conaervùrent leur fidélité k Dieu et i leurs engage- 
monts sacrés. 

Après le départ des Religieuses, l'Église des Carmélites fbt con- 
servée pendant quelque tempscommesuccurdaledclaparoisse Saint- 
Louis. I^e 5 octobre le directoire du dûstrict autorisa M. Ctispnis, 
commissaire nommé pour opérer la destruction des armoiries, 
■ k ffliro dorer les parties nouvelleiiienl raccomodèes dans l'église 
dus Carmélites afin qu'elles puissent s'assortir à tout le reste ». 
ho 7 novembre suivant, il écrivit au curé de Saint -Louis pour lui 
donner l'ordic « d'envojor réguliùroment un vicaire à l'église des 
Carmélites, succursale de sa paroisse, au lieu d'un autre prêtre 
qu'il a coutume d'y envoyer, pour éviter les plaintes qne l'on 
porte Journellement n. 

Mais l'heure de U destruction était sonnée ! Dès le mois du 
novembre 171):^, les splcndides tombeaux de la Maison de Ville- 
roy, chefs d'œuvrc de Jacob Ricbier et de Bidaut, et les 
ries qui décoraient l'église des Carmélites étaient renversés et 
complètement détruits par les soins et sous la direction du citoyen 
Morenas, procureur- syndic provisoire du district de Lyon, qui se 
Ht un titre de gloire do cette dévastation. 



DE NOTRE-DAME DE LA COMPASSION 



SU 



Voici ce qQ'on lit à la page 8 du rapport sur le « Compte de la 
gfstion des administrateurs provisoires du District de Lyon, 
depuis le 30 août 179!^, Jusqu'au 3 décembre de la même 
année. Rendu par le citoyen Morenas, Procureur -Syndic 
provisoire au Conseil du District, dans ta Séance du 3 dé- 
cembre i79S. — A Lyon, de l'Imprimerie de veuve Barret, 
quai de Retz, 1793. In—i de 53 pages. 

« La loi qui prescrivait la dsslruction de tout ce qui ponvoit 
encore retracer la rojaut<î, la tV^odalité, les diBtinctions, a été 
ponctuellement exécutée. Plusieurs monuments en cuivre et 
plomb ont été anéantis, et les débris transportda dans les trois 
dépôts destinés à les recevoir (caves de l'Hôtel -de-Ville, Réfec- 
toire de l'abbaye Saint Pierre, Grande salle de l'ETÔchi;). 

a Unbloc en cuivre ', représentant une figure de Yjlicroî, avec 
des attributs que n'auraient jamais dû lui donner des hommes nés 
pour être libres, y avoil été déposé. Notre Directoire, après en 
avoir conféré avec les Députés de la convention, a remis le tout 
au citoyen Berthier pour en foudre des canons. Puissent ainsi 
tous les raoQumenlsdu despotisme et de l'esclavage, devenir, sous 
une autre forme, l'effroi des tyrans et le soutien de la liberté, n 

A l'époque de leur dispersion, les Religieuses Carmélites du 
monastère de Notre-Dame do la Compassion résolurent de conti- 
luer à vivre en commun dans la 'pratique fidèle de leur sainte 

;le. 

Cinq d'elles se réunirent dans une maison particulière située 
prèsdu rempart d'Ainay,où vinrent les rejoindre pendant le siège 
que subit la ville de Lyon, du S aodt au octobre 1703, onze 
ReligieuseadcSainte-Claire. La prudence extrême qu'elles appor- 
tèrent dans leurs rapports extérieurs les fit échapper pendant 
quelque temps à la surveillance des sections révolutionnaires. 
Ce fut le mardi onze février 1794, que les commissaires du club 
contrai et des sections se présentèrent pour la première fois dans 
la maison où ces Religieuses étaient réunies, et sur leur refus de 



nrlci <le NeufviUe de Villerpj, qui 
Dnporlé ail dtpAl de SaiQl-Piem, 
raibpu 1792. (Uopold Nieppp, Lu 



mon 
^bue: 

■^ c 




2li HISTUIBE 1>V CllCVKNT LiES CARMÉLITES 

prôter le serment ils les firent conduiro un prison, oti après troit 
juttrs de détention pendant losiiuels elles furent en bulle à toutes 
corles d'obsessions «t d'injures, on les mit en libcrt<^ Mais le 
26 mars suivant, les Oiiniiélites et louri compagnes l'meiit arrâUes 
do unuvoau et conduitoa devant la Commission leniporaire A» 
surveillance riS^ublioaîne, où la lendemain, 7 germinal an II 
(27 murs 17fl4), lecitoj'en Scûvola liayoa procéda à leur inter- 
rogatoire, et le même jour les envoya au tribunal révolulîonnair» 
qui devait les juger. Voici les interrogatoires et pièces à convio- 
lion contre les Curmi-litcs, transmises par le cilojen Gu;od k la' 
Commission Ri^'Voluticinnaire avec sa demande de mise eu juge* 
ment. 



UALlTli 




«LA C M M I S b 1 iN TEMPORAIRE 
DE SURVEILLANCE RÉPURLICAINE, 
établie A CoMML'NK-AFFnANCHiu, par les lieprhentantt à 
Peuple, envoie il la Commission Riivotutionnairo cinq ci davu 
religieuses, quelle voudra bien juger le pluICt possible, les i 
lerrogalotrcs et pièces de conviction sont cy inclus. 

« En commission le? gi?rminal Tan 2° da la république fraa^ittj 
démocratique une et indivisible. 

Salut et fraternité, Scevou Guyon. i 



DE NOTRE-DAME DE LA COMPASSION 213 



INTERROGATOIRE DE MARIE DEVILLE 



Ce jourd*hui 7 germinal Pan 2 de la République Françoise est comparu par 
devant la Ck>mmis6ion Temporaire la citoyenne ci-aprés nommé. Le citoyen 
Scevola Guyon, membre de ladite Commission, lui a fait Tinterrogatoire ci* 
après : 

D. Son nom, profession, âge, demeure et pays. 

R. Marie Deville, âgée de 40 ans, natif de Lyon, sœur Carmélite. 

D. Pourquoi elle a conservé le titre de Carmélite. 

R. Que c'était par mégarde. 

D. Si elle se croit encore sœur Carmélite. 

R. Qu'oui, qu'elle ne renonce pas a ses vœux, qu'il s'en faut de beaucoup 
qu'elle y renonce. 

D. Si elle a porté le serment prescrit. 

R. Que non. 

D. Pourquoi elle ne l'a pas porté. 

R. Parce qu'il est contraire a sa conscience. 

D. Si elle aime la Constitution Républicaine. 

R. Qu'elle est toujours soumise aux lois purement civiles. 

D. Si elle Ta connoit la Constitution Républicaine. 

R. Qu'elle la connoit par rapport à ce qui ce rapporte aux lois civiles. 

D. Si elle a été fâché de la mort du Roi. 

R. Qu'elle est fâché de la mort de tous les malheureux. 

D. A elle observé que sa réponse est équivoque et qu'on ne peut pas être 
fâché de la mort d'un scélérat. 

R. Qu'elle n'a jamais regardé le Roi comme un scélérat. 

D. Si elle regarde le fils de Louis seize comme roi des François. 

R. Qu'elle n'y a pas même pensé. 

D. Qu'est ce qui lui a permis de re er en Communauté avec quatre de ses 
sœurs. 

R. Que ce n'est pas être en Communauté que d'être cinq ensemble. 

D. Ce qu'elle pense de la division qui a existé entre la ville de Lyon et la 
République. 

R. Qu'elle ne l'a pas examiné. 

D. Pour quelle parti elle prioit Dieu pendant le Siège. 

R. Qu*elle prioit Dieu pour l'accomplissement de sa volonté et pour sa plus 
grande gloire. 

D. \ quoi elle s'est occupé pendant le siège. 

R. A ce qu'elle s'occupoit ordinairement. 

D. Représenté a elle une note contenant un bordereau de numéraire ou 
argent distribué entre sept personnes, et demandé de quel époque. 

R. Qu'elle ne sait pas. 

Après avoir fouillé ladite personne nous avons trouvé 48 sous de six liards 
dont plusieurs de 2 sols, 24 gros sols, un liard et des jettons, 25 livres en 



214 HISTOIRE DU COUVENT DES CARMELITES 

billets de dix sols, quarante deux billets de quinxe sols faisant trente Doe 
livre dix sols, ainsi que plusieurs ustencilles, couteau, étui et autres objets de 
superstition ainsi que ciuq assi^ats de dix livres. 

De plus D. Si elle airoit quelque charge dans sa communauté. 

R. Qu'elle était dépositaire. 

D. A elle observé qu'il est impossible qu'elle ne se rappelle pas a peu 
près Tépoque a laquelle avoit été faite ce bordereau. 

R. Que cela avoit été (ait dans un temps de partage. 

D. Pourquoi il y avoit eu un partage de fait sous la communauté oohre la 
loi de leur institut et contre la loi de l'Etat. 

R. Que c'était des choses qu'elle avoit reçu d*aumones. 

D. Ce que c'est que la citoyenne Vaubertrand. 

R. Que c'est une citoyenne demeurant me Mizere. 

Lecture faite du présent et dit contenir vérité et a signé : llAaiB De- 
ville. 



INTERROGATOIRE D'ANNE VIAL 

Ce jourd'hui sept germinal l'an 2 de la République une et indivisible est 
comparu par devant la Commission temporaire de surveillance Républicaine 
la citoyenne cy après dénommée, et interrogé par le citoyen Scevola Guyon 
commissaire de ladite commission. 

D. Son nom, prénom, qualité, âge et demeure ? 

R. A nne Viol, Carmélite, âgé de 62 ans, natif de Lion. 

D. Pourquoi elle n'a pas quitté la qualité de Carmélite. 

R. Qu'elle en avoit fait le vœu à Dieu et qu'elle le conserveroit toujours. 

D. Si elle a prêté le serment conformément à la loi. 

R. Que non et que si on vouloit le faire prêter qu'elle ne le préteroit pas. 

D. Si elle aime la Constitution Républicaine. 

R. Que non. 

D. Si elle aime mieux l'ancien régime que le nouveau. 

R. S'il exisioit qu'elle l'aimeroit 

D. Si elle aime le nouveau Régime. 

R. Qu'elle étoit soumise aux lois purement civiles* 

D. Si elle a fâché de la mort du Roy. 

R. Qu'elle en étoit fâché comme de la mort de tous les malheureux, 

D. Si elle nimeroit le Roy. 

R. Quelle l'aimeroit comme un sujet doit aimer son prince. 

D. Si elle avoit prié Dieu pour luy. 

R. Qu'oui. 

D. Si elle avoit re^^ardé son Roi comme l'oppresseur de son peuple. 

R. Que non. 

D. Pourquoi elle n'a pas obéi à la loi qui défendoit de rester en commu- 
nauté. 

R. Qu'où leur avoit permis de rester. 

D. Qui leur a permis de rester. 

R. Qu'elle ne sait pas. 



DE NOTRE-DAME DE LA COMPASSION 
JB ciuq ememble. 



21& 



D. Pournufti elle s'était 

R. Par économie. i 

D. Si elle connoit Barba (jilier, Mnrie Anne Moline, Uarie Ueville, Suianae 
Clemeiil. 
' R. Qa'oui qu'elle vivoie.it enietnble. 

' D. Si elle connoil deux pnpUri qui lui sont prâseiiléB, 

R, Qu'oui. 

D. Pourquoi étant réuDJes elle oui coDsei'vé le Dom :1e «Œurs Carmelilei. 

R, N'a pat roulu dire peurquoi. 

1). Ce qu'elle a fait peailaut le aiége. 

H. Qu'elle a Tait m ecupe. 

D Si elle a prié Dieu pour que les troupes de la République fussent battu 
par lec Ljoanois. 

R. Quelle aTOJt prié Dieu pour le bien de la paix et raccompliuemenl de In 
volonté de Dieu. 

D. Si elle alloil i la messe pendant le siefre. 

R. Que oon. 

D. Combien de temps il j a quelle o'a pas été a la Messe. 
'I R. Qu'elle ne s'en souTÎeiil pas. 

'I Apr^s l'avoir fail fouiller avons trouvé a son col deux petites médaillet et 

une croix, trois petits livres contenniit plusieurs Images fanatique», deux 
jj ouuleDui. deui disciplines, une ceinture de fer, utie pièce de douïe «ois. une 
i de £4, el s.i sols de six liards. Trois pièces de deux sols, deux de deux liards 
1 deux éluii. une pnire de ciieaux, une petite boette de Relique, trois det, un 
^ chapelet à gros groins. 

Lecture laite du présent a dit contenir vérité et â signé : Annh Vial. 



INTERROGATOIRE DE MARIE ANN'K MOLiNE 



Est comparu par devant la CommisiUin tempornire ce sept germinal 
de la République Françoiie une et iofltvisible la citoyenae ej après : 

Je demandé son nom, prénom, âge. profeasion et demeure. 

R. Sapelle Maria Anne Uoline, Religieuse Carmélite, '0 ans, m 
Commune-Affranchie, Départ, du Rhône. 

D. Pourqaai n'ai elle pas quitté son stat de Carmélite. 

R. Qu'elle en avoît fait vœu 4 Dieu etquelle le conservera loujour». 

D. As tu prête le serment prescrit par la loj-. 

R. Non Bans doute. 

D. Aime tu la Couslitulion f 

R. Qu'elle ne la coonaissoll point el qu'elle ne vouloil point la connt 

D. A elle demande s'il elle aime la République. 

R. Qu'elle ne a-:«ïoit pnB ce que c'oloît. 

D. A elle demande si elle a feché de la mort du Roj. 

Qu'elle ne se meloit pas de tout qa qu'elle aimoit son Roj comme a 
un prince chrétien et qu'elle ne ta Jamais regardé comme un lirsn. 

D. A ellG demandé li elle avait prié Dieu pour lui. 




218 HISTOIRE DU COUVENT DES CARMELITES 

R. Que non et qa*elle le regardoit comme un prince qu*on doit respecter. 

D. Pourquoi elles étoient resté en communauté. 

R. Qu'on le leur avoit permis. 

D. Qui le leur a permis ? 

D. Que c'étoit le feu *■ qui Ta causé. 

D. Si elle connoist Marie Anne Moline, Anne Yial, Marie Deville, Suzanne 
Clément. 

R. Qu*oui que c*ëtoient ses sœurs religieuses toutes reunies ensemble, vivant 
en communauté. 

De plus a elle représenté deux billets donné au citoyen Gattin et par elle 
signé a reconnu sa signature. 

D. Qu'elle est le prêtre qui leur disoit la messe tous les jours? 

R. Qu'elles n'en avoient point. 

D. Si y avoit longtems qu'il n'en avoit pas f 

R. Qu'elle ne s'en souvenoit pas. 

D. Ce qu'elle a fait pendant le siège f 

R. Qu'elle ne faisoit que la soupe. 

D. Si elle faisoit des vœux pour que les soldats lyonnois fussent vainqueurs 
et ceux de la République vaincus. 

R. Quelle faisoit des vœux pour la paix,, pour la conversion de tout le monde 
et que tout rentra dans Tordre et que Dieu fut gloriffté. 

D. Qu'elle etoit son perd ? 

R. Marchand de Lion. 

Après avoir fait la fouiller de sa personne on a trouvé vingt huit assignats 
de dix sols, trente huit assignats de quinze sols, plus trouvé qpiarante et un 
assignats de dix sol neuf, neuf assignats de ving cinq sols, quatre assignats 
de cinquante sols. Ensuite à été trouvé sur elle un contract déchiré en pièce, 
de plus on lui a laissé sept livres dix sols pour sa nourriture et n'avons trouvé 
que des signes du fanatisme ; 

Fait et clos le jour et an que desus et après lui avoir fait lecture du présent 
interrogatoire a déclaré contenir vérité et l'avons requis de signer et a refusé 
de signer. 

Certifie conforme Scevola Guton membre de la commission chargé de 
faire l'interrogatoire. 

REÇU DONNÉ AU CITOYEN CATTIN 

Nous soussignés les sœurs Carmélites de cette commune reconuoissent avoir 
reçu du citoyen Gattin gardien de laditte maison la somme de cinquante livres 
fait a Commune -Affranchie ce 25 pluviôse 1 an deux de la Republique francoise 
une et indivisible et démocratique. Bârbb Gillier, Marie Annb Moline, 
Anne Vial, Marie Deville, Suzanne Clément. 

Anne Vial (Sœur Marie -Anne-Madeleine de la Croix) fat con- 
damn(5e à mort par la Commission révolutionnaire le 16 germinal 
an II (5 avril 1794), et exécutée le même jour sur la place des 
Terreaux, 

i F«a pour ménage, fimillei 



ÎÎO HISTOIRE DU COUVENT DES CAHUKLITES 

lors do son interro^aluire du mépris jioiir l» Rtfpubliqne et do 

regret sur ta morl du ci-deTHnl tjrnn. 

a Toutes les propri^t^B des susnomni^ sont confîsqu^es au 
profit do la R<5publiqDe, conformémeat i la loi. 

■ En cons^qnenco, la Commisaion Ri^voIdtîooQaîro charge le 
Commandant de la place de Conimune-Alfranctkie du fairu mettre 
à ci^ciilion le présent jugement, lequel aéra imprimé et afâobi! 
partout où besoin sera, 

• Ain^i proQonci-, d'aprâs loa opinions du Pierre Matthieu 
Parein, Président ; d'Antoine Lafa^e aln^, de Pierre Aimé Bru- 
itJdre, de Joseph Pernex, et d'André Corchaud, tous Membres de 
la Commission. 

<i Paît ù Commune-Affranchie, le 10 germinal, l'an second de 
la République francise une. indivisible et démocratique. 

«Signé sur la minute : Parfin. président: I.apate alm*, 
BauNiRnr':, Fermes, CorciiakI). 

« Collationné conforme à l'original, Bbbckst, secrotairo gref- 
licr di.- la commisi'ion >i 

Le huitième et dernier l.ibleau des contre -ré volutionnatree mis 
à mort à Commune AfTrancliie. oi-devant Lyoji, imprimé par 
Revol, rue Thomassin, u" 62, mentionne la condamnntion delà 
Sceur ViaL ainsi qu'il suit : 

a N" iG7(i — Anne Vial — (12 ans — née â Ljon — demeu- 
rant rue d'Enay — ci-devant carmélite — pour n'avoir pas voulu 
se conformer aux lois, et avoir oiprimé lors de son interrogatoire 
du mépris pourla République et du regret sur la mort du tyran.» 

2" PROCÈS- VERBAL d'kSÉCLTION 

LIBERTÉ — ËfiALITÉ 



• Ce jourd'hui seize germinal l'an deuxième de la République 
française, une. indivisible et dt'mocratîque, 

« Nous Jean François Brecliet. secrétaire greffier de la Com- 
mission Rt'volutionnairc établie i Commune- Affranchie par les 
repréaentans Ju l'euple, en vertu du Jugement do la Commission 



i 



DE NOTRE-DAME DE LA COMPASSION SU 

Révolutionnaire en date de ce jour, i>t accompagna des Cilojens 
Parantbon et Forcst, ofdclers municipaux, nous sommes transpor- 
Ua sur la place de la Liberté ' a midi et demi pour assistera 
l'exécution qui a étû faite sur ladite place de la Liberté par l'exé- 
cuteur dos mandements de Justice qui a sur le champ ttuillotin<S : 

« Joan Geneste fl!s, Antoine Poincot père, Maurice Rajas, 
François Bridet, Claude Saint Didier, Michel Âiicelme Blanciiar- 
dori) Etienne Clément, Antoine Mercier, Tiemon Myottc, Anne 
Marie Fajol, Marie Ghapuis femme de Jacques Pejtel, ANNE 
VIÂL, Benoit Poncet, Thomas Liottié, Marguerite Lafond et 
François Lafond. 

<t Après laquel Exécution nous sommes Hetirés à l'heure deuue 
d'après midi après avoir rédigé le présent procès verbal. 

« Fait et clos à Commune-AlTranchie ce jour et an que dessus, 
et ont les citoyens Paranthon et Forest signé avec nous. 

« Signé: BRECHET,PARANTH0Nof8ciermunicipal, JEAN-BAPTiSTE 
FoBEST officier municipaL » 

(Archicea du département du Rkônt.) 

Le lendemain, 17 germinal, les quatres autres Carmélites incar- 
[eérées avec Anne Vial furent condamnées â la détention par la 
imission Révolulionnaire. C'étaient les Sœura Marie-Anne- 

lérèse de Suint-Albert Deville, Marie-Suzanne-Thérèze du 

int-EsprJt Clément, Marie Barba de la Conceptioii Gillier, et 
'arit; Anne Constance de la Sainte-Trinité Moline. 

Voici le texte de leur jugement : 



LIBERTE — EGALITE 

JUGEMENT de la Commission Révolulionnaire pro- 
Honcd e/i 2»'àsc}ice du peuple, sur laplacedc la Liberlé 
le dix sept germinal l'an second de la République 
Française une, indivisible et démocratique. 



i Considérant qu'autant il importe au salut du peuple de frapper 
IX qui conspirent contre sa liberté et son bonheur, autant il 



m HISTOIRE DU COUVKNT DES CARMELITES 

importe à t'aiï«>rmissomont c!e la Ri'publiquo de séquestrer de son 
geiii ceux qui yar leurs aotîona, leurs discours, et leurs i^crits, ont 
agit>'B le soi lie la Libert(5, ceux qui eneruutvs du [iréjag^s de 
naissBilce, d'Etat, ou des erreurs du fanstismo, traubleat 11 trati- 
quiliti.' publique en manifustant cled opinion» contraires au Régime 
Hi'publicain. 

« Ceux dont les parents ont abandonni^a leur patrif pour alk-r 
lui susciter des ennemis. 

H Ceux enfin qui sont suspectée d'avoir des intelligences avec 
les lirana coiiUs^s leurs agents ou leurs complices. 

Ouïea les Réponces aux interrogatoires subis par lescy-après 
nommées. 

« La Commitaion Rvéoltilionnaire condamne à la détention 
conformément il ta loi ' : 

" Françoise Magnior, Ugée du 40 ans, ci devant religieuse de 
Sainte Claire, native deCommuneAffranctiie, demeurant à Esnav. 
section de Saoïine. 

n Marie Devitle, figée de 40 ans, ci devant religieuse, native 
idem, demeurant a idem, sactton idem. 

i^uxanne Clément, âgée de 3(5 ans, ci devutit idem, native de 
Commune Affranchie, v demeurant section de Saonne. 

a Barbe Oylln-l [fiillier], âgi^e de 74 ans, ci devant idem, 
native de Commune- Affranchie, y demeurant section de Saonne. 

a Marie Anne MoUne, &gé de 70 ans, ci devant idem, uatîve 
de Commune Aliranchie, ; demeurant à Enay, section de Saonne. 



a Eu conséquence des scellés et séquestres seront apuséa sur 
leurs biens si l'ait n'a éld pour être régis et gouvernés conformé- 
ment à la toi, 

I Dani la rédiction d« e* Jugsnml, rharjoa leii qn'il a'iglt d* nllgttOMB, 1* 
girnitr n'i âoaai dn indicalioni pnriiot lur la* i|Utlil<> «t dimaurga dsa coodan- 
ut» lut pourcclln qui aoBt inaculca au conmcuirfinsnt da ohaqua paga, al a*«H 
coaUiitl, pour lia (ulTinlai, de instlra un |<drm| lani at pTtocrafitr ai er> ntina 



DE NOTRE DAMt: DE LA COMPASSION 
1 Le présent jugement sera imprimû et afdché partout o 



( Ainsi proiioncf', d'après les opinions (k- Pierre Mathieu 
Pareinipn-sident.il'AntoineLafaje aîné, de Pierre Aimé Bpuniere, 
de Joseph Fernes, et li'Andrd Gorchand, tous membres de la 
Commission. 

a Fait à Commune Affranchie le dix sept germinal Tan second 
delà République française une, indivisible et démocratique. 

In Signé Parbin président, Lafate aine, Gorchand, Brdnière, 
KRNEZ. » 
(Archives du déparifment du Rhône.) 
Les Carmélites condamnées à la détention par la Gonunissian 
ivolutionnaire ne recouvrèrent leur liberté que le 19 novembre 
1704, quatre mois après la chute de Robespierre au 9 Iherinidor 
an H (27 juillet 1794), qui mit fin au régime da la 'l'erreur. Après 
leur élargissement au bout de huit mois de dure délentioD, elles 
se réunirent en secret à leur cumpagnes dispersées, mais lorsque 
l'orage fut oii peu apaisé et que les temps devinrent plus calmes, 

Iguelq nos- unes d'entre elles se rassemblèrent dans la maison de Jo- 
tUge, à Bellecour, oCi elle vécurent en commun soua la direction 
is la Révérende Mère Goutelle, ancienne prieure du Monastère de 
l^on. En 1802, elles étaient réunies au nombre de douze, savoir : 
Rs Révérendes Mères Marie de Saint Joseph Qoutelle, prieure, 
Indi'é Elisabeth de Saint Henri Hei-que, Marie Thérèse de Saint 
Albert Deville, deposilaire ; les Sœurs Jeanne Henriette du Cœur 
de Marie Richon. Marie Emcrentienne de Saint Michel Richon, 
Claudine Thérèse de Saint Joseph Valin, Thérèse Marie de Jésus 
: Borssat, Marie Suzanne du Saint Esprit Clément, Marie 
^nne Motine, toutes anciennes religieuses professes du couvent 
9 Lyon; Marie de l'Assomption Mercier, religieuse professe, du 
couvent de Tré vous, Jeanne Marie, sœur converse du couvent de 
Maçon ; endn Marthe de l'Enfant Jésus Pinet, sœur converse du 
wuvent de Lyon, qui ne voulut jamais se séparer de ses Mères, 
tartagea leurs dures privations et se dévoua à leur service. 

Elle allait daus la ville faire des quâtes aDn de les aider, tra- 
Killait sans relâche et faisait loits ses eflbrls pour soulager autant 



Ulau 

nn 
I I 




!Î4 HISTOIBK DU COL'VEXT DKS CABMKLITES 
(|uo possibk' U diftrcsse dans Uquellu lu petite commun au lu se 
trouvait so:iveDt. Avec une abnégation ot une douceur ailiiitrablo 
elle recevait les repi-oches, les nioquorles et les mauvais traite- 
ments. Comme elle avait conservé l'uss^'o des ctiau^^scs (bas du 
drap grossier faisant partie du viMement des Csrmi5lites), il arri- 
vait souvent que les personnes qui la rencontraient, peu habititi'es 
à voir cette chaussure, l'arrêlaienl en lui disant : MaJame vous 
avez mis vos Las 1 l'envers. 

Sœur Marthe de l'Eufanl Jé^as fut une vraie resïourco pour les 
Caniii'liles ; aussi ses Sa'urs lui ont-elles lutijours conserva une 
gmni« reconnaissance, et son souvenir est resté vivant dans la 
(Communauté. 

LelOfévrier ISO», M. l'abbé du Brassac, ancien supérieur et 
visiteur général des Carmélilos, adressa la luttre suivante aux 
Religieuses de L^on : 

McB RétFr«ndes Mtre» pI Tré> ilirre» Sceun. 

Nous oToiu re^u avec lu p1u> prunile uliifnclion de» DouveUcs dp Lfun, pur 
vulre ^diftaiile leltro: iiuus avima été bien prin^a îles malhcun que votre ville 
infurtan^e u éprouvée pendant le r^giie ds la Irrreiir. Nûiu remeiviona Dim 
de vaut avoir ronirrvée* parmi liât de dangers el de toui avoir doiin^ U furcc 
de donner des preuve* de voire atluoliament inviolable A vos sointi eogn^- 
miintJ.ovïi' votre diiiu Époux. Un pennia oesdilTilreDteKlpreuvet auxquels tout 
Bvei él^exputfcviipour voui donner i>pcBtïi>n de faire cnnuiitreaui ennemîi de 
l'ttat retigieui que lei liens qui vous ulluubeal à rotnt Dion vous «uni plu» 
prirleui que la vie, el que let vaiiica Mliarucliuiis qu'un peut te procurer lUas 
le monde ne peuvent pas lire conijiarics nui cuniolatiuns qui sonl résenées 
aux Ames fidèles. 

Noua sommes persuadéa que vuua n'ovei jamais mieux apprécié les avan- 
tages d« \'olre Élal qiie ikpuia que vous avei mieux connu combien l'espril da 
monde est roulmire el opposa aux maximes de JéKua-Chrisl. Nous avons «oos 
les yeut de bonnet religieuKea r^uuiea, d'aulrrs disperaées par des difflonlt^ 
qu'éprouveraient leur réunion el qui rraouvelleraient leiira vteui avec pliu de 
ferveur que jamais ; elle* ae diirnl à elles-mlmei. pour Uur ronsolalian. on ne 
peut rom]ire les liens qui nous sont plus cliers que la vie puisqu'il! nous unîaaent 

noire Dieu à tilre» d'ipouse». Elles a'excilenl A celle Ddéllt* mlcesMire pour 
ae rendre dignes d'im rilre aussi glorieux el pour répondre A l'amour que notre 
Divin Maître n pour elles, 

C'eetuuegrandecunM)lalionpournousdevoDS*avoIrréunieinunombrededix. 
[Elles étaient lE, savoir : JO rDli);ieus(a de chœur el 9 conversea.) 

Noua eions su d'oilleura que Uonteigneur le Cardinal Légat avait eipoMi 
au premier Conaul la ailuallon pénible d'rm grand nombre de religieuses qui 
sont doua la misère; le premier Consul en a paru fort louclié en t^moi^n^nt le 
déiir de pouvoir adoucir leur sort ; il a ajoute qu'où les verrait eana peine se 



DE NOTRE-DAME DE LA COMPASSION 



E2J 



l^nnir aa cerlsia nombre |>uisqu'«lles peuvent pur U faciliter les moyani de 
p^HÎatonce ei que les muint uacivnnvj et cellei qui ont de la santé piuvenl 
doaiicr leurs «lint a celles qui tout li% plus Agées et qui (oal înOnnet. 

11 but nllendre le» monieDlt ilu Sei).-ii«ur et oliteulr par \ot ferreales prières 
le relabliasemenl de la i-eli^ion cl In proleclloo du gouvern émeut pour un êlal 



Il que 












I prier 



r ie tM tré* aSeclionnéj pères ( 

ï • Sigr 



Dbtaair les béaédicliuni du Ciel et I;i tranquillité publique qui produit ta 
D des aiprit* el dei rœurs. Dieu qoua Qiue In grAce de la rétablir 

issurer du Eiui'^re el respectueux attacbemeot 

I Notre Seigneur. 

■ : de Bmisai-. le 10 féTrier 1803. 

^P Es 1804 les Carmélites de L^on s'adressèrent au Cai-dînal 
Caprara, léga\ ci lalere en France, pour obtenir en favenr de 
l'oratoire qu'elles avaient établi dans leur domicile la promotion 
de^priTilègeset indulgences accoi-Ut's à leur ancienne Comiuunaiili^. 
Voici le texte de leur supplique avec l'autorisation apposa au 
bas de cette pièce par le Cardinal légat, accordant pour sept années 
U prorogation demandée. 

■I A son Emiuence le Cardiuol Caprara, lëg:at ix latere. 

\ Le* Carmélites de Lyou, réunies au nombre de doute, observonl leurs règles 
Intaot que U lucot qu'elles b;ibllenl peut le penuettre. «upplient TOIreEmi. 
oence de proroger les brefs d'indu Igeuces qu'ellesont l'honneur de voua adresser, 
et de les laire jouir de ces bieuraibi de l'Eglise dons le pelil Oratoire qu'elle* 
ont érigé dans leur domicile, de l'agrément de hou Êniineni^e le Cardinal 

»f'c*cb, Archevêque de Lvuii, el qns l.i ruSme grâce les cuivra dans loul autre 
domicile qu'elles iront habiter ensemble, rivani en i-ommunauté. 
Que Dieu vous accorde, etc. 
Paritiit die teriiâ marlii 1804 ■. 
Ùe tpeciali apoiiolicd aveiorilate a SSni6 Dtiô Nr6 Pio papa VU ne- 
bit btnisni eoncessA annutmvs pro gralia translation ii tt jiroroijationi 
ad aliltd ttptcnnium tantnm inditUi altaris pririlegiaii et ïndvIytrUta 

IruiH de guiiiu in precibus, leroalit in rtliguU formàei Itnort lingula' 
tftn Breviiim Aposiolivorum eontrariis quil»tteumgu« non ohilantilmt. 
I J. B.. Card. légal. 

[ (Place du sceuu,) 

[ La 



' La Révérende Mérc Goutelle désirait ardemment ouvrir de 



■ Psi 



|.. Smar» ISill. — ftt 



ition spoiloliqui »p*i:i»Ie ' 
SMorda Xotre Trei Siiiii ftit la Papa Pia Vil. ddub deano 
it pour 11 IranlUliOD el ta prcroKatloo , pendanl sept aatrei ■ 
loUl pnvilégit r\ des induigcncts dont s'agit, t'en tanant p 
! at I U ttDcur des Brefs Apoiloliques, si toaieroli rieo oa > 
].B„CBcdiiiall 




ïW HISTOIRE DU COUVENT DES CARMELITES 
noiiT«au l'asile du Cirmul i ses sœura ili^perst^es. Elle songea 
d'abord A U possibilité de rentrer en |>o«Hes3ion de son aocien 
couvent, mais elle dut bien vite renoncer à ce projet devant lei 
prctenlionsoxji j*'p<îcs des acquéreurs, qui demanderont 600,000 fr. 
li'uno ppopri^ttf i\ne U Nation leur avait vendue le premier joar 
complémentaire de l'au IV (17 septembre 17U0), pour le prix da 
00.040 francs. 

D'après les conseils de M. l'abbé Bochard. leur sap^rieur, et 
plus tard, en 1808, vicaireg(''ni:'ral du diocèse, aidées surtout par 
les largesses de Madame de la Barmondière, ancienne chanoinesie 
du chapitre de Joursay en Fore^, lesCarmi^liles qui étaient réunies 
ù L)'on achotôrent le U fructidor an XIII (^ avril 1805), au nom 
des sœurs Herque, Devilte et Rossary, l'ancienne maison dn la 
Providsnco, 1 la moulée Saint Barihélemv, qui avait fié vendue 
comme bien national le 28 pluviôse an V (U f*!vrier 1707). et 
dans laquelle tes S'iui-s s'installèrent après y avoir préalablement 
fait exécuter les réparations nrcessaires pour l'établissement de 
leur nouvelle communauté. 

Alors les filles de Sainte Thérèse qui avaient supporté lea 
épreuves de U Révolution se rendirent à l'appel de leur prieure, 
la IWvércnde Mère Ooutolle, ol vécurent sous sa direction, en 
babils SL-euliers, en attendant le moment favorable pour reprendre 
jour vie religieuse et se mettre en clôture, ce qu'elles ne purent 
obtenir sous le gouvernement Impérial qui n'autorisait que lea 
Congrégations religieuses vouées i l'enseignement ou au soulage- 
ment des malades. 

Le jour tant désiré arriva bientôt; le 6 janvier 1815, fête de 
l'Eïpîpbanie, les Carmélites reprirent l'babit religieui, furent 
mises en clôture par Monseigneur le Cardinal Fescb, et le même 
jour le Saint Sacrement fut posé dsns leur chapelle. Le 6 août 
1816 elles firent leurs élections capitulaires cl élurent la R. M. 
Marie Thérèse de Saint Albert Devilte prieure, la R. M. Mario 
l-)lisabeth Herque sous-prieure ; la R. M. Marie de Saint Joseph 
Goutelle qui était prieure de la Communauté au moment de sa 
dispersion en 1792 et qui en avait conservé les fonctions, malgré 
son grand fige, Jusqu'à ce jour, fut nommée dépositaire avec U 
Sœnr Henriette du Cœur de Marie Richon. A partir de ce mo- 



DK NOTRE-UAME DE LA COMPASSION 



ela 



a fat 



ïomposait : 



Monasière àc Noire I 
tellement rcconslitué, et la < 
dix-sept Religieuses. 

Le 8 septembre 1816 la Revi-rende More Gimtelle avait admfe 
trois novices ; c'^ta cnt les Sœurs Madelmne Maria Josi'phine Nep- 
ple, qui a it>5plus lard sons prieure pendant neuf ans, Pi-aoçoisc 
Claudine Maçon, et Aînx'e Françoise Colombier. D'autres novices 
vinrent successivement aug'mentcr la Communauté et remplir les 
vides qui Be produisirent parmi les anciennes Religieuses du mo- 
nastère de Notre Dame de la Compassion qui avaient reconstitué 
le Carmel de Lyon sous son ancien vocable. 

I.e 11 juin 18161a Souverain Pontife accorda à perpi'tuité an 
autel privik'gi^ dans la chapelle des Carmélites de Lyon. Voici la 
traduction du bref de Sa S. Pie VII, avec la désignation de 
rOrdinaire. 

PIE VU PAPE. - Pour In parpéluelle mémoire de la chose. Alteiilir pour 

noire cliarïU palernelle au ealul da Ions, nous allachuns, ea cerlaliien circont* 

[ancee, aux saints lieux de* iDjuI);encea spiriluelle», aSn que les flmcs de« 

défunts puisseol eu receioir les sufTrages par les mérites de Nuire Seîgueur 

JéEU»-Gi[isl et de ses sainta, et avei: ce «ecours passer par la misérieurda da 

iJieu des petues du purgatoire au salul éternel. Voulant donc lûvoriser de celle 

t-râce parijculière uu auld de l'Église du MoiiBSlére des Religientes de l'ordre 

lie la liienbenreuse Vierge Marie du Slont-Curmel de la ville de L;ou, lequel 

^_Wllel l'ordiuuire désignera, et par noire aulorilé afiosloliqiie révoquant par 

^Kln préientïi tout autre autel privilégié qui aurait pu j être accordé juiqu'ici : 

^^Kb vertu de l'auloriti: que le Sei|.'aeur noua a donné, nous coiiflnnt en U mj- 

^Bwrioorde de Dieu [out-puissant, et eu l'autorité de se» bienheureux apAtre* 

^^ "PiBrra et Paul, nous accordons que toutes les fois que quelque prèlre séculier 

ou de quelque ordre, co.igragaiion ou institut régulier que ce soit, célébrera 

uu<lil autel la Messe des defunli pour l'Ame de quelque Hdele que e« «oit qui 

unie à Dieu dans la charité aura quille ce monde, cette ime puisse gagner une 

ïadalgence en forme du suffrage du trésor de l'Eglise, en sorte que par Iw 

i^tiHr'ge» des mérites de Noire Seigneur Jésus- Christ, de la bienheureuse 

-^jerge .Marie, et de tous les sainis, elle soit délivrée des peines du purgatoire. 

r^K pri>>eal es valables à {lerpéluité, Donobilanl Ions actes coiilrsirei. 

JftJOtié i Rome, A Sainte Marie Majeure, sous l'anneau du pécheur, le 11 
y„ 1816 el de nuire Poulifical le 17'". 
g^tfttf UoDseigneur \e Cardinal Braschi db HoNBari, signé : Berki, aaiia- 

_ -r^r**'^ Vicaire général du diocèse de Lyon, eu verlu du bref de Sa Sainteté 
-^.''J.S henreusement régnant, qui acmnle un autel privilégié d l'Eglise du 
^^_^t^r« des Religieuses Carmélites de In ville de Lyon, lequel bref est du 
}Sm_ '^Jfi <rt a <^t« «<se par nous te 26 novembre ISIS ; 
^^^■to. elniiH dudil bref qui charge l'ordinaire de désigner l'autel privilégîd: ■ 



Sii HISTOIRE DL' COUVENT DES CARUELITES 

1> — Mou* ««on* (iMÎgiie et par Im pmonlei nnus dMignoua le gtvad uitel 
Ja la nudité E^Um ijui eern dotoroïki* priiilagio el oe, A perjieUlilé, feÎDïi 
qv'U est éodiir" audit bref. 

8> — Noua autoriioiu Mcdlamei (llrmèlitM t placer du lieu eouTenabla uoe 
iDKrijilloa pour nvcHir dudit [>H>il«)(B- 

.1' — Noua leur |«Tin<tti>uv Jr- rei'eviiir lut lionoraire* iIh« Uhhhii pour l«« 
il«ruiiUqul««ruiit celvbrévi auclLl aulel i rainuid'iia rrniii- oinquiiiile «■alimrs, 
dont »iog-tinq centimes jiour )a «acriïllM. 

Lyon, le ET ooveiubrti ISIS. Bocvaud, (inura t'^i'^ral. 

Le 3 juin 1817 lea C«rtD<'litûs de Lyon' fureul aatorisées, sur 
leur demande, à ce quo les messes c^K'brttos dans leur chapelle 
pour le TL-pos de l'àme des KeligieuBes quelconques, de celles 
vivant dans riatt^rieur de leur monastôre, de leur* parenls et des 
biaotaitcurs du la maison, leur fussent applicables les jours Uési- 
gDcs par le dôcret de la Sacrd Uongrégation dos Indulgences dont 
voici la traduction : 

A l'hiimliiB pritM ifs Relî^ieuKs du Coniervitoirt* ou Monu«tèr« lies Car- 
m^iitei du Lyoïi, Noire Niinl P*re le Pn[iB Pie VII o *cc«de a»eo l>..nte t ce 
qud loutet el chaque Mette en particulier qui, eeioa U rautiime diiilit muoas- 
Icm, teroDt câl«l>rMs lur liiut autel di^ la l'itlpvlle, viure m^nie privilégie, 
pour le repOB ile l'àme de quelque Reli^ieuw que ce loit, evlui d» Rdigienws 
rivBUl dam ledit mounittre, [euri pnrents et lea bleu fui leur* de celle mnieoii. 
qui ODi quitté celte vie uni* dani le mime amour de Dieu, leur toienl appllcs- 
bles l« jour de leur mort el de leur sépulliire, le Inmitine, le M^ilitine l^( U 
Iran lieme jour luivanl, celui da leurs nuivertairee. de mime que chaque jour 
de l'oetnve de la ToumbiuI, h loutelois cieu ce s'y u|)p[ue ; las |irMeute« elanl 
valables k perpetuiti-, tous aucune eipedilion de bref. 

Donne à Rome, o In Sacre Congrigaliiiii des InJulgeucee, le 3 juin 181T. 
J. P. L. Curdiiial.ScoTTl. 

Nous avons vu et ptrmcttoDR de mettre le préteat a piéciili'ru ; Ljou, l« 
10 uuvembra iSlâ. Bocnino, vicaire géoeral. 

Le S7 juin 1817. l'autorisation diriger danariatérieur de leur 
communauté lea stations du chemin de la Croix fut accordée aux 
Carmélites de Ljon ainsi qu'il suit : 

<t En vertu du Ueacrit Fonlifloal du 13 juin 1S17, nous donnons 
au plumier chapelain des suppliantes, la facuJtô de bénir et dY- 
riger dans un seul endroit particulier et st^parL' de tout usage par- 
ticulier de leur habitalion, les stations de la Saiule voie de la 
Crois, avec toutes les indulgences y attachées, û gagner par le» 
mômes suppliantes el uniquemenl par les autres personnes qui 
demeurent avec elles : en gardant toutes choses de droit et lais- 



DE NOTRE-DAME DE I.A COMPASSION 2S0 

Ennt ici bas un t^moi^rnage de ladite érection écrit de sa propre 

I Donné à Rome, à Apa-Cœli, le 27 juin 1817. 

r Signé : fr. Locis.de Sabikière, Délégué général do l'Ordre. 

1 Vu et approuvé : Lyon, le 10 novembre 1818, Bochaud, vi- 
Vraire générai. » 

Le 23 novembre 1818 M. Allibert, auniOnier des GarmâliteB de 
iLyon, a béni solennellement le chemin de la Croix érigé dans 
Eroratoire r]ui préci^dait immédialement le chœur des Religieusee 
|dadit mnnast^re. 

Un dipIOme délivré en 1817 par le fréro Joseph Bailoli, vicaire 
[énéral et visiteur apostolique de l'ordre du Mont-Garmel, visé 
B 10 aoQt de la même annéo par M. Bochard, vicaire général, n 

■ accordé au confesseur du monastère des Carmélites do Lyon la 
facullé de pouvnir recevoir les tîdéles de la confrérie du Saint 
Scapulaire de l'Ordre, de leur donner Thahit béni, de les faire 
pai ticipcr à tous les biens spirituels que gagnent nuit et jour les 
Religieuses de l'Ordre, et encore d'impartir à ces mêmes fidèles 
de Jésus- Christ, portant dévotement lu Saint Scapulaire, l'ab- 
solution plénicre à l'article de la mort. Un autre diplftmc a étendu 
le m^me privilège à l'aumônier du monastère. 

Le jeudi 3 mai 18-21, fête de l'Invention de la Sainte Croix, 
Madame la chanoinesse de la Barmondière déposa sur l'autel la- 
téral de la cliapelle des Religieuses Carmélites du monastère de 
Notre Domo delà Compassion de Ljon, le buste en cire de Sainte 
■'Thèrt'se qu'elle rapportait du monastère de Sainte Claire de 

■ Polignv. Nous reproduisons m extenso les procès-verbaux de 
Iremifo et de cession de cette figure vénérable, avec l'offrande 
I «a vers de Madame de la Barmondière et l'extrait des annales 
^servant d'authentique. 

AEMisE DU Bune DB Sainte Thérèsb 

JSES CAnHÂUTESPB LvON, 

< VoM Vicaire gënèral ijii diocèse de Ljon, supéi'ieui' majeur Je la Commu- 
* dea Religieuses Carmélite» cle Lyon, i 1oli« ceui qui <!*s présentes 
'Hrront. «avoir faisons que le jeudi 3 mai le?l, i)e notre ngrement el par notre 
a permisBiun, Madame In ComlessB Marie Thérèse Franroisa de ]■ 
tatmondière, andenne Clinnoines^e clu Cliopjtre de Joursnv en Forez, a 



tii 



HISTOIRE DU COUVENT DES CAUUKL1TE3 



dcpoKt lur l'Bulet UMnil il« l'Egliia deulitei llamw Ctnnilil»! le buil» «□ 
ciM de Sainlfl TliéNie, quVllv avnil obUnu, h EO i>rtobr« IRiO. dei dames 
Abb«t<« el Rehgivaies tia Sainte Claire dif Pollguy et lruii*[rarU de «uile t 
Lyon. 

L'aumAnier dit moniutere de Undamei Ira Caripelilc* 4e L>oii. a docne 
ùniDJdialeiiient el ant lolcooile, la biuvilielinn du irés Saiiil Sturciuent. 

Eodiite, i rinvilaliun île ['AuinAnUr, KUilame la <'laiiila»se d« la Darmandière. 
roDilatrico du (nouiMu) tDoonslere il» Carmolilet dr Lvun, ■ rvpri* A la msin 
la cuKlit huii<.> et l'a port* dan* l'ialerieui' du moiioiltre; U. toutu la Commu- 
uaulë ouemblée a uluà ra>p*<:tU(u»nnient le jirécieut lotte pu de ninla can- 
lij]ues, rAnmAitler a récili l'orolsna de la Saiii'o Hi- forma Irife et >'e»l relire 

Celte touchmite t^ereraoïiiR ■'■'(! lafiiioàs par l'aipreuloa de U vite rocoo- 
oattuDC* dei dnmci rKllgimue» pour l'illuitre et pieuM fifiidalriM, qui a faieu 
«aulu (ir.ilifler If iDoiui^lère de la ûgure n nilrreiaaole da Saint* l%dreae 
^u'oii n placée «ur l'uutel de la aille 'lu «bniiilr', dan* nue iilehe ïltr«c^ 

Itont al de tnul quuî, 1 la prière de Meadaioe» le« Carmelilea at lur le 
rapiwrt de l'Auinâiiïer, nous u<<>aa l'éiligé le pr<>iei>t ecie [oiiir Mn aimeié : 
te au proMa-verbal de tranilalinii du buite dont il l'agiil, de l'olipiy i Lvan, 
(uu* la date du i octobre (89) ; ?" A l'etlrail de* aannle» de la rondatlon du 
muuul^rt dea Carmrilllai do Bauii;oii, en data du 10 octobre \~,S\ qui aerl 
d'autb eu tique au butle luedll; ?• i la lettre lrè< inlêreiMale et relative à ce 
buale, de ^<Bur Claire Ua^deleine de Saiole Theréee ; 4° i la pièce lemplie 
de grlrrael de aonliiiiBat, iutiiulée: Envoi el oITruide ù Uetdaïues le* Beli 
gieuse* Cinnelilea de Ujoa par Dame Marie Thértae Froiu^'tilse de la Bar- 
moodi<^re, chanoiaeiie. du buale de Sainte Tber^w. leur fo"da:ri<:e, et dal^ 
d» Ironie 3 mai ISfl. 

El «voiiasiij-ae les prôieulei revêtues du sceau ArGhiepi««i>pal, avec Uadame 
b Cotnteise de la Uar.Tiondiére, fondatrice, et l'AumôaiFr du uMuaattee, A 
L;o;i, le 31 juillet I8Î1. Ai.i iR>:Rr, diauoiue auiudiiier; Ub la UMtMONDifcKE, 



Il - t;»vo 


1 STOrrilAM 


DElMtSDAULS 


LES RauoiEUSEsC.tnii 


iunsoBl.\o^ 


K^B U.>U 


K U*niB TuBBksB KaiMCMSK u> Là ËAHiionDiKka 


OHAXOlSIInSK 




LU BLSI-a 


DI S-llNTU Tut 


aiiK, LiUR roNDATnti: 




rrii.apriita moi' 


, tur ta i^'-opre flsuit, qui fui clo 


■ mimeulrv**- 


ment renoureite et e 


>mmr riyVunie 


en lou» <M (.«((I. df 


<f uiomeitl. 




Une Amie 


en ce jour, i 


01 Ï.UI ïieut offrir 






U. trniii 


mirii.'ulvui de 1 


aiitfUB'e Palroniio 






Uoul vûU 


derei. au Ciet 








Itepetiut 


a derite : Ou 


.auWr.M.wu#-.V. 








ou», taul de r.jis 


j'occuiiBÎ ma pensre 






Uei luoje 


L.B U'ubleulr »oii 


biule kl iouchuiil, 






Cette ima 


ie njcie et ai )> 


eu celracfte. 






Thcre*« e 


:.u du Ciel le c 


let-dujHvre êclalaul, 





r de pi'éAeuler DK'i-iiifnie 



A se«di^-ae: Curoiilaquej'eEtiiiie el que j'ai 



J 



DE NOTRE-DAME DE LA COMPASSION 
Ce trésor mus pareil à mei loius ronflé. 
En lêmoigaage heureux de ma tendre Amitié 
Et li, pour moD Buccéi, quelque raton iiRissmice 
En Toyaut ce Portrait, n'empare Je toi Cœlire, 
De l'Auteur de loul bien bénissant les IsïeurSf 
Vo« prières, vos ïibuï seront ma récompense, 
PuiasB ce don pieui resserrar Je lien 
D'une amitié sincère et tell» que la nuire '. 
Ab ! li mon allégresse avcrott ici la vâlre, 
C'mi de «otre bonheur que s'augmente le mien. 
LYON LE3 MAI lSi!l. 



II. - PHOCâB-VIBBAL D 

Dames ne Saints Clm 
Le lundi deux o 



E Sainte TsÉnia 



E Pouo 



'e mil liuit cent vingt à neuf heures du matin, ei 
s les Duipices de Monsieur r.\bLé Gagneur, ancien curé de 
«il!e de L>on, AumAnier actuel de l'Abbnje de Siinle Clni 
lo ville de Polignv ; présent Monsieur de Dranges, sous-préfel 
•emeiitde Polignj. déparlemenl du Jura, ac 
présent Uotiiieur Duhamel, maire de la vil 
I demoiselle Dulinmel sa fille; présent plus 
ci •p'éi signés : 

Tré* Noble Dame ilc la Barmondiére, cl 
«n Porei. domiciliée à Lyon, s'est présenle 
Abbaj^e, où elle a dit i Madame TAbbesse ai 
et encore de chère Sœur Sainle Euphrosi 
Carmélite de Mdcoti, acIuelleDienl proFe 



de Madame son épouse ; 
le Poligay, accompagne de M"- 
rs autres témoins re^pectobles 

ciinpBse du chapitre de Jouvsay 
lu parloir de la susdite insigne 
ée 'Je s 8 principales ofHciereii, 
née Duc, ancienne Rrlipieuie 
ladite Abbaye: 
l« Qu'ayant appris que les Carméliles de Be^anson avaient graliflé en 1180 
I leurs sœur* de Mécon d'une copie tu cire du buste de Sainte Thérèse, elle 
I désirerait savoir où était celte copie; à quoi la Sienr Euphroeine a répandu 
, qaa celle copie èlail dans l'Abhaye, ajuuiaut qne la Mère prieute de Uécon 
nommée de Saint Jean Baptiste, née Marlin, l'ayant re;ue, la ât melira dans 
une mclie vitrée placée dsjis le chœur du monastère de Mâcoa, qu'en l'Oi 1rs 
Carmélites de Magon l'emportèrent dans leur bnbilalion séculière, où jusqu'à 
leur mort elles l'ont toujours ïénéi'é, et qu'olor» elle. Sœur Euphroîine, l'em- 
porta eilaplaçi daos l'Ahbaje de Puli([ny 

£> Madame de la Barmondiére a eipose huml>lemeiil niais iniilamment que 
Mesdames les Prieure el Carméliles de Lyon désireraient vivement postéjer 
ce buale de Uur Sainle Mère, soit la copie de sa figure prise sur celle qui fut 
faile sur la sainte après sa mort, copie eus mentionné; et dont l'idrutilà ebl 
duemeiil el inconsleslablenient altesiée par la déctarallon de Sceur Euphrosine 
qui assure que la copie original elail aulrefoia ft Besançon, et que la copie en 
. cire dont il s'ugil ici est parfuiteinenl ressemblante A ladite copie originale ; 

Pourquoi Madame de U Barmondiére el l'AumoDier des dames Carmélites 
I de Lyon on Tail exprès le voyage à Puligny avec Madame da la Marliiiere, 
I tbaaoïnesae du Ctiapilre de Salles en Beaujolais. 

Madame l'Abbi>tBe de Sainte Claire de Pulr;;i.y. iiouubi<(aul sa tendre dévo- 




S32 



tnSTOIRE DU COUVENT DES CARMELITES 



lion i l'imago lldile de l'illusti-e rérormalrica du Carmel, nooobilant rifiéc- 
tion portkuiiére et fllinleqaa Sœur EuphroBine porte icelte îmi^ prjeieui 
n bien voulu ta faire le EsrrîQce eu eod tiom el celui de lei diirae*. ferrenln 
■I ^dlflniilei Relipieuseî, et Bocore eu celui de la ville repré-^entév pM tu 
deux premiern ir«gi»lrnls. 

bl de luile. pour uomble il(> griee vt de biearnils. Mndaroe l'Abbecae a 
Iroduit dans l'intérieur du cloître Madame de la Barmondiere el rAnmânî» 
dea Carniélitea do Lyon, el leur n foil la remisa dn liuste en cire de Saiob 
ThéréM luemeulionné, «l eniemble de l:i mclie vitrée et du loubaœmesl 
enrichi de diverses Reliques de Sainte Thèreie. le loul tfl qu'il avait été ap- 
porte du Mjcan par Sœur Euphroaine. 

Madame de la Burmondiére et rAumûiiier des Carraélila» de Lj-od ajaat 
eu le bonheur de visiter ce Upu saint et justement rërérd, n'oublieront ja 
oe puits miraculeui, celte place nà priait Sainte Coletle et où elU «ntcndail 
la Me-se, ce cimeliér* où repotent tant de corpa précieux et Tênenibles, celle 
croix plantée par Sainte Colette, et etilin ce uincluaire oii les dignes Itlles de 
Sainte Colette «oui uujuurd'lju?, comme luuiours, l'objet de rédiUcaiioii pu- 
Idique, une source d<: lénédiclioDs pour In ville intéressante de Pollgnj etli 
prourico entière; ils uimenl A consigner ici d'une manière nulbenlique l'ei- 
prtstiiin de leur vivo reconnoiisauco et de celle des Dames Carméliles de Ljdh 
pour Madame l'Abbesee da Saiute (^luire de Polign;, pnur Moasieur l'Abbe 
Gagneur, auiix'inier da celte Abbaye, pour Monsieur de Ilrsages, sous prefti. 
pour Monsieur Duhamel, maire do h ville, et regrettent de n'avoir pu 
dans ce pieui vojage le reapectahie Monsieur de Vauilr; acluellemeot I Parii, 
et ciiei qui it> ont logé i Poligny. 

Fait, clos et signe A i'ulign.v lee jour et a:i que dessus. 

SiBur M. 0. Brûcaud nu Tii.L(.t, Abbesse; Sceur Juditb Jaoqui 

, chanoine du Lyon, uumAiiier dea Carmélites de Ljod; 
eMoNMEn; Sueur Eijpuhosinii Duc, portière; Sœur Rouua 
Dei AVB, maltre^Ke des novices; DitCotLLOînee Adoras; PoNTitu; Buconorb 
DEBnANCEslOL-nAUEL; Cabolfne Uudjmel; F. GAiiNiKn. chatioiaa. »i 
général; Gaoneub. née Patounay: Uaieb; Comtesse ds la UABTizitBE, 
chanoioessu: F. Oueiiiu.oi; Ohafinet; Depojkte: Outuieh; Ds tA B*»- 
UOKDJ&BE, chanoinesse. 



m léimliaoïit l'etactilude des tigoatures e; 

ënonL^és au présent procès-verbal (ont de U 
dea témoins hoDorét dans celle pieuse n 
:t trop heureux que dans la court de sou ad- 



La soui preret de PoIi;,'nr, < 
Uessua, certifie que tous l.s faits 
plus grande rcritë, ayant été un 
sioo. Il ajoule, eu outre, qu'il es 
miaislmliOD il ait vu nullre uue 

mfmo temps i laisser un monument authentique de sou respect, de se 
pnur la Religion Catliulique, Apostolique et Romniue. celle de acs Pém, de 
KO véiiéralioa pour le saint monastère ou vécut si dignement Sainte Colette. 
uû vivent si pieuEemeul. aujuurd'bui. ses dignes sceur^ t enfin, do podroir 
consigner, loi. l'hommage de lajucle udmiralion dei habitants de Paiignjel 
de la i:enne en purtiotilier, pour les bienlalls et les vtrtua diint les pîeut 
vojageun de L;on ont Mué après e 
lacera jamais dons cette ville. 

Ko (OUI -préfecture de Poli;;iiv, le deiiiîome jour d'nctnlire, l'ni) de grâce 



DE NOTRE-DAME DE LA COMPASSION 833 

■ntTiogl. Le tous-prërel de l'arrDniJiaseliienl. Aua\o de Bb«nqes 



u MOHjtSTànS DM Cjkl- 



S». 

m 



-ElTFilTTJBÉDEaANHÀLM CE I.A fO] 
MËLITBS m BEStNÇO.S POUB SSRV[R D'ikVTBBNTIOtE AU POUTHIIT EK CIHB 

lE Saihtb Tbébksb, 

Ld MaiioD d'Aatriehe esl connue pour sa véDêralioD pour Sainle Thêrêu. 
Cb Tut rarchiduc Albert qui iotroduiiil (a réroi-me sn Flandre, de li en 
Franche-Comte, et «n U'aalrea pojs. Ce Tut Anna d'Autriche, épousa de l'em- 
perear MaLiax, qui 111 eoUiciter rëUibii»«eiiieQl des Cormélilea à Besnajoa pur 
le comte de Eyrslenberg. son minUIre en celle rille, qui ëlnil alors nae ciiè 
libre et împeriatv. On les 7 admit en ISlfi, ireule quatre ans après la mort de 
herese. Enfin ca fut aux libënlites de Caroline d'Aulricbe, comlesie 
Canle-Croii, fille de l'empereur Rodolphe 11, que les Carmélilea furenl 

leïoblea de* prémices de leur établisse menl. Cette princeisa lil en partie les 
de la coDilruclion de lear Eglite; elle l'enrichit de tableaux, d'argen- 
et (l'ornemeata de grand prix. Elle leur témoi^a ion affection jusqu'i 
vouloir demeurer près de leur moDOilére, pour t\Tc i jiortée àv s'eutrelenir 
plui souvent aiec elles. 

La canonisation de Sainte Thêrete, en 1Ë31, fournit & Caroline d'Aulricbe 
une nouvelle occaeion de signaler ses pieux sentimenls : Fille épargna aux 
Carmélites uue partie de la dépense, et comme elle élail en poisetiion d*nn 
putlraïl en cire qu'elle tenait des Carmélites d'Albe.qui eurent la précaution 
d'en tirer queiqu'uns sur le visage de celle grande sainte aprèa la mort, 
elle le destina à paraître an triomphe pendant la cérémonie. Elle le fit expocer 
dans leur Eglise, décoré de tout ce qu'elle avait de plus préciem. 

La princesse s'en crut dessaisiie pur celte espèce de consécration; elle M 
persuada que le portrait de la Mère ne pouvait plus appartenir qu'à ses filles; 
et quelque prix qu'elle v attachai, elle résolut de le laisser aux Carmélilee 
plutôt qu'au prince de Canla-Croix son fils. 

Depuis plus d'un siècle et demi les Carmélites de Besançon oonservent reli- 
gieusement ce portrait, non seulement comme tiD gage inaliénable du coeur 
lie leur illustre bienfaitrice, mais comme l'expression la plus Gdéle de la phv- 
eionomie de leur Sainte Mère. On y trouve effectivement tous les (rails 
spéciBés dam le plus ^rand dutail par le i>ere Ribeiru qui les avait examinés 
et recueillis avec soin ; il n'est personne qui ne soit Eaiîi d'admiration A la 
vue de cette Tile qui semble avoir été dttachee du corps de Sointe Thérèse ; 
«D croirait presque qu'elle a eucore un reste de vie, 

De Notre Monastère des Carmélites de Besançon, ce lOoctobre 1780. Signé; 
StKir MikMB FiuHCOiSB du Smmt Esprit, prieure des Religieuses Carmé- 
litM d» Baaançon. 



Lors de la première apparitiop du choléra -morbos en France, 
lesCarmélites furent aiitorist'es à renouveler le vœu qu" elles avaient 
.Eut an Sacré Cœur de Jésus le 2G novembre 1720, alors que la 
Mte d^solail k mkii de la France. Voici la permission qui leur 




HISTOIRE DU CUUVKNT 



HS CAHMËLlTt:S 

ur de PIds, Administrateur 



fut accord'-e » ce sujet \>st tiaaseig. 
du diocèse de Ljon : 

« îioua Jean l'aul Qeuton de Pins, A relie Ti!*] ne d'Amasie, 
Administrateur apostolique du iliocto de hyoa ot de Vienne ; 

> Vu lo manusoril orig^iinal du vuiu fait au Sacri^ Cteur de Jésus, 
suivant la teneur ci-dessus ', le 26 novembr» 1730, par les Reli- 
gieuses Carmélites de Ljou, dans rinteiitioD d'âtre [irL^serv^ de 
la contagion qui affligeait alors le royaume. 

■ M. Cliollctun, notre Vioaire-Oéni^ral et aupi/rieur desdites 
Religieuses, nous ajant re[>r<;senl^, en cette qualité, que crs Be 
llgiouses, nonobstant leur dispersion, n'ont jamais cessé d'accom- 
plir ce vœu, qu'elles y persi'vôi-ent dans leur nouveau monastère 
de la Providence, montée de Saint BarihéUmi ; qu'en vue d'être 
préservées du Choléra Murhus qui afni)[e depuis le 'il mars der- 
nier la ville de Parii et plusieurs dépaitomenls, dlcs seraient 
dans riiilentiL>n do renouveler le susdit vieu en la même forme, si 
nous les y autorisons ; toutefois, en substituant A l'aiiti^l di'di<i an 
Cœur de Jt^>U3 dans l'ancienne i^glisequi a été démolio, un tableau 
du CiBurde Ji-BUB qui sérail placô. comme monument du renou- 
vellement du vœu, sur l'autel de la salle actuelle du chapitre : 

a Sur quoi conâidiSrant qu:* le vœu dont il s'agit est conçu 
dans les termes les plus toucliniits, les plus édifiants, et dans les 
sentiments de la plu^i sulide pii-^lé; que son renouv^lement est 
parfuitemcnt dans nos vues, puisjuo par notre circulaire du 
7 avril présent mois nous avons non seulomenl ordonné des prières 
pnbllriues qui ont lieu acluellement dans tout le diocèse, mais 
encore fait en pars mne l'ouverture et la clôture d'une Neuvaiue 
solennelle à Notre-Dame de l-'ourviiri^ les t) et 17 de ce mois, h 
laquelle, suir et malin, il y a eu pondant les neuf jours un con- 
cours extraordinaire de lidèles de tout Age et de toutes conditions : 

« 1" Nous louons, approuvons et autori«)DS le vœu dont il 
s'agit dans le monaitère des Carmélites de Lvon. 11 sera renouvelé 
solennellement danj le chœur, le Saint-Sacrement exposé, et 
tontes les Religieuses pro-ternées pendant que la Mère Prieure le 
prononcera à haute voix, le Jeudi- Saint 19 du mois courant. 




DE NOTRE-DAME DE LA COMPASSION 
1 3" Le 19 avril, ou le premier jour libre, lesditc-s Religieuses 
Ic'breront l'ofâce dit Sacré Gisur de Jl^sus du rit double de 
seconde clasEe, sans préjudice de celui du 26 novembre. 

s 3" Ce V(Eu sera accompli chaque jour, en communauté, avant 

Vêpres, suivant l'usage établi, ou â toutautre moment convenable. 

« 4° En mOmoiie de ue vœu chaque Religieuse signera à la 

ipite des présentes, qui seront dcpo^ées aux Archives du Monas- 

|t)re. 

1 Fait et donné à Lyon, le-17 avril 1832, 
« Jean Paul Gaston ce Pins, Archevêque d'Âmasic, Admi- 
B&istrateur de Lyon 

[ Par Monseigneur : ÂLmsitT, Chanoioe Secrétaire. « 

Cou fortDL ment à i'ordon;iance ci-dessus, ont signé sur la 
loiaute le* Sœuri : .Marie Tli^rès^ Guillou:;, Marie Joséphine 
Nepple, Théi-^Jse du Saint E:>prit Clément, Aimée Françoise do 
^ésus Colombie, Marie Marguerite de la Cor.e^'ption PJrichinat, 
bariede Saint Joseph Turpault, Marie de Saint-Antoine Valeu- 
, Marie du la Conception Pain, Marie Thénl'se de Jésus Gha - 
Ersyron, Marie Elisabeth Maniiiuet, Marie Thérèse Brirot, Anne 
Ede Jésus Pelitjean, Thérèse des Sacrés Cœurs Mariou, Mnrio Clau- 
pdine Maçon, Marie Angélique Maçon, Marie Françoise Maréchal, 
Marie do la Nalivité Rei^nicr. 

« Certifié conforme fi la minule. Ljon, le U décembre 1832. 
ÀLlBtiiT, Chanoine Seerétaiiv. u 

En 1836 les Carmélites firent édifier dans la chapelle de leur 
monast-Jre un autel à Saînt-Josepli. 

Le 13 mars 1841, un Chemin de la Groi.i fut érigé dans l'Eglii^u 
dumona^lére dos Heligiou^es Carniéiiles de Lyon. Voici l'autoii- 
■atton qui leur fut accord^-o à cet elfet par Monseigneur de BonaKl. 
suivie de l'alteâtation du la cérémouie de la bénédiction par le 
Révérend Ptre de Raïc, de la Compagnie de Jésus, 

Noui LouiH Ja<!qu» Mourice dp Bonnl.t, pur la miséiicorda Divine et l'ai:- 
torilê Ju Sniul Siège ApoEt<>lique, Arclicvèque de L^on et de Viaiiue. Primai 
(le* Oaulei. eU'. 

Vu la requête Je Mailiime la prieure dei Cncm^lilea de Ljon tendant A 
(/bl«iiir l'érecligii de lu dévotion Ju Chemin de la Croix daus t'Êgliie coaren- 
tuïlla du M'>ni»tere des Caimelitet. 



ÎM HISTOIRE DU COIiVENT DES CARMELITES 

Ho cFTiu (lu Bref qu* sa SniiileU ■ diigai noui «dreuer le 4 ntï IS40. 
— tattiluona 1 parpétulié >Uai lailil* Egiiu, U dévoljoa du ChsiniD ds la 
Croii, avec toul«s lei iadulgencei qu* !«■ Souierabi Pontifes j oot atliicbèe*. 

Donné i Ljon. Ie~ mira 1911. — Par Mom^igiieur; Birûd, V. 0. 

Li c«réniania de l'érEcliou du Chciuin île tu Croii ilaai t'Egliw de* Beli- 
gieuaiB Curmélitei « eU tniie ce prteeiUjour, par M. da Raie, prjlr*. ^ 
■ liga^ avec le« t^moini. 

LJoB le 13 miri ISil, &■ Raw, pr. ». j — Ûti-Tiin, p.tre, — A. et 
Bonao, pr. — J. Xt»t. 

Par Eon te<Ument codicille olograi>lie en date du 10 Juin 1839, 
Madame Mario TluWse Fiançoiso Bi^ttu de la Barmondiére, cha- 
noincsEC, déci^d^o 1« 10 août 184:^, à I.)'oii, dans son tiCtd rue de 
l'ÂrseDal, l^ua aux Carmi^Iîtes Im reliques de Sainte Thérèse 
qu'elle possi'dail. Voici l'oitmit de son testament qni concsrno 
celto donation : 

Je daoae et légu« i Meadamti Hagdeleiue Quilloui, Kélicilé Turpaul', 
Marie Ma^ddeùie Jot^phirie Nepple, Jeanne Harie Vuleiilin el Lucrèce An- 
totaelle Jarïtot, loutei cinq crilibatuires deiiieuranl cntemble k Lvon. monlM 
Saînt-Barllielein}', collée [ivernsot ou t l'oiie d'ellei leule mdiitiactemeat lu 
pelile relique île Sainte Theréae daua in nicba authi^iitiquée, plui la pr^ieufe 
lignalure de Sainle Thér^tn eutoune d'un trei petit cadre en fer. sur la chc- 
mlaéa de ma chambrv . A Lj'cin. elr. (Extrait délivre aux Uotnea CarmélïtrB 
par le notaire Fourneveaii.l 

Madame de la Barmondiérc a étû non seulement la bienfaitrice 
des Carmélites, maiâ encore la foudalrice du Garmel actuel do 
Lyon, réinstalli^ par ses soins el au mojcu de ses larg^esses dans 
la luaison de la Providence, montoc Saint Barthclem;'. occnpéfl 
acluellemeiit par l'Œuvro des ConTalescentes. 

Dans la visite pastorale que Monseigui.>ur de Bonald fit aux 
Carmélites le lundi 4 décembre 1843. son Eminence accorda aux 
Religieuses la permission d'ixposer le Saint Sacremunt le jour de 
la Dédicace des Églises de l'Ordre, et celui de la fcto du Sacrû 
Cœur de Jésus ; et statua quu dans leur monastiire la bénédiction 
du Saint Sacrement serait donnée désormais suivant le Bit Romain, 
et que la messe conventuelle devait aussi être dite Biiivant te même 
Rit. 

Nous croyons utile, avant d'arriver à la translation du Monas- 
tère des Carmélites de Notre Dame de la Compassion à Fourviàre, 
de donner quelques di^tails sur quelques-unes des Religieuses 



DE NOTRE-DAME UE LA COMPASSION 83T 

Wjiêcêdêes dans la MaisoQ Jo la ProviJoncc, qù la communaulii 
Vr^fiidail depuis 180(3. 

Le 29 octobre 1817, la Révérende Marie de Saint Joseph Goii- 
telle estdéoédée âgée de 85 ans et un mois, et de religion 61 ans. 
Fille d'un négocianl de I.yon, elle était née le 22 septembre 1732, 
avait pris l'habit de l'Ordi-e le 27 octobre 1756 et fait sa profi-'ssioii 
le 29 octobre 17D7. Au moment de la suppression du monastère 
en 1792, la Révére.ide Mère Ooutelle qui se trouvait depuis 1790 
à la tâte de la Communauté, conserva ses fonctions de prieure 
pendant tout te temps de la dispersion des Religieuses, et ne les 
cessa que le 6 août ISIG, après avoir reconstitué le Couvent de 
Notre Dame de la Compassion. Sentant sa Qo approcher, elle 
recommanda à ses Srsurs de se mnintenir dans la charité et l'unioD, 
d'être fermes dans leur foi et inviolablemeut attschdes à la Sainte 
Eglise Catholique, Apostolique et Romaine. 

Ses obsèques furent eclébrée s par M. AUiberl. aumônier du mo- 
nastère, assisté de MM. Glaudiii, curé de la paroisse Saint Jean, 
Thomas, chanoine d'honneur, Picard, pénitencier de l'Eglise pri- 
matiale, Ripoud, aumOnier du Collège royal, et Serre, sacristain 
de la Primatiale. 

Le 9 août 1820 est décédée la Sceur Barbe Anne de Jlsiie, la 
quatrième novice admise dans la nouvelle Communauté, Fille de 
M. Louis Vanel, notaire à Montlu?!. elle prit l'habit religieux le 
23 avril 1810, âgée .ie 16 ans et 2 mois, et fit sa profession le 8 
mai 1817. Quoique d'une santé délicate, son attrait pour l'austé- 
rité la porta à choisir le Carmel pour sa retraite, et son courago 
lui fit surmonter tous les obstacles pour y entrer. 

Le 27 décembre 1824 est décédée la Révérende Mère Marie 
Thérèse de Saint Albert, âgéo de 76 ans et 10 mois, et de reli- 
gion 57 ans et 7 mois. Fille de Roc Deville, buurgeois de Lyon, 
elle prit l'habit religieux le 2 Juin 1767, âgée de 19 ans et 3 mois, 
et fit aa profession le A juin 1768. Aprôs avoir eiercé pendant 
six années les fonctions li'inlirmiéro, la R. M. Ucville élaît dépo- 
sitaire à l'époque de la suppression du monastère on 1792. Pi-ndant 
tout le temps de la dispersion elle fut un modèle de régularité; 
unie à sa prieure elle agissait toujours de concert avec elle et 
isait sa consolation. Arrêtée en 1793 avec quatre de ses coupa- 




Î3S HISTQIRK DU COUVENT DES CAnMKLITES 

(^nea avec qui elle s'était retiri^e. elle fut cuaJnrou^o i la d^tontiaii 
et subit pendant huit inuis anc dure captivité. Det moments plus 
tranquilles ajut succ^d à l'orage, la It. M. Deville s'occupa de 
rAablir l'ancionne CommunautL- «t dirigea les travaux néoeasaineB 
pour convertir la maison île la Providence en un monastcra con> 
venable pour ses Sœur«. Nommée prieure le 6 aoflt 1816. elle en 
exerça li charge pendant six anm-es, purs elle fut n'élue dépositaire. 

La Ri^v^rende Mùr<< Mario Elisabeth, di^ëd^ le 6 juin 1826, 
ftg^'dc74 ans et 10 mois, et de religion 48nns, 7 mois etOJours, 
élait fille de Michel Heniue, négociant de Lyon. Elle prit l'habit 
religieux le 30 octobre 1777, Sgée de 2ô an» ut 3 mois, Dt sa pro- 
fession le 1" novembre 1778 sous lo nom de Sfpur Jeanne André 
Elisabeth de Saint Henri. Durant la dispersion de la Communauté 
etlu resta conslaniment soumise & sa Mère prieure, et lors éa ré- 
tablissement du monastère elle fut choisie pour être maîtresse 
de* Novices, puis nommée bous prieure, charge qu'elle a remplie 
pendant six aunéeii. 

La Révérende Mère Françoise Marie de Jésus est décédée le 
21 aoAt 1V2S, Agée de 08 ans m'oins un mois, et de religion t7 ans 
et 10 mois. Fille de Jacob Marie de Borssat {ou Borssa), l'cajer, 
seigneur de la Pevrouse, ^ontracid et de la Tour de Challea 
[iïresie], elle prit l'iiabit religieux le 30 octobre 1780, Igée de 
20 ans et un mois, et fit sa professiuu le I" novembre 1781 sous 
lonomde Sœur Françoise de Saint Jjseph Théièsede Marie Jéaoa. 
Ayaut puisée dès son enfance les sentiments de pii'té qui l'ont 
toujours caractérisée, la R. M. de Borssat fut toujours un parfait 
modèle d'humilité, de charité et de régularité; sa soumission en- 
tière à la volonté de Dieu lui faisait adorer ses desfeins dans les 
événements les plus dit^ciles à supporter. Élue prieuie le 6 août 
4822, puis réélue le 29 aofit 18:?5, la sagesse, la prudence la déli- 
catesse qu'elle mettait dans tous ses procédi's lui avalent gagné 
tous les cœurs. Pendant le cours de la maladie qui l'a emportée, 
sa patience et sa résignation ont répondu à la longueur et à la 
rigueur de ses souffrances, sans lasser son courage p.l ta confiance 
à toute épreuve qu'elle avait cii l'an our do Dieu. Ses obsèqnes 
furent célébrées par Monseigneur Gaston de Pins, archevêque 
d'Amasie, assisté do MM. Alliberl et Cliollelon, ficaires généraux. 



I 



DE NOTRE-DAME DE I.A COMPASSION 239 

La Sœur Marie CatherJDS FtSiicilc de Jt^sus, décédt^p le 13 jan- 
vier 1833, âg^ de 8S aiia moins 2 mois, et de religion 68 aos et 
luoii, i^tait Alla de Pierre Faure. négociant de Lyon. EUo prit 
l'habit religieux le 14 avril 1763, a^i'o de 19 ans et un mois, et 
fit sa profession le 16 avril 1764. 

La Sœur Thérèse du Saint Esprit, avnnl-dernicre surTivante 
des professes dersncien monastère, est d^ci'dée le 26 février 1837, 
âgée de 79 ans et mois, et de religion 57 ans et 3 mois. Fille de 
Jean Baptiste Paul Clément, négociant de Lyon, elle prit l'habit 
religieux le 6 décembre 1779, âgée de 21 ans et 3 mois, et fit sa 
profession le 8 décembre 1780 sous le nom de Sœur Marie Suzanne 
Thérèse du Saint Esprit. Emprisonnée sous la Terreur pour avoir 
confesfé sa foi avoc la plus grande fermeté, elle ne fut remise en 
liberté qu'après 8 mois de captivité. Réunie à ses sœurs elle sup- 
porta leur pauvreté extrême, soupirant après l'heureux moment 
qui pourrait les faire rentrer dans l'asile du Carmel. Modèle dL' 
régularité en tout, elle avait un grand attrait pour la vie cachée 
et l'abnégation d'elle même; une charité sans bornes lui faisait 
trouver mille occasions de rendre eervice et de soulager ses Sœurs ; 
]tis panvres excitaient sa compassion, elle aurait voulu les soulager 
tous, du moins priait-elle beaucoup pour eux. Elue sous-prieuro 
le 19 aoQt 1815, elle fil paraître son grand zl^Io pour le culte 
divin ; attentive à tout, elle soutenait le chœur par sa bonne voix, 
son recueillement, sa ferveur en inspiraient à. toutes ses compa- 
gnes. Sur la fin de sa vie élaut affligée d'infirmités qui l'empêchaient 
d'assister à une partie des exercices de la Gommunuuté, ce fut pour 
eUe une vraie privation, tant elle avait l'amour du la régularité, 
el d'exactitude pour les moindres petits usages qu'elle enseignait 
continuelle ment par ses exemples. 

Le 12 décembre 1838 est décédée lit dernière professe reçue et 
en marne temps la dernière survivante des Religieuses de l'ancien 
monaïtère. Sœur Th.'rêse de Saint Joseph, âgée de 81 ans, et de 
religion 51 ans. Fille de François Kossary, négociant à Saint 
Chamond, elle prit l'habit religieux le 10 octobre l'i&ti, âgée de 
29 ans, et fil sa profession le 13 octobre 1787, sous le nom de 
Sœor Louise Thérèse de Saint Joseph. 

Le 3 février 1841 est décédée la S-^^ur Madeleine de Jésus, Sgée 




eu HISTOIBt: DU COUVENT DES CARMÉLITES 
de 41 SDS et mois, et du religion 7 ans H un moû». Née à Ljod, 
le 1" Boflt 170D. sur la paroisse Saint Pierre, Lucrèce AuloinoUe 
Jaricot prit l'habit religiouK le 30 dêccmbm 1833, âg^e de 34 ans 
et 5 mois, et fit sa profession le 10 mars 1835. (Jii biisie en marbn.' 
(le Monseigneur Paul Ue ViUerov, archevêque <to l.yoa, qui avait 
êt6 rais L-n dC-pàt cliei ton père, M. l'bilipi>e Jaricol, teneur de 
lirree, par une des ancieunes fourrières de la maison en 17D1, fut 
In cause de sa vocation pour lu c'amiel. 

La Rëv(5rende Mère Marie de Saint toseph décéàée le 10 jan- 
vier 1847, hgéc de 51 ans et Q mois, et de religion 15 ans el 
3 moi*, était flUe de René ïui-pault, négociant h Cholel (Vendre). 
Ni?e dans celte ville le 1" avril 1791, elle prit l'habil rclîgieni 
te 20 septembre 1817 et lit sa profession le 29 septembre 1818. 
D'une famille distinguée par la probité et les sentiments de la foi 
qui y étaient h (Crédita Ires (sa mare ayant préféré sous la Terreur 
la gloire du mnrtjrr pour conserver û Dieu sa foi pure, plutl^t que 
de prononcer un mensonge que voulait lui arracher les révolu- 
tionnaires, malgrd qu'elle filt sur le point de lui dunner te jour, 
car elle fut oté;ut<56 tiuit jours apr>Js, sans égard pour sa jeune 
femille), la R. M. 'l'urpault ne paraissait avoir aucun godt poorl» 
vie religieuse, lorsque dans un vojrage qu'elle fit à Lvun, à l'oc- 
casion du mariago de son friTc, s'i^tsnt rendue i la chapelle de 
Noire-Dame de Fourvière et dans la ferveur de aa prière ajant 
prié Marie, que l'on invoque jamais en vnin, do Ini faire connaître 
la volonté Je Dieu : A l'instant elle fut éclairée, détachée des biens 
de ce monde', et toute décidée h ne plus aimer et servir que Jésus 
et Mario, elle s'empressa de venir ïe ])i'ésenler nu Caimel. Admise 
au noviuiat, elle en supporta les épreuves avec une ferveur et an 
courage édiUants qui lui méritèrent la grtce de In profe»8ion. 
Daos les emplois d'iuflrmiére, do portière et de dépositaire qu'dlc 
occupa successivement, «on eiactitude pour la régularité et la 
dépendance lui mérita l»ujours la confiance de ses supérieurs. 
Elue sous prieure le 30 scplembre IKJS, puis prieurs le 22 octobre 
1835, ce fut alors que son itijustriotise charité je dJvcloppa pour 
tous les besoins spirituels et corporels de ses Filles. Sa dévotion 
h son patron Saint Joseph lui fit ériger dans la chapelle un autel 
il ce grand Ësinl. Après =- •> Irivdnal df prieure elle fut élue dêpo- 



DE NOTKfi-DAMB Dfi LA COMPASSION Hi 

sitaire, puis sacristaine, emploi qu'elle a rempli pendant les deux 
années qui préoëdérent sa mort. 

La dernière des Religieuses décidée dans la maison de la Pro- 
yidence, peu de temps avant la translation de la Communauté à 
Fourvière, est la Sœur Jeanne Marie Euphrosine de Saint Joseph 
Juttety morte le 12 mars 1855, âgée de 44 ans et 2 mois, et de 
religion 16 ans et 11 mois. Née à Vaugneray, de parents culti- 
vateurs, le 25 janvier 1811, elle prit Thabit religieux le 18 avril 

1838, âgée de 27 ans et 2 mois, et ût sa profession le 24 septembre 

1839. A l'âge de 20 ans elle voulut se faire Carmélite, mais son 
père qui Taimait tendrement lui déclara que si elle voulait ôtre 
religieuse, ce ne serait qu'après sa mort. Affligée de cette réponse, 
la Sœur Euphrosine ne renonça pas à sa vocation et continua 
pendant sept années à se sanctifier dans le sein de sa famille. Ayant 
perdu son père, et trois mois après sa mère, elle se trouva l'aînée 
de la maison avec une sœur chérie et un jeune frôre qui réclamaient 
avec instance ses soins. Mais n'ayant d'autre règle de conduite 
que la foi, la Sœur Euphrosine sacrifia à Dieu ses affections les plus 
légitimes et sa liberté toute entière : elle se hâta de mettre ordre 
à ses affaires temporelles, confia son frère et sa sœur entre bonnes 
mains, et mettant la clef sous la porte de la maison paternelle, 
quitta son pays et vint se réfugier au Carmel à l'ombre de la croix. 

La maison de la Providence étant devenue insuffisante pour 
loger commodément la Communauté, les Carmélites, avec les 
secours de leurs bienfaiteurs, achetèrent en 1850 un vaste empla^ 
cément sur le plateau de Fourvière dont l'entrée est située rue du 
Juge-de -Paix, n<^ 21, où elles firent construire le monastère régu- 
lier actuel d'après les plans et sous la direction de M. Benoit, pou- 
vant contenir 21 Religieuses, nombre fixé par les Constitutions 
de l'Ordre et qui n'a pas été dépassé depuis le rétablissement de 
la Communauté en 1815. 

Les Révérendes Mères auraient désiré un bâtiment des plus 
simples et qui portât le cachet de la pauvreté dont elles font pro- 
fession au Carmel; mais pour l'obtenir en partie elles eurent bien 
de la peine, car toutes les fois qu'elles allaient visiter les travaux, 
elles étaient obligées de faire supprimer des embellissements que 
leur esprit de pauvreté et d'humilité no pouvait admettre< 

1(3 



242 HISTOIRE DU COUVENT DES CARMÉLITES 

Le 26 avril 1853 eut lieu la bénédiction de la première pierre 
du nouveau monastère, posée par M. Joseph Pélissier, bienfaiteur 
des Carmélites et oncle maternel de la Révérende Mère Thérèse 
de Jésus Charayron. L'inscription suivante, gravée sur un cippe 
en pierre de l'",13 de haut par 0'",09, placé dans le cloître, rappelle 
le souvenir de cette cérémonie : 



t 



SOVS LE PONTIFICAT DE S. S. PIE IX 
S. E. LE CARDINAL DH BONALD 

ARCHEVEQ.VE DE LYON 

L'ABBE DE SERRES SON NEVEV 

A BENI LA PREMIERE PIERRE 

DE CE MONASTERE 

POSEE PAR lOSEPH PELISSIER BIENFAITEVR 

LE XXVI AVRIL MDCCCLIII 

Les Carmélites prirent possession de leur nouveau monastère le 
28 juin 1854, et lo lendemain, fête des apôtres Saint Pierre et Saint 
Paul, la première messe y fut célébrée par M. de Serres qui pro 
céda ensuite a la bénédiction de la maison. 

L'Eglise ne fut b.'nie que le 3 mai 1857, fête du Patronage de 
Saint Joseph et do Tlnvention de la Sainte Croix, par Monsei- 
gneur le Cardinal de Bonald, qui permit aux Religieuses d*ayoir 
un octave de bénédiction du Saint Sacrement pour cette céré- 
monie. 

L'intérieur de TEglise, quoique l'ornementation en soit ina- 
chevée, est remarquable par les lignes sévères de son architecture 
romane. Au milieu du sanctuaire, élevé de cinq marches au-dessus 
de la nef dont il est séparé par une balustrade en pierre découpée 
à jour, s'élève le maitre-autel aux vastes dimensions et tout en 
marbre blanc, don de M. le vicomte d'Orcet. II est l'œuvre du 
sculpteur lyonnais Fabisch, et représente dans le tableau principal 
la très sainte Vierge tenant Notre-Seigneur mort entre ses bras. 



DE NOTRE-DAME DE LA COMPASSION 243 

Derrière Taatel est ane magnifique toile pleine de via et de senti • 
ment, qui représente sainte Thérèse en extase. La très Sainte- 
Vierge et Saint- Joseph lui apparaissent. Marie lui donne le collier 
d*or, comme gage de la promesse que Jésus avait faite à son épouse 
de prendre ses monastères sous sa protection. Ce tableau, qui est 
du peintre lyonnais André Blanchard, mort en 1850, a été donné 
à la Communauté par M. Eugène Thiollere en 1837. A gauche, 
dans une petite niche, est une statue de Notre-Dame de la Com- 
passion ou des sept douleurs, et à droite s*élève la grande grille 
qui sépare le chœur des religieuses du sanctuaire. 

Dans la nef, deux autels en bois sont dédiés à Notre-Dame 
du Mont-Carmel et à Saint-Joseph, patrons du monastère. 

De magnifiques verrières exécutées par M. Emile Thibaud de 
Clermont, représentant Saint Joseph et la Sainte- Vierge portant 
Tenfant Jésus, Saint- Jean de la Croix et Sainte-Thérèse, Sainte- 
Marie Madeleine et Saint-Jean- l'Evangéliste, les archanges Saint • 
Michel et Saint-Raphaël, Saint Jean Baptiste et Saint Elie; les 
statues du prophète Elie et de Saint-Louis de Gonzague placées 
dans deux petites niches, celle de Notre-Dame do Lourdes et 
quelques tableaux de dévotion complètent la décoration. 

A rintérieur du Monastère règne la plus grande simplicité; les 
bancs à dossier du chœur des Religieuses et les tables du réfectoire 
sont en sapin et proviennent de l'ancien Couvent, ainsi que Tautel 
en bois de la salle du chapitre qui est à charnières et peut se plier. 

Le 24 août 1855 M. Gonin, curé de Saint Just, en vertu de 
Tautorisation délivrée le 2 du même mois par Monseigneur le 
Cardinal do Bonald, a béni le chemin de la Croix érigé dans Tin- 
térieur du Monastère. 

Le 8 mai 1857 Monseigneur le Cardinal de Bonald a autorisé 
l'érection d*un chemin de la Croix dans Téglise des Carmélites, 
que M. le Curé de Saint-Just a béni le 8 du même mois. Voici 
Tautorisation donnée par Monseigneur et le procès verbal de Té- 
rection des stations : 



Nous Louis Jacques Maarice de Bonald, par la miséricorde divine et l'au- 
torité du Saint Siège Apostolique, Cardinal-Prétre de la Sainte Eglise Romai- 
ne, du titre de la Sainte Trinité au Mont Pincius, Arche* é^ue de Lyoa et de 
Vienne, Primat des Gaules, etc. 



244 HISTOIRE DU COUVENT DES CARMELITES 

Va la requête de M. l*abbé de Serres, chanoine et confenenr des ReUgienaei 
Carmélites, tendant à obtenir Pérection des stations dn chemin de la Croix dans 
l*£glise du Monastère desdites Religieuses. 

En Tertu du Bref c[ue sa' Sainteté a daigné nous adresser le 9 janvier 18^ 
Institutions dans ladite Eglise les stations du chemin de la Croix avec tontes 
les Indulgences que les SouTerains Pontifes y ont attachées. Noos délégvons 
à cet effet M. le Curé de Saint Just. Donné â Lyon, le 8 mai 1857. 
L. J. M. Cardinal de Donald, ArcheTéque de Lyon. 

Nous soussigné curé de Saint Just, paroisse de la ville de Ljoo, certifte 
qu*aujourd*hui 12 juin 1857, j'ai avec la permission de son Eminence le Gnr- 
dinal de Bonald, Archevêque, et à la demande de Monsieur de Serres, cha- 
noine, vicaire général et confesseur des religieuses Carmélites, érigé les 
stations du chemin de la Croix dans TEglise desdites religieuses, sitaée à 
Fourviére, rue du Juge de Paix. Lyon le 12 juin 1857,Gohim^ curé ds SaintJastw 

En 1857 les Carmélites de Lyon demandèrent aa Très Saint 
Père le Pape Pie IX le privilège perpétuel en vignenry duquel 
tous les prêtres qui célèbrent la Sainte Messe dans leur Chapelle 
puissent se servir du missel de leur Ordre. 

La Sacré Congrégation des Rites usant des focultés qui lui ont 
été spécialement attribuées par le même Souverain Pontife, déféra 
aux vœux des Religieases et concéda par un Bref daté du 13 juin 
1857 et signe par le Cardinal Patrizi c le pouvoir que tous les 
prêtres séculiers et réguliers qui célèbrent la Sainte Messe dans 
l'Eglise de leur Monastère, puissent se conformer dans la célébra- 
tion de la Messe au missel de Tordre du Carmel. Cependant sous 
les conditions que les cérémonies extérieures soient remplies en- 
tièrement selon le Rit du clergé séculier Romain, si toutefois rien 
ne s'y oppose. » 

Le 2 décembre 1859, Notre Saint Père le Pape Pie IX accorda 
à perpétuité aux Carmélites de Lyon la faveur d'un Indulgence 
plénière pour les messes de mort célébrées au grand autel de leur 
Eglise. Voici la traduction du Bref de sa Sainteté : 

PIE IX Pape. — Pour en conserver un souvenir perpétuel. 

Appliqué avec une charité pateroelle ù procurer le salut de tous, nous eo* 
richissons de tem[»s en temps les lieux saints du trésor spirituel des iadulgen- 
ces, afin que jar ce moyen les âmes des fidèles défunts obtenant les suffrages 
des mérites de Notre Seigneur Jésus Christ et de ses Sainls, et aidés de ces 
mêmes mérites puissent, par la miséricorde divine» passer des peines du pur- 
gatoire à l'éternelle béatitude. Voulant donc orner de Ce don spécial TEglise 
du Monastère des Religieuses de TOrdre de la Bienheureuse Vierge Marie du 
Mont- Carmel dans la ville de Ljon, ainsi que le Grand Autel placé dans la 



DE NOTRE-DAME DE LA COMPASSION 245 

même Eglise, pourvu toutefois qu*il ne trouve pas dans ladite Eglise un autre 
autel possédant le même privilège, plein de confiance en la miséricorde du 
Dieu Tout-Puissant et Tautorité de ses Bienheureux Apôtres Pierre et Paul, 
nous accordons et nous voulons que quand un prêtre séculier ou appartenant 
à un ordre, congrégation et institut régulier, célébrera la Messe à TAutel 
privilégié pour Tâme de quelque fidèle qui unie à Dieu par la Charité a quitté 
ce monde, cette âme obtienne par manière de suffrage une indulgence tirée 
des trésors de TEglise, de telle sorte que les mérités du même Jésus Christ 
Notre Seigneur, de la Bienheureuse Vierge Marie et de tous les Saints lui 
étant appliqués elle soit, s'il plait à Dieu, délivrée des peines du purgatoire. 

Les présentes vaudront perpétuellement dans les temps futurs nonobstant 
tout ce qui pourrait y être contraire. 

Donné à Rome prés de Saint Pierre, sous Tanneau du pêcheur, le 2 décembre 
1859, de notre pontificat le quatorzième. Signé: Pour Monseigneur le Cardinal 
Maccbi, P. B. Brancauoni Castbllani, Secrétaire. 



Sous le priorat de la R(5vërendc Mère Thérèse du Cœur de 
Marie d'Orcet eut lieu la fondation du Garmel de Montélimar dans 
les circonstances suivantes : Vers la fin de septembre 1857 Mon- 
seigneur Ljonnet, nouvellement promu à Tévôchéde Valence, étant 
venu faire une retraite à Fourvière, témoigna dans une visite 
qu'il fit à la Révérende Mère Thérèse de Jésus Gharayron, alors 
prieure des Carmélites de Lyon, le désir d'avoir un couvent de 
l'Ordre du Garmel dans son nouveau diocèse qui n'en possédait 
pas. La Révérende Mère lui exposa la position de son monastère 
et lui fit comprendre qu*il ne pouvait entreprendre une nouvelle 
fondation avant d'avoir acquitté la majeure partie des dettes con- 
tractées pour la construction de la maison de Fourviôre, mais elle 
promit à sa Grandeur de s^occuper du projet de fondation. 

Sur ces entrefaites le frère et la sœur da la Révérende Mère 
Thérèse de Jésus, qui habitaient Montélimar. étant venus lui 
rendre visite en mai 1858, lui témoignèrent la peine qu'ils avaient 
de la voir si éloignée d'eux, La Révérende Mère dit alors à ses 
chers parents que Monseigneur de Valence était dans Tintention 
de fonder un couvent de son Ordre dans son diocèse, et que si 
sa famille pouvait venir en aide à cette fondation il était possible 
qu'elle puisse y être employée, le couvent de Lyon, très obéré, ne 
pouvant faire les frais. Aussitôt ils se prirent tous trois à réflé- 
chir que M. Pélissier, oncle maternel de la Révérende Mère, 
possédant une fortune considérable qu'il emploie tonte en bonnes 



246 HISTOIRE DU COUVENT DES GARMÉLITES 

œavres, pourrait, 8*il le voulait, en disposer d'une partie en faTeor 
de celte fondation dësirée. 

Ce projet fut soumis à M. Pëlissier qui y donna de grand cœur 
son approbation, fut s'entendre avec Monseigneur de Valence cl 
lui offrit de faire la fondation du Garmel de Montélimar, ville saUle 
de la Révérende Mère Thérèse de Jésus. M. Pélissier fit égale- 
ment la proposition aux autorités de la ville qui acceptèrent avec 
joie et donnèrent le terrain nécessaire pour l'érection de l'Eglise 
du monastère, qui devait servir aussi de seconde paroisse. Enfin 
Monseigneur de Bonald donna l'autorisation nécessaire. 

La Révérende Mère Thérèse de Jésus ayant achevée son priorat 
au mois d'octobre 1859, on s'occupa alors activement de la fon- 
dation. Les Sœurs choisies et désignées en premier lien par les 
supérieurs pour en faire partie étaient les Révérendes Mores 
Thérèse de Jésus et Marie Joséphine, les Sœurs Thérèse do 
Marie et Marie du Saint Sacrement. Mais Dieu qui a des desseins 
cachés ayant rappelé à lui d'une façon imprévue la Révérende 
Mère Marie Thérèse, dépositaire, les Religieuses procédèrent i 
son remplacejnent, et la Sœur Thérèse de Marie fut élue à Tana- 
nimité, de sorte que le départ projeté ne put se faire que l'année 
suivante. Au mois de mai 1860 la Révérende Mère Thérèse de 
Jésus Gharayron, accompagnée de la Sœur Marie du Saint Sa- 
crement Cafarelle, partait pour la nouvelle fondation. Quelques 
jours après la Sœur Marie Elisabeth Maniquet, accompagnée de 
deux novices et d'une postulante allait la rejoindre. 

Le 24 mai 1860 eut lieu la prise de possession du nouveau 
monastère, solennellement présidée par Monseigneur l'Evéque de 
Valence qui déposa le Très Saint Sacrement dans la petite chapelle 
provisoire et nomma en charge : la Révérende Mère Thérèse de 
Jésus prieure, la Sœur Marie Elisabeth sous prieure, et la Sœur 
Marie du Saint Sacrement dépositaire. 

Enfin après bien des épreuves et un temps passé sans clôture 

dans on logement dépourvu de lieux réguliers, les Carmélites de 

Montélimar arrivèrent aux termes de leurs désirs. La clôture 

Ait' établie le 15 octobre 1862, jour de la fête de leur Mère Sainte 

liArèae. 

Qb monastère a été érigé canoniquement avec la permission do 



DE NOTRE-DAME DE LA COMPASSION 247 

Souverain Pontife Pie IX. Après avoir successivement pris de 
nouveaux accroissements par la réception de sujets choisis, un 
nouvel essaim sortit de cette jeune ruche pour aller, sur la demande 
de Monseigneur TEvéque d*Arras, fonder à Saint Orner un nou- 
veau Garmel. Ces deux monastères ainsi que celui de Londres, 
dont nous relatons plus loin la fondation, sont très unis à celui de 
Lyon qui fut leur berceau, et lui donnent dans toutes les circons- 
tances les témoignages de la plus affectueuse sympathie. 

La Révérende Mère Madeleine Marie Thérèse, décédée le 
25 mars 1860, était fille de Jacques Guilloux, tourneur mécanicien 
â Lyon sur la paroisse Saint Nizier. Elle prit Thabit religieux 
le 5 juin 1817, âgée de 24 ans et 6 mois, et fit sa profession le 
18 septembre 1818. 

Il y avait peu de temps que les Carmélites avaient pu se réunir 
en communauté régulière et reprendre leurs saintes observances, 
lorsque la jeune postulante demanda et obtint son admission parmi 
elles. Les bonnes Sœurs comprirent combien elle pourrait leur 
dtre utile dans les circonstances difficiles où se trouvait leur 
Communauté ; l'heureux naturel, la docilité de caractère, le 
dévouement le plus filial lui attirèrent l'estime et l'affection 
générale. 

Aussitôt après sa profession, commença pour notre Révérende 
Mère cette vie de dévouement et de sacrifice. Employée au service 
des Mères infirmes, elle montra toute la bonté de son cœur. Plus 
tard nommée dépositaire, puis en 1828, 1831, 1838, 1841, 1850 
et 1853 élue prieure, elle mit à profit les talents que Dieu lui avait 
donnés. Pendant les intervalles de ses nombreux priorats elle 
exerçait la charge de maîtresse des novices. C'est donc par ses 
soins que les Religieuses de la Communauté avaient été formées, 
ainsi qu'un grand nombre d'autres qui l'avaient devancé dans 
la patrie éternelle. 

Le 16 juillet 1860, fête de Notre-Dame du Mont-Carmel, Mon- 
seigneur le Cardinal de Bonald étant venu visiter la Communauté 
lui donna l'ordre de suivre dorénavant, en son entier, le Cérémo- 
nial de leur Ordre et les Constitutions qui raccompagnent; quelque 
temps auparavant son Eminence avait donné aux Religieuses les 
Pères Carmes déchaussés pour confesseurs et directeurs spirituels. 



2ÂS HISTOIRE DU COUVENT DES CARMELITES 

Aa mois de décembre suivant, le Très Révérend Père Gënénd 
des Carmes déchaussés, Elisée de l'Immaculée Genception, de 
passage à Lyon, vint visiter le Monastère des Carmélitee â Foor- 
vière. Sa Révérence vit les Religieuses à la grille du parloir et 
rentra daus Tintérieur pour la visite canonique de la Gomma- 
nauté, ainsi qu'elle en avait été prié par Monseigneur le Gardinal 
de Bonald qui a toujours montré le plus grand zèle pour rappro- 
cher les Religieuses des Carmes, leurs pères spirituels. Le Père 
Elisée revint visiter le monastère en 1862 et en 1863. 

En 1861 les Carmélites de Lyon sollicitèrent du Souverain 
Pontife la grâce d'un Indulgence plénière, avec les conditions 
ordinaires, à gagner dans un jour fixé par leurs directeurs spi- 
rituels, ainsi qu'une Indulgence plénière à l'article de la mort. Le 
Saint Père Pie IX consentit volontiers à la supplique des Reli- 
gieuses et leur accorda les Saintes Indulgences demandées, le 
6 avril de la môme année. 

Le troisième centenaire du jour où Sainte Thérèse avait jeté 
les fondements de la Réforme du Garmel en donnant l'habit de 
la Sainte Vierge à ses quatre premières filles et en leur faisant 
adopter la Règle primitive, allait commencer le 24 août 1862. Sur 
la demande des Supérieurs généraux de l'Ordre, le Souverain 
Pontife Pie IX avait concédé l'Indulgence plénière, une fois seule* 
ment, à tout fidèle qui confessé et communié visiterait une Eglise 
quelconque des Religieux ou Religieuses de l'Ordre des Carmes 
déchaussés, ou même des Tertiaires du même Ordre les 22, 23 et 
24 août 1862. De plus une Indulgence partielle de sept ans et sept 
quarantaines à tout fidèle qui durant ces trois jours visiterait les 
Eglises susdites étant au moins de cœur contrit et j prierait selon 
les intentions de Sa Sainteté. 

Les fêtes du troisième centenaire de la Réforme furent célébrées 
au Carmcl de Lyon dans l'Eglise du Monastère, somptueusement 
décoré pour la circonstance par les soins de la Révérende Mère 
prieure Marie Thérèse du Cœur de Marie d'Orcet, toujours zélée 
pour tout ce qui regarde la gloire de Dieu. Les Messes se sont 
succédées presque sans interruption pendant les trois jours, depuis 
5 heures du matin jusqu'à 7 heures. La Messe conventuelle a été 
célébrée le premier jour par M. de Serres, supérieur des Carmé- 



DE NOTRR'DAME DB l\ COMPASSION f49 

lites, qui a bien voulu ouvrir lui môme la série des pieux exer- 
cices, le second jour par le R. P. Provincial des Jésuites, et le 
troisième par le R. P. Gautrelet de la Compagnie de Jé8u«, A 
8 heures la Grand Messe en Thonneur de la Sainte Trinité était 
chantée solennellement par le clergé et les chantres do Saint 
Just, paroisse du Couvent. Après la Grand*Messe le Saint Sacre» 
ment était exposé, puis venait le sermon du matin, prêché le 
premier jour par le R. P. Mathieu Joseph, qui a lait ressortir 
Vunion intime et toute spirituelle qui existe entre les enfants de 
Saint Dominique et ceux de Sainte Thérèse. 

Le soir le salut Solennel était précédé d*un sermon prêché les 
trois jours, par le R. P. Maréchal. 

Le troisième jour le sermon du matin a été prêché par le R. P. 
Xavier de Bengj, Carme déchaussé, qui a enflammé son auditoire 
d'un ardent amour de Dieu ; puis après le sermon du soir eut lieu 
le Salut et la clôture des exercices du Jubilé. M. de Serres, qui en 
avait fait l'ouverture, voulut présider les dernières cérémonies. Il 
entonna le Te Deum que les nombreux ecclésiastiques unis aux 
fidèles qui remplissaient l'Ëglise et ses abords poursuivaient avec 
un entrain admirable. Après le Salut eut lieu la vénération des 
reliques de Sainte Thérèse au chant de l'hymme Régis superni 
nuniia. 

Le 25 avril 1863, sous le priorat de la Révérende Mère Thérèsu 
de Marie d*Orcet, eut lieu la cérémonie de la bénédiction des 
cloches du monastère. 

Mademoiselle Victorine Du Parc de Locmaria était entrée au 
Carmel de Ljon le 16 juillet 1862, mais sa constitution frêle et 
délicate ne lui permit pas de résister aux austérités de la Règle. 
Pendant son séjour dans la Communauté ayant remarqué que le 
Cérémonial de TOrdre prescrivait deux cloches, après sa sortie 
elle eut la pensée de remplacer Tunique petite cloche fendue que 
les Carmélites ne pouvaient changer vu Texcessive pauvreté de 
leur maison. Elle fut aidée dans son projet, et les parrains et les 
marraines ont généreusement offert les deux cloches nécessaires à 
la Communauté. 

Après la Messe célébrée par M. de Serres, supérieur des Car- 
mélite jt, la cérémonie du baptême a commencée. La grosse cloche 



DE NOTRE-DAME DE LA COMPASSION 231 

rent les matériaux poar jeter les fondements de cette œuvre. Use 
jeune prétendante Anglaise nouvellement convertie et une jeune 
Irlandaise vinrent i Lyon se former à la vie religieuse» aux usages 
et à l'esprit de l'Ordre de Sainte Thérèse. Pendant que Ton dis- 
posait toutes choses pour un prochain départ, le Révérendissime 
Cardinal Ârchevdque de Londres mourut, et les Révérendes Mères 
attendirent pour effectuer leur départ la nomination de son suo« 
cesseur. Le nouvel Archevêque, Monseigneur Manning, accueillit 
faTorablement la demande et donna son autorisation dans les termes 
les plus encourageants. 

Le 18 décembre 1855, partirent pour Londres la Révérende 
Mère Louise Thérèse du Cœur de Marie Arragonès d'Orcet en 
qualité de prieure, et les Sœurs Thérèse de Jésus Clairfond, Eu*- 
phrosine de Jésus de Saint Elle Tourton, Marie Thérèse Browing, 
avec une novice Sœur converse. La Sœur Euphrosine Tourton, 
bien que fondatrice, ne pouvait remplir de charge n*ayant encore 
que trois ans de profession. Ces Religieuses étaient accompagnées 
par Monsieur le vicomte d'Orcet, frère de la Révérende Mère 
Thérèse du Cœur de Marie. 

Les commencements de Ta fondation furent marqués du sceau 
de la Croix. Les Carmélites éprouvèrent mille difficultés pour 
trouver un emplacement convenable pour bâtir leur monastère. 
Enûn après avoir passé quelques pénibles années dans un local de 
louage, elles purent faire construire le Monastère régulier ou 
elles habitent actuellement, et où Tœuvre du Seigneur prend des 
accroissements journaliers. 

Nous ajouterons ici quelques détails sur la vie de la Révérende 
Mère Thérèse du Cœur de Marie, première prieure du Carmel de 
Londres. 

Après être restée dans le monde qu'elle édifia par ses vertus en 
se dévouant à son frère infirme, puis plus tard en élevant les 
enfants de son frère aine qui avaient perdu leur mère en bas ftge, 
la Révérende Mère Louise Thérèse du Cœur de Marie d'Orcet 
prit l'habit religieux le 20 mai 1850, âgce de 41 ans et 3 mois, et 
fit sa profession le 8 juin 1851. Elle fit l'édification du Carmel par 
sa ferveur, son dévouement, sa charité, son esprit de pénitence et 
de régularité^ son abnégation qu'elle pratiquait jusqu'au mépris 



Î5? HISTOIRE DU COUVENT DES GAIIMELITSS 

d'elle-même. Pendant ses deux triennats comme prieare, elle a 
rempli parfaitement le point de la règle qai dit : « Méditant 
jour et nuit la loi du Seigneur » ; veillant et priant, on la trou- 
vait toujours proie à s'occuper des malades, et quoique d'une 
naissance très distinguée et ayant occupé un rang élevé dans 
)e monde, on la rencontrait toujours dans les offices les plus bas 
et les plus pénibles. 

Après avoir accompli ses six années de priorat, elle fut choisie 
pour aller en Angleterre fonder )e Garmel de Londres, Partie le 
18 décembre 1865 avec quatre de ses Sœurs, elle les a toujours 
encouragées et édifiées plus par ses exemples que par ses paroles. 
Dieu seul sait tout ce que cette œuvre a coûté à la Révérende Mère 
Thérèse du Cœur de Marie ; la difficulté du langage ne fut pas la 
moindre peine. Au bout de six ans elle remit sa charge de prieare 
à une de ses compagnes qui était heureuse de marcher sur ses 
traces et de suivre ses avis. 

Elle est morte à Londres, le 34 septembre 1875, ftgée de 66 ans 
et 8 mois, dont elle a passé 25 ans et 3 mois en religion, 15 ans 
dans le monastère de Lyon dont elle a été prieure pendant 6 ans, 
et 10 ans en Angleterre. 

Le 14 mai 1865 la Bienheureuse Marie des Anges, Religieuse 
Carmélite déchaussée, a été béatifiée par le Souverain Pontife 
Pie IX. D'après l'usage de TEglise la célébration des fêtes de la 
béatification ne pouvant avoir lieu en dehors de Rome que l'année 
qui suit le décret, elles furent célébrées au Carmel de Lyon les 20, 
21 et 22 avril 1860 avec tout Téclalque permettait les circonstances. 

L'Église fut décorée avec goût. Le tableau de la Bienheureuse 
placée derrière le maître autel était entouré de draperies, de 
guirlandes et de lumières disposées avec beaucoup d'art. Les 
Pères Carmes prêtèrent leurs concours et leur présence contribua 
puissamment à l'embellissement des fêtes, soit par la prédication, 
les chants et les accords suaves que le R. P. Marie Léon du Saint 
Esprit tirait de l'harmonium. Une des prétendantes de la maison 
fit présent de deux riches candélabres pour orner le maltre-autel. 

Les Messes se succédèrent depuis 5 heures du matin jusqu'à 
8, heure à laquelle une Grand'Messe fut chantée par les Révé- 
rends Pères au milieu d'un nombreux concoure de fidèles venus 



DE NOTKE-DAME DE LA COMPASSION ^ 

pour célébrer les fêtes. Les prédications qui earent lieu le soir ^ 

furent fort goûtées, surtout celle du dernier jour par le R. P. 
Abel de Sainte Thérèse, alors prieur du Couvent de Lyon. 

En 1865, le Monastère fut visité, sur les instances de Monsei- 
gneur de Bonald, par le Révérend Père Dominique de Saint 
Joseph, général des Carmes déchaussés, qui venait de sucoéder 
!iu Révérend Père Elisée et procédait alors à la visite générale 
des couvents de son Ordre. 

La même année, un riche tapis pour le sanctnaire de l'Eglise 
fut offert aux Carmélites par Mesdames Mazujer, Morel de 
Voleine, de Murinais, Pourchet» d'Herculais, de Gaillard, de 
Michalon, de la Villeneuve, de Salvert, de Nejrieu, Vialat- 
Beauvais, de Leusse, Vachon-Laville, Garnier, et MM. Lasausse 
et Empaire. 

En 1870 les Carmélites placées sous la protection de Notre* 
Dame de Fourvière purent rester dans le cloître; il est vrai qu'elles 

> 

avaient fait le vœu de réciter le Rosaire tous les jours pendant la 
durée de la guerre, et tous les samedis de faire une mortification 
en rhonneur de la Très Sainte Vierge, pour obtenir la grftce de 
ne pas sortir de leur Monastère. 

Le 15 octobre 1871, fête de sainte Thérèse, Monseigneur Ginou- 
Ihiac étant venu dire la messe au grand autel de l'Eglise des Car 
mélites, leur concéda pour sept années, en vertu des lettres apos- 
toliques du Souverain Pontife Pie IX, datées du 28 avril avril 1870 1 
la faveur d*un autel privilégié avec indulgence plénière applica- 
ble aux âmes des trépassés. 

Le 5 février 1876 est décédée la Sœur Benoîte Marie Elisabeth 
Maniquet, ftgée de 73 ans et 3 mois, et de religion 48 ans. Après 
avoir exercé les charges de sous-prieure et de maîtresse des novi- 
ces elle partit pour la fondation du Garmel de Montélimar où elle 
est restée 5 ans en qualité de sous prieure, aimée et appréciée de 
toutes les Religieuses. Malgré les instances qui lui furent faites 
pour y demeurer, elle voulut revenir à Lyon, pour finir sa vie 
religieuse dans le monastère où elle l'avait commencée, dans la 
pratique de Thumilité et de l'abnégation de la nature. 

Les Carmélites avaient obtenu le 20 janvier 1858, du Souverain 
Pontife Pie IX, l'autorisation d'établir dans l'intérieur de leur 



2ô4 HISTOIRE DU COUVENT DES CARMÉLITES 

monastère un deuxième chemin de la Croix avec Tapplicttion de 
toutes les indulgences qui j sont attachées, pour y dire gagnées 
par les Religieuses et autres personnes qui habitent l'intérienr de 
leur monastère, mais elles ne firent procéder à son exécution 
qu*en 1863, dans Toratoire du noviciat. 

En 1878 les Religieuses changèrent les tableaux du chemin de 
la Croix érigé en 1855 dans la salle du Chapitre et firent procé- 
der à la bénédiction des nouvelles stations, ainsi que le relate la 
procès -verbal suivant : 

« L'an mil huit cent soixante dix-huit et le deux du mois de 
novembre, nous soussigné aumônier des Carmélites, en vertu 
d'une délégation de son Ëminence Monseigneur Caverot, Arche- 
vêque de Lyon, en date du dix-huit octobre dernier, avons érigé 
les stations du chemin de la Croix dans la salle du Chapitre dn 
monastère des Carmélites de Fourvière, rue du Juge-de-Paix, en 
présence des Révérendes Mères prieure et sous-prieure, et des 
Sœurs qui ont signé avec nous le présent procès verbal. 

« A Lyon, au monastère du Carmel, rue du Juge-de-Paix, les 
jour et an susdits. 

« S. Térèse de Marie, prieure. — S. M. Elisée de Saint Augus- 
tin, sous prieure. — S, M. Madeleine de Jésus^ première 
dépositaire. — S. Térèse de Saint Joseph^ deuxième déposi- 
taire. — S, Marie des Anges. — Daval, aumônier. » 
Le 9 février 1880 est décédée la Sœur Louise Mario de Jésus 
Sériziat (veuve Hasse), âgée de 62 ans et demi, et de religion 7 ans 
et 2 mois. Formée dès sa jeunesse à la vertu par sa respectable 
mère elle dut, malgré sa vive répugnance et pour obéir â ses 
parents, contracter une union où elle devint vraiment une époase 
modèle. Privée des joies de la maternité, chagrin qu'elle ressentit 
vivement, elle en fit enfin le sacrifice et adopta pour ses enfants 
les pauvres et les bonnes œuvres de la ville de Lyon. Possédant 
une grande fortune elle sut en profiter pour faire le bien sur une 
vaste échelle. Dieu ayant rompu ses liens, sa vie devint plus par- 
faite; elle entra chez les Dames Convalescentes, prit part à toutes 
leurs œuvres. L'hospice des Dames du Calvaire eut aussi la meil- 
leure part de son temps ; elle aimait à panser les plaies des infor- 
tunées qui y étaient recueillies, à leur offrir de petites donceurs 



DE NOTRE DAME DE LA COMPASSION 255 

et à les encourager par de doaces paroles. L'Eglise et la demeure 
des pauvres étaient les lieux qu'elle fréquentait. 

Après la mort de son respectable père elle réalisa le désir de sa 
vie? elle répondit â Tappel du Divin Maître et se consacra à lui 
dans la vie religieuse. Avant d'entrer au Garmel et sans être sûre 
de pouvoir en suivre la règle austère à cause de son ftge avancé, 
elle se dépouilla de sa fortune en faveur de sa famille, ne se 
réservant qu'une pension viagère. La Sœur Louise Marie de Jésus 
prit l'habit religieux le 9 décembre 1872, ftgée de 53 ans et 3 mois, 
et fit sa profession le 10 décembre 1873. Elle fut une véritable 
providence pour la Communauté qui était alors fortement endettée 
et avait à faire exécuter d'urgentes réparations aux bfttiments du 
Monastère. Notre charitable Sœur fournit d'abord aux plus pres- 
sants besoins et continua d'être la ressource de la Maison. Reçue 
à la profession avec le titre de bienfaitrice, qui lui était légitiment 
acquis par ses libéralités, elle ne voulut jamais s'en prévaloir 
pour profiter des soulagements qu'elle aurait pu se procurer. 

Ses obsèques ont eu lieu le lundi 9 février, Les Révérends 
Pères Carmes déchaussés ont bien voulu j prêter leur concours. 
Le R. P. Prieur à fait les absoutes dans le chœur intérieur, et le 
R. P. Sous-Prieur à chanté la Grand-Messe, l'un et l'autre assis- 
tés des deux Pères Carmes. Le Clergé de Saint-Just, paroisse du 
Monastère, a donné la dernière absoute; et tous avec la famille 
ont ensuite accompagné le convoi au cimetière de Loyasse, où la 
dépouille mortelle de la Sœur Louise Marie de Jésus a été déposée 
dans le tombeau des siens, suivant les instructions données dans 
le temps. 

En 1882 des fêtes solennelles furent organisées dans tous les 
Carmels de l'Univers pour célébrer dignement le troisième cen- 
tenaire de la mort de la Séraphique Mère Sainte Thérèse. Le 
Souverain Pontife Léon XllI accorda à la grande famille reli- 
gieuse de la Sainte la célébration d'un Triduum solennel accom - 
paillé de faveurs particulières et dé privilèges d'un grand prix, 
parles deux brefs suivants. 



256 HISTOIRE DU COUVENT DES CARMELITES 

LÉON XIII, PAPE. 

A tova les fidèles du Christ qui verront Us présentes Lettres 

Salut et Hénédiction Apostolique 

A Toccasion du troisième centenaire du jour où la Séraphiqne Tier^ sainte 
Thérèse, afiranchie des liens du corps, prit son essor vers le ciel, en Tertn 
d*un décret par nous approuvé à la Congrégation préposée à la conservatk» 
des rites sacrés, il a été permis à la religieuse famille des Carmes déchaussés 
de célébrer dans toutes les églises de leur Ordre un Triduum soleuiel en 
I*honnettr de la sainte Législatrice, à partir du quinze octobre prochain jus- 
qu*au trente et un du môme mois de la présente année, inclusivement. Or, 
pour que cette heureuse circonstance serve au plus grand profit des Ames, 
notre bien-aimé fils Bernardin de Sainte-Thérèse, Procureur général de TOr- 
dre susdit, nous a instamment supplié de daigner ouvrir avec bonté les tréson 
célestes de l'Eglise. 

C*est pourquoi, appliqué avec une pieuse charité à augmenter la dévotion 
des fidèles et leurs moyens de salut par des largesses spirituelles. Nous ac- 
cordons misëricordieusement A tous et à chacun des fidèles du Christ de Tun 
et de Tautre sexe, qui, dans toute église ou chapelle publique des Frères, dei 
Sœurs ou même des Tertiaires dudit Ordre, auront, chaque jour du TtHduum, 
pris part pendant quelque espace de temps aux exercices solennels, de pou- 
voir, Tun des trois jours à leur choix, obtenir la pleine indulgence et rémission 
de leurs péchés, pourvu que, vraiment pénitents, confessés et reconfortés ptr 
la sainte communion, ils aient visité Téglise ou la chapelle publique dont nous 
parlons plus haut, et, là, aient répandu devant Dieu de pieuses prières pour 
la concorde entre les princes chrétiens, Textirpation des hérésiea, la con- 
version des pécheurs et Texaltation de notre sainte Mère rJEglise. 

En outre, aux mêmes fidèles qui,'à tout le moins contrits de cœurs, auront, 
un jour ou Tautre, assisté dévotement et pendant quelque espace de temps 
aux solennités saintes du Triduum dans n*importe laquelle des églises on 
chapelles dénommées et y auront {)rié ainsi que nous le disions tout à rhenre, 
nous remettons en la forme accoutumée de TEglise sept années et autant de 
quarantaines sur les pénitences enjointes ou dont ils seraient redevables i 
tout autre titre. 

Toutes ces indulgences, rémissions des péchés et relaxations de pénitences, 
Nous concédons aussi la faculté de les appliquer par manière de suffrage aux 
âmes des fidèles du Christ qui ont émigré de cette vie dont Tunion avec Dieu 
par la charité. 

Et ce, nonobstant, etc. 

Donné à Saint Pierre de Rome, sous l'anneau du Pécheur, le 17 mars de 
l'année ISS2, la cinquième de notre Pontificat. 

L. t A. Pi TH. Cardinal Mertbl. 

Le Bref pontifical du 7 février concerne la neuvaine préparatoire 
qui a précédé immédiatement la fête de Sainte Thérèseï II a ac- 
cordé aux fidèles les mêmes indulgences, et d*abord : 

i° L'indulgence pléniére, pourvu qu'ils aient assi?lé au moins 



DE NOTRE-DAME DE LA COMPASSION 257 

cinq fois à cette neuvaine et fait la visite d*église, des premières 
vêpres au coucher du soleil du jour de la fête; 

2^ L*indulgeDce de sept ans et de sept quarantaines pour chaque 
jour de ladite neuvaine. 

L*une et l'autre aux mêmes conditions que ci-dessus de sacre- 
ments, de prières, d'intentions, etc, 

A répoque des préparatifs du troisième centenaire de la mort 
de Sainte Thérèse, un nuage de tristesse pesait sur les cœurs des 
Carmélites de Lyon. Désirer ardemment fêter une Mère bien- 
aimée et ne pouvoir le faire, faute de ressources^ était une chose 
bien dure pour ses enfants. La Communauté eut la pensée d*im- 
plorer, par une neuvaine générale, le secours de Saint Joseph, 
patron du monastère. 

Le secours imploré ne fit pas défaut : Saint Joseph ménageait 
à ses filles du Carmel d*agréablcs surprises. Les amis de la maison 
apportèrent leur concours, et les Révérends Pères Carmes dé- 
chaussés, empêchés par les circonstances de célébrer le centenaire 
dans leur chapelle, trouvèrent un adoucissement à leurs regrets 
en envoyant toutco qui était de nature à embellir la solennité. 

Le R. P. Marie Léon du Saint Esprit se chargea de la direction 
des travaux. Habilement secondé par une généreuse bienfaitrice, 
il disposa les décorations qui, dans leur simplicité, présentaient 
un coup d'œil tout à fait gracieux. 

Des deux côtés du tableau do Sainte Thérèse, placé derrière 
Tautel et entouré lui même d^une guirlande de roses blanches et 
de Terdure, partaient deux lignes de feu qui venaient rejoindre 
l'autel; au-dessus, une tenture rouge et deux gerbes de lumières 
encadraient le foyer étincelant qui le dominait. 

La balustrade qui sépare la nef du sanctuaire était garnie de 
feuillage et de cierges allumés. Au-dessus de la grille des Reli- 
gieuses, entourée d'une guirlande de verdure parsemée de roses 
de diverses nuances, un ccusson aux armes du Carmel faisait face 
au magnifique vitrail de la Sainte Famille. Ce n'était là que le 
côté matériel de la fête ; le plus beau était bien de voir la foule 
recueillie prier avec ferveur au pied de l'autel. Plusieurs fois 
l'enceinte de la chapelle, qui a pourtant d'assez vastes proportions, 
n'a pu contenir la foule empressée, et un grand nombre de per- 

n 



258 HISTOIRE DU COUVENT DES CARMELITES 

-sonaes ont été heureases de pouvoir se placer sur le perron et 
dans le jardin qui le précède. 

Les exercices du Triduum ont en lieu les 20, 21 et 22 octobre 
18S2 ; mais déjà, le jour de la fête de Sainte Thérèse, plnsienrs 
messes avaient été célébrées dans la chapelle des Carmélites depuis 
6 heures jusqu*à 8 heures. Les jours du Triduum les messes ont 
élc bien plus nombreuses. 

Le premier jour, Messieurs les Chapelains de la Primatiale et 
Monsieur Tabbé Neyrat, Téminent musicien qui en dirige la 
maîtrise, sur Tinvitationqui leur en avait été faite, ont bien voula 
prêter le concours de leurs belles voix pour chanter la grand'messe, 
qui a été célébrée par le R. P. Evariste, capucin, ayant poar 
diacre et sous-diacre les RR. PP. Carmes déchaussés Théodore 
Marie du Saint Sacrement, prieur du couvent de Ljon, et Marie 
Léon du Saint Esprit. 

Le dernier jour du Triduum, Son Eminence le Cardinal Cavâ- 
rot, Archevêque de Lyon, a voulu, malgré ses nombreuses occa- 
pations, célébrer le Saint-Sacrifice et apporter une nouvelle 
bénédiction aux bénédictions de ces jours de grâces. 

Tous les jours, les vêpres chantées par les Religieuses étaient 
suivies d*un sermon et d*un salut solennel terminé par la véné- 
ration des reliques de Sainte Thérèse. 

Le 15 octobre, jour de la fête de Sainte Thérèse, le R. P. Des- 
ribes, de la Compagnie de Jésus, a prononcé le panégyrique de la 
Sainte Réformatrice du Carmel, 

Le premier jour du Triduum, Monseigneur de Charbonoel, 
capucin et évêque de Sosopolis in partibus^ à prêché sur l'aver- 
sion que Sainte Thérèse portait au péché. Le second jour, leR. 
P. Tht'odorc Marie du Saint Sacrement, fils de Sainte Thérèse, 
a CL'icbré les louanges de sa Mère bien-aimée. Enfin le troisième 
jour, le R. P. Mathieu Joseph, Dominicain, a montré Tinti mité et 
la fécondité de l'union de Sainte Thérèse avec Notre Seigneur. 

En 18S4 les Carmélites obtinrent de Sa Sainteté le pape Léon 
XllI, un Induit les aut«'risant régulièrement à célébrer l'office du 
Sacré Cœur le 20 novembre de chaque année, jour où elles renou- 
vellent le vœu au Sacré Cœur qu'elles ont la coutume de £aiic 
depuis 1720. En voici la teneur : 



DE NOTRE-DAMS DE LA COMPASSION 259 

Déjà depuis rannée 17:^ les religieuses ds l'Ordre des Cannes, habitant la 
ville de Lyon, ont coutume de célébrer chaque annéSi par vœu, le 26 novembre, 
une fête en Thonnenr du Sacré Cœur de Jésus, av«e Toffice et les Messes 
comme dans la fête du même Sacré Cœur, et sous le rit double de deuxième 
classe. Comme il n'y a aucun document qui légitime celte coulune, ces mêmes 
religieuses ont très humblement supplié Notre Très Saint Seigneur le Pape 
Léon XIII de daigner ratifier la célébration de la susdite fête. C'est pooiquoi 
au rapport da Secrétaire souscrit de la Congrégation des Rites Sacrés, attendu 
surtout la très haute recommandation de TEminentissime et RévérendissioM 
Seigneur Louis Marie Caverot, Archevêque de Lyon, par grâce spéciale, Sa 
Sainteté a daigné consentir à la demande, pourvu que les rubriques soient 
gardées. Nonobstant quoi que ce soit de contraire. 

Daté de Rome, le 10 janvier 1881. D. Cardinal Bartoloni Préfet de la Con- 
grégation des Rites Sacrés. -^ Laurent Salyati. Secrétaire de la Congré- 
gation des Rites Sacrés. 

Vidimus ad executionem. Lugduni, 24 janvier 1884. t L. M. Card. 
Cavbrot, Arch. Lug. 

Le 8 septembre 188G, Monseigneur le Cardinal Caverot a 
accordé aux Carmélites de Lyon Cent jours d* indulgences y en 
plus des quarante jours primitivement concédés par Monseigneur 
François Paul de Villeroy, pour les prières du vœu au Sacré Cœur 
de Jésus que les Religieuses récitent chaque jour en conformité 
du vœu susdit, fait par la Communauté le 26 novembre 1720, et 
solennellement renouvelé le 19 avril 1832. Le même jour Son 
Eminence a également accordé Cent jours d^indulgences pour 
les commémoraisons qui se récitent chaque jour en Communauté, 
après compiles et matines, en Thonneur de Saint Joseph, de 
Sainte Thérèse et do Saint Jean de la Croix. Enfin le 6 décembre 
1886, Monseigneur Jourdan de la Passardière, évoque de Rosea, 
au nom de Son Eminence le Cardinal de Lyon empêché, a accordé 
cent jours d' indulgences à la récitation du verset : Regina 
décor Carmeli^ ora pro nobis, 

Tablbau des jours ou LE Très Saint Sacrement est exposé 

DANS LA chapelle DES CARMELITES DE LYON. 

Les trois jours des Quarante heures qui précèdent le Carême. 
— Le vendredi de la semaine da la Passion de N. S., fête de 
Notre-Dame de la Compassion, — Le jour de la fête de Saint 
/o^epA, et dés la veille depuis 2 heures de Taprès-midi jusqu'à 
5 heures. — Le troisième dimanche après Pâques, fête du Patro» 



260 HISTOIRE DU COUVENT DES CARMELITES 

nage de Saint Joseph, — Le jour de la fête du Très Saint 
Sacrement j le dimanche et le jeudi qui en termine TOctaye, et 
seulement de 4 à 6 heures de l'après-midi tous les autres jours 
de rOctave de cette fête. — Le vendredi après TOctaye de la fête 
du T. S. Sacrement, fêle du Sacré Cœur de Jésus. — Le 16 
juillet, fête de Notre-Dame du Mont-Carmeî. — Le 30 juillet, 
fête de Saint Elie. — Le 26 juillet, fête de Sainte Anne. — Le 
15 août, fête de V Assomption de la Bienheureuse Vierge Marie. 

— Le 31 août^ fête de la Dédicace des Eglises de r Ordre du 
Carmel, et dès la yeille depuis 2 heures de Taprès-midi jus- 
qu'à 5 heures. — Le 29 septembre, fête de Saint Michel ar* 
change, — Le 15 octobre, fête de Sainte Thérèse ^ et dès la veille 
depuis 2 heures de l'après midi jusqu'à 5 heures. — Le 24 novem- 
bre, fête de Saint Jean de la Croix. 

BÉNÉDICTION DU TrÉS SaINT SaGREBIENT. 

Tous les dimanches et jeudis de Tannée. — Le premier ven- 
dredi de chaque mois. — Toutes les fêtes de première classe 
(sans exception). — Toutes les fêtes de deuxième classe de Notre 
Seigneur (sans exception) — Toutes les fêtes de deuxième classe 
de la Sainte Vierge (sans exception). — Toutes les fêles de 
deuxième classe des iSaints Apôtres et Evangélistes. — Tous 
les vendredis de Carême, — Le 26 juillet, fêle de Sainte Anne, 

— Le 14 septembre, fête do V Exaltation de la Sainte Croix ^ et 
Rénovation des vœux des Religieuses du Monastère. — Le 
29 septembre, fête de Saint Michel, — Le 15 octobre, fêle de 
Sainte Thérèse, et tous les jours de TOctave de ladite fête. — Le 
20 novembre, renouvellement du Vœu au Sacré Cœur de Jésus, 

t 

— Le 26 décembre, fête de Saint Etienne y premier martjrr. — 
Le 27 décembre, fête de Saint Jean l'Evangéliste. — Le jour de 
la fête de la Révérende Mère Prieure, — Les jours de cérémonie 
de Véture et ceux de prise de Voile noir. 



QUATRIÈME PARTIE 



Malgré la rëclamalion qai accompagnait les déclaratioDS que 
les Religieuses Carmélites remirent aux ofâciers Municipaux le 
14 juin 1790, le conseil du District de Lyon décida que la pro- 
priété dite de La Gella, qui était continue à leur claustral, serait 
mise en vente au profit de la Nation ; et dans sa séance du 23 sep- 
tembre 1700, il désigna MM. Margaron et Durand pour procéder 
à son estimation. 

Voici le procès-verbal des experts chargés d*en fixer la valeur 
et le bref de vente de la propriété de La Gella. 



1® PROCÈS-VKRBAL DES EXPERTS 

Aujourd'hui treize février Mil sept cent quatre vingt onze, à huit heures 
du matin, 

Nous Gaspard Antoine Margaron, administrateur et commissaire nommé 
par le conseil du District, eu suite de sa délibération du vingt trois septem- 
bre Mil sept cent quatre vingt dix, pour la surveillance et Tinspeclion des 
Elstimations des domaines nationaux, accompagné du sieur Bonaventure Du- 
randy architecte, expert nommé par le conseil du District, pour procéder aux 
dittes Estimations, et qui a préié serment par devant les juges ordinaires le 
vingt un septembre Mil sept cent quatre vingt dix, ainsy que le sieur Bur- 
rellier, commis au secrétariat du District, après avoir lait prévenir Messieurs les 
Maire et officiers Municipaux de la ville de Lyon, soumissionnaires pour 
l'achat de la Maison qui sera cy après désignée, des opérations auxquelles il 
va être procédé, avec invitation de s*y trouver et d*y faire trouver leurs ex- 



262 HISTOIRE DU COUVENT DES CARMÉLITES 

parts, les dits officiers Municipaux ont déclaré ne vouloir nommer aucun 
Expert, qu*ils s*en rapporteroient à l'Expert qu'il plairoit au District de cboitir, 
qu*il8 avoient même des motifs pour ne pas assister aux opérations, ainsj 
qu'ils Tout déclaré au District par un écrit signé d'eux, et se sont retirés 
avec refus de signer, Nous nous sommes rendus à laditte maison, cize chemin 
dit des Chartreux, n^ 60, paroisse Saint Vincent, laditte provenant dft 
Carmélites, actuellement appartenant i la Nation ; de cuite l'Expert sas 
nommé a commencé son opération et nous a rapporté : 

Que laditte Maison était composée de deux petits jardins, de divers corps de 
bAtimens et une cour. 

Qu'elle était confinée au midi par le clos des Carmélites, an nord par le 
clos de M. Quinquinel, au levant par 1# chemin des Chartreux et an couchant 
par le clos des Carmélites. 

Que le rez de chaussée était composée d'un puits à eau claire, lequel puits 
étoit mitoyen avec la maison ou possession de M. Quinquinel. 

D'une cuisine, une buanderie, deux caves et une grande pièce, une salle à 
manger, une cave ou bûcher et cabinet d'aisances. 

Que tous les agencemens de ce Rez de chaussée, même le potager, la 
chaudière et son fourneau appartiennent au locataire 

Qu'au premier il y avoit trois pièces dont une i cheminée, un cabinet d'ai- 
sances et deux éviers et grenier au dessus. 

Qu'au corps de bâtiment en retour il y avoit deux pièces au premier, lequel 
premier fait le rez de chaussée sur la rue des Chartreux, qu'une deadittet pièces 
est i cheminée avec un évier 

Que sa superficie générale y compris les jardins étoit de quatre fniUe neuf 
cent trente pieds quarrés de Roi. 

Que le locataire réclamait comme lui appartenant les arbustes et autres 
plantes qui etoient dans les jardins. 

Que le tout etoit loué la somme de trois cent quatre vingt livres. 

Que ledit expert l'avoit esiimé valoir la somme de quatre mille cinq cent 
livres, dont et du tout nous avons d:*essé procès verbal lesdits an et jour que 
dessus et avons sig:ié avec l'Experl susnommé et le commis au secréteriat. 

Signé : Mabgaron, Durand, L. C. Bio, Burbllier, Andrillat. 



2^ BREF DE VENTE DE LA GELLA 

Dhiric de Lyon^ Vente des biens nationaux ^ Bref de 

Ycnte^ Maison et Jardin n® 60. 

On fait savoir que le 4 mai i"91, à 2 heures «Je relevée et suivantes il sera 
pro éJé à la vente, au plus offrinl et dernier enchérisseur, d'une Maison el 
•l-?a\ jar lins n<> 60, appartenant à la Nation, ci-ievant possédés par les Car- 
mélites, dont la désignation suit : 

Maison no 60, située chemin dit des Chartreux, ci-devant possé^lée par 1rs 
Religieuses Carmélites. 



DE NOTRE-DAME DE LA COMPASSION 263 

Elle est composée de plusieurs corps de bAtiment à un et deux étages avec 
cour et deux jardins. La superficie est d'environ quatre mille neuf cent trente 
pieds quarrés. 

Elle est confinée à Torient par le chemin dit des Chartreux, au nord par un 
jardin ci-devant à la nation, au ^ouchant et au midi par le clos à la nation 
et occupé par les Religieuses Carmélites. 

Le puits à eau claire de cette maison est commun et mitoyen avec les 
possessions du sieur Quinquinel, Tadjudicataire en souffrira et supportera les 
charges telles que de droit. 

Les murs de division d*avec le clos des Carmélites seront mitoyens et entre- 
tenus à communs frais entre ledit adjudicataire et les possesseurs à venir 
dudit clos. 

L'adjudicataire ne pourra rien innover sur et contre lesdils murs déclarés 
mitoyens qui put être contraire aux usages et lois des bàtimens. 

Les acquéreurs n'entreront en possession réelle des biens qu*aprés avoir 
effectué le premier paiement; dés lors ils en jouiront à compter de la Saint- 
Jean Baptiste Mil sej)t cent quatre vingt onze, dans leur état actuel et. . . 

Les biens Nationaux dont la vente est poursuivie, ont été décrits par procès 
verbal du 13 février 1791, et estimés à la somme de 4500 livres. 
La dernière offre et mise à prix monte à la somme de 4.G00 livres. 

Fait et arrêté en Directoire. Signé : Fatolle a!né, président; Maroaron, 
ViAL, Lecourt, Caminet, Pavy aine et Blot ; Brochet, procureur-syn- 
dic, et Bernât, secrétaire. 

Dans la séance tenue publiquement par le Directoire du District de Lyon, 
le 4 mai 1791, à 2 heures de relevée et suivante^;, dans THôtel de TAdminis- 
tration, place des Cordeliers, où étoient MM. Fayolle aîné, président ; Mar- 
garon, Caminet, Via), Lecourt, Pavv et Blot, administrateuis, Brochet pro- 
cureur syndic et Bernât secrétaire. 

Présents M. Servan, administrateur du département de Rhône et Loire 
faisant pour M. le procureur Général sindic. 

Et M. Andrillat, commissaire nommé par la Municipalité de Lyon i la dili- 
gence de M. le procureur Général sindic. 

Lecture a été faite à haute et intelligible voix : 

lo Du Bref de vente d'une maison et jardin n» 00, situés montée des Carmé- 
lites, appartenant à la Nation, ci-devant possédés par les Carmélites. 

M. Pascal a offert 8.000 livres. 

M. Quinquinel 8.200 — 

Nous avons fait allumer une première bougie, dont le fou à duré 7 minutes 
pendant lesquelles. 

M. Dard a offert 8300 livre?. - 2me bougie, M. Terme 8600 livres. — 3™« 
bougie, M. Favre Sl'OO livres. — 4">« bougie, M. Montmartin 9000 livres. — 
5n=« bougie, M. Terme 9200 livres. — 6™" bougie, M. Favre 94 JO livres. — 
7™« bougie, M. Terme 9600 livres. — Sm® bougie, M. Fiivre 0800 livres. — 9™» 
bougie, M Montmartin 10000 livres. — i0™« bougie, M. Favre 10300 livres. 
ll»e bougie. M. Quinquinel 10600 livres. — 12 ">• bougie, M. Favre 11000 li- 
vres. — 13»ne bougie, M. Quinquinel 11500 livres. — 14'ne bougie, M. Favre 



264 HISTOIRE DU COUVENT DES CARMÉLITES 

11700 livres. — 15b« bougie Bf. Quinquinel 11900 livres. — 16>m bougie 
M. Favre 12000 livres, M. Quinquinel 12100 livres. Et une 17b« bougie ajtnt 
été allumée et étant brûlée, sans qu'il ait été fait aucune offre et enchère, 
MM. Joseph et Jean-François Quinquinel, négociants à Lyon, au coin des 
rues des Bouquetiers et des Orfèvres, qui était resté adjudicataire proviioire 
i la bougie précédente, a été retenu pour adjudicataire définitif. 

Ledit M. Quinquinel frères, seront tenus de payer, dans la quinzaine, i 
compter de ce jour, dans la caisse du District ou de Pextraordinaire, la somme 
de 2420 livres, faisant les 20 pour 100 du prix de la présente vente (sic). 

A regard de la somme restante, qui est de 9680 livres et des intérêts i 5 
pour 100, jedit adjudicataire en fera le paiement de la manière prescrite par 
le décret rendu par TAssemblée Nationale les 25, 26^ 29 juin et 9 juillet 1790, 
sanctionné le 25. 

M. Quinquinel frères ont déclaré qu*ils acceptent tout ce que dessus. 

Enregistré le 4 aoust 1791. Reçu 15 sous Signé ; Morin. 

(Archives du département du Rhône.) 

Aux approches du siège de Lyon et sur la demande de la Mu- 
nicipalité provisoire, les bâtiments de l'ancien couYent des 
Carmélites furent convertis en casernement pour le logement de 
l'armée départementale. Voici Tarrété du Directoire autorisant 
cette transformation. 

Dans la séance du Conseil général du Directoire du District de Lyon en per- 
manence, du 2 juillet 1793, Tan 2 de la République Française, où étoient les 
citoyens Angelot président, Bertacbon, Tricbard, Pipon, Beijon, Fus et 
Châtelain, administrateurs, Bourbon procureur syndic et Burellier secrétaire: 

Vu la pétition de la commune de Lyon signée Félix et Royer, ofnciers ma« 
nicipauz provisoires, tendant à demander 1^ le bâtiment des ci-devant reli- 
gieuses de Saint-Pierre, 2<' celuy des Carmélites, 3^ celuy de la nouvelle 
Douane pour un cazernement nécessaire à la sûreté de la ville. 

Le Directoire considéraut que la surelé de la ville nécessite efifectivement 
une surveillance et une activité continuelles, et qu'elle ne peut s'acquérir que 
par un cazernement; que les endroits les seuls propices pour cet effet sont 
ceux désig-nés par la commune ; mais qu'il existe des effets précieux dans 
celui de Saint-Pierre qui renferme un dépôt général suit de tableaux soit des 
ornements, lingues, matelas, etc., provenants des établissements ecclésiastiques 
et émigrés, qu'il convient que la municipalité en y établissant des cazernes 
réponde des effets qui y sont renfermés. 

Le citoyen procureur sindic ouï. 

Estime que les bâtiments de Saint-Pierre, de la Douane et des Carmélites 
doivent être accordés pour y établir des Cazernes, à la cbarge pour la com- 
mune de mettre le District à Tabry de sa responsabilité à Tegard des effets 
qui y sont renfermés et d*y faire faire toutes les réparations et ouvrages ne- 
c 'ssaires à ses frais. 

Signé : Bertacbon, Angelot. 

(Archives du département du Bhône.) 



PË NOTRE-DAME DE LA COMPASSION £65 

Après le siège de Lyon, la Municipalité logea aux Carmélites 
riOO hommes des troupes de la garnison. 

Pendant ces deux occupations, les sépultures des Carmélites 
furent profanées, ainsi que le constate le Rapport et compte 
général présenté à Tadministration du Rhône par les commis- 
saires aux inhumations, le 9 pluviôse an II (28 janvier 1794) », 
dont Toici le passage qui relate ce fait : 

a Carmélites, — Un enfant enterré dans le jardin, recouvert 
seulement d'un pouce de terre. Un caveau dans Tintérieur, d*où 
les chiens tiraient des cadavres desséchés pour les traîner dans 
les cours, et les caveaux de la ci -devant église, dont les exhalai- 
sons paraissaient à craindre. L'enfant a été exhumé et coulé dans 
une fosse profonde ; le caveau de l'intérieur et son soupirail ont 
été murés; les caveaux de la ci- devant église ont été encombrés. » 

L'Église des Carmélites fut ensuite convertie en prison militaire 
pour les troupes casernées dans le couvent, d'après les pièces 
suivantes : 

Ce joard*huy onzième pluviôse de Tan second de la République une' et indi- 
visible (30 janvier 1794), dans la séance du Conseil Municipal où étaient les 
citoyens Bertrand, maire, Milan, Francxdet, Dubois, Gautier, Lefranc, Turiu, 
Jacob, .Dey rieu, Rojh, Ârnnud-TisoD, Pignard, Chazot, Bourchenu, Priant, 
Pitras, Forest, Perret, Richard, officiers municipaux, et Achard agent na- 
tional de la Commune. 

Sur le rapport d'un me.nbre du Comité de police et lecture faite du procés- 
verbal de la visite des prisons dont il avait été chargé. 

Le Conseil arrête, après avoir oui Pagent national de la Commuue, que le 
Comité des travaux publics est autorisé à transférer la prison des Militaires 
casernes aux Carmélites dans la ci-devant Eglise des Religieuses et d*y faire 
l'aire les réparations nécessaires pour recevoir les prisonniers, attendu que 
l'emplacement qui sert actuellement à cet effet est malsain et en mauvais état. 

Arrêta encore que les prisonniers indigens en général recevront de la 
Commune un bichet de pommes déterre par jour pour soixante prisonniers, 
le Comité des subsistances demeurant autorisé d>n faire la délivrance. 

(Registre des délibérations du Conseil municipal.) 

Le 17 messidor an II (5 juillet 1794), < Lecture est donnée au Conseil général 
de la Commune d'une lettre du Commandant des troupes qui expose que la 
prison militaire des Carmélites, outre qu'elle ne peut sufHr^ pour son objet, 
attendu que les prévenus de délits graves s'y trouvent confondus avec ceux 
détenus pour fautes de discipline ou de police correctionnelle, et encore mal- 
saine et dangereuse par sa situation et l'humidité, que l'humanité réclame un 
autre local, qu*il engage en conséquence la Commune a y pourvoir iocessam* 
ment. 



«66 HISTOIRE DU COUVENT DES CARMELITES 

« Le Conseil frappé de ces considérations : Arrête que les Comités réunis 
des travaux publics et celui Militaire se concerteront pour choisir le local 
demandé. » 

(Registres des délibérations du Conseil général dé la Commune.) 

Après le départ de Tarmée Rëvolutionnaire et lorsque la villo 
de Lyon n*eut plus à loger que les troupes régulières qui devaient 
composer sa garnison, plusieurs des casernements établis dans les 
anciennes maisons religieuses devinrent inutiles, et l'administra- 
tion de la Guerre en fit la remise aux administrateurs du dépar- 
tement qui devaient faire procéder à leur vente au profit de la 
Nation. G*est ainsi que le 27 thermidor an IV (14 août 1796), le 
ministre de la guerre mandait au ministre des finances et aux 
administrateurs du département du Rhône, qu'il approuvait 
la remise à Tadministration des Domaines Nationaux des. bâti- 
ments de TEvéché, des Jacobins et des Carmélites comme pouvant 
être vendus dès ce moment. Il ajoutait qu'il ne voyait aucun in- , 
convénient à Taliénation du local des ci-devant Carmélites, puis- 
que ce bâtiment, ni aucune de ses dépendances, n'étaient désignés 
comme utile au département de la guerre. 

A la suite de cette décision, les administrateurs du département 
ordonnèrent la vente du monastère des Carmélites, conformément 
aux prescriptions de la loi du 28 ventôse an IV (18 mars 1796). 
et la soumission Anselmier-Steimann ayant été acceptée, l'acte de 
la vente fut dressé en séance publique de Tadministration centrale 
du Rhône, le premier jour complémentaire de Tan IV (17 sep- 
tembre 1796), dans la forme suivante. 



TROCES-VERBAL DU REGLEMENT DU CLAUSTRAL DES CARMEUTES 

Dans la séance publique .lu premier jour complémentaire de la quatrième 
année de la rej)ublique une et indivisible, ou etoienl les citoyens Coulaud 
président, Allard, Bonnard, Piegay administrateur?. Paul Gayre commissaire 
du [)onvoir executif, Guigoud secrétaire en chef. 

L'administration du déparlement du Rhône, présent le citoyen Peyronny, 
directeur de l'Knreg-istrenient, s'élant fait représenter la soumission faite par 
!e citoyen Siméon Anselmier, demeurant rue de la Vielle-Monnaie n» 53, et 
la citoyenne Agathe GuilTray, épouse de Joseph Steimann et jouissante de ses 
biens en [>araphernal, demeurant audit Lyon, rue des Feuillans no 104, 1^ 
13 prairial, enregistrée n^ 734, d'acquérir conformément à la loi du 28 ventôse 



DE NOTRE-DAME DE LA COMPASSION «67 

no domaine national situé eu la commune de Lyon, division du Nord, dépen* 
dant des ci-deyant religieuses Carmélites. 

Va les titres» baux et renseignemens recueillis par Tadministration, desquels 
il resuite : 

io Que les biens soumissionnés par lesdits C. Anselmier et femme Steiman 
consistent en la totalité des bâtiments, église, cour et jardin, clos et dépen- 
dances, situés k Lyon, côte des Carmélites, le tout tel qu'il se contient et com- 
porte et qu*il est plus amplement désigné, confiné et contenance aux rapports 
des experts dont il sera ci après parlé. 

£» Que ces biens appartiennent à la République comme provenant de ceux 
des cy devans religieuses Carmélites de Lyon, dont les propriétés sont acquises 
à la Nation en vertu de la loi du 2 novembre 1789. 

30 Que ces mêmes biens ont été évalués conformémeut aux articles 5 et 6 
de la loi du 28 ventôse par le pro:é8 verbal d*estimalion en datte du 2 fructi- 
dor du C. Pillet, expert nommé par les acquéreurs par leur soumission du 
12 prairial, et Turrin, expert nommé par délibération du département du 
1er dudit mois de fructidor, savoir pour les bâtimens, en revenu annuel à la 
somme de quatre mille francs et en cnpital septante deux mille francs, et pour 
le jardin clos et accessoires, en revenu annuel a la somme de huit cent vingt francs 
et en capital a celle de dix huit mille quarante francs. 

Total du revenu cy 4,820 francf. 

Total en capital 90040 — 

Sur quoi délibérant, Tadministration départementale du Rhône après avoir 
entendu le commissaire du pouvoir executif, considérant que Timmeuble ci 
devant désigné est bien consternent dA la nature et de Tespéce de ceux dont 
l'aliénation est ordonnée par la loi du 38 ventôse et par l'instruction du corps 
législatif du 6 floréal aussi dernier. 

Arr^tb que moyennant ladite sommede quatre vingt dix mille quarante francs, 
payable dans les termes de la loi du 28 ventôse dernier et aux charges, clauses 
et conditions imposées par la loi et instruction aux acquéreurs des biens Na- 
tionaux. L'acte de vente en sera passé par cette administration pour et au 
nom de la Republique Française au Citoyen Anselmier et à la Citoyenne 
Steimann soumissionnaires, et qu'ils seront tenus de se presenler par eux ou 
par fondé de pou](oir dans la décade pour accepter ledit contract, a l'effet de 
quoi expédition de la présente délibération lui sera remise sous son recipissé, 
et a défaut de se présenter dans la décade il sera déchu de sa soumission. 

Nous (idministrateurs du département du Rhône, pour et au nom de la 
Republique Française et en vertu de la loi du 23 ventôse dernier, en présence 
et du consentement du commissaire du pouvoir execu'it', avons par ces pre* 
sentes vendu et délaissé dés maintenans et pour toujours — au citoyen 
Siméon Anselmier demeurant rue de la Vielle Monnaye no 53, et a la citoyenne 
Agathe Guiffray, femme Steimann, jouissante de ses biens en paraphernal, 
demeurant audit Lyon, rue des Feuillans no 104, a ce presens et acceptans 
pour eux, leurs héritiers ou ayant droit, l'immeuble national dont la désigna- 
tion Euit : 

La totalité des bâtiments, église, cour, jardin, clos et dépendances prove- 
nant des ci devant Religieuses dites Carmélites, situés à Lyon, Côte des Car- 
mélites. Cette propriété est confiné au midi par le clos réservé à la Nation, 
provenant des cy devant religieuses des Bleus Célestes, et par partie du clos 



iOS HISTOIRE DU COUVENT DES CARMELITES 

des cy devant Chartreux, au soir par la partie du même clos. Tendu an 
citoyen Quinquinel et [celui] provenant desdites cy devant religieuses Carme* 
lites, au nord déclinant a matin par le même petit clos vendu audit citoyen 
Quinquinel, et môme côté nord également déclinant a matin par le chemio 
tendant de la côte des Carmélites a Tancienne église des Chartreux, et enfin 
au levant par la côte des Carmélites. 

Cette propriété consiste en un clos fermé de murs contenant, y compris le 
petit jardin aussi clos de murs le long de la côte des Carmélites, environ 
quinze bicherées et demie cultivées en jardin, verger, salle d'arbres, bosquets, 
espaliers et autres plantations. Ce même clos comprend en outre les différents 
corps de bâtiments, église, chapelle et dépendances ayant ensemble avec la 
grande cour du Jardin du cloître et quatre autres cours intérieures environ 
trente sept mille six cent soixante pieds quarrés, le tout mesure de Lyon. 

Les bAtiments claustraux outre Téglise, chapelle, cour et sacristie sont en 
gênerai composés d*un rez de chaussée voûté dont une partie exposée au 
nord est avec caves voûtées au dessous et dalés, une desquelles est une lavanderie 
et dépendance d*un premier et d^un second étage surmontés d*un troisième 
en galetas avec son plancher non achevé, d^autres parties de ce même bAti* 
ment n*ont qu'un rez de chaussée et deux étages au dessus, d'autres enfin ne 
sont qu'avec un rez de chaussée et un premier au dessus. La petite maison a 
location portant le no 23 et faisant aussi partie du tenementest tret vieille et 
en mauvais état, elle est construite en grande partie en maçonnerie de Pizay. 

L*arrosage de ce cJo?, outre quatre puits existants dont un dans la cuisine, 
se faisait par des sources d'eau dont partie est détournée depuis quelque temps 
et par des pompes au moyen desquelles ou conduisait les eaux dans differens 
bassins propres a les recevoir. Une de ces sources existe en ce moment et est 
eu état de service, une autre placée contre le bâtiment exposé au soir a été 
enlevée. Les objets ci-dessus venant des propriétés des cy devant religieuses 
Carmélites de Lyon, acquises à la nation en vertu delà loi du 2 novembre 1789, 
ont été évaluées conformément aux orticles 5 et 6 de la loi du 28 ventôse 
dernier par le procès verbal d'estima'ion en datte du 2 thermidor des citoyens 
Pillet, expert nommé par les acquéreurs par leur soumission du 12 prairial, 
et Turrin, expert nommé jiar délibération du départeitent du !«' dudit fruc- 
tidor : savoir pour les bàlimeiits en revenu annuel à la somme de quatre 
mille l'ratics et en ca])itâl de celle de septante deux mille francs, et pour les 
jardins, clos et accessoires en revenu à la somme de huit cent vingt francs et 
en ciipital a cellcde dix-huit mille quarante francs, total eu revenu 4 820 francs, 
en capital 90040 francs. 

Lesdits objets sont vendus avec leurs servitudes actives et passives, franc 
de toutes deltjs, renies loncières constituées ou hipothéquées, de toutes char- 
Lj'es et redevances quelconques pour, par l'acquéreur, entrer en propriété, 
possession el jouissance a compter tle ce jour. Les fermages de la récolte de 
l'an IV devant être partagés suivant la lo'., et ceux des récoltes précédentes a 
quelques époques que les termes en sjient échus ou doivent échoir restant 
réservés à la nation. 

Demeurent exceptes de la présente vente les seuls objets mobiliers qui ont 
pu être portés dans les bâtiments dont il s'agit pour le service delà caserne 
projettee et les matériaux hors du sol, tout le surplus en fait partie intégrante, 
les acquéreurs demeurant subrogés à tous les droits de la nation relatif a cette 



DE NOTRE-DAME DE LA COMPASSION 269 

propriété, dont le bail a fe: me du clos seulemeut expire les premiers jours 
de fémer prochain V. S. S notamment les droits qu'avaient les cy devant 
propriétaires aux différents murs de clôture qui ferment la propriété et aux 
charges insérées dans le Bref de vente des parties des cy devant Chartreux, 
joignant lesdits murs de clôture au midi et au soir, a celles réservées a la 
nation lors de la vente passée au citoyen Quinquinel du petit clos au nord, 
provenant des mêmes cy devant religieuses Carmélites. 

Sont encore subrogés les acquéreurs a tous les droits des cy devant pro- 
priétaires relatifs aux eaux de source qui dependoient d'icelle maison natio- 
nale, avec la faculté d*en rétablir le cours comme par le passé, sous la reserve 
néanmoins à Tadministration municipale, division du nord, défaire elle même 
cette recherche si elle le croit convenable et de détourner partie de ces eaux 
dans le cas ou elles seroient jugées nécessaires pour rétablissement des fon- 
taines et autres objets d'utilité publique et en laissant néanmoins une quan- 
tité nécessaire au service de la maison. 

A Teffet de ce que dessus Tentiere propriété de ce qui est relatif aux eaux 
de source, toujours à l'exception de la portion d*eau cédée aux acquéreurs^ tels 
que cornets et réservoirs en maçonnerie, construction servant a la conduite 
au distribution desdittes eaux est réservée a la nation, ain&i que la faculté de 
faire toutes excavations, ouvertures, visites qui seront jugées nécessaires. 

La présente vente consentie ensuite de la lettre du ministre de la guerre en 
datte du23 thermidor, portant ces mots entre autres dispositions « il n*y a donc 
que la soumission de la citoyenne Guiffray, fbmme Steiman ^, sur les ci-devant 
Carmélites qui peut avoir son effet » 

Cette vente est faite outre lesdites charges et conditions moyennant la 
somme de quatre vingt dix mille quarante francs, calculée conformément a 
Tarticle 5 de la loi du 23 ventôse dernier, que l'acquéreur promet et s'oblige 
sous Thipotéque (sic) spéciale et privilégiée des biens susvendus, et générale 
de tous ses biens meubles et immeubles, presens et a venir, de payer a la 
Republique, entre les mains du receveur des domaines nationaux du 2'»* 
arrondissement en mandats territoriaux ou promesses de mandats, savoir 
moitié dans la décade de ce jour et l'autre moitié dans les trois mois. 

Signé : Coulaud président, Allard, Bonnard, Piegay et Paul Cayre. 
(Archives du département du Rhône. Registre n^ 12 des délibéra- 
lions de V administrât ion centrale.) 

Joseph Steinman, marié en premières noces à Madeleine -Jac- 
quine Sapin et en deuxième à Agathe Guiffray, l'un des acqué- 
reurs du Claustral des Carmélites, étant décédé le 22 août 1798, 
fut enterré dans le chœur de réglise de ce monastère. Jean-Claudo 
Grenetier, teinturier, décédé le 11 octobre suivant y fut également 
inhumé* 

Peu après le sieur Siméon Anselmier, co acquéreur dudit 
claustral, forma une demande en séparation d*avec madame Stein- 
man devenue veuve. Deux experts, Bonaventure Durand et Jean- 

1 Vieax ttylei — t Femme de J. Steinman, échevin de Lyon en 1788 et 1789. 



270 HISTOIRE DU COUVENT DES CARMÉLITES 

Marie-Louis Turrin, architectes patentés & Lyon, forent judiciaire- 
ment commis pour la division de cette propriété en deux lotSi et 
procédèrent à ce travail suivant les dispositions suivantes insérées 
dans leur rapport du 5 vendémiaire an XIII : 

La superficie totale de Tancien claustral des Carmélites était de 
24 938 mètres carrés, ou 235973 pieds carrés ancienne mesure de 
Paris. 

Le lot A comportait 12 531 mètres carrés ou 119041 pieds car- 
rés, savoir : 
En bâtiments. . 1398 mètres carrés ou 13 292 pieds carrés. 
En jardin, . . 111 ares et 33 centiares. 
Il était estimé 57728 francs, savoir : 
Le petit jardin sur lacOte des Carmélites. . . . 8926 francs. 
L'ancienne église et la chapelle de Yilleroj, pou- 
vant se vendre séparément avec la sacristie, en 
raison de leur état de délabrement 20820 — 

Les autres parties des bâtiments, l'ancien chœur» 
le bâtiment sur le côté, Tancienne porterie, les 

2 cours et dépendances 20332 ^ 

Les 98 ares 81 centiares du grand jardin. . . . 7650 — 

Total. . . 57728 — 

Le lot B avait une surface totale de 12 307 mètres carrés ou 
116 932 pieds carrés, dont : 

En bâtiments et cours 3352 mètres carrés ou 29 944 pieds carrés. 

En jardin 91 ares et 50 centiares. 

Il était estimé 55 843 francs 50 centimes, savoir : 
La moilié du vestibule et du grand escalier commun 

avec la cour d'entrée sur le côté 5388franc8. 

Le grand bâtiment claustral y compris le grand 

cloître et autres dépendances 39049 fr. 50 

Le Jardin du promenoir et accessoires .... 5556 — 
Le terrain en culture. 75 ares 96 centiares . . . 5850 — 



Total. . . . 55843 fr. 50 

Soit 113 571 francs pour la valeur totale de la propriété. 

En vertu d'un jugement du 11 pluviôse an XIII (30 janvier 



DE NOTRE-DAME DE LA COMPASSION 271 

1805), il fut procédé par le ministère de M. Dugaejt, notaire à 
Lyon, le 20 ventôse sairant (11 février) au tirage au sort des deux 
lots composés par les experts. Le premier lot A échut au sieur 
Anselmier, et le second B à la dame Steinman. 

Le 22 août 1820 Siméon Anselmier vendit son lot aux sieurs 
Noaillj, propriétaire, Blanc et Briffaud, entrepreneurs de bâti- 
ments, qui le divisèrent en parcelles propices pour y établir des 
maisons d'habitation, ouvrirent au travers la rue Tolozan, démo- 
lirent l'église et la chapelle de Villeroj, et sur remplacement 
construisirent la maison qui forme Tangle nord-est de ladite rue 
et de la montée des Carmélites. L'ancien chœur des Religieuses fut 
transformé en habitation particulière, et le bâtiment exhaussé de 
deux étages est actuellement converti en une maison de rapport. 

Le 12 octobre 1820, le vojer de la ville adressa à l'administra- 
tion le rapport suivant à propos de la création du nouveau quar- 
tier des Carmélites : 

« Le 22 août 1820, Noaillj, Blanc et Briffaud achetèrent de 
Siméon Anselmier une partie du clos des ci-devant Carmélites. 

« Le 23 du même mois, ils demandèrent l'alignement pour 
construire un mur de face sur la cCte des Carmélites et firent 
démolir une églis;^ moderne d'une belle et bonne architecture. 
L'alignement leur fut fixé, conformément à l'alignement provisoi- 
rement arrêté par le conseil municipal le 23 avril 1816, le 30 oc - 
tobre 1820. 

c Ils se sont empressés de démolir l'église et d'ouvrir un pas- 
sage au travers de leur clos, de vendre des emplacements pour 
bâtir, et tracèrent une rue dans toute l'étendue de leur clos. Le 
vojer voyant qu'il s'agissait de créer un nouveau quartier insista 
pour qu'ils fussent assujettis à déposer et à faire approuver leurs 
plans, démontrant l'urgente nécessité qu'il y avait de no laisser 
construire ainsi à l'aventure; qu'il fallait étudier le tracé des rues 
au point de vue de l'ensemble, C3 qui était d'autant plus nécessaire 
et urgent que dans ce moment de nombreuses constructions s'élè- 
vent de toute paît : plusieurs enclos considérables situés dans la 
ville sont en partie vendus ou en vente pour bâtir. 

« Outre le clos des sieurs Broton et Casati (Oratoire) sur la 
cote Saint Sébastien qui se trouve dans ce cas, on compte encore 



272 HISTOIRE DU COUVENT DES CARMÉLITES 

celui de Villermoz (Golinettes) sur la même côte, celui de Rionde] 
(Mont Sauvage) à la Tourelle, le clos des Quatre Vents me Mas- 
son, le jardin Ressicault montée des Carmélites, le clos Saint 
Benoit à Gonin, presque tous les jardins qui bordent la rue des 
Chartreux, et enfin le clos des Carmélites. » 

En suite de ce rapport le Maire de Ljon prit rordonnanoe soi* 
Tante : 



ORDONNANCE CONCERNANT LES PROPRIÉTAIRES DE l'aNCIKN 

CLAUSTRAL DES CARMELITES. 

Nous Maire delà ville de Lyon, 

Instrait par la notoriété publique et aussi par les rapports qui noos ont été 
faits, que les acquéreurs de Tancien Claustral des Carmélites de cette irille, 
après avoir construit intérieurement dans leur enclos, sans l'attache de Tan- 
torité, plusieurs bAtiments, ont fait, également sans autorisation, pratiquer 
sur la montée des Carmélites une ouverture qui n*est fermée ni de jour ni de 
nuit. 

Considérant qu*il est de principe : io qu'aucune rue ne peut être ouverte 
dans une yille sans que préalablement Tautorité municipale qui est chaiigée 
par Tarticle 3 du titre XI de la loi du 24 août 1790 de tout ce qui intéresse 
la sûreté et la commodité du passage dans les rues, quais, places et voies 
publiques n*y ait préalablement donné son consentement et son adhésion ; 2* 
que d*aprés la loi du 14 octobre 1790, celle du 16 septembre 1807 et le décret 
du 21 juillet 1808, Talignement des rues, quais et places ne faisant pas partie 
de la grande route, appartient aussi à Tadministration municipale ; 

3o Enûu, que diaprés le décret du 12 août 1807, aucune donation en faveur 
des communes ne peut avoir son exécution, qu'au préalable elle n*ait été 
acceptée parles maires des communes, et ensuite approuvée par le gouverne' 
ment ; 

Co:isidérant que dans le cas présent, Tadministration ne peut se dispenser 
par les motifs ci après exprimés, de rejeter toute concession tacite de mes 
que les acquéreurs de Tancien claustral des Carmélites auraient eu intention 
de faire à la ville, lorsqu'ils ont pratiqué sans autorisation de radroinistration 
une ouverture sur la montée des Carmélites. 

lo Parce que toutes les constructions ont été élevées sans plan d'alignement 
et notamment sans [lan de nivellement régulièrement arrêtés. 

2o Parce qne les propriétaires du Claustral dont il s'agit n'ayant pris aucun 
arrangement avec les propriétaires des autres clos attenant, il n*existe en ce 
moment, et qu'il est probable que de longtemps il n'existera point d*issue 
pour communiquer avec une autre partie de la voie publique, ce qui rendrait 
cet endroit extrêmement dangereux dans la nuit^ sous le rapport de la police 
et de la sûreté publique. 

30 Parce que les cons'ructeurs, au lieu de transporter aux endroits indiqués 
par les ordonnances de police, les déblais provenant des excavaticns qu'ils ont 



DE NOTRE-DAME DE LA COMPASSION 273 

été dans le cas de faire, se sont bornés a rejeter lesdits déblais sur Je terrain 
où ils se proposent sans doute de faire traverser leur rue projetée, '*.e qui 
occisionnerait par Ja suite à Padministration, pour les déblais de cette même 
rue, si jamais elle acceptait la susdite rue, une dépense considérable à 
laquelle elle n'est nullement dans Tintention de s*assuje!tir. 

CSonsidérant dés lors que les propriétés ci> dessus désignées rentrent uni- 
quement dans la classe de celles construites dans Tintérleur d'un enclos privé, 
et qu'il est de principe dans les villes que tout enclos doit étte enceint de murs. 

Qu*à cet égard et notamnrent d*aprés l'espèce, puisque le claustral des Car- 
mélites était originairement un bien national, il y a lieu de (aire l'application 
de la loi du 18 nivôse, an XIII, qui dit : 

« Art. 1. — Les propriétaires de bâtiments nationaux situés dans l'enceinte 
des villes, ou à la distance d'un myriaroétre de cette même enceinte, seront 
tenus de parachever les démolitions qu'ils peuvent y avoir entreprises, et 
d*eDtourer le terrain qu*occupent ces bâtiments de murs ou de cloisons en 
planches. 

« Art. ?. — Faute par lesdits propriétaires de se conformer aux dispositions 
ci-dessus, il sera, indépendamment des peines de police qui pourront être 
prononcées contre eux, en vertu des lois, et notamment de celles du 24 août 1790 
et 22 juillet 1791, pourvu aux démolitions des bâtiments, clôture des terrains 
et transport des matériaux, aux frais desdits propriétaires, et le payement 
desdits frais s^effectuera, soit par la voie de contrainte comme pour les contri- 
butions, soit par la vente d^une quantité de matériaux proportionnée au mon- 
tants desdits frais. » 

Considérant qu*il est d*une bonne police, afin de prévenir des événements 
fâcheux qui pourraient résulter de l'état actuel des lieux, lesquels peuvent 
offrir pendant la nuit un asile aux malfaiteurs, de veiller â la stricte exécution 
de la loi ci- dessus citée. 

Ordonnons^ 

Article 1. — Il est enjoint aux sieurs Etienne Noailly, Jean Pierre Blanc 
et Pierre Briffaud, acquéreurs du sieur Siméon Ansèlmier et propriétaires de 
l'ancien claustral des Carmélites de cette ville, de faire clore immédiatement 
et au plus tard dans le délai de huitaine, ou par mur ou par une porte, ou 
par une barrière, l'ouverture qu'ils ont pratiquée sur la montée des Carmélites 
pour se frayer un passage au devant des constructions qu*eux et ceux auxquels 
ils ont vendu une portion de leur acquisition ont fait élever dans Tintérieur 
de cet enclos. 

L*administration déclare â ce sujet qu'aucune autorisation n'ayant été de- 
mandée ni donnée, elle est dans la ferme résolution de n*accepter aucune 
ouverture de rues publiques, sans que préalablement il n*y ait eu un plan 
d'alignement et de nivellement arrêté par elle, et aussi sans qu'il ait été pris 
des arrangements avec les propriétaires des enclos circonvoisins pour se pro- 
curer des issues convenable?. 

Art. 2. — A défaut par les sieurs Noailly et consorts d*avoir, dans la hui- 
taine de la notification de la présente ordonnance, fait établir la clôture or* 
donnée par l'article 1, il y sera pourvu administrativement, ainsi et de la manière 
qui est prescrite par la loi du 18 nivôse an XIII, dont le texte a été rapporté 
ci desus. 

Exécutoire sera donné administrativement contre lesdits sieurs Noailly et 

18 



ZIA HISTOIRE DU COUVENT DES CARMELITES 

consorts pour le payement desdits frais de clôture aux ouvriers qui auraient 
été employés à cet efiet. 

Art. 3. — Si les sieurs Noailly et consorts adoptent pour leur clôture une 
porte ou une barrière, ils seront assujetis à la tenir constamment fermée à clef 
dès la chute du Jour. 

M. le Commissaire de police de l'arrondissement du Jardin des Plantes est 
chargé de faire de fréquentes visites pour 8*assurer de Texécution de la pré- 
sente ordonnance. 

En cas de contraventions aux dispositions ci dessus prescrites, M. le com- 
missaire de police dressera des procès verbaux, et traduira chaque fuis lesdit« 
sieurs Noailly et consorts devant le tribunal de police muuicipale, sauf et sans 
préjudice des dispositions administratives que nous jugerons devoir être prises. 

Art. 4. — La présente ordonnance sera soumise à Tapprobatioe de M. le 
Préfet. Elle sera ensuite notifiée administralivement soit aux sieurs Noailly, 
Blanc et Briffaud, soit à chacun de leurs sous acquéreurs et constructeurs, afiu 
qu'aucun d'eux n'en ignore. 

Fait à IHôtel-de-Ville, Lyon le 17 octobre 1821. 

Le 31 octobre 1821 ont fit Texhumation des restes de Claude 
Grenetier, et le 21 novembre suivant celle de Joseph Steinman, 
qui avaient été enterrés dans le chœur de l'église des Carmélites 
en 1798. Voici les actes de ces translations telles qu'elles sont con- 
signées sur les registres des actes de la paroisse des Chartreux. 

L'an Mil huit cent vingt un, tteute et un du mois d'octobre, le cor})S de 
Jean Claude Grenetier, teinturier, demeurant à Lyon, quai des Augustin^, 
décédé le onze octobre Mil sept cent quatre vingt dis huit et inhumé a cette 
époque dans le chœur de l'église des Carmélites, quartier des Chartreux, a été 
exhumé dudit lieu d'jprés Taulorisation préalable et transpor.'é au cimetière 
deLoyasse par nous, prêtre missionnaire, en présence de M. M. Grenetier fils 
et de M. Berthet. employé à la mairie de Lyon, qui ont signé avec nous. 

Signé: I/)uis GREXEriER, B. G. Gremetier, Ch. Grenetier a!né, Beb 
TiiET, Vincent. 

Lan Mil huit cent vingt un, vinj:t un novembre, ensuite de rautorisatioa 
donnée par écrit à la mairie de Lyon à la date du vingt présent mois, signe 
Dugas, le corps du s:eur Jose[»h Steymann, inhumé en dix sept cent nouante 
huit, vingt deux août, dans le chœur de l'église des Carmélites, a été exhume 
et transféré au cimeliere de Loyasse par uuus, i<rêlre missionnaire, en pré- 
sence de M. M. Bissardon et Chamj»ion, clercs, qui ont signé avec nous de ce 
interpelles. 

Signé : Bissaudox Champion, Oalcu.. prêtre missionnaire. 

G*est bien de Joseph Steinman, ancien recteur de la Gharitc et 
deuxième échevin de la ville lors de la suppression de Tadminis- 
Iration Consulaire en 17U0, dont il s'agit ici. Quoique son nom a* 
trouve écrit dans les actes publics postérieurs à son consulat, sous 
les formes suivantes : Steiman et Steimann (vente du claustrai 



DE NOTRE-DAME DE LA COMPASSION 275 

des Carmélites en 1793), Steimann (acte de soq ddcès en 1798), 
Steman (Concession de terrain pour sa sépultare à Lojasse en 
1821), Steymann (acte d*exhumation de son corps en 1821), Tins- 
cription gravée sur la pierre tombale qui recouvre sa dépouille 
mortelle au cimetière de Loyasse ne laisse subsister aucun doute 
à ce sujet. Sa tombe est placée derrière et à Touest de la masse 
de famille n*^ 37, dans Tancicn cimetière, et voici la copie littérale 
de rinscription qui rappelle sa mémoire à ses concitoyens : 

CI GIT M* . J" . STEINMAN, NÉ A LYON, ANCIEN KCHEVIN DE CETTE 
VILLE ET RECTEUR DE L*H0riTAL DE LA CHARITÉ. SES VERTUS ET LES 

SERVICES qu'il A RENDUS LUI MERITERENT CBS PLAGES HONORABLES 

I 

ET L* ESTIME DE SES CONCITOYENS. IL DECEDA LE 22 AOUT 1798^ ÂGÉ DE 
73 ANS, FUT INHUME DANS L*ÉGLISEDES CARMELITES, ET SA DEPOUILLE 
MORTELLE A ETE TRANSFÉRÉE ICI LE 21 NOVEMBRE 1821. CE MODESTE 
MONUMENT LUI A ÉTÉ ÉRIGÉ PAR L\ TENDRESSE DE SA VEUVE, RE- 
QUIESGAT IN PACE. 

En démolissant Téglise des Carmélites Ton trouva sous rempla- 
cement du maître autel une boite en plomb, en foime de cœur, sur 
laquelle se trouvait gravée en relief l'inscription suivante : 

Cigist les entrailles de Monseigneur le duc de Candale qui 
deceda le 27 janvier 1658. 

La démolition de la chapelle de Villcroy amena la découverte 
des ossements des membres de la famille de son fondateur qui y 
avaient été enterrés, notamment Jacqueline de Ilarlay, Charles de 
Neufville, Nicolas de Neufville, premier maréchal de Villeroy 
et son épouse, François de Neufville, deuxième maréchal de Ville - 
roy, les archevêques de Lyon Camille et François-Paul de Neufville 
de Villeroy. Mais leurs tombeaux ayant été complètement détruits 
vers la an de 1792, il ne fut pas possible, ou plutôt l'on ne prit 
aucune des dispositions nécessaires pour reconnaître auxquels des 
Villeroy appartenaient les ossements que Ton trouva et qui furent 
transportés dans les caveaux de Téglisc des Chartreux. 

Voici à ce sujet la correspondance du Maire de Lyon avec le 
Curé des Chartreux, qui relate les dispositions qui furent prises 
pour opérer la translation des cendres des Villeroy dans les caveaux 
de Téglise Saint-Bruno : 



I7S HISTOIRE DU COUVENT DES CARUÉLITES 

N' 2i8. — A M. Delacroix, curé de la paroûie de Saimt- 
Bruno de Lyon. 86 février 1822. 

Monsieur, 
■ VoDS me donnei avis par la lettre qoe tous m'avet Tait t'hon- 
neur de in*écrire le 30 da conrant. qu'il a été trouvé daui les 




\C[EN MONASTÈRE DES CARUKLITBS DE LTON 



démolitions di' l'ancienne c'giise des Carmi'liU's, une assez graud 
(Iiiaiililé d'osseniciifii. qui sont fn partie ceux des anciens ducs de 



UE NOTRE-DAME DS LA COUPASSION 2'0 

Villeroj, et aassi ceux de l'urchcvéqne de ce nom, qui avoient leurs 
tombeaux dans cette église. 



ANCIEN MONASTÈRE DKS CARMÉLITES DE LYON 



<c Vous m'annoncez que vous avez pris à cet égard les ordres 
de MM. les Vicaires Gûn^raiiK, qui sont d*avis que l'on renferme 



Î80 HISTOIRE DU COUVENT DKS CARMELITES 

dans un des caveaux de l'église de Saint Bruno, tons ces o 
avec le petit cercneil de plomb du duc de Gandale. 

« Vous ajoutez que MM. les Vicaires Gi^niîranx vons ont chaiçé 
de recourir à moi en ce qui cooceme la permission de l'autorité 
civile. 

« Non seulement Je ne vois, M. le Cnp4, aucun inconvàûent à 




NT DES C&RHELIrES E 



recueillir, à transiioiter et à (lé|H)ier dans un des caveaux i]l' 
l'égliâe de Saint-Bruno cûh ossements, mais je regarde comme un 
devoir de ne point les laisj>ir abandonn^'s à la voirie. 

« Le respect du à la ceuJre des morU ot surtout nui rester 
d'une Tamillc, qui tenoit depuis longtemps nn haut rang dans notre 
ville et dans l'élat, comman le la m.^surj qu;^' vjtis me proposer. 

■ SI votre intention était de faire le transport de ces ossenijnts 
avec les cérémonies religieuses usitées, je donne! ai pour le jour et 




Iieiire que vous m'indiquerez, l'ordre d'y fniro Irouvpc un ins- 
ecteur et les porteurs nécessaires. 
1 Agréer, Monsieur le Curé, l'assurance... 

« Le Maihr ub Lton. a 



DE NOTRF: DAME-DE LA COMPASSION 283 



N^ 227. ^ A M. Delacroix, curé de V église de Saint Bruno. 

Le 2 mars 1822, 

a Je m'empresse de vous annoncer que d'après la lettre que 
vous m'avez fait Thonneur de m'écrire le 1^' mars coarant, j'ai 
donné l'ordre qu'un inspecteur et les porteurs des convois funèbres 
soient rendus aux Carmélites mardi, 5 du courant, à 8 heures du 
matin, pour le transport des ossements trouvés dans l'ancienne 
église des Carmélites. 

« Il n'a pu entrer dans mes intentions d'exiger la rétribution 
ûxée pour les sépultures. J'ai eu l'honneur de vous annoncer dans 
ma lettre du 28 février, que je regardais comme un devoir de 
Tautorité de recueillir avec soin les restes d'une famille qui tenait 
un haut rang dans la ville et dans l'état, et de leur rendre les hon- 
neurs funèbres usités da!is de semblables occurrences. 

« Agréer, M. le Curé, l'assurance... 

« Le maire de Lyon. » 

Le 14 octobre 1825, le Conseil municipal dé Lyon ayant ap- 
prouvé le projet de distribution des clos des Colinettes, des Bcr* 
nardines, de la Tourette, des Carmélites et de Saintr-Benolt, la rue 
de Flesselles fut ouverte au travers de l'ancien jardin des Car- 
mélites jusqu'à la rue de l'Annonciade, mais seulement sur la 
partie qui dépendait du lot A. Cette voie publique ne fut prolongée 
jusqu'à la rue des Chartreox, en tratersant le lot 6 attribué a 
Agathe Guiffraj, veuve Steinman, qu'en 1838, soit cinq ans après 
la mort de cette dame, décédée le 13 décembre 1833, âgée de 
76 ans. 

Les bâtiments qui dépendaient du lot B ont été conservés âPpeu 
près intacts jusqu'à nos jours, quoiqu'ils aient servis à divers 
usages. Il sont actuellement occupés en grande partie par la fabri- 
que de pâtes alimentaires de M. Hartaud-Ghiglione. 

Le 31 janvier 1881, la ville de Lyon acheta des héritiers de 
M"™* Dumollard, nioce et héritière de M"® Steinman, un vaste 
emplacement situé place Morel et faisant retour sur la rue 



ifÀ HISTOIRE DU COUVENT DES CARMELITES 

de Flesselles et la côte des Carmélites, d'une saperficie d^environ 
2900 mètres carrés, pour rétablissement d'an groupe scolaire. La 
conslruction de cet édifice a nécessité la démolition de la partie des 
bâtiments claustraux qui formait l'aile ouest du cloître, mais les 
anciennes arcades en pierre de taille ont été réservées dans le mur 
de clôture qui ferme la cour intérieure, de façon à lui conserver 
la forme et Taspect général qu* elle présentait avant cette trans- 
formation. 

Dans les parties des bâtiments claustraux qui subsistent encore, 
on remarque l'escalier monumental avec sa rampe en fer forgé 
d'un beau travail, le vestibule qui le précède et trois des galeries 
du cloître avec leurs voûtes d'arête. A l'intérieur de la fabrique de 
M. Hartaud, le réfectoire des Religieuses, les cuisines avec le puits 
à eau claire qui les déservait, la salle du chapitre avec ses colonnes 
de marbre, enfin la chapelle de Sainte-Thérèse, que la Révérende 
Mère Madeleine Eléonore de Jésus de Neufville de Villeroj fit 
décorer avec luxe. Les fresques qui en ornaient les murs latéraux 
ont été recouvertes d'un badigeon, mais celles de la voûte en arc 
de cloître subsistent encore en partie, quoique bien altérées. Le 
cartouche central représente l'apothéose de sainte Thérèse, et 
dans les retombées des berceaux sont peints les traita principaux 
de la vie de la patronne des Carmélites. Le tout est entouré de 
fleurons et autres motifs décoratifs appropriés au sujet principal. 

Nous signalerons également la grande porte qui donnait sur le 
jardin et sur le linteau de laquelle ou lit l'inscription suivante : 

MONVMENT ILLVSTRE DE PIÉTÉ 
ET D'AFFECTION PATERNELLE 

Le bâtiment qui renfermait le chœur des Religieuses a été 
exhaussé de plusieurs étages et converti en habitation. Dans la 
cour qui est derrière, on peut encore voir l'angle nord-ouest de 
l'église qui se montre avec sa chaîne en pierre de taille d'appareil; 
les fenêtres à plein ceintre du chœur des Religieuses sont égale- 
ment reconnaissables. Les deux vantaux de la porte de l'église ont 
été transformi's en portes d'allée de la maison qui fait Tangle de 
la rue Tolozan et de la montée des Carmélites, qui est établie sur 



DE NOTRE-DAME DE L.\ COMPASSION 2îr5 

son emplacement et celui de la chapelle de Villeroy, dont une 
partie des murs a été utilisée pour cette construction. Nous signa- 
lerons également dans la rueTolozan la porte d*allée de la maison 
portant le n'9, qui doit provenir de l'un des anciens couvents de 
la ville; aux n<>" 3 et 5, des pierres tumulaires avec restes d*écus- 
sons armoriés et d'inscriptions provenant de réglise de l'ancien 
couvent des Jacobins, démolie en 1822, à peu près en même temps 
que celle des Carmélites. 

Des nombreuses dalles funéraires qui pavaient autrefois le 
chœur et le cloître des Carmélites, avec leurs inscriptions rappel- 
lant le nom, Tâge, la date de la profession et celle du décès des 
Religieuses dont elles recouvraient la dépouille mortelle, nous 
n'avons pu retrouver que les suivantes : 

l^Dans la partie sud du cloître, où elles servent de couverture 
à la murette qui ferme la deuxième arcade du côté ouest, se 
trouvent trois inscriptions funéraires dont l'une étant presque 
entièrement cachée ne peut se lire. Voici les deux autres que nous 
avons copiées aussi ûdélement que possible en raison de leur état 
de vétusté. 

Epitaphe de la Sœur Françoise du Saint-Sacrement Boulier, 
dixième professe du monastère de Notre-Dame de la Compassion , 
où elle a pris l'habit le 6 avril 1618 et fait sa profession le 30 juil - 
let 1619. 



CY GIST , 


. ANCOISE 


. . S. S. 1 


SACREMENT PROFESSE DE NiE | 


ORDRE DE 


: NIE DAME 


DV MON 


CARMEL 


LAQ.VELLE 


A PRIS 


L HABIT 


EN CE MONASTERE 1 


ET Y A FAICT SA PROFESSION | 


LE 30 JVILLET i6i< 


^ AAGEE 


DE 24 ANS 


ET 3 MOIS 


ELLE EST 


DECEDEE 


LE 8 JVILLET 1652 | 


AAGEE DE 


57 ANS ET 


3 MOIS 1 



Epitaphe de la Sœur Françoise de Saint Joseph d'Aubarède, 
Religieuse du monastère de Notre-Dame , de la Compassion, où 



2èG HISTOIRE DU COUVENT DES CARMELITES 

elle prit Thabit le 21 janvier 1681, fit sa profession le 32 janvier 
1682, et mourut le 8 mars 1739 âgée de soixante-seize ans et 
dix mois, et de religion cinquante-huit ans et deux mois. 



CY GIST . . NC 

PROF .... DE CET ORDRE NRE 
DAME DV MONT CARMELL LA 
QVELLE A PRIS LHABIT EN CE 
ONASTERE LE 21 JANVIER 
1681 ET FAIT SA PROFESSION 
LE 22 JANVIER 1682 AGEE DE 

OIS ELLE EST . . . 

LE 8 MARS . . 

. S ET 10 MOIS . . 



2^ Contre le montant d'une des portes de la pièce qui est situdo 
entre la salle du chapitre et le réfectoire, sont placées les deux 
inscriptions suivantes : 

Epitapho do la Sœur Marie de Saint -François Serre, treizième 
professe du monastère de Notre-Dame de la Compassion où elle a 
prisThabit le 28 juillet 1619, fait sa profession le 22 août 1620, 
et mourut le 25 septembre 1651, âgée de soixante dix-sept ans:. 



. ET Y A FAICT SA PROFESSION 
. . 22 AOVT 1620 AGE DE 46 AN 
. . LE EST DECEDE LE 25 SEPT. 
MBRE i6si AGE DANVIRON 77 



Ëpitaphe de la Révérende Mère Constance de Jésus d'Ambour- 
naj, prieure du monastère do Notre Dame de la Compassion, où 
elle prit l'habit le 29 avril 1717, âgée de dix sept ans et six moi<, 
Ht sa profession le l^i* mai 1718, et y est décédée le 6 août 1770, 
ftgée de soixante-dix ans et neuf mois, et de religion clnquaDtj 
trois ans et demi. 



DE NOTRE-DAME DE LA COMPASSION 



287 



0».C2 






LA 


REVERENDE MERE 1 


CON STENCE DE JESUS | 


DE 


CET ORDRE DE . . . 


D . 


. . . MONT CARMEL 


. AQ}J . , A PRIS L HABIT EN CE 


MONASTERE LE 29 AVRIL 17 17 


• • 


. DE AOUST 1770 AGEE 


DE 


70 ANS 9 MOIS 



3^ Trouvée en 1884, dans la démolition du côté ouest du cloitre 
pour rétablissement dii groupe scolaire de la place Morel. 

Epitaphe de la Sœur Claude-Marie de Sainte -Thérèse de Jésus 
du Yillars de Satonnet, ôlle de Charles Michel du Villars, baron 
de Bâtonnet, professe du monastère de Notre-Dame de la Com- 
passion où clic prit Thabit le 27 septembre 1732, fit sa profes- 
sion le 29 septembre 1733, et mourut le 28 novembre 1778, âgée de 
66 ans. 



NOTKK DAME DU MONT CARMEL | 


AaUELLE A 


PRIS LHABIT EN CE 


ONASTERE 


LE 27 7BtB 1732 


A FAIT SA 


PROFESSION LE 29c 


c 1733 AGEE 


DE 21 ANS ELLE 


T DECEDE 


LE 28 NOVEMBRE 


778 AGE DE 


66 ANS. 



Toutes ces iiiscri plions sont gravées en IcUres de deux centi- 
mètres et demi de hauteur, sur des dalles en pierre calcaire liasi- 
que grise de Saiut-Fortunat de 0™,60 à 0'",70 de largeur, par 
0",45 à0(n,50 de hauteur, et six à sept centimètres d*épaissear. 
Le texte est encadré d*uu filet de deux à trois millimètres de 
largeur, placé à deux centimètres environ dos bords. 



TABLEAU 

DBS RÊVKRBNDBS M^RES PRIEURES, SOUS-PRIBURRS ET DEPOSITAIRES 
DU MONAST&RB DEB CARMELITES DE LYON 

itabli toit le t ocable de Hotre-Dame de la Oonpattioa 

1616-1886 

1616 ^ — 29 août. Marie Madeleine de Saint Joseph de Boys de Fon- 
taine 'Marans, prieure; Thérèse de Jésus Prud*homme, sous prieure; Glaire 
de Jésus Coton, dépositaire. 

1617 — 22 juin. Thérèse de Jésus Prud^homme, prieure ; Marie de Saint 
François Doson, sous prieure; Glaire de Jésus Coton, dépositaire. 

1620 — 17 juillet. Thérèse de Jésus Prud^homme, prieure ; Marthe de Tin- 
carnation Nau, sous prieure ; Glaire de Jésus Coton, dépositaire. 

16223 — i2 mai. Marthe de rincarnation Nau, prieure ; Claire de Jésus 
Coton, sous prieure; Marie du Saint Esprit Alcanon du Rosié, dépositaire. 

1525 — i2 mai. Marie de Saint François Doson, prieure ; Elisabeth de la 
Trinité, sous prieure; Marie du Saint Esprit Alcanon du Rosié, dépositaire. 

1628 — iOjuillet. Renée de Jésus Maria, prieure; Marie de Saint Bernard 
d^Anterre, sous prieure ; Marie du Saint Esprit Alcanon du Rosié, dépositaire. 

1630 — 2i septembre. Renée de Jésus Maria, prieure; Marie de Saint 
Gabriel, et plus tard Marie de Saint Ëlie, sous prieure; Marie du Saint Esprit 
Alcanon du Rosié, dépositaire. 

1633 — 4 octobre. Thérèse de Jésus prieure; Désirée du Saint Esprit 
GroUot de Chambaudoin, sous prieure; Marie du Saint Esprit Alcanon du Rosié, 
dépositaire. 

1637 — 24 février. Thérèse de Jésus, prieure ; Désirée du Saint Esprit 
Grollot de Chambaudoin, sous prieure; Marie du Saint Esprit Alcanon du 
Rosié, dépositaire. 

1639 — 2A fémer. Désirée di> Saint Esprit Grollot de Chambaudoin, prieure ; 
Marie de Saint Bernard d*Auterre, sous prieure; Marie du Saint Esprit Alca- 
non du Rosié, dépositaire. 

1640 — 3 février. Thérèse de Jésus, prieure ; Marie de Saint Bernard d*An* 
terre, sous prieure ; Marie du Saint Esprit Alcanon l^u Rosié, dépositaire. 

1644 — 9 juillet. Thérèse de Jésus, prieure) Isabelle de l'Incarnation 
Royer, sous prieure ; Marie du Saint esprit Alcanon du Rosié, dépositaire^ 



i Les dates indiquées sont celles des élections capittt]aires< 
s Ou du Bois de Fenteines Marans* 



10 



K«} IIISTOIBE DU COLVKST DES CARMELITES 

1648 — 23 mari. Anne de l'Incarnation, prieure : Catheriae de Jenu Uiha. 
E0II9 prieure; Marie du Soinl Eipril Alonon itu Rmii, ûépoùtAtrt 

1651 — H septemlira. Anne de rincarnatiou. prieure; Cathenoe de Jwm 
Morio, et plu» tard Isubelle de l'Incarnalion lta}'«r, tout priaure; Matie 
Atconoii du Raaié. dépositaire. 

1 W4 — 3 septembre. Angélique de la Pasaioo Pelot, prieure ; Itabelle dt 
l'Iucaruatioii Riijer, Bom pria ure; Marie du Saint Esprit Alcanon duRoné.de- 
pcailflire. 

ieS7 — 23 leplambre. Angélique de la Pacsîon Pelot, prieure; Uabelle «le 
riiicariiBlion Roxar. el plus tard Fran^^îM de JMue, mo» prieure 
Alcanon du Roué, dépositaire. 

1660 — tl octobre. UadeleJne de Jéeiis Uaria. prieure; Angâiqne de li 
PasiiDnPelot.sousprieiire; MarieduSainlEaprilAlcaDaii du Roiié.dèpotiltire. 

1664 — 21 arril. Angélique de la Paasioa Pelot, prieure; Jeanne d« I* 
Mère de Dieu Feret, tous prieure; Marie du Saint Esprit Alonon du Roué. 

1667 — 10 auiil, Marj^uente du Saint Sacrement de ta Berchér* de la Ro- 
chef»fl. prieure; Jeanne de 1b Mère de Dieu Ferai, Eous prieure ; U>hs de U 
Comjiaiion Fournier, dépositaire. 

1670 — S3 octobre. Marguerite du Saint Sacrement de la Bercbère de li 
RochejKil, prieure i Anne de l'IncarDation VërialaB, sous prieure ; Marie de La 
Compaiision Fournier, dépositaire. 

1674 — 18 octobre. Marie de Sainte Thérèie. prieure; Anne de llncir- 
natioQ V^rieiaE, lous prieure ; Marie de la Compaaijoa Fournier, dépoiiliin. 

1675 — 17 janvier. Marie de Sainte TbéréM, prieure; Tbérése du Soinl 
Esprit Ch^ppuj», sous prieure; Claude de la Nitinté de Suillaos et Franfoiic 
de niicaniulior. Telu. dépositaires. 

1681 — \S mars Jeanne de tn U<.-r« de Dieu Ferai, prieure ; TUrésa du 
Saint Esprit Cliapjjuys, eous prieure; Françoise de riDcamatiou Telu, dépoai- 

1684 — l~ mai. Marie Angélique du Saint Sacrement, prieure; , 
Thérèse du Saint Sacrement, sous prieure; Anne de Jésus Tard; et FtangoîK 
de riocomation Telu, dépositaires. 

1687 -- 5 juin. Marie Angélique du Saint Sacrement, prieure; Jeanne 
TbeK-se du Saint Sacrement, sous prieure; Gabrielle de l'Iucarnition Gillel et 
Mpi'ie Thérèse du Saint Esprit Chappuys, déj oaitairet, 

1690 ~- IGJuiu. Madeleine Tbêrése de Jésus d'Amours d'Ua, prieun: 
Madetfine Eléonore de Jésus de Neuhille de Villero}, lous prieure; méniM 
dépoailaireE qu'en ItJST. 

1694 — i férrier. Madeleine Thérèse de' Jésus d'Acaours d'Us, prieoie; 
Madeleine Klèonore do Jésus de Neutïille de Villeroj-, boue prieure ; Anae il» 
JesuB TarJy et Anne Thérèoe du Saint Sacremeul Michoa, dépositaires. 

1687 — 3 octobre. Madeleine Eléoaore de Jésus de Neufvilte de VJlUrof, 
prieure; Catherine de In Croii Marnift, sous prieure; Madeleine Tbéréaede 
jasui d'Amours d'Us et Jeanne Thérèse du Saint Sacrement, dépositaires. 

1700 — iO octobre. Madeleine Eléonore de Jjsuade Neuriille de VîUero;, 
prieure; Oabrielle Thérèse de l'iarnrnation OiUet, «oui prieure; Madeleine 
Thérèse de Jésus d'Amours d'Us et Thérérc du Saint El^rit Cbappujt, à' 




DE NOTRE-DAME i>E LA COMPASSION 



£91 



P'1703 — \'i octobre. Jeanne Suxanae de Saisie Agnès Bastero, prieure ; 
uiçoise de Jésus, sous prieure; Anne de Jésus Tard; et Frag^ise de JéEus 
1, dépositairts. 
BI7O6 — 22 octebre. Prantolse de Jésus Vial, prieure; Mane Aune de Sainte 
■s Pécoil,ious prieure; Anne de Jtlsus Tardy el Jeanae Sauimie de Saiote 
I» Bastero, dépositaires. 
1709 — 9 DOVenibre. Jeanne Sutaune de Sainte Agnès Basiirrot prieure ; 
Marie Ariue de Sain'e Agné» Pecoll, sous prieure ; Marie Madeleine de Soinl 
Louis Molin el Oabrielle Tbérèse de rAssumplioa Gillel. dépositaires. 

i712 — 12 noienibre. Anne de Jésus Tard;, prieure; FmajoiEe del'En- 
l'aat Jésus Perrin, sous prieure; Marie Madeleine de Saint Louis Molin et 
Marie Anne de Sainte Agnès Pécoîl, dépesilaîrea, 

1713 — IS décembre. Jeanne Suzanne de Sainte Agnès Bastero, prieure; 
Françoise de i'Enront Jésus Pemn, sous prieure ; Marie Madeleine de Saint 

Iiuis Moltn et Marie Anne de Sainte Agnès Pécoil, dépoiitaire*. 
1717 -~ tl janvier. MarieMadeivine de Saïul Louis Molin, prieure; Fran- 
ÎSB de l'Enfant Jésus Perrin, sous prieure; Jeanne SuMmne de Sainte 
^éo Bastero et Marie Anue de Suinte Agnès Pécoil, dépOEitaires. 
1720 — 9 aTril, Marie Madeleine de Soint Louis Uoiin, prieure; Jeanne 
Imée de Jésus Messier, sous prieure; Jeanne Suzanne de Saint Agnès 
utero et Marguerite du Saint Sacrement d'Haulepierre, dépositaires. 
1733 — 7 avril. Jeanne Suzanne de Sainte Agnèi Baetero, prieure; Jeanne 
Ajmée de Jésus, sous prieure ; Marie Madeleine de Saint Louis Molin et Mar- 
guerite du Saint Sacrement d'Haulepierre, dépositaires. 

1730 — Il airil. Jeanne Suzanne de Sainte Agnès Bastero, prieure ; Marie 
Elisabeth de Saint Joseph Trunel, aous prieure; Marie Madeleine de Saint 
Louis Molin et Claade Marie de Saint François Follet, dépositaires. 

1739 — n avril, ElisabetL Rosalie de Saint Alezis Dentrecolle, prieure; 
Marie Elisabetb de Saint Josepb Trunel, sous prieure; Cécile Eugénie de 
SainI Xavier de Ferma et Claude Marie|de Saint François Pollet, déposittùres. 

1732 — 29 arril. Elmbeth Rosalie de Saint Alexis Denlrecolle, prieure; 
Marguerite du Saint Sacrement d'Haute pierre, sous prieure; Cécile EugéDÏe 
de Saint Xavier de FerruselFran;oiEedeSaint Joseph d'Aubaréde, dépositaires, 

1735 — 6 mai. Jeanne Suzanne de Sainte Agnès Bailero, prieure; Mar- 
guerite du Soint Sacrement d'Hautepierre, sous prieure; Marie Elisabetb de 
Saint Josepb Trunel et Frangoisa de Saint Joseph d'Aubaréde, dépositaires. 

1738 — 10 mm. Elisabeth Rosalie de Saint Alexis Dentrecolle, prieure ; 
Marie Constance de Jésus d'Ambournay, sous prieure; Marie Eliaabelii de 
Sarnt Joseph Trunel et Françoise de Saint Joseph d'Aubaréde, dépositaires. 

1740 — 19 octobre. Eilsabelb Hosalie de Saint Alexis Denlrecolle, prieure; 
^^^Karie CoDElance de Jésus d'Ambournay, sous prieure; Cécile Eugénie de 
^^Blînt Xavier de Ferrui et Marie Elisabeth de Saint Alexis, dépOEitaires. 
^^^R 1743 — 21 octobre. Marie Constance de Jésus d'Amboumoy, prieure ; 
^^BËaDdide de Saint Joseph de Jussieu, sous prieure; Marie Elisabeth de Saint 

Joseph Trunel et Elisabeth Rosalie de Saint Alexis Dentrecolle. dépositairea. 
1746 — 26 octobre. Marie Constance de Jésus d'Ambour.iBj, prieure; 

Candide de SainI Joseph de Jussieu, sous prieure; Marie Elisabeth de Saînl 
^^—Aleiis et Elisabeth Rosalie de Saint Alexis Denlrecolle, dépositaires. 
^K 1749 — 14 Jiovenibi'e. Luitie Thérèse do Jé^us Baslero, prieure; Marie de 



ÏOi 



HISTOIRE DU COUVENT DES CARMELITES 



Jésus Ducrel, sous prieure; CoasLance de Jésus d'AiniiDuruDy et EtînbcUi 
IloGalie de Saint Alexis Deiitrecolle, dépositaires. 

1752 -~ Sa uoTernbre. Lucie Thérèse de Jésus Baslero, prieure; U«rie de 
Jésus llucret, tnus prieure; Marie Coi)slaoc« de Jésus il'Ambouruaj et Eliss- 
lielli Rosalie de Saint Alexis DcDfrecoUv. déposihiires. 

1755 — l décembre. Marie Conslnnee de Jéius d'Ambaurnaj, prienrc; 
Muilïleine Thérise de Suint Jucéph Bourlier, sous prieure ; Thérèse du Siîul 
Kspnl Cbiral el Elisabeth Rosnlie de Saint Alexis Dentrecolle, dépMltaîni. 

1758 — i décembre. Marie Constance de Jésus d'Ambournaj, prienn; 
Madeleïao Thérèse de Saint Joseph Bourlier, sous prieure; Thérèse da Ssiol 
Esprit Cbiral et Marie de Jésus Ducrel, déposilnires 

1762 — SSJaiiïier. Clolilde Félicilé deSaint Frantoisde Morelon, prieure: 
Marie de Jésus Ducruet, sous prieure: Madeleiue Tbérvse de Saint Jok]iI 
Bourlier et Marie CunslaDc« de Jésus d'Ambouma*. déposituirts, 

1765 — 10 février. Clolilde Félicité de SoIdI François de Moreton, prieure: 
Mark de J<-sus Ducniel, sous jirieure; Madeleine TbéreEe de Saint Joseph 
Bourlier et Marie ContlaDC« de Jésus d'Amboumaj-, dépositaires. 

1765 — 30 man. Marie Constance de Jésus d'Ambou-naj, prieure ; ThéréK 
de Jésus Vnlin, dépositaire. La Révérende Mère Clolilde Félicilé étant décédie 
le 27 mars. 

1768 — î mai. Marie Gnislunce de Jésus d' iVinbouruD}' , prieure; Uiilc 
leine Thérèse de Saint Joseph Buurlier, sous prieurs ; Thérèse du Samt 
Kepril Chirat et Tbérèse de Jésus Valia, dépositaires. 

1770 — It ao£kl. Uadeteina Thérèse de Saint Joseph Bourlier, prienré', 
Clémence de Jésus Margaraa, sous prieure ; Thérèse du Saint Esprit Chirat 
et Marie Claire de VauU, déposilnires. 

1773 — 31 uDilt. Madeleine Thérèse de Saint Joseph Bourlier. prieure: 
ClémencB de Jésus Margarou, sous prieure, Thérèse du Saiul Etpdl Chinl 
el Marie Claire de Vauli, dëpasitaires. 

1776 — Il septembre. Thérèse du Saint Esprit Cbiral, prieure ; Harie de 
Saint André You de Junagc, sou< prieure; Hadeteiue Thérèse da SabI 
Joseph Uiiurlier et Reine Thérèse .^gniel, dépositaires. 

1779 — £1 septembre. Thérèse de Saint Esprit Cliiral, prieure; Marie 
de Saint André Yon de Joiiage, sons |)rieure; Madeleine Thérèse de Saint 
Joseph Buurlier et Reine Thérèse ApDiel,dépoÛl*ires. 

1783 — 18 octobre. Madeleine Thérèse de Saiul Joseph Bourlier, prienre: 
Marie Claire de Vauli, sous prieure; Marie de Saiul André You de Jonsge it 
Thérèse du Saint Esprit Chirat, dépositaires. 

17B5 — 19 noïanibre- Madeleine Thérèse de Saint Joseph Bourlier, 
prieure ; Marie Claire de VauU, sous prieure ; Marie de Saint André Yoû d« 
jauage ri Théres? du Saint Esprit Cbiral. dépMitairca. 

1787 ~~ 19 mai-E. Marie Claire de Vauli, prieure; Marie de Saint Jo«epb 
Ounletle, siiua prieure; Marie de Saint André Yon de Jonage <( ThCreM du 
Saint Esprit Chirat, dùginsilaires. 

1780 — £1 septembre. Marie Claire de Vauli, prieure; Marie da Stîni 
Joseph t3outeiii.', sous pti«are ; Marie Thérèse Deville el Marie de SainI Aodrt 
Yon de Joiiago, dépositaires. 

1790 — 21 décembre. Marie de Saint Joseph Goutelle, prieure; HaHe de 
Buiut Audrè You de Juui>i;e, sous prieure; Marie Théréte Deville, dépotiUiie 







La Bivéreode Méra Marie de Saint Joseph Goutelle s exerce la charge da 
a peadant (oullei t?nipH de la dis|>(;rsioii del ReligieiueB, drpiiis iod 
I 1790 jusqu'au 6 août 1810. jour où *e Dl la première 
éleclioa capiluloire dppui* leur réuuioo ; la Revcreade Mère Marie Tbereae 
de Soiot Albtirl a exercée peuclaul le taitae tempe celle de dèpoiî taire. 
1816 — 6 ooûl. Marie Thérèse Ua Saiut Albert Deïille, prieure ; Maria 
_ElisahethHerqiie, BOUS prieure; Henrietla du Cceur de Marie Bichon et Marie 
• Saiat JoMph Goutelle, déposilaires. 

iSlB — 6 août. Unria Tbéréie de Sainl Albert Deville, prieure; Marie 
Elisabelli Herque, sons prieure ; Hearielte ds Cœur de Maria Bichon et Marie 
* ïin«rantieDne de Saint Michel Bichon, dépocilaires. 

1823 — <J août. Marie de Jésus de Horsial, prieure; Marie Elisabeth Herque, 

loua prieure; Marie Théréaa Deville et Marie Thérèse Oouilloui, dépusilairer. 

182B — !9 août. Maria de Jeiui de Bortaat, prieure; Théréie du Saint 

Etprit Ctëment, aaus-prieure, Uarie Thérèse Gouilloui el Marie Elisabelli 

Herque, dâpotïtaire», 

1828 — 30 septembre. Marie Thérèse Uouilloui, prieure ; Marie de Siiiiit 
JoMph Turpeult, sous prieure; Merle de la Coiiceplion Paiu el Thèrâse du 
"Sainl Eapril Clémenl, déposilaires. 

t 1931 — 30 septembre. Marie Théréee Guilloui, prieure , Maria Joséphine 
aous prieure; Marie de la Conception Paiu et Marie de Saint Antoino 
I, dépositaires. 
\ 1S3B — 2i octobre. Marie de Saint Joseph Turpault, prieure; Marie de 
kn( Antoine ValualiUi sous prieure ; Maria Thérèse Ouilluux et Thérèse de 
s CburajroD, dépositaires, 
|^183S — i octibre. Marie Tliërése Guilloui, prieure; Tliérèse de Jésus 
31), BOUS prieure; Marie de Saïut Joseph Turpault et Marie de SninI 
Latoiue Valant! n, dépositaires. 

I 1841 — 5 novembre. Marie Théi'ése OtiJlloui, prieure; Tbérese de Jésus 
harayron, sous prieure; Marie de Snint Joseph Turpault el Marie de Suint 
e Talanlin, dépositalrea. 
E 1844 — 9.J octobre. Théréae de Jêsuj Charayron, prieure; Maria Elisa- 
Mth Maaique!, soua prieure; Marie Thérèse Ouilloui et Marie Joséphine 
Hep pie, dèpoi il aires. 

1847 — 15 Qovi-mbre. Thérèse de Jésus Charajron, prieure, Marie Elisn- 
belh Mauiquet, sous prieure , Marie Thérèse aoulUoui et Marie Joséphine 
^nNepple, dépositaires, 

^B^ISBO — 39 octobre. Uarie Thérèse Guilloux, prieure; Marie Joséphine 
^^Happle, sous prieure ; Thérèse de Jésus Charavron el TJiérése de Saint Joseph 
^^hIdI Cjrj dépositaires. 

^K.i853 — S9 octobre. Marie Thérèse GuiUoux. prieure; Marie Joséphine 
^^■^ple, soui (trieure: Thérèse de Jésus Charavron elThércsede Saint Joseph 
^Hynt CjT, déposilaires. 

^B 1856 — a octobre, Thérèse de Jésus Charayrou, prieure ; Thérèse du 

Cœur de Marie d'Orcct, sous prieure; Mario Thérèse Gouilluui et Marie 

Thérèse B ri rot, déposilaires. 

1859 — 2i octobre. Théréif^ du Cœur de M^rie d'Orcel, prieure ; Thérèse 

^ile Sailli Joseph Sainl-Cyr. sous prieure; Marie Thérèse Quilloui et Thérèse 

Jésus Claîrroad, déposilaires. 



^_ue sailli Josepn saini-t. 
^Ua Jésus Claîrroad, dépc 



391 HISTOIRE DU COUVKNT DES CARMELITES 

1862 — 27 (iclobre. Thérèse du Cœur do Marie d'Orcet, prieure ; Théréte 
de Mûrie Sichard, «ont prieure ; M-adelelne de Jéau* Berger et Thèr«ip àf 
Saint Joseph Saint-Cjr, dépusitalree. 

1S6B — SS (iclobre. Thérèaa de Mûrie Richard, prieure; Madeleine de 
Jésus Berger, ioub prieure; Thérèse de CiEur de Marie d'Orcet el Th^réac 
de Saint Joseph Saînl-Cfr, dépositaires. 

1S68 — ZS octobre. Thérèse de Marie Richard, prieure; Madeleine de 
Jésus Brrger, aoua prieure ; Thérèse de Saist Joaepb Saiiit-Cvr et Marie Eli- 
f aht'th Maniquet. dépoailairea. 

1S71 — Il d*cenibre. Madeleine de Jésus Berper, prieure ; Marie des 
Anges Dangeu, sou« prieure ; Tiiérèse de Marie RicbarJ el Thérèse de Saint 
Joseph Saint-Cvr, dépositaires. 

1S7B — II janvier. Thérèse de Marie Richard, prieure; Thérèse de 
Saint Joaeph Sainl-Cjr, sous prieure ; Madeleine de Jésus Berger et Marie 
des AoBe» Dangen, dépositaires. 

1S78 — 11 janvier. Thérèse de Marie Richard, prieure; Marie Elisée ds 
Sliiiit Augustin Vital, aoua prieure; Madeleine île Jésus Berger el Théréie 
de Suinl Joseph Saml-Cyr, dépositaires. 

1880 — 15 décambre. Thérèse de JUarie Richanl, pneura; Mtrie Slian 
de Saiul Auguttin Vilet, sous prieure ; Hadeleiae de Jésua Bergw et Thérèse 
de Saint Joseph Saint-Cjr, deposilaires. 

1883 — 29 octobre. Thérèse de Marie Richard, priiDre; Marie Sliaéede 
Saint Au^sbn Vital, aou* prieure; Madeleine de Jéeua Berger et Mvie 
Loaite Meunier, deposilaires. 

188B — 29 octobre. Marie Louise Meunier, prieure; Maria de Saint Jo- 
aeph Duchamp, eous prieure; Thérèse de Marie Richard et Thérèse de Saint 
Joseph Sainl-Cjr, dépoutairea. 



LISTE DES PROFESSIONS 



- U Biïj-eBino d'aoust. jour da la TranBligiiralioii de Noire Seigneur 
i617, u neuf heures du matin, bu chapitre de ce Moniul^re, Sœur Marthe de 
Jeius, nommée au monde Marthe Bigot, sgèe de ringt liuict sue, nstire de 
Tours en Touraine, flllc de Bonaveulurs Uigol, marchnnd en drop de aoye, 
et de dame Aline Fauniyé tt mère, ayant pria l'habit Je cet ordre nu Monafr- 
léra de l'Iacarunlion de PbHb, le vingt neur^esme de juillet, jour de Sainte 
Marthe, pour venir a la fonJalion de ce monastère, a faict bb profession avec 
la permiïiion de no» Révérend» Pères Supérieurs, Messieurs Meslra Jaques 
Oallement, preatre et docteur en théologie, André Du Val, oussj iirealre et 
docteur en ladilte faculté el lecteur liii Ho; en icelle, et le Révérend Père 
Pierre de Bcrulle, instituteur et supérieur des pères de l'oraloire de Jeaua, es 
mains île la Mère Terese de Jésus, Prieure, el en présence de la Mère Marie 
de Saint François, aouba ]>rieure. et de Sœur Claire de Jesuis, el de toutes 
les autres rell|.-ieuies dudîl Monastère, L'acle de tuquelle elle a slgnd de aa 
main en In forme qui en suit : 

Je sœur Marthe de Jésus faila ma profession et promets ubeissance, chulel^ 
et pauvreté, a Dieu noire Seigneur, a la bieDheilreuse Vierge Marie et a non 
pères supérieurs establis apresenl par la huile de feu pape Clément huinliesme 
et a leurs tucceiseurs, selon la re^e primitive de l'ordre dit du Mont Carmel, 
qui est sans miligatîon, et ce jusquea a la mort. — Signé : S. Marthe de 
Jeaua, S. SIe Ter^ae de Jenis, S. Marie de 8t Fi anjois. S, CUire de Jsaut. 
— Pierre de Berulle. 

3. — Le 19 octobre 1617. à 5 heures du soir, dans le chœur de ce monastère 




29fl HISTOIRE DU COUVENT DES CAHMÈLITBS 

S<eur Marthe de rincarnslian. nomm^ du monde Maiih? Nau. âgée d« SX hi 
ut T) iDoli, naiire do Taure ea Toumine. nile de nolile Cinud« Nou. cooscilUr 
du Roy, i^iinir&Icur gén«r«l ilet gueires. compi et nrmiet de France, et de 
ta mère, demoitelle Anne du Jardin, «vani pria l'iinbit de cel ordre en e* 
monsEMre de Lyon, le IS octobre IGliî. a Tait e* profession... va nuini de la 
Mère Terese de Jesiu, prieure. . 

3. — Le 6 janvier ICI)', A tO heure» du malin, au chapitre de ce mooutére. 
Saur Uurie ilu Saïnl Eaprit, nommée au monde Marie Alcanon, âgée de 
£2 ans el demi, nalire de Honnne, &l[e de Etienne Airanon. commii^tire 
ordinaire du guerre*, et de Au Ihoi ce lie du Roai^.Bjanl pria l'habit sa monai- 
tére d« Lyon, le 21 décembre 161<3, • Tail fa profeuion... es maiai da la Métv 
Tereie de Jésus, prieure,.. 

4 — Le ï-t fèirier 16IS. é 9 heures du matin, nu chapitre de ce monasl^. 
Sœur Marie de Saint Bernord. nommée au monde Marie d'Anlerre. igèe de 
S9 ans, naliTS de Prouiseu en Champagne, Qlle de uoble Hiliecme d'Aiilerrc. 
•eigaeur en partie dudil P:ouiteu et capitaine d'une compagnie de cheraui 
légers, el de Charlotie Obert, ayant pri« l'habit de cet ordre au monastère de 
Lyon, le 2 iérrier 1617. a fait as profeMÎoo... es maina de la Uére Thénse 
de Jésus, prieure... 

5. — Le S4 février 1618, A 9 heurei du malin, au cbapilra de ce monaatèlc 
ScDur Terese de Jésus, nommée au monde Oaaparde de Vnchoa, >sée de 
£1 ans et 9 mois, native de Vîricu te Froid en Dauphiné, fille de noble Uirc 
da VachoD, seigneur de Veurey, Belle^arde et Simandre, gentilhomme ordi- 
naire de la chambre du Roy, el de laabeau de Chaiulré, ayant pris rhabit 
de cel ordre en ce monastère de Lyon, le 12 février 1617, a fait la prolèsiian... 
es maïnK de la M^re Thérèse de Jésus, prieure ... 

6. — Le 5 mai IGt?, 'J heures du malin, bu chapitre de ce monailére, 
Steur Agnes de Jésus, nommée au monde Aguei Cbaroas, âgée da 19 au, 
6 mois et ajoura, native duPuy en Auvergne, Allé de Jacques Charoas, mar- 
ehund de draps en ladile ville, et da Miracle Ranquel, ayant pris l'habil da 
cel ordre eu ce monaglére de Lyon, le 11 novembre 1616, a (ail sa proTeesion... 
es mains de ta Mère Terese de Jésus, prieure... 

7. — Le In octobre idltj, A lu heures du malin, au chapitre de ce monat- 
1ère. Sœur Tereie de Saint Joseph, nommée au monde Anihoinelta Raoul, 
àgev de 2i ans 6 mois et î> jours, native de Tonnere en Bonrgogne, fille da 
noble Odes Raoul, seigneur de Larmelye. el de Jeanne Douynet, ayant pris 
l'Iiabïl de cet ordre eu c« ce monastère de Lyon, le tQ mai 1617, a lail «a pro- 
le<sion... es mains de la Mire Terese de Jcsus, prieure... 

S. — Le 1 Janvier lôlii, i 7 heures du matin, au chapitra de ce monasiêre, 
Sceur Janne de la Cruii, nommée au monde Jaune Qjlfaahaul, âgée de S ans. 
5 moii 16 jours, nolive de celle ville de Lyun, fille de Durant Colbabaot. mar- 
chand drapier et bourgeois de ladile ville, el de Benoisle Uo^ac. ayanl pris 
l'babit de cet ordre au monastère de Lyon, le 8 septembre 1617, a fait sa pro- 
letaioD... es mains de la Mère Terete de Jésus, prieure... 

9. — Le 19 mars 1619, i '.' heures du malin, au cLapiire de ce monastère, 
Sœur Catherine de Saint Joseph, nommée au monde Catherine Fromaje, tgtt 
de 56 ans 3 moisel 13 jours, nalive de Saint Etienne eu Fores, tlllade Nioolas 
Fromiiye, châtelain de Hoche-'Ia-Moliére, el de Laurence F ierrefort, vanteda 
Oeorge Chuppuy, marchand et habitant du susdit Saint Etienne, ayant peu 




I 



rhibil de cet ordre en ce monulère de L;on, ie 31 lodt 161'. a Isil xa pro- 
Cesuon... es mains de la M^re Tereie de Jésus, prieure... 

10. — Le 30 juillet 1619, i 9 heurei du nalia, «u chapitre de ce monasUre, 
Sœur Fronçoiae da Saint Stcremenl. nomm^ au mor.de Fraii;oii« Boul?er, 
à^ de Si BRI et 3 moii, native de Lyon, fille de Nicolaa Boulier, marchand 
drapier et bourgeoii de celte dite ville, et de Benoiste de La Mouliere. avant 
pria l'babil de cet ordre en ce monastère de Lvon, le 6 avril I6ts, a fait >a 
proIcMio '... es luains de Ja Mère Tcreie de Jesui, prieure... 

11. — Le tf septembre lG19.i 10 heures du matin, au chapitre de ce mo- 
naitere, Stsur Fraoçoite de la Sainte Trinité, nommée au moude FrançoUe 
Paradis, âgée de 22 ani eaviron. native de Saint Vallier, fllle de Jacquet 
Paradis, châtelain el capitaine dudil Saint Vallier etVal. etdeRoieduNo.ver. 
ajnnl pris l'habil de cet ordre en ce monastère de Ljon, le 31 Juillel 16tS, a 
bit sa profession... es main* de la Mère Tereie de Jésus, prieure... 

12. — Le 19 juillet lâW.à 9 heures et demi du malin, au clinpilre de cette 
maison. Sœur Angélique de Jésus, nommée au monde Loujse Paradis, Igée de 
£1 ans enriron, native de Saint Vallier. fiile de Jacques Paradis, capitaine et 
chllalaiu de la contrée dudit Saint Vallier et Val. et de Boie du Nover. ayant 
pria l'habil de cet ordre en ce monastère de Lyon, le tS décembre 1613, a 
fait aa profeaaiou... ai mains de la sceur Tereie de Jésus, prieure... 

13. — L« £8 août ieSO, i 9 heures et demi du malin, au chapitre de ce 
monastère, iiceur Marie de Saint François, nommée au monde Yolande Serre, 
âgée de 46 onG, □ali*'.- de L;on, fille de Jean Baptiste Serre, marchand bour- 
ge(Hs de cette dite riUt, et de dame Françoise Lhosle sa mère, et veuve de 
Benoisl Puys. aussi marchand bourgeois de cette susdite ville, ayant pris 
l'babit de cet ordre en ce monastère dé L;on, le £t! Juillet 1619, a fait u pn>- 
fesiion... es mains de la Uère Terese de Jésus, prieure... 

14. — Le I" Janvier 16£1, i 6 heures du matin, au chapitre de ce monas- 
tère, Sceur Marie de la Conception, nommée au moude Ciaudioe Foumier, 
ige de 18 ans et 2 mois, native de Lyon, fille de Gabriel Fournyer, marchand 

"iTuamni» dn l'iltn dite ville, et de Marguerite Pescher, ayant pris l'habit de 
cet ordres ce monaalere de Lyon, le 3 novembre 1619, a fait sa profession... 
es mains de la Mère Tereae de Jésus, prieure.,, 

15. — Le 30 mai 16^1, â 10 heures du matin, au chapitre de ce monatlérc. 
Sœur Magdelaine de i^ainl Joseph, nommée au monde Fraucoise de Monla- 
gaj, igëe de 18 aos G mois et 19 Jours, native de Vînay en Dauphiné, fille de 
noble Gaspard de Montagai, seigneur dudit Vin a; et baron dudtl Mou[agni,eI 
de madame Françoise de Leatang, ayant pria l'habit de cet ordre en ce no- 
nactére de Lyon, le 5 octobre 1619, a fait sa profeuion... es moins de k Uér« 
Ter«*e de Jésus, prieure... 

16. — Le t octobre lâî£, entre 4 et 5 heures du soir, au cliapitre de ce 
monastère, Sceur Marie de la Trinité, nommée au inonde Jeanne Marie de 
CoTligny >, igee de !0 ans et 5 mois environ, native de Crescla au comté de 
Bourgogne, Aile de Messire Cleriadas ile Colligny, seigneur et baron de Cres- 
cia, de Bouan, Verjon el Beaufort. et de madame Catherine de Chaleauvieui. 
ayant pris l*hablt de cri ordre eu ce mont&lére de Lyon, le 23 avril 1021. a 
fait aa profession... es mains de la Uère Terexe de Jeitis, prieure... 




£98 



HISTOIRE DU CorVENT DES CARMELITES 



17> — hn t octobre !<>£?. eotre 4 «t S lieures du soir, au chapitre de w 
inOD3stere, Sœur Désirée du Saint Espril, nommée aBluoniIe Claude GroUoI, 
Agit, d'tntÎTou JO ans, native de Cliambaudoin en Beauté, Rlle de Jacquet 
Cupird Grollot. gentilhumme de la chnmbre du R07, eccujer el wi^iMur 
dudit Chamhaudoia el de Girooiille, et de madame Claude Vealu, ayant prû 
Tbabit de cet ordre en ce muDMlere de Ljun le 8 septembre 16SI, a dit ta 
pporecsioD... e» maiDs de la Mère Tereie de Jesu», prieure... 

18. — Le 4 octobre 1l£2, an chupilre de ce monailére, eutre 4 et 5 btom 
(In toir, Sœur Calberine de Saint Hieroïme, aommee au monde Calli«riD> de 
Vallin, igée de 30 ani et 10 mois, native de U Fivcbe eu Anjou. tUle df 
noble Pierre de Vallin, elcuyer, «Leur de La Brogfe. et de demoiselle lu- 
beau Belol, ijaut f>r>* l'haliil de cet ordre en ce monastère de Ljon, teS »q>- 
tembre 1621, u fuit sa prores^ïon... es maius de la Uere Terefe de Jen». 
prieure... 

19. -~ Le fX décembre lii£4, entre 4 el 5 heurM du soir. DU cliapitre de 
ce moDUlÉre, Sieur Isabelle de l'Incarnation, nommée au monde Isabelle 
Rojer, igée de £5 ans S mail et 4 joun, nativs de Toun eu Touralne, Alla 
de Mettre Charles Hoyer, procureur au lîige prétidiol audit Toun, et de Anoc 
du Breuil. ajaat pris l'habit de cet ordre en ce monastêra de N. D. dt la 
CompasïioD de L7011, le 17 décembre 16^, a Tait sa pmresuon... e« BUio* 
de la Mère Marthe de rincarnaliOD... 

20. ~ lA 1" uoiembre 1625, sur les 10 heures dujmatin, au chapitre de ce 
monastère, Soeur Françoise de rincaruaiiou, native de Tours eo Touratoe, 
Olle de noble homme François Telu, tecrétaire du Rov, el de demoiselle 
Glode d'Argonge, avant pris l'babil de cet ordre bu monastère de la Sstnte 
Mère de Dieu de U tille de Tours, le 1 1 juin ltî24, «Tant d'être a 
ce couvent aiec la Mère Marie de Saint François, pneure, a Tait ss pro(e»aiou... 
es maini de la Mère Marie de Saint l-'raiicois, prieure... 

21.— LeS4 féirier I1S6, au chapitre de ce monaslére, entre 9 et 10 heo- 
res du luiliii. Sceur Fraajoise de Jésus, nommée au monJe Franjoise Mou- 
lins, Ag6a de S4 «as, native de Tours en Touralne, fille de matlie Pierre 
Moulins, marchand, et de Françoise Jouber, af aut pris l'habit de ci 
le 2 février iGSâ, en ce monastère de Lj'un, a fait u prufessioa... es n 
de la Mère Marie de Saint François, prieure... 

22.— t.e 2 février ll>?T, au chapitre de ce monaslére, entre 9 et lObeore* 
du malin. Sceur Jeanne de JetuK, nommée au monde Jeanne de Sirvinge, tgée 
de 22 «us. iiatiie de Paris, Glle de noble Jean de Sirvinge, seigneur dudll 
lieu, avocat A la cour du parlement de Paris, et de demoiselle Valenline 
Fragnier, a;aut pris l'habit de cet ordre le 1" février 16213, e 
de l.jon, ■ fait sa profeasion... ei mains delà Mère Marie de Saint François 

23. — Le 3 mai ItBâ, ou chapitre de ce monastère, à 10 heure 
Siuur Marie de Saiut Joseph, nommée au monde Marie de Sirvinge, içèa de 
19 ans t moii el 26 jours, natite de Paris. DUe de noble Jean de Sirvinge, 
seigneur dudit lieu, nvocal eu la cour du jiurlement de Paris, et de demoiselle 
Valentine Fraguiur, ayant pris l'hahil de cet ordre le t" mai 1(31, en ce mo- 
naslére de Lyon, a fait sa profeision.., es mnini de la Iilére Marie de S«int 
François, prieure... 

24. — Le 15aont IC?9, au chapitre de ce roouastcre, entre '7 el 8 beuirs 



DE NOTRE-DAME DE LA COMPASSION 299 

du mntin, Sœur Jeanne de la PassioD, nommée au monde Jeaune Paturle, âgée 
il( Si siJB G mois «l 2t jnurt, ualiva de Lyoa, fille de Simon Pntiirle, orTévre, 
et de Jnnne Ilolichon, «jant pria l "habit de cet ordre le t" juin 162S, en ce 
monastère ils LfOD, ■ fait sa profeuion... entre les mains de la ilére Reuco 
de Jeaus Maria, supérieure... 

as. — Le SI novembre 1629, eulre 8 et 9 beur» du mntin, nu chapitre de 
ce mouastére. Sœur Tereie de Jesua, nommée nu monde Eliiabeth Suf, âgée 
de 17 ans 1 mois 3 joura, naliva de Lyon, fille de Bnrtbelemy Suf, nurcband 
ferralier en gros, et de Marie Agueseau, ajani [>rïs l'habit de cet ordre en ce 
monnslére île N. D. de la Compaasion, à Lyon, le 16 juillet 1GS8, a fait sa 
profeisioa... enti'e les mains de la Mère Renée de Jésus Maria, supérieure.,. 

26. — Le 18 décembre 1630, entre 8 et 9 heuree du malin, au chnpiire de 
ce iDUuasIère, Sœur Cbriatine du Saint Esprit nommés au monde Christine 
de Noviun, Agée de Sd ans ou euTiron, native de prés de Paria, fille de feu 
noble I)a>id de Novion, seigneur de La Chênes, et de demoiselle Judith du 
Plecil, ayant pris l'babil ds cet ordre en ce monastère de Lyon, le 15 Ué' 

embre 1&£9, a fait sa proressioii... entre les moins de la Mère Renée de 
JesusUaria, prieure... 

27. — Lb 2 février 1632, entra 7 et S heures du matin, au chapilre de ce 
monastère. Sœur Jeanne de la Mère de Dieu, nommée au monde Jeaone Fe- 
rel, fille de Jean Ferel, maître chirurgien, et de Marie Masenol, ayant pris 
l'habit de cet ordre au monastère de Lyon, le £2 juillet 1630, a fait sa pro- 
(elsion,.. es mains de la Mère Renée de Jéïua Maria, prieure... 

28. — Le 1(1 juillet 1632, entre 7 et 8 lieures du malin, au chapitre de ce 
monastère. Sieur Marie de Jésus, nommée au monde Anlboinelle Richsrdon, 
A^ de IT ans 7 mois el 8 jours, native de Lyon, fille de Jeaa Richardon, 
médecin, el de Catherine Maienot, ayant pris l'habit de cet ordre au monas- 
tère de N. D. de la Compassion A Lyon, le 22 juillet 1630, a Taitsa proression... 
es mains de la Mère Renée de Jésus, prieure... 

28. — Le 25 décembre 163.1, à une heure après minuit, uu chapitre de ce 
monastère, SceurTerese de Jésus, nommée au monde Loilise de Leetanlg du 
Parade, Âgée de 25 ans el 9 mois, native d'Arles, fille de Rotier de I.esluiilg 
de Parade, gentilhomme de la Provence, escuyer, et de delDOiselle Jeaiio de 
Pourcelet, ayant pria l'hubit de cet ordre au mouastère de Notre Mère Sainte 
Terese d'Arles, le 18 décembre 1632, a Tait sa profession... es mnlns de In 
Uére Terese de Jésus, prieure... 

30. — Le i» janvier 16-31), à 10 heures du matin, nu chnpiire de ce monas- 
tère. Sœur Marguerite dus Auges, nommée au monde Marguerite Pourbin. 
igèe de n ans 1 mois et 4 juurs, native d'Aix eu Provence, fille de feu 
Monsieur le Ijoroii d'Oppade, président en In cour du parlemeut de Provencv, 
et de Madame Aymare de Castelane >, ayant pris l'habit de cet ordre au mo- 
iiastère de Notre Mère Sainte Tercie d'Arles, le 3 mai 1S32, n fait sa pro- 
fession... es maini de la Mère Terese de Jésus, prieure, ,. 

31. — Le 31 mars l(t36, entre 9 el 10 heures du maun, an chapitre de ce 
monastère, Sœur Angélique de la Passion, nommée au monde Peronne Peint. 
Sgée de 20 ans 3 mois et ^ jours, native de î'aint Amour en Comté, fille de 
sieur Hnmliert Petot, bunrgeois demeurant â Saint Amour, et de Aymee 




lu Four 



i-Opyhà 



300 



HISTOIRE DU COUVENT ItES CARMÉLITES 



Dalonna, ajanl prit l'habit de cet ordre en oe rnooniUrtf do Ljod, la 10 nun 
IA35, a fail m |irofM>iun... t> tnaini di- la M^ Tereae da Jciut, priéUM... 
33. — L.0 15 uetobra lâ'iO, rntre il el 7 heure* du matin, BU chapitre d* 
ce tDOBaatèra, S«aur Catherine du Saint Eipnl, Dommée au momie Cailiarine 
Liiel, àgn de 3Î ani G rooii maint i jouri. uatin de Ljoa, Bile de noble 
Je«B Liï«l, aeigneur da Colombie en Ûruiae, Bourua et Drria taie), et de 
demoiielje Siltjte du Four, avaal pria i'habll da cel ordre eu ce mooeatére 
de Ljao, le 10 mur* 1635, a fait aa profeiaion... «a maini de la Uêre Terei» 
de J^aui, prieure... 

33. — Le 7 mara IU37, 1 9 beurea du natio, «u cbapilrf tie re monastère. 
Sœur A^tiM de Jmu*. nommée «n mande Uar^erile d'Etienne de Saint 
Jean, (gue do n an> i moi* moJD* 5 joun, natlre d'.Mi en ProTence, flile de 
André d'Klienue, «icur de Soinl Jesii de la Salle, et de demoiaeUe Marquise 
OarcuMia, dame dudlt Saint Jean, ajiBot pria l'habil de c«l ordre en ce Mo- 
naMére de Lyon, le 4 dArembre ISU. a fail ta iirofetaion.,. es niaina de la 
Uére Tereae de Jeni», |irieur«... 

34. — Le 8 dfcembra 16:17, t 10 heurea du malin, mi cbapitn dn ce 
monutlére, frtEur Calberiae de la Croix, iiotamta au monde Blsnclie Tabou 
rel, igtt lie 18 ans 10 mois «t 8 joara, natite de Lyoa, ilHa de l'eu Hamct 
Tabouret et de Alix l.e Clert, marchanda de ladite ville, ajaiil prit l'habU de 
cel ordr« en ce monaitére de Lvon, le fô novembre 1630, n bit aa profeaaiou 
et maini de U M«re Désirée du Saint Gaprit, prieure. . 

35. — Le M juillet 1639. «Dire 7 et 8 heurea <ln tnnlia. on chapitre do ce 
monaalàre, Sœur Marie. Elïe du Suint Sacrement, nommée au monde Jeaune 
Uichauil, tgëede 17 ani, nnti» de MoDllleur en Comté, flile de Jruu Baptiale 
Uicheud, bourgeois do ladite lillc, et de demoiaelle Jeanne Qaïin, ayant priH 
l'bobildacel ordre en ce monatiârede Lyon, 1* SO juillet 103)1, a fnil m pro- 
rewion... n mains de la MAre Deiiree du Suint Kepril, priaurv... 

36. — Le EO juillel 1039, entre 7 et 8 heure» du matin, au cbapilni de ce 
monanlere. Swur Miigdeieinc du Soinl Sacrement, nommde au monde Ht,g 
deleine Col, ifi de 17 an*, native de Dnupbiné. flUe de Noble Tlearbati Col, 
aieur d« Fleureliere, el de denioitclie Françoiaa Belle, ayant pria Ibabil de er 
ordre eu ce monaalére de Lyon, le iS mai lti3S, a foil «a proretiion... ■• 
main» de la ïlère Deiiree du Saint Eiprit. prieure... 

37. — Le SO Juillet 16%>, entre 7 et 8 heurea du matin, au clinpilreda ce 
monastère, Sipur Culheriue de Jésus, nommée au monde Catherine Uorcl, 
tgét de 20 «oa, native ije Maaiieu au diocèse de Vien 
■leur nuraberl Morel et de demoiselle Eiiemonde i 
rhabit de cet ordre en ceroonaaléro de Lyon, le ?! n 
tien... ea muini de lu M^re Désirée du Saint Esprit, 

38. — Le I novembre lUO. A 10 heures du n 
naslére, Sieur Marie Julienne de Saint Joseph, nommée au monde Julienne 
Borrel, Agée de SS nut moins S mois el a Jours, native de Fete^ny au Comté 
de Bourgogne, Qlle tie tieur Pierre Borrel, mnrehsnd de Fele|,-ny, cl de Jeanne 
Jacipiier Dougua, ayant pria l'habit de cet ordre au monastère de Lyon, le 14 
octobre 1638, :■ fait sn proreeiion... es mains de U mère Tereee de Jea», 
prieure .. 

39. — Le 22 novembre lt)40, i 10 heures du malin, au chapitre de ce mo- 
nastère. Sœur Marie Magileleiiie di; Saint Joseph, nommée au monde Niolle 



le es Danphlne, Allé de 
i Mebdaa, ayant pria 
li 1033. H Tail su profes- 
, prieure... 

1 chapitre de 



DE NOTRE-DAME DE LA COMPASSION 



30i 



Hector de Marie, âgée de 17 au: 
Reaa Hector de Marte, tient 
humme, a^aot pria l'habit de ce 

»brele39, a rail sa profeisioa... 
tO. - Le 31 novembre 1611, 
H monastère. Sœur Magdel.^i: 
d« Bamus, Agée de 35 ans 1 m< 
de Bsrcos, conseiller du Ro; 



I, native de Peruse * en France, filU de noble 
dudil Perreose, el de Madame Claude Prud- 
l ordre en ce monailère de Ljon, le 2 Dovem- 
■s maljjB de la Mère Terese de Jeius, prieure— 
enire 9 el 10 heures du matin, au chapitre de 
la de lu Croir, nommée nu monde Magilelaiae 
lis moins 2 jours, natiie de Ljon, fille du JenD 
l coolrùleur ordinaire des guerres alternalif et 



triennal en la proTïnce de Ljoanaii, Forez et Beaujolais, maître d'hOlel de 
Monseigneur d'Hatincourt, et de demoiselle Catherine Ju Nojer, ayant pris 
l'habit de cet ordre au monaelére de Lyon, le 15 août 163!), a fait au profes- 
slou... es mains de la Mère Terese de Jésus, prieure... 

41. — Le % mars 1M7, A 10 heures du malin, nii diapître de ce monas> 
Ure, Sœur Marie de Tous les Suinta, nommée nu muaila Marie Violette, âgée 
de 38 on* el 5 moi», nalÎTe de cette ville de Ljoo, flile de BenoU Violette. 
marchand de Ljon, et de Anne Pullfeiront, veuve da Denis Guillot, aussi 
marchand de Lyon, oyanl pris lliabit de cel ordre au monastère de N. I). de 
la Compasiion à Lyon, le 30 novembre liîlô, u fuit s» proreisiou... es maîus 
de la Mère Terese de Jésus, prieure.., 

43. — Le !5mars l64T,i 10 beuvi's du malin, bu chapitre de cemonaslêre, 
Sceur Catherine de Euinte Terese, nommée uu monde Cniberiue Lll«i igée de 
S3 aus et demi, nntîve de Lyou, fille de naître FraDi^uis Lile, concierge de 
UoDileur le maréchal de Villeroy, et de Jeanne Gale», ayant pris l'habit de 
cet ordre au monastère de N. D. de la Compassion à Lyon, le 15 octobre 1G45, 
& Tail la proression... es moins de In Mère Terese de Jeans, prieure... 

43, — Le S se|>lemhre llM9, ti,7 Iieures du malin, du chapitre de ce monas- 
tère. Sœur Marie Catherine de Jésus, nommée au monde Cuthenue Poillol. 
nalive de Troyes en Champagne, fille de noble Nicolas P.iillot, seigneur du 
La Chapelle Soiut Luc, et de demoiselle Hnrie de Mnuroy, ayant pris lliabli 
fcla cel ordre au monastère de l'Incamnlion de Troyes, le 30 mai IGIS. a lail 
Hb profesMoa... es muîns de la M«re Anne de l'Incarnaiion, prieure... 
P M. — Le £6 mars lâ5I . à heures du malin, au chapitre do ce mouaslére, 
^Sceur Jeanne de l'Enraiil Jeans, nommée au monde Jeanne Darmeysin» ttge« 
de E3 ans,DBlivede Roanne, fille d'Anlhoine Dnrmejriîn, bourgeois de Roanne, 
et de dame Janne Lncaoturier, ayant pris l'habit de cet ordre a 
de N. D. de lu Compassion de Lyoti, le 35 mars lliôO, a fait sa proresi 
' it de la Mère Anne de l'Incarnat ion, prieure... 
— Le ST octobre ISJS, â S hearci du malin, nu chapitre du m 
:r Claude de In Nnlivilé, nommée au monde Claude de Saillons, âgée de 
e de Courbevitle eu Lyonnais, fille de Jean François de Saillani, 
wcuyer.seigueur deCourbevilIe. et JedemoiEelleCIaude Dalechainp, ayant pris 
riubit da cel ordre au mouasiére de N. D. de la Compussioii de Lyonj le 
SSoetobre 1631, a fuit ta proles^ion.,. es mains de In Mère Anne de l'incar' 
_ BkUoq, prienre .. 

'Le ?6 junvier 1(^, i lOheuresdu matin, au chapitre du moneiitârdi 
me de rincaruation, nommée au monde Anne Verielas, Agée de 17 aasj 
% moii et 11 jours, native de Saint Julien en Forei, ûlle de Pierre Verielu, 

I Perreu», d^pactsmeal de I'Ïdddf. 



3l)g 



HlSTOIBli nu GOL'VIÎNT UKS CARMELITES 



riiubit da cet 



marchaDd du Saint Julien, el <le Mûrie Aynumel. a 

urdre au muuaslére da N. U. de la Ci>ni|>atsion de Lyon, le 25 JBuvier USaî, 

a fuit BR protesioD... es mains de la Mêro Anne de l'iocarualioii, prieure... 

47. — Le 21 join 1653, n heures du malin, au chapitre de ce mona»l*w, 
SoBur Marie FranjoiM du Saint Sacremeni, nommée aa moade Fran^-oiie 
PelistoQ do La Rivière, igée d>u*iron 23 ans, aaliie de Puri», fill* it 
BÎeur Fron^i* Peliuon de La RiTJére, baurgeols de Paria, et de dsmoi- 
«elle Marie Gourseau. avant pris l'batiit de cet ordre ie 16 juin 165S, en re 
monastère, a fait sa profesiion... es luain; de laKIere Aoue de riDcarnalion. 

48. — Le 3 juillet 1653, à 9 heures du malm. bd chapitre de ce monaature. 
Sœur Anne de Saint B.irlhêleinv, nommée au nioode BarUielemIe Gîllet, tgée 
d'environ £4 ana, native de Lyon, fille de Jean Gillel, matlre aieuuisier, el 
de Barllielemie Bordaia, ayant pria l'babil de cet ordre en ce monasUre de 
tt. D. de la Compassion, le 3t juin iBibS, s fait sa pruresaioii... es mains delà 
Mère Anne de l'iiicaraalioo, prieure... 

49.— US4 noùl Iâ53,ealre9el 10 heures du malin, au chapitre de ed mo- 
nastère, Stcur Marie de Saint Paul, nommée ou monde Marie Bigol, ifit 
d'entiron 19 ans, native de Lyon, fille de L/iuia Bigot, bourgeois de Ljod, el 
de Jeanne Fuunny. ayant pri> l'habil de cel ordre en re mouaEtér«. le lïi aodl 
Id&i, a fait SB profession... es mains de ta Mère Anne de l'IncarnatioD... 

60. — Le 15 octobre 1653, i h heures du matin, aa chapitre de ce monulère. 
Sœur Louyte de la Sainte Trinité, nommée an monde Loujse Gouneli Igêe 
de £8 ans et 6 mois moïas 8 Jours. Bile de Glande Qourrel, boorgeoia al ci< 
loyeii de Lyon, dont elle est natiTe, et de Claire Barrilas, ayant pris l'habit 
de cet ordre en ce monastère, le 8 décembre 1650. a fait sa profession... ei 
mains de la Mère Anne de rincaruition, prieure... 

61. — LiS féTriâr 1^6, entre Sel 9 heares du matin, au chapitre de ce mo- 
nastère. Sosnr Marie Terese de Jesua, nommée au monde Marie de Henand '. 
igée de 17 ans 3 mois et 11 jour^. native de Lyon, Slle de noble Fransoiadr 
Heguaud, conseiller du Roy, el de demoiselle Marguerite Allemand de Hon- 
martin, ayant pris l'habit de cet ordre ea ce muuaslere. le 2 fëvrier l£&t, ■ 
fait m profession... ea mains de la Mère Angélique de ta Passion, pricnre..- 

62. — Le 1" novembre l^T. A S heures du malio, au chapitre de ce mo- 
nastère, SŒur Catherine de Saint Joseph, nommée au monde Catherine Uigel. 
Agée d'environ 32 aus, native de Lyon, fille de Pierre Migel, marchsud de 
celte ville, el de dame Anne Roland, ayant pria l'babil de cel ordre e. 






monastère, le !<' octobre IKiô, 
Angélique de la Passion, prieure. 

63. — Le 18 décembre iCaî, i 9 heures du mi 
naslêre, Sceur Française de Saint Joseph, nommée 
âgée de IT ans 4 mois el IS Jours, native de Lyon 
marchand, el de demoiselle Marguerite Berton, i 
en ce monastère, le 8 décembre IGâfi, a (ail aa professioi 
Mère Angélique de la Passion, prieure... 

54. — Le 2 avril 1659, entre 9 el 10 heures du matin, 
monastère, ScEur Marie Therete du SamI Esprit, n 

t Pe Regnaul.). 



. es mains de la Uera 

in, au chapitre de ce mo- 
II monde Françoise Tanlj. 
Aile de sieur Jean Tant;, 
antpris l'habit de cet ordre 
maioi delà 




DE NOTRE-DAME DE LA COMPASSION 



30a 



Chsppuïs, Qlle de noble Fraiiçaïi Cliappuia ', bniirgeoia, ei consul da celte 
ville de Lyon, et de demoiselle AnnePaviird,Dslivedudit L^on, ài-éa de 17 ans 
et 6 jours, ayant pris l'habit de cet ordre eu ce monaatére. le i déceLibra «^7, 
3 rail sa profession... es mains de la Mère Angélique de la Pbisïod, prieure... 

55. ~ Le iO juillet 1GC0, à S lieures du matin, au chapitre de ce monas- 
tère, ScEur Anne de Jésus, nommée au monde Anne Tardj, âgée de 17 ans 
et I jour, native de Lvon, fille de sieur Jean Tardy, bourg'eois dudil Lyon, 
et demoiselle Marguerite BerloD, ayant jirii l'habit de cet ordre en ce monas- 
tère, le 3 Tevrier 16j9, a fait S3 prareasion... es niûina de la Uere Angélique 
de Ja pBision, prieure... 

56. — Le 19 octobre I6G0. à iO heures da malin, au chapitre de c« motua- 
tere, Sceur Anne Terese du Saint Sacrement, nommde au monde Jeanne 
Tereie Micbon, âgée de 17 ans et 3 jours, natire de Ljon, Glle du aieur Jean 
Michon, sieur de laTourrelle. bourgeuiidudit Lyon, et de demoiselle Suiann« 
Boïlet, ayunt pris l'habil de cet ordre en ce monastère, le U leplembre 1659, 
a lail Bo profession... es mains de la Uére Angélique delà Pusaion, prieure... 

57. — Le 15 août 1661. entre 9 et 10 heures du matin, nu chapitre de ce 
monastère, Sœur Oabrielle Tereze de l' Incarnation, nommée au monde Ga- 
brielle Oillrl, igée de 17 ans et S mois, native de Lyon, fille de U. Pierre 
Gillet, marchand bourgeois de Lyon, et de demoiselle Louyse de Lu Mooiiiere, 
ayant {iris l'habil de cet ordre eu ce moiiBEtére, le 6 aoAt 1660. a fait sB pro- 
fession... es mains de la M^re Magdeleine de Jésus Uoria, prieure... 

58. ^ Le S septembre 1662. entre et 10 heures du matin, au chapitre de 
ce moiiaalére. Sueur Marie (le Saint Pierre, nomme au monde Peruelte Lag- 
iiier, âgëe d'environ 29 ans, native de Lyon, tille de François Lagiiier, maître 
jardinier audit Lyon, et de Claudine Racquin, ayant pris l'habit de cet ordre 
en ce iuoua&[ere> le 26 juillet 1661, a fait sa profesBion,. es mains de la Mère 
Magdeleine de J. Cb. Mans, prieure... 

5B. — Le U mai 1663, & 10 heures du mnliu, au chapitre de ce monasl«r«-, 
Sœur Leonord de J. Ch. *, nommée au monde Leonord Bavard, Agée de 10 ans 
et 6 semaines, native de Lyon, fille du sieur Anthoine Bayard. marchand de 
soie et bourgeois dudit Lyon, et de demnitelle Louyae Feneitlet. ayant pris 
l'habil de cet ordre en ce monastère, le 23 mors ]66£, a fait su profession... 
es mains de ia Mère Madelaine de J. Ch. Mario, prieure... 

60. — Le £5 novembre 166.'}, â 10 heures du matin, au chapitre de ce mo- 
nastère. Sœur Catherine de Sainle Thérèse, nommée au monde Catherine 
Cadier, âgée de !6 ans et 9 mois, native de Lyon, ûlle de sieur Jean Cedier. 
marchand audit Lyon, et de dame Jncquesme Vane, ayant pris l'hahit Je cet 
ordre en ce monastère, le 21 novembre 1662, a lait sa profession... es mains 
de la Mère Uagdelaine de Jésus Maria, prieure... 

61. — Le S février 1667, b 10 heures du matin, su chapitre de ce monastère, 
SiEUr Angélique de b Passion, nommé au monde Sibile Bertaut, Agée de 
a ans et 6 mois, native de Lyon, lille de M. Hedouar Bertaut* résidant audit 
Lyon, et de demoiselle Anne Jermon, ayant pria l'habit de cet ordre eu ce 
moiiattére. le £8 décembre 1666, a fait sa profession... es mains de la Mère 
Angélique de la Passion, prieure... 

62. — Le 6 janvier 166S, à 10 heures du matin, bu chapitre de a 

I Pripvoii Chippuyi, *chovin de Lyon eu 1850 «l Iflii. 
I KliDUore de Jtaus Cbi^.t. 




304 HISTOIRE DU COUVENT DES CARMELITES 

Sœur Aone Marie de Saial« Tberese, nooiméa au monde Anne Maria Cota- 
paia, âgée de SS ans moia* 5 «emaines, native de L;od, fille de H. Pierre 1 
Compain, banquier en cour de Rome, el de drmoiielJe GeoetleTe Cfaenllïcr, ' 
avant pris l'habit <le cet ordr« ea ce nonailére, le 13 septembre 1666. ■ ùit 
■a proreE!iun...e<maiiis de la Mère Marguerite du Saiut Sar retnenl, prieure... 
03. — te Î2 novembre ]6Ti. & 10 lieurea do malin, au cliapitr« de n 
moniislïre. Sœur Catherine de la Croix, □ommée au monde Calberine Peootl. 
tgée de 17 aos el tS joura. native de Lyon, fille de noble Malhien Ferai), 
cDDseilleF du Roy au pr^idial dudil Lyon, ut de demoiselle Catherine Roa- 
ïïere ', ayant pria l'habit de cat ordre en ce monnalère, le Zl novembre 1670, a 
fait «s profeasioB... ea maîna de la Mère Marguerite du Saint Sacrement, 
prieure... 

64. — Le It novembre 167!. i 10 heures du malin, au rliapiire du ntoim- 
1ère, ï-wur Maria Aime de Saiole Agnei, nommée au monde Uarie \ane 
Pecoil, Agée de 17 ans el 1 jour, native de Ljoa, lille de noble Mathieu ft- 
coïl, conseiller du Roi au presidial deLjoa.elde liemoiaella Catherine RaTÎëre, 
B^ant pria i'habit de cel ordre en ce monaalére, le 17 novembre I670i a Eill 
SB profession... es mains de la Mère Uargueriledu Saint Sarremenl. prieure... 

es. — Le II réirjer 1673, i 10 beures du hmtln. au chapitre de ce raoui- 
lere, Sieiir Uarie de Jésus, nommée au monde .Uarie Datid. Agée d« 23 au 
5 mail el 13 Jours, native de Lyon. Aile de «leur Nicolas David, marcbuid 
audit Lyon, et île demoiselle Marie Pavard, B;aul pris l'bnbil de cel ordre en 
ce monnslere, le £3 Tévrier 1G72, a Tait la proresaion... ei mains de la Uerc 
Marguerite du Saint Sacrement, prieure.,. 

M. — Le il avril 1673, ù heures du matin, nu cbapiire de ce monastère, 
3(aur Suianne de Jésus, nommée ou tnonde Goyanne * {tic) Igéc de 21 aii 
et 6 mois, nalire Je Lyon, fille de sieitr Jean Ooyne, marchaml itidit Lyon, 
el de demoiselle Calherine Viai, ayant pris l'habit de cel ordre en m moaa»- 
lère, le SO avril 1672, a fait ta profession... es mains de la Uére MargUMilc 
du Saint Sacrement, prieure... 

67. — Le 11 seplembre 167Ô, â 9 heures du mnlin, au chapitre d« caiiKMiW> 
tére. Sœur Uargu,!rile du Saint Sacrement, nommée au monde Uargtwiila 
d'Haule|iierr«, Agire de 17 ans 1 mois et Î2 Jours, native de Lyon, GUe de (en 
Monsieur Geai lieu >, aeigueur d'Uaulepierre, el de dame Mai^erite Rogier, 
ayant pris l'Iubit de cel ordre en ce monaslére, le 8 sep1eml>re llTîl, ■ bJl 
ta profesfion... es mains de la Mère Marie de Sainte Thérèse, prieure... 

66 — Le 11 septembre 1675, i 9 heures du malin, au chapitre de n 
monaslâre. Sceur Ruse de Jeaus, nommée au monde Rose Qiiillou, âgée de 
24 ans et 10 mois, nativi- de L>oii, (111e de feu maître Ëslienne Guillon, maître 
bonlanger, el dame Auloinelle Sendrin. ayant pris l'iiabit de cel ordre «n et 
monaslére, le 10 septembre 1674, a fait sa profession... es moins Je la llArr 
Marie de Saiule Thérèse, prieure... 

65. — Le 25 août ItHâ, t 10 heures du maliu, an ehapilre Je ce mouatlere. 
Sœur Françoise de Jésus, nommée au monde Fraui^ise Vial, igée de ZDena 
elâ mois, ualire de Lyou, lllle de feu Gaspard Vial, mari-'hanJ bonrgccràt andil 



J 



DE NOTRE-DAME DE LA COMPASSION 305 

Lyon, et de demoiseUe Françoise Blot, ayant pris Thabit de cet ordre en ce 
monastère, le 24 août 1675, a fait sa profession... es mains de la Mère Marie 
de Sainte Thérèse, prieure... 

70. — Le 4 octobre 1676« à 10 heures du matin, au chapitre de ce monas- 
tère, Sœur Claude Marie de Saint François, nommée au monde Claude Follet, 
âgée de 20 ans et 10 mois, native de Lyon, fille de feu Nicolas Follet, mar- 
chand et bourgeois de Lyon, et de demoiselle Françoise Chais, ayant pris 
l'habit de cet ordre en ce monastère, le 3 octobre 1675, a fait sa profession... 
es mains de la Mère Marie de Sainte Thérèse, prieure... 

71. — Le 5 avril 1680, à 10 heures du matin, au chapitre de ce monastère, 
Sœur Elisabeth de la Sainte Trinité, nommée au monde Elisabeth Royet, 
native de Lyon, fllle de M. François Royet et de demoiselle Françoise Poisat, 
tous deux habitants de cette ville de Lyon, marchands bourgeois en icelle, 
ladite Elisabeth veuve de feu M« François Cantuer, aussi marchand bourgeois 
de cette ville, ayant pris Thabit de cet ordre en ce monastère, le 11 août 1677, 
a fait sa profession... âgée de 22 ans et 1 mois... es mains de la Mère Marie 
de Sainte Thérèse, prieure... 

72. — Le 25 mars, à 10 heures du matin, au chapitre de ce monastère. 
Sœur Charlotte du Saint Sacrement, nommée au monde Charlotte Blache, fille 
de sieur EIsprit Blache, marchand à Saint Etienne, et de Anne Monteclar, sa 
mère, ayant pris Thabit de cet ordre en ce monastère, le 2 février 1680, a fait 
sa profession cette année 1681, âgée de 29 ans... es mains de la Mère Marie 
de Sainte Thérèse prieure. 

73. — Le 22 janvier 1682, à 10 heures du matin, au chapitre de ce monas- 
tère, Sœtir Françoise de Saint Joseph, nommée au monde Françoise d'Au- 
barède, âgée de 18 ans et S mois, native de Lyon, fille de noble Paul d*Au- 
barède, bourgeois et exconsul de celte ville de Lyon, et de demoiselle 
Françoise Valentin, ayant pris Thabit de cet ordre en ce monastère, le 21 
janvier 1681, a fait sa profession... es mains de la Mère Jeanne de la Mère 
de Dieu, prieure... 

74. — Le 22 février 1683, à 10 heures du matin, au chapitre de ce monastère, 
Sœur Marie de Sainte Thérèse, nommée au monde Marie Regnauld, Agée 
d'environ 36 ans, fille de M. Louis Regnauld et de demoiselle Jaqueline 
Rolond, tous deux habitants de cette ville, marchands bourge<>is en icelle, 
où susdite sœur est née, et ayant pris Thabit en ce monastère, le 21 février 
1682, a fait sa profession... es mains de la Mère Jeanne de la Mère de Dieu, 
prieure... 

75. — Le 15 août 1683, à 9 heures du matin, au chapitre de ce monastère. 
Sœur Catherine Thérèse de Jésus, nommée au monde Catherine Gayot, âgée 
de 17 ans 4 mois et 13 jours, native de cette ville, fille de noble Jean Jacques 
Gayot, seigneur de Largeasse >, conseiller du Roy au siège presidial de cette 
ville de Lyon et échevin en icelle, et de demoiselle Marie de La RoUe, ayant 
pris Thabit de cet ordre eu ce monastère, le 12 août 1682, a fait sa profession... 
es mains de la Mère Jeanne de la Mère de Dieu, prieure... 

76. — Le 19 mars 1684, à 6 heures du matin, au chapitre de ce monastère^ 
Sœur Jeanne Suzanne de Sainte Agnes, nonunée au monde Jeanne Suzanne 
Bastero, âgée de 17 ans et 2 jours, native de cette ville, fille de M. Bernardin 

i Larajasae, département du Rh6oe. 

20 



30r/ HISTOIRE DU COUVENT DES CARMELITES 

Bastero, banquier de celte ville, et Je demoiselle Jeanne Simonnel, ayant pris 
Thabit de cet ordre eu ce monastère, le 14 février 1Ô83, a fait sa profession... 
es iiiuins de la Mère Jeanne de la Mère de Pieu, prieure... 

77. — Le 30 août lOdô, à 'J heures du matin, au chapitre de ce roonastèri'. 
Sœur Françoise de TKufant Jésus, nomniet* au monde Françoise Perrin, âgée 
de 17 ans 8 mois et 5 jours, uativ*^ Je cette ville, fille de M« Charles Perrin, 
marchand drapier, et de demoiselle Sibille Pichon, ayaut pris l'habit le 28 de 
cedit moi» 16S4, a fait sa profession... es mains de la Révérende Mere]Marie 
Angélique du Saint Sacrement, prieure... 

78. — Le 28 decem! re 168Ô, à 10 heures du matin, au chapitre de ce 
monastère, Sœur Marie Marthe de Jésus, nommée au monde Marie Marthe 
de Riverie, âgée Je 21 ans et 6 mois, na(i\e de I^ Rivière en Fore?, fille de 
noble Barthélémy de Riverie, escuyer, mjjrneur de La Rivière, La Colotige, etc., 
capitaine des gardes de feu Moureigneur le maréchal Je Villeroy, et de de> 
moiselle Fleurie de Cogniat Je la Vaure, ayaut pris l'habit de cet ordre en 
ce monastère, le 20 décembre 1(385, y u fait sa profession... es mains de la R. 
Mère Mûrie Angélique du Saint Sacrement, prieure... 

79. — Le 22 février lGâ7, à 10 heures du matin, au chapitre de ce monas- 
tère. Sœur Marie Magdelaine de Saint Ix>uis, nommée au monde Marie Louise 
Molin, âgée de 22 ans, fille de M. Antoine Molin, esleu en l'élection de ^aint 
Etienne en Forez, et de demoiselle Phili[>e Rivoire, native dudit Saint Etienne 
ayaut pris l'habit de cet ordre en ce monastère, le 20 février 1686, a fait sa 
profession... es mains de la R. Mère Marie Angélique du Saint Sacrement, 
prieure... 

80. — I^ 27 avril 16>7, à 9 heures du matin, au chapitre de ce monastère. 
Sœur Marie Angélique du Saint Sacrement, nommée au monde Eleouore 
Rigioly, âgée de 20 ans, native de Lyon, fille de noble François Rigioly, 
banquier et bourgeois de cette ville, et de demoiselle Marie Pichon, ayant 
pris Thabit de cet ordre en ce monastère, le 23 avril 16^6, u fait sa professior.. 
es mains de la R. Mère Marie Angélique du Saint Sacrement, prieure... 

81. — Le 10 juin 168S, à 9 heures du matJi, au chapitre de ce monas- 
tère. Sœur Jeanne Aymée de Jésus, nommée au monde Jeai;ne Messier, âgée 
de 19 ans et 7 mois, native de cette ville de Lyon, fille de noble Jacques Mes- 
sier, bourgeois et exconsul de Lyou, et Je demoiselle Jeanne Merle, ayant 
pris riiabil de cet ordre le 14 juin 1687, a fait sa profession... es mains de 
la R. Mère Marie Angélique du Saint Sacrement, prieure... 

82. — Le 3 février 1693, à 10 heures du matin, au chapitre de ce monas- 
tère. Sœur Marie Elisabeth de Saiut Joseph, nommée an monde Elisabeth 
Trunel, âgée Je 21 uns et 3 mois, native de Lyon, fille de M. Gaspard Trunel, 
marchand bourgeois de Lyou, et Je demoiselle Marie Chataigner, ayant pris 
Thabit de cet ordi*e le 25 janvier 1692, a fuit sa profes^ision... es mains de la 
R. MèreMaJeleine Terese de Jésus, prieure... 

83. — Le 15 avril 1693, à 9 heures du matin, au chapitre de ce monastère, 
Sœur Kufrosine ^ de Jésus, nommée au monde Claudine Bourbon, âgée de 
26 ans et 6 mois, native de Lyon, fille de feu M. Louis Bourbon et de 
demoiselle Claudine Varachat, marchands bourgeois audit Lyon, ayant pris 
Thabit de cet ordre en ce monastère, le 10 avril 1692, a fait sa profession... 
es mains Je la R. Mère Madeleine Terese de Jésus, prieure... 

i Buphrosine. 



DE NOTRE-DAME DE LA COMPASSION 307 

84. — Le 23 septembre 1693, à 10 heures du matin, au chapitre de ce 
monastère. Sœur Marie de riucarnatioo, nommée au monde Marie Bertet, 
Agée de 27 (ans) et demi, native de Lyon, fille de sieur Charles Bertet, mar- 
chand audit Lyon, et de dame Monique Richet, ayant pris l*habitde cet ordre 
en ce monastère, le 29 juillet 1692, a fait sa profession... es maius de la R. 
Mère Madeleine Terese de Jésus, prieure... 

85. — Le 8 juin 1695, entre 9 et 10 heures du matin. Sœur Marie Julienne 
de Saint François Xavier, nommée au monde Françoise Marie de Caluse, 
native de Pignerol en Piémont, fille de noble Jean Henri de Cnluse, contrô- 
leur général des troupes du Roy, à Cazart et Pignerol, et de demoiselle Luce 
Napioo, ayant pris Thabit en ce monastère, le 18 mai 1694, a fait sa profes- 
sion âgée de 31 ans, au chapitre de ce Monastère, es mains de la R. Mire 
Madeleine Terese de Jésus, prieure... 

86. — Le 15 décembre 1695, entre 10 et 11 heures du matin. Sœur Claude 
Marie de Saint Augustin, nommée au monde Claude Alexandre, native de 
Lyon, fille de M. Jacques Alexandre, marchand fondeur de cette ville, et de 
demoiselle Antoinette Lagoutte, ayant pris Thabit eu ce monastère, le 31 dé- 
cembre 1694, a fait sa profession, âgée de 22 ans et demi, au chapitre de ce 
couvent... es mains de la R. Mère Madelaine Terese de Jésus, prieure... 

87. — Le 29 septembre 1696, entre 10 et 11 heures du matin, au chapitre 
de ce monastère. Sœur Elisabeth Rosalie de Saint Alexis, nommée au monde 
Elisabeth DentrecoUe, âgée de 19 ans, 1 mois et 20 jours, native de cette ville, 
fille de Monsieur Jacques DentrecoUe, marchand habitué en cette ville, et de 
demoiselle Marie Delor, ayant pris l'habit en ce monastère, le 27 septembre 
1695, a fait sa profession... es mains de la R. Mère Madeleine Terese de 
Jésus, prieure... 

88. — Le 25 août 1697, entre 9 et 10 heures du matin, au chapitre de ce 
monastère, Sœur Cecille Louise de Saint François Xavier, nommée au monde 
Louise de Ferrus, âgée de 23 ans et 2 mois, native de cette ville, fille de 
noble Barthélémy de Ferrus, conseiller du Roy au siège présidial de cette 
ville, et de dame Jacqueline du Bousquet, ayant pris Thabit de cet ordre en 
ce monastère, le 20 août 1696, a fait sa profession... es mains de la R. Mère 
Madeleine Terese de Jésus, prieure... 

89. — Le 27 août 1697, entre 9 et 10 heures du malin, au chapitre de ce 
monastère, Sœur Marie Emilie de Sainte Anne, nommée au monde Marie 
Amie Ducret, âgée de 22 ans ou environ, fille de M. Claude Ducret, marchand 
habitué dans Lyon, et de demoiselle Marie Falcon, ayant pris l'habit en ce 
monastère, le 23 août 1696, a fait sa profession... es mains de la R. Mère 
Madelaine Terese de Jésus, prieure... 

90. — Le 19 septembre 1697, entre 10 et 11 heures du matin, au chapitre 
de ce monastère. Sœur Lucressede Sainte Marthe, nommée au monde Lucresse 
Qorgeron, âgée de 24 ans, fille de M. Philippe Gorgeron, procureur en cette 
ville, et demoiselle Marie Chatelus, ayant pris l'habit en ce monastère, le 17 
août 1696, a fait sa profession... es mains de la R. Mère Madelaine Thérèse 
de Jésus, prieure... 

91. — Le 19 juillet 1698, entre 10 et 11 heures du matin, au chapitre de ce 
monastère. Sœur Marie Henriette de Jésus, nommée dans le monde Marie 
Qeoffrey, âgée de 19 ans, fille de Pierre Geofirey, marchand bourgeois de 
cette ville, et de demoiselle Catherine Chapelle, ayant pris 1 habit de cet ordre 



308 HISTOIRE DU COUVENT DES CARMELITES 

en ce mouMtère, le 17 juillet 1697, a fait sa profession... entre les mains de 
la R. Mère Madeleine Eleouore de Jésus, prieure... 

92. — Le 25 février 1699, entre 10 et 11 heures du matin, au chapitre de 
ce monastère. Sœur Marie Terese de Saint Joseph, nommée dans le monde 
Marie Terese Messier, âgée de 18 ans, native de fcette ville de Lyon, fille de 
noble Jacques Messier, bourgeois et ezconsul, et de demoiselle Jeanne Merle, 
ayant pris Thabit de cet ordre dans ce monastère, le 23 février 1698, a fait 
sa profession .. entre les mains de la R. Mère prieure Marie Eleonore de 
Jésus... 

03. — Le 7 août 170^, entre 10 et 11 heures du matin, au chapitre de ce 
monastère, Sœur Marguerite de Saint Ange, du voile blanc, nommée dans le 
monde Marguerite Anselme!, à^'ée de Î2 ans, fille de Antoine Anseimet, 
bourgeois de Lyon, et de Marie Fenaz, ayant pris l'habit de cet ordre le... 
1701, a fait sa profession... entre les mains de la R. Mère Madeleine Eleonore 
de Jésus, prieure .. 

04. — Le 12 juillet 1703, entre 10 et 11 heures du matin, au chapitre de 
ce monastère. Sœur Marie Victoire Terese, âgée de 26 ans, native de Lyon, 
fille de Gaspard de Renaud t, escuyer et chevalier du Roy, et de Jeanne Des- 
pinay, ayant pris Thabit de cet ordre dans ce monastère, le 10 juillet 1702, a 
fait sa profession... entre les mains de Notre R. Mère prieure, Madeleine 
Eleonore de Jésus... 

06. — Le 12 juillet 1703, entre 10 et 11 heures du matin, au chapitie de 
ce monastère. Sœur Marie Candide de Saint Joseph, âgée de 20 ans et 8 mois, 
native de Lyon, fille de Laurens de Pessieux, bourgeois et apaticaire à Lyon, 
et de Lucie Cousin, ayant pris Thabit dans ce monastère, le 11 juillet 1702, a 
fait sa profession... entre les mains de Notre R. Mère prieure, Madeleine 
Eleonore de Jésus... 

06. — Le 2 février 1704, entre 8 et heures du matin, au chapitre de ce 
monastère. Sœur Marie de la Croix, nommée au monde Marie Anne Gandin, 
âgée d*environ 27 ans, native de Lyon, fille du sieur Jean Gandin, bourgeois 
de cette ville, et de Anne Thoris, ayant pris Thabit de cet ordre en ce mo- 
nastère, le 27 décembre 1702, a fait sa profession... es mains de la Mère 
Jeanne Susanne de Sainte Agnes... 

07. — Le 14 mai 1704, entre 9 et 10 heures du mutin, au chapitre de ce 
monastère, Sœur Virginie Terese de Jésus, nommée au monde Virginie de 
Boulieux <, native de I^ Balme en Dauphiné, fille de noble François de Bon* 
lieux, maître des comptes au parlement de Grenoble, et de Madame Jeanne 
Gabrielle de Mignastiere (ou Mignardière), âgée de 23 ans, ayant pris Thabit 
eu ce monastère, le 24 avril 1703, a fait sa profession... es mains de Notre 
R. Mère prieure, Jeanne Susanne de Sainte Agnes. . 

08. — Le 31 janvier 1705, entre 10 et 11 heures du matin, au chapitre de 
ce monastère, Sœur Marie Catherine de la Nativité, nommé au monde Cathe- 
rine de Jussieux, âgée de 17 ans et 1 jour, nitive de Lyon, fiJle de M. Laurens 
de Jussieux 3, bourgeois et apoticaire, et de demoiselle Lucie Cousin, ayant 
pris rhabit en ce monastère, le 29 janvier 1704, a fait sa profession... es 
mains de la Mère Jeanne Susanne de Sainte Agnes, prieure. . 

i De Regnsttld. 

> Beulieu. 

> De JuMien. 



OE NOTRE-DAMB DE LA COMPASSION 309 

99. ~ Le 18 février 1706, entre 10 et 11 heures du matin, au chapitre de 
ce monastère, Sœur Marie de Jésus, nommée au monde Marie Ducrect *, âgée 
de 18 ans et 1 jour, fille de M. Claude Oucrect et de demoiselle Marie Falcon, 
marchands bourgeois de celte yille, ayant pris Thabit en ce monastère, le 
16 février 1705, a fait sa profession... es mains de la R. Mère Jeanne Susanne 
de Sainte Agnes, prieure... 

100. — Le 26 avril 1707, entre 6 et 7 heures du matin, au chapitre de ce 
monastère, Sœur Anne Marie de Jésus, nommée au monde Marie Anne Bodin, 
âgée de 19 ans et 4 mois^ native de celte ville, fille de M. Michel Bodin, 
greffier de la conservation, et de demoiselle Marguerite Dufour, ayant pris 
rhabit en ce monastère, le 20 avril 1706, a fait sa profession... es mains do 
la R. Mère Françoise de Jésus, prieure... 

101. — Le 26 janvier 1710, entre 7 et 8 heures du matin, au chapitre de ce 
monastère, Sœur Marie Catherine du Saint Sacrement, nommé au monde 
Marie Catherine Bodin, âgée de 19 ans et 2 jours, native de cette ville, fille 
de M. Michel Bodin, greffiier de la conservation, et demoiselle Marguerite 
Dufour, ayant pris Thabit en ce monastère, le 22 janvier 1709, a fait sa pro- 
fession... es mains de la R. Mère Jeanne Susanne de Saint Agnes, prieure... 

102. — Le 10 septembre 1710, à 9 heures du matin, au chapitre de ce 
monastère, Sœur Claude Terese de Jésus, nommée au monde Claudine Imbert, 
âgée de 20 ans, native de cette ville, fille de M. Jean Imbert et de demoiselle 
Françoise Bouchellu, marchands habitués dans Lyon, ayant pris l'habit en ce 
monastère, le 8 septembre 1709, a fait sa profession... es mains de la R. Mère 
Jeanne Susanne de Saint Agnès, prieure .. 

103. — Le 28 mars 1711, entre 9 et 10 heures du matin, au chapitre de 
ce monastère, Sœur Catherine de Saint Jérôme, nommée au monde Catherine 
Malejeudre <, âgé de 27 ans et 7 mois, native de cette ville, fille de M. Charles 
Malejendre, marchand de blé, et de demoiselle Jeanne Buisson, ayant pris 
rhabit en ce monastère, le 30 janvier 1710, a fait sa profession... es mains de 
la R. Mère Jeanne Suzinne de Sainte Agnès, prieure .. ^ 

104. — Le 8 août 1711, entre 9 et 10 heures du matin, au chapitre de ce 
monastère Sœur Anne des Anges, nommée au monde Anne Oaulne, âgée de 
Zi ans et i mois, native de Roanne en Forez, fille de M. Gaulne, escuyer, et de 
demoiselle Catherine Dorion, ayant pris Thabit en ce monastère, le 6 août 1710, 
a fait sa profession... es mains de laR. Mère Jeanne Suzanne de Sainte Agnes* 
prieure... 

105 — Le 9 avril 1714, a 9 heures du matin, au chapitre de ce monastère. 
Sœur Marie Françoise de la Nativité, nommée au monde Françoise Rochefort, 
âgée de 22 ans, native de cette ville, fille de M Claude Rochefort, marchand 
bourgeois de celte ville, et de demoiselle Jeanne Bigot sa mère, ayant pris 
rhabit en ce monastère, le 21 mars 1713, a fait sa profession... es mains de 
la R. Mère Jeanne Susanne de Sainte Agnes, prieure... 

106. — Le 19 janvier 1715, â 8 heures du matin, à Thermitage de Notre 
Sainte Mère Terese, Sœur Lucie Terese de Jésus, nommée au monde Lucie 
Bastero, âgée de 17 ans et 3 mois, native de Lyon, fille de Monsieur Bastero, 
conseiller au presidial de Lyon et cour souveraine des monnoies, et Madame 

1 Marie Ducret. 
t Malegçndre. 



310 HISTOIRE DU COUVKNT DES CARMELITES 

GlaudiDe Mestier, ayant pris Thabit dans ce monastère, le 17 janyier 17U, a 
fait sa profession... es mains (la la R. Mère Jeanne Susanne de Sainte Agnès, 
prieure .. >. 

107. — Le 30 décembre 1715, à 9 heures du mali:), en Phermitage de Notre 
Sainte More Terese, Sœur Louise Marguerite de Jésus Christ, nommée au 
monde Mnrguorite Chantro, âgée de 27 ans, native de Lyon, fille de M. Jean 
Baptiste Chantre, marchand de Quier*, et de demoiselle Marguerite Sève, 
ayant pris Thabit dans ce monastère, le 28 décembre 1714, âgée de 26 ans, a 
fait sa profession... es mains delà R. Mère Jeanne Susanne de Sainte Agnès, 
prieure... 

108. — I^ 7 juillet 1716, entre 9 et 10 heures du matin, au chapitre de 
ce monasière. Sœur Mar;^uerite de Saintt* Elie, nommée au monde Marguerite 
de BouUeux ', native de La Halme en Dauphiué, fille de noble François do 
Boulii'ux, maître des Comptes au parlement de Oreiioble, et de madame Jeanne 
Gabriel le de Mignardiere, àf^ée de )fO ans et 9 jour)*, a^ant pris Tbabit en ce 
monastère, le 17 juin 1715, a fait sa profession... es mains de la R. Mère 
Jeanne Susanne de Sainte Agnes. 

109. — Le l'i* mai 1718, entre 9 et 10 heures du matin, au cha|>itre de ce 
monastère. Sœur Marie Constance de Jésus, nommée au monde Constance 
Dambournay *, native de cette ville, fille de Monsieur Jean Baptiste Dambour- 
nay, marchand et bourgeois de cette ville, et de madame Anne Jouve, ayant 
pris Tbabit en ce monastère, le 29 avril 1717, âgée de 17 ans et 6 mois, a 
fait sa profession... es mains de la R. Mère Marie Madeleine de Saint Louis. . 

110. — Le 20 juillet 1721, entre 9 et 10 heures dn malin, dans Therroitage 
de Notre Sainte Mère Terese, Sœur Jeanne Françoise Terese de Jésus, nommée 
dans le monde Jeanne Frantjoise de Saint Prix de Ftuitanes, fille de noble 
Damien de Saint Prix de Fontanes et de Madame Marguerite Messier, âgée 
d'environ 22 ans, ayant pris l'hubit en ce monastère, le 16 mars 1720, a fait 
sa profession... entre les mains de la R. Mère Marie Madeleine de Saint 
Louis. . 

111. — Le i5 mai vl722), à 9 beures du matin, dans Thermitage de Notre 
Sainte Mère Terese, Sœur Louise de Saint Puul, nommée dans le monde 
Louise Joyard, fille de M. Jovard, bourgeois de cette ville, et de demoiselle 
Claire hlisabeth du Pont, ayant pris Thabit eu ce monastère, le 22 mai 1721, 
a fait sa profession... entre les mains de la R. Mère Marie Madeleine de 
Saint Louis, prieure... 

112 — Le 1(3 se[>teml)re 1722, entre 9 et 10 heures du matin, dans Pher- 
mita^'e de Notre Sainte Mère Terese^ Sœur An.ne Terese de la Sainte Trinité, 
nommée dans le monde Anne Regnault. fille de M. François RegnauU et de 
Madame Marguerite Laurent, marchands en celte ville, ayant pris Phabit en 
ce monastère, le 9 septembre 1721, âgée de 22 ans et demi, a fait sa profes- 
sion entre les mains de ia R. Mère Marie Madeleine de Saint Louis, prieure... 

113. — Le 12 octobre 1724, entre 9 et 10 heures du matin dans Phermi- 
tage de Notre Sainte Mère Terese, Sœur Marie Marguerite de Jésus, nommée 
dans le monde Marguerite Du Bois, il Ile de M. Pierre Du Ik>is et de Madame 

< Probablement Thiers «n Auvergne, 
s Ou de Boulieu. 
3 Ou d'Ambouruay. 



DE NOTRE-DAME DE LA COMPASSION 311 

Jeaune Felis, marchands en cette ville, ayant pris Thabit en ce monastère, 
le 10 octobre 1723, âgée de 22 ans, a fait sa profession., entre les mains de 
la R. Mère Jeanne Susann^ de Sainte Agnes, prieure... 

114. — Le 15 juin 1725, entre 9 et 10 heures du matin, dans Thermitage 
de Notre Sainte Mère Terese, Sœ ir Antoinette de Jésus, nommée au monde 
Antoinette de I^vareine, fille de Monsieur de I^rareine et d*Eleonor Vernay, 
greffier en chef de la section de Roanne, ayant pris Tbabit en ce monastère 
le 13 juin 1724, âgée d'environ 43 ans, a fait sa profession... entre les mains 
de la R. Mère Jeanne Susanne de Sainte Agnes, prieure... 

115. — Le 23 novembre 1725, entre 10 et 11 heures du matin, dans Ther- 
mita^^e de Notre Sainte Mère Terese, Sœur Jeanne Terese de Jésus Marie, 
nommée au monde Jeanne Canos, fil!e de M Jean Canos et de Catherine 
Sérisiat, marchands sur la rivière, ayant pris Thabit en ce monastère, le 
21novembre 1724, âgée de 20 ans, a fait sa profession... entre les mains de la 
R. Mère Jeanne Susanne de Sainte Agnes, prieure .. 

116. — Le ;^2 janvier 1726, entre 10 et 11 heures du matin, dans Thermi- 
tage de Noire Sainte Mère Terese, Sœur Marie Jeanne Augustine de la 
Miséricorde, nommée dans le monde Marie Jeanne Gautier, fille de Monsieur 
Jean Gautier et de dame Leonarde Pavie, bourgeois de Paris, ayant pris 
rbabit en ce monastère, le 20 janvier 1725, âgée d'environ 34 [ans], a fait sa 
profession avec la permission de Monseigneur Notre supérieur. Monseigneur 
Antoine Sicot, abbé de Saint André le Bas, évéque de Sinope, établit supé- 
rieur par nomination conformément aux brefs de nos Saint Pères les papes 
Alexandre VU et Clément IX, et confirmé comme délég.ié du Saint Siège 
par Monseigneur rillustrisimc archevêque de Lyon, et a fait sa profession 
entre les mains de la Révérende Mère Jeanne Sussanne [sic] de Sainte Agnes 
prieure, en présence de la R. Mère Aymée de Jésus et de ma Sœur Sussanne, 
de Jésus» et de toutes les Religieuses de la maison. L*acte de laquelle elle a 
signé en la teneur et forme qui suit: 

Je Item Jeanne Augustine de la Miséricorde, fait ma profession et promet 
obéissaBoei pauvreté et chasteté â Dieu, nostre Seigneur, â la Bienheureuse 
vierge Marie, et â nos Révérends pères supérieurs, et fait cette profession 
selon la régie primitÏTe de l'ordre dit du Mont Carmel, qui est sans mitiga- 
tion, et ce jusqu'à la mort. Signé : S. Marie Jeanne Augustine de la Misé* 
ricorde, t Ant Ev. de Sinope, suff. de Lyon, v. g. supérieur des dames Car- 
mélites, S. Jeanne Susanne de S^ Agnes, S. Jeaune Aymee de Jésus. 

117- — Le 9 août 1727, entre 9 et 10 heures du matin, dans Thermitagede 
Notre Sainte Mère Terese, Sœur Marie Emilie de Saint Claude, native de 
Montelimar, nommée dans le monde Marie de Moreton, de Chabrilland, fille 
de Monsieur Antoine de Moreton, marquis de Chabrilland, lieutenant de Roy 
des provinces de Dauphiné, et de Madame Antoinette de Grollé de Vir- 
ville, ayant pris Thabit en ce monastère, le 1 août 1726, âgée d'environ 
25 ans, a (ait sa profession... entre les mains de la R. Mère Jeanne Susanne 
de Sainte Agnes, prieure... 

118. — Le 9 août 1727, entre 9 et 10 heures du matin, dans Thermitage 
de Nôtre Sainte Mère Terese, Sœur Marie Terese de Sainte Agnes, native de 
Montelimar, nommée au monde Marie Terese de Moreton, Saint Oerves de 
Ghabrillant, fille de Monsieur Antoine de Moreton, marquis de Chabrillant, 
lieutenant de Roy des provinces de Dauphiné et de Madame Antoinette de 



312 HISTOIRE DU COUVENT DES CARMELITES 

Grollé de- Vmrille, avant pris l'habit en ce monastère, le 7 août i78S, âgée de 
22 ans, a fait sa profession... entre les mains de U R. Mère Jeanne Sasune 
de Sainte Agnes, prieure .. 

119. — Le 17 septembre 1727, entre 10 et 11 heoies dn matin, dans IImt- 
mitage de Notre Sainte Mère Terese, Sœur Françoise Ajmée de Jcas, 
nommée an monde Françoise Da Bois, natiTe de Lyon, fiUe de M. Pierre De 
Bois, et de Madame Jeanne Felis, marchands boorgeou de cette Tille, ejaat 
pris lliabit en ce monastère, le 15 septembre 1726, âgée de 21 ans, a fiût sa 
profession... entre les mains de la R. Mère Jeanne Sosanne de Sainte Agnès, 
prieure. .. 

120. — Le 26 octobre 1727, entre 10 et 11 heures dn matin, dans rbcrmi- 
tage de Notre Sainte Mère Terese, Sœur Oentilde « FéUdtê de Saint François, 
natire de Mootelimar, nommée an monde Marie Françotie f?i*«iiTf^ ^ 
Moreton de Pooes de Chabrillant, fille de Monsieur Antoine de Moieloo, 
marquis de Chabrillant, lieutenant de Roy des proTinoes de Daaphioé, et de 
Madame Antoinette de Grolez* de VînriJle, ayant pris l'habit en ce monas- 
tère, le 24 octobre 1726, âgée d'environ 20 ans, a iait sa profession., entre 
les mains de la R. Mère Jeanne Sosanne de Sainte Agnes, prieore... 

121 — Le 16 décembre 1727, entre 10 et 11 heures dn matin, dans Pher- 
mitage de Notre Sainte Mère Terese, Sœur Terese Clémence de Jésus, natre 
de Lyon, nommée au monde Clémence Margaron, fille de Monsieur Oaqiart 
Margaron et de demoiselle Marie Blanchet, boui^eois de Lyon, ayant prit 
rhabit en ce monastère, le 14 décembre 1726, âgée d'environ 20 [ans^ a âdt si 
profession... entre les mains de laR. Mère Jeanne Susanne de Sainte Agnes, 
prieure... 

122. — Le 10 octobre 1731, â 10 heures dn matin, dans lliermilage de 
Notre Sainte Mère Marie Terese, Soeur Marie Angélique de J. Christ, 
nommée au monde Marie Angélique Alligot, fille de M. Jean AlligoC et de 
demoiselle Elisabeth Cberrio, marchands toiliers de cette ville, ayant pris 
l'habit en ce monastère, le 8 octobre 1730, âgée d'environ 21 ans, y a lait 
sa profession..... entre les mains de la R. Mère Elisabeth Rosalie, prieure 

123. — Le 29 novembre 1732, â 10 heures dn matin, dans Thermitage de 
Notre Sainte Mère Thérèse, Sœur Catherine Terese Magdeleine de ^aiot- 
Joseph, nommée au monde Terese Bourlier, Aile de noble Ph<lippe Bonrlier, 
trésorier de France, et de dame Marie Anne Messier, ayant pris lliabit en 
ce monastère, le 27 novembre 1731, âgée de 16 ans et 3 mois, y a fiut si 
profession entre les mains de la R. Mère Elisabeth Rosalie, prieure, 

124. — Le 19 janvier 1733, à 10 heures du matin, dans Thermitage de 
Notre Sainte Mère Terese, Sœur Benoiste de Sainte Marthe, Sœur du voile 
blanc, nommée au monde Beuoitte Av.usse. native de Saint Didier dans le 
Mont d'Or près de Lyon, fille de Pierre Avousse et de Françoise Bariel. habi- 
tants dudit Saint Didier, ayant pris Thabit en ce monastère, le 17 janvier 1732. 

âgée d'environ ^an<:, y a fait sa profession entre les mains de la R.Mére 

Elisabeth Roi^alie, j rieure 

125. — Le 18 mai 1733, à 10 heures du matin, dans Thermitage de Notre 
Sainte Mère Terese, Sœir Reine Geneviève de Sainte Terese, nommée au 



1 Clotilde. 
? (irollé. 



DE NOTRE-DAME DE LA COMPASSION 313 

monde Reine Agniel, native de cette ville, fille de noble Pierre Agniel, ex- 
consul de la ville, et de dame Geneviève Ghomay, ayant pris Thabit en ce 
monastère, le 16 mai 1732, âgée de 17 ans moins 2 mois, y a fait sa profes- 
sion entre les mains de la R. Mère Elisabeth Rosalie, prieure 

126. — Le 29 septembre 1733, à 10 heures du matin, dans Thermitage de 
Notre Sainte Mère Terese, Sœur Claude Marie de Sainte Terese de Jesu9, 
nommée au monde Claudine du Villars de Satonnet, fille de feu noble Charles 
Michel de Villars, baron de Satonnet, seigneur du Villars, etc. et de dame 
Anne Palairon, ayant pris Thabit en ce monastère, le 27 septembre 1732, 

âgée d*eBviron 20 ans, y a fait sa profession entre les mains de la R.Mére 

Elisabeth Rosalie, prieure. ...' 

127* — Le 22 août 1737, à 10 heures du matin, au chapitre de ce monas- 
tère. Sœur Jeanne Elisabeth Terese du Saint Esprit, nommée au monde 
Elisabeth Chirat, fille de Monsieur Jean Claude Chirat, marchand bourgeois 
de cette ville, et de dame Benoite Esparron, ayant pris Thabit en ce monas- 
tère, le 20 août 1736, âgée de près de 20 ans, y a fait sa profession entre 

les mains de la R. Mère Jeanne Susanne de Sainte Agnès, prieure 

128. — Le i septembre 1738, à 9 heures du matin. Sœur Marie Catherine 
de TAscension, nomAaée au monde Catherine de La Colonge, fille de feu 
M. Alexandre de La Colonge, fondeur de caractères, et de la demoiselle 
Marie Payraud, ayant pris fhabit dans ce monastère, le 30 août 1737, âgée 

de 22 ans, y a fait sa profession entre les mains de la R. Mère Elisabeth 

Rosalie de Saint Alexis 

129. — Le 25 mai 1741, â 9 heures du matin. Sœur Marie Barbe de la 
Conception, nommée au monde Barbe Gillier, fille de M. Pierre Qillier, 
passementier de la ville de Lyon, et de demoiselle Antoinette Fornan, ayant 
pris rhabit en ce monastère, le 23 mai 1740, âgée de 19 ans et 6 mois, a 

fait sa profession entre les mains de la R. Mère Elisabeth Rosalie de 

Saint Alexis, prieure 

130. — Le 2Ô septembre 1741, â 10 heures du matin. Sœur Marie Anne 
du Saint Sacrement, nommée au monde Marie Anne Deschamps, fille de 
M. Jean Baptiste Deschamps et de demoiselle Lorence Escomel, marchands 
bourgeois de cette ville, ayant pris Thabit dans ce monastère, le 24 sep- 
tembre 1740, âgée de 24 ans et quelques mois, y a fait sa profession au 

chapitre, entre les mains de la K. Mère Elisabeth Rosalie de Saint Alexis, 
prieure.. .. 

131. — Le 29 avril 1742, à 9 heures du matin, au chapitre. Sœur Mar- 
guerite des Anges, nommée au monde Marguerite Coilomb, fille de M.Hugues 
Collomb, marchand de soie et habitant de cette ville, et de demoiselle Ga- 
brielle Thérèse de Golt, ayant pris Thabit dans ce monastère, le 27 avril 1741, 

âgée de 21 ans et 3 mois, y a fait sa profession entre les mains de la 

R. Mère Elisabeth Rosalie de Saint Alexis, prieure. ... 

132. — Le 9 septembre 1742, à 10 heures du matin, au chapitre, Sœur 
Marguerite des Saints Anges, nommée au monde Marguerite Peronnet, fille 
de sieur Louis Perounet, bourgeois de Dampierre de Chalamont en Bresse, 
et de demoiselle Anne de Lacua, ayant pris Thabit dans ce monastère, le 

7 septembre 1741, âgée de 21 ans et 2 mois, y a fait sa profession entre 

les mains de R. Mère Elisabeth Rosalie de Saint Alexis 

133. — Le 24 juillet 1743, â 10 heures du matin, au chapitre, Sœur Marie 



314 HISTOIRE DU COUVENT DES CARMELITES 

Claudine de Saint Joseph, nommée ou monde Claudine du Noyer, fiile de 
Marc Antoine du Noyer, maître boulanger en cette ville, et de Marie Clau- 
dine Chaumont, ayant pris Thaï il dans ce monastère, le 19 juillet 1742,àgêe 

de 21 ans et 2 mois, y a fait sa profession entre les mains de la R. Mère 

Elisabeth Rosalie de Saint Alexis, prieure 

134. — Le 10 décembre 1744, à 10 heures du matin, au chapiti^ de es 
monastère. Sœur Marie Philiberle Scolastique, nommée an monde PbilibcHe 
Gros, fille du sieur Jean Gros, marchand de cette ville, de la paroisse de 
Saint Pierre, et de demoiselle Emerentiennc Sarmesse, ayant pris l*habit daat 
ce monastère, le 8 décembre 1743, âgée de 17 ans et 6 mois, a fait sa profes- 
sion entre les mains de la R. Mère Marie Constance de Jésus, prieure..... 

135. — Le 8 septembre 1745, à 10 heures du matin, au chapitre de oe 
monastère, Sœur Marie Anne Constance de la Sainte Trinité, nommée aa 
monde Marie AnneMoline, fille du sieur Michel Moline, marchand bourgeois 
de cette ville, de la paroisse de Saint Nizier,et de demoiselle Michelle Aubeit, 
ayant pris Thabit dans ce monastère, le 6 septembre 1744, âgée de 19 soi 
et demi, a fait sa profession entre les mains de la R. Mère Marie Cons- 
tance de Jésus, prieure 

136. — Le 4 décembre 1746, à 10 heures du matin. Sœur Anne Marie 
Terese de Jésus, nommée au monde Marie Anne Imbert, fille de Monsieur 
René Imbert, négociant et bourgeois de ceîte ville, et de dame Françoise 
Loubri, ayant pris Thabit dans ce monastère, le 2 décembre 1745, âgée de 

18 ans et 6 mois, a fait sa profession entre les mains de la R. Mère Marie 

Constance de Jésus, prieure 

137. — Le 2 août (1747), à 9 heures du matin. Sœur Marie Claire dn 
Saint Sacrement, nommée au monde Claire de Vaulx, fille de Monsieur Simoa 
de Vaulx et de dame Elisabeth Beurnes, marchands bourgeois de celte ville, 
ayant pris Thabit, âgée de 18 ans, dans ce monastère, le 31 juillet 1746, 

a fait sa profession entre les mains de la R. Mère Marie Constance de 

JesQS, prieure 

138. — Le 4 octobre 1747, à 10 heures du niatiu, au chapitre de ce mo- 
nastère. Sœur Marie Françoise de TEnfant Jebus, nommée au monde Marie 
Françoise Vingtain, fille de feu Monsieur Claude Françoia Vingtain, marchand 
drapier de cette ville, et de dame Fleurie Heangent, ayant pris Thabit dans 
ce monastère, le 2 octobre 1746, âgée de 21 ans et 9 mois, a fait sa profes- 
sion entre les mains de la II. Mère Marie Coa&tance de Jésus, prieure 

139. — Le 2 mai 1748, à 9 heures du m itin, au cliapitre de ce monastère. 
Sœur Marie Angélique du Sacré Cœur de Jésus, nommée au monde Marie 
Bruiar, fille du sieur Pierre Bruiar, mai'.re serrurier de celte ville, et de 
dame Jeanne Marmen, ayant pris Tha-it dans ce monastère, le 30 avril 1747, 

âgée de 20 ans moins 2 mois, y u l'ait sa prot'essiou entre les ma.ns de 

la R. Mère Marie Constance, de Jésus, prieure 

140. — Le 8 septembre 1746, entre 9 et 10 heures du matin, au chapitre 
de ce monastère, Sœur Marie Rose du ïiaint Sacrement, nommée au monde 
Rose Bais, tille de Monsieur René Bais escuyer, et de dame Anne Flachat, 
ayant pris Thabil dans ce monustcre, le 6 septembre 1747, âgée de 19 ans 

et Z mois et demi, a fait sa profession entre les mains de la R. Mère 

Marie Constance de Jésus, prieure 

141. ~ Le 14 novembre 174S, entre 9 et 10 heures du matin, au chapitre 



DE NOTRE-DAME DE LA COMPASSION 315 

de ce monastère. Sœur Marie Anne Charlotte Terese Ëufrasie i du Sacré Cœur 
de JesuSy nommée au monde Marie Anne Charlotte du Bec, fille de Mon- 
sieur Thomas François du Bec, chevalier, seigneur de la Veironiére, Saint 
Silvestre et La Côte, et de dame Elisabeth Philipon, ayant pris Thabit dans 

ce monastère, le 12 novembre 1747, âgée de 21 ans, a fait sa profession 

entre les mains de la R. Mère Marie Constance de Jésus, prieure 

142. — Le 28 avril 1749, à 10 heures du matin, au chapitre de ce monas • 
tére. Sœur Catherine Terese de Jésus, nommée au monde Catherine Fayet, 
fille de Monsieur Jean François Fayet, négociant, bourgeois de cette ville, 
et de dameCladine Hermet, ayant pris Thabit dans ce monastère, le 24 avril 1748, 

âgée de 19 ans et 5 mois, a fait sa profession entre les mains de la R. Mère 

Marie Constance de Jésus, prieure 

143. — Le 7 mai 1750, entre 9 et 10 heures du matin, au chapitre de ce 
monastère. Sœur Jeanne Marie Terese de Jésus, nommée au monde Jeanne 
Marie Froment, fille de feu sieur Pierre Froment, marchand commissionnaire 
de cette ville, et de dame Susanne Archirabaud, ayant pris Thabit dans ce 
monastère, le 5 mai 1749, âgée de 24 ans et 6 mois, a fait sa profession..... 
entre les mains de la R. Mère Terese de Jésus, prieure 

144. — Le 12 janvier 1755, à 10 heures du matin, au chapitre de ce mo- 
nastère. Sœur Marie Marguerite de Jésus, nommée au monde Marguerite 
Bourg, fille de Monsieur Jérôme Bourg, marchand épicier à Saint Chamond 
en Lyonnais, et de dame Charlotte Popule, ayant pris Thabit en ce monastère, 

le la janvier 1754, âgée d^environ 22 ans, a fait sa profession entre les 

mains de la R. Mère Lucie Terese de Jésus, prieure 

145. — Le 11 septembre 1755, à 9 heures du matin, au chapitre de ce 
monastère. Sœur Marie Antoinette Aimé de Jésus, nommée au monde Marie 
Antoinette Simon, fille de feu Monsieur Antoine Simon, marchand commis • 
sionnaire de cette ville, et de dame Jeanne Dubois, ayant pris Thabit en ce 
monastère, le 9 septembre 1754, âgée de 21 ans,a fait sa profession...., entre 
les mains de la R. Mère Lucie Thérèse de Jésus, prieure 

146. — Le 15 août 1756, â 9 heures du matin, au chapitre de ce monas- 
tère, Sœur Mar.e Catherine de Sainte Terese, nommée au monde Catherine 
Chalmette, fille de Monsieur Jean Chalmette, uiarchaud bourgeois de celte 
ville, et de dame Anne Rose, ayant pris Thabit en ce monastère, le 12 août 1755, 

âgée de 18 ans et 8 mois, a fait sa profession entre les mains de la R.Mèrc 

Marie Constance de Jésus, prieure..... 

147. — Le 29 octobre 1757, â 10 heures du matin, au chapitre de ce 
monastère. Sœur Jeanne Marie de Saint Joseph, nommée au monde Jeanne 
Qoutelle, fille de Monsieur Jean Goutelle, négociant do cette ville, et de 
dame Marie Bissardon, ayant pris Thabit en ce monastère, le 27 octobre 1756, 

âgée de 24 an«, a fait sa profession entre les mains de la R. Mère Marie 

Constance de Jésus, prieure 

148. — Le 24 août 1759, â 9 heures du matin, au chapitre de ce monastère. 
Sœur Marie Catherine des Séraphins, nommée au monde Catherine Chaland, 
fille de Monsieur Léonard Chaland, marchand à Saint Julien en Jaret, et de 
dame Julienne Pleny, ayant pris l'habit en ce monastère, le 22 août 1758, 



i Buphrasie 



316 HJSTOIRE DU COUVENT DES CARMÉLITES 

âgée de 29 ans et 10 mois moins 5 jours, a fait sa profession entra lei 

mains de la R. Mère Marie Constance de Jésus, prieure..... 

149. — Le 29 mars 1760, à 10 heures du matin, au chapitre dece mona»- 
tère, Sœur Marie Françoise Lucie de Jésus, conrerse, nommée au mondi 
Françoise Bruyars », fille de Monsieur Pierre Bruyars, maître serrarier de 
cette ville, et de dame Jeanne Marmand, ayant pris Thabit dans ce monastéK, 

le 27 mars 1759, âgée de 28 ans et 9 mois, a fait sa profession entre 1« 

mains de la R. Mère Marie Constance de Jesu», prieure... . 

150. — Le 6 septemhi-e 1760, â 9 heures du matin, au chapitre de ee 
monastère. Sœur Marie Joseph de Saint André, nommmée au monde Marie 
Joseph Andrée Yon de Jonage, fille de Messire Jacques Claude Yon, Che- 
valier, ancien seigneur de Jonage, conseiller en la cour des monnoyes, léiiê- 
chaussée et presidial de Lyon, et de dame Marguerite Arthaud, ayant prii 
rhabit en ce monastère, le 4 septembre 1759, âgée de 21 ans et demi, a lait a 

profession entre les mains de la R. Mère Marie Constance de Jesoi, 

prieure 

151. — Le 27 octobre 1760, à 10 heures du matin, au chapitre de ce mo- 
nastère, Sœtir Marie Julienne de Jésus, nommée au monde Julienne Chaland, 
fille de Monsieur Antoine Chaland, marchand de soie â Saint Ghamond en 
Lyonnais, et de dame Marguerite Bouché, ayant pris Phabit le 25 octobre 1759, 
âgée de 32 ans et 2 mois, a fait sa profession. ... entre les mains de la R.lfère 
Marie Constance de Jésus, prieure 

152. — Le 18 septembre 1761, â 10 heures du matin, au chapitre de ce 
monastère. Sœur Marie Anne de Jésus, nommée au monde Marie Anne 
Beraud, fille de Messire Etienne Beraud, conseiller du Roy au baillage et 
siège presidial de Bourg en Bresse, et de dame Marguerite Gavand, ayant 
pris rhabit en ce monastère, le 16 septembre 1760, âgée de 19 ans et 1 mois, 
a fait sa profession entre les mains de la R. Mère Marie Constance de Jesos, 
prieure 

153. — Le 15 janvier 1763, à 10 heures du matin, au chapitre de ce mo- 
nastère. Sœur Marie Anne Madeleine de la Croix, nommée au monde Anne 
Vial, fille de Monsieur Charles Vial, négociant dans cette ville, et de dame 
Jeanne Marie Rosier, ayant pris Thabit en ce monastère, le 13 janvier 1762, 

âgée de 29 ans et 5 mois, a fait sa profession entre les mains de la R.Mére 

Clotilde Félicité de Saint François, prieure.... 

154. — Le 16 avril 1764, à 10 heures du matin, au chapitre de ce monas- 
tère. Sœur Marie Catherine Félicité de Jésus, nommée au monde Catherine 
Faure, fille de Monsieur Pierre Faure, négociant de cette ville, et de dame Mar- 
guerite Duraont, ayant pris l'habit en ce monastère, le 14 avril 1763, âgée 
de 19 ans et 1 mois, a fait sa profession.... entre les mains de la R. Mère 
Clotilde Félicité de Saint François, i»rieure 

155. — Le 14 janvier 1765, â 10 heures du matin, au chapitre de ce mo- 
nastère. Sœur Jeanne Henriette du Cœur de Marie, nommée au monde Jeanne 
Richon, fille de Monsieur Vincent Richou, marchand de cette ville, et de 
dame Anne Buisson, ayant pris Thabit en ce monastère, le 12 janvier 1764, 

ù^^ée de 17 ans et 7 mois, a fait sa profession entre les mains de la 

U. Mère Clotilde Félicité de Saint François, prieure 

1 Four Bruyas. 



DE NOTRE-DAME DE LA COMPASSION 317 

156. — Le 15 août 1766, à 9 heures du matin, au chapitre de ce monas- 
tère, Sœur Jeanne Marie Aimée de Jésus, nommée au monde Jeanne Marie 
Peillon, fille de Monsieur Pierre Peillon, négociant de cette yille de Lyon, 
paroisse de Saint Nizier, et de dame Marie Anne Emerie, ayant pris l'habit 
en ce monastère, le 13 août 1765, Agée de 19 ans et 11 mois, a fait sa profes- 
sion entre les mains de la R. Mère Marie Constance de Jésus, prieure 

157. — Le vendredi 8 mai 1767, à 9 heures du, matin, au chapitre de ce 
monastère. Sœur Eleonor Marie de Jésus, nommée au monde Eleonor Yial, 
fille de Monsieur Antoine Yial, marchand de cette Tille, paroisse de Saint 
Nizier^ et de dame Blanche Rougier, ayant pris l'habit en ce monastère, le 

5 mai 1766, âgée de 23 ans et 3 mois, a fait sa profession entre les mains 

de la R. Mère Marie Constance de Jésus, prieure 

158. — Le 4 juin 1768, à 8 heures du matin, au chapitre de ce monas- 
tère. Sœur Marie Anne Thérèse de Saint Albert, nommée au monde Marie 
Anne Deyille, fille de Monsieur Roc Deville, bourgeois de cette yille, et de 
dame Marguerite Agniel, ayant pris Thabit en ce monastère, le 2 juin 1767, 

Agée de 19 ans et 3 mois, a fait sa profession entre les mains de la R. 

Mère Marie Constance de Jésus, prieure 

159. — Le 8 septembre 1769, à 9 heures du matin, au chapitre de ce mo- 
nastère, Sœur Marie Marguerite Pauline du Saint Sacrement, nommée au 
monde Marguerite Moynier, fille de M. Joseph Moynier, bourgeois de cette 
ville, et de dame Anne Jonquet, ayant pris l'hibit en ce monastère, le 6 sep- 
tembre 1768, âgée de 24 ans et 9 mois, a fait sa profession entre les mains 

de la R. Mère Marie Constance de Jésus, prieure 

160. — Le 15 août 1771, à 9 heures du matin, au chapitre de ce monas 
tère. Sœur Marie Emerancienne de Saint Michel, nommée au monde Eme- 
rancienne Richon, fille de feu sieur Vincent Richon, marchand de cette ville 
et de dame Anne Buisson, ayant pris Thabit en ce monastère, le 13 août 1770, 

âgée de 17 ans et 17 jours, a fait sa profession entre les mains de la 

R. Mère Madeleine Thérèse de Saint Joseph, prieure 

161. — Le 6 mai 1772, à 9 heures du matin, au chapitre de ce monastère, 
Sœur Claudine Thérèse de Jésus de Saint Joseph, nommée au monde Claudine 
Valin, fille de Monsieur Pierre Valin, bourgeois de Monibrison, et de dame 
Françoise Chirat, remariée en seconde noce à Monsieur de Lanoirie, écuyer, 
a pris l'habit en ce monastère^ le 16 avril 1771, âgée de 24 ans et 5 mois, a 
fait sa profession... entre les mains delà R. Mère Madeleine Thérèse de 
Saint Joseph, prieure.. 

162. — Le 3 juillet 1773, à 9 heures du matin, au chapitre de ce monas" 
tère, Sœur Jeanne Marie Thérèse Madeleine de Saint Joseph, nommée au 
monde Jeanne Marie Duculty, fille de feu Monsieur Ducully, marchand à 
Saint Chamond, et de dame Marie Aune Croisie, a pris Thabit en ce monas* 
tère, le l''' juillet 1772, âgée de 23 ans et demi, a fait sa profession.*, entre 
les mains de la R. Mère Madeleine Thérèse de Saint Joseph, prieure... 

163. — • Le 2 août 1774, à 9 heures du matin, au chapitre de ce monastère. 
Sœur Marie Anne Thérèse de Jésus, nommée Marie Goullard, fille de Mon- 
sieur Antoine Goullard, négociant de cette ville, et de dame Marguerite 
Devaulx, a pris Thabit en ce monastère, le 29 juillet 1773, âgée de 23 ans 
et 8 mois, a fait sa profession... entre les mains de la R. Mère Madeleine 
Thérèse de Saint Joseph, prieure... 



318 HlSTuIRE DU COUVENT DES CARMELITES 

164. — Le 7 août 1774, a 9 heures du malin, au chapitre de ce monastère, 
Sœur Marie Lucie Joseph de Saint François de Sales Thérèse du Sacré Cœur 
nommée au monde Marie Lucie, fille de Monsieur Jacques Joseph de Mayol, 
de cette ville, seij^^neur de Lupé, et de dame Marguerite Paleme, a pris 
rhabiten ce monastère, le 5 août 1773, âgée de 19 ans et 11 mois, a fait sa 
profession... entre les mains de la R. Mère Madeleine Thérèse de Saint Joseph, 
prieure... 

165. — Le 24 Juillet 1777, à 9 heures du matin,au chapitre de demoaas- 
tére, Sœur Marie Jacqueline Marthe de l'Enfant Jésus, nommée au monde 
Marie Jacqueline Pinet, fille de feu sieur Benoit Pinet, habitant de Saint 
Didier, et de dame Françoise Bergeon, ayant pris Thabit en ce monastère, 
le 22 juillet 177Ô, âgée de 27 ans et 8 mois, a fait sa profession... entre les 
mains de la R. Mère Jeanne Elisabeth Thérèse du Saint Esprit, prieure... 

166. — Le l«r novembre 1778, à 10 heures du matin, au chapitre de <e 
monastère, Sœur Jeanne André Elisaibeth de Saint Henri, nommée au monde 
Jeanne Andrée Herque, fille de feu sieur Michel Herque, négociant de cette 
ville, et de dame Jeanne Charpin, ayant pris l'habit en ce monastère, le 
30 octobre 1777, âgée de 25 ans et 3 mois, a fait sa profession... entre les 
mains de la R. Mère Jeanne Elisabeth du Saint Esprit prieure... 

167. — Le 8 décembre 1780, à 10 heures du matin, au chapitre de ce mo- 
nastère. Sœur Marie Susanne Terese du Saint Esprit, nommée au monde 
Susanne Clément, fille de feu sieur Jean Baptiste Paul Clément, négociant 
de cette ville de Lyon, et de dame Catherine Perrin« ayant pris l'habit en ce 
monastère, le 6 décembre 1779, âgée de 22 ans et 3 mois, a fait aa profes- 
sion... entre les mains de la R. Mère Jeanne Elisabeth Thérèse du Saint Elsprit, 
prieure... 

168. — Le 1*' novembre 1781, à 10 heures du malin, au chapitre de ce 
monastère. Sœur Françoise de Saint Joseph Thérèse de Marie Jésus, nommée 
au monde Marie Frauçoise de Borssa>, fille de messire Jacob, Marie de 
Borssa, écuyer, seii^'neur de la Perouse,de Montraçol et de La Tour de Challes, 
à Bourg en Bresse, paroisse de Notre Dame, et de Madame Claudine Tardj 
de La Perouse, ayant pris Thablt en ce monastère, le 3v) octobre 178'), âgée 
de 20 ans et 1 mois, a fait sa profession... entre les mains de la R. Mère 
Jeanne Klisabeth Thérèse du i^aint Esprit, prieure... 

169. — Le 13 juin 1782, à 9 heures du matin, au chapitre de ce monastère, 
Sœur converse Tienelte^ Marie de riuc^rnation, nommée au monde Tiennetle 
Chambry, fille de sieur Chambry et de dame Martin Goutenoire, habitants 
delà paroisse de Soucieux 3, ayant pris l'habit en ce monastère, le 11 juin 1181, 
âgée de 23 ans et 3 mois et demi, a lait sa profession... entre les mains de 
la R. Mère Jeanne Elisabeth Thérèse du Saint Esprit, prieure... 

170. — Le 14 avril 1783, à 10 heures du matin, au chapitre de ce monas- 
tère, Sœur Marie Mairdeleine Victoire de Jésus, nommée au monde Magde- 
leine Victoire La Sausse, lille de messire Pierre La Sausse, écuyer, secré- 
taire du Roy, et de (i:ime Barbe Vincent, ayant pris l'habit en ce monastère, 
le 11 avril 1782, àgee de 21 ans et 9 mois, a fait sa profession... entre les 
mains de la R. Mère Madeleine Thérèse de Saint Joseph, prieure. . 

1 Françoise de Dorssat ou Borsat. 

2 Fli.-nnelte. 
8 Soucieu. 



DE NOTRE-DAMK DE LA COMPASSION 319 

171. — Le 17 mai 1787, à 9 heures du matin, au chapitre de ce monastère, 
Sœur converse Fleurie Marie Anne de Saint Barthélémy, nommée au monde 
Fleurie Buisson, fille de sieur Anselme Buisson, habitant de la paroisse de 
Sayigny en Lyonnais, et de dame Marie Saint Lagé, ayant pris Thahit dans 
ce monastère, le 15 mai 178!), âgée de 21 ans et 8 jours, la R. Mère Made- 
leine de Saint Joseph étant prieure, a fait sa profession... entre It's mains de 
la R. Mère Marie Claire du Saint Sacrement, prieure... 

172. — Le 13 octobre 1787, h 9 heures du matin, au chapitre de ce mo- 
nastère. Sœur Louise Thérèse de Saint Joseph, nommée dans le monde 
Louise Rossary, fille du sieur François Rossary, négociant à Saint Chamond, 
paroisse Notre Dame, et de dame Jeanne du Culty son épouse, ayant pris 
l'habit dans ce monastère, le 10 octobre 1786, â^^ée de 29 ans, la R. Mère 
Thérèse Madeleine de Saint Joseph étant prieure, a fait sa profession... 
entre les mains de la R. Mère Marie Claire du Saint Sacrement, prieure. 



SŒURS TOURIERES 

Benoite Robert, reçue le 2 novembre 1621. 
Antoinette Villemail, reçue le 15 août 1630. 
Marie Larohet, reçue le 4 septembre 1630. 
Pemette Berthoulol, reçue le 16 juillet 16^6. 
Antoinette du Mont, reçue le 1" janvier 166^. 
Antoinette Micher,reçue le 16 juillet 1679. 
Benoite Robert, reçue le 2 novembre 1681. 
Marguerite S&int Jean, reçue le 17 mai 1684. 
Françoise Saint Jean, reçue le 19 juin 1690. 
Marianne Humbert, reçue le 8 juillet 1707. 
Antoinette Bachelu, reçue le 6 avril 1731. 

Sophie Ursule Lozier, d'Ambournay en Bugey, reçue le 8 août 1749. 
Benoite Piot, de là paroisse de Saiiàt Nizier à Lyon, reçue le 16 mars 1768 
Claudine Bony,natiye de la paroisse de Grigny en Lyonnais, reçue le 20 sep- 
tembre 1789 



PROFESSIONS 

DKPUIS LS RÉTABLI8SBMBNT DU MONASTiRB LB 6 JANYIBR 1815 



1. — Le 8 septembre 1816, au chapitre de ce moDastére, Sœur Madeleine 
Marie Joséphine Nepple, native de Montluel (Àin), ûlle de Monsieur Mathieu 
Nepple, avocat au parlement, et de dame Marie Madeleine Verdat de La* 
grange, ayant pris Thabit en ce monastère, le 6 septembre 1815, Agée de 
33 ans et 3 mois, a fait sa profession entre les mains de la R. Mère Marie 
Thérèse de Saint Albert, prieure. 

2. — Le 8 septembre 1816, au chapitre de ce monastère. Sœur converse 
Françoise Claudine Marie de Sainte Thérèse Maçon, fille de Claude Maçon, 
habitant de la paroisse de Saint Germain au Mont d'Or (Rhône), et de Jeanne 
Angéli<iue Sébastier, ayant pris Thabit en ce monastère, en qualité de converse, 
le 6 septembre 1815. âgée de 23 ans et 7 mois, a fait sa profession entre les 
maint de la R. Mère Marie Thérèse de Saint Albert, prieure. 

3. — La 14 octobre 1816, au chapitre de ce monastère, Sœur Aimée 
Françoise Colombier, née le 19 février 1782, fille de François Colombier, 
receveur des impositions de la commune de Loire (Rhône), et de Marie Privât, 
ayant pris Thabit en ce monastère, le 6 septembre 1815, âgée de 33 ans et 
1 mois, a fait sa profession entre les mains de la R. Mère Marie Thérèse 
de Saint Albert, prieure. 

4. — Le 8 mai 1817, au chapitre de ce monastère. Sœur Barbe Anne de 
Jésus Vanel, fille de Monsieur Louis Vanel, notaire à Montluel, et de Louise 
Pèche, ayant pris l'habit en ce monastère, le 23 avril 1816, âgée de 26 ans 
et 2 mois, a taii sa profession entre les mains de la R. Mère Marie Thérèse 
de Saint Albert, prieures 

5. — Le 14 juillet 1817, au chapitre de ce monastère. Sœur Marie Anne 

21 



3^ HISTOIRE DU COUVENT DES CARMELITES 

Julie Pompia, née à Montluel le 21 décembre 1795, fille de Jean Pompia, 
fabricant d'huiles, et de Claudine Cbarlay, ayant pris Thabit en ce monai- 
tére, le 16 mai 1816, âgée de 20 ans et 5 mois, a fait sa profession entre la 
maios de la R. Mère Marie Thérèse de Saint Albert, prieure» 

6. — Le 18 septembre 1818, au chapitre de ce monastère. Sœur Madeleioe 
Marie Thérèse Guilioux, fille de Jacques Onilloux, tourneur pour les méca- 
niques de guimpiers,et de Catherine Maillot, habitants la paroisse Saint Nixier 
à Lyon, ayant pris Thabit en ce monastère, le 5 juin 1817, âgée de 24 tas 
et 6 mois, a fait sa profession entre les mains de la R. Mère Marie Thérèie 
de Saint Albert, prieure. 

7. — Le 29 septembre 1818, au chapitre de ce monastère, Sœnr Félicité 
Marie de Saint Joseph Torpault. née le l«r avril 1792 à Cholet (Vendée), fille 
de René Turpault, négociant audit Cholet, et de Pierrette Potié, ajant pris 
Thabit en ce monastère, le 20 septembre 1817, a fait sa profession entre les 
mains de la R. Mère îlarie Thérèse de Saint Albert, prieure. 

8. — Le 22 mai 1820, au chapitre de ce monastère, Sœur conTerae Marie 
Angélique de Saint Jean de la Croix Maçon, née le 23 février 1796, fille de 
Jean Claude Mac«n, cultivateur à Saint Germain au Mont dX)r (Rhône), et 
de Jeanne Angélique Sebastier, ayant pris Thabit en ce monastère, en qualité 
de sœur converse, le 20 mai 1819, âgée de 23 ans et 3 mois, a fait sa profes- 
sion entre les mains de la R. Mère Marie Thérèse de Saint Albert, prieure. 

9. — Le 10 février 1821, au chapitre de ce monastère. Sœur Madeleine de 
Jésus Boissons, née le 24 avril 1797, fille de Claude Boissona, négociant i 
Lyon, et de Benoite Germain, ayant pris Thabit en ce monastère, le 8 fé- 
vrier 1820, Agée de 23 ans, a fait sa profession entre les mains de la R. Mère 
Marie Thérèse de Saint Albert, prieure. 

10. — Le 16 mars 1822, au chapitre de ce monastère, Sœur Jeanne Marie 
de Saint Antoine Valantin, née le 22 novembre 1787, fille de Jean Batiste 
Mollet dit Valantin, commerçant à Lyon, et de Marie Obriet, ayant pris Tbabît 
en ce monastère, le 14 mars 1820, Agée de 32 ans et 4 mois, a fait sa protesioD 
entre les mains de la R. Mère Marie Thérèse de Saint Albert, prieure. 

11. — Le 25 mars 1824, au chapitre de ce monastère. Sœur Catherine 
Joséphine Marie de Jésus des Anges Parrayon, née le 12 février 1800, à Lyoo 
sur la paroisse de Saint Nizier, fille de Joseph Parrayon, orfèvre, et de Marie 
Antoinette Granjon, ayant pris Thabit en ce monastère, le 8 janvier 1823, 
Agée de 22 ans et 11 mois, a fait sa profession entre les mains de la R.Mère 
Marie de Jésus, prieure. 

12. — Le 12 mai 1825, au chapitre de ce monastère. Sœur Virginie Marie 
de la Conception Pain.uée à Paris le 3 juin 1796,611e de Jean François Paio, 
négociant à Roanne, et de Félicité Jaquier, ayant pris Thabitence monastère, 
le 4 décembre 18*^3, âgée de 27 ans et 6 mois, a fait sa profession entre les 
mains de l.i R. Mère Marie de Jésus, prieure. 

13. — Le 17 janvier 1828, au chapitre de ce monastère, Soswr converse 
Marie Françoise EleonarJ Maréchal, née le 20 mai 1798, fille de Claude 
Joseph Maréchal, cultivateur à Marsenay, et de Jeanne Janey, ayant pris 
Thabiten ce monastère, en qualité de sœur converse, le 20 octobre 1825, 
âgée de '/l ans et 5 mois, a fait sa profession entre les mains de la R. Mère 
Marie de Jésus, prieure. • 

14. — Le 8 février 1828, au chapitre de ce monastère, Sœur Pauline Marie 



OE NOTRE-DAME DE LA COMPASSION 3S3 

Théràse de Jésas, née le 7 octobre 1808, fUle de Gaspard Ghareyron, négo- 
ciant à Montélimar, et de dame Victoire Péliasier, ayant pris Phabit en ce 
monastère, le 5 octobre 1826, Agée de 18 ans, a fait sa profession entre les 
mains de la R. Mère Marie de Jésus, prieure. 

15. — Le 6 janTier 1829, à 10 heures du matin, au chapitre de ce monas- 
tère. Sœur Benoite Marie Elisabeth Maniquet, née le 21 octobre 1802, fille 
de Nicolas Maniquet et de Catherine Pocachard, habitants de Saint Laurent 
d*Agny, ayant pris l'habit en ce monastère, le 3 janvier 1828, Agée de 25 ans 
et 2 mois, a fait sa profession entre les mains de la R. Mère Marie Thérèse, 
prieure. 

16. — Le 2 février 18S0, à 10 heure du matin, au chapitre de ce monas- 
tère. Soeur Anne Marie Thérèse Brirot, née le 14 septembre 1804, fille de 
Michel Brirot, teneur de livres à Lyon, et de Dame Louise Blanc, ayant pris 
lliabit en ce monastère, le 13 novembre 1828, âgée de 25 ans et 2 mois, a 
fait sa profession entre les mains de la R. Mère Marie Thérèse, prieure. 

17. — Le 3 mai 1830, à 9 heures du matin, au chapitre de ce monastère, 
ScBor Eléonore Anne de Jésus Petit Jean, née le 9 juin 1809, fille du sieur 
Benoit Petit Jean, propriétaire à Momant, et de Dame Pierrette Palandre, 
ayant pris Thabit en ce monastère, le 2 février 1829, Agée de 19 ans et 8 mois, 
a fait sa profession entre les mains de la R. Mère Marie Thérèse, prieure. 

18. — Le 25 mars 1831, A 10 heures du matin, au chapitre de ce monas- 
tère, Sœur Jeanne Marie Thérèse des Sacrés Cœurs Manon, née le 30 mai 1800, 
fille de Jean Marie Marion, cultivateur A Montagny (Ain), et de Marie Joseph 
Maurias, ayant pris lliabit en ce monastère, le 16 février 1830, Agée de 29 ans et 
9 mois, a fait sa profession entre les mains de la R. Mère Marie Thérèse, prieure. 

19. — Le 19 mars 1835, à 10 heures du matin, au chapitre de ce monas- 
tère. Sœur Lucrèce Antoinette Madeleine de Jésus Jaricot, née à Lyon, sur 
la paroisse Saint-Pierre, le l«r août 1799, fille de Philippe Jaricot, teneur de 
livres dans cette ville, et de Dame Jeanne Marie Virieux, ayant pris l*habit 
en ce monastère, le 30 décembre 1833, Agée de 34 ans et 5 mois, a fait sa pro- 
fession entre les mains de la R. Mère Marie Thérèse, prieure. 

20. — Le 16 avril 1837, A 9 heures du matin, au chapitre de ce monastère. 
Sœur Anne Marie Louise Vollet, née le 16 février 1817, à Chareconduit, 
hameau de Chatenoy le Royal, près Chalon sur Saône, fille de Nicolas Vallet, 
habitant de Chareconduit, et de Pierrette ToUet, ayant pris Thabit en ce 
monastère, le 17 février 1835, Agée de 18 ans, a fait sa profession entre les 
mains de la R. Mère Marie de Saint Joseph, prieure. 

21. — Le 11 mai 1837, A 9 heures du matin, au chapitre de ce monastère. 
Sœur Benoite Biarie de Saint Joseph Du tel, née A Saint Etienne le 5 no- 
vembre 1809, fille de Jean Dutel, boulanger, et de Dame Anne Bonnefoy, 
habitants dndit Saint Etienne,*ayaDt pris Thabit en ce monastère, le 3 mai 1836, 
Agée de 26 ans et 6 mois, a fait sa profession entre les mains de la R. Mère 
Marie de Saint Joseph, prieure. 

22. — Le 7 octobre 1838, A 10 heures du matin, au chapitre de ce monas- 
tère. Sœur Antoinette Marie Thérèse de Saint Joseph Saint-Cyr, née le 
6 mai 1818 A Beanjeu (Rhône), fille de Jean François Saint-Cyr, et de Dame 
Jeanne Aurey, habitants de Beaujeu, ayant pris Phabit en ce monastère, le 
27 avril 1837, Agée de 19 ans, a fait sa profession entre les mains de la R. 
Mère Marie de Saint Joseph, prieure. 



32A UISTOIRE DU COUVENT DES CARMELITES 

23. — Le ?4 septembre 1S39, à 10 heures do matin, au chapîire de cr 
monastère. Soeur Jeanne Marie Euphrasîe de Saint Joseph Jutiet, née à Vaa- 
gneraj (Rbônei, le 25 janvier 1811, fille de Jean Claude Joltet. cultivateur, 
et de Anne Roussel, avant pris Thaàit en ce monastère, le 18 avril 1838. âgée 
de 27 ans et 3 mois, a (ait sa profession entre les mains de la R. Hère Marie 
Thérèse, prieure. 

24. — Le 6 octobre 1839. i 10 heures du matin, au chapitre de ce monas- 
tère, :^œur Louise Antoinette Thérèse de Marie Lamarcbe, née le 10 juil- 
let 1818 à Saint Paul en Jaret, AUe de François Jacques Lamarche, oéfodaLt 
en H>ie, et de Dame Anne Marie Pierrette Mas, ajant pris lliabit en ce 
monastère, le 3 mai 1818. âgée de 19 ans et 10 mois, a fait sa profession entre 
les mains de la R. Mère Marie Thérèse, prieure. 

25. — Le 21 novembre 18 i6, à 10 heures du matin, au chapitre Je ce 
monastère. Sœur Marie Ance Madeleine Eudoxie Thérèse de Jésus Claîriood. 
née le 21 janvier 1819 à Muntelier (Dr&m<f). tîile de sieur Etienne Biaise Clair- 
fond, notaire audit MonWlier. et de Dame Madeleine Emilie PlateU avant 
pris fhabit en ce monastère, le 10 mai 1845. âgée de 26 ans et 4 mois, a bit 
sa profession entre les mains de la R. Mère Thérèse de Jésus, prieure. 

26 — Le 18 décembre 1846, à 10 heures du matin, an chapitre de ee 
monastère. Sœur Marie Rosalie Louise Thérèse de Saint Augustin FJajoleL 
née le 21 juin 1826 â Lvon. paroisse Saint Nizier. fille de sieur Antoine Fb- 
jolet, négociant de cette ville, et de Dame Jacqueline Labatj, ayant prisrhabit 
en ce monastère, le 11 octobre 1845, àzée de 19 ans et 4 mois, a fait sa pro- 
lÎBssion entre les mains de la R. Mère Thérèse de Jésus, prieu«%. 

27. — Le 21 avril 1^50, â 9 htrures du matin, au chapitre de ce monas- 
tère. Sœur Elisabeth Marie Madeleine de Jésus Berger, fille de François 
Berger et de Dame Jeanne Françoise Rosëiguol, née â Ljon le 5 mai ISIT. 
paroisse de Saint Bonaveature, ayant pris Thabit en ce monastère, ïe 
26 mars 1849, âgée de 31 ans et 11 mois, a fait sa profession entre les ma'::^ 
de Ja R. Mère Thérèse de Jésus, prieure. 

28. — Le 6 octobre ISôO.à 10 heures du matin, au chapitre de ce monastère. 
Sœur converti Marie Klei^nure Aune de Saint Barthélémy Baudun, née le 
5 avril 1824 à Puyloubier, arrondissement d'Aix en Provence, fille de Joseph 
Baudun, cultivateur, et d'Elisabeth Victoire Pousier, ayant pris l*habit en ce 
monastère, en qualité de sœur converse, le 8 mai 1849.àgee de 2ô ans el Imois. 
a fait sa profession entre les mains de la R. Mère Thérèse de Jésua. prieure. 

29. — Le 8 juin 1851. à 9 heures du matin, au cbapi're de ce monastère. 
Soeur Louise Aiitouiette Celina Tiierese du Cœur de Marie de Saint Etie 
Arra^'ones d'urcet, uëe le 1' îV-vrier 1809. à Orcet. fille de Messire Antoine 
Xa^ ier Arragoues d'Orc*.':. pr^^:rieti»ire, et de Dame Clotilde .\ntoioette Fran- 
çoise Xaiier de Li;^«.»:.drrs. ayaui j.ris l'habit en ce mor.astère, le 20 mai 1S50, 
âgée de 41 ans et 4 mois, a fa;t s^i pr^fe^sion eu're les mains de la R. Mère 
Marie Thérèse, prieure. 

30. — Le 2 avril i^^bi, à 10 iieures du matin, au chapitre de ce monas- 
tère. Sœur Roçaiie Mar;e des Aujes de Saiiite Thérèse Danjein, née à Tavjuz 
près de Dûle ie 13 octobre i>22, fi. le de Meur Jtau Claude Danjean, et de Dame 
Thérèse lî'î-'n-'t. ayant pris Ihabit eu ce monastère, le 2ô mars 1851, âgée 
de :r8 ans et ô mois, a l'ait sa prolessiun entre les mains de la R. Mère Marie 
Thereae, prieure. 



DE NOTRE-DAME DE LA COMPASSION 385 

31. — Le 11 DOTembre 1852, a 10 heures du matin, aa chapitre de ce 
monastère. Sœur Jeanne Cécile Biarie liOuise Thérèse de Marie Richard, 
née le 9 septembre 1820 à Saint Chani oiid (Loire), fille de Charles François 
Richard, négociant, et' de Dame Marie Antoinette Chambovet, ayant pris 
l'habit en ce monastère, le 4 novembre 1851, àsée de 31 ans et 2 mois, a fait sa 
profession entre les mains de la R. Mère Marie Thérèse, prieure. 

32 — Le 11 mars 1853, à 10 heures du matin, au chapitre de ce monas- 
tère. Sœur converse Aune Marie de la Nativité Marquiose, née le 29 fé- 
vrier 1825 à Goorthezon (Vaucluse), ûlle d*Antoine Marquiose, cultivateur, et 
de Thérèse Granjon, ayant pris Thabit en ce monastère, en qualité de sœur 
converse, le 8 décembre 1851, âgée de 26 ans et 9 mois, a fait sa profession 
entre les mains de la R. Mère Marie Thérèse, prieure. 

33. — Le 20 novembre 1855, à 10 heures du matin, au chapitre de ce 
monastère. Sœur converse Jeanne Marguerite Marie de llncamation Gre~ 
nattier, née le 6 avril 1820 à Val.ieury (Loire), fille de Jean Grenattier et de 
Etiennette Ogier, ayant pris Thabit en ce monastère, en qualité de sœur con- 
verse, le 10 août 1847, âgée de 27 ans et 4 mois, a fait sa profession entre les 
mains de la R. Mère Marie Thérèse, prieure. 

34. — Le 24 juin 1858, à 9 heures du matin, au chapitre de ce monastère, 
Sœar Madeleine Aline Marie du Saint Sacrement Cafiarel, née le3 juillet 1827 
à Jallieu (Isère), fille de sieur Antoine Clément Caffarel et de Dame Sophie 
Elisa Robin, ayant pris Thabit en ce monastère, le 18 juin 1857, âgée de 30 ans, 
a fait sa profession entre les mains de la R. Mère Thérèse de Jésus, prieure. 

35. — Le l^r mars 1862, à 10 heures du matin, au chapitre du monastère 
des Carmélites déchaussées sous le vocable de Notre Dame de la Compassion 
et de Notre Père Saint Joseph, Balthiide Elèonore Vitet, appelée en reli- 
gion Sœur Marie Elisée de Saint Augustin, native de Vinay (Isère), où elle 
a été baptisée le jour de sa naissance, 29 juin 1837, fille d*Hippolyle Vitet, 
et d*Enphro8ine Tomasset, ayant pris le saint habit des mains du Révérend 
Père Général Elisée de llmmaculée Conception, en notre monastère, le 6 jan- 
vier 1861, âgée de 23 ans et 6 mois, a fait sa profession entre les mains de 
la R. Mère Thérèse du Cœur de Marie, prieure. 

36. — Le 20 juillet 18o2, au chapitre de ce monastère des Carmélites 
déchaussées sous le vocable de N. D. de Compassion et de N. P. Saint Joseph, 
Elisabeth Joséphine Marie Tourton, appelée en religion Sœur Euphrcsine 
de Jésus de Saint Elie, née à Lyon on elle a été baptisée le i*f mars 1835 à 
Tégiise saint Polycarpe, tille de feu Etienne Siméon Toorton,et de feu Fran- 
çoise Pemet, ayant pris Thabit dans ce monastère, le 16 juillet 18Ô1, âgée de 
26 ans et 4 mois, a fait sa profession entre les usains de la R. Mère Thérèse 
du Cœor de Marie, prieure. 

37. — Le 25 novembre 1862, à 10 heures du matin, au chapitre du monas- 
tère des Carmélites déchaussées sous le vocable de N. D. de la Compassion et 
de N. P. Saint Joseph, Désirée Joséphine Emilie Charbonnier, appelée en 
religion Sœur Marie Joséphine d-* Sainte Thérèse, née aux Granges, com- 
mune de Fontaines (Seine-et-Marne), le 2 juin 1822, tille de Louis Charbon- 
nier, et de Joséphine Mongrole, ayant pris Thabit en ce monastère, le 21 no- 
vembre 1861, âgée de 39 ans et 6 mois, a fait sa profession entre les mains de 
R. Mère Marie Thérèse du Cœur de Marie, prieure. 

38. — Le 18 septembre iS6ô, à 9 heures et demi du matin, au chapitre du 



326 HISTOIRE DU COUVENT DES CARMELITES 

monastère des Carmélites déchaussées sous le vocable de N. D.de la Compas- 
sion et de N. P. Saint Joseph, Marie Marthe Elisabeth Browning, appelée en 
religion Sœur Marie Thérèse du Cœur de Jésus, née à Londres le 9 no- 
vembre 1838, baptisée le 24 juillet lfô8 à Coutances (Manche), fille de feu 
Georges Browning, et de feu Elisabeth Browning, ayant pris l'habit en ce 
monastère, le 31 août 18(34, âgée de 26 ans moins 2 mois, a fait sa profession 
entre les mains de la K. More Thérèse du Cœur de Marie, prieure. 

39. — Le 21 novembre 1865, à 9 heures du matin, au chapitre du monas- 
tère des Carmélites déchaussées sous le vocable de N. D. de la CompaasioD 
et de N. P. Saint Joseph, Claudine Pierrette Lambert, appelée en religion 
Sœur Marie Elie des Plaies de Jésus, née à Saint Marcel (Rhône) où elle a 
été baptisée le 20 décembre 1842, fille de Jean Claude Lambert, et de Jeanne 
Marie Guerpillon, propriétaires audit lieu, ayant prisThabiten ce monastère, 
le 27 octobre 1864, âgée de 21 ans et 10 mois, a fait sa profession entre les 
mains de la R. Mère Thérèse de Marie, prieure. 

40. — Le 5 mai 1866, à 9 heures du matin, au chapitre du monastère des 
Carmélites déchaussées sous le vocable de N. D. de la (Compassion et de 
N. P. Saint Joseph, Claudine Antoinette Velay, appelée en religion Sœur 
Marie Thérèse de Sainte Anne, née à Létra (Rhône) où elle a été baptisée 
le 29 septembre 1837, fille de Claude Marie Velay, et de Pierrette Ghavand, 
propriétaires audit lieu, ayant pris Thabit en ce monastère, le 24 février 1865, 
Agée de 27 ans et 5 mois, a fait sa profession entre les mains de la R. Mère 
Thérèse de Marie, prieure. 

41. — Le 9 septembre 1866, à 9 heures du matin, au càapitre du monas- 
tère des Carmélites déchaussées sous le vocable de N.D. de la (Compassion et 
de N. P. Saint Joseph, Jeanne Elisabeth Meunier, appelée en religion Sœur 
Marie Louise de Jésus, née à Rive-de-Gier (Loire) où elle a été baptisée le 
30 octobre 1829, fille de Jean Meunier et de Florine Betancour, ayant pris 
rhabit en ce monastère, le 8 septembre 1865, Agée de 36 ans moins un mois, 
a fait sa professiou entre les mains de la R. Mère Marie Thérèse du (Cœur de 
Marie, prieure. 

42. — Le 14 mai 1872, à 9 heures et demie du matin, au chapitre du mo 
nastère des Carmélites déchaussées sous le vocable de N. D. de la Compassion 
et deN.P. Saint Joseph, Marie Joséphine Duchamp, appelée en religion Sœur 
Marie de Saint Joseph, native de Lyon où elle a été baptisée le 30 juin 1847, 
fille de Pierre Eugène Duchamp, et d'Adélaïde Bonet, ayant pris l'habit 
dans ce monastère, le 11 avril 1871, Agée de 23 ans et 9 mois, a fait sa pro* 
fession entre les mains de la R. Mère Madeleine de Jésus, prieure. 

43. — Le 10 décembre 1873, à 9 heures et demi du matin, au chapitre du 
monastère des Carmélites déchaussées sous le vocable de N. D. de la Compas- 
sion et de N. P. Saint Joseph, Marie Louise Sériziat, veuve Hasse, appelée en 
reli^non Sœur Marie du Cœur de Jésus, née à Lyon où elle a été baptisée 
le 26 août 1817, fille de Pierre Sériziat et de Victoire Carrichon, ayant pris 
Thahit en ce monastère, le 9 décembre 1872, Agée de 55 ans et 3 mois, a lait 
sa profession entre les mains de la R. Mère Madeleine de Jésus, prieure. 

44. — Le 1*' mai 1877, A 6 heures du matin, au chapitre du monastère des 
Carmélites déchaussées sous le vocable de N. D. de la (Compassion et de N.P. 
Saint Joseph, Amélie Marguerite de Crozals, appelée en religion Sœur Marie 
Marguerite du Saint Sacrement, née à Aiig'non-du-Veut (Hérault) où elle a 



DE NOTRE-DAME DE LA COMPASSION 3?7 

été baplisée le 17 février 1843, Allé de François Joseph de Crozals, et de feu 
Adélaïde Marguerite Aglaée Luquis, ayant pris Tbabit en ce monastère, le 
16 août 1875, âgée de 22 ans et demi, a fait sa profession entre les mains de 
la R. Mère Thérèse de Marie, prieure. 

45 — Le 24 juin 1877, à 8 heures et demi du matin, au monastère des 
Carmélites déchaussées sous le vocable de N. D.de la Compassion et de N. P. 
Saint Joseph, Marie Augustine Gélestine Faulquier, appelée en religion Sœur 
Thérèse de Jésus, née à Lodéve (Hérault), le 18 décembre 1849, où elle a été 
baptisée le 20 dudit mois, fille d*£tienne Benjamin Faulquier, et de Marie 
Louise Qabrielle Cavalier, ayant pris Thabit au monastère de Trévoux, le 
21 novembre 1875, a fait sa profession dans celui de Lyon, où elle a été trans- 
férée le i6 novembre 1876, entre les mains de la R. Mère Thérèse de Marie, 
prieure. 

46* — Le 31 juillet 1878, à 7 heures du matin, au chapitre du monastère 
des Carmélites déchaussées sous le vocable de N. D. de la Compassion et de 
N.P. Saint Joseph, Pauline Marie Victoire Pernet, appelée en religion. Sœur 
Marie Joseph Pauline de Jésus, née à Luxeuil (Haute-Saôue) le 2 juin 1852, 
et baptisée le 7 dudit mois, fille de feu Gustave Jean Charles Marie Pernet, 
et de Thérèse Lydie Daval, ayant pris Thabit en ce monastère, le 5 fé- 
vrier 1877, Agée de 24 ans et 8 mois, a fait sa profession . entre les maint 
de la R. Mère Thérèse de Marie, prieure. 

47. — Le 26 février 1879, à 9 heures trois quarts du matin, au chapitre 
du monastère des Carmélites déchaussées sous le vocable de N. D.de la Com- 
passion et de N. P. Saint Joseph, Marie Victoire Eugénie Repelin, appelée 
en religion Sœur Marie du Saint Sacrement, née à Saint Marcellin (Isère) 
le l^r septembre 1843 et baptisée le 3 dudit mois, fille de feu Joseph Repelin, 
et de feu Victoire Quincieuz, ayant pris l'habit en ce monastère le 14 oc- 
tobre 1877, Agée de 34 ans et 1 mois, a fait sa profession entre les mains de la 
R. Mère Thérèse de Marie, prieure. 

48. — Le 5 juillet 1879, à 6 heures et demi du matin, au chapitre du mo- 
nastère des Carmélites déchaussées sous le vocable de N. D. de la Compas- 
sion et de N. P. Saint Joseph, Marie Louise Joséphine Mayet, appelée en religion 
Sœur Julie de Jésus, née à Lyon où elle a été baptisée le 7 août 1853, fille 
d* Antoine Mayet et de Claire Paturle, ayant pris Thabit en ce monastère, le 
12 mai 1878, Agée de 24 ans et 9 mois, a fait sa profession entre les mains de 
la R. Mère Thérèse de Marie, prieure. 

49. — Le 29 avril 1882, à 8 heures et demi du matin, au chapitre du 
monastère des Carmélites déchaussées sous le vocable de N. D. de la Com- 
passion et de N. P. Saint Joseph, Rosalie Masson, appelée en religion Sœur 
Marie Aimée de Saint Joseph, née à Cressia (Jura) le 3 juillet 1856 et bap- 
tisée le lendemaiuy fille de Honoré Masson et de Félicité Charnier, ayant pris 
rhabit au monastère de Lons-le-Saunier (Jura), le 6 mars 1879, et transférée 
dans celui de Lyon le 19 avril 1881, a fait sa profession entre les mains de 
la R. Mère Thérèse de Marie, prieure. 

50. — Le 2 avril 1883, A 9 heures du matin, dans la chapelle de Tlnfir- 
meriedu monastère des Carmélites déchaussées sous le vocable de N.D de la 
Compassion et de N. P. Saint Joseph, Marie Julie Rigoulet, appelée en religion 
Sœur Julie Marie Baptiste de Saint Joseph, née à Vevy (Jura) le 18 juin 1848 
et baptisée le même jour, fille de Jean Félix Rigoulet, et de Matliilde Dary, 



328 HISTOIRE DU COUVENT DKS CARMELITES 

ayant pris l'habit en ce monastère, en qualité de sœar oonversaf le S 
yrior 1882, Agée de 33 ans et 7 mois, a fait sa profession entre les main 
la R. Mère Thérèse de Marie, prieure. 

51. — Le 31 mai 1885, à 9 heures du matin, au chapitre du monastère 
Carmélites déchaussées sous le vocable de N. D. de la Compassion et de V 
Saint Joseph, Marie Antoinette Françoise Duûeux, appelée en religion S 
Marie Agnès de TAssomption, née à Lyon, paroisse Saint Jean, où elle i 
baptisée le 15 août 1859, HUe de feu Jean Ennemond Dufleux, et de Co 
Robert, ayant pris Thabit en ce monastère, le 4 mai 1884, Agée de 24 
moins 3 mois, a (ait sa profession entre les mains de la R. Mère Théréi 
Marie, prieure. 



NÉGROLOGE 



DU MONASTERE DES CARMELITES DE NOTRE-DAME 

DE LA COMPASSION DE LYON 



t 



1. — 17 avril 1622. Est décédée Sœar Thérèse de Jésus, professe de ce 
monastère, âgée de 26 ans, dont 5 ans de religion. 

2. — 6 janvier 1(323. Est décédée Sœur Agnès de Jésus Christ, professe de 
de ce monastère, âgée de 24 ans, dont 6 ans de religion. 

3. — 15 avril 1638. Est décédée Sœur Elisabeth de Jésus Christ, professe 
du couvent d*Aix. 

4.-3 décembre 1638. Est décédée Sœur Jeanne de la Croix, professe de 
ce monastère. Agée de 42 ans, 4 mois et 18 jours, dont 19 ans et 11 mois de 
religion. 

5. — 29 décemore 1639. Est décédée la R. Mère Désirée du Saint Esprit, 
professe et prieure de ce monastère, âgée de 38 ans, dont 17 ans de religion. 

6. — 15 décembre 1640. Est décédée Sœur Catherine de Saint Joseph, 
professe de ce monastère, âgée de 47 ans, dont 17 ans de religion. 

7. — 10 juin 1644. Est décédée Sœur Catherine de Jésus, professe de ce 
monastère, âgée de 34 ans, dont 5 ans moins 1 mois de religion. 

8. — 23 février 1647. Est décédée Sœur Mai ie Mn Uleitie de Saint Joseph. 

9. — 20 février 1648. Est décédée la R. Mère Thérèse de Jésus, professe 
da couvent de Paris, prieure de ce monastère, âgée de 08 ans, dont 37 ans 
de religion. 

10. — ^ décembre 1648. Est décédée Sœur Marie de Saint Bernard, pro- 
fesse de ce monastère, â^'ée de ()6 ans, dont 32 ans de religion. 

11. — 2 janvier 1649 Est decédée iSœur Catherine du Saint Ksprit, pTt>~ 
fesse de ce monastère, âgée de K^ ans, dont 14 ans do religion. 



aSO HISTOIRE DU COUVENT DES CARMÉLITES 

12. — 6 janvier 1649. Est décédée Sœur Agnès de Jésus, professe de œ 
monastère, âgée de 2\) ans, dont il ans et 10 mois de religion. 

13. — 11 janvier 1649. Est décédée Sœur Catherine de la Croix, du voile 
blanc, professe de ce monastère, âgée de 29 ans, di>nt 12 ans de religion. 

14. — 20 janvier 1619! Est decédée Sœur Catherine de Sainte Thérèse, âgée 
de 25 ans, dont 4 ans de religion. 

15. — 27 janvier 1649. Est décédée Sœur Catherine de Saint Jérôme. 

16. — 25 septembre 1651. Est décédée Sœur Marie de Saint François, 
professe de ce monastère, âgée de 80 ans, dont 32 ans et 3 mois de religion. 

17. — 5 avril 1652. Est décédée Sœur Prauçoife de la Mère de Dieu, pro- 
fesse du couvent d*« irléans. 

18. — 26 mai 1652. Est décédée Sœur Geneviève de Jésus, professe dn 
couvent de Tours, âgée de 52 uns, dcmt 31 ans de religion. 

19. — 8 juillet 1652. Ent décédée Sœur Françoise du Saint Sacrement. 

20. — 92 août 16!>5. Est décédée la R. Mère Anne de rincarnation, pro- 
fesse du couvent de Rouen dont elle a été prieure. Âgée de 62 ans et demi, 
dont 37 ans et demi de religion. 

21. — 15 octobre 1656. Est décédée Sa*ur Thérèse de Saint Joseph, pro- 
fesse de cette maison. Agée de 68 ans, dont 39 ans de religion. 

22. ~ 18 novembre 1659 Est decédée Sœur Françoise de la Sainte Trinité, 
professe de ce monastère, âgée de 62 ans, dont 42 ans de religion. 

23. — 7 décembre 1601. Est décèdée Sœur Oertnide de Jésus, professe du 
couvent d*Amien8, âgée de 64 ans, dont 40 ans de religion. 

24. — 2 février 1663. Kst déoédée Sœur Françoise de Jésus Christ, pro- 
fesse de ce monastère, âgée de 61 ans, dont 38 ans de religion. 

25. — 4 avril 1664. Est décédée la R. Mère Madeleine de Jésus Maria, 
prieure de ce monastère et professe de celui de Nevers, âgée de 5() ans, dont 
40 ans et demi de religion. 

20. — 13 novembre 1667. Est décédée Sœur Marie du Saint Esprit, pro- 
fesse de ce monastère, âgée de 71 ans et 4 mois, dont 51 ans moins 5 semaines 
de religion. 

27. — 12 juillet 16T3. Est décédée la R. Mère Angélique de la Passion, 
professe de ce monastère dont elle a été prieure, âgée de 58 ans et 7 mois, 
dont 39 ans et 5 mois de religion. 

28. — 19 octobre 1673. Est décédée Sœur Elisabeth de Tlncamation, pro 
fesse de ce monastère, âgée de 75 ans, dont 50 ans de religion. 

29. — 17 janvier 1679. Est décédée Sœur Marie de Tous les Saints, pro- 
fesse de ce monastère, âgée de 70 ans, dont 33 ans de religion. 

30. — 17 avril 1679. Est décédée Sœur Marie de la Compassion, professe 
de ce monastère, âgée de 78 ans, dont 60 ans de religion. 

31. — 18 avril 1679. Est décédée Sœur Françoise de Saint Joseph, pro- 
fesse de ce monastère, âgée de 38 ans, dont 22 ans de religion. 

32. — 29 avril 1679. Est décédée Sœur Claude de la Nativité, professe de 
ce monastère, âgée de 70 ans, dont 28 ans de religion. 

33. — 7 mai 1679. EIst décédée Sœur Anne de Saint Barthélémy, professe 
de ce monastère, âgée de 50 ans, dont 27 ans de religion. 

34. — 15 octobre 1681. Est décédée Sœur Madeleine du Saint Sacrement, 
professe de ce monastère, âgée de 71 ans, dont 43 ans de religion. 

35. -^ 24 septembre 1684. Est décédée la R. Mère Jeanne de la Mère de 



DE NOTRE-DAME DE LA COMPASSION 331 

Dieu, professe de ce monastère où elle a été prieure, sous-prieure et maîtresse 
des novices, âgée de 70 ans, dont 55 ans de religion. Elle avait été 6 ans 
prieure à Trévoux avant de revenir à Lyon. 

30» -^ 22 mars 1685. Est décédée Sœur Marie de Saint Paul, professe de 
ce monastère, âgée de 51 ans, dont 34 ans de religion. 

37. — 19 décembre 168j. Est décédee Sœur Madeleine de la Croix, pro- 
fesse de ce monastère, âgée de 70 ans, dont 46 ans de religion. 

38. — 20 décembre 1686. Est décédée Sœur Louise de de la Sainte Trinité, 
professe de ce monastère, Agée de 64 ans, dont 37 ans de religion. 

39. — 9 décembre 1690. Est décédée Sœur Jeanne de Jésus, professe de 
ce monastère, âgée de 87 ans, dont 65 ans de religion. 

40. — 19 mars 1691. Est décédée Sœur Françoise de Tlncarnation, professe 
de ce monastère, mais ayant pris Thabit dans celui de Tours, âgée de 82 ans, 
dont 61 ans de religion. 

41. — 2 septembre 1693. Est décédée Sœur Marie de Jésus, professe de ce 
monastère, âgée de 43 ans, dont 21 ans de religion. 

42. — 29 août 1696. Est décédée Sœur Anne Marie de Sainte Thérèse, 
professe de ce monastère, âgée de 51 ans, dont 29 ans de religion. 

43. — 25 janvier 1698. Est décédée Sœur Jeanne Thérèse du Saint Sacre- 
ment, professe de ce monastère dont elle a été pendant 6 ans sou8> prieure, 
âgée de 54 ans, dont 38 ans de religion. 

44. — 27 fé^ier 1698. Est décédée Sœur Marie Thérèse de Jésus, professe 
de ce monastère, âgée de 60 ans et 2 mois, dont 45 ans de religion. 

45. — 31 janvier 1699. Est décédée Sœur Eléonore de Jésus, professe de 
ce monastère, âgée de 56 ans, dont 36 ans de religion. EUle a été enterrée au 
cloître, vers la fenêtre du jour, près de la Sœur Marie de Saint Paul. 

46. — 13 juin 1699. Est décédée Sœur Catherine de la Croix, sous-prieure 
et professe de ce monastère, âgée de 44 ans, dont 27 ans de religion. EUle a 
été enterrée dans le cloître de la Vierge souffrante, près de Saint Joseph, 
sous la même tombe que la Sœur Catherine de la Croix morte en 1649. 

47. — 26 octobre 1699. Est décédée Sœur Jeanne de TEnfant Jésus, pro- 
fesse de ce monastère, âgée de 74 ans, dont 49 ans et 3 mois de religion. 

48. — 19 septembre 1700. Est dècédée Sœur Anne de Tlncarnation, professe 
de ce monastère dont elle a été sous-prieure pendant 6 ans, âgée de 66 ans, 
dont 49 ans de religion. EUle a été enterrée dans la cave sous le chœur. 

49. — 11 décembre 1701. Est décédée Sœur Marie Françoise du Saint 
Sacrement, professe de ce monastère, âgée de 75 ans, dont 49 ans de religion, 
fille a été enterrée à la cave. 

50. — 23 avril 1702. Est décèdée Sœur Angélique de la Passion, professe 
de ce monastère, âgée de 57 ans, dont 36 ans de religion. Elle a été enterrée 
dans la cave. 

51. — 11 juin 1702. Est décédée mademoiselle Françoise de Renauld, pré- 
tendante. Elle a été enterrée dans la cave sous le chœur. 

52. — 13 mai 1707. EIst décédée Sœur Catherine de Sainte Thérèse, pro- 
fesse de ce monastère, âgée de 70 ans et 7 mois, dont 45 ans de religion. Elle 
a été enterrée dans la cave. 

53. — 14 juin 1707. Est décédée Sœur Marie de Saint Pierre, du voile blanc, 
professe de ce monastère, âgée de 76 ans, dont 48 ans de religion. Elle a été 
enterrée dans la cave. 



332 HISTOIRE DU G0UV1::nT DES CARMELITES 

54. — 15 janvier 1708. Est décédée Sœur Rose de Jésus, du voîle blanc, pro- 
fesse de ce monastère, âgée de 57 ans, dont 34 ans de religion. Elle a été 
enterrée dans la cave. 

55. — 24 décembre 1709. Est décédée Sœur Marie Thérèse du Saint Bsprit, 
professe de ce monastère, âgée de 68 aiis moins 3 mois, dont 53 ans de reli- 
gion. Elle a été enterrée dans la cave. 

56. — 11 novembre 1711. Est décédée Sœur Gabrielle de rincamation, pro- 
fesse de ce monastère dont elle a été pendant 6 ans sous prieure, âgée de 
68 ans, dont 51 ans et 6 mois de religion. Elle a été enterrée dans la cave. 

57. ~ 28 mars 1712. Est décédée la R. Mère Françoise de Jésus, professe 
de ce monastère dont elle a été sous-prieure et prieure, âgée de 56 ans, dont 
dont 37 ans de religion. Sa mère et 2 de ses sœurs s*étaient faites Religieuses 
Carmélites. Elle a été enterrée dans la cave. 

58. — 25 novembre 1713. Est décédée Sœur Anne Marie de Jésus, pro- 
fesse de ce monastère, âgée de 27 ans, dont 8 ans de religion. Elle a été enter- 
rée dans la cave. 

59. — 29 novembre 1713. Est décédée Sœur Charlotte du Très Saint Sacre- 
ment, du voile blanc, professe de ce monastère, âgée de 62 ans, dont 40 ans 
de religion. 

60. — :^0 novembre 1713. Est décédée Sœur Elisabeth de la Sainte Trinité, 
â^ée de 56 ans, dont 37 ans de religion. Elle avait été mariée â 15 ans, et 
s*" fit religieuse â 18. 

61. — 11 décembre l'13. Est décédée la R. Mère prieure Anne de Jésus. 
proff'Nse de ce monastère, âgée de 70 ans et 6 mois, dont 56 ans de religion. 
Kilo a été enterrée dans la cave sous le chœur. 

62. — 3 ttiptom^re 1714. Est décédée Sœur Marie Marthe de Jésus, pro- 
fonte d«i ce iiion-istère, âgée de 50 ans et 2 mois, dont 29 aas de religion. Elle 
« é\é 4^utrrr4*4) dan» la cave. 

63. - Z*^ )uin 1717. Est décéiée Sœur Marie de Sainte Thérèse, professe 
(ta (•(} iu<»iin«iUM*e, â^'ôo de 71 an$ et \ mois, do:it 35 ans et 8 mois de religion. 
Kllti A i)(<) rittt'rrée duiis lu cave sous le chœur. 

64. - V^ )uill«t 1718. Est décédée Sœur Catherine d^ Jésus, professe de 
en fiioim«tiM'4», a^co do '>2 uns et 4 mois, dont 36 ans de religion. Elle a é'.é 
miUuré» ilHii* Ui rave yous lo chœur. 

OU. .11 juilUl 17I*J. Est decédée Sœur Marie Anne de Sainte Agnès. 
|trol«s««tt (l0 ('0 iiu>nuH!fn\ û^'ée de 63 aus et 7 mois, dont 49 ans moins 6 se- 
iiifiiiir» «In M-liK'on- !*'"»' a exotTCèe les charjres de maîtresse des novices, de 
>4riUtiih>» »îl •'«' porluM-.'. A été e.it-rrée sous le chœur. 

im, i\ ttviil lî;^^ Ksi déoedce Stpur Lucrèce de Siicte Marthe, du voile 
tiUiit j j.ioio««0 ilo \«» iiivMi ist'Te, ùjîée de 47 ans, dont 24 ans de religion. Elle 
,% ^u» riili 110»' iliiiii» la c.jNe jîoiis le chœur. 

|I7. M) coj.i. nilii*- \]H. bMdeë.iè? la R. Mère Madeleine Thérèse de 

J»»»i>c, 1»' \»»M.Mr« il r%, |.i'oreN>e du couvent de Pontoise. d'oti elle ^^sî venue 
tth <« nu.u'jftltuti i»u »ll« A ♦•x.r<\'''' |)-.-nd;inl 7 ans la charge de prieure, âgée 
i\n 0/ an»» ut ' »»»'««, d»» il r»0 aii> et C) mjis <\e religion. Elle a été enterrée 

HH. Il Hi.ti \U'^ K«t (lé<-edée Sunir Catherine du Saint Sacrement, pro- 
Uk^ d» • •* ♦" •»»'»«î'4'»**. '»>i**** de 3i ans et 4 mois, dont 13 ans de religion. Elle 

M 4h< V»dt»» t<ii il.ii»* l't i-.i\«t. 



DE NOTUE-DaML: de la compassion 333 

69. — 26 avril 1723. Est décédée la très Révérende Mère Madeleine 
Eiéonore de Jésus de Neufville de Villeroy, professe du couvent de Pontoise, 
fille et arriére petite fille des Seigneurs d*Halincourt de Neufville de Villeroy, 
DOS illustres fondateurs, âgée de 57 ans et 3 mois, dont 41 ans de religion. 
Elle a été sous-prieure et prieure de ce monastère, eu même temps que la 
bienfaitrice insigne. 

70. — 27 janvier 172ô. Est décédée lu R. Méie sous-prieure Aimée de 
Jésus, professe de ce monastère, âgée de 57 ans et 2 mois, dont 38 ans et 
7 mois, de religion. Elle a été enterrée dans la cave sous le chœur. 

71. — l*r février 17^6. Est décédée Sœur Marie Emilie de Sainte Anne, 
professe de cette maison, âgée de 50 ans et 4 mois, dont 30 ans et 6 mois do 
religion. 

72. — 17 juillet 1729. Est décédée Sœur Marguerite de Sainte Ange, du 
Toile blanc, professe de cette maison, âgée de 50 ans, dont 30 nns de religion. 
Elle a été enterrée dans la cave. 

73. — 18 décembre 1730. Est dëcéilée Sœur Françoise Aimée de Jésus, 
professe de ce monastère, âgée de 26 ans, dont 4 ans et demi de religion. 
Elle a été enterrée dans la cave 

74. — 18 janvier 1731. Est décédée Sœur Claude Marie de Saint François, 
professe de ce monastère, âgée de 75 ans, dont 55 ans de religion. Elle a été 
enterrée dans la cave sous le chœur. 

76. — Le 7 février 1731. Est décédée Sœur Franc )ise de Pi^nfant Jésus, 
professe de ce monastère, âgée de 63 ans, dont 46 ans de religion. Elle a été 
enterrée au cloître. 

76. — 7 janvier 1732. Est décédée Sœur Marie Angélique de Jésus-Christ, 
professe de ce monastère, âgée de 25 ans et demi, dont 18 mois de religion. 
Elle a été enterrée au cloître. 

77. — 3 juin 1732. Est décédée Sœur Suzanne de Jésus, professe de ce 
monastère, âgée de 81 ans et 8 mois, dont 60 ans et 3 mois de religion. Elle 
a été enterrée au cloître. 

78. — 16 octobre 1732. Est décédée Sœar Rosalie de Saint Antoine, no- 
vice converse de ce monastère, âgée de 2) ans, et de noviciat 2 mois. Elle a 
été enterrée au cloître. 

79. — 11 décembre 1733, Est décédée la R. Mère ^^ Marie Madeleine de 
Saint Louis, professe de ce monastère dont elle a été prieure pendant 6 années, 
âgée de 70 ans et 2 mois, dont 48 ans de religion. Elle a été enterrée au 
cloître. 

60. — 25 novembre 1735. Est décédée Sœur Marie Henriette de Jésus, pro- 
fesse de ce monastère, âgée de 56 ans, dont 33 ans de religion. 

81. 26 mars 1736. Est décédée Sœur Euphrc^sine de Jésus, professe de ce 
monastère, âgée de 69 ans et demi, dont 44 ans de religion. 

82* — 27 septembre 1737. Est dêoéilée la R. Mère prieure Jeanne Suzanne 
de Sainte Agnès, professe de ce mo:iaslère, iv^L^e de 70 ans et 6 mois, dont 
57 ans et demi de religion. El<c a été enterrée au cioiîre de la Vierge souf- 
frante. 

83. — 9 décembre 1733. Est dé^^èdee Sœur Marie Anijelique Eléonore du 
Samt Sacrement, professe de ce monastère, âgée de 71 ans et 7 mois, dont 
52 ans et 7 mois de religion. 

84. — 8 mars 1739. Est déoédée Sœur Françoise de Saidt Joseph, professe 



334 HISTOimE Dr COTTEFT PEF CAJJBHJTIS 

de ce ^oïDaoLtvfu ftrve dp 16 wif e: 10 xhok. àmc 9 anf fi i ntros it 
religioo. 

85. — 17 ferri«T i*4(>. £&: dececwe Sceur '[JKliieraw ur SunC f«r!iiiis it 
Toile bUnc jrroftwM' de ne m.miiatere. âree de Sf- bi» ir CàamL ÂBâ M< m 
de reii^ioo. 

M. — 2\ mars 1742. £it décédef Sivur Harruflcite un Sani: âii nui at . 
profeue de ce moxuiEtére. àgee de 83 asi^ e: î^ mou. à:uc {îT au « timu. i» 
religion. 

87. — 90 décembre i7tt. Est déoédêe Soeur Fxmiir.niBr t» jl^oilt m ji iHtm 
de ce monastère, âgée de 5? ans. dont 30 an» de rdhçKiL. Tiififii" »» wl aiiita^ 

88. — 16 férrier 1743. Eit déoédêe SœnrJniicome àtSmsiïiWraBsam Xvdb. 
professe de ce monastère, âgée de 61 ans. demi 49 u» àt rvàiçmu 

89. — 19 août 1743. Est décédée Seenr Jeanne T^ePHue ôeJensKicsi^nL^aiie 
blanc, professe de ce monastère, âgée d'enriron 3S ans^ dnic SI* ■» àt Tmipnu 

00. — 10 décembre 1744. Est décédée SanrCMâWLEiiLiM'Shinnii-ÀÎDDt 
François Xavier, professe de ce monastère, Ixée de 79 ass «l &Bm. àmc -U^ jbs 
de religion. Elle a été eLterrèe an cloître. 

01. — S7 juin 1747. Est décédée Soeor Marie TWrèw s» Susa Aista. 
professe de ce monastère, âgée de 43 ans, doat 2i ans et paSipiiiL. IHs a ék 
enterrée au cloître. 

02. — 18 novembre 1748. Est décédée Soeor Marie Mae y iwc' JM m :^ê 
Christ, professe de ce monastère, âgée de 47 ans. docit 3 ams j» t^ob. 
Elle a été enterrée au clottre, près de la chapelle de aotre ^wneniii 

03. — 8 mars 1749. Est décédée Sœur Marie Anne de sa Qiix. 
de cette maison, âgée de 72 ans, dont 46 ans de rdîgioB. Si» i •i!» 
au doUre. 

04. — 23 mars 1749. Est décédée Sœur Marie Tlicrêse Vunuir*. nis 
de ce monastère, âgée de 72 ans, 'dont 47 ans de rdiriccL J3»t i -it 
au rloUre, du côté du four. 

05. ~ 10 août 1751. Est décédée Sœur Blarie de l*lac&r3aaan. in^ii* 
blanc, professe de ce monastère, âgée de 85 ans et 4 xikc&. iimt A ma J* 
religion. Elle a été enterrée au cloître. 

06. — 22 janvier 1752. Est décédée Sœur Antoinette ie ««oniK itohtam^ 
ce monastère, âgée de 70 ans et 6 mois, dont 27 ans et deoLL ât ymç%A, zSm 
u été enterrée nu clottre. 

07. — 1" octobre 1752. Est décéJée Sœur Marie TbensM ht àamf «twa. 
lirofesse de ce monastère, âgée de 72 ans, dont 55 ans de rvLiçofx. Slie <i ^^ 
enterrée au clotlre. 

08. — 9 mars 175.3. Est décédée Sœur Marie Elisabeti m Saint •< eeviu 
profebso de ce monastère, âgée de 81 ans et 4 mois, dcct 5i us -a i ami 
de religion. 

00. — 18 ftivrier 175d. Est dé.^éilée la R. Mère Lucie Tj«**« » "to* 
professe de iv monastère dont elle a été prieure, âgée as Ti* las < •• ^'A 
dont 42 uns de religion. Kilo a è:ë enterrée au clottre. 

100. — 27 avril 175''^ E»t deceJée Scour Marie Cathcrof* Xr- '.Weasti/^. 
professe de celte niai$<^n. àçêe de 41 ans, dont 19 ansde T^i^^t-c. 

101. — 31 août 175(1. Est deœdee Sœur Claude Marie àt Suu .Uunsus. 
professe de ce monastère, âgée de SSans et 2 mois, dont •&* ai» it 
Elle a été enterrée au clottre, Tîs<à-Tis la porte da fiMo*. 




DE NOTRE-DAME DE LA COMPASSION 335 

102. — ïje 42 décembre 1756. Est décédée Demoiselle Claudine Bastero, 
notre bienfaitrice, âgée de 64 ans. Elle a été enterrée au milieu du yestibule 
devant la porte du chapitre, n^ayant pu Tôtre dedans. 

103. — 2 mars 1757. Est décedée Sœur Marie Antoinette Aimée de Jésus, 
professe de ce monastère, âgée de 23 ans et demi, dont 3 ans moins 3 mois 
de religion. Elle a été enterrée au cloître, du côté du lave-mains. 

104. — l'r avril 1757. Est décédée Sœur Anne Thérèse de la Sainte Tri- 
nité, professe de ce monastère, âgés de 59 ans, dont 37 ans de religion. 

105. — 9 avril 1757. Est décédée Sœur Marie Jeanne Augustine de la 
Miséricorde, professe de ce monastère, &gée de prés de 66 ans, dont 32 ans 
•t demi de religion. 

106. — 23 mai 1757. Est décédée la R. Mère Elisabeth Rosalie de Saint 
Alexis, professe de ce monastère dont elle a été plusieurs fois prieure, âgée 
de 80 ans et 10 mofs, dont 62 ans et 2 mois de religion. 

107. — 12 juin 1757. Est décédée Sœur Virginie Thérèse de Jésus, pro* 
fesse de ce monastère, âgée de 77 ans, dont 54 ans et demi de religion. 

108. — 22 octobre 1757. Est décédée Sœur Jeanne Françoise Thérèse de 
Jésus, professe de ce monastère, âgée de 58 ans, dont 37 ans de religion. 

109. — 20 juin 1758. Est décédée Sœur Marie Candide de Saint Joseph, 
professe de ce monastère, âgée de 75 ans et 7 mois, dont 56 ans de religion. 

110. — 24 février 1759. Est décédée Sœur Marie Catherine de la Nativité, 
professe de ce monastère, âgée de 71 ans, dont 55 ans de religion. 

111. — 13 février 1761. Est décédée Sœur Louise Marguerite de Jésus 
Christ, du voile blanc, professe de ce monastère, âgée ,de 72 ans et 8 mois, 
dont 47 ans de religion. 

112. — 24 octobre 1761. Est décédée Sœur Louise de Saint Paul, du voile 
blanc, professe de ce monastère, âgée de 68 ans et quelques mois, dont 41 ans 
et 3 mois «Je religion. 

113. — 16 mars 1764. Est décèdée Sœur Marie Françoise de l'Enfant 
Jésus, professe de cette maison, âgée de 39 ans, dont 17 ans et 5 mois de 
religion. 

114. ^ 27 mars'l7fô. Est décédèe la R. Mère Clotilde Félicité de Saint 
François, prieure et professe de ce monastère, âgée de 58 ans et demi, dont 
38 ans et 5 mois de religion. 

115. — 6 janvier 1770. Est décédée Sœur Marguerite de Saint Eiie, prO'^ 
fesse de ce monastère, âgée de 73 ans et demi, dont 54 ans et 6 mois et demi 
de religion. 

116. — 13 juin 1170. Est décédée Sœur Toiuette, tourière, âgée de 65 ans. 

117. — 6 août 1770. Est décédée la K. Mère prieure Marie Constance de 
Jésus, professe de ce monastère, âgée de 70 ans et 8 mois, dont 53 ans et 
demi de religion. 

lis. — 9 août 1770. Est décédée Sœur Claude Thérèse de Jésus, professe 
de ce monastère, âgée de 80 ans et 3 mois, dont 61 ans et 2 mois de religion, 

110. — 8 septembre 1773. Est décédée Sœur Marie de Jésus, professe de 
ce monastère, âgée 85 ans et 7 mois, dont 68 ans et 10 mois de religion. 

120. — 8 novembre 1775. Est décédée Sœur Charlotte du Cœur de Jésus, 
âgée de 49 ans, dont 28 ans de religion. 

121. — 8 décembre 1775. Est décédée Sœur Marie Emilie de Saint Claude, 
professe de ce monastère, âgée de 74 ans et 4 mois, dont 50 ans de rtligion. 



330 HISTOIRE DU COUVENT DES CARMÉLITES 

122. — 2 novembre 1776. Ent dëcédée Saur Benoîte de Sainte Marthe, do 
voile blanc, professe de ce monastère, Agée de G7 ans et 10 mois, dont 44 ans 
et 10 mois de religion. 

123. — l'Mecembre 1776. Est déiédée Sœur Thérèse Clémence de Jësiu, 
professe de ce monastère. Agée de 70 ans, dont 50 ans de religion. 

124. — 28 novembre 1178. Est décédée Sœur Marie Glande Thérèse de 
Jésus, professe de ce monastère, âgée de 65 ans, dont 46 ans de religion. 

125. — 31 mars 178i. Est déxHiée Sœur Reine Geneviève de Sainte Thé- 
rèse, professe de ce monastère, Agée de 69 ans, dont bt ans de religion. 

126. — 24 avril 17$4. Est décédée Sœur Philiberte Scholastique, professe 
de ce monastère, Agée de 5S ons, dont 40 ans et demi de religion. 

127. — 9 juin 1784. Est décédée Sœur Angélique du Sacré Cœur de Jésus 
du voile blanc, professe de ce monastère. Agée de 57 ans, dont 37 ans et 
1 mois de religion. 

128. — 27 novembre 1785. Est décédée Sœur Marguerite Thérèse des Anges, 
professe de ce monastère, Agée de 66 ans, dont 44 ans et 7 mois de religion. 

129. — 22 janvier 1787. Est décédée Sœur Aune Marie, Airée de 59 ans. 

190. — 31 janvier 1787. Est décédée la R. Mère prieure Madeleine Thé- 
rèse de Saint Joseph, profosse de ce monastère, Agée de 71 ans et 5 mois, dont 
55 ans et 2 mois de religion. 

131. — li janvier 1789. Est décédée Sœur Marie Anne, professe do ee 
monastère. Agée de 72 ans et 6 mois, dont 48 ans et 9 mois de religion. 

132. — 6 février 1790. Est décédée Sœur Claudine de Saint Joseph, da 
voile blanc, professe de ce monastère, Agée de 68 ans et 9 mois, dont 47 ans 
et 7 mois de religion. 

133. — 12 avril 1790. Est décédée Sœur Marguerite des SainU Anges, 
professe de ce monastère. Agée de 70 ans moins 3 mois, dont 48 ans et? mois 
de religion. 

134. — 17 décembre 1790. Est décédée la R. Mère prieure Marie Claire 
du Saint Sacrement, professe de ce monastère, Agée de 62 ans et 4 mois, dont 
44 ans et 5 mois de religion. 

135. — 11 mars 1792. Est décédée Sœur Marie Catherine des Séraphins, 
professe de ce monastère, Agée de 63 ans et 4 mois, dont 33 ans et 7 mois de 
religion. 

136. ^ 9 avril 179^. Est décédée Sœur Marie Catherine de Sainte Thérèse, 
professe de ce monabtère, Agée de 55 ans et 4 mois, dont 36 ans et 8 mois 
do religion. 

137. — 10 juin 1792. Est décédée Sœur Eléonore Marie de Jésus, Agée 
de 49 ans et 4 mois, dont tô ans et 1 mois de religion. C*e8t la dernière Sœur 
qui a eu le bonheur de mourir et d'être enterrée dans la Communauté avant 
sa dispersion. 

138. — 26 octobre 1792. Est décédée Sœur Catherine Thérèse de Jésus, 
professe de ce monastère. Agé.* de 64 ans et 4 mois, dont 44 ans et 6 mois de 
religion. C'est la première Religieuse morte en dehors du monastère, 22 jours 
après Texpulsion de la (Communauté. 

139. — 31 janvier 1793. Est décédée la R. Mère Jeanne Elisabeth Thérèse 
du Saint Esprit, professe et ancienne prieure de ce monastère, âgée^de 76 ans 
et 3 mois et demi, dont 56 ans et 5 mois de religion. 

140. — 19 novembre 1793. l^st decedée Sœur Jeanne Marie Thérèse Ma- 



DE NOTBE-DAME DE LA COMPASSION 337 

deleine de Saint Joseph, professe de ce monastère, âgée de 48 ans et 10 mois, 
dont 21 ans et 5 mois de religion. 

141. — 5 avril 179 î. A été condamnée à mort et exécutée le même jour 
sur la place des Terreaux, })oiir relus de serment, Sœur Marie Anne Made- 
leine de la Croix, professi.* de ce monastère, à^^ée de Gl ans et S mois, dont 
32 ans et 3 mois de religion. 

142. — 29 novembre 1795. Est décédée à Montbrison Sœur Marie Anne de 
Jésus, professe de ce monastère, âgée de 54 ans et 3 mois et demi, dont 35 ans 
et 2 mois de religion. 

143. — 8 avril 1797. Est décédée la R. Mère sous-prieure Marie Joseph 
de Saint André, professe de ce monastère, âgée de 59 ans et 21 jours, dont 
37 ans et 8 mois de religion. 

144. — 25 juin 1798. Est décédée Sœur Marie Julienne de Jésus, professe 
de ce moDasière,àgée de 70 ans et 10 mois et demi, dont 33 ans et 8 mois de 
religion. 

145. — 30 janvier 1799. Est décédée Sœur Marie Françoise Lucie de Jésus, 
sœur converse et professe de ce monastère, âgée de 69 ans et 7 mois, dont 
39 ans et 10 mois de religion. 

146. — 29 mai 1799. Est décédée à Collonges (Rhône),Sœur Jeanne Marie 
Thérèse de Jésus, prof*^sse de ce monastère, âgée de 74 ans et 6 mois, dont 
50 ans et 1 mois de religion. 

147. — 23 octobre 180-). Est décédée Sœur Marie Anne Thérèse de Jésus, 
professe de ce monastère, âgée de 51 ans moins 16 jours, dont 27 ans et 3 mois 
de religion. 

148. — 2ô juillet 1804. Est décédée Sœur Marie Anne Con&tauce de la 
8ainte Trinité, professe de ce monastère, âgée de 79 ans et 5 mois et demi, 
dont 59 ans et 11 mois de religion. 

149. — 26 septembre 1804. Est décé.lée Sœur Marie Barbe de la Concep- 
tion, professe de ce monastère, àgèe de 83 ans et 9 mois et demi, dont 6^ ans 
et 4 mois de religion. 

150. — 5 décembre 1804. Est décédée Sœur Marie Marguerite Pauline du 
Saint Sacrement, professe de ce monastère, àgèe de 61 ans, dont 36 ans et 
3 mois de religion. 

151. — 27 octobre 1805, Est décédée Sœur Marie Rose du Saint Sacre- 
ment, professe de ce monastère, âgée de 77 ans 3 mois et 8 jours, dont 58 ans 
et 2 mois de religion. 

152. — 22 mars i807. Est déoèilèe à Luppé Sœur Marie Lucie Joseph de 
Saint François de Sales Thérèse du Sacré Cœur, professe de ce monastère, 
âgée de 53 ans et 7 mois, dont 33 ans et 8 mois de religion. 

153 — 2 janvier 1810. Est décédée Sœur Jeanne Marie Aimée de Jésus, 
professe de ce monastère, à;;ée de 04 ans et 4 mois, dont 44 ans et 4 mois de 
religion. 

154. — l*"" septembre 1814. Est décédée à Saint-Etienne en Forez, Sœur 
Marie Marguerite de Jéstis, pr «fosse de ce monastère, âgée de 82 ans et 7 mois, 
dont ^ ans et 8 mois «le religion. 

155. — 30 octobre 1814. Est déiiéJée Sœur Etiennette Marie de Plncarnatiou 
du voile blanc, professe de ce monastère, âgée de 56 ans et 7 mois, dont 
33 ans et 5 mois de religion. 

156. — 29 o tobre 1817. Est décédée la R. Mère Jeanne Marie de Saint 

22 



a38 HISTOIRE DU COUVENT UES CARMELITES 

Joseph, profeMe et prieure de ce monastère {tendant tout le temps de la dis- 
persion de la communauté, âgée de 85 ans, dont 61 ans de religion. 

157. — 9 août 1820. Est dét^édiëe Sœur Barbe Anne de Jésus, professe de 
ce monastère, âgée de 30 ans et 5 mois, dont 4 uns et 3 mois de religion. 

158. — l**' mars 1821. Est décêdée Sœur converse Marie Marthe de lo- 
fant Jésus, professe de ce monastère, àgé^ de 72 ans et 3 mois, dont 44 ans et 
7 mois de reli}?ion. 

159. — 12 murs 1821. Est décédée $<eur Marie limerantienne de Saint 
Michel, pri>fesse de ce monastère, àgee de (ïl ans et 9 mois, dont 50 ans et 
6 mois de religion. 

IM. — 10 juin 1821. Est décédée Sœur Claudine Tiiérèse de Jésus de Saint 
Joseph, professe de ce monastère, âgée de 74 ans et 7 mois, dont 50 ans et 

2 mois de religion. 

161. — 25 janvier 182^. Est décédée Sœur Jeanne Henriette du Cœur de 
Marie, professe de ce monastère, âgée de 75 ans et 7 mois, dont 58 ans de 
religion. 

162. — 17 septembre 1823. E.«t décédëe Sœur Madelein.' de Jésus, pro- 
fesse de ce monas'ère. âgée de 2(3 ans et 5 mois, dont 3 an^ et 7 mois de 
religion. 

163. — 18 ilécemhre 1824, Est decédée à Lyon, dans sa famdle. Sœur 
Marie Madeleine Victoire de Jésus, professe de ce monastère, âgée de 64 ans 
et 5 mois, dont 42 ans et 8 mois de religion. 

164. — 27 décem'tre 1834. Est decédée la R. Mère Marie Anne Thérèse de 
Saint Albert, professe de ce monastère dont elle a été prieure, âgée de 76 ans 
et 10 mois, dont 57 ans et 7 mois de rel;jrion. 

165. — 6 février 1826. Es^l déctniée Su'ur Jeanne Marie, professe du coji- 
vent de Màcon, Ai^ee de H2 ans, dont 59 ans moins 2 jours de religion. 

166 — 6 juin 182r). Es! d«^cè loe Sœur Jeanne André Marie Elisabeth de 
Saint Henri. [>rofesse de ce monastère, dont elle a élé sous-prieure, &gée de 
74 ans, dont 48 ans et 7 mois de religion. 

167. — 29 juin 1828. Est décédee Sœur Marie Anne Julie de Jésus, pro> 
fesse de ce monastère, âgée de 32 ans et 6 mois, dont 12 ans et 1 mois de 
religion. 

168. — 29 août 1828. Est déoédée la R. Mère prieure Françoise de Sain; 
Joseph Thérèse de Marie Jés is, professe de ce monastère, âgée de 68 ans 
moins 1 mois, dont 47 ans et 10 mois de religion. 

169. — 23 avril 1831. Est décèdée Sœur Marie de TAssomption Mercier, 
professe du couvent de Trévoux, âgée de 63 ans, dont 42 ans et 9 mois d- 
religion. 

170. — 13 janvier 1832. Est décédée Marie Catherine Félicité de Jésuf. 
professe de ce monastère, âgée de 88 ans moins 4 mois, dont 69 ans moins 

3 mois de religion. 

171. — 5 novembre 1834. Est décédée Sœur Fleurie Marie Anne de Saint 
Barthélémy, du voile blanc, professe de ce monastère, âgée -de 70 ans et 
2 mois, dont 48 ans et 6 mois de religion. 

172. — 16 août 1836. Est dècédee Sœur Marie de la Conception, pro- 
fesse de ce monastère, âgée de 40 ans et 2 mois, dont 12 ans et 9 mois de 
religion. 

173. - 26 février 1837. Est décédée Sœur Marie Suzanne Thérèse du 



DE NOTRE-DAME DE LA COMPASSION 339 

Saint E!sprit, profe«sse de ce monastère, âgée de 79 ans et 6 mois, dont 57 ans 
•t 4 mois de religion. 

174. — 12 décembre 1838. Eat décédée à Saint Ghamond, dans sa famille, 
Sœur Louise Thérèse de Saint- Joseph, professe de ce monastère, âgée de 
81 ans, dont 58 ans de religion. C'était la dernière sœur qui restait de Tan- 
cienne communauté. 

175. — 3 février 1841. Est décédée Sœur Madeleine de Jésus, professe 
de ce monastère, âgée de 41 ans et 6 mois, dont 7 ans et 1 mois de religion. 

176. — 10 jaQvier 1847. Est décédée la R. Mère Marie de Saint Joseph, 
âgée de 54 ans et 9 mois, dont 29 ans et 3 mois de religion, ancienne prieure 
et professe de ce monastère. 

177. — 22 octobre 1848. Est décédée Sœur Marie Louise de Gonzague, 
professe de ce monastère, âgée de 31 ans et 8 mois, dont 14 ans de religion. 

178. — 3 août 1849. Est décédée Sœur Thérèse de Marie, professe de ce 
monastère, âgée de 31 ans, dont 11 ans et 3 mois de religion. 

179. — 16 avril 1850. Est décédée Sœur Aimée de Jésus, professe de ce 
monastère, âgée de 68 ans et 2 mois, dont 34 ans et demi de religion. 

180. — 25 avril 1851. Est décédée Sœur Mûrie Claudine de Sainte Thérèse, 
professe de ce monastère, coaverse àgèe de 59 ans et 3 mois, dont 35 ans et 
8 mois de religion. 

181. — 10 janvier 1855. Est décédée Sœur Marie de Saint Antoine, pro- 
fesse de ce monastère, âgée de 67 ans et 2 mois, dont 34 ans et 10 mois de 
religion. 

182. — 12 mars 1855. Est décédée Sœur Euphrasie de Saint Joseph, pro- 
fesse de ce monastère, âgée de 44 ans et 2 mois, dont 16 ans et 11 mois de 
religion. 

183. — 25 mars 1860. Est décédée la R. Mère Marie Thérèse, dépositaire, 
ancienne prieure et professe de ce mouastére, âgée de 67 ans et 4 mois, dont 
42 ans et 10 mois mois de religion. 

184. — 22 novembre 1861. Est décédée Sœur Marie Rosalie Thérèse de 
Saint Augustin, professe de ce monastère, âgée de 35 ans et 5 mois, dont 
16 ans et 1 mois de religion. 

185. — 11 juin 1864. Est décéJée la R. Mère Marie Joséphine de Jésus. 
professe de ce monastère, âgée de 82 ans, dont 49 ans de religion. 

186. — 15 septembre 1866. Est décédée Sœur Marie de Saint Joseph, pro- 
fesse de ce monastère, âgée de 57 ans, dont 30 ans de religion. 

187. — 18 juin 1873. Est décédée Sœur Thérèse des Sacrés-Cœurs, professe 
de ce monastère, âgée de 73 ans, dont 43 ans et 4 mois de relii^non. 

188. — 5 février 1876. Est décédée Sœur Marie Elisabeth, professe de ce 
monastère, âgée de 73 ans et 3 mois, dont 48 ans de religion. 

189. — 26 décembre 1876. Est décédée Sœur Marie Angélique de Saint 
Jean de la Croix, professe de ce monastère, âgée de 80 ans et 10 mois, dont 
57 ans et 7 mois de religion. 

190. — 7 février 1880. Est décédée Sœur Louise Marie du Cœur de Jésus, 
professe de ce monastère, âgée de 62 ans et demi, dont 7 ans et 2 mois de 
religion. 

191. ' 15 juin 1885. Est décédée Sœur Anne de Saint Barthélémy, pro- 
fesse de ce monastère, âgée de 61 ans et 2 mois, dont 36 ans de religion. 

192. " 26 mai 1886. Est décédée Sœur Rosalie Marie des Anges, pro« 



340 HISTOIRE DU COUVKNT DES CARMELITES 

fesse de cette maisou, âgée de 63 ans et 7 mois, dont 35 ans et 2 mois <i« 
religion. 

103. — 13 février 1887. Est décédée ia R. Mère Elisabeth Marie Made- 
leine de Jésus, professe et ancienne prieure de ce monastère, âgée de 69 ans 
et 9 mois, dont 37 ans et 11 mois de religion. 



De PROFUNDIS CLAMA VI AD TK, DoMINB. 

Domine exaudi vockm mbam. 



t 



TABLE DES MATIÈRES 



Blason du Garmel i 

Introduction. . • •■ xi 

Notice historique sur l'Ordre de Notre-Dame du Mont-Carmel. ... xii 

Liste des monastères de Carmélites qui ont été établis en France. • . xvi 
Relation de la fondation du Carmel de Lyon, extraite de la vie de la 

R. M. Madeleine de saint Joseph xx 

Situation de la communauté des Carmélites de Lyon de 1790 à 1816. . xxv 

Pièce relative au buste de sainte Thérèse xlii 

Table explicative des figures et des planches hors texte. ..... xlv 

PREMIÈRE PARTIE 

Fondation du monastère. Acquisitions pour son établissement au terri- 
toire de la Gella 1 

Anciens possesseurs du territoire de la Oella. 5 

Cession d*eau de source par le sieur de Tasney 8 

Mort de M™« d*Halincourt et acquisitions pour l'agrandissement du 

monastère 10 

Acte de subrogation consenti par François Chappuys 11 

Reconnaissance du cbaroarier de saint Paul 15 

Mort et funérailles de Charles de Neufville 16 

Acquisition de la propriété Vyraar. . . 18 

Délibération consulaire portant confirmation de rétablissement du 

monastère 19 

Affranchissement consenti par le chapitre de saint Paul r 21 

Relation des funérailles de Nicolas de Neufville, maréchal de France. . 22 

Camille de Neufville, archevêque de Lyon 3i 

Compliment et présents offerts par le Consulat à la R. M. de Villeroy 

à l'occasion du jour de Tan 37 

Service funèbre de M™« d'Armrïpnac 41 

Mort de M"« la maréchale de Villeroy et grande disette des grains. . 50 

Mort de Marguerite Le Tellier et service funèbre de Louis XIV. . . 51 

Te Deum chanté au rétablissement de Louis XV 5:) 

Relation des funérailles de François de Neufville, maréchal de France. 54 



342 TABLE DES MATIÈRES 

Funérailles de François Paul de Xeafville, archevêque de 1 jon. . • 78 

Service funèbre de Louis-Nicolas de Neufville 81 

Louis- François-Anne de NeufviJle et Gabriel-Louis-François de Neuf- 
ville, derniers gouverneurs de Lyon 86 

Appendice. — Sentence d*adjudication des biens des mariés Vaillant. 
Ventes Callarin et Mury. Signification Chappuys. Contrat d'affran- 
chissement consenti par le chapitre de saint Pau). Bail de la Gella. . 89 
Variantes et corrections. . . . , 100 



DEUXIEME PARTIE 

Description de Té^lise des Carmélites Id 

Toniiieaux et inscriptions de la chapelle de Villeroy 107 

Observations critiques de Delamonce sur Téglise des Carmélites.. . . 110 

TROISIÈME PARTIE 

Etablissement des Carmélites à Lyon. Religieuses qui fondèrent le mo- 

mastére. Premières novices 115 

Dotation du monastère par M°^« d*Halincourt 119 

Religieuses qui composaient la communauté en 1668 121 

Messes anniversaires fondées par Alexandre Landry 123 

Les R. M. Thérèse de Jésus D'Amours d*Us et Madeleine-Eléonore 

de Jésus de Villeroy. Reconstruction du monastère 125 

Circulaire à Toccasion de la mort de la R. M. de Villeroy 127 

Vœu au Sacré Cœur de Jésus 138 

Mii« Gautier, actrice de la Comédie-Française, se fait Carmélite. Sa 

vie et ses poésies religieuses 131 

Claudine Bastero est enterrée dans le monastère 144 

Procès verbal de reconnaissance des saintes reliques de la communauté 

par Nicolas Navarre, en 1782 * . 145 

Notes relatives âTauthenticité des saintes reliques reconnues par Nicolas 
Navarre en 1782. Reliquaire donné par la R. M. D'Amours d*Us. 
Procès- verbal du chapitre desaintJean concernant la donation du corps 
de saint Faustin. Procès-verbaux de reconnaissance et pièces diverses 
relatives aux saints martyrs de Lyon. Attestation devant Nicolas 
Usson, nutaire à Lyon, des reliques des saints martyrs Just, Donnât 
et Gratien, Acte de donation du bras de sainte Clémence. Reliques de 

sainte Thérèse et de saint Jean de la Croix, etc 151 

Notre-Dame de Montaigu 115 

Pardons et indulgences concédés par les souverains Pontifes. ... 176 
Comptes en recettes et dépenses de la communauté pendant les années 

qui précédèrent la Révolution ISO 

Suppression des vœux reli^Meux et déclarations des Carmélites à la 

municipalité. . . 182 

Inventaire dressé par la municipalité le 14 juin 1790 193 

État des religieuses composant la communauté et élection d'une supé- 
rieure et d'une économe en 1791 198 

Loi relative â Tévacuation et à la vente des maisons religieuses. . . 204 



TABLE DES MATIERES 343 

Inventaire de Targenterie de la sacristie et du mobilier de la commu- 
nauté en septembre 1792 206 

Procés-Terbal de la dernière assemblée générale de la communauté. . 207 
Expulsion des Carmélites le 4 octobre i792 et destruction des tombeaux 

de la chapelle de Villeroy 210 

Arrestation et interrogatoires des Carmélites par la Commission tem- 
poraire de surveillance républicaine 212 

Condamnation à mort et exécution de la sœur Vial 219 

Condamnation  la détention des sœurs Deville, Dément, Oillier et 

Moline 221 

Situation de lu communauté après la Terreur 223 

Rétablissement du monastère dans la maison de la Providence. • . . 2^6 
Donation du buste de sainte Thérèse aux Carmélites de Lyon . . . 229 
Renouvellement du vœu au Sacré Cœur de Jésus en 1832. .... 233 
Détails sur quelques religieuses décédées dans la maison de la Pro- 
vidence. . 237 

Etablissement du monastère à Fourviére le 28 juin 1855 241 

Fondation du Carmel de Montélimar 245 

La R. M. Guilloux 247 

Fêtes du troisième centenaire de la réforme de sainte Thérèse. . . . 248 

Bénédiction des cloches du monastère 249 

Fondation du Carmel de Londres. 250 

Fêtes de la béatification de la B. Marie des Anges 252 

La sœur Sériziat (veuve Hasse) 254 

Fêles du troisième centenaire de la mort de sainte Thérèse 255 

Tableaux des jours d*exposition et de béuédiction du saint Sacrement . 259 

QUATRIÈME PARTIE 

Vente de la propriété de la Gella 261 

Occupation du monastère pendant le siège et ses suites 264 

Vente du monastère par la nation 266 

Division et morcellement du monastère et de ses dépendances. . . . 269 

Exhumation des restes de Grenettier et de Steinman 274 

Ossements découverts pendant la démolition de Téglise et leur trans- 
fert aux Chartreux 215 

Etat actuel des lieux occupés autrefois par le monastère 283 

Inscriptions tumulaires existantes 285 

Tableau des R. M. prieures, sous-prieures et dépositaires, depuis la 

fondation jusqu*en 1887. . . ^ 289 

Liste d^s professions depuis la fondation jusqu*en 1789 295 

— Depuis le rétablissement du monastère en 1815 jusqu^en 1887.. . 821 

Nécrologe du monastère depuis sa fondation jusqu^en 1887 331 



ERRATA 



Page 2, ligne 8 : ches les Visitandines, lises : dans lo logis deM. d^Halincoorl, 

joignant l'abbaye. 
Page 2, ligne 21 : Haddin, lise^ . Raddix. 
Page 2, ligne 25 : Voyer, lisez : Voyret. 
Page 2, ligne 34 : Pradin, lisez : Fradin. 
Page 3. ligne 3 : Mongiron ou Montgiron; Benoît ou Benoist. 
Page 3, lignes 4 et 37 : Collario «rt Jean Jobert, lisez .* Gallarin et Jean Pobert. 
Page 3, ligne 5 : 3 juillet 1616, lisez : 3 juin 1616. 
Page 3, ligne 13 : 16 décembre 1615, lisez : 6 noTembre 1615. 
Page 3f ligne 30 : Marge, lisez : Margat. 
Page 4, ligne 4 : Jean Jobert ^t Madeleine Collarin ; lisez : Jean Pobert et 

Madeleine Gallarin. 
Page 4, ligne 15 : Jobert, lisez : Pobert. 
Page 4 lignes 20 et 21 : Collarin, lisez : Gallarin. 
Page 8, ligne 5 : Harley, lisez : Harlay. 
Page 10, ligne 22 : Harley, lises : Harlay. 
Page 11, ligne 16 : Ilarley, lisez : Harlay. 

Page 11, dernière ligne : 1651 «i 1652, lisez : 1660, 1651 et 1652. 
Page 17, ligne 2 : et le maréchal de VîUeroy en 1730 : pntsage à supprimer, le 

maréchal de Villeroy étant mort à Paris. 
Page 20, ligne :^7 : l'aunnée, lises : Tannée. 
Page 27, ligne 6 : TEcclesiaste, lisez : rEcolésiastique. 
Page 37, ligne 10 : 23 avril, lisez : 26 avril. 
Page 89, ligne 16 : Harley, lisez : Harlay. 
Page 115, ligne 12 : de juillet 1602, lisez : du 18 juUl«*t 1602. 
Page 115, dernière ligne : 1731, lises : 1631. 
Page 18, ligne 15 : 1722, lisez : 1622. 
Page 121, ligne 19 : avait, lises : avaient. 
Page 121, ligne 33 : et 2, lises : et 3. 

Page 125, ligne 16 : D'Aamour d'Us, lisez : D'Amours d*Us. 
Page 127, ligne 12 : et 5 mois, lisez : et 3 mois. 
Page 128, ligne 46 : voies, lisez : voix. 
Page 135, ligue 10 : Clbrie, lisez : Clsric' 



* ^ 



346 HISTOIRE DU COUVENT DES CARMELITES 

Page 146^ ligae 15 : qui, poor la plopart, lises : dont qnelqiiea-anea. 

Pagv 198. n* 14 : Ifarie llargaartte, Um^s : Marie Miuielaine. 

Page 190, dwaière ligne : une ftoaae dédanitioB, litez : fait oae Umam 

ration. 
Page tOS, ligne 30 : fnt décrété, liées : forent décrâtées. 
Page 108, ligne tS : 28 noTembre, lites : tS noTemkre. 
Page <Q9, ligne IS : 177S, lises : 1752. 
Page S13, ligae 27, de re er, lises : de reater. 
Page 217, ligne 18 : a contenir, lises : a dit contenir. 
Page 210, ligne 3 : 1** JCGaaiKRT, lises : 1« jcesMaar. 
Page 224, ligne 35 : notre Dieo, lises : k notre Dien. 
Page 237, ligne 4 : et on noia, lises : moina on noia. 
Page 237, ligne 5 : 22 aeptembre, liaex : 23 novembre. 
Page 238, ligne : et 10 moit, lises : moina 7 joara. 
Page 23S, ligne 10 : 21 aoAt, lises : 20 août. 

Page 239. ligne 2 : 88 ana moina 2 moia, lises : 88 ans moins 4 moins, 
l'âge 239, ligne Ct : le 10 aoAt 1815, lises : le 6 aoàt 1S18. 
Page 239, ligne 33 : M ans, lisez : SS ana. 

i*sge t'tûy linroe 10 : de religion 15 ana, lisez : de relig.on 29 ans. 
l'âge IM), ligne 12 : 1701, lises : 1702. 
Page 242, ligne 16 : 23 juin 1854, lises : 2i juin 1855. 
Page 254, ligne 24 : lérrier, lises j 7 fSTrier. 
Page 255, ligne : 53 aaa, lises : 55 ans. 
Page 256, ligne 36 : dont l*anion. lises : dana Panien. 
Page 271, lig.^e 14 : 12 octobre 1820, lises : 12 octobre 1821 
Page S74, ligne 18 : ont dl, lises : on lit. 
Page 2^ ligne 14 : d^serrait, lises : desaerrait. 
Page 290. ligne 15 : 1325, lises : lfi25. 
Page 291, ligne 2 : Françoise de Jésus, so is-prieore, lis^s : Gabrielle Tbèrèaa< 

nncamatioo Giiiel, pais Françoise de Jêaos Vial, sooa-prieore 
Page 201, ligne 18, Agneo Bj«lero, lises : Agnès Baatcco 



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